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  • il y a 2 heures
Emportée par un cancer foudroyant à 68 ans, Catherine Ringer avait marqué la musique française en formant avec son compagnon Fred Chichin les Rita Mitsouko, un duo mythique connu pour les tubes « Andy » ou « Marcia Baila ». Retour sur la vie libre et engagée d’une artiste à part. 


Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Théo Albaric - Photo : Jean-Baptiste Quentin - Musiques : François Clos, Audio Network - Archives : C à vous, Canal +, France 2, Théâtre de la ville.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Elle était la voix emblématique d'Erytha Mitsuko.
00:15Catherine Ringer est morte le 14 septembre.
00:18A 68 ans, elle a succombé à un cancer foudroyant.
00:21Catherine Ringer avait perdu en 2007 son compagnon et père de ses trois enfants,
00:25le guitariste Fred Chichin, emporté à 53 ans par un cancer lui aussi.
00:30Depuis, Catherine Ringer n'avait jamais cessé de créer et de se produire sur scène.
00:35Codesource retrace sa vie aujourd'hui avec trois journalistes du Parisien,
00:39Emmanuel Marolle et Yves Géglet du Service Culture
00:42et Nathalie Revenu de l'édition de Seine-Saint-Denis du Parisien.
00:52Emmanuel, c'était quoi pour toi l'Erytha Mitsuko quand tu étais ado ?
00:56C'est l'un des rares groupes français à m'avoir fait aimer le rock français.
01:01A l'époque de Marcia Bayla, j'avais 14 ans.
01:03J'écoutais beaucoup de rock anglo-saxon issus notamment du mouvement punk de la fin des années 70.
01:09Donc c'était un peu la New Wave, comme on dit,
01:12des groupes comme The Cure, comme New Order, comme Joy Division,
01:14comme Dépêche Mode sur le côté électronique.
01:16Et il y avait très peu d'artistes français qui trouvaient grâce à mes yeux.
01:19Il y avait Étienne Dao qui avait cette culture anglo-saxonne.
01:22Et puis il y avait l'Erytha Mitsuko qui était un ovni dans le paysage musical français.
01:29Alors on va retracer la vie de Catherine Ringer.
01:31On ne sera pas exhaustif.
01:33Elle est née le 18 octobre 1957 à Surenne dans les Hauts-de-Seine.
01:37Son père est artiste peintre.
01:39Sa mère est architecte.
01:41Emmanuel, Catherine Ringer, le racontera en 2017 dans l'émission C'est à vous sur France 5.
01:46Pendant son adolescence, très jeune,
01:48elle est victime d'un homme, un pervers narcissique qui abuse d'elle.
01:52Oui, c'est quelque chose qu'on a découvert sur le tard à travers ce témoignage.
01:55Elle a expliqué qu'elle avait été violentée, pour ne pas dire violée,
02:00par un homme entre ses 13 et ses 20 ans.
02:04Vous n'avez jamais été victime vous-même de ça ?
02:06Oui, moi j'ai été victime pendant très longtemps d'un pervers narcissique
02:09qui m'a entraîné dans les zones pornographiques, dans le viol.
02:14J'étais une petite jeune un peu abandonnée par des parents qui ne connaissaient rien à ça
02:20et qui étaient vraiment loin de tout ça.
02:23Et en plus, il faut dire qu'on vivait une époque dans les années 70
02:26où on disait « on va se libérer, vive l'amour libre ».
02:31Je reprends ces mots sous prétexte d'art et d'évolution et aussi de provoquant,
02:37de secouer le vieux monde.
02:38On était pas mal de jeunes filles qui se sont fourvoyées.
02:42C'est-à-dire que je pense que la personne qu'elle évoquait
02:45était sans doute dans des créations artistiques,
02:48enfin je mets plein de guillemets autour de ça,
02:50pour faire des choses très très extrêmes, très trash,
02:53et peut-être parce qu'elle est passée par cette phase-là de sa vie,
02:57faire de la pornographie, des films pornos,
02:59elle s'en cachait pas à l'époque,
03:01mais elle disait « c'est un épisode de ma vie que j'assume »,
03:05mais on sent qu'il y avait peut-être quelque chose d'extrêmement subi pour elle
03:09à travers cette relation avec ce pervers narcissique.
03:14Sa passion, c'est la musique.
03:16Une rencontre change sa vie à la fin des années 1970.
03:20Rencontre avec un guitariste et compositeur, Fred Chichin.
03:23Oui, c'est vraiment la base et la naissance d'Eryta Mitsuko.
03:28Catherine Ringer rencontre Fred Chichin à l'occasion de la création d'un spectacle
03:32où elle est chanteuse dans ce spectacle.
03:35qui s'appelle Flash Rouge, au pluriel.
03:38Et Fred, lui, est musicien.
03:39Fred Chichin, il a un parcours assez chaotique avant ça.
