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Vendredi 23 octobre 2026, retrouvez Emmanuel Vasseneix (Président, LSDH) dans FACE À THOMAS HUGUES, une émission présentée par Thomas Hugues.
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00:08Bonjour, bonjour à toutes et à tous.
00:09Chaque semaine sur BeSmart4Change, je reçois un ou une chef d'entreprise pour un face-à-face de 28 minutes.
00:15Quelle est leur stratégie ? Comment relèvent-ils les défis majeurs de ce siècle ?
00:20Qu'attendent-ils du prochain ou de la prochaine locataire de l'Elysée ?
00:23Pour répondre à toutes ces questions, j'accueille aujourd'hui Emmanuel Vassnex,
00:28qui est le président du groupe LSDH. C'est parti.
00:36Mon invité, c'était Emmanuel Vassnex, bonjour.
00:38Bonjour.
00:38Bienvenue, vous êtes le président du groupe LSDH, la laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel.
00:42On est dans la région d'Orléans, c'est ça ?
00:44Exactement.
00:44Et alors, c'est vraiment une entreprise familiale.
00:47Elle a été créée en 1909 par des agriculteurs, reprise par votre famille en 1947.
00:53Tout à fait.
00:53C'est une laiterie qui ne fait plus seulement des produits laitiers, c'est ça ?
00:56Complètement. On est aujourd'hui, par la force des choses, la réforme de la PAC, les quotas laitiers,
01:01on est obligé de se spécialiser dans les liquides alimentaires.
01:05Donc aujourd'hui, vous avez de nos produits dans vos frigos ou dans vos rayons.
01:10On fait du jus de fruits, on fait des boissons végétales, on fait des boissons gazeuses.
01:13Et puis ensuite, l'esprit entrepreneurial de l'entreprise a fait qu'on a racheté d'autres entreprises.
01:18Et on s'est aussi lancé dans la salade, avec des marques comme Crudet, Bonduelle également.
01:24Et puis, on vient de racheter la biscuiterie de Chambord, qui est un fleuron patrimonial français qu'il ne fallait
01:29pas laisser tomber.
01:30Donc voilà, c'est un groupe qui continue son chemin.
01:34Cette diversification, en quelque sorte, si je vous entends bien, elle a été en partie forcée et stratégique, j'imagine
01:41?
01:42Alors, elle a été surtout forcée.
01:43Elle a été surtout forcée parce qu'il faut se remettre un petit peu, on sort de la guerre, l
01:47'Europe meurt de faim.
01:48Mon grand-père est obligé d'intégrer cette laiterie parce qu'il ne pouvait plus exercer son métier d'ébéniste.
01:52Et donc, il a racheté cette entreprise.
01:55Et notre première vocation, c'est de nourrir les gens, en fait.
01:57Il faut nourrir vite.
01:58Et donc, les politiques de l'époque ont mis en place la PAC, la politique agricole commune, qui a permis
02:02de rationaliser les productions.
02:04L'ouest de la France, plutôt dès l'élevage.
02:06Et nous, dans une région, quand vous traversez notre région, vous avez le grenier de la France, céréales, betteraves.
02:09Au milieu, vous avez les fruits, les châteaux, les primeurs, mais plus de vaches.
02:12Et au sud, le terrain de jazz des Parisiens.
02:14Voilà un petit peu quoi.
02:15Donc, développer une entreprise quand on n'a plus de matière première, c'est compliqué.
02:18Et en fait, on va comprendre en 1984, au moment où on va être mis en place les quotas laitiers,
02:22l'Europe croule là, sous des montagnes de beurre et de moudre,
02:25et bien que finalement, notre savoir-faire, ce n'est pas de fabriquer du lait ou des choses comme ça,
02:30c'est d'avoir le savoir-faire pour le faire.
02:32Donc, c'est les hommes, en fait, avec un grand âge qui comptent.
02:34Et c'est ce savoir-faire qu'on a développé.
02:36Nous, on fait un métier qui est d'assurer, en fait, finalement, la conservation de produits agricoles dans le temps.
02:42Et donc, on va produire du lait.
02:44Et quand vous maîtrisez le lait, le lait, c'est un produit formidable, fabriqué par des gens exceptionnels.
02:48C'est un métier dur dans l'agriculture.
02:49Et ce lait qu'on a réussi à fabriquer, quand vous le maîtrisez, vous maîtrisez tous les liquides alimentaires.
02:53Vous savez faire de l'eau, de la sauce tomate, des jus de fruits, tout ce qui est liquide.
02:56C'est presque plus facile, si je vous entends ?
02:58Certains sont plus faciles, oui, parce que, par exemple, les jus de fruits,
03:00on a une autoprotection que l'acidité de nos produits.
03:03Et donc, ça nous permet ensuite de faire.
03:05Après, chaque métier et chaque produit a ses spécificités.
03:08Et donc, il faut effectivement adapter nos process de fabrication à tout ça.
03:11Vous l'avez dit, votre famille reprend cette laiterie en 1947.
03:16Troisième génération, c'est ça ?
03:17Troisième et bientôt quatrième.
03:18On est en train de former la quatrième.
03:19Alors, on a eu un passage étonnant parce que, en fait, l'entreprise n'allait pas très bien dans les
03:25années 60-70.
03:26Mon grand-père a vendu 93% des actions à un autre groupe.
03:29Mon père est resté le dirigeant pendant plus de 25 ans.
03:33Et moi, qui suis de formation agricole, puis ensuite de formation agronomique,
03:37et qui a un parcours, et entre autres, j'ai eu une chance d'avoir travaillé dans le groupe Danone
03:40et d'avoir connu Antoine Riboud, qui m'a beaucoup inculqué de choses sur le côté humain,
03:45en fait, finalement, de l'entreprise, le projet économique et social.
03:47J'ai intégré cette entreprise en 1992, et trois ans après, le groupe nous a mis en vente.
03:52Et donc, j'ai décidé avec mon père de racheter l'entreprise par petits bouts,
03:55parce qu'on n'avait pas d'argent, on n'avait pas les moyens.
