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Vendredi 6 novembre 2026, retrouvez Nicolas Joly (Directeur général, groupe Icade) dans FACE À THOMAS HUGUES, une émission présentée par Thomas Hugues.

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Transcription
00:04Mon invité, c'est donc Nicolas Joly, le directeur général d'ICAD.
00:08Bonjour, bienvenue.
00:09Bonjour Thomas.
00:10Merci.
00:1070 ans d'expérience pour ICAD sur le marché immobilier français.
00:13Environ 5000 logements produits chaque année, deux métiers, foncières et promoteurs.
00:17Est-ce que c'est votre originalité d'avoir ces deux métiers ?
00:21Oui, tout à fait.
00:22D'être à la fois investisseur avec des fonds propres, des cash flows récurrents
00:26et d'être à la fois promoteur avec cette boîte à outils de développement,
00:29c'est une vraie originalité pour ICAD.
00:31Et avec nos 70 ans d'historique au cœur de la ville, sur un terrain de jeu qui est en
00:36fait boulot dodo,
00:37puisque nous on fait du bureau, on fait du logement, on est 20 heures par jour dans la vie des
00:41gens.
00:41Et oui, effectivement, ça nous donne un profil très original pour savoir de quoi on parle.
00:45Et alors, on est à Afrawick. Pourquoi vous êtes ici ? Qu'est-ce que ça représente pour vous ?
00:50Déjà, vous remerciez parce que l'immobilier, en réalité, c'est une infrastructure.
00:54On va pouvoir parler de différents immobiliers, on parle des bureaux, on parle des logements,
00:57mais tout ça, ce sont des infrastructures qui sont stratégiques, infrastructures stratégiques pour l'attractivité de la France.
01:04Infrastructures de productivité, infrastructures de cohésion sociale.
01:08Et puis, si on prend un tout petit peu de recul, l'industrie de la ville, c'est 10%
01:12du PIB.
01:13Alors, c'est quelque chose qui est massif, que les gens n'ont pas forcément en tête, mais qui est
01:17essentiel.
01:18Et donc, on le verra, sur tous ces sujets-là, on est vraiment au cœur et de la vie des
01:22gens,
01:22au cœur de l'économie et au cœur de l'attractivité française.
01:25Oui, et puis on parlera notamment de data center, là aussi, on est au cœur de ces infrastructures.
01:30Alors, forcément, début d'interview, quelques questions sur le contexte, parce que le marché est en difficulté.
01:37Est-ce qu'il a trouvé un point d'équilibre, malgré tout, ce marché ?
01:40Ou est-ce que vous vous dites, on peut être encore dans une phase difficile ?
01:44Ce qui est sûr, c'est qu'on fait face à beaucoup d'incertitudes.
01:46Et si on prend un peu de recul, je trouve que cette crise, elle est très particulière,
01:51parce qu'en fait, c'est un changement d'époque.
01:53Là où on a connu des crises qui étaient des crises de cycle, si on regarde les années 90, la
01:59crise de 2008,
02:00on avait des chocs, des bulles qui éclataient, mais la demande fondamentalement sur le logement,
02:04par exemple, elle était toujours là et ça repartait.
02:07Aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
02:08Et la conviction que j'ai, c'est qu'on va sortir profondément transformés sur nos différents métiers de cette
02:14phase-là,
02:15parce que les usages changent.
02:17Le bureau, c'est un très bon exemple.
02:19Ça a longtemps été un actif financier.
02:23Et demain, pour nous, c'est un actif dans lequel il faut s'intéresser à ses clients.
02:27Donc, c'est un moment qui est quand même très, très particulier et qui, en même temps, est très difficile
02:31pour la filière.
02:33On le voit, on a détruit 100 000 emplois en plusieurs années.
02:38Sur la question du logement, qui est une question centrale, je pense qu'on y reviendra,
02:42parce que ça irrigue vraiment tous les secteurs.
02:44En synthèse, on n'a jamais aussi peu produit alors qu'on n'a jamais eu autant besoin.
02:49En 2025, on a produit 270 000 logements.
02:53C'est moitié moins que les besoins, si on en croit à l'agence française du Trésor.
02:58Et puis, vous avez quasiment 3 millions de ménages qui attendent des logements sociaux.