03:43Notamment, il a été un tout petit peu au tout début d'un groupe qui s'appelle Taxi Girl,
03:47qui est resté un groupe mythique dans le rock français aussi.
03:50Et puis, il a fait de la prison pour des histoires de drogue.
03:53Il a été un peu routard, baroudeur, sur la route, quasiment à vivre comme un clochard.
03:59Il vendait son sang, notamment, c'est ce qu'il m'avait raconté pendant une interview.
04:04Et à cette occasion-là, d'ailleurs, il avait chopé une hépatite C quand il était très jeune,
04:08mais qu'il a découvert beaucoup plus tard.
04:10Et voilà, c'était un personnage assez étonnant.
04:12Ils se sont rencontrés sur ce spectacle.
04:14Et Fred a dit à Catherine, ça te dirait qu'on fasse un groupe ensemble ?
04:18Et puis, ça a été une collaboration artistique qui est devenue une relation amoureuse et une vraie vie de couple
04:23après.
04:23Le nom de ce groupe, Rita Mitsuko, ne signifie rien.
04:26Catherine Ringer trouve que Mitsuko, un parfum de Guerlain, sonne bien.
04:30Emmanuel, dans leur premier album, album éponyme, qui sort en 1984,
04:34il y a une chanson qui s'appelle Marcia Baila.
04:37D'abord, qui est Marcia, la femme dont parle ce morceau ?
04:40C'est une danseuse qui s'appelait Marcia Moreto, qui était argentine,
04:43qui avait fui la dictature et qui s'était réfugiée en France.
04:47Et c'était la professeure de danse de Catherine Ringer.
04:49Et Marcia a été victime d'un cancer foudroyant.
04:52Elle est morte à l'âge de 36 ans, ce qui a été un vrai choc pour les Rita Mitsuko.
04:55Et Catherine a décidé de raconter son histoire à travers cette fameuse chanson
04:59qui s'appelle Marcia Baila, donc littéralement Marcia qui danse.
05:05Elle est comment cette chanson ?
05:09C'est un ovni en fait, on n'a jamais entendu un truc pareil.
05:12C'est-à-dire qu'il se passe 25 000 trudes dans cette chanson en fait.
05:14Fred me disait aussi dans une interview, je voulais que toutes les 5 secondes, il se passe un truc.
05:18Et effectivement, il y a une rythmique un petit peu bizarre au début.
05:24Des sons électroniques un petit peu tordus.
05:27Il y a une guitare un peu mélancolique qui arrive juste avant le refrain.
05:31Il y a ce refrain avec la voix de Catherine qui explose comme ça,
05:34comme une sorte de diva rock absolument exceptionnel.
05:38Et puis Catherine disait aussi pour la petite histoire sur le rythme lancinant de la chanson
05:46que c'était né grâce à un gamin qu'elle avait dans son entourage
05:51et qui un jour, je crois dans une voiture, n'arrêtait pas de répéter talon.
05:55Et il faisait talon, talon, talon, talon, talon.
05:59Et elle a gardé ça en tête et c'est vraiment la rythmique et l'intro de Marcia Bayla.
06:05Et c'est un tube ?
06:06Ah bah c'est un énorme tube en fait.
06:07C'est une chanson qui se vend à un million d'exemplaires.
06:10Et c'était pas du tout un 45 tours initialement.
06:12C'est-à-dire que quand on reprend l'histoire de ce premier album et de cette chanson,
06:16l'album il est sorti quasiment un an avant.
06:17Il ne se passe pas grand-chose.
06:18C'est-à-dire que Fred et Catherine font des concerts, lui à la guitare, avec une boîte à rythme.
06:24Ils n'ont même pas de batteur.
06:25Ils ont un clavier.
06:26Ils font des tout petits clubs.
06:27Ils jouent devant 50, 100 personnes.
06:30L'album Marchotte.
06:31Ils sont chez Virgin à l'époque qui avait choisi un autre single qui ne marchait pas du tout.
06:35Et en fait, c'était à l'époque de l'explosion des radios libres.
06:38Enfin, les radios qui étaient beaucoup plus indépendantes et beaucoup plus audacieuses qu'aujourd'hui
06:43ont décidé de programmer cette chanson.
06:44Il y a les discothèques aussi qui l'ont programmée.
06:47Et c'est comme ça.
06:47C'est vraiment le bouche à oreille sur le terrain qui, à un moment, a fait remonter
06:51à la fois aux oreilles du groupe et de la maison de disques
06:53qu'il se passait un truc autour de cette chanson.
07:00Le deuxième album d'Eryta Mitsuko, intitulé Zono Comprendo, sort le 20 septembre 1986.
07:06Il contient plusieurs tubes.
07:08D'abord, les histoires d'as.
07:10Oui, les histoires d'as, c'est presque un exercice de style, en fait, en termes d'écriture.
07:14Parce que les histoires d'as, c'est les histoires d'amour qui finissent mal en général,
07:18comme dit le refrain de la chanson.
