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  • il y a 6 minutes
«Le pape s'est adressé au président de la République et lui a envoyé des messages explicites», a lancé Philippe de Villiers, dans Face à Philippe de Villiers.

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Transcription
00:00Eh bien, le pape a parlé à l'Elysée, dans la maison commune, chez nous,
00:10là où est concentré le pouvoir suprême, l'article 5 de la Constitution.
00:19Et il s'est adressé au président de la République,
00:23et il lui a envoyé plusieurs messages qui sont explicites.
00:30J'en retiens trois.
00:31Le premier message était ainsi formulé,
00:34« La protection du droit à la vie est constitutif de tous les autres droits. »
00:41Est-ce qu'on peut être plus clair ?
00:43Et il a même ajouté, en citant la GPA, le trafic des organes, etc.,
00:50que tout ce qui pouvait dénaturer l'être humain était dangereux pour l'humanité entière.
01:01Ça, c'est le premier point.
01:03On l'attendait sur ce terrain, il a été d'une clarté solaire.
01:09Ensuite, il a dit, l'école catholique a toute sa place dans la cité.
01:13On sait qu'aujourd'hui, il y a des influences de plus en plus fortes
01:20pour démembrer l'enseignement catholique, qu'il soit sous contrat ou qu'il soit hors contrat.
01:27En fait, le pouvoir politique voit bien que l'enseignement hors contrat est en train de se développer
01:32pour retrouver une liberté perdue.
01:35Donc, le pape a protégé, ce matin, cette liberté d'un enseignement qui ne dépend pas de l'État.
01:44Et troisièmement, c'est passé inaperçu, mais en tout cas pas de moi,
01:51c'est son discours sur la paix.
01:55Les mots qu'il a eus sur la paix.
01:57Il s'est adressé à la France en disant, la France, c'est une puissance de paix.
02:02En fait, historiquement, tous les historiens disent,
02:05la France, c'est une puissance de contrepoids, une puissance d'équilibre.
02:08Elle est la puissance des petits, la puissance des faibles.
02:10La France, elle est faite pour négocier la paix.
02:13Elle n'est pas faite pour un surarmement
02:16et envoyer des soldats dans des pays où on n'a rien à faire.
02:19Est-ce que vous voyez ce que je veux dire ?
02:21Et donc, quand on voit la tête de Macron,
02:26au moment où le pape prononce ses paroles,
02:29on a un pape pacifique, pacifiant, apaisé,
02:37et un teenager immature, va-t'en guerre ?
02:43Quel contraste dans la maison commune.
02:45à l'Elysée.
02:46C'était beau à voir.
02:50Autre déplacement, autre visite après l'Elysée,
02:53l'UNESCO.
02:54En milieu d'après-midi, le pape s'est rendu à l'UNESCO,
02:58Organisation de l'ONU pour la culture, l'éducation et la science.
03:01Il est revenu sur le poids, selon lui,
03:04que devrait avoir l'UNESCO.
03:06Je vous propose d'écouter le pape Léon XIV.
03:09Au sein de cette Assemblée des Nations,
03:12où les langues et les cultures se rencontrent pour coopérer,
03:16afin d'assurer le respect universel de la justice,
03:20de la loi, des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
03:25L'UNESCO représente à la fois un objectif et un outil pour poursuivre aujourd'hui,
03:33avec un engagement accru, cette tâche.
03:37Je vous invite à considérer l'UNESCO,
03:40non seulement comme une organisation internationale illustre,
03:44mais aussi comme un lieu où l'humanité réfléchit sur elle-même,
03:50sur son histoire et sur son avenir.
03:54– Geoffroy Lejeune.
03:55– Alors Philippe, est-ce que l'UNESCO n'est plus aujourd'hui que l'ombre d'elle-même
03:59et quel est le poids réel de l'ONU aujourd'hui ?
04:05– Je pense que le pape a sacrifié à une tradition diplomatique.
04:11Il a été invité par l'UNESCO, donc il y est allé.
04:15Il a prononcé d'ailleurs des paroles qui sont intéressantes, remarquables,
04:20sur l'écologie intégrale, où il dit qu'il n'y a pas d'écologie
04:23quand on ne protège pas d'abord les plus petits.