03:01Donc, on est vraiment au cœur d'un moment qui est critique, dont on va sortir, à mon avis, profondément
03:06transformés.
03:07Mais en retrouvant les niveaux précédents ou pas forcément ?
03:11Oui, il faut se préparer à ce qu'on...
03:13Sur le logement, il faut qu'on arrive à retrouver les niveaux pour répondre à ce besoin.
03:17Vous avez tout un parcours, aujourd'hui, résidentiel qui est grippé.
03:21Un parcours résidentiel grippé, ça touche à des parcours de vie.
03:25Et on l'a vu, ça peut impacter la natalité, ça peut impacter l'emploi.
03:29On est aussi très présent dans les logements étudiants et on voit ce que ça peut impacter dans la vie
03:34des gens.
03:35Après, sur le bureau, là, le but n'est pas de retrouver les niveaux de production du bureau.
03:40Aujourd'hui, on ne produit plus de bureaux neufs, quasiment plus ou beaucoup moins.
03:44On produit des bureaux différents et il va aussi falloir retransformer une grosse partie de l'existant, justement,
03:49qui est un matériau un peu différent que ce qu'on connaissait par le passé.
03:53Nous, on était des promoteurs du neuf.
03:55Là, on va être des promoteurs de l'existant.
03:56Est-ce que le coût du financement, ça reste un frein important, voire le principal frein à la reprise de
04:02l'immobilier aujourd'hui ?
04:02C'est évidemment un frein majeur.
04:04L'immobilier, c'est un proxy des taux.
04:07On a tendance à le dire.
04:08Dès que les taux remontent, ça grippe.
04:11Ça vient impacter les coûts de financement des opérateurs.
04:14Ça vient impacter les équilibres des opérations sur le portage.
04:18Et puis, ça vient impacter le pouvoir d'achat de nos investisseurs,
04:22qu'il s'agisse d'investisseurs institutionnels ou même d'investisseurs particuliers
04:27qui ont perdu 25 à 30 pouvoirs d'achat.
04:29Et à un moment où cette équation pour un promoteur, par exemple, n'a jamais été aussi complexe,
04:34foncière rare et chère, augmentation du prix de revient, 17% depuis la guerre en Ukraine,
04:40durcissement des normes.
04:41Si la demande n'est pas là, c'est toute la chaîne qui vient se gripper.
04:44Donc, évidemment, on est impacté.
04:45Et on n'a jamais vu une remontée des taux aussi forte.
04:49Donc, voilà.
04:50Ça, ça nous impacte.
04:50Et puis, l'autre sujet qui est peut-être moins immédiatement quantifiable, c'est l'incertitude.
04:56Et là, on évolue dans un environnement que ce soit au niveau mondial,
05:00mais aussi au niveau national et qui soit économique, macroéconomique ou politique.
05:05C'est l'incertitude qui domine, qui est appelée à perdurer.
05:08Et ça, c'est très compliqué sur nos métiers de temps long d'être capable de faire des choix
05:12pour nous, les investisseurs, dans ces contextes-là.
05:14On est en pleine crise du pouvoir d'achat avec des risques inflationnistes qui remontent.
05:21Est-ce que cette question-là de la solvabilité des ménages,
05:24elle reste un point d'inquiétude majeur pour vous ?
05:29Elle reste centrale.
05:30Elle reste centrale pour plusieurs raisons.
05:32Enfin, le logement, par exemple, c'est un sujet de pouvoir d'achat aujourd'hui.
05:36Et c'est d'ailleurs dans ce cadre-là que le logement est en train de s'imposer
05:40comme un des thèmes de la campagne présidentielle qu'on vit.
05:43Et c'est une chose importante et essentielle parce que la crise est telle qu'il faut une réponse à
05:49la hauteur.
05:50Donc, c'est bien que ça s'invite dans le débat public.
05:51Il y a un mouvement social qui n'est pas seulement français.
05:54On voit dans certains pays européens, c'est le point central du mouvement.
05:57En Espagne, au Portugal, c'est la question du logement qui mobilise.
05:59En Espagne, vous avez des gens dans la rue pour le sujet du logement.
06:03Donc, c'est une question de pouvoir d'achat qui impacte la réalité quotidienne des gens qui vivent dans les
06:09logements.
