- il y a 26 minutes
Angélique Dumetz, 18 ans, étudiante à Amiens. A l'automne 1996, son corps est retrouvé dans une forêt...Elle a été violée. La vision de la scène de crime est insoutenable. Un ADN a été retrouvé mais aucune correspondance. Sa mère et des policiers vont s'acharner pour retrouver le coupable. La première cellule d'enquête cold case.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
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00:0014h-15h, c'est l'heure du crime sur RTL, avec Jean-Alphonse Richard.
00:05Les policiers nous font rentrer dans un bureau et nous disent, voilà, Angélique a été retrouvée à côté du wagon
00:15de l'armistice dans un talus et elle a été tuée à coup de couteau.
00:20Je ne veux pas le croire, c'est impossible pour moi que ce soit arrivé.
00:27Bonjour, Angélique Dumès, 18 ans, étudiante à Amiens.
00:33A l'automne 1996, son corps est retrouvé dans une forêt.
00:36Elle a été violée, la scène de crime est insoutenable.
00:40Un ADN masculin retrouvé mais aucune correspondance, sa mère va s'acharner pour retrouver le coupable et la police aussi.
00:47La création de la première cellule d'enquête.
00:50Que raconte cette traque ?
00:52Angélique Dumès, le tueur de la forêt de Compiègne.
00:55L'heure du crime, votre rendez-vous 100% fait divers et tout de suite sur RTL.
01:07Dimanche 13 octobre 1996, 9h10, la gendarmerie de Choisy-au-Bac, un bourg limitrophe de Compiègne, est appelée pour un
01:17corps découvert en forêt.
01:19C'est un vététiste qui a fait la découverte en bordure de l'avenue de l'Armistice, non loin de
01:24la clairière où Allemands et Français avaient signé la fin des hostilités de la guerre 14-18.
01:30Le commissariat de Compiègne prend le relais, un commandant de police se rend sur place.
01:35La victime est une jeune femme, âgée entre 20 et 24 ans.
01:40Elle gît sur le dos, dans l'herbe.
01:43Il y a deux flaques de sang.
01:44La jeune femme a été éventrée, elle porte encore deux profondes entailles au cou.
01:50Son pantalon à carreau gris et blanc est déboutonné, la culotte en partie a baissé.
01:55Sous ses chaussures de Marc Doc Martens, on remarque des baies rouges.
02:00Le premier buisson portant de tels fruits se trouve de l'autre côté de la chaussée.
02:05Le corps a été tiré sur 35 mètres, sous la dépouille, des pièces de monnaie, une médaille en forme de
02:11cœur avec des amoureux.
02:12Le légiste évoque des coups très violents, portés par une même arme blanche, un couteau type poignard.
02:19La tête a failli se détacher, on a essayé de la décapiter, estime le médecin.
02:24La jeune femme a été violée, de nombreux prélèvements sont effectués.
02:32Dimanche 13 octobre, en début d'après-midi, un habitant de Campienne vient signaler la disparition de sa fille.
02:38Sa femme a déjà appelé le commissariat dans la matinée.
02:42La disparue est Angélique Dumès, 18 ans, 19 ans dans exactement deux mois.
02:48Elle est sortie la veille avec des amis, mais elle n'est pas rentrée de la nuit.
02:52Le papa ignore alors qu'un corps a été retrouvé le matin dans la forêt.
02:58Quelques heures plus tard, les parents Patrick Dumès et son épouse Marie-Pierre sont convoqués au commissariat.
03:04On leur apprend qu'Angélique est morte.
03:06On l'a retrouvée sans vie, en forêt de Campienne.
03:09Quelqu'un l'a tuée.
03:10On met tout en œuvre pour retrouver celui qui a fait ça.
03:13Là, les parents sont dans la sidération, comme si le sol se dérobait sous leurs pieds.
03:21Pour les policiers, l'urgence est alors de reconstituer les dernières heures d'Angélique Dumès.
03:27La veille au soir, elle était invitée à un anniversaire d'une très bonne copine.
03:31Tout le monde s'est retrouvé au City Hall, une boîte du centre-ville.
03:35Vers 4h du matin, Angélique est sortie pour prendre l'air.
03:38Au videur, elle a lancé.
03:39A tout à l'heure.
03:40Mais il ne l'a plus revue.
03:42Aucun témoin n'a aperçu Angélique cette nuit-là dans Campienne.
03:45Impossible de savoir où elle a pu aller.
03:48Pas de téléphone portable à l'époque.
03:50Cédric, 23 ans, le petit ami, présent à la soirée, est aussitôt interpellé.
03:55À la fête d'anniversaire, il a été vu en train de se disputer avec la victime.
04:00Il reconnaît une explication des insultes.
04:02Il ne porte cependant aucune trace de griffure, alors qu'Angélique s'est bel et bien défendue.
04:07Qui plus est, son ADN ne correspond pas à celui retrouvé sur le corps.
04:13Il est relâché.
04:13Dans les mois qui suivent, des comparaisons ADN sont régulièrement effectuées avec les fichiers existants.
04:19Le FNAEG n'est pas encore opérationnel.
04:22Les investigations s'enlisent.
04:24Samedi 13 mai 98, 19 mois après la mort d'Angélique Dumès,
04:29plus de 400 personnes, familles, amies, inconnues,
04:32se recueillent devant la plaque installée sur le lieu du crime par la mairie de Campienne.
04:37Ici fut retrouvée Angélique Dumès, sauvagement assassinée le 13 octobre 1996.
04:43Jamais nous ne pourrons gravir les marges de l'oubli.
04:46La maman dépose.
04:47Une rose blanche.
04:50Un meurtre sans témoin, sans images de vidéosurveillance,
04:54sans pistage possible de téléphone portable.
04:56Autant dire que la police n'a guère d'indices pour accrocher un suspect.
05:00Le seul qui vaille finalement, c'est cette trace ADN du meurtrier.
05:05Cette trace que les enquêteurs vont suivre obstinément et pendant des années.
05:09On va en parler dans la suite de l'heure du crime.
05:12Bonjour Franck Martins.
05:14Bonjour.
05:14Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans le studio de l'heure du crime.
05:17Vous êtes commandant divisionnaire, honoraire comme on dit, c'est-à-dire en retraite évidemment.
05:21On n'est jamais vraiment en retraite quand on est policier.
05:24Vous étiez à la brigade criminelle de Lille et vous allez reprendre toute cette enquête.
05:27Mais ça, on va y venir un peu plus tard.
05:28Et vous êtes l'auteur de ce livre, Angélique et la rose bleue, avec Delphine Desley,
05:33qui est également notre invitée aujourd'hui dans l'heure du crime, publié aux éditions Michalon.
05:38Alors, ce livre, il est exceptionnel parce que d'abord, il raconte une histoire.
05:42Cette histoire d'un crime épouvantable.
05:44où on a mis beaucoup de temps à trouver le coupable, mais ça, on va y venir.
05:47Et puis parce que c'est dans la tête d'un policier que ça se passe.
05:50On voit comment on chemine à travers une histoire.
05:53On croit que les policiers sont là pour regarder les faits, uniquement les faits.
05:57Mais il y a aussi une famille derrière, il y a des amis.
06:00Et tout ça, il y a une plongée très émouvante dans cette enquête.
06:04Et ça, ça m'a beaucoup marqué.
06:06J'ai beaucoup aimé ce bouquin.
06:08Franck Martins, juste un petit mot.
06:10Pourquoi Angélique et la rose bleue ?
