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  • il y a 21 minutes
"Destins de Femmes" nous raconte les parcours des femmes extraordinaires qui tissent le lien de notre République.
Nous explorons des thèmes universels tels que la lutte pour l’Egalité des genres, la liberté d’expression, la diversité culturelle, le droit à disposer de son corps.
Emission tirée du livre de Valérie Perez-Ennouchi, "Destins de Femmes", sorti chez Ramsay, prix Edgard Faure 2021.
Une émission de Judith Beller.
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##DESTIN_DE_FEMMES-2026-09-24##
Transcription
00:00La Caisse d'Épargne-Île-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente
00:05Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
00:09Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Parlons Femmes.
00:12A mes côtés aujourd'hui pour vous, Sydney Caron, qui est artiste plasticienne.
00:15Bienvenue Sydney.
00:16Merci, bonjour.
00:17Avec plaisir.
00:18Après votre exposition emprunte, c'était à Biarritz et votre travail présenté à la Sacana Galerie, c'était en Espagne.
00:23Vous êtes actuellement à Paris, chez Underline, c'est au 372 rue de Vaud Girard, dans l'exposition Les 4
00:28éléments.
00:28Et puis dès le 19 novembre, on va vous retrouver à la Galerie à Renton, dans le cadre du parcours
00:33Saint-Germain,
00:34avec une nouvelle série autour des arbres.
00:36Et puis vous développez aussi des projets de l'art, de la mode, avec une styliste qui s'appelle Johanna
00:41Dacheville.
00:43Votre actualité est particulièrement riche, Sydney Caron.
00:45On va rentrer dans le vif du sujet, c'est parti.
00:47Parlons Femmes, c'est l'émission des femmes qui créent leur propre chemin.
00:50Bienvenue les amis.
00:51Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
00:55Parlons Vrai, c'est Parlons Femmes sur Sud Radio et du coup, il y a les questions qui vont avec.
00:58Vous êtes prête ?
00:59C'est ça, je suis prête.
01:00Allez, une femme contemporaine qui vous inspire vraiment, ma chère Sydney.
01:06Alors pour moi, les femmes m'inspirent toutes.
01:08Elle n'a pas une en particulier, pour moi, elle est une femme avec un grand F.
01:11C'est beau ça.
01:12Voilà.
01:12Donc chaque femme inspire une femme qui va pouvoir y mettre de l'énergie.
01:18Et donc c'est grâce à nous toutes qu'on a des grandes femmes aussi.
01:22C'est vrai, c'est une force commune quoi, la féminité en fait.
01:26C'est ça que vous dites.
01:28Il y a un moment de votre parcours, Sydney Caron, où vous vous êtes dit là, je prends ma place,
01:32qu'on le veuille ou non ?
01:34De quoi ?
01:35Est-ce qu'il y a un moment dans votre parcours, où vous vous êtes dit là, c'est bon,
01:37c'est cette place-là que je veux, que les autres le veuillent ou non ?
01:40J'ai toujours été à ma place.
01:42D'accord.
01:42Voilà.
01:43Avec toutes les erreurs et les bonnes choses qui se sont passées.
01:46J'ai toujours été vraiment à ma place.
01:48C'est jamais une question que vous vous êtes vraiment posée en fait ?
01:50Non.
01:51C'est bien, ça veut dire que vous êtes incarnée en fait ?
01:54Peut-être.
01:55Vous n'êtes pas sûre ?
01:56Si, si, je suis incarnée, je suis à l'instant présent.
02:00Est-ce qu'il y a un compliment qu'on fait aux femmes en général qui vous exaspère ?
02:04Tu ne fais pas ton âge.
02:07Je suis assez d'accord avec vous.
02:10C'est assez exaspérant.
02:11C'est énervant en fait.
02:12Puisque c'est bien de faire son âge en fait.
02:14Oui, chaque jour compte.
02:15C'est vrai aussi.
02:16Si il y avait un super pouvoir que vous pouviez offrir à toutes les femmes du monde, ça serait quoi
02:21?
02:25La gentillesse.
02:26Oui, vous pensez que ça manque ?
02:27L'amour.
02:29Ça manque d'amour et de gentillesse.
02:30Et supprimer l'ego des gens aussi.
02:33Des femmes.
02:34Autre elles.
02:34Alors ouais, non, peut-être pas...
02:36En fait, l'ego, oui.
02:39C'est sûr que ça plombe beaucoup de choses.
02:42Est-ce que vous avez un petit message à vous quand vous aviez 15 ans ?
02:45Votre vous de 15 ans.
