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  • il y a 9 minutes
Ce samedi, alors que des marches pour le climat sont organisées partout en France, entretien avec la directrice générale du WWF France, Véronique Andrieux, pour parler transition, anticipation face au dérèglement climatique qui s'accélère et transformation des modèles économiques des entreprises.

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Transcription
00:00Et c'est déjà l'heure de retrouver notre invité et à mes côtés pour lui poser des questions Dominique
00:05Seu.
00:06Oui, bonjour Véronique Andrieux.
00:07Bonjour.
00:08Alors vous êtes depuis 2019 la directrice générale du WWF France, l'association de défense de l'environnement dont on
00:16a entendu parler dans le reportage.
00:17Vous aviez dirigé une autre ONG, Action contre la faim.
00:20Bon, vous venez d'entendre, c'était à l'instant la réaction assez sceptique de ce spécialiste de l'épargne,
00:25à votre proposition de flécher une partie de l'assurance-vie vers les investissements verts,
00:30Que lui répondez-vous ?
00:31Je lui réponds qu'après l'été qu'on vient de vivre, je pense qu'il y a quand même
00:36besoin d'un sursaut national et d'ailleurs européen.
00:40Ursula von der Leyen en a parlé dans son discours de l'état de l'Union.
00:44Effectivement, il y a un gisement d'épargne européenne très important.
00:48Dans le cas de la France, c'est quasiment deux fois le PIB annuel.
00:52Et donc ce gisement, il va falloir le mobiliser.
00:56Ça permettrait de récupérer combien ?
00:59De votre point de vue ?
01:01Par rapport par exemple au Livret A, qui a aussi été évoqué, l'assurance-vie, c'est cinq fois plus
01:07en termes de volume.
01:08Et on parle de 30% qui seraient fléchés vers de la tech, des nouvelles technologies vertes, donc de transition.
01:16Un peu comme Marion le disait au début du reportage, tout ce qui est éolien, photovoltaïque, les énergies renouvelables, l
01:22'eau.
01:22Absolument, il y a un manque absolu de financement, c'est un mur d'investissement qu'il va falloir faire.
01:28Et donc quand on voit que par exemple côté la crise de la dette et en termes de subvention, l
01:36'état n'a pas les moyens.
01:40Et que côté taxes, c'est pareil, à chaque fois c'est des reculs ou des no-go.
01:46Nous on a beaucoup poussé sur la question des subventions dommageables.
01:50On le fait à chaque PLF, on parle des subventions dommageables.
01:52Il y a quand même un ratio d'entre 1 qui est favorable à la nature.
01:56Vous pouvez nous expliquer les subventions dommageables ?
01:58Qu'est-ce que vous mettez derrière cette expression ?
02:00Les subventions dommageables, c'est les subventions de l'État qui vont vers des activités qui sont destructrices pour le
02:07climat ou pour la nature.
02:08Donc on est en plein dedans avec les aides au carburant.
02:11On va y revenir dans un instant.
02:12Simplement vous disiez, vous parliez de sursaut après cet été.
02:16Même on peut parler d'une année 2026 climatiquement assez folle.
02:20Est-ce que ce sursaut, vous le voyez venir, est-ce qu'on est à un tournant selon vous ?
02:25Il doit y avoir un avant et un après.
02:27Ce n'est pas possible qu'on reste comme on était.
02:29Ce n'est vraiment pas possible.
02:30Je pense que depuis un moment, il y a une vraie compréhension.
02:35Mais là, on le voit aussi en termes de priorité pour les Français.
02:39Le climat, l'environnement est passé de 8e position à 4e position suite aux incendies, aux canicules.
02:45On parle quand même de 7000 morts additionnelles en France, 120 000 hectares brûlés.
02:50Vous trouvez que dans le débat public ces dernières semaines, on vient de quitter l'été.
02:54On est passé dans l'automne, donc une saison exceptionnelle.
02:57Dans le débat public, il s'est passé quelque chose à la sortie, pas pendant.
03:02Il s'est passé quelque chose.
03:03Là, il n'y a pas une goutte de pluie qui est tombée.
03:06Là, la sécheresse, pendant des semaines, a touché 100% des départements français.
03:12C'est une situation vraiment inédite.
03:14On parle des pires feux depuis la Deuxième Guerre mondiale en Europe.
