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Charles Caudrelier, skipper pour la Gitana Team, Julie Coutts, directrice générale d'OC Sport Pen Duick et Clément Duraffourg, Data scientist pour la Team Banque Populaire, étaient les invités de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce mardi 22 septembre. Ils se sont penchés sur la Route du Rhum, une course dopée à la Tech, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.
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00:01Tech & Co, la quotidienne, les invités.
00:06Et oui, la route du Rhum, dopée à la Tech.
00:08On va en parler avec nos trois spécialistes qui sont sur ce plateau
00:12et qui, vous allez le voir, ont un rôle bien positionné sur ce rendez-vous.
00:19Finalement, j'ai l'organisatrice, le skipper et l'ingénieur de la route du Rhum.
00:23C'est plutôt pas mal quand même.
00:25Julie Koutts est avec nous. Bonsoir Julie.
00:27Bonsoir.
00:27Vous êtes directrice générale d'OC Sport Penduit, qui est l'organisateur de la route du Rhum.
00:34C'est ça ?
00:34Tout à fait, c'est exactement ça.
00:35Merci d'être avec nous.
00:37Nous avons aussi Charles Caudrelier qui est avec nous.
00:39Bonsoir Charles.
00:40Bonsoir.
00:40Vous êtes skipper pour la Gitanati, maintenant du titre de l'édition 2022.
00:45C'est vous qui serez aux commandes de votre bateau.
00:48Et vous allez nous expliquer justement comment la Tech est à bord
00:52et comment vous l'utilisez au quotidien.
00:54Et puis Clément Durafour, lui, c'est un peu en quelque sorte l'ingénieur.
00:58Bonsoir Clément.
00:59Vous êtes d'accord avec cette définition, c'est ça ?
01:01Oui, tout à fait.
01:01Vous êtes data scientist pour la team Banque Populaire.
01:06L'idée, c'est de comprendre, parce qu'on est dans Tech & Cook, une émission dédiée à la tech,
01:10comment justement cette activité de course à la voile finalement est révolutionnée,
01:18ou en tous les cas augmentée, accélérée en fait par la tech.
01:21C'est très intéressant d'avoir vos points de vue, mais peut-être commencer par vous, Charles.
01:25En tant que skipper, vous avez fait combien de courses dans votre vie déjà ?
01:29Pas mal, parce que j'ai plus de 25 ans de carrière.
01:32Je n'ai pas compté le nombre de courses, mais 1, 2, 3 par an, des grandes courses,
01:36plus des petites courses à côté, ça fait un bon paquet.
01:40Est-ce qu'il y a 25 ans, vous auriez pu imaginer que 25 ans plus tard,
01:44vous feriez la même chose, mais totalement différemment grâce aux nouvelles technologies ?
01:48Non, je ne crois pas. Quand j'ai commencé, les bateaux étaient en mode archimédien.
01:52Alors, il y a déjà des gens qui ont tenté de voler, mais la technologie ne permettait pas,
01:55ou les bateaux volaient, mais dans très peu de conditions, et ils ont arrêté.
02:00Et donc, non, non, on n'avait pas imaginé ça.
02:02Et il y a 10 ans, même, nos bateaux ne volaient pas en course au large.
02:05On a commencé à le voir d'abord sur des petites courses, l'Américas Cup,
02:08et après, on a transféré ça sur la course au large, on a imaginé ça.
02:14Et maintenant, quand on conçoit un ultime, il est forcément volant,
02:18parce que ça va beaucoup plus vite, et la technologie le permet.
02:21Et le fait qu'ils volent, c'est grâce, on va dire, au soft, à la programmation,
02:26à la manière de trouver, j'imagine, la meilleure, comment dirais-je,
02:31efficience lorsqu'il est sur l'eau, non ? Comment ça marche ?
02:35Oui, maintenant, les bateaux sont beaucoup conçus par ordinateur.
02:37Quand j'ai commencé, quand on déconcevait un bateau,
02:39on allait avec les architectes avec des plans en papier.