06:12Pourquoi la rose bleue ?
06:13Alors, la rose bleue, c'est un symbole.
06:15Ça symbolise l'atteinte de l'impossible, le fait de ne jamais renoncer,
06:20le fait de ne pas se résoudre à l'inaction.
06:24Et donc, elle était devenue, lorsqu'on a fait notre petit logo de groupe,
06:30c'était devenu le symbole de notre cellule.
06:32D'accord.
06:33Alors ça, c'est important parce qu'effectivement, on voit bien que cette histoire a marqué beaucoup de policiers.
06:37Et la scène de crime, Franck Martins, s'il faut y revenir, on revient au début de l'histoire,
06:41elle est épouvantable.
06:42Vos collègues de Campienne, ils sont abasurdis par ce qu'ils voient ?
06:46Oui, les constatations sont très difficiles parce que la scène est particulièrement atroce.
06:54Les blessures sont très spectaculaires.
06:59Et voilà, le fait de se retrouver comme ça, mais tous les policiers qui se sont retrouvés dans ce genre
07:04de situation le confirmeront,
07:05c'est déjà humainement très difficile à vivre.
07:08Et en plus, les enquêteurs, les premiers enquêteurs sur place du commissariat de Compiègne,
07:14se doutent immédiatement que cette affaire va être une affaire compliquée à gérer, à résoudre.
07:20Et l'approche est d'autant plus violente que les conditions dans lesquelles le corps est découvert sont particulières.
07:29Ils bossent bien, vos collègues de Compiègne ?
07:31Vous leur rendez hommage, d'ailleurs, dans le livre.
07:33L'enquête, elle est plutôt bien menée ?
07:35Oui, oui, elle est plutôt bien menée.
07:37Alors, il faut se remettre dans le contexte de l'époque.
07:39On est en 1996.
07:42Les moyens dont dispose la police à cette époque ne sont bien évidemment pas les mêmes aujourd'hui,
07:47notamment en matière de police technique et scientifique.
07:49Donc, on va dire qu'avec les moyens dont ils sont dotés à l'époque,
07:53oui, ce qui est fait est fait.
07:55Alors après, on peut toujours dire, oui, mais ils n'ont pas fait ceci, ils n'ont pas fait cela.
07:58Oui, mais ça, c'est facile.
07:59Voilà, c'est toujours facile avec le recul.
08:02Bonjour, Delphine Desley.
08:03Bonjour.
08:03Merci beaucoup d'être avec nous également dans le studio L'Heure du Crime.
08:06Vous êtes journaliste à La Voix du Nord et vous avez participé à la rédaction,
08:10évidemment, de cet ouvrage, Angélique et la Rose Bleue, dont on parle aujourd'hui.
08:15Alors, il y a les parents, ils sont très touchants.
08:18Les parents d'Angélique, évidemment, ils ont perdu leur trésor, ils ont perdu leur fille.
08:21Ça, c'est très, très frappant.
08:23Et la maman, Marie-Pierre Mazier, tout de suite,
08:26elle va être dans une espèce de combat pour retrouver sa fille.
08:29Ça, c'est immédiat.
08:31Alors, c'est une femme très impressionnante.
08:33Franck m'avait prévenu parce qu'il l'avait effectivement rencontrée dans le cadre de l'enquête
08:38qu'il a été amené à diriger à partir de 2005.
08:43Moi, je la rencontre en 2025, quand on a ce projet de livre.
08:49Et effectivement, c'est une rencontre qui ne s'oublie pas.
08:52C'est une femme qui a vécu le pire.
08:55Je l'écris dans l'avant-propos.
08:57Le pire lui est arrivé.
08:59Elle avait donc cette fille qu'elle avait eue jeune, à 19 ans.
09:04C'est une maman copine.
09:06C'est une maman extrêmement fusionnelle avec Angélique.
09:10Et effectivement, c'est le drame absolu de sa vie.
09:13Mais de ce drame absolu, ce qui est aussi remarquable, c'est qu'elle mène effectivement un combat qui est
09:20très digne,
09:21alors qui est très engagé.
09:23Elle sonne à toutes les portes.
09:26Elle crée avec ses amis du quartier une association.
09:30Elle distribue des tracts.
09:31Elle impose des affichettes.
09:33Et elle va, au fil des années, ne jamais se décourager.
09:37Faire en sorte, en tout cas, que l'affaire ne soit pas classée.
09:39C'est vraiment son combat.
09:42Et obtenir, voilà, qu'elle soit remise, que des moyens soient remis pour l'élucider.
09:48Et effectivement, on parle de cette maman, parce qu'elle est centrale dans cette affaire, évidemment.
09:52Et puis, on en voit beaucoup, nous, des mamans, des papas, dans cette heure du crime,
09:55qui viennent raconter leur histoire.
09:57Parce que c'est souvent, grâce aux familles, hélas, j'ai envie de dire, qu'on parvient à maintenir les
10:01enquêtes ouvertes.
10:02Encore une question pour vous, Franck Martins.
10:04L'ADN, à l'époque, on a de l'ADN.
10:07Mais à l'époque, les méthodes de comparaison ne sont pas celles d'aujourd'hui.
10:11Alors, déjà, il n'y existe pas de fichier tel qu'on le connaît aujourd'hui.
10:17Bien évidemment qu'on connaît l'ADN.
10:19On s'est travaillé dessus.
10:20Les comparaisons vont être faites au cas par cas à l'époque.
10:23C'est-à-dire qu'on va prélever une personne et éventuellement envoyer son prélèvement au labo
10:27pour comparer avec le génotype qu'on a retrouvé sur la scène de crime.
10:30Mais on en est quand même au balbutiement.
10:32On en est au balbutiement.
10:33Et donc ça, ça ne facilite pas l'enquête.
10:35Effectivement.
10:36Ça ne facilite pas l'enquête.
10:37C'est le moins qu'on puisse dire.
10:38Voilà.
10:38Alors, on sait que, par exemple, si ça avait été une empreinte digitale,
10:42là pour le coup, on a un fichier, on a de ça.
10:43Là pour le coup, voilà, on est à la préhistoire de l'ADN.
10:46Neuf ans plus tard, nouvelle équipe d'enquêteurs, nouveaux espoirs.
10:50Angélique Dumès, le tueur de la forêt de Compiègne.
10:53Le suspect nous dit qu'il connaît bien cette affaire.
10:56Il va même se recueillir sur la tombe de l'étudiante.
10:59L'enquête de l'heure du crime.
11:00On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:03Merci d'écouter RTL.
11:11RTL.
11:14Votre radio.
11:15L'heure du crime.
11:17Présenté par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:20L'heure du crime consacrée à l'affaire Angélique Dumès.
11:23Cette étudiante a été retrouvée en forêt de Compiègne,
11:26tuée à coups de couteau et violée.
11:27Le meurtrier a laissé une trace à des N, mais il est introuvable.
11:30Des années plus tard, l'enquête va prendre un nouveau tour.
11:37Mardi 6 octobre 2001, 5 ans après le meurtre d'Angélique Dumès,
11:42un Portugais de 26 ans, Fernando Gomez Ferreira,
11:46est interpellé dans la région de Compiègne.
11:49Ferreira étant marginal, sous tutelle renforcée depuis 2 ans.
11:52Il partage son temps entre l'Oise et son pays d'origine.
11:55Le soir des faits, il a été vu se disputer avec une jeune femme.
12:00Des illusions, l'ADN n'est pas le sien.