07:19Les histoires d'as, les histoires d'as, les histoires d'as, les histoires d'as, finissent mal, les histoires
07:27d'as.
07:27Et puis après, c'est une litanie de prénoms qui se croisent et qui est une sorte de blues un
07:33peu explosive,
07:33comme ça, avec un son incroyable.
07:35Il faut se rappeler que Zono Comprendo, ça a été produit par Tony Visconti,
07:40qui est l'un des plus grands producteurs du rock anglo-saxon,
07:42qui a produit les plus grands albums de David Bowie et qui n'avait jamais travaillé avec des Français, en
07:46fait,
07:47et qui avait repéré le fait que ces deux hurluberlus-là avaient vraiment un truc très, très particulier.
07:53Et ça a été un album qu'ils ont fait quasiment à trois.
07:56C'est-à-dire qu'il y avait toutes les idées musicales de Fred et de Catherine.
07:59Et puis Tony Visconti, qui avait fait des albums audacieux avec Bowie, qui leur a apporté aussi une patte incroyable.
08:05Donc les histoires d'as sonnent comme ça.
08:07Et ça a été le premier tube de l'album.
08:11Il y a aussi Andy et C'est comme ça.
08:14Oui, alors Andy, c'est une vision et une écriture très, très particulière,
08:18parce que c'est une femme, en l'occurrence Catherine, qui chante et qui drague un peu lourdement un homme.
08:34« Dis-moi oui, Andy, sois gentil cette fois-ci, etc. »
08:39Donc il y a quelque chose comme si les rôles étaient inversés.
08:41Et puis ce Andy, à la fin de la chanson, qui s'en va, qui est un peu discret,
08:46qui n'a pas envie de rejoindre cette nana qui insiste.
08:49Enfin voilà, c'est une lecture qui est très, très particulière de la chanson.
08:54Et c'est comme ça, c'est une sorte de course effrénée,
08:57avec une rythmique infernale, un peu punk, avec des gros accords de guitare.
09:01Et puis ce refrain, c'est comme ça, là, là, là, là, là,
09:04que, encore une fois, on a tous repris dans des boums et a dansé comme des fous là-dessus.
09:20Yves, à partir de cette période, les Rita Mitsuko deviennent très importants en France.
09:23Il y a une sorte à la fois de noirceur et de joie complètement extatique qui fait que ce sont
09:29de grandes chansons, en même temps que des morceaux très dansants.
09:33Et du coup, ça va toucher finalement un public extrêmement large dans les années 80.
09:37Moi, j'avais grandi en français avec Téléphone et puis le début d'Indochine.
09:41Des choses très efficaces, mais effectivement, on n'avait pas ce son mélangé de house, de punk.
09:45Et les Rita Mitsuko ont incarné pendant toutes les années 80 ce côté très classe, en fait, d'être français
09:52avant la French Touch, finalement.
09:58Un jour, en 1986, Catherine Ringer participe à l'émission de Michel Denisot, Mon Zénith à moi sur Canal+,
10:04et Serge Gainsbourg essaie de l'humilier en la renvoyant à son passé d'actrice porno.
10:10Yves, décris-nous cette séquence.
10:11C'est une séquence assez dégueulasse.
10:15Gainsbourg parle, en fait, de son époque porno, qu'en réalité, très peu de gens connaissaient.
10:20Parce qu'il faut quand même rappeler une chose.
10:21À cette époque-là, les films porno, il faut les avoir vus au cinéma, dans des salles classées X.
10:26Donc, presque personne ne connaissait ces quelques films qu'elle a faits, parce qu'elle n'en a pas non
10:30plus fait beaucoup.
10:31Mais il se sert de ça et il la traite de pute.
10:33On vous dit, tenez-vous, alors voilà le plan, la fille est en levrette, le mec est comme ci, et
10:38vous faites tant de...
10:39Vous êtes une pute.
10:40Oui, ça sert à voir avec ça.
10:42Vous êtes une pute.
10:43Comment elle réagit ?
10:44Elle réagit à la Catherine Ringer, c'est-à-dire qu'elle n'est pas du tout finalement impressionnée par
10:48un personnage très provoquant,
10:50comme l'était Serge Gainsbourg, et qui effectivement lui répète, vous êtes une pute, vous êtes une salope, etc.
10:55Donc elle, elle commence par essayer de se justifier en disant, mais voilà, le porno c'est ci, c'est
10:59ça, vous savez pas de quoi vous parlez.
11:01Puis à un moment, elle s'emporte en disant, mais vous me traitez de dégueulasse, mais vous vous êtes vus,
11:05vous...
11:05Et nous avons des éthiques.
11:07Mais vous, vous avez l'air d'un vrai dégueulasse, mais c'est vrai, depuis des années, moi quand j
11:10'étais petite, tout le monde disait ça de vous, que vous étiez un vrai dégueulasse, que vous étiez même pas
11:14rasé, que si ça se trouve vous vous sentiez mauvais et tout ça, alors arrêtez de me faire la morale,
11:19alors que vous, vous êtes le dégueulasse type.