02:46Un petit message à lui faire passer comme ça, s'il n'est qu'à moi.
02:49Le message que j'aimerais me donner à moi quand j'avais 15 ans ?
02:54Perdre pas trop ton temps.
02:56Vous avez perdu votre temps, vous pensez ?
02:57J'ai l'impression d'avoir traîné en fait, de ne pas avoir été assez efficace.
03:02Pourtant, vous étiez toujours vous-même, là où vous étiez.
03:04Oui, mais voilà, en étant soi-même, parfois, on savoure un peu trop longuement certaines périodes.
03:10Oui, ok.
03:11Donc, bouge-toi les fesses à 15 ans.
03:13Oui, c'est ça, suite et jambes.
03:15Oui, c'est pas mal.
03:16Donc, vous êtes une des artistes qui montre ses œuvres dans Underline.
03:22À Underline, c'est les quatre éléments, l'exposition.
03:25C'est depuis le 18 septembre et c'est au 372 rue de Vaugérard, pour ceux qui ont envie d
03:29'y aller et qui sont parisiens.
03:30C'est dans le 15e.
03:32C'est 11 voûtes ferroviaires qui sont ouvertes au public pour la première fois depuis très très longtemps, je crois.
03:37Oui, c'est incroyable, franchement.
03:39C'est un lieu impressionnant.
03:40Ils ont fait un travail de dingue, c'est vrai qu'ils ont tout refait.
03:42C'est la première édition, donc ça va être un nouveau lieu d'art.
03:46Donc, c'est une galerie avec qui j'avais travaillé, qui s'appelle Rachel Ardoin, qui m'a recontactée parce
03:51que c'était autour des quatre éléments.
03:53Donc, ça parle vraiment de mon travail, puisque moi, je travaille autour des quatre éléments.
03:56Et du coup, ça faisait sens.
03:58D'accord.
03:59Et alors, ce qui est intéressant, c'est qu'il y a 40 artistes.
04:02Il y a de l'art contemporain, il y a de l'artisanat, etc.
04:04Et vous, comme vous le dites, c'est vraiment votre travail autour de l'eau en général.
04:08Et plus généralement, les quatre éléments, ça correspond tout à fait à ce que vous faites, à qui vous êtes,
04:11en fait.
04:12En fait, chaque oeuvre est faite avec ces quatre éléments, puisque ma chimie travaille avec le soleil, posée sur la
04:20terre.
04:20Il y a du vent, donc il transporte plein de petites choses dessus.
04:25Et ensuite, la mer arrête le processus de l'égeant, en fait.
04:31C'est comme un laboratoire, mais à l'extérieur.
04:35D'accord.
04:36Et du coup, l'oeuvre que vous présentez là, c'est justement une image de femme qui a été réalisée
04:40dans un lagon à La Réunion.
04:41Oui, en fait, je travaillais toujours au bord de la mer.
04:43Et j'avais envie vraiment d'être dehors et sans appareil photo.
04:49Donc, j'ai trouvé ce processus que j'ai réinventé à ma sauce.
04:54Donc, en travaillant vraiment avec les éléments, avec les mains, ressentant les choses.
05:01Et même au niveau du portrait, pour moi, c'était un portrait, ce n'est pas que des traits du
05:06visage.
05:06J'avais envie qu'on ressente les poids du corps, la poids de la trace qu'on laisse sur la
05:11terre, en fait.
05:12Et de la responsabilité, même qui qu'on soit, on laisse une trace ici.
05:16Ça, c'est vrai.
05:17Et j'avais envie de ça.
05:18Aujourd'hui, je retravaille dans mon labo, dans ma cave.
05:23Beaucoup moins sexy.
05:24Ça me plaît moins ?
05:24Ça me plaît beaucoup, mais c'est moins sain, quoi.
05:29Alors, ce qui est intéressant, c'est que le procédé que vous utilisez, c'est justement le cyanotype.
05:33C'est un procédé qui a été inventé au 19e siècle, en 1842 précisément.
05:37Donc, c'est une surface qui est sensibilisée chimiquement, puis exposée directement au soleil,
05:41qui crée du coup l'image, en fait.
05:43Et ça, c'est un procédé que vous avez, comme vous l'avez dit vous-même, complètement réadapté à votre
05:47sauce.
05:48Mais c'est intéressant, parce que c'est vraiment un lien aussi entre une tradition et une modernité légère, presque.
05:53Voilà, en fait, c'est d'aller chercher le fond du fond de la photographie.
05:58Photographie, ça veut dire dessiner avec la lumière.