03:17On parle de fleuves comme le Danube ou la Garonne qui étaient quasi à sec.
03:20Je veux dire, c'est des centrales nucléaires à l'arrêt, c'est de l'hydroélectrique pareil à l'arrêt,
03:27des infrastructures ferroviaires qui ne sont pas adaptées.
03:30C'est des effondrements aussi en termes de rendement agricole.
03:33On le voit même sur les céréales, évidemment fruits et légumes, le lait, moins 40% dans certains cas.
03:39Je veux dire, c'est massif.
03:40Toutes les activités, y compris économiques.
03:43Ce samedi, dans toute la France, il y a des marches pour le climat. Vous y participez ?
03:46Oui, on appelle à marcher.
03:48Vous serez à Paris cet après-midi ?
03:50Nous, on sera à Paris, absolument, avec ma famille.
03:55Il y a ces marches pour le climat, il y a le contexte citoyen.
03:59Et puis quand même, vous le disiez, c'est-à-dire que la manière dont tout ça se transforme est
04:04un peu plus hésitant.
04:05On a beaucoup recentré le débat autour des questions de croissance, autour de la rentrée sociale.
04:13Est-ce que le fait de voir les enjeux climatiques repasser au deuxième plan, ça vous met en colère ?
04:19En fait, ce qui me met en colère, c'est quand on décorèle la question sociale de la question climatique
04:25et environnementale.
04:26C'est ne pas comprendre à quel point le socle du bien-vivre et d'une vie digne, de moyens
04:34de vie durables, de nos économies,
04:36est totalement corrélé et dépendant d'une nature en bonne santé.
04:42Ça, le WWF a produit des études pour qu'il montre que c'est plus que 50% du PIB
04:49mondial
04:49qui est fortement dépendant ou modérément dépendant d'un bon état de la nature.
04:54Ça dépend entier de l'économie, l'assurance, le tourisme, l'agroalimentaire.
04:59C'est-à-dire que vous dites que ça coûtera bien plus cher après que de faire ce qu'il
05:04faut aujourd'hui ?
05:04Si on ne fait rien, ça coûtera plus cher.
05:06C'est le coût de l'inaction dont on parle souvent.
05:08Moi, je l'appelle ça aussi le coût de la non-transition, en fait.
05:12Il y a un petit débat en ce moment sur le coût des canicules de cet été, canicules au sens
05:16large.
05:17L'INSEE dit quelques petits milliards d'euros, le gouvernement aussi.
05:22Alliance, vendredi, a dit...
05:24L'assureur Alliance a dit que c'est 20 milliards d'euros.
05:28Laquelle des deux approches vous semble la plus juste ?
05:31Moi, j'ai vu des chiffres au niveau européen qui étaient de 180 milliards d'euros.
05:35Pour cet été ?
05:36Pour cet été.
05:36Pour cet été parce que ça incluait aussi, en termes de méthodologie, les heures non travaillées, etc.
05:41Il y a aussi tout un pan de... parce que ça impacte aussi le travail.
05:46Mais c'est aussi toutes les pertes, les pertes en termes de rendement.
05:49Il faut savoir aussi que seulement 25% des activités qui ont été en pénibilité, enfin qui ont souffert, sont
05:53assurées.
05:54Donc il y a vraiment un coût au total pour l'ensemble de la société de 180 milliards.
06:00C'est énorme.
06:00Véronique Candrieux, vous revenez juste cette semaine, ces derniers jours de Chine.
06:06Qu'est-ce qu'on est en train de dire un petit peu, c'est le message qui monte, en
06:10tout cas c'est l'idée qui monte,
06:11que la Chine, ça y est, elle a gagné la bataille de la décarbonation.
06:14Est-ce que vous le confirmez ?
06:16Alors, en termes de green tech, par exemple véhicules électriques, c'est sûr qu'ils sont passés à l'électrification,
06:24clairement.
06:25Par contre, c'est une électricité qui est carbonée, fortement carbonée.
06:29Ce n'est pas le cas de la France.
06:31Et donc, mon sujet, c'est quand je rentre en France et effectivement, il y a absolument besoin d'aider
06:38les hommes et les femmes
06:39qui ont vraiment besoin pour leur travail d'utiliser leurs véhicules thermiques
06:43et qui ont du coup, en termes de moyens, besoin d'un coup de pouce.
