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  • il y a 3 semaines
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Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec Roland Lescure, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle.

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Transcription
00:02Bonjour Mélanie, bonjour à tous et bienvenue dans lesquelles vérité. Mon invité est donc Roland Descure. Bonjour Roland Descure.
00:07Bonjour, bonjour à vous. Merci d'être sur ce plateau ce matin. Emmanuel Macron est intervenu à la télévision hier
00:10soir.
00:11Il a parlé de la situation internationale qui a des conséquences sur les prix des carburants. Pensez-vous qu'il
00:15a rassuré les Français ?
00:17Écoutez, quand on a deux conflits dans le monde, dont une aux portes de l'Europe, c'est difficile d
00:21'être complètement rassuré.
00:22Mais je pense qu'il a fait deux choses et qu'il les a bien faites. Un, expliquer ce qui
00:26se passe dans le monde.
00:27Notamment, vous l'avez dit, le lien sur ce qui se passe dans le monde et après la pompe.
00:30Et deux, montrer que la France agit pour apaiser les tensions.
00:34A la fois en discutant avec les producteurs pour s'assurer qu'on ait des approvisionnements.
00:38Je le rappelle qu'il n'y a pas d'enjeu d'approvisionnement en France.
00:41Puis aussi pour essayer de libérer le détroit d'Hormuz, de libérer les tensions en Arabie Saoudite.
00:46Donc on agit. Aujourd'hui, être complètement rassuré, évidemment, ce n'est pas possible.
00:50Reconnaissons-le, le monde est compliqué.
00:51En tout cas, le président de la République n'exclut pas une baisse des taxes
00:54si les prix des carburants s'envolent.
00:57Ils sont déjà très hauts, alors vous attendez quoi ?
00:58Que ça arrive à 3 euros le litre ?
00:59Non, mais d'abord, on n'en est pas là. Il l'a bien dit aujourd'hui.
01:02Ce n'est pas pour demain, donc, la baisse des taxes ?
01:04Ah non, ce n'est pas pour demain, puisque demain, 1er octobre,
01:07on a les nouvelles aides qui entrent en ligne
01:09et qui sont une aide importante pour les Françaises et les Français qui travaillent.
01:14Le président de la République l'a bien dit hier.
01:16Baisser les taxes, ça coûte très cher.
01:18Et donc, ça doit être financé.
01:20Et ça aide tout le monde, y compris ceux qui n'en ont pas besoin.
01:24Mais quand il dit qu'on pourrait baisser les taxes si ça s'envole encore,
01:27c'est une promesse au cas où, ce n'est pas quelque chose qui est planifié dans un agenda.
01:32Il est président de la République.
01:34Et donc, il regarde le monde tel qu'il est,
01:37il en évalue les conséquences sur la France, nos concitoyens qui galèrent,
01:40et il dit voilà, il ne faut rien s'interdire parce que, je ne sais pas,
01:44en tout cas moi, je ne sais pas où on sera dans trois mois, je pense que vous non plus.
01:47Non, non, bien sûr.
01:48Est-ce que, par exemple, il y a des choses psychologiques ?
01:50Imaginons que le prix du gazole soit à 3 euros le litre.
01:52Là, à ce moment-là, vous diriez, il est peut-être temps d'agir et de baisser les taxes.
01:55Mais d'abord, on n'y est pas.
01:57Non, bien sûr.
01:57Non, mais oui, mais c'est important parce que j'entends beaucoup,
02:00alors sur d'autres plateaux, ça y est, on y est, on y va, etc.
02:04On a vu cet été que si ça se calme à Armouze,
02:07on peut avoir une très forte baisse du prix du pétrole.
02:09Vous êtes sûr de ça ?
02:10Si ça se calme.
02:11Oui, vous êtes sûr que les pétroliers jouent le jeu
02:13et baissent aussitôt les prix de l'essence ?
02:14En tout cas, nous, on met de la pression pour que ce soit le cas.
02:16Et on l'a vu cet été.
02:17Il y a eu un début de baisse à la pompe.
02:20Le pétrole était à 70 dollars au mois de juillet.
02:22Il est aujourd'hui à 110.
02:24Donc, évidemment, et on verra, je ne sais pas,
02:26je ne suis ni Donald Trump, ni le patron des gardiens de la révolution.