06:00Donc, j'ai cherché des techniques, j'ai essayé beaucoup de choses.
06:04Et il s'avère que le cyanotype, qui n'est pas une technique hyper chic, en vérité.
06:11Mais c'est parce que, au niveau de la photographie,
06:15tu as quand même beaucoup de façons de faire de la photographie, beaucoup plus élégantes.
06:19Mais c'est vrai que moi...
06:20Mais qu'est-ce que vous trouvez de pas élégante dans ce procédé ?
06:21En fait, tu as des détails au niveau de la lumière, etc.
06:25Mais pour moi, en fait, ça a été génial.
06:27Mais quand je regarde des travaux de cyanotype, d'empreintes de feuilles et tout,
06:32c'est pas forcément ce qui me touche.
06:34Mais c'est vrai que quand j'ai fait l'essai dans mon jardin,
06:38j'ai halluciné sur les possibilités que j'y voyais.
06:43Vous, vous remplacez l'appareil photo par le soleil, en fait.
06:45C'est ça que vous faites.
06:46Par le soleil et la peinture, en fait.
06:48Pour moi, j'utilise le cyanotype comme de la peinture et le soleil comme un appareil photo.
06:53D'accord.
06:54Et alors, du coup, il y a cette femme qui a été créée à la Réunion que vous présentez.
06:58Puis il y a aussi une série de photos, vous le dites, qui sont produites dans votre laboratoire.
07:02Donc là, c'est en cave.
07:03C'est totalement dans le noir.
07:05Et ensuite, vous allez intervenir dessus avec de la lumière artificielle.
07:08Ça, c'est des procédés ?
07:09Non, ça, c'est pendant.
07:09C'est pendant.
07:10Pendant que je développe, je travaille en même temps.
07:13En fait, Jacques Mus m'a prêté sa cave.
07:15D'accord.
07:16J'avais fait des photos de nus en argentique que je développais.
07:19Ça m'a donné une idée de les habiller avec des vêtements au départ de Jacques Mus
07:22parce qu'il m'avait prêté gentiment et qu'il a pu...
07:25Voilà, donc c'est très pratique pour moi.
07:26Et en fait, ça m'a lancée sur toute une série mode.
07:32Mais Johanna Dageville, qui m'a contactée, m'a fait aller beaucoup plus loin dans mon travail.
07:40Et là, on a fait un travail génial ensemble de noir et blanc et de couleurs,
07:43de mélange de négatifs et de positifs.
07:47Donc des positifs en couleurs et des négatifs en noir et blanc que je remets.
07:51Enfin bon, bref.
07:52Très intéressant.
07:52Tout est mathématique.
07:53Tout est mathématique.
07:55Et du coup, ça crée une espèce de...
07:58Presque d'aura, en fait, à vos personnages, j'ai envie de dire.
08:01C'est ça qui est intéressant.
08:02Il y a une espèce de...
08:04Une lumière qui les entoure, comme ça.
08:06C'est un peu un lien entre les deux, entre les bleus que je fais.
08:11Et c'est le début de mon travail d'argentique et dans mon laboratoire.
08:15Donc tout ça est en noir et blanc.
08:17Et c'est vrai que c'est un lien, les deux, pas fantomatique,
08:19mais d'une âme que tu laisses, de ce que tu ne peux pas voir, en fait.
08:24Donc c'est laisser une trace, toujours.
08:25C'est toujours ça.
08:26Et finalement, ce qui est intéressant, c'est que vous vous servez de la matière
08:31pour révéler les gens, en fait.
08:33Et parfois, quand vous faites un modèle avec quelqu'un,
08:38est-ce que vous avez des gens qui ont des réactions étonnées ?
08:40En disant, tiens, je n'aurais jamais pensé que j'étais comme ça
08:42ou ce que ça prouverait que ça chez moi, justement.
08:45En fait, comme à chaque fois, ça fait ça.
08:48Qu'on fasse de la photo, qu'on fasse de la peinture.
08:51Donc je préviens les gens, toujours.
08:52Mais comme je manie bien les corps,
08:54j'essaie de mettre en valeur chaque corps
08:56avec la beauté que chaque personne présente.
09:00Finalement, les éléments naturels, c'est eux qui fabriquent vos œuvres.
09:05Oui.
09:05C'est ça.
09:05Moi, je suis juste une petite alchimiste qui joue des éléments.
09:10Et alors, c'est drôle parce que tous ces procédés,
09:11vous les êtes complètement réappropriés.
09:13Et vous en avez fait quelque chose que finalement, il n'y a que vous qui faites.
09:16Voilà.
09:17Exactement.