06:47Ça, c'est absolument nécessaire de les soutenir.
06:50Par contre, les mesures du temps imminent, immédiat, ne peuvent pas se faire au détriment d'une vision de moyens
06:57à long terme.
06:57Et donc, on a eu la planification écologique en France qui était très claire par rapport à comment on accélérait
07:03sur les énergies renouvelables et sur l'électrification.
07:05Mais pour être très clair sur la question de Claire, la Chine est-elle un modèle ?
07:10C'est ce qu'on entend chez certaines ONG qui disent, au fond, c'est à la fois la planification
07:15que vous évoquez, les résultats,
07:17et vous dites en même temps, il y a le charbon.
07:19C'est un modèle de transition ou pas ?
07:21Sachant que leur empreinte carbone reste absolument considérable et de loin la première du monde.
07:26Ah mais la Chine va devenir, assez simplement sous peu, le premier émetteur historique aussi.
07:31Donc, voilà, ils sont champions du monde d'impollution.
07:36Donc, clairement, non, ce n'est pas ça le modèle.
07:39Par contre, ce qui est vraiment sidérant, c'est quand vous êtes à Shanghai, en pleine heure de pointe,
07:45une ville de 24 millions d'habitants, et vous n'entendez pas un bruit.
07:49Tout est électrifié.
07:51Toutes les voitures sont électriques.
07:53Vous avez eu un choc en train à Paris.
07:54Ah moi, j'ai eu un choc, parce que vraiment, vous arrivez là-bas,
07:57tous les scooters, obligatoirement, sont électriques,
08:00et en termes de voitures, il y a des mesures pour les favoriser,
08:04des mesures d'ailleurs d'accompagnement et de financement,
08:07donc des aides publiques pour que les familles, les individus, les ménages
08:11puissent transitionner vers des véhicules électriques
08:14et une électrification en général de l'économie.
08:17Le WWF, à l'échelle mondiale, sort un rapport dans les tout prochains jours
08:22très alarmiste sur la biodiversité, avec des propositions sur la table assez concrètes.
08:27Quelles sont-elles ? Est-ce que vous pourriez nous en donner quelques-unes ?
08:29Alors, le WWF est une organisation basée sur la science,
08:34et donc nous utilisons un indicateur qui est l'indice Planète Vivante
08:37que nous suivons depuis plus de 50 ans,
08:40et qui est un indicateur qui regarde l'abondance
08:43de certaines cohortes de vertébris sauvages.
08:46Effectivement, et on aura l'occasion d'en parler plus en avant,
08:49puisque nous lançons le rapport dans 15 jours,
08:52et bien, voilà, la situation n'est pas bonne.
08:56Par contre, les solutions existent.
08:59Clairement, quand on protège, ça marche,
09:01mais aussi, il faut agir sur les causes structurelles de perte du vivant.
09:05Et clairement, c'est l'artificialisation, par exemple, en France,
09:09une cause majeure de perte de biodiversité.
09:11L'artificialisation, aujourd'hui, ça veut dire l'étalement urbain,
09:15ça veut dire construire des pavillons, par exemple, en zone périurbaine.
09:18Là, aujourd'hui, on a des incitations fiscales qui sont favorables à ça.
09:22Vous me demandiez des exemples de subventions dommageables, en voilà.
09:25Même chose sur l'agriculture, qui a un modèle qui, voilà,
09:29et pourtant, au niveau de la Commission européenne de nouveau,
09:32il y a eu toute une réflexion et des constats unanimes
09:34pour dire que le modèle actuel ne va plus.
09:36On va avoir une Europe qui se réchauffe deux fois plus vite
09:39que le reste du monde, avec des stress hydriques très importants.
09:42Il faut repenser en termes de santé des sols,
09:45en termes d'arboriculture, en termes des essences qui vont être plantées.
09:48C'est vraiment une transition de l'agriculture,
09:52en préservant les zones de captage, en préservant tout ce qui est l'eau,
09:56la qualité, la quantité de l'eau,
09:57pour s'assurer que les usages prioritaires soient en premier lieu.
10:02Et en même temps, les pouvoirs publics sont forcément confrontés
10:04aux gestions de court terme.
10:06On connaît la fin du monde, la fin du mois.