12:03On le place tout de même en garde à vue.
12:05Ses propos sont intrigants.
12:07Un soir, dit-il, il roulait dans Compiègne avec un compatriote portugais,
12:12un certain Raphaël.
12:13Ce dernier avait vu une fille qui fumait une cigarette.
12:16Raphaël l'aurait embarqué de force.
12:18Lors de son récit, Fernando Gomez Ferreira mime une scène d'égorgement.
12:22Les enquêteurs sont troublés par ces déclarations décousues mais vraisemblables.
12:27Le suspect est écroué.
12:28Le fameux Raphaël est finalement retrouvé au Portugal.
12:31Son ADN ne matche pas avec celui de la scène de crime.
12:34Ferreira sera relâché après 2 ans de détention provisoire.
12:41Jeudi 9 juin 2005, le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy,
12:45inaugure la première journée nationale des associations de victimes.
12:49L'association Angélique, un ange est passé et est bien sûr invité.
12:54Lors de cette journée, Marie-Pierre Mazier, la maman, déplore que le dossier de sa fille Angélique
12:59ne bouge pas.
13:00Deux ans auparavant, avec son avocate, Muriel Bélier,
13:04elle avait déjà encouragé le ministre à élargir le FNAEG,
13:07le fichier des empreintes génétiques à d'autres infractions et délits,
13:11histoire de multiplier les possibilités de comparaison.
13:15Des mots qui portent, 5 mois après la journée des associations,
13:19le dossier Angélique du Met s'est dépaysé, confié à la police judiciaire de Lille.
13:23Une cellule d'enquête spéciale, la cellule Angélique,
13:26une première du genre, est mise sur pied.
13:29500 prélèvements ADN sont envisagés,
13:32des dizaines de témoins à entendre ou réentendre.
13:382008, le juge d'instruction donne son accord pour tester une nouvelle méthode de recherche ADN
13:43controversée et sensible idéologiquement,
13:46l'ethnolocalisation du génotype.
13:49Savoir à quel type, ethnique, pourrait appartenir le suspect.
13:52L'expertise aboutit à un profil à 68,7% subsahariens, 30% européens.
14:00De quoi affiner un peu plus les recherches.
14:02Dans les mois qui suivent, les policiers mettent la main sur un procès verbal qui date de 1994.
14:08C'était deux ans avant le meurtre d'Angélique.
14:11Une tentative de viol à la sortie de la discothèque du City Hall,
14:15là où l'étudiante avait disparu.
14:17Le suspect de l'époque est retrouvé à Nantes, chez lui, une multitude de revues porno d'accessoires érotiques.
14:24Le suspect baisse les yeux quand on le questionne sur Angélique.
14:27Et puis il avoue, c'est une histoire qui m'a beaucoup marqué.
14:30Je vais même quelquefois me recueillir sur sa tombe, dit-il.
14:34Il dément avoir tué l'étudiante, mais les policiers sont convaincus du contraire.
14:39Alors, espoir éteint par le laboratoire, l'ADN de cet homme ne correspond pas à celui du meurtrier.
14:47Et c'est une bonne leçon d'ailleurs cette histoire.
14:49Parce qu'effectivement on voit que parfois on croit avoir la vérité là dans sa main,
14:53mais finalement ça ne marche pas.
14:55Il va falloir encore attendre deux ans pour que cette fois une éclaircie surgisse dans le ciel de l'enquête.
15:00Quatorze ans après la mort d'Angélique Dumès, la vérité va commencer à se dessiner.
15:05On va bien sûr voir tout ça dans la suite de l'heure du crime.
15:09Alors, dans cette affaire on croit toucher parfois au but.
15:14Franck Martins, vous êtes avec nous, commandant, divisionnaire, vous étiez à la brigade criminelle de Lille.
15:21C'est vous avec certains de vos collègues qui avez repris le dossier Angélique.
15:25Il y a d'abord l'histoire Fernando Gomez Ferreira.
15:28Alors c'est vrai que ce garçon qui a l'air un peu dérangé, il faut bien le dire,
15:33cette espèce de zonard qui erre entre la France et le Portugal,
15:38il a un profil attractif, on va dire.
15:41Après tout, c'est pas mal, ça a l'air de cadrer.
15:44Il a un profil attractif d'autant qu'on n'en a pas beaucoup d'autres à ce moment-là.
15:49Mais oui.
15:49De l'affaire et c'est de ça dont il faut se méfier.
15:52Quand on est policier sur des investigations, on a un peu le bec dans l'eau comme on dit.
15:57C'est pas parce qu'on a un profil qui d'un seul coup se détache et semble plaisant,
16:00beau comme un soleil, souvent on dit, parce qu'on n'est pas là pour faire des erreurs judiciaires non
16:06plus.
16:07Et lui, c'était un peu le cas.
16:08C'est-à-dire qu'il était plaisant, mais en creusant un peu sa personnalité et son emploi du temps.
16:14Et ses déclarations, on se rend compte que ça ne marche pas.
16:18Ça ne marche pas.
16:19Alors, vous reprenez le dossier à la brigade criminelle de Lille.
16:23C'est un gros boulot.
16:26Comment on fait quand on arrive devant cette espèce de...
16:28Je n'ai pas d'Himalaya, mais enfin, c'est un dossier qui part dans tous les sens, etc.
16:33Quelles sont les priorités ?
16:34Alors, si on mettait les uns sur les autres tous les procès-verbaux que j'ai à cette époque sur
16:40cette affaire,
16:41on n'arriverait pas loin de l'Himalaya parce que ça représente une bonne pile de documents.
16:46Et déjà, il faut tout relire, en fait, tout simplement.
16:48S'imprégner du dossier, s'imprégner des faits, lire ce qui a été fait, ce qui pourrait être refait,
16:53ce qui a été mal fait, ce qui a été bien fait et du coup, qui n'est pas nécessaire
16:56forcément de refaire.
16:58Enfin, voilà, c'est déjà une lecture, une analyse du dossier.
17:01Et ça prend déjà un temps considérable.
17:03Delphine Desley, vous êtes avec nous également, journaliste à La Voix du Nord.
17:06Et puis, vous avez écrit avec, effectivement, Franck Martin ce livre dont on parle aujourd'hui,
17:10Angélique et la Rose Bleue, qui raconte toute cette affaire.
17:14Pas facile, cette enquête, hein ?
17:16Parce que, finalement, Franck Martin se le dit très bien.
17:19Il y a énormément de PV, il y a eu des dizaines de personnes entendues.
17:23Mais, on est en souffrance.
17:25La première fois qu'on se rencontre avec Franck, avec ce projet de livre et qu'il évoque cette période,
17:33il évoque tout de suite le doute.
17:35Qu'est-ce qu'il va bien pouvoir faire de plus que ses collègues, neuf ans avant, qui n'y
17:41sont pas arrivés.
17:43Et, effectivement, les pistes s'estompent au fil des années.
17:47On se dit, comment va-t-on y arriver, en fait ?
17:50Et c'est toute cette plongée dans, à la fois, ces doutes, mais en même temps, le travail énorme.
17:54Quand il parle du volume de procès-verbaux à relire, à ingurgiter,
18:00c'est aussi ce qu'a évoqué le juge, qu'on a rencontré.
18:03On est retourné voir un peu toutes les personnes qui avaient approché cette enquête.
18:07Il ne faut pas sous-estimer le travail énorme qui est déployé pour y arriver,
18:12pour essayer de comprendre, trouver l'aiguille dans la botte de foin, en fait.
