00:036h18 sur Europe 1, c'est votre partition Omblin Roche.
00:07Il était un géant du cinéma mais aussi un homme de musique, Bourville.
00:11Bourville nous a quitté il y a exactement 56 ans aujourd'hui.
00:14Oui, il était né André Rimbourg en 1917 dans une ferme normande en face d'une meule de foin, disait
00:19-il.
00:20Avant de faire l'acteur, Bourville, comme le nom de la ville où il grandit,
00:24Bourville aimait chanter et jouer de la musique avec son harmonica, son accordéon et son cornet à piston.
00:29C'est la chanson qu'il a fait entrer dans le cinéma. On écoutera La Tendresse.
00:33On peut vivre sans richesse, presque sans le sou.
00:38Des seigneurs et des princesses, il n'y en a plus beaucoup.
00:42Alors, ce n'est pas à la maison que Bourville écoute de la musique.
00:46Non, c'est sur le poste TSF de son instituteur.
00:48Les chansons qu'il entend, il essaie de les reproduire avec son harmonica dont il a appris la pratique tout
00:53seul.
00:54Lors des fêtes de l'école ou à la fin des repas de famille, il fait déjà le pitre.
00:58Bourville apprend tous les succès de son idole Fernandelle qui, plus tard, deviendra son amie.
01:04Salade de fruits, joli, joli, joli.
01:07Tu plaises à mon père, tu plaises à ma mère.
01:12Salade de fruits, joli, joli, joli.
01:16Un jour ou l'autre, il faudra bien qu'on nous marie.
01:20Mais est-ce qu'il se destine tout de suite à un métier de chanteur ou de musicien ?
01:23Pas vraiment.
01:24Après avoir décroché son certificat d'études, Bourville apprend le métier d'instituteur.
01:28Puis celui de boulanger.
01:30Mais la passion de la musique le rattrape vite.
01:32À 19 ans, il devance l'appel du service militaire pour s'engager comme musicien dans la fanfare, la fanfare
01:37de l'armée.
01:38Dans la caserne, Bourville devient la coqueluche des soldats.
01:41Il n'a peut-être pas le physique d'un jeune premier, mais il a une voix, le sens du
01:45rythme et surtout le sens du show.
01:47C'est donc ses camarades de régiment qui vont le pousser comme ça à persévérer.
01:50Exactement.
01:51Il tente sa chance donc dans des radios crochés à Paris.
01:54Il faut savoir que c'est la grande mode à la fin des années 30, des concours de chant amateurs
01:57devant un public impitoyable.
02:00Il triomphe, Bourville.
02:01C'est à cette époque qu'il façonne son personnage de bené au cœur tendre.
02:04Vêtu d'un costume trop court avec sa voix fluette, nasillarde et élastique,
02:08Il connaît tous les trucs pour faire rire.
02:11Elle vendait des cartes postales, puis aussi des crayons, car sa destinée fatale, c'était de vendre des crayons.
02:21Elle disait aux gens de la rue, voulez-vous des crayons ?
02:27Mais reconnaissant l'inconnu, il disait toujours non, si c'est qui est triste.
02:35Et puis la guerre éclate et elle vient bousculer ses débuts.
02:38Oui, mais il rencontre l'accordéoniste Étienne Lorrain, qui devient son ami et son fidèle compositeur.
02:43À la Libération, après avoir couru les cachets, exercé mille petits métiers, de la plomberie à la boulangerie,
02:49Bourville connaît enfin le succès avec la chanson Les Crayons.
02:52Il passe à la radio et s'impose au musical grâce à Bruno Cocatrix, futur patron de l'Olympia.
02:59Cette voix familière trouve enfin un visage lorsqu'il fait ses premiers pas au cinéma.
03:18Au fil des années, l'amuseur public, Bourville révèle une facette bien plus intime.
03:23Oui, c'est vrai, plus sensible, plus poétique aussi, capable d'embrasser tous les gens.
03:28Bourville va même croiser un jeune auteur de 19 ans nommé Michel Berger, à qui il va commander une chanson,
03:34Les Girafes.
03:35Alors bien sûr, il l'interprétera avec sa touche unique.
03:38On retrouve Bourville en 1963.
03:40Écoutez, quand il remet un prix à son ami et idole de toujours, Fernandel, archive européen.
03:45Mon cher Fernandel, en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous fais grand prix de l'humour, prix
03:55Courtoly en 1963.
03:57Voilà, permettez que je vous mette cette petite couronne.
03:59Cette couronne de l'orgné ?
04:00Et que vous êtes le roi.
04:01Le roi de quoi ?
04:01Ah ça, c'est une devinette.
04:03Il ne faut pas me le dire.
04:04Alors mon cher Bourville, merci pour cette distinction qui m'honore et me flatte devant toutes ces personnes.
04:10Moi je suis un peu intimidé, j'ai la larme à l'œil.
04:12Donnez-moi la plaquette.
04:13Ah oui, c'est vrai, c'est ça encore.
04:14Ah oui, une petite plaquette.
04:161963, l'année où il enregistre un chef-d'œuvre, deux délicatesses, signé Hubert Giraud et Noël Roux.
04:23Bourville avec la tendresse sur Europe 1.
04:25Presque sans le saut, des seigneurs et des princesses, il n'y en a plus beaucoup.
04:33Mais vivre sans tendresse, on ne le pourrait pas.
04:38Non, non, non, non, on ne le pourrait pas.
04:45On peut vivre sans la gloire, qui ne prouve rien.
04:50Être inconnu dans l'histoire, et s'en trouver bien.
04:56Mais vivre sans tendresse, il n'en est pas question.
05:02Non, non, non, non, il n'en est pas question.
05:09Quelle douce faiblesse, quel joli sentiment.
05:15Ce besoin de tendresse, qui nous vient en naissant.
05:19Vraiment, vraiment, vraiment, vraiment.
05:24Le travail est nécessaire, mais s'il faut rester.
05:29Des semaines sans rien faire, eh bien, on s'y fait.
05:35Mais vivre sans tendresse, le temps vous paraît long.
05:40Long, non, non, non, le temps vous paraît long.
05:47Dans le feu de la jeunesse, naissent les plaisirs.
05:53Et l'amour fait des prouesses pour nous éblouir.
05:58Oui, mais sans la tendresse, l'amour ne serait rien.
06:03Non, non, non, non, l'amour ne serait rien.
06:09Bourville, le chanteur dans la partition sur Europe 1 avec la tendresse.
06:13Il nous a quittés il y a 56 ans, le 21 septembre 1970, à l'âge de 53 ans.
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