09:18C'est pas mal.
09:18Mais surtout, les arbres, en fait.
09:19Vous avez inventé un truc, en fait.
09:20Les arbres, j'avoue, les empruntes, ça a été déjà fait,
09:23mais pas de cette manière-là.
09:24Oui.
09:26Donc, où tu peux vraiment y voir beaucoup, beaucoup de choses
09:29et tu sens que ça se passe dehors, etc.
09:32Par contre, les arbres, là, je crois que ça n'a jamais été fait.
09:36Puisque j'ai rajouté une chimie qui crée du marron.
09:38Donc, c'est empêcher le soleil de bronzer.
09:41Donc, il va te mettre la couleur opposée parfaite du bleu.
09:44Donc, il va créer une forme d'oranger, marron,
09:47selon les bleus que tu as autour.
09:49Et ça, j'avoue, ça, je l'ai peint.
09:51Et en même temps, la nature fait son oeuvre.
09:54Et ça, on y reviendra.
09:55Mais pour ceux qui ont envie de découvrir,
09:56ça sera au parcours Saint-Germain, à partir du 19 novembre 2026,
10:00à la galerie Arenton,
10:02qui est donc dans le parcours pour ceux que ça intéresse.
10:05C'est ça.
10:05Vous aurez deux oeuvres, c'est ça qui vous présentez.
10:06Non, j'en aurais sept, huit.
10:08D'accord.
10:08En fait, c'est un dialogue entre un artiste mort
10:11qui s'appelle Michel Asse.
10:12Tout à fait.
10:13Donc, il fait des choses,
10:15pas par la même technique,
10:16mais il se dégage quelque chose d'assez similaire à mes oeuvres.
10:21Au niveau des couleurs,
10:23et puis du côté des formes et tout,
10:24on peut trouver ça.
10:26Donc, il y a 70% de mon travail et 30% de son travail.
10:29Évidemment, il est mort.
10:30Donc, à un moment, il faut que les vivants existent aussi.
10:33Mais c'est drôle.
10:33Pourquoi ce choix, justement,
10:35de vous assembler à un artiste décédé ?
10:38En fait, c'est eux qui ont décidé ça.
10:40D'accord.
10:40Parce qu'en fait, l'idée, c'était de créer un pont, en fait,
10:42entre la vie et l'au-delà.
10:44En fait, il y a quatre galeries
10:47qui sont tout au bout de la rue de Seine,
10:50qui arrivent sur les quais.
10:53C'est la même personne qui a ces galeries.
10:55Ils travaillent uniquement avec des artistes morts,
10:58genre Mathis, Picasso, etc.
11:00C'est pas n'importe quel artiste.
11:01Voilà, donc cette année, ce sera moi, le dialogue.
11:04C'est pas mal, on adore.
11:05Bravo, c'est moi.
11:06Bravo, Sidney Caron.
11:08Allez, sur Sud Radio, on parle femme parce qu'on parle vrai,
11:10vous l'aurez compris.
11:11Restez avec nous, on revient dans un instant
11:12avec l'artiste plasticienne, Sidney Caron.
11:14Bisous, à tout de suite.
11:16La Caisse d'épargne-Île-de-France,
11:18fière de soutenir toutes les femmes,
11:20vous présente
11:21Sud Radio, parlons femme,
11:23Judith Belair.
11:24Quand on parle de femmes,
11:26on dit les choses telles qu'elles sont
11:28sur Sud Radio.
11:29Aujourd'hui, parlons femme avec Sidney Caron,
11:30qui est artiste plasticienne,
11:31qui est actuellement en exposition à Paris,
11:34chez Underline.
11:34C'est 372 rue de Vaugirard
11:37dans le cadre de l'exposition,
11:39Les Quatre Éléments.
11:39Et puis, dès le 19 novembre,
11:40on la retrouve à la galerie Arronton.
11:42C'est pas loin du Quai Malaké.
11:44C'est sur le Quai Malaké, d'ailleurs.
11:45Quai Malaké à l'angle avec la rue de Seine.
11:47Voilà, et c'est pour le parcours Saint-Germain.
11:49Alors du coup, justement,
11:50il y a une opposition sur ces armes
11:52que vous allez présenter pour Arronton,
11:53entre plein soleil et obscurité totale.
11:57En fait, écrire la lumière,
11:59c'est une chose,
12:00mais finalement,
12:00c'est aussi une métaphore de la dualité
12:02inhérente à toute chose,
12:03j'ai envie de dire,
12:04puisque le blanc, le noir,
12:05le bien, le mal, etc.