18:15Alors, il y a quand même une avancée, Delphine Desley,
18:18c'est que, pour la première fois, il y a une cellule d'enquête qui est montée.
18:22Tout à fait. Là, ils ont des moyens et ils ont du temps.
18:26Ils ont un temps dédié.
18:27Et ça, effectivement, c'est une avancée.
18:31En même temps, ça les oblige, d'une certaine façon, à obtenir des résultats.
18:36Il y a une certaine pression, on l'a dit.
18:39La maman d'Angélie, qui était remontée jusqu'à Nicolas Sarkozy, qui était ministre de l'Intérieur.
18:43Donc, on se doute bien que les coups de téléphone devaient être nombreux,
18:47même si Franck ressentait, l'a-t-il dit aussi, surtout la pression de la maman d'Angélique.
18:52Oui, c'est ça. La maman, elle est un peu omniprésente, effectivement, dans le livre.
18:56Franck Martins, il y a des priorités.
18:59Vous êtes policier, vous arrivez devant un dossier comme ça.
19:01Évidemment, on ne peut pas tout faire.
19:02Il y a des priorités. Vous cherchez qui ? Des délinquants ?
19:04Vous dites que c'est quelqu'un de proximité, ce meurtre ?
19:07Ce n'est pas quelqu'un qui est très loin ?
19:08J'ai déjà une liste de courses, comme je le dis, qui m'a été donnée par mon directeur de
19:13l'époque,
19:13Christian Villebeau, qui est d'exploiter une piste.
19:16Et la première piste qu'on va exploiter, c'est celle des roulottiers.
19:19Un roulottier, quelqu'un qui commet un vol dans un véhicule.
19:23Parce qu'on a retrouvé un blouson qui provenait d'un vol à la roulotte, la même nuit que la
19:28disparition d'Angélique en centre-ville de Compiègne.
19:30On l'a retrouvé, ce blouson, à quelques dizaines de mètres du corps d'Angélique.
19:33Et on peut faire éventuellement un lien entre l'endroit où on découvre son corps, pardon,
19:39et l'endroit où on a déposé le butin d'un...
19:42Abandonné même le butin d'un vol à la roulotte.
19:44Donc on va tout simplement référencer toutes les personnes connues pour voler à la roulotte de Compiègne, de la région.
19:51Et on va les prélever pour les comparer à notre ADN.
19:54Et ça représente des centaines de personnes.
19:56Il a parlé, ce blouson ?
19:58Non, non, il n'a pas parlé parce qu'il n'a pas été saisi.
20:01Alors voilà, on peut dire oui, il aurait dû être saisi à l'époque.
20:04Moi, je ne suis pas là pour juger le travail de mes collègues.
20:06Ils ont fait ce qu'ils pouvaient avec les moyens qu'ils avaient.
20:08Mais effectivement, il n'y a pas eu un travail sur ce blouson immédiatement.
20:12Il a été fait par la suite.
20:13Mais voilà, il n'a rien apporté.
20:15Alors il y a quelques pages qui sont très frappantes dans votre livre
20:19Angélique et la rose bleue.
20:20C'est lorsque vous avez un suspect.
20:22Il est à Nantes.
20:24Il est connu sans doute pour des agressions sexuelles.
20:27Vous allez chez lui.
20:28Bon, il y a du matériel érotique, en pagaille, etc.
20:31Et là, vous vous dites, c'est lui.
20:32C'est lui, c'est lui, c'est lui.
20:33Chaque fois que vous répétez ça dans le livre.
20:35C'est lui, c'est lui, c'est lui.
20:38J'ai raconté cet exemple-là.
20:40Mais on en a de nombreux autres.
20:42Mais c'était typiquement une personne, comme je dis toujours,
20:45lui, il est beau comme un soleil.
20:46Ça veut dire qu'il correspond, il coche toutes les cases.
20:48Et effectivement, je me dis, c'est lui, c'est lui, c'est lui.
20:51Pourquoi ? Parce que c'est son attitude, ce qu'on découvre,
20:54le personnage, le fait qu'il soit déjà connu pour avoir commis des agressions sexuelles.
20:57À proximité du City Hall.
20:59Le fait qu'il nous déclare qu'il allait sur la tombe d'Angélique, etc.
21:02Bref, c'est vraiment des déclarations complètement invraisemblables.
21:06Et là, on se dit, lui, il est proche, en tout cas, de ce qui s'est passé avec Angélique.
21:12Il a quelque chose à voir avec cette histoire.
21:13Et donc, on se convainc.
21:14On se convainc parce qu'on est à plusieurs années qu'on travaille.
21:17Et voilà, on a besoin de se convaincre.
21:19Et malheureusement, l'ADN parle.
21:20Et effectivement, il faut le disculper.
21:23Et là, la pression redescend.
21:26Et je me rappelle encore de mon collègue me faisant arrêter sur la route du retour.
21:28Parce qu'il en avait la nausée, quoi.
21:30Et là, vous vous dites, c'est foutu, on ne va jamais y arriver.
21:33Il y a des périodes de découragement, effectivement.
21:36L'ADN va finir par désigner le meurtrier présumé d'Angélique.
21:41Angélique Dumès, le tueur de la forêt de Compiègne.
21:43Moi, la maman, je suis soulagé.
21:45Mais j'éprouve aussi une immense frustration.
21:47L'enquête de l'heure du crime.
21:49Comment en est-on arrivé jusqu'à ce maçon d'origine capverdienne qui vit à Compiègne ?
21:55Est-ce qu'on touche au but à suivre dans un court instant sur RTL ?
21:59Merci d'écouter RTL.
22:11RTL, votre radio.
22:12Bonjour.
22:13L'heure du crime, présenté par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
22:17À chaque fois qu'on effectue un prélèvement, on croisait les doigts pour que ce soit le bon, quoi.
22:21Et quand j'ai eu cette personne en face de moi, quand j'ai croisé son regard,
22:24quand je lui ai serré la main quand il est reparti pour lui dire au revoir,
22:27je me suis tout de suite dit, j'ai eu une conviction comme quoi il pouvait être impliqué dans cette
22:31histoire.
22:33Retour dans l'heure du crime sur l'affaire Angélique Dumesse.
22:36Cet étudiant de 18 ans a été retrouvé morte en forêt de Compiègne en 1996,
22:41violé et égorgé.
22:42Des suspects intéressants mais finalement écartés.
22:4514 ans et demi après les faits, l'ADN va révéler enfin un visage.
22:52Lundi 16 mai 2011, le juge d'instruction de Sanlis est contacté par le FNAEG,
22:58informé qu'une correspondance avec l'ADN de la scène de crime a enfin été trouvée dans l'affaire Angélique
23:04Dumesse.
23:05La trace génétique détectée sur le corps de la victime match avec le dénommé José Mendès Furtado,
23:11un maçon d'origine capverdienne.
23:14Il habite Compiègne, lequel s'est hélas suicidé.
23:18Le juge appelle tout de suite le commandant divisionnaire Frank Martins.
23:22Il dit avoir pour lui une bonne et une mauvaise nouvelle.
23:26Un suspect a été identifié mais il est décédé.
23:30Peu auparavant, le juge avait reçu, hasard du calendrier, la mère de la victime, Marie-Pierre Mazier.
23:37Je suis soulagé évidemment, dit la maman, mais je ne peux m'empêcher de ressentir une immense frustration
23:42car le coupable ne sera jamais jugé.