06:10Et puis, la solvabilité des ménages, c'est aussi la capacité d'accroître la demande.
06:16Et donc, pour nous, la capacité de produire.
06:18Parce que quand vous prenez une opération, il ne faut pas oublier que sur nos opérations,
06:22vous avez du logement social et du logement en accession.
06:26C'est souvent la part en accession et l'acquisition des particuliers
06:31qui est capable de faire fonctionner cette équation économique globale.
06:35Donc, sans logement en accession, sans pouvoir d'achat des particuliers,
06:39vous n'avez pas non plus de logement social.
06:41Mais ça veut dire que vous adaptez votre offre ?
06:43Vous l'avez déjà adaptée ?
06:45Non, et on continue à le faire à deux niveaux.
06:47Vous avez l'ensemble des accompagnements économiques
06:50qui viennent s'ajouter à un cadre réglementaire existant.
06:53Je pense au Préato Zéro, la TVA 5.5 sur un certain nombre de sujets.
06:59Et puis, on adapte aux usages aussi.
07:02Parce que si on prend la démographie, vous avez des besoins qui évoluent.
07:06Vous avez de plus en plus de familles monoparentales.
07:09Donc, il faut adapter les logements, ce qui nous amène à plus de compacité.
07:13On a tendance à réduire la surface des logements.
07:16Pas pour offrir moins aux gens, mais mieux répondre à leurs besoins.
07:20Et ça, on le constate.
07:21On a moins de grands logements familiaux, mais plutôt des plus petits.
07:24Et puis, on les adapte aussi.
07:26Je pense à l'été qu'on vient de traverser, à la résistance à ces canicules.
07:32On parle de confort d'été.
07:34Mais le but, c'est bien d'être capable de construire demain une ville désirable
07:39dans laquelle les gens peuvent habiter et ont envie d'habiter.
07:42Est-ce que vous êtes en train, par stratégie, mais peut-être aussi par obligation,
07:47de faire évoluer le modèle d'ICAD face à cette nouvelle réalité qu'on décrit ensemble ?
07:53Par obligation, je le disais.
07:54Aujourd'hui, on est au pied du mur, quelque part, collectivement, dans notre secteur.
08:00C'est peut-être la seule bonne nouvelle dans tout ça.
08:02C'est-à-dire qu'étant au pied du mur, on va être obligé
08:05de repenser fondamentalement la manière dont on travaille.
08:09Je suis persuadé, à titre personnel, que la réponse sera nécessairement collective.
08:14Et là, on a un véritable enjeu pour être capable de se structurer en écosystème,
08:18en filière, pour fonctionner différemment, comme on a su le faire.
08:22On a su se mobiliser pour...
08:24On avait évoqué ensemble le village des athlètes.
08:27Une autre fois, on s'était rencontré pour les Jeux de l'Olympique.
08:29Et ça, je pense que c'est une partie de la réponse.
08:31Et pour ce qui concerne ICAD, plus particulièrement,
08:35nous, ça passe par un rapprochement, en réalité, entre nos deux métiers.
08:39On a la chance d'être un investisseur de long terme et un promoteur.
08:42Et je pense des territoires qui font une taille de quartier,
08:47qui font 50, 60 hectares, comme on peut l'avoir à Rungis ou à Saint-Denis-Aubervilliers.
08:52Et ça nous permet, nous, de travailler dans le temps long là-dessus.
08:56Mais quand vous imaginez vos leviers, vos relais de croissance, là, à 5 ans,
09:02c'est toujours le bureau traditionnel ?
09:04C'est forcément beaucoup moins le bureau traditionnel ?
09:06Comment vous l'anticipez, ça ?
09:09Sur la croissance court terme, elle ne va pas venir du bureau.
09:12Parce qu'on a historiquement, nous, un parc qui est plutôt en périphérie,
09:15donc qui est un parc qui souffre.
09:17Et comme le coût de l'argent, aujourd'hui,
09:19on n'a pas encore complètement cristallisé la baisse des loyers.
09:22Donc ça, on le fait au fur et à mesure des baux.
09:23Mais on est en train de construire l'avenir avec une conviction qui est,
09:28demain, il faut qu'on parle à nos clients.