11:20On comprend même pas ce que vous dites quand vous parlez, l'ingénieur du son, il râle, parce qu'on
11:25comprend pas ce que vous dites quand vous parlez, alors merde, vous êtes un vrai dégueulasse, même avec les gens
11:29avec qui vous travaillez.
11:30Moi je me rappelle avoir vu la séquence en direct à l'époque devant ma télé, j'étais halluciné de
11:35voir ça, et de voir comment Catherine Ringer arrivait à tenir tête à Gainsbourg, qui pouvait être quelqu'un d
11:40'extrêmement déstabilisant à la télé.
11:44Deux ans plus tard, en 1988, dans le troisième album d'Eryta Mitsuko, intitulé « Mark et Robert », il
11:50y a une chanson très entraînante, Yves, chanson qui va devenir un tube, c'est « Le petit train ».
11:56Là on est vraiment au cœur de ce qu'ont pu être les Rita Mitsuko, c'est-à-dire avec
11:59une chanson effectivement très dansante, d'ailleurs dont on n'associait pas forcément sur le moment les paroles à ce
12:05que cette chanson dit réellement,
12:07c'est-à-dire que le petit train, et elle le glisse justement, c'est le train de la mort,
12:12et c'est la première fois que Catherine Ringer aborde, mais d'une manière discrète, parce qu'elle parlait très
12:18peu, voire jamais de ça,
12:19et un jour elle m'en a parlé, son père disait « mon nom c'est Ringer », ou «
12:22Ringer », c'est pas Ringer, c'était un juif polonais, qui a été déporté dans neuf camps de concentration,
12:28qui miraculeusement est revenu, qui après a émigré en France,
12:33et elle en parle là donc, c'est pas du tout l'évidence d'aujourd'hui, ce qu'est la
12:37Shoah, et c'est pas non plus du tout évident d'en parler.
12:40Mais elle arrive à le faire, je trouve, d'une manière extraordinaire, la chanson reste, aujourd'hui elle est presque
12:44historique,
12:46et en même temps, c'est une manière de dire « mais oui, amusez-vous, dansez, y'a pas de
12:50problème ».
13:02Dans les années 1990 et 2000, les albums d'Erytha Mitsuko marchent moins bien,
13:07le début des années 2000 correspond aussi à la période de la chute des ventes de disques physiques,
13:12et le 27 novembre 2007, Emmanuel, on apprend la mort de Fred Chichin à 53 ans.
13:18Oui, c'est une mort qui surprend tout le monde, évidemment il était très jeune,
13:21et puis il était sur scène peu de temps auparavant, le dernier concert d'Erytha Mitsuko ensemble,
13:26c'était fin août 2007 à Rock-en-Seine, j'avais eu l'occasion de les interviewer quelques jours auparavant,
13:32et c'était vraiment une super interview, il y a des moments avec l'Erytha c'était un peu compliqué,
13:36Fred, il était pas toujours très très coopératif en interview, mais celle-là elle était vraiment top,
13:41Catherine était très en forme aussi, mais c'est vrai que quelques temps après,
13:45elle a fait quelques concerts toute seule, en disant Fred est pas en forme et vous inquiétez pas,
13:51il va revenir, etc. Et en fait il est pas revenu, il a été victime d'un cancer du foie,
13:56au départ il pensait que c'était cette vieille hépatite justement qui revenait,
14:00et puis ils se sont rendus compte que c'était cancéreux,
14:02ils se sont interrogés sur la possibilité de faire une greffe,
14:05et puis finalement le cancer l'a emporté.
14:07Quelques mois plus tard, Catherine Ringer décide de remonter sur scène.
14:10Oui, parce que justement Fred lui disait, notamment au moment où il était malade,
14:15mais c'est toi la star en fait, c'est toi qui dois continuer,
14:19tu peux tout à fait faire des concerts toute seule, ce qu'elle a fait,
14:22on a fait ensemble sa première prise de parole après la mort de Fred,
14:25et c'était un moment très riche en émotions,
14:28parce que Catherine c'est une femme très forte,
14:31et là elle avait pleuré plusieurs fois dans l'interview,
14:34parce qu'elle disait des choses très très intimes,
14:36je me rappelle qu'elle m'avait pris dans ses bras en arrivant,
14:39ce qui n'était pas du tout son genre, d'avoir un contact comme ça physique,
14:42mais on était vraiment dans la confession,
14:44c'est le genre d'interview qu'on garde en tête toujours,
14:47et elle m'avait dit, mais en fait j'ai perdu ma voix à ce moment-là,
14:50c'est-à-dire que j'étais tellement tellement dans l'émotion
14:53que plus rien ne sortait,
14:55et pendant plusieurs semaines j'ai cru que je n'allais pas pouvoir rechanter.