23:49José Mendès Furtado, le suspect mort, a fait parler de lui trois mois auparavant.
23:54Sa femme Alice avait déposé plainte pour violences conjugales et menaces.
23:58Elle avait quitté le domicile familial.
24:00Furtado a été convoqué au commissariat le 2 février.
24:04Il a fait l'objet d'un prélèvement versé au fichier.
24:07Mais l'affaire ne s'est pas arrêtée là.
24:09Le 8 mars, à 13h17, le maçon, qui avait interdiction de voir son épouse,
24:14l'a retrouvé et l'a kidnappé.
24:17Il l'a embarqué de force dans sa Renault-Mégane,
24:21comme en témoignent les images de vidéosurveillance.
24:23Il a roulé jusqu'à la commune de Chevrière.
24:26Ici, dans un sentier, il a tué sa femme à coups de couteau.
24:29Il a mis le feu au corps.
24:31Furtado s'est enfui dans le bois.
24:33Il s'est jeté dans un étang.
24:35Il s'est noyé.
24:38Histoire incroyable.
24:39Mais le fait est, c'est que cet homme,
24:41qui est sans doute le violeur et le meurtrier d'Angélique Dumès,
24:44ne parlera plus.
24:46Il est mort.
24:46Il s'est suicidé.
24:48Franck Martins, vous êtes avec nous dans cette heure du crime,
24:50auteur du livre Angélique et la Rose Bleue,
24:53co-écrit avec Delphine Desley,
24:56publié aux éditions Michalon,
24:57qui raconte toute cette histoire, évidemment.
24:59Votre réaction quand le juge d'instruction,
25:02avec qui vous avez d'excellents rapports,
25:04je le dis parce que vous l'écrivez dans votre livre,
25:05le juge a très bien bossé aussi.
25:07Il faut lui tirer notre chapeau,
25:09parce qu'il a tenu cette histoire d'une main vraiment très ferme.
25:13Votre réaction quand vous êtes informé de ce rebondissement ?
25:17La sidération.
25:19Une sidération, un effet de choc,
25:21parce que je comprends immédiatement...
25:23En plus, j'apprends dans le même temps
25:27que non seulement il est mort,
25:28mais qu'il a auparavant tué son épouse,
25:32la mère de ses enfants.
25:33Une double sidération.
25:34La première, c'est parce que je comprends immédiatement
25:36que le fait qu'on ne l'ait pas identifié
25:38et interpellé avant,
25:40que le fruit de notre travail n'a pas été récompensé,
25:43du coup, il y a des enfants qui ont été privés
25:47de leur maman,
25:48qui vont être privés de leur maman,
25:49et il va y avoir une maman,
25:51la maman d'Angélique, le papa d'Angélique aussi,
25:53qui vont être privés d'un procès.
25:55Et ça, c'est inaudible pour eux.
25:58José Mendes Furtado,
25:59le fameux maçon, origine capverdienne,
26:01il n'était pas dans vos radars ?
26:04Il n'avait pas eu de violence ?
26:06Il n'était pas dans nos radars,
26:08parce que premièrement, il n'avait pas un profil
26:11de délinquants qui le mettaient dans nos radars.
26:13Au début, on cherchait quand même,
26:14enfin, pas au début,
26:15on a toujours cherché des gens connus
26:16pour des agressions sexuelles,
26:18des violences, etc.
26:19Il était néanmoins dans nos radars
26:21par le travail qu'on faisait sur l'ADN.
26:23Et l'étau se resserrait,
26:25je l'ai toujours dit,
26:26je l'écris d'ailleurs,
26:28quelques mois de plus,
26:29et on serait forcément tombé sur lui,
26:31puisque, avec la théorie des cercles concentriques,
26:33on se rapprochait de lui,
26:36on se rapprochait de l'endroit où il habitait,
26:38et on serait tombé inévitablement sur lui,
26:41à moins qu'il, comme il l'a fait,
26:43qu'il mette fin à ses jours,
26:44ou qu'il déménage.
26:45Mais voilà, l'étau se resserrait.
26:47Non, ça a été très, très, très difficile.
26:49C'est un sale coup.
26:50Pour toute l'équipe.
26:51C'est un sale coup, évidemment.
26:53Delphine Desley, journaliste à La Voix du Nord,
26:55et avec nous dans le studio L'Heure du Crime,
26:57frustration des policiers et des enquêteurs.
26:59Encore moins, frustration du juge,
27:00parce que le juge va s'exprimer,
27:01c'est assez rare,
27:01mais il va dire, oui, c'est pas possible, quoi.
27:04On aurait dû...
27:05On était tout prêts,
27:06mais ça n'a pas marché.
27:07Et frustration du côté de la famille, aussi.
27:09Évidemment.
27:10Et quand Marie-Pierre Mazier,
27:13la maman d'Angélique,
27:14évoque ce moment terrible,
27:16où elle, finalement, par hasard,
27:18c'était un rendez-vous qui était fixé,
27:20elle apprend dans le bureau du juge
27:22qui a eu la nouvelle quelques heures auparavant
27:24qu'effectivement,
27:25il a une bonne et une mauvaise nouvelle.
27:28On l'a retrouvé, quelque part.
27:30En tout cas, on sait de qui il s'agit.
27:32Malheureusement, il a mis fin à ses jours,
27:33donc il n'y aura pas de procès.
27:35Elle me raconte ça,
27:36et immédiatement,
27:37elle marque un silence,
27:39et elle a ses mots.
27:39J'étais déçu, tellement déçu.
27:41Elle met la main sur le cœur,
27:42et elle regarde Franck.
27:43Elle dit, j'étais déçu pour vous, Franck.
27:46Ah oui ?
27:46Ça en dit beaucoup du lien qui les unit.
27:49Oui.
27:50Au-delà, elle, de sa peine immense,
27:53et puis de cette frustration,
27:55elle est déçue pour son enquêteur préféré.
28:00En tout cas,
28:01elle réalise que c'est un échec pour lui,
28:04et elle en est infiniment désolée.
28:06Un petit mot, Franck Martin,
28:08c'est événement,
28:09on reviendra dans l'heure du crime,
28:10sur votre connexion, entre guillemets,
28:12avec la famille,
28:13et avec cette maman qui est dans la peine,
28:14et avec qui vous avez établi des liens,
28:16vraiment, presque quotidiens,
28:18sur cette enquête.
28:19Le 2 février 2011,
28:22Mendès Furtado,
28:23il a fait l'objet d'un prélèvement ADN.
28:25Il s'est suicidé un mois plus tard.
28:27Pourquoi on ne l'a pas interpellé avant ?
28:29C'est si long d'avoir un prélèvement ADN ?
28:32Oui, et encore,
28:33un mois,
28:34c'était relativement court à l'époque.
28:35Il faut comprendre, en fait,
28:37ce qui se passe.
28:38L'augmentation des cas prévus
28:41pour être envoyés au FNAG
28:44s'est réalisée sans que les effectifs
28:47soient augmentés pour autant.
28:48Ce qui fait qu'on a eu un goulot d'étranglement.
28:50Et pendant des années,
28:52entre le moment où le génotype
28:54était établi par un labo
28:55et le moment où il était intégré au FNAG,
28:57il pouvait se passer même une année.
28:58Et donc, les collègues faisaient ce qu'ils pouvaient.
29:00Et il n'y a pas de faute.
29:02Le délai est normal.
29:03Le délai est normal.