09:30En réalité, notre job, ce n'est pas uniquement de construire un bon produit au bon endroit,
09:35mais c'est aussi de s'intéresser à ce qui se passe dedans
09:37pour offrir à des grands clients comme Veolia ou Schneider,
09:41qu'on a la chance de pouvoir accueillir pour leur siège,
09:46dans cet accompagnement.
09:47Ce qui nous a conduit à racheter une société qui s'appelle Comet,
09:50qui gère de l'événementiel, de l'hospitality pour aller acquérir ce savoir-faire,
09:56pour être capable justement de créer une valeur ajoutée.
09:59Donc ça, c'est sur le bureau, mais ça sera plutôt de la croissance long terme.
10:02Et sur de la croissance plus court terme,
10:04là, on se diversifie toujours en cohérence avec notre ADN d'acteur de la ville
10:09pour répondre à des besoins sur des secteurs à forte croissance.
10:13Je vous parlais résidence étudiante tout à l'heure.
10:15Et là, vraiment, la capacité de produire en tant que promoteur
10:18et de détenir en tant qu'investisseur fait une différence.
10:21Et puis sur les infrastructures numériques également,
10:24les data centers.
10:25On est historiquement présents au nord de Paris.
10:28On a six data centers pour à peu près 30 mégas.
10:30On a un plus gros projet à Rungis.
10:32Et là aussi, on intervient sur un secteur qui est plus porteur,
10:36effectivement, et qui va nourrir notre croissance.
10:38Alors, on y reviendra.
10:38Comet, on va en reparler.
10:39Les data centers, on va en reparler.
10:41Je reste sur la logique du bureau et de ce que ça représente aussi dans nos vies.
10:46Parce que ça, je trouve que c'est intéressant.
10:48C'est à l'heure du télétravail, même si on en est en partie revenu.
10:53Qu'est-ce que ça...
10:53Enfin, vous voyez, quel rôle social joue le bureau, en fait ?
10:56Oui, effectivement.
10:58Le bureau est un lieu où on fait société.
11:01Et un des derniers lieux où on fait encore société de manière apaisée.
11:05Et c'est pour ça qu'on a contribué, justement, à la création d'un livre blanc
11:09avec le groupe CET-HTC et quelques autres grandes foncières,
11:14ce qu'on soit au groupe BPCE, Gessina, SFL, OFI,
11:17pour justement se dire, le bureau, ça n'est pas qu'un immeuble.
11:20Et on a interrogé des clients, des utilisateurs.
11:24Les gens vous disent, les gens qui travaillent dans les bureaux,
11:27c'est le premier lieu où on peut se croiser, échanger,
11:30on peut collaborer à 55% alors que le domicile, c'est 20%.
11:35Donc, le bureau doit se réinventer.
11:37Nous, Bayer, on a un rôle à jouer là-dedans.
11:39Plus encore à l'ère de l'IA, à l'ère de l'intelligence artificielle,
11:43vous avez 90% des dirigeants qui nous ont dit,
11:46le bureau a plus encore une place à jouer pour que nos équipes se rencontrent,
11:52confrontent leurs idées.
11:53C'est un creuset parfait pour l'innovation.
11:56Donc, pour nous, c'est quelque chose de...
11:57Mais ça veut dire qu'on le transforme en permanence, ce bureau,
12:02si je pense à la défense qui est le symbole des immeubles de bureaux depuis des décennies.
12:10À quel point il se transforme, ce secteur ?
12:12Ce quartier, d'ailleurs.
12:14On transformait déjà les produits pour les enjeux environnementaux.
12:18Et je trouve que l'industrie a fait beaucoup.
12:21Là, l'enjeu pour nous, investisseurs, c'est comment on peut adapter les immeubles
12:27qui ne vont pas être du bureau de demain.
12:28C'est un diagnostic qu'on a fait quand j'ai rejoint ICAD en 2023.
12:32Certains immeubles ne sont pas adaptés parce qu'ils sont trop loin des transports
12:35ou parce que s'ils sont sur des bonnes zones, ils n'offrent pas les bonnes caractéristiques.
