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  • il y a 3 semaines
Vendredi 25 septembre 2026, retrouvez Claire Lanneau (fondatrice et dirigeante, Babychou Services) dans FACE À THOMAS HUGUES, une émission présentée par Thomas Hugues.

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Transcription
00:01Générique
00:08Bonjour à toutes et à tous, c'est un nouveau rendez-vous que l'on vous propose sur Bismarck for
00:11Change,
00:12consacré aux chefs d'entreprise, aux décideurs économiques, à celles et ceux qui donnent l'impulsion au quotidien à l
00:18'activité du pays,
00:19face à face pour découvrir leur stratégie face aux grands défis de ce siècle,
00:25pour savoir aussi ce qu'ils attendent de l'élection présidentielle.
00:28Aujourd'hui, je reçois Claire Lanneau, qui est la présidente de Babichoux Service et de FamilySphere,
00:33la garde des enfants, source de stress pour 70% des parents de jeunes enfants.
00:39On en parle tout de suite.
00:44Mon invité pour ce face-à-face, c'est Claire Lanneau. Bonjour.
00:47Bonjour.
00:47Bienvenue. Vous êtes la fondatrice de Babichoux Service, présidente de FamilySphere.
00:52Alors, si on remonte à l'origine, Babichoux Service, c'était une association, c'est ça, quand vous l'avez
00:57créée ?
00:57Oui, voilà. C'est une association parce que le champ des services à la personne, à l'époque, n'était
01:01pas ouvert aux entreprises.
01:04Beaucoup de contrôles de l'État sur ces domaines.
01:06Vous l'aviez créée d'abord pour répondre à un besoin personnel, un constat perso ?
01:10C'était vraiment le storytelling. J'avais deux enfants à l'époque. Je travaillais comme cadre dans l'informatique, avec
01:16des déplacements.
01:17Et je n'arrivais pas à me satisfaire des solutions que je trouvais.
01:22Donc, je me suis dit, si je sais recruter des gens dans les métiers de l'IT, appliquer des process
01:29de qualité, de suivi,
01:32pourquoi pas tenter de le faire dans un autre métier où il y a un besoin qui est la garde
01:36d'enfants.
01:36Alors, c'est devenu une entreprise il y a 20 ans. Comment elle se porte aujourd'hui ?
01:41Bien, bien. C'est une entreprise qui s'est développée d'abord en propre, avec des succursales, et dès les
01:51années 2006, en franchise.
01:55Alors, à l'époque, je ne savais pas du tout qu'on pouvait franchiser un métier de service à la
02:00personne, mais ça s'y prête bien.
02:02On va rentrer dans le détail, évidemment. Mais si on parle du constat du secteur, peut-être du constat social,
02:11ce sentiment. Alors, moi, mes enfants sont très grands, mais dans ce que je vois des retours de mes neveux
02:17et nièces, etc.,
02:18ça reste difficile, quand même, de trouver une solution fiable. Comment vous voulez expliquer ça ?
02:21Ça reste difficile. Déjà, sur le concept, à quel besoin répond-on ?
02:25En fait, on s'adresse aux familles d'enfants de 0 à 12 ans. Il n'y en a plus
02:31de 10 millions, en France.
02:32Bon, ça fait un joli marché.
02:33Un beau marché. Alors, qu'est-ce qu'on leur propose ?
02:36On propose aux parents, finalement, d'être davantage épanouis, avec ces solutions de garde,
02:42qui sont surtout des solutions de garde régulaires.
02:45Parce qu'on peut avoir besoin d'une garde d'enfants pour un babysitting,
02:51un remplacement d'une solution existante.
02:53C'est aussi une part de notre marché.
02:55Mais notre marché, vraiment, qui tire l'entreprise et ses hommes,
03:00c'est vraiment la garde régulière. On a appelé ça le relais parents.
03:03Donc, c'est pour voir la solution que cherchent les parents.
03:08Soit entre 16h et 20h, schématiquement, le tunnel de l'après-d'école, après crèche.
03:14Soit en accompagnement le matin.
03:16Ça peut être aussi les horaires de cantine.
03:18Tous les enfants ne vont pas 5 jours sur 5 à la cantine.
03:21Et ça s'est développé aussi, plus récemment, sur des services d'événementiel.
03:28C'est-à-dire qu'on va aussi accompagner les familles.
03:31Par exemple, les jeunes mariés.
03:34Par exemple, des gens qui fêtent des anniversaires et qui ont envie que les enfants,
03:37on s'occupe d'eux aussi.
03:39On y viendra peut-être, mais on met en place aussi des packages pour accompagner les familles.
03:45Si je donne quelques chiffres, le chiffre d'affaires 2025, qui est affiché à 63 millions d'euros,
03:51180 agences, vous avez racheté plusieurs entreprises.