02:42Maintenant, on fait beaucoup de choses, et surtout, il y a beaucoup de numérique,
02:44ce qui nous permet de tester le bateau avant, de tester chaque pièce,
02:48et de la passer dans des modèles numériques, et de les comprendre.
02:51Et même, au-delà de ça, moi, en tant que skipper, mon métier, il a évolué,
02:54parce que dans la conception des bateaux, aujourd'hui, on a des simulateurs.
02:57Alors, ce n'est pas pour s'entraîner à naviguer, c'est plus pour s'entraîner à tester des pièces,
03:01plutôt des pièces que nous dessinent les architectes,
03:03et de leur parler du comportement dynamique.
03:06Avant, on avait du mal à gérer cette dynamique.
03:08Et avec le simulateur, les marins peuvent naviguer en virtuel avant,
03:11et tester des pièces.
03:12En fait, ils ont un jumeau du bateau.
03:13C'est un jumeau numérique, exactement.
03:15Avant qu'il existe vraiment.
03:16Voilà.
03:17Alors, le jumeau numérique n'est pas parfait, sinon on ferait des bateaux encore plus rapides.
03:21Mais après, quand on les essaye, on essaye de comprendre
03:24pourquoi ils ne vont pas aussi vite que le jumeau numérique,
03:26et de régler les détails.
03:27Ce qui fait qu'à chaque génération, on améliore le jumeau numérique,
03:30qui se rapproche encore un peu plus du bateau physique qu'on va pouvoir faire, c'est ça ?
03:37Exactement.
03:37Alors, les problèmes qu'on a aujourd'hui, c'est que les pièces sont en carbone,
03:40ou de toute façon, toutes pièces se déforment.
03:42Ce qu'on a beaucoup de mal à voir, c'est la déformation de la pièce,
03:45et on se trompe souvent dans ce domaine-là.
03:46D'accord.
03:47Et ensuite, ce qui est très compliqué pour nous,
03:48c'est qu'on est dans deux éléments, l'eau et l'air.
03:50Nos ailes, elles sont faites pour nos foils,
03:52c'est des ailes qui poussent dans l'eau.
03:54Le problème, c'est que l'air vient souvent s'immiscer là-dedans,
03:56et l'air détruit la performance des appendices.
03:59Soit elle arrive par la surface, soit elle se crée,
04:01parce que l'aile pousse, parce qu'il y a une dépression autour de l'aile.
04:04Et quand cette dépression est trop forte,
04:06à certains endroits, il y a des chutes de pression,
04:08et la molécule d'eau explose, on appelle ça de la cavitation,
04:12et la performance du foil se dégrade.
04:13En plus, ça abîme le foil,
04:15et donc on se bat aujourd'hui, on se bat contre ça.
04:17Donc les modèles numériques arrivent à voir à peu près où ça arrive,
04:21mais ils sont encore très mal calés sur ces deux foils.
04:23Et c'est ça qu'on découvre dans la pratique,
04:27et après on essaye de l'améliorer, et voilà.
04:30Et ça c'est, alors la technologie pour la conception du bateau,
04:33c'est une partie importante,
04:34mais vous allez voir que la tech elle est un peu partout.
04:36Elle est après, lorsque vous naviguez, etc.
04:39Julie, petite question, finalement la route du Rhum,
04:42c'est toujours une compétition sportive,
04:44mais on a aussi l'impression que c'est aussi aujourd'hui
04:47une compétition technologique, non ?
04:49Oui, bien sûr. Alors c'est vrai que quand on mentionne la course au large
04:53et qu'on parle d'innovation,
04:54on pense souvent aux performances des bateaux
04:56et aux performances de ces machines extraordinaires.
04:59Cependant, au périmètre de l'organisateur,
05:02la technologie fait aussi partie de notre quotidien.
05:06Ce que mentionnait Charles avec les données qui remontent du bateau,
05:12nous c'est des éléments qu'on utilise,
05:13notamment pour faire vivre le récit de la course.
05:15On a les données de positionnement,
05:18on a les données de vitesse du bateau
05:20qui nous permettent de rapprocher en tout cas la mer de la Terre
05:25via une cartographie et qui permet au plus grand nombre
05:27de suivre leurs performances au quotidien pendant la course.