14:59Et au bout de deux mois, après la disparition de Fred,
15:01elle s'est remise à prendre des cours de chant,
15:05faire de la musique, et c'était reparti,
15:07et à ce moment-là elle s'est dit,
15:08bah oui, il va falloir que je continue,
15:10et que je continue pour faire vivre ce répertoire,
15:13et pourquoi pas faire de nouvelles chansons.
15:17Emmanuel, les trois enfants que Catherine Ringer et Fred Chichain ont tués ensemble,
15:21ils ont débuté des carrières dans le monde du spectacle.
15:24Oui, c'est vraiment des artistes,
15:25les chats ne font pas des chiens comme on dit,
15:27c'est-à-dire que Ginger a fait du cinéma,
15:29on l'a vu dans le bureau des légendes,
15:31on l'a vu dans les souvenirs de Jean-Paul Rouve,
15:34sur des films à la fois de cinéma et puis des productions télé,
15:38et puis Simone et Raoul,
15:40donc Simone Ringer qui a gardé le nom de sa mère,
15:42et Raoul Chichain qui a pris le nom de son père,
15:44ont formé un groupe qui s'appelait Minuit,
15:47qui a fait un album,
15:48on les avait reçus d'ailleurs à la première édition
15:50du Festival du Parisien Paris Paradis à l'époque, je m'en souviens.
16:00Et après, Simone a fait de la chanson toute seule,
16:03et puis Raoul, il a continué avec son groupe,
16:05il a accompagné d'ailleurs Catherine sur des tournées,
16:08comme il l'avait fait d'ailleurs,
16:09à un moment il était deuxième guitariste avec l'Erytha,
16:12donc avec Fred et Catherine sur la dernière tournée d'Erytha Mitsuko,
16:16et c'est un super guitariste Raoul qui continue à faire de la musique.
16:23A partir de 2013-2014,
16:26Catherine Ringer travaille sur un nouveau projet musical,
16:29avec deux membres d'un groupe qui avait cartonné
16:31en mêlant électro et tango,
16:33le Gotan Project,
16:34un nouveau groupe baptisé Plaza Frontia.
16:46Emmanuel, au mois de décembre 2016,
16:48Catherine Ringer participe à un événement,
16:50une fête organisée par le Parisien,
16:52baptisée Les Étoiles du Parisien.
16:54Oui, Les Étoiles du Parisien, à l'époque,
16:55c'était une sorte de cérémonie où on remettait des prix culturels,
16:59l'album de l'année, le film de l'année,
17:00la personnalité télé de l'année, etc.
17:03Et on en faisait une soirée qu'on diffusait sur les réseaux sociaux.
17:06Et puis, on avait proposé à Catherine de venir,
17:09de faire une petite prestation,
17:11et je me rappelle qu'elle avait dit,
17:12« Ah non, non, non, moi si je viens,
17:13c'est avec mon groupe et je joue vraiment quoi. »
17:16Et donc, elle avait fait genre, je ne sais pas,
17:1825 minutes de concert.
17:20Et en fait, c'était totalement hallucinant
17:22de la voir jouer devant, je ne sais pas,
17:24200 personnes qui n'en revenaient pas.
17:26Ils avaient Catherine Ringer juste à côté d'eux.
17:28Et puis, c'était diffusé sur les réseaux sociaux.
17:30Et je me rappelle qu'il y a eu énormément de monde
17:31qui avait vu ce concert en direct sur Facebook,
17:34un peu aussi halluciné de voir Catherine Ringer
17:36dans ces conditions.
17:37Yves, deux ans plus tard, en novembre 2018,
17:40tu rencontres Catherine Ringer chez elle,
17:42au Lila, en Seine-Saint-Denis, près de Paris.
17:44Tu fais une interview vidéo pour évoquer les tableaux de son père,
17:47dont certains sont exposés au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme à Paris.
17:52Oui, c'est un moment où elle a vraiment envie
17:54de faire redécouvrir l'œuvre de son père.
17:57Il a toujours peint, il a été respecté,
17:59mais c'était quelqu'un de très solitaire,
18:01dont elle disait qu'il n'a pas cherché vraiment la célébrité.
18:06Et donc, elle décide à ce moment de sa vie
18:08de se battre pour lui, c'était très clair.
18:10Et à cette occasion, je viens chez elle,
18:12et c'est merveilleux,
18:13parce que c'est effectivement une sorte de grenier,
18:15une pièce tout en haut,
18:17d'une belle maison des Delilah.
18:19Et elle m'avait préparé, pour moi, une expo.
18:22Elle avait des centaines de tableaux de son père,
18:25et elle m'avait dit,
18:25bon, je crois que c'est les meilleurs, je ne sais pas trop.
18:28Elle était extrêmement humble en en parlant.
18:30Elle posait même des questions,
18:32vous qui vous y connaissez,
18:33parce que j'écrivais sur les expos,
18:34mais elle avait un œil très, très puissant.