03:57Et donc, c'est la véritable aventure entrepreneuriale.
04:00Et donc, on a racheté 50% en 1996, 66% en 2002 et 100% en 2007.
04:04Donc, on a fait de la déconcentration dans ce monde.
04:07Aujourd'hui, tout le monde concentre, concentre, concentre.
04:09Nous, on a déconcentré.
04:10Ça met la pression.
04:12Alors, c'est à la fois génial, et en même temps, il y a une forme de pression de se
04:14dire,
04:15bon, il faut que je maintienne, peut-être pour vos enfants, filles ou fils, de reprendre le flambeau.
04:21Oui, alors, la pression, elle est très forte.
04:23D'abord, quand vous avez 30 ans et que vous êtes, entre guillemets, un gamin.
04:27Moi, j'ai appris beaucoup de choses sur le tas.
04:28Vous voyez, la gestion de trésorerie, des choses comme ça.
04:30Je ne l'ai pas appris à l'école.
04:31Quand vous n'avez pas de quoi payer vos fournisseurs, vous apprenez à être bon.
04:35Et puis, je dis toujours, ce qui est important, c'est que notre première responsabilité,
04:38nous, ce n'est pas d'avoir le plus gros compte en banque ou d'assurer la pérennité ou le
04:42transfert à nos enfants, etc.
04:43C'est les 2700 salariés qui travaillent avec moi.
04:45On leur propose un projet, je leur propose un projet.
04:48Je n'ai pas le droit de les décevoir.
04:49Donc, c'est l'implication qu'on va avoir.
04:51Et comment on crée finalement une émulation qui est très positive avec nos producteurs de lait,
04:56nos collaborateurs, nos clients aussi, parce que sans eux, on n'est rien.
04:58Et donc, effectivement, c'est comme ça qu'on arrive à développer un concept qui est un petit peu différent.
05:02Quelques chiffres sur le groupe LSDH, 1,4 milliard d'euros de chiffre d'affaires.
05:08Vous venez de le dire, 2700 salariés, 12 sites de production, 95% des chiffres d'affaires réalisés en France.
05:15Et donc, cette expérience chez Danone.
05:18Antoine Riboud, qu'est-ce qui vous a inculqué, qui vous sert encore presque tous les jours ?
05:23J'ai eu cette chance de le rencontrer trois fois dans ma vie.
05:26C'est un homme qui était remarquable dans l'appréciation qu'il avait.
05:30Et il avait écrit des petits livres, vous savez, pour Jacques Chirac, sur l'évolution, la modernisation des outils de
05:37production,
05:38la souveraineté alimentaire et la souveraineté industrielle, qui est quelque chose qui est extrêmement fort aujourd'hui.
05:43Et en fait, cet homme était d'une simplicité impressionnante.
05:46Et surtout, il ramenait toujours sur le côté, sans les hommes, on n'est rien.
05:50Et je pense que ça m'a beaucoup, derrière, inculqué de choses et de valeurs, en fait, finalement.
05:55Alors, mon papa aussi a eu cette vertu-là de m'inculquer beaucoup de choses.
06:01Et puis, moi, je suis à Orléans.
06:02Et à Orléans, quand vous traversez, vous êtes dans un bassin où, en face de chez moi, j'ai le
06:06groupe Mars.
06:07Donc, à côté, on a Dior, on a Chichaïdo, on a Orangina, on a Caril.
06:12Et donc, arriver à développer une politique sociale et salariale avec des groupes.
06:16Moi, je faisais des produits, je faisais du lait premier prix, vous voyez.
06:19Donc, des choses qui étaient banales.
06:21Il faut avoir, finalement, de la résonance et de la résilience par rapport à ce qu'on a pu avoir.
06:26Donc, on a changé ça en l'espace de 30 ans.
06:28On a su, finalement, en faire une entreprise de renom, aujourd'hui, sur notre territoire.
06:33Et surtout, générer de la fierté.
06:35Et c'est ça qui est important.
06:35Et ces chiffres qu'on a donnés, ils s'expliquent aussi, vous l'avez dit tout à l'heure, par
06:39de la croissance externe, c'est ça ?
06:40Tout à fait.
06:41Alors, donc, nous, on a eu, en fait, à peu près le périmètre historique de l'entreprise.
06:45Aujourd'hui, ça pèserait à peu près 400 millions d'euros de chiffre d'affaires.
06:49En fait, le point, moi, je n'ai jamais racheté une entreprise en me disant,
06:53tiens, demain matin, pour consolider mon activité, je vais racheter telle et telle entreprise.
06:56C'est toujours des gens qui sont venus me voir en me disant, voilà, le projet que vous me proposez,
07:01on aime bien le projet que vous proposez.
07:02C'est parce que vous emmenez les gens avec vous, vous avez un câble, vous êtes résilient, etc.
07:07Donc, en 2008, j'ai racheté les jus de fruits d'Alsace à Sa Réunion, parce que 4 cadres sont
07:12venus me boire en me disant,
07:13voilà, notre entreprise va être vendue ou fermée, est-ce qu'on peut faire un bout de chemin avec vous
07:17?
07:17Et puis, on a redressé, nous, on est assez terriens, en fait, on est issu du monde agricole,
07:21donc on remet les fondamentaux économiques, on regarde comment on peut amener de l'innovation,
07:26comment on crée du lien avec ça.
07:27L'année d'après, on a repris une usine dans le Cholet, qui s'appelle l'Abeille de Cholet,
07:30qui fait des colas, des soft drinks, des limonades, des sirops, et maintenant, on en a fait un bassin laitier.
07:35Et puis, en 2013, alors moi, j'ai une particularité, c'est que je ne supporte plus qu'on détruise
07:41nos entreprises,
07:42notre territoire, nos savoir-faire, nos filières, etc.