03:57Il y a aussi une dimension de croissance externe.
04:00Lesquelles et pourquoi ?
04:02Première croissance externe, c'était en 2024.
04:04En fait, on voulait tout simplement occuper un autre segment sur le marché des services à la personne,
04:10qui est le segment de l'entretien de la maison.
04:12Les familles ont souvent besoin d'être aidées aussi sur les tâches ménagères.
04:20C'était assez logique pour nous de le proposer, mais c'est une autre marque à part.
04:24Ce ne sont pas forcément les mêmes personnes qui vont rester.
04:27On est exigeant sur le fait que la formation est différente.
04:30On n'a pas demandé la même chose à une garde d'enfants.
04:33Les critères de section sont très stricts.
04:36On est encadré, on a un agrément.
04:38Pour revenir sur le pourquoi de cette acquisition,
04:40aussi parce que mon souhait, c'est d'accompagner mes franchisés et mes équipes vers d'autres projets.
04:49C'est-à-dire que quand on a une entreprise, mon premier franchisé était là depuis 20 ans,
04:54il a cinq entreprises de la première marque,
04:58mais ils ont besoin aussi, c'est tout à fait légitime comme nous,
05:02le fondateur en l'occurrence, enfin moi, fondatrice du concept,
05:05parfois de se réenchanter.
05:07Et ça passe par de nouvelles entreprises, de nouveaux services, etc.
05:13Ça peut être tout simplement déjà une nouvelle entreprise de la même enseigne,
05:16ce qu'on appelle de la multifranchise.
05:18Mais ça peut être aussi, et c'est ce qu'on cherche à faire avec la deuxième marque,
05:22Bonjour, à changer aussi le métier, à aller explorer un nouveau segment,
05:26et être plus fort aussi.
05:27Vous avez aussi racheté FamiliSphère, qui est un concurrent, on peut dire ça ?
05:33Cousinement, clairement un frère.
05:35Donc maintenant, on est cousin.
05:37Donc il faut...
05:39Alors pourquoi on l'a fait ?
05:40Parce qu'on est quand même sur un marché de concentration.
05:42Donc on est un des acteurs historiques.
05:45En franchise, on est le premier, très clairement,
05:48surtout avec cette acquisition.
05:50Et il faut aussi donner des opportunités,
05:53parce que comme on est sur un marché de concentration,
05:54la concentration, elle se fait au niveau national et au niveau local.
05:58Donc ça permet aussi aux franchisés en place
06:00d'avoir deux enseignes au même endroit,
06:02s'il y a une forme de mercato qui se crée,
06:06et donc de verrouiller finalement le marché aux nouveaux entrants.
06:09Donc c'est acquérir plus de puissance.
06:12C'est compliqué de marier l'ADN ou la culture d'entreprise
06:18de deux groupes concurrents comme ça ?
06:20Oui, c'est compliqué.
06:21Bah oui, justement.
06:22Je vais vous dire le contraire.
06:23Je ne raconte pas d'histoire.
06:24Oui, voilà.
06:25Donc c'est en cours, on travaille sur la gouvernance,
06:29la nouvelle gouvernance du groupe,
06:31pour qu'on apprenne à penser, nous, le groupe,
06:36et plus son petit précaré.
06:38Oui.
06:38Donc ça, c'est un work in progress, on va dire ça.
06:40Exactement.
06:41Comme ça.
06:42C'est du service à domicile,
06:45il y a des crèches, il n'y a pas de crèches du tout ?
06:48Il n'y a pas de crèches.
06:49Il n'y a pas de crèches.
06:51Alors, pour être très clair, quand on a repris le groupe Amisphère, il y avait quelques crèches,
06:55mais qui étaient, je dirais, un petit peu en perte de vitesse,
06:58et puis sur un marché un petit peu plus compliqué.
07:02Pour vous, c'est un autre modèle ?
07:03Totalement.
07:04C'est un modèle qui s'approche un peu,
07:08sans que ce soit mal pris,
07:10mais du modèle de l'hôtellerie,
07:12parce qu'il faut assurer un remplissage,
07:14et après, c'est un modèle qui est extrêmement encadré par l'État,
07:18et au niveau des micro-crèches, il y a moins d'intérêt en ce moment,
07:21c'est plus compliqué, il y a beaucoup de réglementations,
07:23qui contraignent, finalement, l'indépendance de l'exploitant.
07:28Mais votre modèle, il dépend quand même aussi du bon vouloir de l'État,
07:33des niches fiscales, de...
07:35Alors, on ne dit pas niche fiscale, Thomas.
07:37Ah, pardon, alors, on dit ça comment, alors ?