18:37Je me souviens de quelque chose de marrant,
18:38c'est qu'il y avait un personnage,
18:39je me suis dit, mais on dirait un peu vous,
18:41c'était sa grand-mère.
18:42C'était vraiment un très beau moment,
18:44et ce peintre m'avait beaucoup touché.
18:46Sam Ringer, comme elle disait.
18:49Cinq ans plus tard, tu l'interviews à nouveau,
18:51parce qu'elle joue un rôle dans un épisode
18:52de Capitaine Marleau,
18:53la série de France 2,
18:54avec Corinne Maziero.
18:56Et cette interview,
18:57t'as marqué aussi.
18:58Je la connaissais un petit peu,
18:59parce qu'on avait eu un projet
19:00d'aller plus loin sur la redécouverte
19:02du travail de son père,
19:03donc j'étais allé quelquefois chez elle,
19:05et je m'étais dit,
19:05tiens, Catherine Ringer,
19:06qui joue dans un Marleau,
19:07c'est pas courant.
19:09Donc elle me donne rendez-vous devant chez elle,
19:10mais elle me dit,
19:11je veux pas que tu rentres,
19:12je sais pas.
19:13Et donc on cherche un café,
19:14sauf que les cafés,
19:15je ne sais pas pourquoi,
19:16ce matin-là,
19:17étaient ou fermés,
19:18ou en travaux.
19:19On se met à errer un peu,
19:20comme ça, dans les lilas.
19:21Puis à un moment,
19:22on longe un parc,
19:22elle me dit,
19:22c'est bien un parc.
19:24Donc on s'assoit sur un banc,
19:25et là il se met à pleuvoir,
19:26vraiment.
19:26On se dit,
19:27c'est pas possible.
19:27Et au moment où on passe devant le McDo,
19:29près du métro,
19:30elle me dit,
19:31le McDo, pourquoi pas ?
19:32Elle prend un fanta,
19:33je prends un jus d'orange,
19:34et on fait une interview tous les deux,
19:35elle me dit,
19:36ça va dans l'endroit ?
19:37Et elle était vraiment simple,
19:39à la fois assez marrante,
19:40mais je sentais dans son regard,
19:42si tu trouves qu'il y a un truc qui va pas,
19:43ça va pas bien se passer.
19:47Nathalie,
19:48toi tu es journaliste
19:49pour l'édition de Seine-Saint-Denis
19:50du Parisien.
19:51Catherine Ringer vit dans ce département,
19:53au Lila,
19:54juste à côté de Paris,
19:55et elle s'est engagée à plusieurs reprises
19:57dans des manifestations
19:58pour la maternité des Lila,
20:00une maternité menacée,
20:02fermée depuis,
20:03qui était considérée comme pionnière
20:05pour les droits des femmes,
20:06et qu'elle connaissait très bien.
20:07Ses enfants y avaient vu le jour,
20:09elle avait aussi connu des épisodes
20:11plus difficiles,
20:13c'est-à-dire son premier contact
20:14avait été très douloureux,
20:16elle avait 16 ans,
20:17et c'était à la suite d'un viol,
20:20elle avait subi un avortement
20:22dans cette maternité,
20:23qu'il avait accueillie,
20:24et certainement qu'il l'avait rassurée.
20:27Et donc tout ça fait que,
20:29voilà,
20:29elle ne voulait pas voir
20:30cette maternité disparaître.
20:32Elle a suivi,
20:33et en fait,
20:34toutes les manifs,
20:35elle était fidèle,
20:36vraiment,
20:37et très très engagée,
20:39elle avait ça vraiment au cœur.
20:40Catherine Ringer,
20:41tu l'as aussi vue un jour
20:42au tribunal de Bobigny,
20:44en 2020,
20:44elle comparaissait ce jour-là
20:46pour avoir pénétré illégalement
20:48sur un chantier à Romainville,
20:50une manifestation destinée
20:51à dénoncer l'abattage
20:52de plusieurs arbres,
20:54on lui reprochait notamment
20:55d'avoir sectionné un grillage.
20:56L'avocat lui avait dit,
20:58bon voilà,
20:59vous restez un peu soft,
21:00c'est moi qui parle.
21:01Et en fait,
21:03quand Catherine s'est avancée
21:04à la barre,
21:05elle a commencé à parler,
21:06et ça y est,
21:07elle était lâchée,
21:08et donc elle a raconté
21:09que finalement,
21:11elle n'avait pas sectionné
21:12le grillage,
21:13c'était que le grillage
21:14était déjà bien entamé,
21:16et donc il n'y avait pas mort d'homme,
21:19et surtout que,
21:20en fait,
21:21elle avait fait tout ça
21:22parce que c'est un acte citoyen,
21:24elle voulait éviter
21:25qu'on abatte les arbres
21:27sur la corniche des forts,
21:29donc à Romainville,
21:30et alors le président,
21:32visiblement,
21:32qui était déjà conquis,
21:34avait un petit sourire
21:35pendant qu'elle déposait,
21:36et puis finalement,
21:38elle a été relaxée,
21:40faute de preuves.