02:29Non, mais ce que je veux dire, pour revenir à la baisse des taxes,
02:31il n'y a pas des critères particuliers qui diront
02:33à partir de ce moment-là, on baissera les taxes.
02:36Non, mais le gouvernement, ce n'est pas une intelligence artificielle.
02:38Donc, on n'est pas en train de rentrer des machines dans le bouton
02:40en se disant on y va, on évalue la situation.
02:42Typiquement, je peux vous dire que jusqu'à la dernière minute lundi,
02:45on a échangé avec le Premier ministre
02:47sur la manière dont il fallait calibrer les aides
02:50pour octobre, novembre, décembre.
02:51On s'est posé une question très simple, par exemple.
02:52Est-ce qu'on fait trois mois
02:53et qu'on donne de la visibilité jusqu'à la fin de l'année
02:55ou est-ce qu'on fait au moins le mois ?
02:57Le Premier ministre a souhaité qu'on ait de la visibilité,
02:59que les Françaises et les Français sachent
03:01que dans les trois mois qui viennent,
03:02c'est 35 euros par mois, c'est 100 euros.
03:04Donc, en clair, s'il devait y avoir une baisse des taxes,
03:06ce ne serait pas avant la fin de l'année ?
03:07Là, on a déjà annoncé des aides qui, je pense, sont utiles
03:12vers l'année prochaine, mais vraiment, on n'y est pas.
03:14Ce serait plutôt l'année prochaine.
03:16Parmi les aides, il y a la prime carburant de 1 000 euros
03:18que les entreprises peuvent verser à leurs salariés
03:20pour les aider à faire le plein, aller au travail.
03:22C'était 600 auparavant.
03:24C'était même 300.
03:25Bien avant, au tout début.
03:26Voilà, l'année dernière.
03:27Elles sont exonérées de cotisations sociales, d'impôts.
03:29Bref, c'est gratuit pour les entreprises.
03:31Est-ce qu'elles jouent le jeu ?
03:32Non, ce n'est pas gratuit.
03:33Ça leur coûte 1 000 euros.
03:34Ça leur coûte la prime.
03:35Ce que je peux vous dire, c'est que l'année dernière,
03:37donc avant la crise, il y avait 1 200 000 à peu près salariés
03:41qui ont bénéficié de cette prime.
03:42Vous l'avez dit, c'était plafonné à 300 euros.
03:45L'été dernier, on l'a déplafonné jusqu'à 600.
03:48Et là, on vient d'annoncer qu'on peut aller jusqu'à 1 000.
03:50Ce n'est évidemment pas une obligation pour les entreprises.
03:52J'ai entendu Patrick Martin qui ronchonnait un peu.
03:55Il ne ronchonne pas.
03:55Il dit que l'État est gonflé de nous faire porter la facture.
03:59D'abord, on en paye une partie, puisque vous l'avez dit,
04:01c'est défiscalisé, désensibilisé.
04:02Donc, qu'est-ce que vous attendez des entreprises ?
04:05Pour les entreprises, en fonction de leur situation.
04:07Il y a des entreprises qui s'en sont saisies.
04:09Je veux vous dire une chose.
04:10C'est à la demande d'entreprises qu'on a mis en œuvre.
04:12Il y a des entrepreneurs qui nous ont dit, cet été, c'est un outil utile.
04:16Moi, je suis au taquet.
04:17J'ai déjà aidé mes salariés à 300.
04:19Je préférais pouvoir continuer à le faire.
04:21Et il y a eu des reportages, y compris sur vos écrans,
04:25qui demandent que les gens s'en saisissent.
04:26Ça veut dire quoi ?
04:27Vous demandez aussi aux entreprises aujourd'hui d'accélérer.
04:30Non, mais on voit bien aujourd'hui que face à une crise qui nous arrive,
04:34qu'on n'a pas choisi de l'extérieur, on doit tous se serrer les coudes.
04:37Moi, Engie a annoncé ce matin qu'il faisait une aide pour les consommateurs
04:42qui sont au chèque énergie, 700 000 d'entre eux, avec, je crois que c'est 54 euros.
04:47Total, on parle beaucoup de total, plafonne les prix à la pompe.