29:04Il est simplement dû au fait
29:05qu'on a une délinquance énorme
29:08et on a de plus en plus
29:10de génotypes à intégrer
29:12et on n'a pas forcément le personnel
29:13pour le faire en temps voulu.
29:14Un délai normal,
29:15mais dramatique dans cette affaire, évidemment.
29:17Les conséquences, mais dramatique.
29:18Le couteau, comme preuve ultime.
29:21Angélique Dumès,
29:22le tueur de la forêt de Compiègne,
29:23si on l'avait interpellé avant,
29:25j'aurais su pourquoi
29:26il a tué ma fille et sa femme
29:31auraient été épargnés.
29:32L'enquête de l'heure du crime.
29:33On se retrouve dans un instant sur RTL.
29:35Tous les jours, toute la journée.
29:43C'est RTL.
29:46Votre radio.
29:48L'heure du crime.
29:50Présenté par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
29:54Au programme de l'heure du crime,
29:55l'affaire Angélique Dumès,
29:56une étudiante de 18 ans
29:58retrouvée violée et égorgée
29:59en forêt de Compiègne
30:01en octobre 1994.
30:0214 ans et demi après les faits,
30:04un suspect identifié grâce à l'ADN.
30:06Il ne témoignera jamais.
30:08Il s'est suicidé
30:09après avoir tué sa femme.
30:13Mardi 27 décembre 2012,
30:15sept mois après l'identification
30:17de José Mendes Furtado
30:19comme étant le meurtrier
30:20d'Angélique Dumès,
30:21les enquêteurs découvrent
30:22l'indice accablant.
30:24Le couteau avec lequel
30:25Furtado a tué sa femme
30:26le 8 mars 2011
30:28est le même
30:29qui avait servi
30:30à ôter la vie
30:31à l'étudiante
30:31le 13 octobre 1994.
30:34Le maçon de Compiègne
30:36avait donc conservé cette arme,
30:38un poignard
30:39qu'il avait eue
30:39lors de son service militaire
30:41comme un trophée.
30:42Né au Cap Vert,
30:44Furtado s'était installé
30:45dans l'Oise
30:45dans les années 90.
30:47À Compiègne,
30:48ce père de trois enfants,
30:49deux filles,
30:50un garçon,
30:51habitait à quelques centaines
30:52de mètres
30:53du domicile
30:53de la famille Dumès.
30:54Il n'était connu
30:55que pour des infractions routières.
30:58Muriel Bélier,
30:59avocate de la maman d'Angélique,
31:00assure que des investigations
31:01sont toujours en cours
31:03pour savoir si José Mendes Furtado
31:06n'aurait pas agressé
31:07d'autres femmes.
31:08Des commissions rogatoires
31:09sont adressées au Luxembourg
31:11où l'individu avait
31:12des attaches familiales
31:13et où il se rendait régulièrement.
31:19Marie-Pierre Mazier,
31:20maman d'Angélique,
31:21disait à l'époque
31:22vouloir continuer son combat
31:23pour que le fameux
31:24fichier FNAEG
31:25soit élargi
31:26à tous les délits.
31:28Si on lui avait pris son ADN
31:30alors qu'il avait été arrêté
31:31en 2006
31:32pour conduite alcoolique,
31:34on aurait pu l'interpeller rapidement.
31:36J'aurais su pourquoi
31:37il a tué ma fille
31:38et sa femme
31:39aurait été épargnée.
31:41Va-t-elle témoigner
31:42dans Le Parisien ?
31:45Franck Martin,
31:46c'est avec nous
31:46dans cette heure du crime,
31:48auteur du livre
31:49Angélique et la rose bleue
31:50avec Delphine Desley
31:51publié aux éditions Michalon,
31:54commissaire divisionnaire.
31:55À l'époque,
31:55c'est vous qui avez repris
31:56toute cette enquête.
31:57Alors ça,
31:58on voit ça parfois,
31:59quelques fois,
32:00mais pas toujours
32:00avec les tueurs en série,
32:02par exemple,
32:02sur des trophées
32:03et qu'il conserve
32:04pendant des années.
32:06Là,
32:07Furtado,
32:07il a conservé
32:09ce couteau,
32:10un couteau fatal
32:11puisqu'il a tué
32:12Angélique Dumès
32:13et puis il a également tué
32:15sa propre épouse.
32:16C'est quand même étonnant,
32:17il signe un petit peu
32:19son forfait.
32:21Nous,
32:22quand on a demandé
32:23à un expert
32:24de se prononcer
32:25sur la possibilité
32:26que cette arme
32:26soit celle
32:27qui a commis
32:28les blessures
32:29sur le corps d'Angélique,
32:30il nous a répondu
32:31oui,
32:32alors il y a toujours
32:32la possibilité
32:33d'un doute.
32:34Néanmoins,
32:34lorsque j'avais interrogé
32:37sa fille
32:38sur ce sujet,
32:39elle avait confirmé
32:40qu'elle avait toujours
32:41connu son père
32:42en possession
32:42de cette arme.
32:43Donc on peut,
32:43oui,
32:44dire que cette arme,
32:46il l'a depuis toujours.
32:46Alors est-ce qu'il l'a
32:47conservée comme un trophée ?
32:48Je ne sais pas,
32:50mais le fait est,
32:51c'est qu'il a
32:51deux meurtres commis
32:52dans sa vie,
32:53il les a commis
32:53avec cette arme.
32:54Alors évidemment,
32:55il y a encore beaucoup
32:56de questions qui se posent
32:57parce qu'encore une fois,
32:58le principal intéressé
33:00est mort.
33:00Delphine Desley,
33:01journaliste à la Voix de Muneur,
33:02co-auteur du livre
33:03Angélique et la Rose Bleue,
33:05co-autrice, pardon.
33:07Le parcours de Furtado,
33:09il a été,
33:09je suppose,
33:10analysé,
33:10inspecté.
33:11Qu'est-ce qu'il avait
33:12dans la tête,
33:13cet homme ?
33:14Alors il en ressort
33:16que c'est un personnage
33:17violent.
33:18Il était violent
33:18avec son épouse
33:20jusqu'à la tuer,
33:23violent avec sa fille
33:24aînée également.
33:25Il avait commis
33:25un moment
33:27des violences
33:28sur une personne
33:30avec qui il était
33:31en foyer.
33:32En fait,
33:32moi j'étais très intrigué
33:34effectivement par le parcours
33:35de cet homme.
33:36Qu'est-ce qui fait
33:36qu'on tue
33:38une jeune fille ?
33:39Qu'est-ce qui fait
33:39que pendant 15 ans
33:41il ne se passe
33:42rien,
33:43entre guillemets,
33:43en tout cas,
33:44pas d'autre meurtre
33:45et qu'on commette
33:46comme ça
33:47un autre crime ?
33:48Et c'est le juge
33:49qui m'a éclairé,
33:51qui nous a éclairé
33:52là-dessus.
33:53En fait,
33:53en 1996,
33:55quand il tue
33:55Angélique,
33:57il est momentanément
33:58séparé
33:58de son épouse.
34:00Et je pense
34:02que les mots
34:03du juge,
34:04son regard en tout cas
34:05sur cette affaire
34:06sont assez exacts.
34:08Il est en pleine
34:09décompensation.
34:10C'est quelqu'un
34:11qui ne gère pas
34:12ses émotions
34:12et qui,
34:14quelque part,
34:14va supprimer
34:16un élément féminin.
34:17Il a une colère telle,
34:19sa femme représente
34:20tout pour lui
34:20et la fin
34:21de cette relation
34:22le met dans un état
34:24qui le pousse
34:25à commettre
34:25cet abominable crime.
