- il y a 2 heures
Avec 35 000 décès excédentaires, 660 000 hectares partis en fumée et une grande partie du territoire de l'Union européenne en état d’alerte, 2026 aura marqué l’Europe comme le pire été de son histoire. Malgré l’annonce d’un plan européen contre les canicules et un nouveau cadre destiné à renforcer l’adaptation au changement climatique annoncé par Ursula von der Leyen lors de son discours sur l’état de l’Union, de nombreuses questions demeurent. Les moyens européens ont-ils montré leur intérêt et leurs limites ? Les Européens se sont-ils sentis trop longtemps à l’abri de ce réchauffement climatique ? Faut-il plus de moyens dans la lutte et la prévention ? Caroline de Camaret et Alexandre Poussart ouvrent le débat dans Ici l’Europe, avec les eurodéputés Grégory Allione, membre du groupe Renew Europe, ancien président de la fédération des sapeurs-pompiers de France et Saskia Bricmont, eurodéputée belge, membre du groupe Les Verts Année de Production :
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00:00France 24, LCP, Public Sénat présente.
00:16Bonjour à tous et merci de nous rejoindre pour Ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires.
00:22Alors nous parlerons dans notre partie débat de la canicule qui a sévi cet été, des leçons à tirer.
00:27Mais tout de suite, je vous propose de revenir sur cette semaine où les Européens étaient peu audibles à l
00:33'Assemblée Générale de l'ONU.
00:36Et surtout, ils s'inquiétaient de leur faiblesse économique.
00:39Voilà pourquoi nous recevons aujourd'hui Aurore Laluc. Bonjour.
00:42Vous êtes députée européenne, socialiste, française, coprésidente de Place Publique.
00:46Également, vous venez de sortir Trump contre l'Europe aux éditions Les Petits Matins.
00:52Et vous êtes présidente surtout de la Commission des Affaires Économiques et Monétaires du Parlement européen.
00:57Présente à la dernière réunion de l'Eurogroupe.
01:00Aurore Laluc, une croissance faible des 27 pays membres de l'Union européenne.
01:041,1% pour 2026.
01:07Des prix de l'énergie qui grimpent à de plus de 14% sur un an selon Eurostat.
01:12Comment vous qualifiez l'état de notre économie européenne ?
01:16C'est très paradoxal parce qu'en réalité, malgré tout ce qu'on subit ces dernières années,
01:22c'est-à-dire qu'on est quand même sous attaque de l'administration Trump via la politique commerciale,
01:28il y a maintenant la crise avec le prix de l'énergie, la guerre, la guerre hybride.
01:34On est vraiment une économie qui est mise sous pression, que ce soit par la Russie, par la Chine ou
01:38par les États-Unis.
01:39On résiste quand même pas mal quand on y pense.
01:42On résiste quand même pas mal, on reste résilient.
01:45Néanmoins, on arrive dans des temps très difficiles en termes de croissance économique, d'activité économique,
01:52en termes de pouvoir d'achat surtout.
01:53C'est ça en fait qui nous inquiète profondément.
01:57C'est la question de l'inflation, de cette inflation importée,
02:00sur laquelle en fait on a très peu de prise parce qu'elle est liée à des événements extérieurs.
02:03Et c'est pas la première fois que ça nous arrive en fait.
02:05Donc c'est ça qui est difficile aujourd'hui pour nous, à gérer.
02:09Et puis le fait qu'au bout d'un moment, on risque d'avoir de l'inflation alimentaire.
02:13Malgré tout, on résiste.
02:14Même si on est une zone qui n'est pas finie d'être construite,
02:16même si on n'a pas tous les outils, etc.
02:18C'est ça qui est étonnant.
02:19On arrive quand même à tenir.
02:21Mais néanmoins, on est mis sous pression.
02:23Et surtout, les Européens sont mis sous pression.
02:25Et c'est ça, l'économie, elle est au service des gens.
02:28Et en fait, c'est là où nous, on doit agir rapidement sur la question de l'électrification,
02:33agir sur la question des prix.
02:34Et surtout, investir, investir, investir pour ne plus être dépendant des autres économies.
02:38Alors comme chaque semaine, je vais vous proposer un tour de l'actualité européenne.
02:42C'est l'Europe en bref de Agnès Le Cossec.
02:49Un électrochoc pour Friedrich Schmerz.
02:51L'extrême droite allemande remporte de nouvelles élections régionales,
02:55tandis qu'avec moins de 5% des voix, la CDU, le parti du chancelier,
02:59est pour la première fois absente d'un parlement régional.
03:03Nous ne pouvons pas édulcorer le résultat obtenu en Meclambourg.
03:07C'est un désastre.
03:09Autre défaite électorale, à Berlin,
03:11où la gauche radicale de Die Linke est arrivée devant le maire conservateur sorti.
03:15Dans le reste de l'Europe, de nombreuses élections nationales sont attendues d'ici un an,
03:20avec une percée annoncée de l'extrême droite qui met sous tension le projet européen.
03:24En marge de l'Assemblée générale des Nations Unies,
03:27les dirigeants américains, danois et groenlandais ont signé un accord de sécurité.
03:31Cette signature devrait mettre un point final à la crise
03:34qui a envenimé les relations entre États-Unis et Europe
03:37après les menaces de Donald Trump d'annexion du Groenland.
03:40Le texte acte un renforcement de la présence militaire américaine sur l'île.
03:44Il interdit également à tout acteur, hors Union européenne et OTAN,
03:48d'exercer un contrôle dans des secteurs stratégiques.
03:51Donald Trump a annoncé qu'il pourrait interdire les exportations américaines de diesel,
03:55une perspective qui inquiète des pays européens aux options de plus en plus limitées.
03:59Le Premier ministre slovaque Robert Svitsso,
04:02pro-Kremlin, réclame un conseil européen extraordinaire sur la crise des carburants.
04:07Je le dis clairement, je considère que l'Union européenne fait preuve d'un cynisme total
04:14en laissant les États membres gérer la crise pétrolière tout seul.
04:20Le dirigeant slovaque, qui affiche sa proximité avec Vladimir Poutine,
04:24conteste l'interdiction par Bruxelles des importations de gaz russes prévues fin 2027.
04:29– Alors, Aurore Laluc, face à la flambée des prix du pétrole,
04:34les 27 ont eu des politiques très différenciées.
04:36Certains ont abouti à un prix plus bas que dans l'hexagone autour de nous,
04:41avec des remèdes comme le plafonnement, la taxe sur les super-profits énergétiques,
04:46des aides directes.
04:47Qu'est-ce que vous, vous préconisez ?
04:50Et est-ce qu'il faut le même remède pour tous ?
04:52– En fait, effectivement, on n'est pas exposés de la même façon,
04:55et puis on n'a pas le même état des finances publiques.
04:57C'est ça aussi, la réalité, dans les différents pays.