12:39Donc, ceux-là, il faut les transformer en logement, en logement étudiant,
12:42en actifs autrement productifs, ce qu'on a fait, nous, à Lyon, à Bordeaux, etc.
12:47Et puis, pour les autres, je pense qu'une partie de la réponse est passe par leur rapport au client.
12:52Quelle valeur ajoutée je peux donner au DRH, au directeur général ?
12:58Comment je peux leur offrir de la flexibilité du service pour surtout sortir d'un bureau
13:03qui serait vu uniquement comme un actif financier dans lequel on cherche à enfermer des utilisateurs
13:10dans des durées fermes les plus longues possibles pour sécuriser le cash flow ?
13:12Oui, mais alors, dans ce livre blanc dont vous parliez, vous présentez aussi le bureau comme un outil de compétitivité.
13:17Ça veut dire quoi, ça ?
13:19C'est un outil de compétitivité parce qu'en réalité, en France, sur le bureau, on est en compétition avec
13:26d'autres pays.
13:27Alors, Paris est en compétition avec d'autres capitales, avec d'autres grandes places financières.
13:32Et puis, donc ça, c'est d'abord ce sujet-là, il faut attirer les talents.
13:36La guerre des talents qui a vécu un moment très très fort post-Covid, elle est toujours là.
13:42Et donc, il faut que vous soyez capable d'attirer ces talents-là pour que sur l'intelligence artificielle, par
13:47exemple,
13:48vous soyez capable d'offrir des locaux qui permettent aux entreprises d'innover, de recruter, d'attirer pour que ça
13:54fonctionne.
13:54Et ce n'est pas uniquement un sujet parisien, puisqu'en réalité, vous avez les deux tiers de l'offre
14:00de bureaux qui sont dans les territoires et hors de la région parisienne.
14:04Donc, c'est un facteur de dynamique des territoires.
14:08Et pour échanger avec beaucoup d'élus, encore une fois, vous avez 30% des emplois, 8 millions d'emplois
14:14en France qui sont dans les bureaux.
14:15C'est un facteur d'attractivité économique.
14:18Et ensuite, vous ancrez ces populations dans les territoires.
14:20Alors, Comet, vous l'avez évoqué, vous avez choisi de racheter plus de 80% du capital de Comet.
14:26Pourquoi ce choix-là plutôt que de nouer un partenariat comme on aurait pu l'imaginer ?
14:31Parce qu'on pense que c'est éminemment stratégique.
14:34Comme je vous le disais, la vision du bureau de demain, ça aura changé quand nous, on arrêtera de mettre
14:40sur nos slides uniquement des immeubles.
14:43Mais on mettra aussi, à l'instar de mes pères du commerce, les gens qui vivent et qui travaillent dedans.
14:48Donc, c'est éminemment stratégique.
14:50Donc, il faut qu'on ait cette expertise-là.
14:52Une fois qu'on avait fait ce constat-là, on avait deux options.
14:55Soit on construisait from scratch, de zéro, soit on allait justement l'acquérir.
15:02C'est très compliqué, en fait, de construire une expertise comme ça.
15:06Nous, on a commencé à le faire sur du co-working, mais on était dans un temps qui n'était
15:11pas le nôtre,
15:11avec un risque élevé d'échouer dans cet environnement de crise.
15:14On a regardé le marché et Comet et ses trois fondateurs, justement, ont su en dix ans se démarquer de
15:23tous les autres opérateurs
15:24et d'aller construire ce vrai savoir-faire sur l'événementiel, l'hospitality, les services.
15:30On les a rencontrés et on a partagé dès le début cette conviction fondamentale qu'on avait que l'expertise
15:40de ce qui se passe à l'intérieur de l'immeuble
15:42doit être indissociable de la propriété de l'immeuble.
15:45Donc, c'est comme ça qu'on a décidé de se rapprocher d'eux de manière capitale.
15:50Donc là, c'est quoi ? C'est de l'événementiel, c'est des services et comment vous les intégrez
15:58à votre offre globale ?
15:59Vous voyez ce que je veux dire ?
16:00Vous avez trois métiers essentiels.
16:01Leur métier historique qui est effectivement de l'événementiel, du séminaire, on va dire, du séminaire d'une journée pour
16:07management.
16:08Pas du séminaire comex nécessairement, du management, management intermédiaire, ce qui est leur métier historique.