10:08Vous avez atterri à Paris, vous avez vu la colère des automobilistes
10:11sur les prix des carburants.
10:12Comment est-ce qu'on concilie les deux ?
10:14Est-ce que vous avez des propositions très concrètes sur ce sujet ?
10:17La principale chose, c'est augmenter l'électrification
10:21et les véhicules électriques légers.
10:23Là encore, la Chine n'est pas un modèle,
10:25parce qu'il y a des deux, mais il y a énormément de SUV,
10:28des véhicules extrêmement lourds en matière.
10:30Nous, nous avons proposé, par exemple, un malus poids,
10:33en termes de fiscalité.
10:35Malus poids, tant pour le véhicule thermique qu'électrique.
10:38Et c'est, je pense, très important de donner des signes au prix.
10:41C'est-à-dire un malus, mais pas pour tous les automobilistes,
10:43vraiment pour ceux qui roulent ?
10:44Les plus gros. Quand on voit, par exemple, on prend les constructeurs automobiles.
10:48Les constructeurs automobiles américains, par exemple,
10:53c'est des voitures très, très lourdes.
10:55Nous, en Europe, on est capable, en France, on est capable de produire.
10:58Il y a déjà des modèles de véhicules électriques légers
11:00qui vous servent au quotidien pour aller faire vos courses,
11:03aller chercher les enfants à l'école, etc.
11:05Avec des petites batteries, effectivement, pour les véhicules électriques.
11:07Il y a un malus poids pour les thermiques, mais il n'y en a pas pour les électriques.
11:10Mais nous, on pense que la question du poids est importante
11:13parce qu'il y a, après, d'autres sujets en termes de métaux rares
11:17et terres rares et métaux critiques sur les batteries.
11:18Mais Véronique Andrieux, est-ce qu'aujourd'hui,
11:19le gouvernement devrait ne pas aider comme il le fait les automobilistes ?
11:23Non. Aujourd'hui, malheureusement, c'est un mal nécessaire.
11:26Il n'y a pas le choix.
11:26Aujourd'hui, les gens sont verrouillés dans un modèle
11:29dont on est condamnés, en fait.
11:30Voilà, on ne peut pas changer de véhicule.
11:34Et là, il y a des cibles.
11:35Donc, il manque d'autres types de mesures, c'est ça que vous dites ?
11:38Heureusement, ce sont des mesures ciblées, cette fois.
11:41Rappelons-nous qu'en 2022, c'était Open Bar.
11:44Open Bar, on a quand même mis 10 milliards d'euros sur la table
11:48pour des usagers de véhicules,
11:51indépendamment de leur niveau de revenu,
11:53indépendamment des usages de voitures qu'ils faisaient, etc.
11:55Là, au moins, c'est ciblé sur des personnes
11:57qui en ont besoin pour travailler
11:59et donc qui ont des revenus monétiques.
12:00Et on sait qu'une des raisons pour lesquelles
12:01il n'y a pas d'aide générale,
12:03c'est qu'il n'y a pas d'argent dans les caisses.
12:06Est-ce que vous avez une idée assez claire
12:08de ce qu'il y a sur l'environnement,
12:10dans le budget, le projet de budget 2027 ?
12:13Bon, honnêtement, pas encore.
12:17Mais apparemment, il va y avoir des coûts de rabot
12:19à peu près à tous les étages.
12:21Et donc, nous, on regarde, par exemple,
12:24côté fonds verts, côté ADEME, OFB,
12:27enfin, l'Office français de la biodiversité,
12:28voir si les moyens et les équipes
12:32de ces agences qui font un travail
12:34absolument indispensable...
12:35Vous êtes inquiète ?
12:36Assez, mais on va se battre.
12:37On aura le fin mot des arbitrages budgétaires
12:40jeudi prochain.
12:42La raison d'être du WWF France,
12:44et à l'échelle mondiale d'ailleurs,
12:46c'est d'accompagner les entreprises
12:47qui vous rémunèrent d'ailleurs là-dedans,
12:49pour les accompagner dans leur transition.
12:51Vous assumez vraiment cette posture
12:53d'aider les entreprises à faire leur transition
12:59en étant à côté d'elles ?
13:00C'est le plus efficace selon vous ?
13:02Pourquoi ?
