00:00C'est une visite historique, on pourrait dire, puisqu'il n'y a pas de visite de pape officiellement en
00:06France depuis 18 ans.
00:07Le dernier qui est venu en France, c'était Benoît XVI, en septembre 2008, d'abord à Paris, puis à
00:12Lourdes.
00:13Car c'est une visite, évidemment, que le pape fait à la France.
00:16Et il sera donc à Paris le 25 et le 26, puis le 26 au soir à Lourdes, jusqu'au
00:2227, 28 au matin,
00:23puis enfin à Metz, avant de repartir pour Rome.
00:26Ça c'est pour le programme ? Combien de religieux, combien de pratiquants du Pays Basque vont faire le déplacement
00:32?
00:32Alors en gros, on a une très très nombreuse délégation, puisqu'on se mobilise depuis le mois de juin,
00:38et chaque paroisse a freté d'écart, et donc les gens se sont inscrits très vite, on a pu inscrire
00:44des bus entiers,
00:45et donc il y aura plus de 6000 fidèles du diocèse de Bayonne-les-Cares-Laurons,
00:50qui se rendront à Lourdes pour la messe du dimanche à Lourdes le 27.
00:53Donc Pays Basque et Béarnes, plus de 6000 personnes ?
00:57Pays Basque et Béarnes, c'est un peu plus du Béarnes, parce qu'il y a plus de paroisse en
00:59Béarnes,
00:59et parce qu'on est plus proche de Lourdes.
01:01Est-ce que c'est la plus grosse, alors je ne sais pas si on peut parler de délégation ?
01:03Je crois que c'est l'une des plus grosses délégations avec celle de Toulouse, vous voyez,
01:06donc ce n'est pas tout à fait la même proportion de population,
01:09mais ça veut dire qu'il y a une vraie mobilisation dans notre diocèse pour la visite du pape Benoît
01:14XVI.
01:14Et parmi ces 6000 personnes, qui sont ces personnes qui vont se rendre justement pour la visite ?
01:23Alors c'est très diversifié, ce sont des paroissiens évidemment qui vont appréhender des temps d'attente,
01:29des positions debout très longues, donc je pense qu'il n'y aura pas beaucoup de personnes très âgées,
01:33mais il y a une forte mobilisation des jeunes.
01:36Il y a une rencontre des jeunes aussi, comme vous le savez à Paris au Stade de France,
01:40à Saint-Denis, qui va rassembler 80 000 jeunes dans ce Stade de France avec le pape, le vendredi soir.
01:46J'ai tenu à mobiliser aussi les jeunes pour cet événement,
01:49parce que depuis Saint-Jean-Paul II en 1980 au Parc des Princes,
01:54ou en 1986 au Stade Gerland, jamais un pape n'a rencontré spécifiquement la jeunesse française.
01:59Et donc je pensais que c'était important qu'il y ait des jeunes qui puissent représenter notre diocèse aussi
02:04à Paris,
02:04donc ils seront une quarantaine quand même, alors qu'à Bordeaux ils seront beaucoup moins.
02:08Mais par contre il y a une très forte mobilisation de jeunes,
02:11ils sont plus de 300-400 qui vont participer à la messe à Lourdes.
02:17Et comment ça s'explique, une telle ferveur envers cet homme d'église ?
02:21Je crois qu'il y a une attente, d'abord parce que nous avons été habitués, c'est vrai en
02:24France,
02:25qui est quand même un pays qui a des racines chrétiennes,
02:28nous avons été habitués à la visite du pape Jean-Paul II, qui est venu à plusieurs reprises chez nous,
02:32Benoît XVI, qui dans son cours pontificat de 8 ans a pu venir une fois,
02:37et depuis le pape n'est jamais venu en France.
02:39Et donc je crois qu'il y a une espèce de frustration, d'attente.