04:51Nous, on fait des aides.
04:52Les entreprises peuvent aider leurs salariés.
04:54Peuvent, mais elles traînent des pieds, on est bien d'accord.
04:55Non, ce n'est pas vrai.
04:57Écoutez, on aura les chiffres, on verra.
04:59Je peux vous dire qu'il y en avait 1,2 million de salariés l'année dernière.
05:02Il y en a jusqu'à 15 millions qui peuvent en bénéficier.
05:05On verra cette année si elles ont traîné les pieds,
05:07ou si non seulement elles ont joué le jeu,
05:09mais surtout elles ont joué le jeu de la solidarité.
05:11Emmanuel Macron a évoqué les menaces venant de Russie.
05:14Il se trouve qu'il y a quelques jours, la Russie a fait main basse
05:16sur le roi Merlin, Decathlon, Renault,
05:18dont les actifs ont été mis, placés dans une entreprise russe.
05:24Quels sont maintenant les recours de la France ?
05:27Bon, alors d'abord, vous l'avez dit, ils ont fait main basse.
05:30C'est un vocabulaire un peu particulier.
05:32Mais que vous reprenez ?
05:33Ça sonne un peu comme une histoire de gangster.
05:35Vous reprenez ce mot ?
05:36Moi, je reprends le fait que c'est un acte hostile,
05:39alors que vous le savez, la France n'est pas en guerre contre la Russie.
05:41On soutient l'Ukraine, évidemment, sans condition, sans limite.
05:44Donc c'est un acte hostile contre la France ?
05:45C'est un acte hostile contre la France, contre des entreprises françaises
05:50qui n'étaient pas dans les secteurs qui étaient concernés par les sanctions.
05:54On va voir comment ça évolue.
05:56Mais clairement, un, on condamne.
05:57Deux, on souhaite que ce soit annulé, remis en cause.
06:00Et on va voir comment ça évolue.
06:01C'est-à-dire quel recours vous avez concrètement ?
06:03Pour dire à Vladimir Poutine, maintenant, il faut nous rendre ces entreprises.
06:06Il y a le recours des tribunaux internationaux.
06:08À ce stade, évidemment, ça peut faire sourire.
06:11Mais évidemment, on y aura accès.
06:12Les entreprises y auront accès.
06:13Et puis surtout, ça ne nous empêchera en aucun cas de continuer à mettre la pression.
06:21Il y a un 22e ou 23e paquet de sanctions qui est en réflexion aujourd'hui au niveau européen sur
06:26la Russie.
06:27Ce type de chantage économique, qui concerne aussi d'ailleurs essentiellement des salariés russes
06:32qui étaient employés par ces entreprises, qui aujourd'hui sont inquiets,
06:35ne nous empêchera pas de continuer à être très fermes sur cette agression russe en Ukraine,
06:40inacceptable, qui doit cesser.
06:42Un dernier mot sur la visite du pape.
06:44Il y a des retombées économiques attendues, vous les évaluez à combien ?
06:47Alors, Serge Papin vient de l'annoncer, on sera plusieurs centaines de millions d'euros.
06:52Difficile à dire de manière précise.
06:53C'est de l'ordre de grandeur aussi de l'impact de Céline Dion.
06:56Le pape et Céline Dion, ils rapportent à l'égalité ?
06:58Il y a match.
06:59C'est-à-dire c'est à égalité, presque.
07:01On parle de pas loin d'un milliard d'euros pour Céline Dion,
07:04et sans doute plusieurs centaines de millions d'euros pour le pape.
07:06Alors, on verra s'il atteint le milliard, du coup.
07:07Voilà, on verra, mais ce qui est intéressant, si vous voulez,
07:10les JO, la Coupe du monde de rugby, évidemment.
07:13Paris attire, Paris brille, et ça participe au rayonnement de la France.
07:17On a une très grande ville et un pays touristique,
07:19parce qu'il sera aussi aux Metz et à Lourdes.
07:21C'est une bonne nouvelle pour la France et pour Paris.
07:23Merci Roland Lescure d'avoir été sur notre plateau des cas de vérité aujourd'hui,
07:26où vous avez dit qu'il fallait que les entreprises accélèrent
07:29sur les primes carburants que l'État subventionne.

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