05:31Aujourd'hui, le cockpit d'un bateau,
05:33ça ressemble à quoi finalement ?
05:35Il y a plein d'écrans, plein de mesures,
05:39plein d'appareils, de capteurs, etc.
05:41Ou est-ce que c'est finalement encore un fantasme ?
05:45Et après, on donnera évidemment la parole à Clément.
05:47Il va vous expliquer, mais on a beaucoup de données qui arrivent,
05:51mais on ne les utilise pas tous, nous, en mer.
05:52Donc, d'abord, j'ai quelques écrans.
05:54Les données principales avec lesquelles on navigue,
05:56nous, c'est tout ce qui touche au vent,
05:58force, vitesse, direction,
06:00aussi la vitesse du bateau, évidemment.
06:03Et après, tous les angles,
06:04parce que chaque appendice se règle au dixième de degré,
06:06donc il y a des capteurs pour tout ça.
06:07Ça, c'est ce qu'on utilise principalement.
06:09Mais excusez-moi, quand je vous écoute...
06:11Mais après, il y a 600 capteurs.
06:12Oui, c'est ça, mais quand je vous écoute,
06:13j'ai l'impression que vous êtes autant navigateur qu'ingénieur, non ?
06:17Je ne suis pas ingénieur,
06:18même si j'ai une formation scientifique,
06:20mais j'aurais dû être un meilleur ingénieur,
06:22ça m'aurait été...
06:23C'est vrai que le profil des marins aujourd'hui
06:25et des nouveaux marins, des nouvelles générations,
06:27ceux qui réussissent,
06:28qui font le transfert sur ces bateaux-là,
06:30sont souvent ingénieurs,
06:31parce qu'il faut comprendre comment ça marche.
06:34Donc voilà, il y a beaucoup de données,
06:35et les échanges avec justement les architectes,
06:38et les ingénieurs de l'équipe sont importants.
06:40Et quand on est ingénieur,
06:41on comprend beaucoup mieux les choses.
06:43Et voilà, donc...
06:44Et oui, il y a 600 capteurs à bord,
06:46mais après, ces capteurs,
06:47ils nous servent après à faire d'autres analyses.
06:49Ça, c'est le travail de Clément,
06:50notamment, de faire des rapports.
06:53Alors Clément,
06:54il y a quelques chiffres qui sont intéressants.
06:56En 78, Mike Birch, pardon,
06:59met 23 jours
07:01pour gagner la route du Rhum.
07:02En 2022, Charles Caudrelier met moins de 7 jours.
07:06Donc c'est immense, finalement.
07:10C'est quoi la révolution, là,
07:11dans cet écart de chiffres ?
07:14Des révolutions, il y en a eu quelques-unes,
07:16au cours des quelques dizaines d'années.
07:19La dernière révolution importante,
07:21c'est les foils, c'est le vol.
07:23En fait, on parle de bateaux qui volent,
07:26vraiment, pour les ultimes,
07:27qui sont les bateaux de Charles,
07:31à exploser, à s'accélérer de manière exponentielle.
07:34Exactement.
07:34En fait, l'objectif, c'est de sortir les coques de l'eau
07:38et donc de diminuer la traînée générée par les coques.
07:43Et donc, à partir de là,
07:45l'air devient le seul frein.
07:46Qu'est-ce qu'il reste, en fait ?
07:47Il reste là qui ?
07:48Il reste trois à quatre appendices.
07:53Donc, les deux safrons à l'arrière,
07:55une dérive centrale et un foil.
07:56Donc, le foil et la dérive vont permettre
07:58vraiment de soulever le bateau,
08:00vraiment de le sustenter.
08:01Et les deux safrons à l'arrière
08:03vont plutôt jouer le rôle d'un empennage d'un avion,
08:05c'est-à-dire pour vraiment jouer sur l'attitude,
08:08l'assiette longitudinale du bateau.
08:10Donc, on passe beaucoup de temps
08:12à trouver le bon équilibre,
08:15le bon réglage entre ces quatre pattes, finalement,
08:18sur lesquelles le bateau se déplace.