07:45Et en 2013, j'ai créé avec Xavier Belin, qui était le président de la FNSEA,
07:48qui est un homme qui était un ami et qui était à 4 km de chez moi, et là, il
07:52est parti,
07:53mais on a créé l'Open Agri-Food, qui est un club de réflexion sur l'alimentation de demain,
07:57qui travaille énormément sur l'éducation alimentaire.
08:00Et puis, on a pris conscience, en fait, finalement, que tout ce qu'on raconte aujourd'hui
08:05sur la souveraineté alimentaire, la souveraineté industrielle,
08:07excusez-moi du terme, mais c'est du vent.
08:09C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on ne la fait pas dans les faits.
08:11C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on continue à laisser partir nos industries, nos filières, nos fleurons,
08:17et on perd pour des tas de raisons.
08:19Il y a des raisons de volonté, mais il y a aussi des raisons fiscales,
08:22il y a des raisons de succession, etc.
08:24Et moi, j'ai dit, on ne peut plus laisser faire ça.
08:25Donc, en 2013, il y avait une usine à 7 km de chez moi,
08:28qui faisait de la salade en sachet.
08:30Cette entreprise allait être fermée, rachetée par un grand groupe,
08:34qui, derrière, allait fermer pour consolider, en fait, finalement, l'activité.
08:37Il y avait 700 salariés.
08:38Moi, j'ai 250 personnes qui, tous les matins, épluchent de la salade
08:41et produisent de la salade pour les citoyens français.
08:44Et ces gens-là, ils ont une puissance énorme.
08:46C'est-à-dire que ces gens-là, aujourd'hui, s'ils ne font pas bien leur travail, moi, j
08:49'ai échoué.
08:50Vous voyez ? Donc, la considération qu'on a pour des gens
08:52qui épluchent, effectivement, la salade, elle est importante.
08:55Et donc, on a décidé de reprendre les crudettes.
08:57On l'a adossé à d'autres sites de production
08:59pour en faire, aujourd'hui, un acteur important en France.
09:02Et est-ce que, dans ce cas-là, il n'y a pas forcément
09:05donc, restructuration des emplois qu'il faut, entre guillemets, sacrifier ?
09:10Et comment cette phase-là, vous la mettez en conformité
09:14avec les principes dont vous nous parliez tout à l'heure,
09:16qui sont des principes d'un entrepreneuriat à l'aribou,
09:21c'est-à-dire tourné vers le social et vers l'humain ?
09:23J'ai... Alors, pour l'instant, je n'ai pas eu à faire ça.
09:25Je n'ai pas eu à faire ça.
09:27Je ne dis pas que je n'aurais pas à le faire.
09:28Parce qu'il y a des moments, il y a des choses qui peuvent bouger.
09:31On voit en ce moment, avec tout ce qui se passe,
09:32comment on est dans un monde d'incertitude.
09:34Néanmoins, je pense que c'est avant tout un problème de posture que l'on a.
09:38Soit vous considérez que les personnes et les filières,
09:43donc nos producteurs, sont la première variable d'ajustement
09:46de votre compte d'exploitation.
09:47C'est-à-dire qu'à un moment, vous n'arrivez pas à vendre correctement,
09:49suffisamment, etc.
09:50Et vous dites, je vais aller amortir ça en diminuant mon nombre de personnes,
09:53en diminuant mon nombre de producteurs.
09:54Soit vous dites, c'est la dernière.
09:56Et je pense vraiment à ça.
09:57C'est-à-dire que je pense que quand on a une conception...
09:59Moi, je vivrais comme un échec à un moment
10:01d'avoir à licencier des personnes, etc.
10:04Je ne dis pas, encore une fois, que je ne le ferai pas
10:05parce que les conditions pourront m'amener à le faire.
10:07En tout cas, je n'ai pas été amené à le faire.
10:09Et par contre, c'est derrière.
10:10Comment on met toute l'entreprise en émulation
10:12au travers d'un seul objectif, qui est de réussir ?
10:15Et ça, on parlera un petit peu plus tard
10:17de la participation et de l'intéressement,
10:18qui est un outil absolument formidable.
10:20Donc, par rapport à ça, c'est comment, finalement,
10:21on axe les choses sur la réussite collective ensemble.
10:25Et il n'y a pas de petites et grandes personnes.
10:27Il n'y a pas de petits et grands projets.
10:28Il y a des projets, des personnes.
10:29Et moi, je ne suis pas au-dessus de la mêlée.
10:31Je suis dans la mêlée.
10:32Et c'est ça qui permet, effectivement, d'avancer sereinement.
10:34Et vous travaillez...
10:37C'est qui le patron ?
10:38Alors, on a, avec Nicolas Chaban,
10:40que vous avez reçu plusieurs fois
10:42et qui est une personne remarquable,
10:44on a créé, effectivement, en 2016, cette marque,
10:49dans des conditions complètement incroyables.
10:50Comme vous le faites, il n'y a eu aucun cours de marketing
10:52ou des choses comme ça qui permettraient de justifier ça.
10:54On s'est mis...
10:55C'était à Pont-de-Veaux.
10:57Et puis, on a dit, voilà, on va essayer de sauver
10:59ces 80 producteurs de l'ail, 28 millions de litres.
11:02Avec l'idée de faire une marque
11:03où le pouvoir est entre les mains des consommateurs.
11:05Exactement.
11:05C'est-à-dire que le pouvoir, c'est de dire
11:07le consommateur doit...
11:08En fait, finalement, on constate que
11:09la carte bleue, aujourd'hui, a plus de pouvoir
11:11que la carte des lecteurs.
11:12Et donc, le consommateur a le pouvoir
11:14de faire ou pas faire.
11:15Et j'invite les gens qui veulent consommer
11:17des produits, c'est qui le patron ?
11:18À le faire, parce qu'ils ont l'assurance
11:20que ça ira derrière aux consommateurs.
11:21Donc, on a créé ça,
11:23adossé sur des structures très fortes
11:25en termes psychologiques.
11:27C'est-à-dire que, globalement,
11:28oui, on a sauvé des producteurs,
11:29mais il est aussi le garant.