07:40On dit, alors, on appelle ça un avantage sur le crédit d'impôt,
07:44et si on fait un peu d'histoire,
07:47on se rappelait que lorsque Borloo, je reviens à Borloo,
07:50parce que...
07:50Parce que c'est lui qui a permis le passage du statut d'association
07:53à un statut d'entreprise.
07:55C'est lui qui a permis aux entreprises de rentrer dans le champ des services à personne,
07:59et de créer une économie.
08:02Je veux dire, on gère quand même tous les besoins des Français au quotidien,
08:08et surtout de sortir tous ces métiers du black.
08:12Donc, une entreprise comme la nôtre,
08:14qui est une des entreprises du secteur,
08:18génère quand même, on a près de 10 000 emplois en France,
08:23pas tous à temps plein,
08:25mais on a généré aussi beaucoup de possibilités de création d'entreprise.
08:29On y viendra peut-être, mais aussi de formation.
08:32Mais est-ce que vous dépendez, alors je ne vais pas reprendre le terme niche fiscale,
08:36des dispositifs fiscaux existants dans votre modèle économique ?
08:38Bien sûr, pour une partie, comme beaucoup de secteurs en France.
08:43Je pense que vous en avez interviewé dans d'autres domaines,
08:46ce n'est pas le but de se comparer.
08:47On apporte vraiment quelque chose aux Françaises et aux Français,
08:53à la famille en général.
08:55Et sans nous, beaucoup de familles ne pourraient tout simplement pas s'en sortir.
09:00Ils ont besoin de cette présence rassurante.
09:02On ne laisse pas rentrer un enfant de moins de 10 ans, 9 ans, seul à la maison.
09:10Aujourd'hui, les avantages qu'on a, certes, au niveau du cri d'impôt,
09:15il n'y a pas de limite d'âge, il y a une limite, je dirais, en termes de plafond,
09:20de montant.
09:21En revanche, pour l'aide qui est la plus importante, celle qui est l'aide de la CAF,
09:26qui s'appelle le complément mode de garde dans notre jargon,
09:30cette aide-là, elle est limitée au 0-6 ans.
09:33D'ailleurs, c'est un de nos combats dans la profession,
09:37de dire un enfant de moins de 6 ans rentre chez lui à l'école, de l'école tout seul.
09:43Il y a l'avance immédiate du cri d'impôt,
09:44mais il y a encore beaucoup de gens qui ne connaissent pas ces dispositifs.
09:48Alors, vous avez fait réaliser en juin dernier un sondage,
09:51une enquête sur les modes de garde, avec pas mal de résultats intéressants.
09:5557% des Français considèrent les difficultés de garde
09:57comme susceptibles de freiner leur désir d'avoir un enfant,
10:02ça monte jusqu'à 68% chez les 25-34 ans.
10:06Alors, ça, c'est aussi un message au pouvoir public,
10:08c'est-à-dire qu'il y a vraiment ce lien entre le dispositif existant
10:12et la natalité qui est quand même en berne dans notre pays.
10:15Alors, la natalité, elle était très très forte en France.
10:19Oui, on était une exception européenne.
10:20Une exception européenne, on est même devant l'Irlande,
10:22je crois que dans les années 2000, on était à 1,87 enfants par femme.
10:27On est redescendu.
10:28C'est un phénomène mondial.
10:31Vous avez peut-être même lu,
10:32il y a des gens qui ont fait des parallèles sur des études,
10:34sur l'utilisation intensive des smartphones, de l'entourage,
10:39le mode de vie.
10:40Les raisons sont multiples.
10:42Mais ce lien qui est quand même intéressant,
10:45entre comment je vais faire garder mon bébé, mon enfant,
10:49et est-ce que oui ou non, je décide de l'avoir ?
10:51Vous avez raison, ça reste une problématique.
10:54C'est un frein souvent au deuxième enfant,
10:57mais si ça l'est au premier, bien sûr, c'est plus ennuyeux.
10:59De toute façon, les femmes font des enfants plus tard.
11:02Néanmoins, effectivement, il faut que les pouvoirs publics
11:05se rendent compte que l'exception française doit le rester.
11:08Parce que toutes ces politiques qui ont été mises en œuvre après-guerre,
11:13sans encourager des discours d'autre temps sur la famille,
11:19bien sûr que la famille, c'est important.
11:21La famille, c'est ce qui nous soude, c'est ce qui nous fait un chemin.
11:24Et les familles, elles sont multiformes, protiformes.
11:28Bien sûr, on a 25% de familles monoparentales,
11:32elles sont aidées, mais souvent pas assez en termes d'informations.
11:37Moi, je trouve que les pouvoirs publics, au niveau national,
11:40sur la structure des aides, nous, on trouve que c'est bien comme ça.