13:03Et est-ce qu'il n'y a pas malgré tout
13:04quelques limites ?
13:05Alors nous, au niveau des entreprises,
13:07on agit à deux niveaux.
13:08D'abord, on fait du plaidoyer
13:09pour nous assurer qu'il y ait
13:11des politiques publiques
13:12qui agissent et sur les investisseurs
13:14et sur l'économie réelle,
13:20l'industrie, les différents pans de l'économie,
13:22pour nous assurer que ces politiques publiques
13:25soient avec le bon niveau d'ambition.
13:27Par exemple, on a beaucoup œuvré
13:29pour le règlement de déforestation,
13:32pour enlever, en fait,
13:35ôter la déforestation
13:37et la destruction d'écosystèmes
13:38des chaînes d'approvisionnement.
13:40On a aussi œuvré sur des questions
13:42comme la CSRD et d'autres
13:44pour s'assurer, en fait,
13:45de la transparence
13:46et aussi de la traçabilité
13:48des chaînes d'approvisionnement
13:50et aussi de tout ce qui est
13:52impact et dépendance.
13:53La politique, la stratégie d'autres ONG
13:57qui sont peut-être plus dans le combat.
14:00On pense au soulèvement de la terre
14:02ou ce genre d'ONG.
14:03Nous, on est très militants
14:04et très combatifs et pugnaces,
14:06je peux vous dire,
14:07en termes de plaidoyer.
14:08Mais votre deuxième jambe ?
14:09La deuxième jambe,
14:10c'est qu'effectivement,
14:11on travaille avec,
14:13en tant qu'on appelle ça
14:14Critical Friends,
14:15mais vraiment,
14:16on travaille pour nous assurer
14:17que ces entreprises-là,
14:19qui sont de grandes entreprises,
14:21elles sont parties du problème,
14:22elles doivent être parties
14:23de la solution
14:24et donc pour les accompagner
14:25dans la transition
14:27et transformation en profondeur
14:29de leur modèle d'affaires.
14:30Et comment on fait
14:30pour ne pas les accompagner
14:31dans des opérations
14:32de greenwashing ?
14:33Nous, ce n'est pas de la com.
14:34Notre sujet,
14:35ce n'est pas du tout de la com.
14:37Mais de leur côté,
14:37probablement que certaines
14:39tentent des choses.
14:40Mais on fait très attention.
14:42Il y a des feuilles de route
14:43avec des livrables très clairs
14:45et pour le coup,
14:46on suit les indicateurs
14:48pour voir comment ces livrables
14:50sont tenus.
14:51Par exemple,
14:51on a travaillé
14:52sur des politiques
14:53zéro déforestation.
14:55On a travaillé
14:56pour s'assurer
14:57d'un caoutchouc durable
14:58avec des entreprises
14:59comme Michelin,
15:00comme Sodexo,
15:01Carrefour et autres.
15:02Véronique Andrieux,
15:03jeudi soir,
15:03Emmanuel Macron
15:04s'est exprimé à la télévision.
15:06L'environnement
15:07n'a occupé
15:08qu'une toute petite partie
15:09de son propos.
15:10Après dix ans
15:11de macronisme,
15:12quel regard vous portez
15:13sur son bilan ?
15:17Pour ceux qui ne nous regardent pas,
15:19votre mine est parlante.
15:22Je dirais
15:23qu'on a quand même réussi
15:26à faire moins de 20%
15:28en termes d'émissions
15:29de gaz à effet de serre
15:30sur ces quasiment dix ans.
15:32Un peu plus même d'ailleurs.
15:34Oui.
15:36On a aussi fait un peu mieux
15:38en termes d'énergie renouvelable,
15:40même si on est très loin du compte.
15:41Il y a eu des idées
15:43très importantes
15:44et transformationnelles
15:45qui ont été mises sur la table
15:46comme le zéro artificialisation nette,
15:48les zones à faible émission.
15:50Mais malheureusement,
15:51c'est très décevant
15:52parce qu'au final,
15:54tout ça a été détricoté,
15:57toujours en train
15:58d'être détricoté.
15:59On a un ministre délégué
16:01à la transition écologique,
16:03Mathieu Lefebvre,
16:04qui est un des principaux défenseurs
16:05du détricotage
16:06du zéro artificialisation nette,
16:08par exemple.