34:28Ensuite,
34:29dans les documents
34:31qu'on a étudiés,
34:32les dates,
34:33etc.,
34:33la concordance,
34:34j'ai réalisé
34:35qu'en fait,
34:36quand il tue
34:37Angélique,
34:37sa femme
34:38qu'il a momentanément
34:39quittée,
34:39est en fait enceinte
34:40de trois ou quatre mois
34:41visiblement.
34:42Elle reprend
34:43la vie commune
34:44avec lui.
34:44Est-ce en raison
34:45de cette grossesse
34:46ou pas ?
34:46On ne le sait pas,
34:47bien sûr.
34:48Mais en tout cas,
34:49il reprend
34:50la vie commune,
34:51une vie toujours
34:51aussi difficile
34:52pour cette épouse
34:54et ses enfants.
34:56et il la tue
34:57au moment
34:58où elle décide
34:59de mettre
34:59un terme
35:00définitif
35:01à la relation.
35:02C'est ça.
35:02Comme la première fois,
35:03elle était partie.
35:04La première fois,
35:05ce n'est pas elle
35:05qui le tue.
35:06Il tue
35:07une jeune femme
35:08finalement
35:09qui était là
35:10au mauvais moment,
35:11au mauvais endroit.
35:12Il ne la connaissait pas,
35:13il n'avait pas
35:14de litige,
35:15il n'avait pas
35:15de lien avec elle.
35:17Et quinze ans plus tard,
35:18au moment où il se rend compte
35:19que son couple explose,
35:22c'est un homme
35:23qui est tellement perdu
35:24et tellement en difficulté
35:27pour exprimer les choses
35:29qu'il n'a d'autre issue
35:31qu'à la fois de la tuer
35:33et de se supprimer.
35:34Alors,
35:35c'est effectivement,
35:35c'est très intéressant
35:36parce que c'est la construction
35:37d'un geste.
35:38Finalement,
35:38on refait,
35:39on fait un petit peu
35:39d'ailleurs cette construction,
35:41on l'imagine,
35:42parce qu'encore une fois,
35:43le principal intéressé,
35:45il n'est plus là.
35:46Franck Martin,
35:46sans mot là-dessus.
35:47Est-ce que,
35:48je pense que l'enquête
35:49a continué évidemment,
35:50il n'habitait pas très loin
35:51d'Angélique Dumès
35:52et de la famille d'Angélique.
35:54Est-ce qu'il la connaissait ?
35:55Est-ce qu'il a pu l'attendre ?
35:56Est-ce qu'il l'a visé
35:57ou bien tout simplement
35:58c'est un acte fortuit ?
36:00Alors,
36:01je ne vais pas faire
36:01madame Irma,
36:02mais en revanche,
36:03on a continué effectivement
36:04à travailler sur lui.
36:06À partir du moment
36:07où il est identifié,
36:08on va chercher
36:09à connaître
36:10son entourage
36:11en 96,
36:12là où il habite,
36:14qui il fréquente,
36:15est-ce qu'il a un véhicule,
36:18où il travaille ?
36:19On va essayer
36:20de reconstituer
36:21son existence
36:22de 1996,
36:23ce qui n'est pas facile
36:25parce que,
36:25voilà,
36:26le temps a fait son œuvre,
36:27les témoins sont difficiles
36:29à retrouver,
36:29on ira jusqu'au Luxembourg
36:31même,
36:32pour continuer
36:33cette enquête
36:34et puis pour savoir
36:35effectivement,
36:36parce que l'espoir aussi
36:37qu'a la famille
36:38et à juste titre,
36:39c'est est-ce qu'il n'a pas
36:39un complice ?
36:41Parce que si complice
36:42il y a,
36:43procès il peut y avoir
36:44et ça c'est très important.
36:45Mais grande question
36:46les complices,
36:46ça vous n'avez rien trouvé
36:48là-dessus ?
36:48On n'a pas établi,
36:50alors bien évidemment
36:50qu'on n'avait pas établi
36:51l'intervention
36:53de Gomez Ferreira
36:55dans cette affaire,
36:55on n'a pas non plus
36:56trouvé de complice potentiel
36:58à Furtado
36:59et ma conviction personnelle
37:02est qu'il a pu tout à fait
37:04commettre ce crime seul
37:06puisque,
37:07comme on le verra peut-être
37:08tout à l'heure,
37:08la vidéo sur laquelle
37:10on le voit
37:11avec sa femme
37:12est parlante.
37:14Toujours des regrets
37:15et des doutes.
37:16Angélique Dumès,
37:17le tueur de la forêt
37:18de Compiègne,
37:19je n'ai plus jamais
37:20conduit une enquête
37:21sans penser à Angélique,
37:24l'enquête de l'heure du crime.
37:25Je vous retrouve tout de suite
37:26sur RTL.
37:27Retrouvez toutes vos émissions
37:29en podcast
37:29sur rtl.fr
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37:33L'heure du crime
37:35présentée par Jean-Alphonse Richard
37:36sur RTL.
37:38Dans l'heure du crime,
37:39l'affaire Angélique Dumès,
37:41une étudiante de 18 ans
37:42retrouvée en octobre 96
37:43violée et égorgée
37:45en forêt de Compiègne.
37:4614 ans plus tard,
37:48son meurtre est présumé
37:49avait été identifié
37:50grâce à l'ADN.
37:51Il s'était suicidé peu auparavant.
37:53Histoire qui reste
37:54sans conclusion.
37:57Le maçon capverdien
37:59José Mendès Furtado,
38:01mort avant d'avoir pu être arrêté,
38:03n'aura donc jamais été interrogé
38:05sur la mort d'Angélique Dumès.
38:06La maman de la victime
38:08a longtemps pensé
38:09qu'il aurait pu avoir un complice.
38:10Pourquoi pas le portugais
38:12Fernando Gomes Ferreira
38:13a mis hors de cause
38:14dans cette affaire ?
38:15Les deux hommes,
38:16qui parlaient tous deux portugais,
38:18auraient pu se connaître,
38:20mais les policiers pensent
38:21que Furtado a agi seul.
38:25Dans son livre,
38:26Angélique et la rose bleue,
38:28le commandant divisionnaire
38:29Franck Martin s'écrit
38:31« Je n'ai plus jamais conduit
38:32une enquête
38:33sans penser à Angélique. »
38:35Il s'adresse à elle
38:36« Je te demande pardon,
38:38nous ne sommes pas parvenus
38:39à confondre
38:40ton assassin. »
38:42J'aurais préféré
38:43la voir
38:43en face de moi
38:44et puis peut-être
38:46qu'il explique
38:47pourquoi Angélique,
38:48pourquoi avoir
38:49fait tout ce
38:50qu'il lui a fait subir.
38:52donc forcément,
38:54moi je suis frustrée
38:55vraiment
38:55de ne pas l'avoir
38:57eue en face de moi.
38:59La voix de Marie-Pierre Mazier,
39:01la maman d'Angélique Dumès
39:02dans l'émission
39:03« Fête entrer l'accusée »
39:04évidemment qu'elle aurait aimé
39:05voir cet homme jugé
39:06devant une cour d'assises
39:07et puis peut-être
39:09lui poser aussi
39:09des questions.
39:10Bon,
39:10tout cet espoir
39:11s'est évanoui.
39:12Franck Martins,
39:13vous êtes avec nous
39:14dans cette heure du crime.