11:44Il ne faut pas changer.
11:45On a un projet de loi de finances qu'on attend.
11:49Il ne faut rien changer.
11:51En tant que chef d'entreprise, nous, on veut de la stabilité fiscale.
11:54C'est aussi un message que vous allez faire passer aux candidats et candidates présidentielles ?
11:58Oui, au niveau de notre fédération.
11:59Moi, je suis administratrice de la FESP, vice-présidente de la commission petite enfance.
12:05Donc, bien sûr, ne changez rien.
12:07En fait, dès que vous avez un changement dans ces systèmes-là,
12:10la réaction psychologique des familles,
12:14déjà fragilisée dans ce désir d'enfant,
12:18va être immédiate.
12:20Il ne faut pas changer.
12:20Et pourtant, il y a 61% des Français qui jugent la garde à domicile chère ou trop chère.
12:25Vous pourriez dire aux politiques, aidez-nous un peu plus,
12:28pour rendre la garde moins chère.
12:31Il faut être raisonnable aussi.
12:32Alors, ils ont mis en place d'autres dispositifs sur les congés parents,
12:35d'après ce que j'ai compris, le nouveau congé parentaux.
12:38Je pense que c'est bien aussi d'aller dans le sens de donner plus de temps aux familles
12:42pour connaître, découvrir leur enfant.
12:46Nous, ce qu'on demande, c'est qu'il n'y ait pas de changement.
12:48Parce que les changements permanents, les gens ne s'y retrouvent plus.
12:53Pour revenir sur le fait qu'on est parfois peu connus,
12:56que les Français ne connaissent pas aussi.
12:58Ils disent que c'est cher, mais ils ne savent pas toujours.
13:01Même des gens qui ont un accès à l'information privilégiée,
13:05parfois découvrent qu'une heure de garde faciale à 32 euros TTC,
13:12puisque forcément, on va payer la TVA,
13:16ne coûte, après aide, jusqu'à un certain niveau de consommation,
13:21donc de volume, que 2,50 euros de l'heure.
13:25C'est accessible.
13:27Et en même temps, ça fait travailler énormément de gens, etc.
13:29Donc, ça veut dire que ce chiffre, là, c'est 61% de Français
13:32qui jugent la garde à domicile chère ou trop chère,
13:33ils sont mal informés, en fait ?
13:35Ils sont mal informés en partie.
13:37Ou alors, ce sont des gens qui répondent
13:39et qui ne sont pas vraiment des utilisateurs ?
13:41Alors, ils sont utilisateurs en partie,
13:44mais pas forcément sur les volumes dont ils ont besoin.
13:48Effectivement, moi, je vous fais un discours raisonnable,
13:50parce que je pense que tout le monde doit jouer ce rôle.
13:53Aujourd'hui, ils peuvent être aidés pleinement
13:55jusqu'à 8-10 heures par semaine.
13:57Donc, c'est un relais.
13:58C'est pour ça que nous, on propose des relais par an.
14:01Sur la garde à domicile, dans sa complétude,
14:03c'est-à-dire en attente-là,
14:05c'est effectivement inaccessible pour la plupart des Français.
14:07Qu'est-ce qui a le plus changé ?
14:08Là, vous avez un poste aussi de vigie,
14:10de voir l'évolution des comportements,
14:13des attentes des familles.
14:14Qu'est-ce qui a le plus changé ces dernières années
14:16dans les attentes des familles ?
14:17Les nouveaux modes de travail, le télétravail,
14:21les nouveaux modes de consommation,
14:23l'exigence des parents.
14:25Alors, l'exigence en termes qualitatifs,
14:27elle est totalement légitime,
14:28et on y reviendra, on a un agrément,
14:31on surveille, on contrôle vraiment toutes les gardes,
14:34et on maintient une relation extrêmement étroite
14:36avec nos intervenants.
14:38Ce qui a changé, c'est...
14:41Voilà, le fait que les prestations,
14:44les demandes sont plus élastiques,
14:45les paniers moyens ont baissé avec le télétravail.
14:48Donc, on est vigilant, on est attentif à tout ça.
14:52Les parents ont des plannings variables,
14:55de plus en plus.
14:56C'est compliqué, du coup, pour nous,
14:58de fidéliser des intervenants.
15:00Donc, c'est la flexibilité, si je comprends bien.
15:02Est-ce qu'il y a un effet d'inquiétude
15:08ou des affections pour les crèches ?
15:09Parce qu'il y a ce livre de Victor Castanet-Les Augs
15:12qui était sorti il y a deux ans tout juste.
15:13C'était septembre 2024.
15:15Est-ce que vous avez vu un afflux de parents ?