16:09Donc je dois dire
16:09que ça reste
16:11très très décevant
16:12en termes de bilan.
16:14On avait quand même
16:15une fenêtre d'opportunité
16:17ces dix ans
16:18pour pouvoir vraiment
16:20changer de braquet
16:21et justement avancer
16:22dans cette électrification,
16:23dans cette sobriété
16:24aussi en termes des usages.
16:27Et malheureusement,
16:28j'ai l'impression
16:30que c'était des idées.
16:32Ce qui a manqué aussi,
16:33c'était d'embarquer
16:34en termes d'adhésion.
16:36Regarde,
16:38la partie climat,
16:39je pense qu'elle était mieux comprise
16:40que la partie biodiversité.
16:41En termes de biodiversité,
16:42non, je dois dire
16:43que je n'ai pas senti
16:44que c'était correctement abordé,
16:46sauf quelques exceptions,
16:47je dois dire,
16:48sur les océans
16:48et notamment le moratoire
16:50sur tout ce qui est
16:51exploration,
16:52exploitation des fonds marins.
16:53On voit que votre regard
16:54est très critique
16:55et vous dites ça
16:55alors que le WWF
16:56est quand même une ONG
16:58un peu au cœur du pouvoir.
16:59En tout cas,
17:00vous avez constitué
17:00un vivier pour le recrutement
17:02des ministres de l'Environnement
17:03depuis des années.
17:04On pense notamment
17:05à l'actuel ministre
17:06Monique Barbu
17:07qui a failli démissionner
17:08cet été à ce propos.
17:09Monique Barbu
17:10a déclaré en août
17:11à Libération
17:12que selon elle,
17:13Jean-Luc Mélenchon
17:14est celui parmi les candidats
17:15déclarés à la présidentielle
17:16qui intègre le plus
17:17la question du climat
17:18dans ses propositions
17:19économiques et sociales.
17:20Vous êtes d'accord avec ça ?
17:21Ce que je pense,
17:23c'est qu'après l'été
17:25qu'on a vécu
17:27et on est à 7 mois
17:29d'élections absolument majeures,
17:31il est absolument indispensable
17:33que les questions environnementales
17:35soient embrassées
17:36par l'ensemble du spectre politique.
17:38C'est une question
17:39de protection des Français.
17:41C'est une question
17:41d'assistance à personne en danger
17:43qui parfois ne sait pas
17:44qu'elle est en danger.
17:45C'est vraiment très important.
17:46Ce n'est pas une question
17:47d'idéologie politique.
17:48Ce n'est pas une question
17:49d'opinion.
17:49C'est une question de science.
17:51Est-ce que vous êtes d'accord
17:52avec ce que dit Monique Barbu
17:54en l'état des propositions ?
17:56On attend les programmes
17:57des différents candidats
17:58pour voir ce qu'il en est.
18:01On sait qu'il y a un certain nombre
18:02de jeunes qui sont séduits
18:03par les propositions
18:04de Jean-Luc Mélenchon
18:05sur ces sujets-là.
18:06Bien sûr.
18:07Absolument.
18:08Oui, oui, oui, tout à fait.
18:09Il y a, et c'est très important.
18:11Et bien sûr.
18:12Est-ce que vous allez discuter,
18:13échanger, essayer de faire
18:15un plaidoyer auprès des partis
18:16dont certains membres ont été
18:20climato-sceptiques par le passé
18:21comme le Rassemblement national
18:23ou Reconquête ?
18:25Alors, on n'a aucun contact.
18:27Mais ce qui est vrai,
18:28je le dis, il y a quand même
18:30en termes d'électeurs,
18:31en termes de décideurs politiques,
18:33en termes de cadres,
18:34pour nous, et c'est pareil
18:36pour le secteur privé.
18:37Pour nous, notre théorie
18:38de changement,
18:39c'est de convaincre
18:41le plus grand nombre
18:42de l'importance
18:43et de la gravité
18:44de cette double crise
18:45climat-biodiversité.
18:46Ça, il faut qu'on l'entende,
18:48qu'on comprenne
18:48que c'est notre futur
18:49qui est en jeu.
18:49Et c'est pour ça
18:50que cette question de financement
18:51est tellement importante.