11:31Moi, j'explique toujours qu'on propose
11:33une juste rémunération des producteurs
11:35qui leur permettent d'ailleurs,
11:36sans appeler à l'État,
11:38à mener les transitions agroécologiques
11:39qui sont nécessaires,
11:41sans demander d'aide,
11:41sans demander des choses comme ça,
11:42puisqu'on est un pays où on demande
11:43de l'aide de partout par rapport à ça.
11:45Mais l'aide, c'est nous qui la finançons,
11:46quand même.
11:47Et puis derrière, on assure aussi
11:48aux consommateurs une protection de son prix.
11:51Donc, nos prix ne vont jamais dégringoler,
11:52mais nos prix ne vont jamais exploser non plus,
11:54parce qu'on est dans un tunnel de fonctionnement.
11:56Et d'ailleurs, on a su, derrière,
11:57le dupliquer avec d'autres distributeurs
11:59sur des contrats tripartites
12:01ou des choses comme ça.
12:01Oui, effectivement.
12:02Alors justement, ces accords tripartites,
12:04la clé du succès, c'est quoi ?
12:05C'est justement la durée ?
12:06C'est le fait de s'engager
12:08sur une période longue ?
12:09C'est d'abord la transparence.
12:10Je pense que se parler des choses,
12:11quand vous mettez autour de la table
12:12un distributeur, un industriel
12:14et un producteur,
12:16vous ne pouvez pas tricher.
12:17Parce que forcément,
12:18il y en a deux qui ont entendu
12:19ce que vous avez dit,
12:19si vous avez dit une bêtise, etc.
12:21Donc, on ne triche pas.
12:22Ensuite, c'est d'appliquer ce qu'on a dit.
12:24Et nous, on va très loin.
12:25On va jusqu'à la certification
12:26de nos comptes tous les mois,
12:28le partage avec nos producteurs,
12:30avec nos distributeurs,
12:31mais également avec un commissaire aux comptes
12:32qui vient certifier.
12:33La réponse à tout moment,
12:35parce que vous pensez bien
12:35que depuis dix ans,
12:36on a été extrêmement attaqués
12:38par certains de nos concurrents
12:39qui nous veulent du bien.
12:40Mais à chaque fois,
12:41finalement, ça a glissé
12:42parce qu'on avait cette résonance
12:44et on avait cette démonstration
12:46qui était faite.
12:47Et puis, le dernier point,
12:48c'est d'arriver à convaincre
12:49le consommateur.
12:50C'est qu'aujourd'hui,
12:51moi, j'ai eu l'occasion récemment
12:52de montrer un litre de lait
12:53qui était vendu en promotion
12:56et de dire que ce litre de lait
12:57tue un agriculteur.
12:58Parce qu'aujourd'hui,
12:59je peux vous donner du lait,
13:00ce n'est pas pour ça
13:00que vous allez vous relever
13:01la nuit pour en boire.
13:02Donc, aujourd'hui,
13:03on sait bien qu'il y a des choses
13:04qui deviennent ridicules,
13:05mais par contre,
13:06qui sont extrêmement importantes
13:07pour l'avenir de nos filières.
13:09Et là, il faut absolument
13:10qu'on les consolide.
13:11Et les démarches,
13:11comme c'est qu'il patron,
13:12ce sont des démarches
13:13qui initient beaucoup de choses.
13:14Mais pour avoir reçu
13:15Nicolas Chavannes,
13:16il parlait par exemple
13:17des lois Egalim.
13:19Il dit qu'il manque toujours
13:20les consommateurs
13:21autour de la table.
13:22C'est vrai que...
13:23Comment c'est possible ?
13:24Comment c'est possible ?
13:25Parce que je pense que
13:26notre système aujourd'hui,
13:27et d'ailleurs,
13:27il n'y a pas que là,
13:29je pense qu'on a des gens
13:30qui pensent
13:31et puis on a des gens
13:32qui derrière agissent.
13:33Et on a un peu oublié,
13:35en fait, finalement,
13:36le consommateur
13:37que c'est lui qui achetait.
13:39Vous comme moi,
13:39à un moment,
13:40vous pouvez faire
13:40ou pas faire les choses.
13:42Donc nous,
13:42on a simplement dit...
13:43Et moi, ce que je peux témoigner,
13:45c'est parce qu'on les reçoit beaucoup,
13:46on leur explique avec des gens
13:48qui, à des moments,
13:49ont des idées préconçues,
13:50qui sont initiées par des choses
13:51qu'ils ont vues, lues, etc.
13:53Mais quand on prend le temps
13:54d'expliquer comment se crée la valeur,
13:55comment elle se développe,
13:56comment... etc.
13:57Eh bien, on voit
13:58que les gens comprennent
13:58et comprennent les difficultés
14:00et comprennent que
14:01tout ne peut pas se faire
14:01du jour au lendemain,
14:02que nous, on vit avec
14:03l'élément de la nature
14:04qui a ses hauts et ses bas
14:06et on l'a vu cet été.
14:07Et donc, effectivement,
14:08on a ces évolutions.
14:09Donc, il faut absolument
14:10remettre tout le monde
14:11parce que c'est un projet,
14:12avant tout,
14:12un projet collectif
14:16et les mots autour
14:18de la réindustrialisation,
14:20c'est souvent du vent.
14:21Je vais vous citer,
14:22il y a un an,
14:23vous disiez à nos confrères du Point,
14:24moi, chef d'entreprise,
14:25je ne reçois plus de politique
14:25car c'est un système du passé.
14:27Pourquoi vous dites ça ?
14:28Je ne dis pas
14:29que je ne reçois plus de politique
14:30parce que je pense
14:31que des entreprises comme nous,
14:33on est finalement devenu
14:34une certaine forme de caution
14:35de leur système
14:36et de leur mécanique.
14:38Pourquoi ?
14:38Parce que quand je suis bien énervé,
14:40je vous dirais
14:40« Oui, j'en ai marre,
14:41je vais m'en aller en Belgique,
14:42je vais délocaliser,
14:43je vais partir. »
14:44Mais je ne le ferai pas.
