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  • il y a 7 semaines
Tous les jours dans Europe 1 Soir, Pierre de Vilno reçoit un invité au cœur de l'actualité politique.

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00:00Bonsoir à vous Antoine Fouché, merci d'être avec nous, vous êtes constitutif j'imagine du cabinet Quintet,
00:09vous êtes ancien directeur de cabinet de Madame Pénicaud lorsqu'elle était ministre du travail
00:16et vous sortez ce livre pour que nos enfants vivent mieux que nous, il est beaucoup question du travail
00:21et c'est un thème de la campagne qui commence, le fait que les Français peut-être ne travaillent pas
00:28assez
00:28et vous vous dites, bah non en fait c'est pas qu'ils ne travaillent pas assez, c'est que
00:31le travail ne paye pas
00:33et c'est aussi un autre thème de campagne.
00:35Avant de parler de votre livre, qu'est-ce que vous pensez de cette grande messe, six ministres arrivant à
00:42Bercy ?
00:43On a eu un petit teasing hier après-midi en disant, on va vous annoncer des grandes mesures pour les
00:48Français
00:48pour le pouvoir d'achat pour le carburant, là vous avez six ministres qui en gros vous disent
00:52bah en fait ce qui était existant va être prolongé et non on va pas baisser les taxes sur le
00:58carburant.
00:59Oui, bah quand vous n'avez pas de... ils font ce qu'ils peuvent dans les marges de manœuvre qu
01:04'ils ont
01:04avec le Parlement qu'ils ont, mais quand sur le fond c'est pas spectaculaire, vous essayez de compenser sur
01:12la forme
01:12et donc c'est mieux d'avoir six ministres à Bercy.
01:16Ça va se voir.
01:16La preuve on en parle, mais donc je pense qu'on n'est pas les seuls à l'avoir vu.
01:23Après, sur le fond ça reste quand même, me semble-t-il, dans la situation budgétaire de la France actuelle,
01:29peut-être, je ne sais pas si c'est la meilleure, mais c'est peut-être la moins mauvaise solution
01:33parce que baisser les taxes typiquement c'est assez populaire, mais cet argent-là en fait que vous rendez à
01:39tout le monde
01:40ou que vous prenez en moins à tout le monde, parce que les taxes sur le carburant en gros c
01:42'est 50% du prix de l'essence.
01:44Donc ouais, un gros 50%. Si vous faites ça, cet argent-là, d'abord vous le distribuez un peu à
01:54tout le monde,
01:54c'est-à-dire à ceux qui en ont besoin parce qu'ils ont besoin de la voiture pour aller
01:56bosser
01:57et à ceux qui prennent la voiture pour autre chose qu'aller bosser qui en ont moins besoin.
02:02Donc c'est moins efficace et puis surtout cet argent-là, c'est des recettes en moins, il faut bien
02:06les prendre ailleurs.
02:07Et donc en fait...
02:09C'est ça, c'est qu'en fait l'État ne sait faire que prendre des recettes en fait,
02:12plutôt que de se dire qu'on va couper dans les dépenses.
02:14Les dépenses en fait, c'est un des thèmes du bouquin, mais quand on regarde quelles sont les dépenses qui
02:20ont augmenté,
02:20c'est les plus populaires. Et c'est normal parce qu'on est en démocratie, et donc en démocratie, en
02:24général quand même,
02:26c'est sur les gouvernements, les présidents, les premiers ministres, l'ensemble des ministres,
02:34suivent la majorité de la volonté populaire, sinon il ne reste pas longtemps.
02:37Et donc si on va sur les dépenses...
02:40Oui, donc c'est peut-être un peu rapide de dire c'est la démocratie, c'est plutôt, j'allais
02:44dire, un vecteur électoral
02:47pour pouvoir être élu et réélu.
02:50Oui, mais ce sont les gens qui votent, et personne ne leur force à voter ce qu'ils votent.
02:53Et donc c'est nous, en fait, à la fin, qui choisissons.
02:58Qui choisissons celui qui va nous promettre mon zémerveille.
03:01Oui, mais bon, en même temps, on n'est pas obligé d'écouter, on n'est pas obligé de croire
03:05des choses qui ne sont pas crédibles.
03:07Et puis on n'est peut-être pas obligé de... On va peut-être arrêter de dire aussi.
03:10Parce que si on a l'ensemble des candidats... Vous voyez, c'est qu'entre deux idéalistes, on va se
03:15comprendre.
03:16À un moment donné, si vous avez des candidats qui arrivent devant la présidentielle, ils disent, il n'y a
03:20plus rien.
03:21Il n'y a plus rien, il va falloir bosser, c'est-à-dire...
03:23Et puis, il n'y en a aucun, en fait, qui va dire, si, moi je vous promets, la retraite
03:27à 60 ans, la retraite à 62 ans,
03:29et puis on va doubler le SMIC, et puis on va aller prendre aux riches parce que c'est plus
03:33simple.
03:33S'il n'y en a aucun qui dit ça, forcément, il va falloir voter pour quelqu'un.
03:37Certes, et donc la classe politique, comme elle a été plus en responsabilité,
03:42donc plus avec deux manettes, a une responsabilité plus grande que l'ensemble des Français.
03:46Il n'empêche quand même que je maintiens, quitte à ce qu'on ne soit pas d'accord,
03:50évidemment, que quand on regarde ces dépenses-là,
03:56parce qu'on dit, on n'est pas foutu de faire des économies, on ne fait que des dépenses.
03:59Oui, d'accord, mais c'est quoi qui augmente en dépenses ?
04:01On a augmenté nos dépenses publiques de 11 points entre 1975 et 2025.