05:00Ce qu'il faudrait, c'est la taxation sur les super-profits.
05:02Et au niveau européen, il y a clairement une coalition de pays
05:06qui est en train de se dégager.
05:09L'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, l'Autriche,
05:12donc des gouvernements d'une couleur politique très différente,
05:16demandent la taxation des super-profits.
05:18Pour l'instant, la France s'y oppose.
05:20Or, ce seraient les moyens de récupérer de l'argent
05:24pour pouvoir justement faire des aides ciblées à ce qu'on appose.
05:27– Pour protéger Total Énergie ?
05:30– Franchement, en fait, quelle serait l'autre raison, en réalité ?
05:34Il n'y a pas d'autre raison.
05:35Donc, deux choses l'une, soit à un moment, Total Énergie,
05:38les prix qu'ils font à la pompe,
05:40ils font en sorte que tout le monde ait le même prix sur le territoire.
05:44Je ne pense pas que ce soit leur stratégie, en réalité.
05:47S'ils ne font pas ça, pardon, mes taxations des super-profits,
05:49ça commence à bien faire.
05:50On ne peut pas mettre en danger comme ça les Français
05:52et les finances publiques.
05:54– Vous mentionnez la France avec un budget très difficile à adopter,
05:57une dette en hausse,
05:59et un déficit le plus élevé de la zone euro à 5,4% du PIB.
06:05Est-ce que vous avez senti l'Eurogroupe,
06:08puisque je disais que vous y aviez été,
06:11très inquiète de la situation française ?
06:13– Non.
06:14Les ministres des Finances,
06:16les institutions européennes,
06:19sont inquiets en général de l'état mondial des finances publiques,
06:23mais aussi de la dette privée,
06:25de ce qui se passe aux États-Unis, la bullia, etc.,
06:28et le fait que les Américains ne maîtrisent plus leurs dettes comme avant.
06:31Et on n'est pas à l'abri d'un accident financier,
06:33ça c'est clair, mais on ne sait pas d'où il va venir.
06:34Et on n'est pas à l'abri.
06:35Et c'est de la probabilité,
06:36ça veut dire que ça peut arriver comme ça peut ne pas arriver.
06:38Bref, c'est un sujet qui mérite de la nuance.
06:39Or, dans le débat politique aujourd'hui,
06:41la nuance, ce n'est pas la chose la plus commune en réalité.
06:45Donc voilà quel est l'état mondial.
06:48Maintenant, au niveau européen,
06:50nous, ce qu'on demande à la France,
06:53c'est une trajectoire de réduction de 100-120 milliards sur 5 ans.
06:57Ça veut dire qu'il n'y a pas besoin de faire un effort de 54 milliards.
07:00Déjà, ça n'existe pas, ça n'existera pas, c'est trop brutal.
07:03Mais de l'ordre de 18-20 milliards.
07:05Et ensuite, quand je suis à l'échelle européenne,
07:08je vois qu'il y a beaucoup moins d'inquiétude.
07:10C'est-à-dire que tout le monde dit,
07:10oui, il faut que la France prenne un certain effort.
07:12Mais personne ne se dit,
07:14la France, là, tout de suite, va rentrer en crise financière.
07:16Mais inquiétude aussi par rapport au discours du Rassemblement national
07:20concernant l'Europe,
07:21qui, s'il accède au pouvoir,
07:23veut baisser la contribution de la France à l'Union européenne,
07:28alors que l'actuel Premier ministre a d'ailleurs demandé
07:29de retrancher 800 millions en les prélevant sur l'amende Google.
07:34Ça accrédite, avant les élections de 2027,
07:37l'idée que la France paye trop.
07:38Et c'est le cas ?
07:39Ce n'est pas le cas, déjà.
07:41Parce que je suis navrée,
07:42mais sans l'Union européenne,
07:44la France n'est pas grand-chose.
07:45Elle n'est pas grand-chose du point de vue des exportations.
07:48Elle n'est pas grand-chose non plus du point de vue
07:50de la soutenabilité de sa dette, si je peux me permettre.
07:52Parce qu'aujourd'hui, si la dette française est soutenable,
07:55c'est grâce à quoi aussi ?
07:56C'est parce qu'en fait, on sait que derrière,
07:57il y a la Banque centrale européenne,
07:59il y a le mécanisme européen de stabilité,
08:00il y a tout ce qu'on a créé,
08:02qui fait qu'aujourd'hui,
08:03les dettes européennes restent quand même,
08:05malgré tout, fortes.
08:06Et en revanche,
08:07ce qui inquiète les marchés financiers,
08:09très clairement,
08:10c'est la perspective de 2027
08:12et des élections présidentielles.
08:14Et c'est pour ça aussi
08:15qu'on a une prime de risque,
08:17on a des taux un peu plus élevés,
08:18contrairement à ce qu'on pense.
08:19Ce n'est pas l'état de la dette,
08:21c'est à la fois l'instabilité politique
08:23depuis la dissolution,
08:25très clairement.
08:26Le fait de, là, savoir ou pas
08:28si on va réussir à faire passer le budget.
08:30Et puis, les élections prochaines.
08:32C'est vraiment le sujet politique
08:34qui inquiète quasiment plus
08:36les marchés financiers, en réalité,
08:38que le niveau de notre dette.
08:40Parlons justement du futur budget,
08:41mais cette fois-ci de l'Union européenne
08:43pour 2028-2034,
08:45qui est négociée ardemment actuellement.
08:47Actuellement, l'Allemagne, le Danemark,
08:49la Finlande, les Pays-Bas, l'Autriche
08:51sont dans les frugos.
08:53Ce qu'on appelle les frugos,
08:54c'est ceux qui demandent
08:54qu'on soit en dessous
08:56des 2 000 milliards d'euros
08:58sur 7 ans,
08:59donc proposés par la Commission européenne.
09:01Votre Parlement européen,
09:03Aurore Laluc,
09:03veut maintenir ce montant.
09:04Qui va gagner ?
09:05Si on n'a pas un budget
09:06qui vient répondre aux défis européens,
09:09on va tous perdre.
09:10C'est ça, en réalité.
09:11Si on n'a pas un budget
09:12qui nous permet d'avancer
09:13sur la défense commune,
09:15dans l'indépendance numérique,
09:16si on a un budget
09:17qui ne nous permet pas
09:18d'être autonome
09:19en matière d'IA,
09:20qui ne nous permet pas
09:21d'avancer dans la transition écologique,
09:23dans la réindustrialisation,
09:24on va tous perdre.
09:26C'est ça que certains pays
09:27devraient avoir en tête.
09:29Donc, il y a la question
09:30de ce budget
09:30sur lequel vous avez...
09:32Le Parlement européen
09:33est toujours plus 10 ans
09:35que les États membres.
09:37Y compris l'Allemagne
09:37qui est chez les frugos, maintenant.
09:39Exactement.