39:16Il y a quelque chose
39:18de très intéressant
39:19dans cette histoire,
39:20c'est lorsque
39:22Furtado
39:24kidnappe sa femme
39:25en quelque sorte
39:25et puis va la tuer.
39:27Il y a
39:28ces images
39:29de vidéosurveillance
39:30dans la ville de Compiègne
39:31où on le voit
39:32embarquer sa femme
39:33dans la voiture
39:34sous la menace
39:34et sous les coups
39:35évidemment.
39:36Vous avez le sentiment
39:37vous policier
39:38que finalement
39:40le rapte
39:40en quelque sorte
39:41ou l'enlèvement
39:42d'Angélique Dumès
39:43et puis sa mort
39:43ça ressemble
39:44à ce scénario ?
39:45C'est à peu près identique ?
39:47Disons qu'à partir du moment
39:48où on a
39:49cette opportunité
39:50cette chance
39:51entre guillemets
39:51de voir l'enlèvement
39:53d'Alice
39:54par son mari
39:55qui est filmé
39:56par une caméra
39:57de vidéosurveillance
39:58qui est tout simplement
39:59pas très bien orientée
40:00comme il faudrait
40:00et qui filme un peu
40:01la voie publique
40:02et qu'on le voit
40:04agir seul
40:05d'une manière
40:06extrêmement violente
40:07la scène
40:07est extrêmement violente
40:09et je me dis
40:10moi
40:11voilà comment il a pu
40:12je ne dis pas
40:13que ça s'est exactement
40:14passé comme ça
40:15dans les mêmes circonstances
40:16mais voilà
40:17comment il a pu
40:18en tout cas
40:18il a pu
40:19enlever Angélique
40:20de force
40:21et la contraindre
40:22à monter dans son véhicule
40:23puisqu'il l'a fait
40:24et les images
40:25le démontrent
40:25avec son épouse
40:27vous écrivez
40:28vous écrivez dans votre livre
40:29Angélique et la rose bleue
40:31jamais depuis cette affaire
40:32depuis l'affaire Angélique
40:33jamais je n'ai pu conduire
40:35une enquête
40:36sans penser à Angélique
40:37oui pour un tas de raisons
40:39c'est vrai ça
40:39vous vous êtes
40:40mais pourquoi
40:41c'est absolument vrai
40:43pourquoi
40:43parce que
40:45en tout premier lieu
40:46je me suis mis dans la peau
40:47d'un enquêteur
40:48qui dans 10 ans
40:49ou dans 15 ans
40:50lirait mes procès verbaux
40:51et je me suis dit
40:53ben voilà
40:53il ne faut pas
40:54qu'ils se disent
40:55ben Franck Martins
40:56il aurait dû penser à ceci
40:57il aurait dû penser à cela
40:58donc ça nous oblige
40:59à une rigueur
41:00ça nous oblige
41:01à comprendre la rigueur
41:02avec laquelle on doit travailler
41:04ça nous démontre immédiatement
41:05l'intérêt de la rigueur
41:06qu'on doit avoir
41:07dans notre travail
41:08et puis ensuite
41:09dans l'approche des dossiers
41:10ne jamais croire
41:11que c'est foutu
41:12ne jamais croire
41:13ne jamais désespérer
41:14ne jamais cesser de chercher
41:15parce qu'à un moment donné
41:17même avec
41:19un coup de main
41:19un coup de pouce
41:20de la Providence
41:21et bien on y arrivera
41:22on donnera satisfaction
41:23aux familles
41:24ne jamais lâcher
41:24et effectivement
41:26ça a changé
41:27alors ça ne m'a pas rendu
41:28super flic
41:29il n'y a pas de super flic
41:29mais ça m'a rendu
41:32plus rigoureux
41:32plus attentif
41:33aux détails
41:34plus attentif
41:35à ce qui peut
41:36influencer
41:36l'orientation
41:38d'une enquête
41:38qu'une fausse piste
41:40n'est pas forcément
41:40une fausse piste
41:41ou en tout cas
41:42elle peut être intéressante
41:43apporter quelque chose
41:44qu'une porte confirme
41:45ça permet aussi
41:46d'en ouvrir une autre
41:46enfin voilà
41:47tout un cheminement
41:48mais pas que moi
41:49tous mes collègues
41:50avec qui j'ai travaillé
41:51dans le cadre de ce dossier
41:52plus tous ceux
41:53avec qui j'ai travaillé
41:54par la suite
41:54ont profité
41:55de ce que nous a apporté
41:56cette affaire
41:57de votre expérience
41:58finalement
41:58et puis de votre savoir-faire
42:00en tout cas
42:00de la connaissance
42:01de ce genre de dossier
42:04Delphine Desley
42:04vous êtes la co-autrice
42:06d'Angélique
42:07et la Rose Bleue
42:08alors c'est une enquête
42:10mais c'est policière
42:11évidemment
42:11ce livre
42:11on suit l'enquête
42:13mais aussi ce sont des pages
42:14pleines d'humanité
42:15on l'a dit
42:15c'est ça aussi
42:16que vous avez cherché
42:18à afficher
42:20c'est en tout cas
42:21ce qu'on a cherché
42:22à faire
42:23c'était humaniser
42:25les choses
42:26évidemment l'histoire
42:27quand on me demandait
42:30quel était l'objet
42:31de ce projet
42:33de livre
42:33évidemment
42:34on part du meurtre
42:37abominable
42:37d'une étudiante
42:38mais au-delà de ça
42:42il y a l'engagement
42:44d'une famille
42:45il y a l'implication
42:46des policiers
42:47de l'avocate
42:49du juge
42:50en fait
42:51toutes les personnes
42:52que j'ai rencontrées
42:52ont été profondément
42:54marquées par cette affaire
42:55et moi
42:56ce qui m'a intéressé
42:57ce qui m'a impressionné
42:58même
42:58c'était vraiment
42:59cette épaisseur humaine
43:01cette profondeur
43:02cet engagement
43:03cette immersion aussi
43:05dans la tête
43:06d'un enquêteur
43:08vraiment
43:09relater
43:10relayer
43:10ce qui se passe
43:12au fur et à mesure
43:13de l'avancée
43:14ou parfois
43:15de la non-avancée
43:16d'un dossier
43:16c'est bien réussi
43:17en tout cas
43:18c'est le moins
43:19qu'on puisse dire
43:19Franck Martins
43:21dernière question
43:21pour vous
43:23Angélique
43:23vous y pensez toujours
43:25finalement
43:25elle ne vous a jamais quitté
43:27Angélique
43:27c'est une ombre familière
43:29alors Angélique
43:30ne m'a jamais quitté
43:31ne me quittera jamais
43:32comme d'autres
43:32comme d'autres victimes
43:33dans d'autres affaires
43:34parce que c'est justement
43:36comme le disait Delphine
43:37le côté humain
43:38qui doit ressortir
43:39de toute cette vie de policier
43:40que j'ai eu
43:41on est dans l'humain
43:42on est dans le pire
43:43de ce que peut faire l'humain
43:43mais aussi dans le meilleur
43:45de ce qu'il peut donner
43:46merci infiniment
43:47Franck Martins
43:48et Delphine Desley
43:49d'avoir été les invités
43:50de l'heure du crime
43:51merci à l'équipe de l'émission
43:52rédactrice en chef
43:53Justine Vigneault
43:54préparation Marie Bossard
43:55Lily L'Abbaye
43:56réalisation en direct
43:57Jonathan Grille
43:58Jonathan Grille
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