15:17Sur ce livre, en général, je me méfie beaucoup
15:19des gens qui font des enquêtes un peu à charge
15:22et qui pointent du doigt juste un système.
15:26Ça visait uniquement le système privé,
15:28comme souvent.
15:29Donc, je l'invite aussi à faire un tour sur les autres.
15:33Est-ce que vous avez vu des parents inquiets
15:35à la suite de la campagne bibliothèque autour du livre
15:38et qui sont tournés vers les modes de garde ?
15:39Là, pas spécialement.
15:41Ce qui a inquiété les parents, là, dans l'actualité récente,
15:43c'est beaucoup plus le périscolaire.
15:45Ce qui s'est passé dans différentes grandes villes.
15:48On a focusé, si on peut dire ainsi, sur Paris.
15:52Mais ce qui doit retenir l'attention des parents,
15:55c'est que fait-on faire à ces enfants
15:57sur des grosses journées de collectivité ?
16:00Est-ce que c'est conforme à leurs attentes
16:02de laisser des enfants de 8h du matin à 6h du soir ?
16:07Je pose la question, parce que c'est compatible
16:09avec les rythmes des enfants.
16:13Là, c'est pour ça que l'aide, elle est quand même bien ciblée
16:15sur l'après-école, après la crèche.
16:18Là, les enfants vont se retrouver à leur domicile
16:23avec leurs repères.
16:25Donc, cette question de confiance, elle est évidemment majeure.
16:27Vous parliez d'agrément tout à l'heure.
16:28Alors, de quoi il s'agit ?
16:30Quand on fait garder ou quand on fait de la prestation de service,
16:35c'est la même chose qu'on soit entreprise, association
16:40ou certaines autres modes d'emploi, comme les centres communiaux, etc.
16:43On doit avoir un agrément.
16:45Donc, ce n'est pas quelque chose qu'on obtient comme ça.
16:47C'est un travail qui montre qu'on a un dossier à présenter
16:51à l'adresse.
16:53C'est donné par la préfecture du département.
16:55Et nous, on accompagne tous nos porteurs de projets
16:57et tous nos responsables d'agence
17:01pour suivre les textes de l'agrément,
17:05mais même souvent anticiper, depuis des années,
17:08être encore plus en avant par rapport aux exigences de l'agrément.
17:12Donc, ça veut dire connaître bien le parcours.
17:16Nous, on fait passer des entretiens d'une heure, une heure et demie
17:19à chaque intervenant.
17:20On les voit en physique.
17:21Ça rassure les parents.
17:23On a beaucoup parlé, à un moment donné,
17:25de l'émergence des plateformes de services.
17:27Dans l'intermédiation pour, j'allais dire,
17:30d'autres services moins engageants, pourquoi pas.
17:34Mais aller commander un taxi, on a tout...
17:36Voilà, c'est même plus un sujet.
17:38Et même, on le fait sur d'autres.
17:39Faire garder ses enfants.
17:41Est-ce que c'est sérieux de faire garder ses enfants
17:44à des personnes qui n'ont jamais été vues physiquement ?
17:47Est-ce qu'on sait qu'ici, il y a des usurpations d'identité ?
17:50Voilà. Dans tous les cas, nous, on voit les personnes.
17:53On essaye de les contrôler le maximum.
17:55On leur demande des diplômes.
17:56On les aide à se former.
17:58Est-ce que vous avez des difficultés de recrutement ?
18:00Oui, on en a encore.
18:02Vous espérez recruter combien de personnes, par exemple ?
18:05Alors, à la rentrée, en général, on recrute plusieurs milliers de personnes.
18:08On renouvelle presque un tiers, selon les villes de France.
18:13Dans les grandes métropoles, on travaille aussi beaucoup avec des étudiants.
18:15Donc, on renouvelle presque un tiers de nos effectifs,
18:20selon les localisations.
18:24Donc, forcément, il y a là des injonctions qui pourraient être contradictoires.
18:28C'est-à-dire qu'à la fois, vous avez besoin de recruter
18:30et besoin de créer ce lien de confiance.
18:33Donc, ça pourrait inciter à être un peu moins regardant, le manque de main-d'œuvre.
18:38Jamais on ne fera allégeance à ce type de tentation.
18:43Non, on garde, on est solide.
18:46En tout cas, on essaye d'être le plus, je dirais,
18:50en accord avec nos process de recrutement.
18:52Au contraire, de les renforcer, plutôt de renforcer le contrôle,
18:56dans la limite des possibilités offertes par la loi.
19:00Parce que nous, on va dans le domicile des parents.
19:03Vous voyez ?
19:03Donc, on a besoin de l'accord des parents aussi pour entrer chez eux.