14:46Parce que j'achète mon pain
14:48dans la même boulangerie
14:49que mes collaborateurs,
14:50parce qu'on est attaché
14:52à notre pays.
14:52Moi, je suis fier de mon pays.
14:54On a un beau pays,
14:55on a un pays de diversité,
14:56de biodiversité, etc.
14:56J'en suis très fier.
14:57Mais il faut le garder
14:58et il faut se battre
14:59pour le garder.
15:00Et les politiques viennent,
15:01donc ils sont très contents
15:02de venir chez nous
15:03parce que généralement,
15:03ils sont bien reçus,
15:04ils ont un petit cadeau
15:05à la sortie, etc.
15:06Sauf que qu'est-ce qu'ils font ?
15:07Ils disent « Oui, j'ai visité
15:08une entreprise qui fait autrement. »
15:09Mais le fond des actions
15:12qu'ils mènent...
15:12Qu'est-ce qu'ils en font après ?
15:13Qu'est-ce qu'ils en font ?
15:14Vous voyez, aujourd'hui,
15:14on a des gros débats.
15:16Les endroits que je représente,
15:17c'est les ETI,
15:17les entreprises de taille idéale.
15:19On ne peut pas dire intermédiaire,
15:21mais idéale.
15:22Pour ne pas dire intermédiaire.
15:23Eh bien, aujourd'hui,
15:24on n'est encore pas reconnu
15:25alors qu'on est un vrai pourvoyeur
15:27de création de valeurs
15:29sur notre territoire,
15:30d'emplois,
15:31de mener des politiques
15:32qui intègrent les gens
15:33comme la participation,
15:34l'intéressement, etc.
15:35Donc, tout ça,
15:36aujourd'hui,
15:37il n'y a pas assez d'actes.
15:38Et donc, on le voit,
15:41globalement,
15:41notre industrie,
15:42je lisais avant de venir,
15:44l'industrie agroalimentaire,
15:45donc la partie...
15:46Alors, d'abord,
15:47quand on parle de l'industrie
15:47agroalimentaire,
15:48c'est l'alimentation.
15:48L'alimentation,
15:49ça va des producteurs
15:50et de leur amont,
15:51nous,
15:52et puis également
15:52les distributeurs
15:53qu'il ne faut absolument pas oublier.
15:54Ça, c'est l'alimentation
15:55et c'est ça qui est important.
15:56Et aujourd'hui,
15:56cette alimentation,
15:57elle est déficitaire
15:58au niveau de la balance
15:59import-export.
16:00Ce qui est dramatique
16:01alors qu'on est un pays
16:01de production agricole
16:03et de transformation agricole.
16:05Et ça veut dire que
16:06si les candidats à la présidentielle
16:07veulent venir visiter l'usine,
16:09vous fermez la porte ?
16:11Ou quand même,
16:11vous vous dites,
16:12tiens,
16:12essayons de convaincre
16:13le futur ou la future présidente
16:15de ce que vous faites ?
16:16J'ai 61 ans,
16:17je l'ai fait beaucoup,
16:18beaucoup,
16:18beaucoup de fois.
16:19J'ai reçu Jean Castex,
16:20j'ai reçu un certain nombre
16:22de gens.
16:24Oui, je les recevrai
16:25parce que des fois,
16:26je suis en colère.
16:27Mais vous êtes urbain quand même.
16:30Mais est-ce que ça veut dire,
16:32j'ai au bout de la question,
16:32que vous attendez quand même
16:34quelque chose de ce scrutin présidentiel
16:37dans six mois ?
16:39Moi, j'attends,
16:41enfin,
16:41d'abord,
16:42j'attends qu'on mène
16:42des réformes de fonds,
16:44dont une qui est,
16:45un de mes grands dada,
16:45qui est la fiscalité.
16:46C'est que je pense
16:47qu'on a commis une erreur magistrale,
16:49c'est qu'on avait une fiscalité agricole
16:51adaptée à un monde agricole,
16:53on avait une fiscalité industrielle
16:54adaptée à un monde industriel
16:55et aujourd'hui,
16:55on a un monde du tertiaire
16:56où beaucoup de produits
16:57rentrent de l'étranger
16:58et on n'a pas adapté
16:59notre fiscalité.
17:00Ce qui explique qu'aujourd'hui,
17:01on tape, en fait,
17:03dans de moins en moins de gens
17:04qui sont les gens
17:05qui créent la valeur,
17:06aujourd'hui,
17:06parce que c'est là-dessus.
17:07Et donc,
17:08on alourdit,
17:08en fait,
17:09notre coût du travail.
17:10Je parle bien du coût du travail,
17:11je ne parle pas des salaires.
17:12Et donc,
17:12on perd notre capacité,
17:14effectivement,
17:14à exporter des produits.
17:15Et ça,
17:15j'avais proposé,
17:16à l'époque,
17:17au président Sarkozy,
17:17j'avais rédigé un rapport
17:18sur ce qui s'était appelé
17:19la contribution sociale
17:20sur la valeur ajoutée,
17:22telle qu'on l'avait,
17:23en disant,
17:23on va transférer,
17:24en fait,
17:25on va baisser
17:26les coûts salariaux
17:27et les coûts patronaux,
17:28donc les charges patronales
17:29et les charges salariales,
17:31redonner du pouvoir d'achat
17:32aux gens,
17:32redonner de la compétitivité
17:33pour les produits
17:34qu'on va aller.
17:34Et je peux vous garantir
17:35qu'on l'aurait fait,
17:36notre pays n'aurait pas
17:36cette tête-là aujourd'hui.
17:37Et donc,
17:38j'attends,
17:38il faut qu'il y ait
17:39un vrai choc,
17:40parce que si on ne change rien,
17:41on reparlera tous les ans
17:43de la même chose,
17:43tous les ans,
17:44on aura des budgets
17:44dans lesquels
17:45et tout le monde
17:45ne sera pas content
17:46parce qu'on aura des déficits
17:47et on tapera dans les retraites,
17:48on tapera dans les gens.