08:21Et puis, comme le disait Charles,
08:23ce qui nous limite maintenant,
08:25ce sont des limites physiques
08:28qui sont la cavitation, par exemple.
08:31Donc, ça, ça nous empêche...
08:33La cavitation ?
08:35Et donc, ce sont des phénomènes physiques
08:37et hydrodynamiques
08:39auxquels on n'était pas confrontés précédemment
08:41parce que les bateaux n'allaient pas suffisamment vite.
08:43Donc, il faut concevoir des appendices
08:45qui nous permettent de repousser
08:47ces limites de cavitation,
08:48donc de repousser ce frein hydrodynamique
08:52lié à ce phénomène.
08:54C'est votre job, ça ?
08:55Ou est-ce que sur un bateau
08:56comme celui de Charles,
08:58quelles sont vos missions, finalement ?
09:00Alors, à titre personnel,
09:02ma mission, c'est de m'occuper
09:03de la gestion des datas à bord,
09:07donc d'analyser l'ensemble des données
09:09qui sont enregistrées à bord.
09:10Donc, on a plusieurs centaines de capteurs,
09:14divers et variés, à bord du bateau
09:16pour mesurer le vent, la vitesse,
09:18les charges mécaniques, les pressions,
09:20en tout genre.
09:21Et l'objectif, c'est de comprendre
09:24comment le bateau se comporte,
09:26comment il fonctionne
09:26pour trouver les leviers,
09:30les meilleurs réglages en navigation
09:33pour être le plus performant
09:34en toute sécurité,
09:35en toutes circonstances.
09:37Et en plus,
09:38d'identifier les leviers
09:40d'optimisation de performance
09:41pour ensuite,
09:43soit développer des nouvelles pièces,
09:45soit modifier certains systèmes,
09:47ou même concevoir
09:48les futurs bateaux
09:50les générations suivantes.
09:53Alors après,
09:55lorsque vous êtes en mer, Charles,
09:57ce qu'il y a d'incroyable,
09:58et on se rend compte aujourd'hui,
09:59c'est que vous êtes totalement connecté.
10:02C'est-à-dire que
10:04c'est comme si,
10:05j'écoutais le témoignage
10:06d'un skipper il y a quelque temps
10:08de ça qui disait
10:08que c'était comme s'il était
10:10à la maison, finalement.
10:11Il peut faire des visios,
10:13alors il bosse sur son bateau,
10:15mais il a un confort,
10:19en fait, de connectivité
10:20qui fait qu'il peut partager
10:22des vidéos,
10:23il peut bosser,
10:24il peut faire plein de choses.
10:26Alors, il y a 25 ans,
10:27ce n'était pas comme ça.
10:27Est-ce que ça fait partie
10:28de l'une des révolutions
10:29qui vous a le plus frappé, ça ?
10:32Ou pas ?
10:32Non, pas vraiment,
10:33parce que moi,
10:34ça a fait quelques années,
10:35j'ai commencé.
10:35Ce qu'on a eu accès aujourd'hui,
10:37c'est de la data illimitée,
10:38pas cher.
10:39Avant, on payait très cher
10:40notre data.
10:41Donc, c'était une denrée rare,
10:42on va dire.
10:43Alors, c'est vrai que maintenant,
10:43on peut envoyer beaucoup plus
10:44d'informations depuis le bateau
10:46aux équipes.
10:47Sur le Maxime Morochi,
10:48maintenant, il y a 600 capteurs,
10:49on fait un milliard et demi
10:50de données par jour.
10:51Avant, on attendait de rentrer
10:52à terre pour les envoyer.
10:53Maintenant, on peut l'envoyer
10:54si on a envie.
10:55En temps réel.
10:57Alors, on n'envoie pas
10:57tout le temps toutes ces données
10:58parce que c'est trop lourd
10:59et ça ne servira à rien.
11:00Mais s'il y a, par exemple,
11:01un problème sur le bateau,
11:02on est capable de récupérer
11:04les quelques dernières minutes
11:05et d'envoyer des données
11:06à une fréquence incroyable,
11:07ce qui était impossible.