19:07Et on a plutôt tendance à créer des occasions de faire le point
19:12avec la famille et l'intervenant,
19:14à plusieurs moments, entre le démarrage de la garde
19:19et d'autres moments dans l'année.
19:20Alors, évidemment, cette rentrée, c'est un moment charnière.
19:25Vous dites, la rentrée agit un peu comme une loupe.
19:28Elle rend visible toutes les fragilités de l'organisation familiale.
19:31Notre rôle, c'est de leur expliquer simplement
19:33les aides dont elles peuvent bénéficier,
19:34réaliser une simulation, leur donner un engagement,
19:37une vision transparente de leur reste à charge.
19:40Là, la rentrée, on est encore dedans.
19:43Ah oui, nous, on est encore dedans.
19:45À fond.
19:45Jusqu'à 30 septembre, parfois.
19:47Ça veut dire quoi ?
19:48Est-ce qu'il y a des parents arrivés qui n'ont pas pu anticiper
19:52ou pas bien anticiper ?
19:54Nous, la rentrée, elle se prépare dès le mois d'avril-mai.
19:56D'avril-mai, déjà, tous les personnes qui travaillent avec nous.
19:59Au niveau d'une agence, pour simplifier,
20:00une agence de proximité, nous avons des agences
20:03en centre-ville, aux abords des villes.
20:05C'est très important que les parents et les intervenants
20:08sachent où nous trouver.
20:09Donc, ils peuvent venir nous voir.
20:11Tous ne viennent pas.
20:12Il y a aussi la confiance qui s'est installée par le bouche-à-oreille.
20:15Le téléphone fait son rôle.
20:17Donc, ils viennent nous voir dans nos agences de proximité.
20:20Ils discutent avec les personnes
20:23qui vont se charger du recrutement des babysitters,
20:25de leurs enfants.
20:27Et forcément, à ce moment-là,
20:29oui, ça a toujours été ce sujet
20:30de qu'on va mettre en relation des personnes
20:32qu'on n'a pas forcément encore au moment T.
20:35Mais tout est anticipé depuis le printemps.
20:38On travaille aussi sur nos bases d'intervenants
20:41qui sont fidèles quand même,
20:43qui nous apportent aussi leurs amis, leurs connaissances.
20:46Et bien évidemment, on travaille avec les grands acteurs du recrutement,
20:49que ce soit France Travail,
20:50que ce soit...
20:50On fait énormément de job dating encore maintenant.
20:53Je voyais ça sur les réseaux de mes agences
20:54encore ce week-end
20:56parce que les plannings des étudiants
20:57arrivent un peu plus tard.
20:58Donc, voilà.
21:00Et il y a quel pourcentage d'étudiants ?
21:03Alors, ça dépend.
21:04Dans les grandes villes,
21:05dans les grandes métropoles,
21:06on a 70% d'étudiants.
21:09Je pense à Lille,
21:10je pense à Paris,
21:12Lyon,
21:13voilà.
21:14Et puis, dans les autres villes,
21:15si je prends des villes de taille moyenne,
21:16on a des franchisés,
21:17des agences très performantes.
21:19ils ont beaucoup plus investi sur,
21:23par exemple,
21:24la personne complément de salaire,
21:27jeune retraitée,
21:28qui, elle, va pouvoir prendre plus d'heures.
21:30Donc, plus compléter, finalement,
21:32son planning,
21:33avoir des quasi-temps pleins.
21:35Est-ce que c'est compatible
21:37avec un objectif ou une ambition
21:39d'ascension sociale au sein de l'entreprise ?
21:42Parce que quand on a un tel turnover,
21:43ça peut être d'ailleurs frustrant,
21:45j'imagine,
21:46pour vous ou pour les franchisés.
21:47Alors, c'est frustrant
21:49et c'est complexe à gérer.
21:52C'est la raison pour laquelle,
21:54ça fait plusieurs années,
21:55qu'on accompagne des jeunes
21:57pour obtenir leur CAP petite enfance,
22:00CAP,
22:01accompagnement éducatif petite enfance.
22:03Ça a beaucoup changé, là aussi.
22:05Mais l'idée, c'est que des jeunes,
22:08souvent des quartiers,
22:09dans les grandes villes,
22:11aient leur premier diplôme.
22:13Donc, avec ce pass,
22:15beaucoup de jeunes femmes,
22:16elles vont pouvoir accéder
22:19au monde de la petite enfance
22:20plus globalement.
22:21Il y a des ponts qui se créent.
22:22Donc, souvent,
22:23avoir commencé comme garde d'enfants
22:26chez Baby Show Service
22:27permet, par exemple,
22:30de devenir aussi salariée,
22:32collaboratrice au sein des agences.