09:40Donc, on va essayer
09:41de pousser un maximum.
09:42Mais à côté de ça,
09:43de toute façon,
09:44il faudra créer
09:44de nouveaux instruments financiers.
09:46Je sais que les débats
09:47sur l'annualisation de la dette
09:48agitent beaucoup
09:49la bulle française.
09:50Mais en réalité,
09:51au niveau européen,
09:51le débat qu'on a,
09:52c'est sur la question
09:53de ce qu'on appelle
09:53des actifs sûrs.
09:54Alors, c'est un peu techno,
09:55mais c'est le fait
09:55d'avoir un endettement commun.
09:56Donc, des taux d'intérêt communs.
09:58Ça, c'est un débat
09:59que nous avons, pour le coup.
10:01C'est un débat
10:01que les ministères...
10:01Beaucoup avec l'Allemagne
10:02qui ne veut pas
10:09suite à des défaites
10:11dans trois régions,
10:12dans les fameux landers,
10:14à la faveur
10:15de l'extrême droite à l'Est.
10:17Les vieux démons
10:18sont de retour.
10:20Et de l'extrême gauche
10:21à Berlin.
10:22Quelle leçon vous en tirez ?
10:23C'est une situation
10:25qu'on peut retrouver
10:25aussi en France, en réalité.
10:27On voit aussi qu'en France,
10:29le parti qui est dominant,
10:32c'est le rassemblement
10:33du moins dans les sondages.
10:35C'est le rassemblement national.
10:36On voit une poussée
10:37de l'extrême droite,
10:38en fait, à peu près
10:39partout en Europe.
10:41Donc, il y a un sujet
10:42qui est de rappeler
10:43ce qu'est l'extrême droite.
10:45L'extrême droite,
10:46ce n'est pas un parti
10:47comme un autre.
10:47Voilà.
10:48Il faut rappeler ce que c'est.
10:49Et ensuite,
10:50de prendre soin
10:51des Européens,
10:52de prendre soin
10:53des Français.
10:54Je crois aussi
10:54qu'il y a des leçons
10:56qu'on a tirées
10:57après la Seconde Guerre mondiale
10:59qui ont été oubliées.
11:01Et qui étaient de dire
11:02que le meilleur remède
11:04à la montée
11:05des populismes
11:06et des nationalismes,
11:07c'est de faire en sorte
11:08qu'il n'y ait pas
11:08de ressentiment,
11:09c'est de faire en sorte
11:09qu'il n'y ait pas
11:10des inégalités inacceptées.
11:12Il y a toujours un niveau
11:13d'inégalités acceptables.
11:14Moi, je m'en fous
11:14qu'il y ait des milliardaires
11:16du moment que je vis bien
11:17et je pense que ça peut
11:17préparer pour tout le monde.
11:19Donc, là,
11:20on est arrivé sur des choses
11:21qui deviennent inacceptables
11:22et qui peuvent engendrer
11:25des monstres.
11:26Alors, parlons de diversification
11:28de nos sources d'approvisionnement,
11:30de rapprochement
11:31entre l'Union européenne
11:33et le Canada
11:34avec Marc Carnet
11:36qui était accueilli en héros
11:37dans votre hémicycle
11:38de Strasbourg.
11:39Il y a quand même
11:40dix pays manquants
11:41au fameux traité de commerce
11:42qu'on a signé avec lui,
11:45le CETA,
11:45dont la France.
11:47Est-ce qu'il faut le faire ?
11:48Moi, j'ai parti des gens
11:49qui étaient opposés
11:50pour des régions sanitaires,
11:52écoutant un certain nombre
11:53d'experts et d'ONG.
11:55Néanmoins, là,
11:55je trouve que ce qui était intéressant
11:57avec sa venue
11:58au Parlement européen,
11:59parce que finalement,
12:00ce que proposait
12:01Ursula von der Leyen
12:02était assez vague,
12:03c'est-à-dire que concrètement,
12:05on ne sait pas trop
12:06de quoi il s'agit.
12:07Ce qui était important,
12:10c'est qu'enfin,
12:10il y avait quelque chose
12:11de positif qui se passait.
12:13Ces derniers mois,
12:14ces dernières années,
12:16on subit,
12:17on a mauvaise nouvelle
12:19sur mauvaise nouvelle,
12:20on traverse des temps
12:22difficiles, rudes,
12:23et là, enfin,
12:25il y a quelque chose
12:26de constructif qui se passe.
12:28On voit qu'on est en train
12:29d'essayer de créer du dialogue
12:31et de créer des associations,
12:32on ne sait pas encore
12:33sous quelle forme ce sera,
12:34avec des pays qui résistent
12:37et qui ont envie
12:38d'être constructifs
12:39et qui se disent,
12:40après tout,
12:41les États-Unis font ce qu'ils veulent.
12:43Ils ont voulu le Trumpiste,
12:44mais ils ont le Trumpiste.
12:45Ce n'est pas parce qu'on est
12:46les voisins des États-Unis
12:47qu'on leur appartient.
12:48Je trouve cette formule
12:48très forte, d'ailleurs.
12:50Et nous, on a décidé
12:51de suivre un autre chemin.
12:53Oui, vous parliez
12:54des accords commerciaux.
12:55On en a 80 après l'Indonésie,
12:56l'Inde, l'Australie.
12:57L'Union européenne est en bonne voie
12:58pour conclure avec les Philippines.
13:01Cette stratégie de diversification,
13:03parce qu'on a des tensions commerciales
13:05avec la Chine aussi,
13:05il ne faut pas oublier
13:06un autre acteur mondial.
13:08Est-ce que pour vous,
13:09quand même,
13:10elle a un intérêt ?
13:12Il faut l'encadrer
13:13ou il faut l'interdire ?
13:14Non, elle peut avoir un intérêt.
13:16Mais c'est comme tout en économie.
13:19Les moyens ne sont jamais la solution.
13:21Donc, on peut signer
13:22des accords de commerce,
13:23mais ça ne peut pas être
13:23n'importe lesquels.
13:24Ça ne peut pas être
13:25n'importe lesquels.
13:26Ça ne peut pas être
13:26avec n'importe quelle norme
13:28sociale et environnementale.
13:29Ça ne peut pas être
13:30sans close miroir, etc.
13:31Il faut pouvoir quand même
13:32se protéger.
13:32Donc, c'est un élément stratégique,
13:35mais ça ne peut pas être
13:35la stratégie.
13:37La stratégie qu'on doit avoir,
13:39en réalité,
13:40c'est de ne plus être
13:40dans des dépendances suicidaires,
13:42comme dans le domaine
13:43du pétrole, par exemple,
13:45et du gaz.
13:45On est en train de redécouvrir
13:46à chaque crise
13:47qu'on n'a pas de pétrole.
13:48Enfin, quand même, en réalité.
13:50Donc, il faut accélérer
13:51sur la question de l'électrification
13:52dans le domaine
13:53des systèmes de paiement.