17:50Et voilà,
17:51et si on ne casse pas
17:52cette spirale,
17:53il va falloir la casser,
17:54il va falloir le courage
17:55de le faire,
17:56eh bien,
17:56on échouera.
17:57Est-ce qu'il y a une question
18:00d'équité ou de justice fiscale ?
18:02C'est un thème
18:03qu'on entend beaucoup,
18:04notamment,
18:04plutôt chez les candidats
18:06à gauche de l'échiquier,
18:07en disant,
18:08il faut une taxe Zuckman
18:09ou il faut une taxe spécifique
18:11sur les très grandes fortunes.
18:13Est-ce que dans le package
18:14global qu'un candidat,
18:16même de droite,
18:17propose,
18:18il faut intégrer cette dimension ?
18:19Moi, je pense
18:19qu'il faut un vrai débat
18:20sur le partage de la valeur,
18:22le partage de la valeur
18:23dans l'entreprise.
18:24Nous, vous voyez,
18:24on a mis en place
18:26depuis très longtemps,
18:27en 1988,
18:28la participation
18:29et l'intéressement.
18:29On distribue 25%
18:31de ce que l'entreprise
18:31gagne à nos salariés
18:34et on a créé,
18:35en fait,
18:35une émulation
18:36dans laquelle
18:37les collaborateurs
18:38sont au bon endroit
18:39parce que,
18:40en fait,
18:40l'important,
18:41tous les ans,
18:42je fais des négociations
18:43annuelles de salaire
18:43dans lesquelles
18:44on finit
18:44avec 0,1 point
18:45en plus ou en moins
18:46en fonction de l'inflation,
18:47etc.
18:48Et à un moment,
18:48je leur dis stop,
18:49on arrête
18:49et on va se battre
18:50pour 20%.
18:5220%,
18:52c'est ce qu'on va gagner
18:53si jamais l'entreprise gagne.
18:55Et en fait,
18:55ce qu'il faut faire rentrer
18:56dans la tête de tout le monde,
18:57c'est que l'entreprise
18:58n'est pas la propriété
18:59de ses actionnaires.
19:00Elle a la propriété
19:00au sens juridique
19:01de ses actionnaires.
19:02Mais demain,
19:03si l'actionnaire,
19:03il a un problème,
19:05il trouvera des solutions
19:06et généralement,
19:06il ne sera pas malheureux.
19:07Il faut l'avouer.
19:08Par contre,
19:08ceux qui vont être malheureux,
19:09c'est ceux qui travaillent.
19:11Et donc,
19:11tout le monde est acteur
19:12du résultat de l'entreprise.
19:13La personne qui réceptionne
19:14à l'accueil,
19:15la personne qui va s'assurer
19:16d'une facture,
19:17qui va changer,
19:18pas changer une pièce détachée,
19:19qui va améliorer
19:20une productivité,
19:20une perte.
19:21Tout le monde,
19:21il n'y a pas une personne
19:22dans l'entreprise
19:23qui peut me dire
19:23qu'il n'est pas acteur du résultat.
19:25Et quand on a gagné,
19:26et quand on a gagné un euro,
19:28eh bien,
19:28il y en a 25%
19:28qui reviennent aux salariés.
19:30Et pourquoi moi,
19:30je suis très tranquille avec ça ?
19:31Parce que je préfère gagner
19:33400 000 euros
19:33et redonner 100 000
19:34à mes salariés,
19:35ils sont contents,
19:36j'ai payé tout le reste,
19:37j'ai de l'argent
19:38pour faire des investissements,
19:39pour développer,
19:40que de gagner 100 000 euros
19:41et de rien donner
19:41et d'avoir des gens
19:42mécontents
19:42et de perdre en productivité,
19:44de perdre en qualité,
19:45de perdre, etc.
19:46Donc,
19:46c'est une émulation collective
19:48et c'est là où je pense
19:49que nos politiques actuellement,
19:50quand vous entendez
19:51ce que vous entendez,
19:52enfin,
19:52je pense qu'on entend
19:52la même chose.
19:54Mais nous,
19:56les chefs d'entreprise,
19:57nous sommes aussi,
19:58on a un pouvoir
19:59d'opition local.
20:00Moi,
20:01quand je prends la parole
20:02devant 2700 personnes,
20:03les gens m'écoutent,
20:04ils me disent,
20:04tiens,
20:04c'est le cas-là quand même,
20:05il est au quotidien
20:06dans les trucs, etc.
20:07Et donc,
20:07on est des leaders d'opinion
20:08à notre échelle
20:09et on doit capitaliser là-dessus
20:11et développer
20:11et travailler mieux
20:12avec le politique
20:13et ne pas être sous
20:14les contrôles permanents.
20:16Ça veut dire aussi,
20:17là,
20:17se faire entendre
20:18dans le semestre
20:19qui arrive,
20:20on est à un peu plus
20:21de six mois
20:22avant le premier tour
20:22de la présidentielle,
20:23ça veut dire qu'un chef
20:24d'entreprise comme vous
20:25ou collectivement
20:26les chefs d'entreprise
20:27doivent dire
20:28voilà les solutions
20:30auxquelles on croit
20:31ou au contraire,
20:32attention,
20:33voilà un programme économique
20:34qui nous semble absurde.
20:35Oui,
20:35alors on le fait,
20:37alors on a des organisations,
20:39moi je ne suis pas
20:40un très très grand
20:41acteur
20:42entre autres au MEDEF
20:43parce que
20:44il y a des idées
20:44que je ne partage pas
20:45partout non plus,
20:46par contre on est très actifs
20:47dans un mouvement
20:48qui s'appelle le METI
20:48qui est très adapté
20:50à nous en fait
20:51parce que
20:52c'est que des chefs
20:53d'entreprise
20:53qui ont une forte compréhension
20:54du local,
20:55du territoire, etc.