12:06L'équilibre parfait.
12:07Il le manquait,
12:08ces photos noires et blancs.
12:10Mais bon, c'est pas avec Arronton
12:11que je fais ça.
12:12Je le fais avec Underline.
12:13D'accord.
12:14Arronton, ce sera vraiment que des arbres.
12:15Mais ça, c'est l'aboutissement
12:17de tout mon travail de cyanotype,
12:21on peut dire.
12:21d'accord.
12:22Les arbres en question, quoi.
12:23Oui.
12:24D'accord.
12:25Et alors, racontez-nous un petit peu
12:26ces arbres, justement.
12:28C'est créé avec des éléments naturels,
12:30toujours,
12:31avec ce procédé chimique.
12:33Et c'est vraiment quand même
12:34deux temporalités
12:35qui se retrouvent aussi
12:37dans votre nouvelle manière
12:38de traiter les images.
12:40Parce que vous vous intégrez
12:42une nouvelle manière de faire,
12:44en fait, sur ces arbres.
12:45Oui.
12:46Mais en fait,
12:46c'est une façon de ne pas donner de temps.
12:48Oui.
12:49Je les sais.
12:50C'est une œuvre.
12:50Je pense que vous l'avez dit, ça.
12:52Qui dépend d'un lieu
12:53et d'un moment précis, en fait.
12:54Oui.
12:54Et puis après, c'est quoi ?
12:56Vous passez à autre chose ?
12:58Comment ça ?
12:58Vos œuvres,
12:59une fois qu'elles sont faites,
13:00vous avez l'impression
13:01qu'elles vous échappent ?
13:03Elles ne m'appartiennent plus.
13:05Comme ça, au moins,
13:06je n'ai pas de tristesse.
13:09Une fois qu'elle est faite,
13:10elle est faite.
13:11Elle ne m'appartient plus.
13:13Du coup, chaque œuvre,
13:15elle est unique.
13:17Elle est impossible à reproduire.
13:18Chaque œuvre est unique,
13:19que ce soit en photographie
13:20ou en peinture de photographie.
13:23Alors, parlez-nous un petit peu
13:24de votre parcours,
13:24Sidney Caron,
13:25parce qu'en fait,
13:26vous avez commencé par la photo
13:28et ensuite,
13:29vous en êtes venue à ce procédé-là.
13:30Vous avez fait plein de choses avant.
13:33Qu'est-ce qui vous a toujours emmené
13:36à l'étape d'après ?
13:37J'ai envie de savoir.
13:38Est-ce que c'est une passion ?
13:40Est-ce que vous saviez déjà
13:40où vous alliez ?
13:41J'ai toujours été passionnée.
13:43Une fois que j'avais fait le tour
13:44d'une question,
13:45je voyais que soit j'étais limitée
13:47ou alors j'en avais fait le tour.
13:49Je sautais dans la branche d'à côté.
13:53D'accord.
13:53Donc, en fait,
13:54c'est une question d'envie chez vous.
13:55C'est ça qui vous motive ?
13:56C'est une pulsion.
13:57C'est des pulsions de création.
13:58Des pulsions.
13:59Dans votre vie en général, quoi.
14:01Pulsions,
14:01mais quand même aujourd'hui,
14:02plus réfléchies.
14:03C'est-à-dire qu'avant,
14:04j'avais beaucoup de pulsions.
14:05Aujourd'hui, j'en aime
14:06et je vais aller plus profondément
14:09dans ma pulsion
14:09au sein du travail
14:11que j'exerce à ce moment-là.
14:12C'est-à-dire qu'en fait,
14:13finalement, la maturité
14:15pour vous
14:15en tant que femme artiste
14:17aujourd'hui,
14:17c'est d'arriver à orienter
14:18cette passion
14:19de manière à faire quelque chose.
14:21Et d'aller plus en profondeur.
14:23Moins en survolant les choses.
14:26C'est quoi ?
14:26C'est la quarantaine, ça,
14:27qui fait ça, à votre avis ?
14:28Je pense, oui.
14:29C'est certain.
14:30Mais merci, d'ailleurs.
14:31J'adore ça.
14:32Vous préférez ?
14:33Non, je préfère pas.
14:34Mais heureusement qu'on a ça.
14:35Sinon, on se ferait bien.
14:37On s'embêterait pas.
14:39Parlons vrai sur Sud Radio,
14:40vous avez le droit.
14:40Allons-y.
14:41Non, non, c'est très bien, justement.
14:43C'est l'ordre des choses.
14:44Voilà, c'est ça.