21:43Catherine Ringer
21:44était investie
21:45dans la vie locale,
21:46au Lila,
21:46elle participait
21:47à des événements
21:47destinés aux enfants
21:48ou aux ados,
21:49comme des opérations
21:50d'éducation aux médias,
21:52on la voyait s'occuper
21:53de ses petits-enfants,
21:54et dans l'ensemble,
21:55les habitantes décrivent
21:56une Catherine Ringer
21:57simple,
21:57sympathique,
21:58qui n'hésitait pas
21:59à chanter
22:00dans la file d'attente
22:01pour aller voter,
22:02par exemple,
22:02les dimanches d'élection
22:03ou encore chez les commerçants.
22:05C'était pendant le confinement,
22:07donc tout le monde
22:07avait son masque
22:08et donc il y avait
22:09la queue chez les commerçants,
22:11elle était dans une file d'attente
22:12et puis voilà,
22:13elle commençait certainement
22:14à en avoir un peu marre,
22:16elle a commencé
22:17à pousser quelques notes
22:19et elle s'est mise
22:20à chanter
22:21et au départ,
22:23tout le monde dit
22:23mais qui c'est cette nana ?
22:26Et puis tout de suite,
22:28immédiatement,
22:28elle dit
22:28mais c'est Catherine Ringer
22:30et il n'y avait qu'elle
22:31qui pouvait faire ça.
22:32Elle se moquait
22:33complètement
22:34de son image publique
22:35et elle avait envie
22:37de chanter,
22:38elle chantait
22:38et tout le monde
22:39finalement avait
22:40un peu plus le sourire
22:41derrière son masque
22:42et elle amenait aussi
22:44de la légèreté,
22:45de la gaieté
22:46dans le quotidien.
22:49En 2024,
22:50le 8 mars,
22:51Journée internationale
22:52des droits des femmes,
22:53Catherine Ringer
22:53participe à la cérémonie
22:54célébrant
22:55l'inscription
22:56dans la constitution
22:57du droit à l'IVG.
22:59Ça se passe devant
23:00le ministère de la justice,
23:01placement d'hommes.
23:02Aux armes
23:05citoyens,
23:06citoyennes,
23:07elle chante
23:07la marseillaise
23:08en changeant un peu
23:09les paroles
23:09en disant par exemple
23:10les fils et les compagnes
23:12au lieu de
23:12les fils et les campagnes
23:14et à la fin
23:14il y a un échange
23:15avec le président
23:16Emmanuel Macron
23:17qui est très remarqué.
23:18Oui effectivement
23:19parce qu'elle vient
23:20de chanter la marseillaise
23:21et elle repart
23:22et en fait
23:23le président
23:24essaie de l'arrêter
23:26tente un baisemain
23:27mais on sent
23:27qu'il ne va pas
23:28complètement au bout
23:29et puis il essaie
23:30de l'embrasser
23:30au premier sens du terme
23:31c'est un peu
23:32de la prendre dans ses bras
23:33et de lui faire la bise
23:34et elle le repousse
23:34c'est-à-dire qu'elle continue
23:35sa route
23:35puis un peu
23:36comme si c'était
23:37assez désagréable
23:38comme sensation pour elle
23:39donc évidemment
23:40tout le monde a commenté
23:41ces images en disant
23:42c'est une façon de s'opposer
23:44à Emmanuel Macron
23:45à sa politique
23:46etc.