04:09Sur les 50 dernières années, on a augmenté nos dépenses publiques de 11 points de PIB,
04:13et nos prélèvements obligatoires de 8 points de PIB.
04:15Donc, pour résumer, on peut dire, on n'a jamais autant mutualisé la richesse dans notre pays,
04:20on n'a jamais prélevé autant d'impôts, et on n'a jamais autant dépensé d'argent public.
04:24Mais il va où cet argent ?
04:26Les 11 points de PIB supplémentaires depuis 1975, ils sont allés où ?
04:29Ils ne sont pas allés à l'école, ils ne sont pas allés au transport,
04:32ils ne sont pas allés à la sécurité.
04:33De chaque gouvernement en disant, c'est le service public.
04:36Ils ne sont pas allés à la justice.
04:37Il n'y a pas un euro, en fait, qui va au service public depuis 50 ans.
04:40Donc, ça va dans l'administration centrale qui, d'une certaine manière, le mange.
04:43Non, non, non plus.
04:44Ça ne va même pas non plus.
04:46La masse salariale des fonctionnaires sur les 11 points, c'est 0,5 point.
04:51Donc, il y a 10,5 points à expliquer autrement que par la masse salariale des fonctionnaires.
04:56C'est déjà pas mal.
04:56Même si, oui, il reste 95% à expliquer.
05:00Donc, bon.
05:01Et sur ces 95%, vous en avez 90 qui sont notre idéal collectif contemporain,
05:07qui est de partir le plus tôt possible à la retraite et d'avoir les meilleures retraites du monde.
05:11Et on a réussi.
05:12On a la retraite la plus longue du monde, la deuxième du monde, la plus longue d'Europe.
05:16Et le meilleur niveau de vie à la retraite d'Europe et du monde, là, pour le coup,
05:20et c'est 9 à 10 des 11 points de PIB d'augmentation.
05:25Et quand on a précisé ça, me semble-t-il, on comprend pourquoi est-ce qu'on ne s'en
05:28sort pas.
05:29C'est que les dépenses publiques en volume qu'il faudrait le plus maîtriser, c'est les plus populaires.
05:34Et donc, c'est aussi pour ça qu'on n'arrive pas à faire.
05:38Je ne justifie pas.
05:39J'essaie d'expliquer et de montrer comment tout est intriqué.
05:42Non, non, c'est factuel.
05:42C'est pour ça que c'est beaucoup plus difficile à faire.
05:45Et que quand vous cherchez des économies sur des postes qui sont spontanément plus populaires
05:53à pointer du doigt, par exemple, le nombre de fonctionnaires ou le salaire des fonctionnaires,
05:59le nombre de fonctionnaires, ça a augmenté d'un million et demi.
06:01C'est vrai qu'il y a des économies potentielles à faire, d'efficacité, etc.
06:05Mais les salaires des fonctionnaires, ils n'ont pas arrêté de baisser par rapport au reste de la population.
06:11Je prends juste l'exemple des enseignants.
06:13Les enseignants en France sont payés 20% de moins que la moyenne de l'OCDE.
06:20Dans lequel il y a des pays avec lesquels on n'a pas l'habitude de se comparer, comme le
06:25Mexique.
06:26Et si on a l'habitude de se comparer avec l'Allemagne ?
06:29Comparons-nous avec l'Allemagne.
06:32Un professeur des écoles ou un instituteur qui enseigne à nos enfants dans l'école primaire,
06:35au bout de 15 ans de carrière en France, il gagne entre 2300 et 2400 euros net.
06:41A votre avis, un instituteur allemand, en moyenne, au bout de 15 ans, il gagne combien ?
06:45Je crois que c'est 6 000.
06:464000 euros, oui.
06:474000 euros.
06:48Donc, c'est un choix collectif qu'on a fait de maltraiter le service public, par exemple, de l'éducation,
06:54en sous-payant les enseignants, ce qui n'était pas le cas il y a 50 ans.
06:57En ayant plus d'enfants dans les classes, en ne formant pas les enseignants tout au long de leur carrière.
07:04Nous, on a à peu près deux jours de formation continue par an pour les enseignants.
07:08Les pays qui ont les meilleurs résultats de PISA ont plusieurs semaines, deux à trois semaines.
07:13Et en moyenne, je termine par là, sur l'éducation, on dépense moins que la moyenne de l'OCDE.
07:18Donc, on dépense moins que la moyenne des 38 pays qui sont censés être les plus riches du monde pour
07:23éduquer nos enfants.
07:24Et après, on s'étonne, même si ce n'est pas qu'une question de moyens.
07:26Ce n'est pas qu'une question de moyens.
07:27Mais les moyens, ça compte.
07:30Du niveau scolaire qu'il y a, par rapport aux autres pays, baissé.
07:34L'école, elle est à l'os.
07:36Il n'y a aucune économie.
07:37Il y a de la rationalisation à faire.
07:40Mais il n'y a aucune économie substantielle à faire.
07:42Et c'est pour ça que c'est populaire de le faire, parce que c'est toujours facile de taper
07:48sur les fonctionnaires.
07:49Mais sauf que ce n'est pas là qu'il y a du gras.
07:50Antoine Fouché est notre invité et président du cabinet Kintet.
07:53Et puis, ce livre, comment ça ?
07:56Quiltet ?
07:57Non, non, mais j'étais, c'est...
07:59Je quoi ?
07:59Je plus sois dans ce qu'il vient de dire.
08:01Vous plus soyez ?
08:01Ah oui, complètement.
08:02Bon, vous n'allez plus sois, mais juste après, la pause publicitaire et le rappel du titre de l'actualité.
08:0819h26 sur Europe.
08:09C'est parti.
08:09C'est parti.

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