18:52C'est pour dérisquer
18:53les investissements
18:54des particuliers,
18:55des entreprises.
18:56Mais il faut qu'il y ait
18:57un cap, un cap qui soit clair.
18:59Si on fait du stop and go,
19:00non-stop...
19:01Mais dont on discute
19:01avec tout le monde de ce cap ?
19:02Nous, on est au service
19:05des Français.
19:05On est au service du social.
19:07On est au service
19:08de l'environnement.
19:09Notre cause,
19:09c'est la défense
19:11et la protection,
19:12la préservation,
19:12la restauration
19:13de l'environnement,
19:14des écosystèmes
19:15au service des Français.
19:17C'est vraiment le socle
19:18qui rend nos vies possibles.
19:19Et cet été,
19:20a été, je pense,
19:21le cas d'école
19:22pour pouvoir...
19:23Un révélateur.
19:24Voilà.
19:24Il faut qu'on dise un petit mot
19:26de ce qui s'est passé
19:26chez vous en juin.
19:28Votre organisation
19:28a été traversée
19:29par une crise qualifiée
19:30de crise existentielle
19:32par certains.
19:32Votre ancienne présidente
19:34a affiché son engagement
19:36antiraciste
19:36et participé
19:37à un rassemblement
19:37de soutien
19:38au maire LFI de Saint-Denis.
19:39Suite à ça,
19:40le conseil d'administration
19:41a manifesté son désaccord,
19:43son désaccord.
19:44Elle a quitté
19:44depuis l'organisation.
19:45Est-ce que vous êtes
19:46toujours divisée
19:47en interne
19:47sur la ligne
19:48à adopter
19:49par rapport
19:50à ce type
19:51de prise de position politique ?
19:52Véronique Andrieux ?
19:54Alors,
19:54le WWF
19:56est une organisation
19:58indépendante,
19:58non partisane,
19:59basée sur la science.
20:01Nous travaillons
20:02pour le vivant.
20:03Ça, c'est le WWF
20:05en France
20:06et partout dans le monde,
20:07aussi au niveau international.
20:10Je dois dire,
20:11je pense que
20:11les préoccupations
20:13de vos auditeurs
20:13vont bien au-delà
20:14de ces questions.
20:16Là, je dois dire,
20:17c'était un cas
20:18d'école aussi
20:19de communication mensongère.
20:21Réellement,
20:24comment le WWF
20:26a affirmé,
20:27il a toujours été
20:27en termes
20:28de notre
20:32conviction absolue
20:33verrouillée au corps
20:34en termes
20:34de notre identité,
20:35de qui on est,
20:36la question des droits humains,
20:37la question de lutte
20:38contre toutes les formes
20:39de discrimination,
20:40c'est évidemment
20:40qui on est.
20:42Et donc,
20:43là, pour le coup,
20:44ça n'était absolument
20:45pas en lien avec ça.
20:46Les questions
20:47n'avaient aucun rapport,
20:49ça a été détourné
20:52par rapport
20:53à la vraie nature
20:54du problème.
20:55Une toute dernière question,
20:56le peuple est en 14
20:56états Paris,
20:57lui et son prédécesseur
20:59François en parlent,
21:00il parle beaucoup
21:00d'environnement,
21:01est-ce qu'ils appartiennent
21:02pour vous,
21:02à vos yeux,
21:03à ce mouvement
21:03de la société civile
21:05que vous appelez
21:06de vos voeux ?
21:07Absolument.
21:08Là, vraiment,
21:08je pense que
21:09c'est très important
21:11d'avoir des leaders
21:12et quelle que soit
21:13leur sphère,
21:14sphère religieuse,
21:15de croyance,
21:16mais c'est tellement important
21:17et ils ont une telle audience,
21:19une telle portée
21:20dans leur message
21:20et je pense que
21:21c'est un message
21:23humaniste
21:23qui fait justement
21:24ce lien
21:25entre le social
21:26et l'environnemental.
21:27C'est extraordinairement
21:28important
21:29et avec une pouvoir
21:30d'influence globale
21:32que je salue
21:33fortement.
21:35Véronique Andrieux
21:35était l'invité
21:36d'On n'arrête pas l'écho.
21:37Merci d'avoir accepté
21:38notre invitation.
21:39Merci à vous.
21:40Sous-titrage Société Radio-Canada
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