22:36Parfois, il y en a qui vont juste
22:37partir vers les crèches
22:39ou vers d'autres modes de garde.
22:41et aussi, pour certaines d'entre elles,
22:44on a vu ça récemment,
22:46elles ont continué leur parcours
22:48chez Baby Show.
22:49Et certaines collaboratrices,
22:53vous y viendrez peut-être,
22:55ont un parcours de chef d'entreprise maintenant.
22:58C'est-à-dire, jusqu'à devenir franchisée,
22:59elles-mêmes, c'est ça ?
23:00Voilà, là, exactement.
23:02C'est rare
23:03ou ça commence à se développer ?
23:05Alors, ça s'est développé.
23:06On en a eu à peu près une demi-douzaine
23:08ces deux dernières années,
23:09des personnes.
23:09Et l'idée, notre ambition,
23:13c'est de favoriser davantage
23:14cette notion d'ascenseur sociale
23:16et de dire, oui,
23:17dans cette entreprise,
23:18dans ce groupe,
23:19tu peux rentrer un jour
23:21comme un visiteur
23:22et devenir franchisé.
23:24Alors, évidemment,
23:25ça ne va pas se faire
23:26en quelques mois.
23:29En revanche,
23:29quand on a la volonté,
23:30parce que c'est aussi des métiers
23:31qui apportent du sens,
23:33et là, on rencontre finalement
23:34ce que cherchent les jeunes.
23:36Ce qui les intéresse,
23:37c'est de savoir
23:38pourquoi ils se lèvent le matin
23:39et apporter
23:42ces solutions de garde,
23:44rendre la vie de famille
23:45de leurs clients plus simple.
23:47Mais comment on devient franchisé ?
23:49Alors,
23:51c'est facile,
23:52il y a un parcours.
23:52Il faut mettre de l'argent de côté,
23:54il faut un budget de départ.
23:55Comment ça marche ?
23:56Alors, dans nos services,
23:57en gros,
23:58pour les trois enseignes,
23:59l'apport demandé initial
24:00est assez faible.
24:02C'est un apport de 20 000 euros.
24:03Et l'investissement global
24:04va être jusqu'à 70 cas à peu près,
24:0670 000 euros.
24:07Donc, soit on a un peu
24:08de love money,
24:10soit on a un peu
24:10d'investissement,
24:11enfin,
24:11d'économie personnelle.
24:15Très bonne chose
24:16de les investir dans une entreprise
24:17dans laquelle on croit.
24:19Et bien sûr,
24:19on fait recours
24:20à l'emprunt.
24:22Et là,
24:22le fait d'être une franchise
24:24apporte quand même
24:25beaucoup d'aide.
24:26Oui,
24:26alors ça,
24:26c'est le point de départ.
24:28Et puis après,
24:28il y a le développement.
24:30C'est-à-dire qu'il y a
24:31ce qu'on appelle
24:31la multifranchise,
24:32c'est ça ?
24:33Oui.
24:33Alors ça aussi,
24:34c'est vous pousser à ça ?
24:36Alors,
24:37on pousse,
24:37mais on sélectionne
24:38les candidats.
24:38OK.
24:40Tout le monde
24:41ne sera pas multifranchisé.
24:42Tout le monde
24:43ne sera pas,
24:44comme on dit
24:44dans notre jargon,
24:46plurifranchisé,
24:46ceux qui ont une autre
24:47enseigne.
24:49Il faut déjà avoir montré
24:51qu'on aime le métier,
24:53qu'on le maîtrise.
24:56Nous,
24:57ce qui est important,
24:57bien sûr,
24:58c'est le bon équilibre
24:59entre les prestations,
25:00les prix des prestations
25:01qui sont vendues
25:02et le coût salarial
25:05parce qu'on est une industrie
25:06de main-d'œuvre,
25:07finalement.
25:08Donc,
25:08on veut
25:10que nos futurs franchisés
25:12ou ceux qui sont,
25:13comme vous disiez,
25:14pourquoi pas candidats
25:15à une deuxième agence,
25:16etc.,
25:16maîtrisent parfaitement
25:18tous nos KPI,
25:20tout simplement,
25:22et aussi aiment
25:23le développement commercial
25:24et puis,
25:25bien sûr,
25:26gèrent une équipe
25:26parce qu'en agence,
25:28c'est quoi la confine
25:29d'une agence ?
25:29Vous avez une responsable
25:30ou un responsable d'agence
25:31et de deux à cinq collaborateurs.
25:34Et alors,
25:35donc ça,
25:36c'est le point de départ.
25:39Ensuite,
25:39comment vous les accompagnez ?
25:40Celles et ceux
25:41qui veulent passer
25:42de un à deux,
25:44trois ou quatre ?
