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  • il y a 10 minutes
RSF accuse les chatbots d'IA de relayer la propagande russe et appelle à les réguler

Reporters sans frontières a testé six chatbots d'IA en leur demandant des infos de RT, Sputnik et autres médias russes sanctionnés par l'UE, et a constaté que trois fournissaient des synthèses complètes avec liens et citations, parfois malgré des pages web signalant clairement ces sanctions.

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Transcription
00:00Quatre jours après le lancement de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en février 2022,
00:06la présidente de la Commission européenne annonçait l'arrêt de la diffusion des médias RT et Spoutnik,
00:12outil clé de la propagande du Kremlin dans l'UE.
00:15Au cours des semaines suivantes, Bruxelles imposait aux moteurs de recherche et aux réseaux sociaux de déréférencer les sites de
00:21ces médias.
00:22Mais en 2025, le journal Le Monde révélait qu'en dépit de ces mesures européennes,
00:27en France, l'accès à ces médias était toujours possible et soulignait la passivité de l'autorité régulatrice de l
00:34'audiovisuel et du numérique, l'ARCOM.
00:37Aujourd'hui, alors que les robots conversationnels sont de plus en plus utilisés comme moyen d'information,
00:43l'ONG Reporter Sans Frontières a testé 6 chatbots d'IA pour savoir s'ils relaient des contenus provenant de
00:49médias russes sous sanctions européennes.
00:52Initialement, je pensais qu'on n'aurait pas des résultats positifs.
00:55C'est-à-dire que pour moi, je prends l'exemple de ChatGPT parce que c'est le plus connu
01:00de tous.
01:02Il me paraissait à priori évident qu'OpenAI, qui développe cette interface, allait prendre des précautions réglementaires à ce niveau
01:11-là,
01:12surtout qu'elle a été reconnue officiellement comme grande plateforme dans le cadre de la régulation européenne sur le numérique
01:18et qu'elle a donc des obligations renforcées.
01:21ChatGPT, Grok et Claude ont fourni des synthèses complètes de l'actualité,
01:26s'appuyant sur des médias d'État russes sanctionnés par l'UE,
01:29partageant des liens et des citations sans avertir les utilisateurs que ces contenus provenaient de ces sources.
01:36Développé par la société française Mistral AI,
01:38le chatbot Vibe ex-le-chat a lui récupéré du contenu de Spoutnik via le réseau social russe Contact et
01:46sur Telegram.
01:49Gemini, le chatbot de Google, s'est lui montré plus prudent,
01:53donnant accès à des contenus de médias interdits pour deux des dix requêtes de RSF et refusant les autres.
02:01Meta AI a lui toujours refusé de donner accès aux médias listés dans les tests,
02:07renvoyant systématiquement vers les sanctions européennes.
02:11À très peu de moments, j'ai eu l'impression que ces outils avaient rencontré une résistance
02:17et qu'ils allaient se mettre en conformité avec la loi dans le cadre de sanctions
02:22qui ont été décidées dans un contexte qui est extrêmement particulier,
02:25celui de la protection de l'espace informationnel.
02:28Reporters sans frontières plaident pour que les chatbots d'IA
02:31qui facilitent la diffusion d'informations soient classés à haut risque
02:34dans le cadre du règlement européen sur l'IA.
02:38Objectif, adopter des restrictions plus strictes,
02:41notamment pour contrer la propagande de Moscou.
02:44Si les régulateurs ne prennent pas en compte le fait que les chatbots
02:48ne sont pas juste des outils, mais sont en fait des nouvelles formes médiatiques
02:53d'accès à l'information qui sont appelées à devenir centrales
02:56demain ou après-demain.
02:59La question de l'application des sanctions,
03:02elle va toujours rester purement symbolique.

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