13:54Il faut accélérer aussi,
13:56mais là, c'est bon,
13:56c'est en bonne loi,
13:57pour être indépendant
13:58dans le domaine du numérique.
13:59En fait, c'est plus
14:00la politique industrielle
14:02et c'est plus le fait
14:04de protéger un maximum
14:07notre industrie,
14:07de reproduire certaines choses
14:09en Europe
14:10qui va réellement nous protéger.
14:12Vous mentionnez
14:13à juste titre la Chine,
14:14parce qu'on est toujours
14:15en train de regarder
14:15les États-Unis et la Russie,
14:16pour des raisons évidentes,
14:18mais la Chine
14:20est très agressive
14:21d'un point de vue commercial.
14:22On doit protéger
14:23notre secteur automobile,
14:24par exemple.
14:24Et moi, je suis désolée,
14:26là-dessus,
14:26la question des droits de douane
14:27ne peut pas être un tabou,
14:28en fait,
14:29parce qu'on ne peut pas
14:30laisser notre industrie
14:32automobile,
14:32nos batteries,
14:34etc.,
14:36être détruite
14:36par une concurrence déloyale.
14:38Alors, l'Union européenne,
14:40cette semaine,
14:41elle a sauvé,
14:41in extremis,
14:43ses sanctions
14:43contre Moscou
14:44en se ralliant
14:46à contre-coeur,
14:46en dépit des critiques
14:48de Kiev,
14:49aux exigences
14:50de la France
14:50et du Luxembourg
14:51qui ont obtenu
14:52le retrait
14:52de deux oligarques
14:54russes
14:54de la liste noire.
14:55La faveur faite
14:57à l'oligarque russe
14:58qui était bien introduit
14:59en Azerbaïdjan,
15:01c'est traduite
15:01par une grâce
15:02accordée
15:02à ce ressortissant français
15:04emprisonné là-bas.
15:05Est-ce que l'Europe
15:07est cohérente
15:08et unie
15:08sur le dossier
15:09ukrainien
15:10et dans ses sanctions
15:11vis-à-vis de la Russie ?
15:13Non.
15:14Elle ne l'est pas.
15:15Elle ne l'est pas
15:16sur, vous citez ce dossier,
15:17mais oui,
15:17pour le coup,
15:18une vie qui est en jeu.
15:21Mais elle ne l'est pas
15:22à plein de points de vue.
15:23La question du gaz
15:24reste une question
15:25très épineuse.
15:27Il y a plein de choses
15:28sur lesquelles
15:28on a du mal
15:30à être cohérent
15:31et où les intérêts
15:32nationaux
15:33ne reprennent pas
15:34le dessus.
15:36Je trouve que malgré tout
15:37ça tient à peu près,
15:38mais il faut que ça tienne
15:39très fort
15:40parce que les temps
15:40à venir
15:41vont être extrêmement rudes
15:42et on sait que la stratégie
15:44de Poutine depuis le début
15:45c'est de tenter
15:45de nous diviser.
15:46C'est ça en fait.
15:47Et il a été surpris
15:48par le fait
15:49que nous soyons restés unis
15:51et que nous ayons répondu.
15:53Alors dans votre livre
15:54« Trump contre l'Europe »,
15:55vous dites qu'il faut être
15:57en position combat
15:58donc face aux attaques
15:59venues de l'extérieur.
16:01Est-ce que l'Europe,
16:02pour vous,
16:03elle a bien réagi,
16:04par exemple cette semaine,
16:05il y a eu l'Assemblée
16:06de l'ONU
16:07vis-à-vis
16:08d'un certain
16:09Donald Trump ?
16:10Je ne trouve pas.
16:10Je ne trouve pas
16:11que l'Union européenne
16:13ait été à la hauteur
16:15sur la question
16:15des droits de douane.
16:16Je ne trouve pas
16:17qu'elle soit à la hauteur
16:18sur la Cour pénale internationale
16:19jusqu'à présent
16:20et j'espère que sa position
16:21changera.
16:21C'est-à-dire que
16:22Trump menace
16:23la Cour pénale internationale
16:24et a sanctionné
16:26des juges
16:26et ces juges
16:28jusqu'à présent
16:29ne sont pas
16:31protégés
16:31par la Commission européenne
16:32qui pourraient le faire.
16:33Ces juges
16:34sont mises
16:34aux sanctions américaines
16:35donc ils n'ont plus accès
16:36à un grand nombre
16:37de sites
16:38internet américains,
16:39ils n'ont plus accès
16:40à la carte de paiement,
16:42etc.
16:43Visa Mastercard,
16:43ils n'ont plus accès
16:44à rien.
16:46la possibilité de les protéger
16:47c'est de mettre en place
16:48ce qu'ils appellent
16:48le mécanisme de blocage
16:49et ça la Commission européenne
16:50se refuse à le faire
16:51pour l'instant.
16:53Donc typiquement
16:54si vous voulez être respecté,
16:56si vous voulez,
16:56si vous en appelez tout le temps
16:57au droit international,
16:59il faut protéger
17:00les juges
17:00qui l'appliquent
17:01et Donald Trump
17:01ne comprend qu'une seule chose
17:03je le dis depuis le début
17:03c'est le rapport de force.
17:05Il faut tenir
17:05ce rapport de force
17:06même si ce n'est pas
17:08dans l'ADN
17:10de la construction européenne.
17:14Tant pis.
17:14Aurore Laluc,
17:15merci d'avoir été
17:16en notre compagnie.
17:17On rejoint tout de suite
17:17le Parlement européen,
17:19votre Parlement européen.
17:20On va parler
17:20climat, canicule,
17:22feu de forêt.
17:23Quelles leçons tirer ?
17:24Là encore,
17:25c'est tout de suite
17:25le débat.
17:30Merci de nous rejoindre
17:32au Parlement européen
17:33à Strasbourg.
17:34Strasbourg,
17:34capitale européenne
17:35qui n'a pas été épargnée
17:36cet été
17:36par la canicule
17:38qui a touché
17:38toute l'Europe.
17:39août 2026,
17:40le mois le plus chaud
17:41jamais mesuré
17:43dans le monde
17:43et l'Europe,
17:44dans son ensemble,
17:45a vécu le pire été
17:46de son histoire.
17:472,7 degrés de plus
17:48que les normales
17:50de saison.
17:51Résultat,
17:51une sécheresse record
17:52qui dure jusqu'à aujourd'hui.
17:54Au pic de l'été,
17:55les deux tiers
17:55du territoire
17:56de l'Union européenne
17:57se sont retrouvés
17:58en état d'alerte
17:59de quoi fragiliser
18:01la végétation,
18:02notre agriculture
18:03et également faciliter
18:04la propagation
18:05des incendies.