02:45Et puis je crois aussi que dans la population française, il y a une soif d'absolu,
02:49il y a une soif de transcendance, il y a une soif de Dieu qui se manifeste.
02:53On voit aujourd'hui, comme vous le savez, en France une croissance exponentielle
02:58du nombre de catechémènes adultes, de ceux qui demandent le baptême.
03:02Il y en a eu 13 234 en France l'an dernier.
03:05Et dans notre diocèse ?
03:06Il y en a eu 115 qui ont demandé le baptême, 140 qui ont donné la confirmation.
03:10Et généralement ce sont des adultes qui sont jeunes.
03:1380% de ces adultes qui demandent le baptême en France ont entre 19 et 40 ans.
03:18Et qu'est-ce que vous attendez d'une telle visite ?
03:20Est-ce qu'elle marque vraiment la vie des pratiquants, ou ça reste juste une opération de communication ?
03:23Non, je crois qu'on attend beaucoup, c'est un événement spirituel.
03:26Dans l'évangile, Pierre, le premier des apôtres, dont le pape est le successeur par définition,
03:32en tant qu'évêque de Rome, est celui à qui Jésus a confié la mission d'affermir ses frères dans
03:37la foi.
03:38Et donc nous attendons du pape, dont c'est le charisme propre, de nous affermir dans la foi
03:44et de nous affermir aussi dans un nouvel élan missionnaire dont nous avons besoin pour témoigner de notre foi,
03:50de manière visible, sans prosélytisme évidemment, dans le respect de la liberté de conscience de tous,
03:55mais d'apporter cette bonne nouvelle du salut, parce que nous sommes conscients
04:00que beaucoup d'hommes et de femmes sont inquiets de l'avenir,
04:03vivent dans une société très anxiogène, parfois même dépressive,
04:08et attendent une parole de vérité, d'espérance.
04:11Ce matin, ici, Pays Basque propose une matinale spéciale sur le thème de nos enfants,
04:16avec 9 Français sur 10 qui se disent préoccupés par l'avenir, parmi les priorités,
04:20la lutte contre les violences sexuelles et physiques.
04:23Il se trouve que l'Église a été largement critiquée sur ce sujet,
04:26l'affaire Betaram étant la plus emblématique.
04:29Comment on protège les enfants au sein de l'Église aujourd'hui ?
04:32Est-ce qu'il y a eu une sorte de mea culpa ?
04:35Je crois qu'il y a eu une prise de conscience depuis l'an 2000
04:37qui précède la prise de conscience de toutes les autres institutions, comme vous le savez,
04:42puisque nous avons mis en place des plans de prévention, de protection de l'enfance,
04:46nous avons des cellules d'un coup des victimes,
04:48nous avons mis en place des processus d'indemnisation,
04:51donc de reconnaissance et de réparation.
04:53Il y a beaucoup de travail à faire, mais il y a un travail qui a été fait,
04:55et je crois que, pour nous, les victimes sont plus dans le passé,
04:59même si aujourd'hui, nous sommes toujours extrêmement vigilants,
05:02et on voit bien d'ailleurs que nous sommes un peu pionniers,
05:04puisque aujourd'hui, quand on pense au périscolaire dans la ville de Paris,
05:09on voit que c'est encore aujourd'hui que ça se passe,
05:10que l'on couvre encore des violences sexuelles,
05:14que l'on déplace des gens,
05:15et qu'on n'a pas assez non plus formé les adultes qui accompagnent les enfants.
05:20Donc, pour nous, c'est une vraie préoccupation,
05:22en particulier dans ce monde catholique,
05:23qu'il y a vraiment des plans de prévention.
05:24Moi-même, j'ai nommé, il y a déjà quatre ans,
05:27une déléguée épiscopale à la prévention,
05:30et à l'éducation, à la prévention, à la protection de l'enfance,
05:33et qui fait des sessions aussi pour tous les publics
05:37qui sont au contact des enfants et des jeunes.