20:55Donc c'est les entreprises
20:56de taille idéales.
20:57Idéales, voilà.
20:58Donc oui,
20:59on est actifs
20:59et je dirais
21:00qu'on ne rate pas
21:01une bonne occasion
21:02parce qu'on a des réseaux,
21:03parce que maintenant
21:05la vraie question
21:06c'est comment
21:06on fait comprendre ça.
21:08Vous savez,
21:08on parle beaucoup
21:09des politiques
21:09mais vous avez aussi
21:10tous les gens
21:11qui ne vont pas changer
21:12avec les élections,
21:13les fonctionnaires,
21:15les Bercy,
21:16en fait tous ces gens-là
21:17qui aujourd'hui
21:17ont une certaine idée
21:18en fait finalement
21:19de comment on va
21:20résoudre les problèmes.
21:21On parle beaucoup
21:22de décentralisation
21:23mais on n'écoute pas
21:23les gens sur le terrain.
21:26Donc il faut en fait
21:27qu'il y ait une reconnexion
21:28aux citoyens
21:29qui soient beaucoup plus fortes
21:31de façon à mieux écouter.
21:32Je vais vous prendre
21:32un exemple concret,
21:33la voiture électrique.
21:34La voiture électrique
21:35c'est sûrement
21:36une très bonne idée
21:36sauf que quand vous êtes
21:37en Sologne
21:38et je ne vous parle pas
21:38d'autres pays
21:39et que vous faites 10 km
21:40pour aller chercher votre pain
21:42et que vous avez une voiture
21:42depuis 25 ans,
21:44si on vous dit
21:44d'acheter une voiture
21:45à 30 000 euros
21:46pour faire ces 10 km
21:47ça va vous poser un problème.
21:48Donc il faut écouter
21:49ces gens-là.
21:50Et nous on ne descend pas
21:51de chez nous
21:51en ayant tout sous la main
21:52comme on peut l'avoir
21:53dans certains quartiers de Paris.
21:54Oui, effectivement.
21:55Sur l'industrialisation
21:57c'est vrai que 95%
22:00je donnais le chiffre
22:00tout à l'heure
22:00de votre chiffre d'affaires
22:01il est réalisé en France.
22:05C'est un choix militant.
22:06Vous voyez ce que je veux dire ?
22:07C'est-à-dire que vous pourriez
22:08peut-être être beaucoup plus rentable
22:10si vous délocalisiez
22:11une partie de votre activité ?
22:12Alors c'est pas un...
22:13Bon, la vie des entreprises
22:14comme la vie en général
22:15nous impose des choses.
22:16Moi j'ai pas toujours été...
22:18L'entreprise n'a pas toujours été
22:19ce qu'elle a été.
22:19J'ai des fois regardé dans le tiroir
22:21ce qu'il y avait pour repartir
22:21le lendemain.
22:22Donc il faut faire des choix
22:23comme j'ai pas fait le choix
22:24de la marque.
22:25Vous voyez par exemple
22:25aujourd'hui il y a des grandes marques.
22:27Je dis toujours que
22:28ceux qui disent que les marques
22:29servent à rien
22:29c'est ceux qui en ont pas.
22:30Ceux qui en ont
22:30ils sont quand même
22:31vachement contents d'en avoir.
22:33Nous on n'a pas été
22:35effectivement sous le développement
22:36de la marque.
22:36Et l'international...
22:37Alors il y a une nuance
22:38entre l'export et l'international.
22:39L'international c'est
22:40vous allez dans un pays
22:42vous achetez une entreprise
22:43et vous développez
22:43finalement avec les us et coutumes
22:46etc.
22:46L'export c'est que vous avez
22:47des savoir-faire
22:49que vous allez pouvoir exporter.
22:50Donc on exporte un petit peu
22:51par exemple de la crème UHT
22:53des boissons végétales
22:54etc.
22:55dans ce que l'on peut faire.
22:56Après il y a un vrai problème
22:57c'est les moyens
22:58et l'énergie qu'il faut mettre.
22:59Il faut faire toujours
23:00très très attention
23:02à pas se diversifier
23:03à pas partir dans des pays
23:04qui vous occupent énormément
23:05et puis finalement
23:06vous perdez vos racines
23:07en France.
23:08Et moi nous c'est le risque
23:09qu'on identifie.
23:10Aujourd'hui
23:11vous savez on a le même
23:12quota d'énergie
23:12on peut se lever le matin
23:13en disant
23:13j'ai deux fois plus d'énergie.
23:14c'est pas pour ça
23:15que vous l'aurez.
23:16Par contre
23:16c'est où vous mettez
23:17votre énergie
23:17pour être efficace
23:18assurer la pérennité.
23:19Donc on préfère nous
23:21rester à notre échelle
23:22vendre nos savoir-faire
23:23et ça c'est important.
23:25On n'a pas eu
23:26d'opportunité de développer
23:27et moi je pense
23:28qu'aujourd'hui
23:28vous voyez dans nos métiers
23:29qui sont quand même
23:30des produits de grande consommation
23:31les Allemands ont vendu
23:32lait de qualité
23:32les Belges aussi
23:33et demain les Chinois
23:34produiront leur lait
23:35il faut arrêter de penser
23:36qu'ils ne le feront pas.
23:37Donc par contre
23:37quand à des moments
23:38on peut amener
23:38un certain nombre de pierres
23:40à l'édifice
23:40que font d'ailleurs
23:41très bien les Allemands
23:42en termes de complémentarité
23:43nous on participait
23:44à un projet
23:45avec des Allemands
23:46ils sont allés chercher
23:47le meilleur en Europe
23:48pour leurs problèmes
23:48et nous on n'a pas
23:49ce réflexe là
23:50on est dans un réflexe
23:51où on se recroquevillit
23:52en disant surtout
23:52il ne faut pas que ça sorte
23:53il ne faut pas qu'ils le sachent.