14:45Donc, pour vous, finalement,
14:46chaque étape de création
14:48dans votre chemin
14:49correspond à des étapes de vie aussi,
14:50on imagine,
14:51Sidney Caron ?
14:52Je sais pas.
14:53Oui, peut-être non.
14:54Je sais pas trop.
14:55J'ai pas réfléchi à ça.
14:56C'est sûr que chaque étape,
14:58chaque âge
15:00est dédié à faire quelque chose.
15:02On est des êtres humains,
15:03on est tous à peu près faits pareils.
15:05Donc, à 40 ans,
15:06on vieillit 45 ans, 47 ans,
15:0850 ans, on change.
15:10Et moi, j'en suis très heureuse
15:11parce que je trouve que sinon,
15:13on tournera en rond, en fait.
15:14Et d'aller plus en profondeur
15:16dans les choses, par exemple,
15:17quand on dit partir à l'aventure,
15:18découvrir le monde, etc.
15:20L'aventure est dans ton quotidien.
15:21D'aller le matin à 8h,
15:23tu vas croiser l'épicier
15:26qui va te retirer un petit mot,
15:27puis tu vas voir un détail,
15:28une feuille qui vole sur le trottoir,
15:30et puis tu vas lire quelque chose.
15:31Alors qu'avant,
15:32ces petits détails-là,
15:33tu ne les voyais pas
15:34parce que tu voulais voir
15:35des paillettes et des feux d'artifice.
15:37Et ça, bon.
15:38Donc finalement,
15:39ce que vous êtes en train de dire,
15:40c'est que la maturité,
15:40ça nous amène à l'art
15:42de se rendre compte
15:43de l'importance de la beauté
15:45des petites choses, quoi.
15:46Ouais.
15:46C'est ça, un petit peu.
15:48Mais tout est génial.
15:49Mais c'est vrai qu'à mon âge,
15:51c'est ça qui me rend,
15:53qui me touche.
15:53Et quand vous créez une oeuvre,
15:55qu'est-ce que vous avez envie
15:56qu'elle raconte aux gens ?
15:57Est-ce que vous imaginez
16:00se raconter devant ou pas du tout ?
16:02Non, mais moi,
16:02j'ai l'impression
16:03qu'on peut tout voir.
16:05Mais en fait,
16:05c'est que j'adorerais
16:07qu'elle raconte tout
16:08et l'importance de chaque être.
16:10Oui.
16:10Parce que c'est l'importance
16:11de chaque être humain
16:12sur cette terre.
16:15De raconter...
16:16En fait, ce que vous racontez,
16:17c'est une forme d'humanité.
16:18Ouais.
16:19J'ai envie de dire
16:19qu'on est comme une forêt,
16:20on n'est qu'une espèce.
16:21Comme quand vous m'avez posé la question
16:23quelle femme vous a inspiré ?
16:25Quel homme ?
16:26Quelle femme ?
16:26Quel arbre ?
16:27Donc, tu ne peux pas dire
16:28l'arbre de cette forêt
16:30en particulier.
16:31Voilà.
16:32Et j'ai envie
16:34que les gens ressentent aussi
16:36l'énergie des éléments
16:37parce que quand tu as
16:38un tableau chargé
16:39du soleil,
16:40de la mer,
16:42du moment
16:43où comme je l'ai fait
16:44en Afrique
16:44avec des lutteurs,
16:46de l'humanité de ces gens
16:47qui sont différents
16:48et qui t'apportent énormément.
16:50C'est des instantanés,
16:51en fait.
16:52Ouais.
16:52C'est des instantanés.
16:54T'arrêtes le temps,
16:55tu voles un instant.
16:56Et ça, vraiment,
16:57j'adore ça.
16:58Et alors,
16:59ce qui est intéressant,
16:59c'est que cette dualité
17:01dont vous parlez,
17:02vous l'avez un petit peu
17:02dans tous vos procédés.
17:03Il y a aussi votre travail
17:05que vous avez fait
17:06avec cette styliste
17:07dont on parlait tout à l'heure,
17:09Johanna Dageville.
17:10Un trait que vous avez fait
17:12qui s'inspire
17:13de la nouvelle collection
17:13de Christian Louboutin,
17:14notamment.
17:15En fait,
17:15on a fait plusieurs séries.
17:17On a fait une première série
17:18avec beaucoup de marques,
17:20genre toutes les marques
17:21de haute couture.
17:22Je ne pourrais pas vous citer
17:22les noms parce qu'à la base,
17:23je ne suis pas du tout
17:24dans la mode.