25:45Alors,
25:45on a toute une équipe,
25:46on a un pôle animation,
25:48on a un pôle métier qualité,
25:49on a un pôle communication,
25:50tous ces gens-là,
25:51bien sûr,
25:52vont à un moment donné
25:53se trouver sur la route
25:54du futur franchisé
25:57avant qu'il lance
25:58l'entreprise.
25:59On crée déjà des liens
26:00entre le futur porteur de projet
26:03et les personnes
26:03qui vont l'accompagner
26:04en interne.
26:05Et après,
26:05au quotidien,
26:07il est accompagné
26:08par nos équipes,
26:10aussi bien
26:11par une formation initiale
26:13que des formations...
26:14Ça permet à votre groupe
26:15de grandir aussi.
26:16Voilà.
26:17On a beaucoup fait évoluer
26:19nos parcours
26:19depuis les premières franchises
26:21des années 2006-2010
26:22à maintenant.
26:25Vous insistez
26:26sur la professionnalisation,
26:27on a beaucoup parlé,
26:28on a parlé d'agréments,
26:29on a parlé de suivi,
26:30de formation.
26:32Est-ce que c'est encore
26:32la garde d'enfants
26:33considérée comme justement
26:34un job d'étudiant
26:35ou un petit job ?
26:37Alors,
26:38en partie,
26:38et c'est très bien,
26:40les étudiants ont besoin
26:41de bosser,
26:42d'avoir un complément
26:43de salaire
26:43pour financer leurs études
26:45ou je ne sais quoi,
26:46pour s'amuser
26:47s'ils le veulent,
26:47c'est très bien.
26:49Ils font ce qu'ils veulent
26:49de leur argent.
26:50Ils font ce qu'ils veulent
26:51de leur argent.
26:52Jusqu'ici,
26:52tout va bien.
26:54Et bien sûr,
26:55vous avez des personnes,
26:56comme je le disais un petit peu,
26:57qui en font un métier
26:59à temps plein
27:00et donc qui...
27:02Alors,
27:02c'est plus le cas
27:03dans l'entretien de la maison
27:04parce que ça s'y prête plus.
27:05Parce que finalement,
27:06on peut étaler
27:07les périodes
27:08d'intervention
27:09sur plusieurs jours
27:10et plusieurs moments
27:11de la journée,
27:12alors que la garde d'enfance
27:13est quand même ciblée
27:14sur le 16h-20h,
27:16en gros.
27:18Pour répondre
27:18à votre question
27:19plus en détail...
27:20Oui,
27:20la professionnalisation,
27:22c'est un peu contradictoire.
27:23Si on continue
27:24de se dire
27:24que c'est un petit job,
27:25je ne vais peut-être pas
27:26faire non plus
27:26beaucoup d'efforts
27:27de professionnalisation.
27:28Pour certains,
27:28c'est un petit job,
27:29mais comme je le disais,
27:30on a quand même
27:30plusieurs centaines,
27:31on a eu jusqu'à 500,
27:32500, 600 personnes
27:36sur 8,
27:3610 000 personnes
27:37en place
27:38qui rentrent
27:40dans ce parcours
27:40d'alternance
27:42de cette petite enfance.
27:43C'est un parcours
27:43sur un an.
27:45Ce sont des personnes
27:45qui sont accompagnées
27:46pendant un an
27:46par les équipes
27:48et qui après
27:49peuvent rester
27:50soit salariés
27:51chez nous,
27:51soit aller voir ailleurs,
27:53une expérience complémentaire,
27:55soit...
27:55Et c'est un petit peu
27:56ce qu'on veut faire
27:57à terme.
27:58Pourquoi pas créer
27:59une école ?
28:00On est en train
28:01de réfléchir à tout ça
28:01dans nos réflexions
28:03de gouvernance.
28:04Une école finalement
28:05qui serait proposée
28:06à n'importe quelle personne
28:07qui montrerait
28:08sa motivation
28:09pour le métier
28:09et son envie un jour
28:11de prendre des responsabilités.
28:13Une école,
28:14une espèce d'académie
28:14de baby-choo,
28:15on n'a pas encore marketé,
28:16mais c'est l'idée.
28:18On reviendrait
28:18nous en parler.
28:19Merci beaucoup Claire Lanneau,
28:20à bientôt sur
28:21Be Smart for Change.
28:23Merci à toutes et à tous
28:24de votre fidélité.
28:26Je vous dis à très vite
28:27pour un nouveau rendez-vous
28:28sur la chaîne
28:29des Audacieuses.
28:29On en a une
28:30et les Audacieux.
28:31Sous-titrage Société Radio-Canada
28:35Sous-titrage Société Radio-Canada
28:36Sous-titrage Société Radio-Canada

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