11:08Donc, des fichiers lourds
11:09extrêmement rapides.
11:10Voilà.
11:11Donc, en fait, avant,
11:12on passait toujours par des satellites.
11:13Maintenant, Elon Musk a fait Starlink
11:14qui est quand même un truc génial
11:16qui nous permet d'avoir un accès
11:18mille fois presque plus rapide
11:19et avec mille fois plus de...
11:21mille fois moins cher quasiment.
11:22Je crois que c'est à peu près ça
11:23les chiffres.
11:23Donc, pour nous, c'est une révolution.
11:25Mais ça ne fait pas longtemps.
11:25J'ai fait mon tour du monde
11:28en 2024.
11:29Donc, c'était la première fois
11:30que je naviguais avec ça.
11:32Et c'est vrai que c'est un confort
11:33parce que nous, on récupère aussi
11:34de la donnée,
11:36avant, parfois, c'était fastidieux.
11:38Parfois, c'était même insupportable.
11:39On mettait des minutes
11:40et on attendait les fichiers
11:42qui n'arrivaient pas
11:42et on ne pouvait pas faire
11:43notre stratégie météo.
11:44Donc, on pétait des câbles.
11:46Et c'est vrai que maintenant,
11:47on a cet accès-là.
11:48On peut communiquer facilement.
11:49Quand on a une casse,
11:50on a le droit de se faire aider
11:51par des techniciens pointus
11:53parce qu'il y a des choses
11:54qui sont compliquées pour nous.
11:56Et du coup, on peut même,
11:57effectivement, j'ai fait ça
11:58la dernière fois avec une visio,
11:59montrer les problèmes,
12:00envoyer des photos.
12:01Et eux, ils peuvent parler avec toi.
12:03Moi, je réparais
12:03et il y avait un truc
12:04que je ne savais pas bien faire,
12:06du composite.
12:06Et ils pouvaient me dire
12:07« Non, ne fais pas comme ça,
12:08ne fais pas comme ci. »
12:09Et donc, c'est assez...
12:11Oui, ça a changé un peu la donne.
12:12Et c'est un peu rassurant
12:13de se dire qu'on est au bout du monde
12:14et que finalement,
12:16on est connecté
12:18comme si on était à la maison,
12:19finalement.
12:19Il y a un côté rassurant ou pas ?
12:21Il y a un côté trompeur surtout
12:22parce qu'en fait,
12:23vous avez l'impression
12:23d'être proche des gens.
12:24Oui, alors que...
12:25Et votre bateau,
12:26c'est un petit point
12:26au milieu du Pacifique.
12:27Et en fait, vous êtes à...
12:29Et si vous avez un problème,
12:30il n'y a personne
12:30qui va venir vous chercher
12:31à cet endroit-là.
12:31Ou pas tout de suite en tout cas.
12:32Quelque part, c'est rassurant
12:33mais c'est un faux sentiment
12:36parce que s'il y a un vrai problème
12:37dans ces zones-là,
12:38il n'y a pas de secours possible
12:40ou en tout cas,
12:41c'est très long.
12:42Donc voilà.
12:43Mais oui, oui,
12:43ça nous dépanne bien.
12:45Et puis aujourd'hui,
12:46personne n'est capable techniquement.
12:48Il y a peu de gens
12:49qui sont capables
12:49de connaître ces bateaux-là
12:51tout seuls
12:51et de les réparer tout seuls
12:52et de régler tous les problèmes
12:53tout seuls
12:53sur un tour du monde.
12:54Il n'y a pas...
12:59Les skippers dans tous les domaines,
13:00des gens très pointus
13:01et c'est impossible d'être bon
13:02dans tous ces domaines-là.
13:03Julie, alors rappelons
13:05que vous faites partie
13:05de l'équipe qui organise
13:07la Route du Rhum.
13:07Pour vous,
13:08on va dire aussi
13:09que la connectivité
13:1224 sur 24,
13:13c'est aussi un outil
13:14de promotion phénoménal
13:15en fait pour la Route du Rhum,
13:16non ?