18:06Oui,
18:06à la rentrée,
18:07660 000 hectares
18:08avaient déjà brûlé
18:09cette année
18:10en Europe,
18:11au sud,
18:11mais aussi au nord.
18:13C'est deux fois plus
18:15que la moyenne
18:16des territoires
18:17ces 30 dernières années
18:18qui sont partis
18:19en fumée.
18:20L'Union européenne
18:21a mis des moyens
18:21inédits en activant
18:23son mécanisme européen
18:25de protection civile
18:26qui permet une solidarité
18:28entre les États membres.
18:29Et la Commission européenne
18:30veut aller encore plus loin
18:32avec une loi
18:32sur la résilience climatique
18:35face à l'urgence
18:36de l'adaptation
18:37au réchauffement climatique.
18:38Alors,
18:38pour en parler aujourd'hui
18:39avec nous,
18:40nous avons deux
18:42eurodéputés.
18:42Saskia Bricmont,
18:43bonjour.
18:44Bonjour.
18:44Vous êtes eurodéputé belge,
18:45membre du groupe
18:46Lever au Parlement européen.
18:48Et face à vous,
18:48Grégory Allion,
18:49bonjour.
18:50Vous êtes eurodéputé français,
18:52membre du groupe
18:52Réunion Europe
18:53au centre de l'hémicycle européen.
18:54Et vous êtes aussi
18:55l'ancien président
18:56de la Fédération
18:56des sapeurs-pompiers
18:57de France.
18:58Alors,
18:59Madame Bricmont,
19:00la chaleur a fait
19:01plus de 35 000 morts
19:03sur le continent européen,
19:04supplémentaires
19:05par rapport
19:06aux autres années
19:08et a impacté
19:09toutes les activités
19:10humaines cet été.
19:11Est-ce que les Européens
19:13se sont sentis
19:14trop longtemps
19:15à l'abri
19:15de ce réchauffement climatique
19:17et tout d'un coup
19:17se réveillent ?
19:18Merci de remettre
19:19le sujet à l'agenda
19:20et de parler
19:21des 35 000 morts
19:22supplémentaires
19:23parce qu'on en a
19:23certainement
19:24trop peu parlé encore.
19:26Je voudrais d'abord
19:27leur rendre hommage.
19:28On n'a pas eu
19:29une seule minute
19:29de silence
19:30ici au Parlement européen
19:31pour leur rendre hommage
19:33et c'est important.
19:34Et ce n'est pas
19:35un fait divers
19:36parmi d'autres.
19:36Si on avait eu
19:37autant de morts
19:39liées à une crise,
19:40une pandémie,
19:41un attentat,
19:42ça aurait été
19:42le branle-bas de combat
19:43et l'activation
19:44d'un vrai plan d'urgence.
19:45On n'a pas vu
19:46ce déclenchement
19:47de plan d'urgence
19:48ni au niveau national
19:49ni au niveau européen.
19:50On l'a pourtant demandé
19:51en plein été
19:52que l'on puisse se réunir,
19:54avoir un sommet
19:54des ministres compétents
19:56au niveau européen
19:56pour mettre en place
19:57les mesures d'urgence
19:58qui pouvaient l'être
19:59en matière
20:00notamment
20:02de prévention
20:03et de protection
20:03de la population
20:04face à ces vagues
20:05de chaleur.
20:06Il n'en a rien été.
20:07Il y a une volonté politique
20:10d'invisibiliser,
20:11de ne pas politiser
20:12la problématique
20:12alors que le dérèglement climatique
20:14on va continuer
20:14à en subir les conséquences.
20:16Grégory Allion,
20:17il a manqué
20:17un plan d'urgence européen
20:18cet été au cœur de la crise
20:19face à ces multiples
20:20vagues de chaleur.
20:21En fait,
20:22on ne peut pas demander
20:23à l'Europe
20:23ce que les États membres
20:26réclament,
20:26c'est-à-dire leur souveraineté
20:27et en la matière,
20:28il faut savoir quand même
20:29que le mécanisme
20:29de protection civile
20:30est un mécanisme volontaire
20:32et on appelle à l'aide
20:33si on en a envie,
20:34si on le souhaite.
20:35On appelle les autres États
20:36à l'aide.
20:37Donc, il faut vraiment préciser
20:38que dans l'Union européenne,
20:41l'Europe ne peut pas tout faire
20:42parce qu'elle n'a pas
20:42la mesure de prendre la main
20:45sur quelque chose
20:45qui appartient d'abord aux États.
20:47Ça, c'est le premier point.
20:48Et dans les États,
20:49ce principe de subsidiarité
20:50existe aussi
20:51parce qu'on a des États fédéraux.
20:53En France, pour mon pays,
20:55ce sont des États
20:55où c'est organisé
20:56au niveau départemental
20:57et la solidarité
20:58ne s'exprime
20:59que quand les autorités
21:00communales, départementales
21:02en expriment finalement
21:03la nécessité.
21:04Donc, c'est bien là,
21:05finalement, la double difficulté,
21:08c'est que c'est une politique
21:08très territoriale
21:09qui n'est pas au sens
21:11du régalien
21:12qui ne prend pas le dessus,
21:13qui n'est pas au niveau européen
21:15exprimé avec des grands plans
21:16de prévention.
21:17Et derrière,
21:18vous avez une Europe
21:19à qui on demande
21:20tout le temps d'agir.
21:21Si on prend le cas
21:22des incendies,
21:23c'est vrai que
21:24même la Commission européenne
21:25se félicite
21:26de ce mécanisme
21:27mis en place
21:28avec des moyens inédits.
21:29800 sapeurs-pompiers,
21:3122 avions
21:32bombardeurs d'eau,
21:34sans oublier
21:34cette solidarité
21:36qui a été
21:37sur tous les territoires
21:38incendiés,
21:39bien réels.
21:41Est-ce que
21:41ces moyens
21:42ont montré
21:43leur intérêt,
21:44peut-être aussi
21:45leur limite
21:45par rapport
21:46au déploiement
21:47de moyens nationaux aussi ?
21:49Oui, tout à fait.
21:50On a vu l'importance
21:51de l'Union européenne
21:51dans ce contexte
21:52et du fait qu'on puisse
21:53se venir en aide
21:54entre États,
21:54que ces mécanismes d'urgence
21:55puissent être activés
21:56par les États concernés
21:58par des crises,
21:58par des incendies majeurs,
22:00des méga-feux
22:00contre lesquels
22:01les équipes de pompiers
22:03territoriales locales
22:04n'ont pas pu faire face.
22:06Mais le mécanisme
22:07a effectivement
22:07rapidement montré
22:08ses limites.
22:09Il faut quand même savoir
22:10qu'en 2025,
22:112024, 2025,
22:12ce sont moins 18 000
22:13effectifs de pompiers
22:15en Europe.