17:25Mais on a fait avec,
17:27je ne sais pas,
17:27Valentino,
17:28tous ces noms de mode
17:29très connus,
17:30Low Wave,
17:30je ne sais pas comment on dit ça.
17:32Et on a aussi créé
17:34une série d'images
17:37pour Louboutin
17:38qui nous a inspiré au départ.
17:39Eux ne nous ont rien demandé
17:40pour le coup.
17:41On a proposé des photos
17:42que j'avais faites
17:43dans la nature en argentique
17:44et on a mis des négatifs,
17:47des chaussures
17:47que nous avons prises en photo
17:48lors de la présentation
17:50avec Jadon Smith.
17:53Et voilà,
17:54on a fait ce travail
17:55toutes les deux
17:55que j'aime beaucoup aussi.
17:57Et c'est encore une idée
17:59de faire dialoguer
18:00différents éléments.
18:01Donc là,
18:01c'est le corps,
18:02le vêtement,
18:03la lumière.
18:04Ce n'est pas de la photographie
18:05de mode classique.
18:06Ça vous ennuierait,
18:07ça, Sidney Caron ?
18:08En fait,
18:09j'aurais toujours adoré
18:10faire des photos
18:11de mode classique,
18:12mais je n'ai jamais
18:13été forte pour ça.
18:15Mais quand Johanna
18:16m'a proposé ce projet,
18:17j'ai eu très peur
18:18et au final,
18:19ça s'est super bien passé.
18:20Pourquoi vous avez eu peur ?
18:21Parce que comme
18:22je n'ai jamais réussi
18:22à faire une photo
18:23de mode d'une robe,
18:24par exemple,
18:26à l'époque
18:27où j'habitais en Californie,
18:28j'ai rencontré
18:28Sinisha Nisevic
18:29qui faisait des photos
18:30de robes Valentino.
18:32Mais incroyable,
18:33l'aurait dit des signes.
18:34Je veux dire,
18:35moi,
18:35je n'étais pas capable
18:36de faire ça
18:37à cette époque-là
18:37avec les moyens
18:38que j'avais.
18:39Et c'est vrai
18:39que Johanna,
18:40quand elle m'a proposé ça,
18:42avec tous les échecs
18:43que je m'étais pris,
18:45je lui avais très peur
18:46en fait.
18:46Et au final,
18:47ça a glissé,
18:48c'était génial.
18:49On en est très heureuse.
18:51Ces échecs
18:51dont vous parlez,
18:52finalement,
18:53est-ce que ce n'est pas ça
18:53qui vous construit
18:54dans la vie,
18:54Sidney Caron ?
18:55Oui, ça construit,
18:56mais ça peut faire bien peur aussi.
18:58Tu n'as pas envie
18:58de te ramasser
18:59toutes les deux secondes.
19:00Mais oui,
19:00bien sûr que ça se construit.
19:01C'est-à-dire que,
19:02quand même,
19:03s'il n'y avait pas
19:03les échecs en question,
19:04vous ne seriez pas arrivé
19:05là où vous en êtes
19:06dans votre création non plus.
19:07Oui, non,
19:08mais c'est la peur
19:09qui empêche.
19:10L'échec,
19:11c'est une chose,
19:12c'est l'égo
19:13qui empêche aussi.
19:14Un échec,
19:15c'est un échec.
19:15Après, tu te dis,
19:16bon, est-ce que je vais
19:17me planter encore
19:17et encore et encore ?
19:18Oui, je vais encore
19:19me planter, évidemment,
19:20mais l'égo
19:21est mis de côté.
19:23C'est quoi la définition
19:24d'une oeuvre,
19:26de l'art pour vous,
19:26en fait,
19:27d'une oeuvre réussie,
19:28si n'est qu'à moi ?
19:29C'est de mettre
19:30un peu de poésie
19:30dans le monde
19:31dans lequel on est.
19:33Dans l'instant,
19:36d'envoyer les gens
19:37ailleurs que dans une monnaie,
19:38dans l'argent
19:40ou dans le pouvoir
19:42d'être la plus belle,
19:43la plus jeune,
19:44la mieux refaite,
19:45la mieux maquillée,
19:45la mieux habillée,
19:46tout ça.
19:47Ça vous ennuie, ça ?
19:48En fait,
19:48ça n'a pas de sens.
19:50Ça n'a pas de sens.
19:52C'est une perte de temps
19:53quand le monde
19:54te propose tellement de choses.
19:57Donc, je trouve
19:57que c'est triste,
19:58en fait,
19:59d'être derrière un écran,
20:00de se fabriquer.