13:17Parce que les skippers
13:18peuvent envoyer des vidéos.
13:19Il y a toujours des...
13:20Enfin voilà,
13:21les réseaux sociaux
13:21sont aussi nourris
13:24par tout ça.
13:25C'est un élément
13:26de promo incroyable, non ?
13:27Absolument.
13:28Alors Charles l'exprime
13:29met très bien
13:29la technologie
13:30au service de la performance.
13:31Nous en tant qu'organisateurs,
13:33la technologie
13:33elle est au service
13:34de la visibilité
13:35de l'événement
13:35et on a la chance
13:37de pouvoir vivre
13:39du plus près possible
13:41ce que vivent
13:41les marins en mer
13:42avec les vidéos,
13:45tout ce qu'ils peuvent
13:46nous envoyer
13:47de leur expérience
13:48et ce qui nous permet
13:49de le diffuser
13:50au plus grand nombre.
13:52Mais au-delà
13:52de l'aspect médiatique,
13:53il y a aussi
13:54l'aspect sécuritaire.
13:57Effectivement,
13:57la technologie
13:59nous permet
13:59d'identifier
13:59le positionnement
14:00des bateaux
14:01systématiquement,
14:02de pouvoir déclencher
14:03des secours
14:03de façon beaucoup
14:05plus rapide
14:05qu'on le faisait
14:06dans le passé.
14:08Médicalement également,
14:09Charles mentionnait
14:10les pépins techniques
14:12sur le bateau,
14:13mais ça peut être
14:13un médical également
14:14où la connectivité
14:16nous permet
14:16d'avoir un médecin
14:17en haut du fil
14:19extrêmement rapidement.
14:20Une visioconférence
14:21de la télémédecine,
14:22c'est incroyable.
14:25Petite question,
14:26parce qu'évidemment
14:27dans Tech & Co,
14:28il n'y a pas un soir
14:28où on ne parle pas d'IA.
14:29Est-ce que finalement,
14:33Charles,
14:33l'intelligence artificielle
14:34devient son meilleur ami
14:37quand on est comme ça
14:37au milieu de nulle part ?
14:38Est-ce que ça vous aide
14:39dans ce que vous faites
14:41ou pas ?
14:41Ou est-ce que vous avez
14:42justement une certaine
14:43méfiance et un recul
14:44par rapport à,
14:45je ne sais pas moi,
14:46à des assistants
14:48d'IA conversationnels ?
14:50Non,
14:51honnêtement,
14:51je n'ai jamais utilisé
14:52l'IA à bord.
14:53Par contre,
14:54je vois bien qu'elle rentre,
14:54elle est présente,
14:55surtout dans les jeunes
14:56générations d'ingénieurs
14:57qu'on peut avoir chez nous
14:58qui utilisent l'IA
15:00pour coder
15:02et pour analyser
15:03les données.
15:04J'imagine qu'on fait beaucoup,
15:05mais c'est plus pour coder
15:06aujourd'hui.
15:07Et voilà,
15:08donc oui,
15:09ces progrès-là,
15:10mais bon,
15:10je pense qu'il m'en parlera
15:11mieux que moi
15:11parce que moi,
15:11je suis un peu
15:14old-fashioned maintenant.
15:15Quand même !
15:16Non,
15:16mais ce n'est pas le domaine
15:18que je maîtrise le mieux,
15:18mais je vois bien
15:19qu'il est présent
15:20et qu'il est très très utilisé
15:21par nos équipes
15:23pour analyser des données
15:24notamment
15:24et ça,
15:25c'est le métier
15:25qui va en parler très bien.
15:27Est-ce que c'est en train
15:28de révolutionner aussi
15:29la conception des bateaux,
15:30l'efficience des bateaux
15:31ou pas forcément ?
15:32Je ne pense pas
15:33que ça révolutionne,
15:34c'est dans la continuité,
15:37ça nous permet de...