22:15Nos gouvernements
22:16ont décidé
22:16de diminuer
22:17à peu près partout
22:18les effectifs du pompier
22:19là où ils n'ont pas arrêté
22:21d'alerter,
22:22y compris en Belgique
22:23avec les incendies
22:24qu'on a vus
22:25dans les Hauts-de-Fagne
22:26en France,
22:26qu'ils étaient
22:27en sous-effectifs
22:28et qu'en cas d'incendies majeurs,
22:30très vite,
22:31ils allaient être
22:32confrontés à des problèmes.
22:33Oui, parce que c'est remonté
22:33au nord, jusqu'à la Belgique.
22:35Vous vous faites bien
22:35de le noter.
22:36La Grèce, l'Italie,
22:38l'Espagne ont brûlé.
22:39Mais là où je ne suis pas
22:40d'accord avec mon collègue,
22:41c'est que l'Europe
22:42a énormément de leviers d'action.
22:44Et le fait que depuis deux ans,
22:46on a sur notre table
22:47au Parlement européen,
22:48de par l'action
22:49de la Commission européenne,
22:50un agenda de dérégulation,
22:51donc de détricotage
22:53des lois environnementales,
22:54des lois climatiques.
22:55Le fait qu'à un moment donné,
22:56on n'investisse pas massivement
22:58au niveau européen
22:58pour dire
22:59« Ok, la priorité,
23:00c'est d'isoler tous les logements
23:01pour des raisons évidentes
23:02de factures énergétiques,
23:03mais pour que personne
23:04ne meure de chaud
23:05sous son toit. »
23:06C'est un enjeu sanitaire majeur
23:08dans le cadre
23:09des vagues de chaleur
23:09qu'on va encore subir.
23:10Le fait de sortir
23:11des énergies fossiles,
23:12c'est au niveau européen
23:13qu'on doit prendre
23:14cette décision-là,
23:15d'arrêter progressivement
23:16les subsides aux énergies fossiles
23:17et de switcher vers quoi ?
23:19Le renouvelable,
23:20qui non seulement
23:21rétablit notre souveraineté énergétique,
23:23mais permet aussi
23:23de répondre à la problématique
23:25des factures,
23:25de l'explosion des prix du diesel.
23:27Tout se tient.
23:28Et l'Europe a tous ces leviers-là
23:29en main,
23:30et elle ne les actionne pas
23:31suffisamment aujourd'hui.
23:32Une réaction, Grégory Allianne ?
23:32Oui, je n'ai pas dit
23:33que l'Europe n'avait pas de levier.
23:34J'ai simplement dit
23:35que la politique de protection civile,
23:37de sécurité civile,
23:37était une politique
23:39très territoriale.
23:40Et je souscris pleinement
23:41finalement aux propos,
23:43puisque, à savoir quand même
23:44que quand je suis arrivé
23:45au Parlement,
23:45vous avez dit
23:45que j'avais une fonction
23:46au préalable,
23:47j'étais président
23:48des sapeurs-pompiers de France,
23:49on a créé un intergroupe
23:52réunissant l'ensemble
23:53des groupes politiques
23:54pour justement
23:55traiter de ces sujets-là.
23:57Et par rapport
23:57au discours de la semaine dernière
23:59sur le discours
24:00de l'État de l'Union
24:01avec Mme Van der Leyen,
24:02qui évoquait
24:03la protection civile,
24:06nous, on attend encore plus.
24:07Parce qu'au-delà
24:07des moyens supplémentaires,
24:09au-delà des moyens,
24:10il faut des hommes
24:11et des femmes.
24:12Et les hommes et les femmes,
24:13en Europe,
24:13c'est 80% de la ressource,
24:15c'est du pompier volontaire.
24:173 millions de sapeurs-pompiers volontaires.
24:18L'Union européenne,
24:19elle a acheté des Canadairs
24:21en très grand nombre.
24:23Et précisément,
24:23on a reproché à Emmanuel Macron
24:25du coup de ne pas le faire.
24:26En très grand nombre,
24:27c'est 12 appareils
24:28qui sont répartis
24:29sur 6 pays,
24:30dont 2 pour la France.
24:31Les accusations contre le gouvernement français,
24:33justement,
24:33de substitut...
24:34Dont 2 pour la France.
24:35Ce qui a été reproché à mon oeil,
24:36qui a fait le débat politique,
24:38c'était le report
24:39d'une commande
24:39de 2 appareils
24:40parce que l'usine
24:41qui est au Canada,
24:43rappelons-le,
24:43et on peut parler
24:44de souveraineté industrielle
24:45et en l'espèce,
24:45c'est ce que nous revendiquons,
24:47n'était pas en capacité
24:48de les fabriquer.
24:48Donc, la flotte
24:49qui a été annoncée
24:50par Ursula von der Leyen,
24:52c'est probablement
24:53celle qui a déjà été commandée.
24:54Et je souscris pleinement
24:55où il faut faire
24:56beaucoup plus,
24:56certes,
24:57en matière de matériel,
24:58c'est ce que nous travaillons
24:59actuellement,
25:00mais aussi en matière humaine
25:01et notamment
25:02sur le volet
25:02sapeurs-pompiers volontaires.
25:04Alors,
25:04la présidente
25:05de la Commission européenne
25:06a fait des annonces
25:07sur cette adaptation
25:08au réchauffement climatique
25:09mercredi 16 septembre
25:11dans son discours
25:12sur l'état de l'Union
25:13face au Parlement européen
25:15et elle prévoit
25:16de présenter
25:17une loi
25:17sur la résilience climatique.
25:19On l'écoute.
25:22Nous avons connu
25:23cet été
25:23un moment de vérité.
25:25Presque aucune partie
25:26de notre continent
25:27n'a été épargnée.
25:29660 000 hectares
25:31réduits en cendres,
25:34quelques 12 millions
25:35de tonnes
25:35de récoltes perdues.
25:38Des fleuves
25:39aussi importants
25:40que le Danube,
25:41le Rhin
25:42ou la Garonne
25:43qui disparaissent
25:44sous nos yeux.
25:46Plus de 35 000
25:48décès supplémentaires
25:49pendant les vagues
25:50de chaleur.
25:52Le mois prochain,
25:53nous présenterons
25:54un nouveau cadre
25:55pour la résilience
25:56au changement climatique.
25:58Nous identifierons
25:59100 des territoires
26:01les plus vulnérables
26:01d'Europe
26:03et nous évaluerons
26:05les risques
26:06ainsi que le niveau
26:07auquel ils doivent
26:08être gérés.
26:11Saskia Brickmont,
26:12comment vous recevez
26:13cette future loi
26:13sur la résilience climatique ?
26:15Cela montre
26:15que la Commission européenne
26:17actionne un nouveau levier
26:18pour être plus résistant
26:18face à ces phénomènes
26:19extrêmes.