04:26Donc c'est très bien de protéger les crapauds et les coléoptères,
04:28mais on peut peut-être protéger les petits dômes.
04:31Ensuite, il a dit, l'intelligence artificielle, il n'y a pas d'intelligence artificielle,
04:37il y a de l'intelligence humaine.
04:39Son encyclique a été saluée à nouveau comme elle l'est par le monde entier.
04:45Et enfin, il a parlé à nouveau de la paix.
04:49Mais ce qui me frappe quand même, c'est que cette institution,
04:54elle apparaît maintenant désuète, anachronique.
04:58En fait, on est entré dans un nouveau monde.
05:04Et dans ce nouveau monde,
05:10premièrement, c'est le retour des États-puissances.
05:14Le pape l'a sous-entendu,
05:17avec des logiques d'empire,
05:21un monde néo-westphalien,
05:25c'est le retour des nations,
05:28avec une logique qui condamne le multilatéralisme.
05:35Ensuite, la deuxième caractéristique de ce monde,
05:39c'est le chassé-croissé démographique entre le Nord et le Sud,
05:43avec la puissance à venir des BRICS,
05:46sur le Sud global.
05:48Parce que pendant que le pape est en France,
05:51Xi Jinping discute avec Trump.
05:54Et c'est la troisième caractéristique,
05:57c'est le piège de Thucydide,
05:59qui va gagner.
06:00Vous avez une nation puissante et déclinante,
06:02les États-Unis,
06:03face à une nation montante et agressive, la Chine.
06:09Et donc, il y a un dialogue, là,
06:11très important pour l'équilibre du monde et pour la paix du monde.
06:15Mais le plus frappant dans tout ça,
06:17c'est l'effondrement du système institutionnel,
06:20né de l'après-guerre.
06:21L'ONU,
06:23l'OMC,
06:24la Cour internationale,
06:27l'UNESCO,
06:28n'ont plus de dimensions prescriptives.
06:30Et donc, on entre dans un monde complètement nouveau.
06:33Et il ne faut pas penser ce monde nouveau
06:35avec les instruments anciens.
06:38Autre sujet à présent,
06:40Philippe de Villiers,
06:41on l'a appris cette semaine,
06:43le président de la République, Emmanuel Macron,
06:45a fait savoir qu'il n'assisterait pas
06:48aux messes présidées par le pape Léon XIV.
06:52Il s'avère qu'un autre président de la République
06:55a pu réagir à ce propos.
06:57Il s'appelle Nicolas Sarkozy.
06:58Il était l'invité de ce matin,
07:02sur Europe 1 et sur CNews,
07:03de ce vendredi matin.
07:05Et je vous propose de l'écouter
07:07sur sa présence ce samedi à la messe.
07:11Certains disent au nom de la laïcité,
07:12on ne doit pas y aller.
07:13Ça n'a aucun sens.
07:15La laïcité, ce n'est pas une interdiction.
07:18La laïcité, c'est un droit.
07:21Le droit de croire ou de ne pas croire.
07:22Le droit de pratiquer ou de ne pas pratiquer.
07:25Le droit de transmettre à ses enfants
07:27ou de ne pas transmettre à ses enfants.
07:29Donc moi, je ne commande pas le choix
07:31du président de la République.
07:32C'est un choix très personnel.
07:34Mais vous me posez la question,
07:36si j'avais été président de la République,
07:39oui, j'aurais été à cette messe.
07:41Je souffre à la jeune.
07:42Alors, Philippe, comment est-ce que vous expliquez
07:44cette absence d'Emmanuel Macron ?
07:45Est-ce que c'est un caprice
07:47ou est-ce qu'il y avait une raison de principe ?
07:52Alors, je vais...
07:54Évidemment, je pourrais tenter de vous répondre
07:56que c'est le énième caprice
08:01d'Emmanuel Macron.
08:05Mais je ne crois pas.
08:07Je crois que c'est...
08:10Nous sommes sur une raison de principe.
08:13Et je vais vous l'expliquer.
08:16Merci.
08:16Merci.
08:16Merci.
08:16Merci.
08:16Sous-titrage Société Radio-Canada
08:18Sous-titrage Société Radio-Canada

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