15:38Ça arrive petit à petit
15:40dans nos méthodes,
15:41ça nous permet
15:42de nous aider
15:43dans l'analyse de données,
15:45d'une part,
15:46et ça nous permet aussi
15:47par exemple,
15:48d'estimer des grandeurs physiques
15:50à bord
15:51qu'on n'est pas capable
15:52de mesurer.
15:53Il n'y a pas de capteurs
15:54qui sont capables
15:55de mesurer certaines grandeurs.
15:56Par contre,
15:57en entraînant des modèles
15:58grâce au simulateur,
15:59on est capable,
16:00après à bord,
16:01de réestimer des grandeurs
16:02qui nous intéressent,
16:02qui sont des grandeurs importantes,
16:05des variables importantes
16:06pour le bateau.
16:06Est-ce que, par exemple,
16:07l'IA peut vous aider
16:08à prédire la casse
16:09de certaines pièces ?
16:10On voit que,
16:10dans pas mal d'industries,
16:12il y a aujourd'hui,
16:13grâce à certains signes,
16:15ou alors des bruits,
16:16ou alors des flexions,
16:18des choses comme ça,
16:19qu'on arrive à un point de rupture
16:21et qu'on arrive
16:22à prévenir des casses.
16:23Est-ce que vous imaginez ça
16:24ou ce n'est pas possible
16:26dans ce monde de la voile ?
16:29Je pense que c'est possible
16:32dans le sens où...
16:33Parce qu'on est d'accord
16:34que c'est l'horreur,
16:35enfin c'est le schéma
16:36le plus catastrophique,
16:37la casse, en fait.
16:37Oui, absolument,
16:38c'est tout ce qu'on cherche
16:39à éviter.
16:40Pour gagner,
16:41il faut d'abord arriver,
16:42ça c'est sûr.
16:44Et donc,
16:45c'est la raison pour laquelle
16:47à bord il y a un certain
16:47nombre d'alarmes,
16:48un monitoring d'un certain
16:49nombre de grandeurs physiques
16:51mesurées à bord
16:52pour vérifier que
16:53les appendices,
16:54les coques,
16:55les bras, etc.
16:56ne souffrent pas trop.
16:56Ne souffrent pas trop,
16:57exactement.
16:58Donc, les skippers
17:00vont avoir des alarmes
17:03à partir du moment
17:04où on rentre
17:04dans un état
17:05de sollicitation mécanique
17:07suffisamment élevé
17:08pour lever le pied
17:09ou faire attention
17:09ou modifier le réglage.
17:11L'intelligence artificielle,
17:13elle ne va pas permettre
17:14de prédire
17:14ce qui va se passer ensuite.
17:16La vague suivante,
17:16on ne la connaît pas.
17:17Par contre,
17:18elle va permettre peut-être
17:20à l'avenir
17:21d'identifier
17:22de manière peut-être
17:23un peu plus intelligente
17:25ce qui se passe.
17:27Effectivement,
17:27l'évolution,
17:28je dirais,
17:28de ces grandeurs,
17:29est-ce que petit à petit
17:30on se rapproche de seuils
17:32qui sont dangereux,
17:33qu'on n'aurait pas pu voir arriver
17:36juste en monitorant
17:38des simples grandeurs.
17:40Rendez-vous le 1er novembre 2026,
17:42c'est ça ?
17:43Exactement.
17:44À 13h02,
17:46départ de Saint-Malo,
17:47bien sûr,
17:47et direction Pointe-à-Pitre
17:49en Guadeloupe.
17:49Merci beaucoup
17:50à tous les trois.
17:51On suivra avec un peu plus d'intérêt
17:55Charles Caudrelier,
17:56maintenant,
17:57après votre témoignage.
17:57Merci beaucoup Charles.
17:59Skipper pour la Gitana Team
18:00et tenant du titre
18:01de l'édition 2022.
18:02Merci beaucoup à Julie
18:03d'être venue.
18:04Julie Kouts,
18:05directrice générale
18:05de ces sports Panduic,
18:07qui est l'organisateur
18:07de la Roue du Rhum.
18:08Et merci à Clément Durafourg,
18:11Data Scientist
18:11pour la team Banque Populaire.
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