26:20J'espère que ce n'est pas
26:21un énième effet
26:22d'annonce
26:22parce que des plans
26:24rappelons-nous
26:24du pacte vert européen
26:25qui était le bébé
26:26de Mme von der Leyen
26:27qui était censé
26:28organiser
26:30toutes les politiques
26:31européennes
26:32pour atteindre
26:32nos objectifs climatiques.
26:33Ici,
26:34elle ne parle que
26:34d'adaptation.
26:35L'adaptation est
26:36extrêmement importante.
26:37On l'a vu cet été,
26:38les citoyens européens
26:39l'ont vu cet été.
26:40On n'est pas prêts.
26:41On n'est pas prêts
26:41à faire face
26:42à ces méga-feux.
26:43On n'est pas prêts
26:43à faire face
26:44à des inondations.
26:45On doit adapter
26:45nos territoires,
26:46nos villes,
26:46nos maisons,
26:48notre agriculture
26:49parce que les pertes
26:50de récoltes,
26:50on en parle trop peu
26:52aussi,
26:53la flambée des prix
26:53de l'énergie,
26:54de l'alimentation,
26:55tout ça.
26:56Mais si on s'adapte
26:58sans par ailleurs
26:59lutter contre
27:00le dérèglement climatique,
27:02en fait,
27:02on va faire...
27:02Elle en a parlé également.
27:03Elle a dit atténuation
27:04et adaptation en même temps.
27:06Sauf que tout l'agenda européen
27:07depuis le nouveau mandat 2024
27:09va dans l'autre sens
27:11et que dans le discours
27:12de Mme van der Leyen,
27:14on n'a pas entendu
27:14une seule fois le lien
27:16qu'elle fait
27:16entre le dérèglement climatique
27:18et la politique économique européenne
27:20et notamment
27:20cet agenda de compétitivité
27:22qui ne tient pas compte
27:23des effets
27:24du dérèglement climatique.
27:25Alors,
27:25la Commission prétend
27:27qu'on peut faire en même temps,
27:28c'est le « et » en même temps,
27:29ça va vous plaire,
27:30M. Allion,
27:32atténuation du réchauffement climatique,
27:33c'est-à-dire baisse des CO2
27:34et l'adaptation.
27:36Mais en effet,
27:38on vient de le souligner,
27:39il y a eu des votes
27:40contre l'ancien pacte vert.
27:42On n'ose même plus prononcer
27:43ce mot dans cet hémicycle,
27:44apparemment.
27:45En tous les cas,
27:45nous...
27:46Cette idée qu'on fait surtout
27:47de l'adaptation
27:48et pas de la...
27:49Au cours de cette mandature,
27:51ce que l'on souhaite,
27:51c'est continuer de s'adapter,
27:53continuer de pousser les textes
27:54qui font qu'aujourd'hui,
27:56vous savez,
27:56à nos concitoyens,
27:57il faut leur expliquer
27:58que certains ont voté
27:59finalement contre le fait
28:01d'avoir des voitures électriques.
28:02Et aujourd'hui,
28:03avec la situation géopolitique,
28:05on s'aperçoit qu'à la pompe,
28:06finalement,
28:06le pouvoir d'achat est obéré.
28:08Et ceux qui critiquent en ce moment
28:09les gouvernements
28:10qui sont en manœuvre
28:11sur le pouvoir d'achat
28:12sont ceux qui ont voté
28:13contre les textes
28:14qui auraient permis
28:15d'accélérer justement
28:16cette électrification
28:17de nos usages,
28:19cette décarbonation
28:20de nos usages.
28:20On reste trop dépendant
28:22des énergies carbone
28:23et aujourd'hui,
28:24ça pèse sur le pouvoir d'achat.
28:25Mais qu'est-ce que vous pensez
28:26de cette majorité alternative ?
28:27Cette adaptation,
28:28il faut continuer
28:29et faire en sorte
28:30qu'entre adaptation
28:31qui est celle
28:32que nous prônons
28:33et atténuation,
28:35nous ayons ces deux leviers
28:36en même temps.
28:37Et je vais juste rajouter
28:39et en conclusion,
28:40ce qu'il faut faire comprendre
28:42à nos concitoyens,
28:43à tous nos peuples
28:44au travers du territoire européen,
28:45c'est que ces deux mesures-là,
28:47ces deux politiques-là
28:47sont des vrais vecteurs économiques.
28:49Ce sont des vrais vecteurs
28:51finalement de réussite économique.
28:53Et ceux qui l'ont bien compris,
28:54ce sont les Chinois.
28:55Ce sont eux qui nous vendent
28:57la plupart des matériels électriques,
28:59des panneaux photovoltaïques.
29:00Donc eux,
29:01ils sont en train
29:01de réussir une transition
29:02et nous,
29:03nous sommes en train
29:03de la louper.
29:04D'ailleurs,
29:05Ursula von der Leyen
29:06a dit que l'Union européenne
29:07pouvait devenir
29:07la championne
29:08de l'adaptation
29:09au réchauffement climatique
29:10avec des entreprises
29:12compétitives dans ce domaine.
29:13Ça veut dire
29:13qu'on peut allier
29:14écologie et économie.
29:15Mais en fait,
29:16l'écologie est la condition
29:17sine qua non
29:17de l'économie
29:18et de la compétitivité.
29:19Si on n'intègre pas ça
29:20dans nos plans
29:21d'industrialisation,
29:22de développement économique,
29:23en fait,
29:23on loupe totalement le coche.
29:25Mais par contre,
29:26faire en même temps
29:27adopter une loi du plomb
29:29et l'équivalent
29:30au niveau européen,
29:31de ne pas sortir des pesticides
29:32et au contraire,
29:33d'octroyer des dérogations
29:34supplémentaires,
29:35de continuer à donner
29:36des quotas
29:37et des permis
29:38d'émettre
29:38des émissions de CO2,
29:40ne pas sortir
29:41des énergies fossiles,
29:42ne pas prendre
29:42des décisions politiques
29:43courageuses
29:44qui nous permettront
29:45de réellement réduire
29:46nos émissions de gaz
29:47à effet de serre.
29:48En fait,
29:48ce n'est pas possible.
29:49Donc,
29:49on nous dise,
29:50on veut s'adapter,
29:51on veut un grand plan
29:52de résilience climatique,
29:53mais en même temps,
29:55on est sur la trajectoire
29:55de baisse des émissions
29:57vers nos objectifs.
29:58Sauf que climat
29:59et biodiversité,
30:00ça va main dans la main.
30:01Cet hémicycle,
30:02sous l'égide
30:03de la Commission européenne,
30:04a proposé
30:04de réduire
30:05les capacités
30:06et les outils
30:07de surveillance
30:07de nos forêts.
30:08Et voilà
30:09où on en est aujourd'hui.
30:10On a passé un été
30:11à voir les incendies
30:12se démultiplier
30:13et l'Europe
30:14affaiblit
30:15nos standards
30:16en matière
30:16de surveillance
30:17des forêts.