23:55Donc pourquoi pas l'export
23:56maintenant ça doit être
23:57un export qui doit être
23:58bien pensé
23:59et puis bien planifié
24:00de façon à ce qu'on
24:01ne se perde pas
24:02en effet
24:02et on menace notre édifice.
24:03Vous dites qu'on a
24:04les moyens de produire local
24:05et vous le faites
24:06vous le démontrez
24:07avec votre entreprise
24:09en regardant autour de vous
24:10qu'est-ce qui nous empêche
24:12de le faire davantage ?
24:13On est toujours
24:14sur cette logique
24:15de réindustrialisation
24:17rêvée
24:17et pas encore réelle.
24:18Je pense que là
24:19il y a plusieurs choses
24:21d'abord
24:22on a quand même
24:23un phénomène
24:24qui est important
24:25c'est le phénomène
24:25de la concentration
24:27dans le monde agricole
24:28et agroalimentaire
24:29400 000 producteurs
24:3027 000 entreprises
24:31agroalimentaires
24:326 groupes de distribution
24:33il faut
24:34pour moi
24:35ça doit être
24:35une responsabilité collective
24:37c'est-à-dire qu'à un moment
24:38il faut
24:38on parlait tout à l'heure
24:39de cette juste rémunération
24:41pour un juste prix
24:41au consommateur
24:42et bien il faut que ça
24:43ça rentre dans la tête des gens
24:44et qu'on ne soit pas
24:45sans arrêt soumis
24:46au fait de dire
24:46ah bah oui
24:47mais il y en a un dans un coin
24:48qui fait un centime de moins
24:49un centime de plus
24:50et etc.
24:51Donc il y a une vraie
24:52je pense responsabilité collective
24:54de la chaîne de l'alimentation
24:56de dire
24:56on veut demain
24:57être autosuffisant
24:58au niveau de notre production
25:00alimentaire.
25:01Deuxièmement
25:01et ça va peut-être
25:02vous paraître bizarre
25:03je pense qu'il faut
25:04arrêter les aides
25:05dans nos métiers
25:07on est devenus
25:07des chasseurs d'aides
25:08nos producteurs
25:09passent plus de temps
25:10à chasser les aides
25:11vous voyez en ce moment
25:11il y a eu la canicule
25:13on va leur donner
25:13une indemnité
25:15de calamité naturelle
25:17aujourd'hui non
25:18le vrai problème
25:19c'est comment
25:19on leur construit
25:20des réservoirs
25:21qui leur permettent
25:22d'arroser l'été
25:23qu'on transforme
25:24dans les techniques
25:24agro-culturales
25:27l'arrosage
25:28de façon à assurer
25:29donc on va avoir
25:30à repenser la recherche
25:31telle qu'elle est
25:32ensuite il faut investir
25:33dans la recherche
25:33et nous on est en train
25:34de désinvestir
25:35dans la recherche
25:36donc en France
25:37nos centres de recherche
25:38partent dans d'autres pays
25:39qui pour le coup
25:39ont plutôt défiscalisé
25:42la recherche
25:43que défiscaliser
25:44effectivement les bas salaires
25:45et puis derrière
25:47le point
25:48c'est que
25:48c'est d'arriver
25:49à décider
25:50les consommateurs
25:51et Nicolas Chaban
25:52le dit très bien
25:53il dit il y a 30%
25:54de consommateurs
25:54qui n'arrivent pas
25:55à joindre les deux bouts
25:56il ne faut pas leur reprocher
25:57d'acheter le lait
25:57le moins cher
25:58qu'ils vont avoir
25:59par contre
25:59on en a quand même
26:0070%
26:00qui ont le choix
26:01et ces gens-là
26:02il faut continuer
26:02à les convaincre
26:03il faut les convaincre
26:04qu'acheter local
26:04acheter français
26:05etc
26:06c'est pas forcément
26:06plus cher d'ailleurs
26:07contrairement à ce qu'on pense
26:08mais par contre derrière
26:09on fait du bien
26:10à une économie locale
26:12générale
26:12dernier mot
26:13il me reste un peu plus
26:13d'une minute
26:14sur peut-être les normes
26:15est-ce que l'empilement
26:16des réglementations
26:18et des normes
26:18c'est un frein
26:19à cette
26:19c'est colossal
26:21aujourd'hui on croule
26:22sous les normes
26:23environnementales
26:23juridiques
26:24sociales
26:25parfois contradictoires
26:27contradictoires
26:27contradictoires avec l'Europe
26:29donc des fois
26:29on est les messieurs plus
26:30donc il faut absolument
26:32qu'il y ait un grand
26:33qu'on fasse le grand soir
26:35de tout ça
26:35maintenant
26:36qui va être capable
26:36de le faire
26:37qui va avoir la volonté
26:38de le faire
26:38parce que
26:40on génère en fait
26:41des choses
26:41qui nous pénalisent
26:42je vais vous prendre
26:43un exemple concret
26:44qui est la réutilisation
26:44de l'eau
26:45nous on a monté
26:46des installations
26:46sur nos usines
26:47qui permettent
26:48de récupérer l'eau
26:48qu'on utilise
26:49de la retraiter
26:50de la recycler
26:50on avait une loi
26:53qui était à parfaire
26:54on a refait une loi
26:55la loi qu'on a refait
26:56est deux fois plus compliquée
26:57que la précédente
26:59et pourtant
27:00on a un problème d'eau
27:01donc il y a un moment
27:02où il faut se mettre
27:02au bon endroit
27:03et oui il y a des gens
27:04qui ne respectent pas
27:05mais ceux-là
27:05il faut les identifier
27:06il faut être très réprécif
27:07avec eux
27:08par contre il y a un certain
27:09nombre de gens bien
27:09et ceux-là
27:10il faut les aider
27:10merci beaucoup
27:12et à bientôt
27:13sur Bismarck Fortchage
27:14merci à tous
27:15et à toutes
27:16de votre fidélité
27:17à la chaîne
27:18des audacieuses
27:18et les audacieux
27:19je vous dis à très vite
27:20salut