20:00Il y a une chose
20:01à laquelle je pensais aussi,
20:02c'est-à-dire qu'on a toujours été
20:04des personnes de sang,
20:06de ressentir les choses,
20:08de l'odeur,
20:09de sentiments et tout.
20:10Et aujourd'hui,
20:11je trouve qu'on est devenu plus...
20:13En fait,
20:14tout s'intellectualise énormément.
20:17Même, donc,
20:18au final,
20:19tout ce qui est ressenti
20:20disparaît un peu.
20:21Moi, j'ai envie
20:22qu'on continue
20:23de ressentir
20:23toutes ces choses-là.
20:24Vous trouvez que,
20:25en fait,
20:25l'écran enlève le sentiment, quoi ?
20:28Oui.
20:28Je trouve que ça enlève
20:29le sentiment,
20:31la vérité,
20:31la beauté
20:32de la nature, en fait.
20:34Et de l'être, en fait.
20:35En fait,
20:35on n'est plus qu'un cerveau
20:37branché sur quelque chose.
20:39C'est très bizarre.
20:41C'est le quart d'or de gloire
20:43de Warhol.
20:43Voilà.
20:44Merci, Andy Warhol.
20:46Merci, Andy Warhol.
20:48Sydney Caron,
20:49si vous aviez un souhait,
20:50là, aujourd'hui,
20:50ça serait quoi ?
20:53Un petit génie
20:54qui apparaît comme ça
20:54et qui vous exauce
20:55votre souhait ?
20:58Je ne sais pas,
20:58punaise.
20:59Vous n'en avez pas ?
21:00Un souhait comme ça ?
21:01Votre souhait le plus fou ?
21:02J'aimerais...
21:03Qu'est-ce que je pourrais dire ?
21:05J'aimerais bien voir
21:08dans 100 ans
21:10comment ça va être.
21:11Je suis assez d'accord.
21:12Voilà.
21:13Mais bon,
21:14j'ai dit ça comme ça.
21:15Peut-être que dans 100 ans,
21:16on sera encore là.
21:18Mais en fait,
21:19oui, sûrement.
21:20Je ne sais pas.
21:21Allons savoir
21:21les progrès de la médecine.
21:23Sydney Caron,
21:24en tout cas,
21:25je rappelle,
21:26vos séries,
21:27vous êtes actuellement
21:28donc chez Underline,
21:29au 372 rue de Beaugirard
21:31à Paris.
21:31C'est l'expo Les Quatre Éléments.
21:33C'est assez un lieu dingue
21:34à découvrir,
21:34on le répète.
21:35Un lieu dingue.
21:36Vraiment.
21:37Et puis,
21:38vos oeuvres aussi
21:38qui sont dedans à découvrir.
21:40C'est ça, surtout.
21:42Et puis...
21:42Il y a plein de magnifiques artistes,
21:44en fait.
21:44Vous êtes 40 ans en tout,
21:45c'est ça ?
21:45On est 40.
21:46Vraiment,
21:47c'était assez étonnant.
21:48C'est un endroit vraiment fou,
21:50qui a été fait par...
21:51Je crois,
21:52avec l'aide de la mairie
21:53du 15e aussi.
21:54D'accord.
21:54Et comme j'avais déjà fait un travail
21:56avec la ville de Biarritz,
21:57j'étais contente
21:58de continuer
21:59à travailler pour la ville.
22:01En fait,
22:01je trouve ça chouette.
22:02Bravo.
22:02En tout cas,
22:03on vous souhaite
22:03une belle continuation,
22:05Sydney Carmo.
22:05Merci, Judith Béhère.
22:06Merci à vous.
22:07Le 19 novembre aussi,
22:09vous serez à la Guerrière-Renton.
22:10C'est au coin du Quai Malakay
22:11et de la rue de Saint-Père.
22:13J'ai hâte.
22:13Pour le parcours Saint-Germain.
22:15Et puis,
22:15nous,
22:15on a rendez-vous samedi prochain
22:16à 13h30
22:17pour Parlons Femmes
22:18avec une nouvelle femme d'exception,
22:19vous le savez.
22:20Puis aussi demain,
22:21à 19h,
22:21pour la saison 8
22:22de C'est Excellent.
22:23Merci à Anthony
22:23qui réalise pour vous aujourd'hui.
22:25Et moi,
22:25je vous embrasse.
22:26À demain.
22:27Bye bye.
22:28Sud Radio,
22:29Parlons Femmes,
22:30Judith Béhère,
22:31avec la Caisse d'Épargne-Île-de-France,
22:33fière de soutenir
22:34toutes les femmes.
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