30:17Elle fait la même chose
30:18avec ce qui concerne
30:20le rétablissement
30:21de la biodiversité
30:22et la suppression
30:23de tout ce qui est
30:24pesticides
30:24qui sont contre
30:28les pollinisateurs
30:29et qui détruisent
30:29la biodiversité,
30:30alors que
30:31nos agriculteurs
30:32sont les premiers
30:33confrontés
30:34à l'appauvrissement
30:35de leurs terres
30:36et aux conséquences
30:37des règlements climatiques.
30:38Parce qu'il y a aussi
30:39cette question
30:40de l'eau finalement
30:41et ça a été
30:42un des temps forts
30:43aussi de ce discours,
30:44l'insistance
30:45sur une initiative
30:45européenne
30:46sur l'eau
30:47par Ursula von der Leyen
30:49à améliorer
30:50notre réseau,
30:51miner par les fuites,
30:52soutenir les agriculteurs.
30:55Est-ce que
30:55vous critiquez
30:57parfois
30:57le stockage
30:58de l'eau
30:59mais on va être
30:59obligés de stocker
31:00pour assurer
31:01notre sécurité alimentaire ?
31:02En fait,
31:03on ne peut pas
31:04dire,
31:05on va lutter
31:05contre finalement
31:06des règlements climatiques
31:08et donner les moyens
31:09aux sapeurs-pompiers
31:10pour lutter
31:11contre les feux
31:11l'été
31:12s'il n'y a pas d'eau.
31:13Donc à un moment donné,
31:15il faut trouver
31:15le juste milieu.
31:16Je comprends tout à fait
31:17le raisonnement
31:17mais à un moment donné,
31:18stocker de l'eau,
31:19c'est nécessaire
31:20pour nos nombreux usages.
31:21C'est nécessaire
31:22pour assurer
31:22l'alimentation en eau
31:24de nos populations,
31:25pour nos agriculteurs,
31:26pour nos industries,
31:27pour nos sapeurs-pompiers
31:28pour lutter contre les feux.
31:29Donc oui,
31:29à un moment donné,
31:30il faudra stocker de l'eau.
31:31On est dans une période
31:32où il y a de l'eau
31:32qui tombe en abondance,
31:33on n'est pas capable
31:34de la garder.
31:35Donc oui,
31:36il va falloir avoir
31:36des mesures courageuses
31:37et ne pas être
31:38dans la doctrine absolue
31:40de dire
31:41j'empêche tout de tout faire.
31:43Exactement.
31:43Saskia Brickman,
31:44vous êtes d'accord,
31:44on va être obligé
31:45de stocker de l'eau
31:46pour nos différents usages.
31:48Agriculture, pompiers,
31:49consommation, industrie.
31:50Écoutez,
31:50quand j'entends l'idéologie,
31:53ça me rend dingue
31:54quand même
31:54qu'on continue
31:54à mettre la question écologique
31:56dans la case idéologique
31:57parce qu'au nom
31:58d'une idéologie libérale,
32:00aujourd'hui,
32:01on ne fait pas ce qu'il faut
32:02en matière d'écologie.
32:03Et à nouveau,
32:03je répète que les deux
32:04sont éminemment liés.
32:05Si on parle d'eau,
32:07oui,
32:07il est grand temps
32:08qu'il y ait un plan global
32:09à l'échelle de l'Union européenne
32:11puisqu'on va manquer d'eau
32:12pour voir comment
32:13on fait en sorte
32:14que d'abord,
32:15on puisse donner de l'eau
32:16à la population,
32:17donner de l'eau potable.
32:18C'est vital.
32:19C'est un besoin vital premier.
32:21Quantité et qualité.
32:21Ensuite, effectivement,
32:23il risque d'y avoir
32:23des conflits d'usage
32:24pour l'agriculture.
32:25On a besoin de se nourrir.
32:27Donc, à un moment donné,
32:28il faut voir comment
32:29on fait en sorte
32:31d'approvisionner en eau
32:32nos champs.
32:32Ce sera nécessaire.
32:33Mais si tout ça
32:34est pensé intelligemment
32:35à l'échelle de l'Union européenne
32:37pour faire en sorte
32:37de ne pas arriver
32:38au stade de pénurie
32:39et de pouvoir s'organiser
32:42et qu'on n'arrive pas
32:42à ces conflits
32:43d'usage de l'eau,
32:44voire pire,
32:44voire des problèmes sociaux
32:47et des conflits
32:49liés à l'eau,
32:49c'est éminemment important.
32:50Mais j'ajoute, par exemple,
32:51on n'a pas entendu
32:52Madame von der Leyen
32:53parler des big data centers
32:54que l'Europe est en train
32:56de déployer
32:56qui sont extrêmement
32:57consommateurs en eau,
32:58par exemple.
32:58Donc tout ça va devoir
33:00être dans ce plan
33:01pour qu'on réfléchisse
33:01intelligemment à l'usage
33:02de l'eau.
33:02Deux mots pour conclure.
33:04Vous avez confiance
33:04que le prochain été
33:05sera meilleur que celui-là ?
33:06Non, je pense qu'on aura
33:07un été qui sera encore
33:08très complexe
33:10et il faut préparer
33:10nos concitoyens
33:11à être beaucoup mieux
33:13préparés en tous les cas.
33:14Moi, j'ai vu des populations
33:15qui ont demandé d'évacuer,
33:16qui ne savaient pas quoi faire,
33:18quoi emporter.
33:19Donc c'est cela la préparation.
33:20Et c'est aussi de dire
33:21à nos populations
33:22que l'État,
33:23l'Union européenne
33:24ne pourra pas tout faire.
33:25Lorsque j'étais
33:26sapeurs-pompiers,
33:27je disais que je ne avais
33:27pas la capacité
33:28de mettre un camion
33:29de sapeurs-pompiers
33:29devant chaque maison.
33:30Saskia Brickmont,
33:31l'Europe sera prête
33:32pour l'été 2027
33:33qui sera également chaud.
33:34Je pense que l'Europe
33:35et nos gouvernements
33:36doivent vraiment se préparer
33:37et faire en sorte
33:38qu'il n'y ait plus
33:38des morts supplémentaires
33:39liées à la prochaine canicule
33:41qui pourrait arriver
33:41en mai, juin,
33:42l'année prochaine.
33:43Effectivement,
33:44il faut se préparer,
33:46accéder à l'eau.
33:47C'est aussi une question
33:47d'aménagement des territoires
33:48et ça, ce sont nos villes,
33:49ce sont les décideurs politiques
33:52à tous les niveaux de pouvoir
33:53qui doivent intégrer
33:54la question du dérèglement climatique,
33:56de ses conséquences
33:57dans toutes les politiques.
33:58Merci à tous les deux
33:59d'avoir très bien illustré ce débat.
34:01Merci à vous de l'avoir suivi.
34:03Vous restez sur nos antennes
34:04pour plus d'actualités.