23:46et quelques temps plus tard
23:47elle s'est expliquée
23:47sur un plateau télé
23:48en disant
23:49non non
23:49c'est pas spécialement ça
23:50c'est surtout que
23:51c'était un moment solennel
23:52on était en train
23:53de célébrer l'IVG
23:55Je trouvais que c'était pas
23:57ça n'allait pas
23:58de faire la
23:59que le président
24:00me fasse la bise
24:02
24:03voilà je suis pas son pote
24:04lui non plus
24:05moi même
24:06j'aime pas spécialement
24:07faire la bise à tout va
24:08c'est aussi
24:09une expression
24:10de copinage
24:11qui n'était pas juste
24:133 août
24:142018
24:16pour bien vieillir
24:19Yves
24:19toujours en 2024
24:20Catherine Ringer
24:21qui a 66 ans
24:23à ce moment là
24:23remonte sur scène
24:24pour dire des poèmes
24:25érotiques
24:26poème d'une amie
24:28de son père
24:28rescapée des camps
24:29de la mort
24:30elle aussi
24:30devenue poétesse
24:31et conteuse
24:32Alice Mendelssohn
24:33en fait Catherine Ringer
24:35l'a découverte
24:36par sa fille
24:37quand sa fille
24:38était à l'école
24:38ou au collège
24:39Alice Mendelssohn
24:40est venue
24:40et a dit
24:42mais je connais ce nom
24:43Ringer
24:43c'était effectivement
24:44une amie de son père
24:45et donc elles sont devenues
24:46très proches
24:47j'ai croisé aussi
24:48cette femme
24:49qui était quelqu'un
24:50d'incroyable
24:50qui avait à cette époque là
24:5195 ans
24:53espiègle
24:53drôle
24:54un peu comme Catherine
24:55finalement
24:56qui écrivait des poèmes
24:57érotiques
24:58et donc elles ont décidé
24:59de travailler ensemble
25:00et Catherine a créé
25:02un spectacle musical
25:03où elle disait
25:05chantait
25:05ses poèmes
25:06ce spectacle
25:07s'appelait
25:07l'érotisme de vivre
25:08qui est un vers
25:09d'Alice Mendelssohn
25:10et qui je trouve
25:11résume tellement
25:12la personnalité
25:13de Catherine Ringer
25:14et elle l'a joué
25:15jusqu'à très récemment
25:16en février
25:17au Théâtre de la Ville
25:21Le mardi 15 septembre
25:23à 12h15
25:23une dépêche
25:24de l'agence France Presse
25:25l'AFP s'affiche
25:26sur les écrans
25:27dans toutes les rédactions
25:29disparition de Catherine Ringer
25:30la voix d'Erytha Mitsuko
25:32Catherine Ringer
25:33est morte à 68 ans
25:35d'un cancer foudroyant
25:36Emmanuel
25:37tu ressens quoi toi
25:38en découvrant
25:39cette information ?
25:40Je suis en réunion
25:41avec mon équipe
25:42et l'un des journalistes
25:43qui est autour de la table
25:44voit l'urgent tomber
25:46et dit
25:46Catherine Ringer est morte
25:47et moi ça m'assomme
25:48et je suis partagé
25:50entre l'émotion absolue
25:52de voir disparaître
25:53quelqu'un
25:54que j'ai côtoyé
25:55que j'ai croisé
25:56qui fait partie
25:57de ma vie musicale
25:58et ma vie tout court
25:59et puis évidemment
26:00le fait de gérer l'actualité
26:02c'est-à-dire qu'il faut voir
26:03de quelle façon
26:04on lui rend hommage
26:05Yves fait le papier
26:07hommage pour raconter
26:08un petit peu sa vie
26:09Eric Bureau
26:10notre journaliste musique
26:11va faire un papier
26:13pour raconter
26:14comment
26:14l'Erytha Mitsuko
26:16ont été importants
26:17dans la musique française
26:18et puis voilà
26:19moi je suis un petit peu
26:19entre les deux
26:20entre des souvenirs persos
26:21dont j'ai parlé tout à l'heure
26:23et puis
26:24c'était une amie du Parisien
26:26donc
26:27Donc il y a de la tristesse
26:29Ouais
26:30il y a une vraie émotion
26:31qu'il y a
26:32assez rarement
26:33avec la disparition
26:35d'artistes
26:35nous dans notre service
26:36on est régulièrement
26:37confrontés à ça
26:37évidemment
26:38mais là c'était vraiment
26:39très très particulier
26:40et c'est pas si souvent que ça
26:41que moi personnellement
26:42je suis touché
26:42pour pas dire bouleversé
26:43par la disparition
26:45d'une artiste
26:46Yves toi tu ressens quoi
26:47quand tu apprends ça ?
26:48Un choc énorme
26:49parce que
26:49je l'avais vu
26:50il n'y a pas si longtemps
26:51que ça
26:51enfin peut-être 3 ans
26:53et elle était tellement en forme
26:54tout de suite
26:54je regarde une photo
26:55sur mon téléphone
26:56au moment de la vente
26:57des tableaux de son père
26:58parce que finalement
26:58elle avait décidé
26:59de faire une vente aux enchères
27:00on avait fait une interview
27:01et elle avait rigolé avec moi
27:03et notamment
27:03elle avait pris
27:04elle avait une sorte
27:05de béret
27:05de toutes les couleurs
27:06et j'ai une photo
27:07où elle le met sur moi
27:08elle trouve que j'ai
27:08elle se marre
27:10et je pense à ça
27:11et je me dis
27:12Catherine Ringer
27:13c'était une personne
27:14qu'on avait envie
27:14de connaître mieux
27:15qui était délicieuse
27:16et qui avait encore
27:17plein de choses à faire
27:18de la musique
27:19peut-être du théâtre
27:20en tout cas
27:21et je me dis
27:23non
27:23c'est trop dur
27:31merci à Yves Géglet
27:32Emmanuel Maroll
27:33et Nathalie Revenu
27:34cet épisode de Code Source
27:36a été produit par
27:36Clémentine Spiller
27:37réalisation Théo Albaric
27:39Code Source
27:40est le podcast quotidien
27:42d'actualité du Paris
27:50et Nathalie Revenu
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