16:14Et deux autres activités qu'ils ont développées depuis, le co-working, qui est une réponse aux besoins de flexibilité
16:21des entreprises.
16:22Aujourd'hui, vous êtes DRH, je vous demande de signer un bail 9 ans ferme, vous ne savez pas quel
16:26est votre besoin exact à 6 mois.
16:28Donc, ce qu'on va faire, c'est qu'on va louer 4 plateaux avec 9 ans ferme et le
16:31dernier, on va leur offrir avec ce co-working la capacité d'ajuster aux besoins.
16:35Ça, c'est le deuxième métier.
16:36Le troisième, c'est l'hospitality.
16:39Ça, c'est le sens du service, répondre aux besoins des entreprises.
16:43Et ça, ça ne peut fonctionner qu'avec un rapport de connaissances prolongées, puisque pour certains, c'est la cantine,
16:49pour d'autres, c'est le concierge, pour d'autres, c'est un local vélo 5 étoiles.
16:53Donc, il faut avoir ce savoir-faire pour être capable de le déployer sur des grands immeubles comme ceux qu
16:57'on a à la Défense.
16:58Alors, les data centers, on ouvre le chapitre consacré aux data centers.
17:02Depuis quand vous vous y êtes mis et qu'est-ce que ça représente aujourd'hui ?
17:06Et puis ensuite, on essaiera de se projeter dans l'avenir.
17:07Oui. Alors, les data centers, ICAD est en fait un acteur historique, parce qu'on a dans notre parc des
17:13portes de Paris, aujourd'hui, 6 data centers actifs.
17:17On en avait certains historiques depuis une dizaine d'années.
17:22C'est devenu une dimension stratégique avec le plan ReShap qu'on est en train de porter depuis deux ans.
17:27En fait, pourquoi ?
17:29Parce que déjà, c'est une infrastructure stratégique clé.
17:32Les infrastructures numériques, c'est la souveraineté des données.
17:35Donc, ICAD a dans son ADN un rôle à jouer.
17:38Deux, c'est un secteur de croissance.
17:40Et le rôle d'ICAD, c'est aussi de créer de la valeur.
17:43Trois, on a une valeur ajoutée.
17:44Notre valeur ajoutée, c'est déjà d'avoir des fonciers stratégiques pour ce qu'on a déjà en portefeuille.
17:50Deux, la capacité à aller sécuriser de l'énergie.
17:53Et puis, on complète ce triptyque avec la capacité d'aller chercher des autorisations.
17:58Autorisation de construire, permis de construire.
18:01Pourquoi ? Parce qu'on a cette vision d'aménageur.
18:03Je veux un projet à Rungis, par exemple, aujourd'hui.
18:06Alors, c'est quoi le projet de Rungis ? Il faut le décrire.
18:08C'est 130 mégawatts.
18:09Donc, 130 mégawatts, on est sur quelque chose qui est très significatif.
18:12Aujourd'hui, on a 6 data centers pour 30 mégawatts installés.
18:15Donc, vous voyez, là, on a un plus gros projet.
18:17Eh bien, en fait, on a été capable, dans le process de concertation avec les élus, les associations, les riverains,
18:26d'aller chercher un permis de construire.
18:28Parce qu'aujourd'hui, on intervient, nous, sur 50 hectares là-bas,
18:31qu'on a su faire muter au fil du temps avec de l'activité du bureau pour répondre aux besoins.
18:37Et on sait le faire de manière responsable.
18:40C'est-à-dire, les engagements qu'on a pu prendre dans l'implantation de ce data center,
18:43c'est de réutiliser la chaleur fatale dans le réseau de chaleur urbaine.
18:47On est en train de se doter d'une feuille de route RSE dédiée.
18:50Donc, voilà, ICAD, c'est un acteur du territoire qui est à la fois un acteur responsable,
18:54ce qui nous donne, là aussi, des cartes à jouer sur ce terme.
18:58C'est un enjeu majeur que vous êtes en train de décrire.
19:00Parce qu'on voit que sur certains projets de data center, peut y avoir des oppositions locales.
19:06Un peu ce qu'on a vécu ou ce qu'on vit encore parfois sur, par exemple, les éoliennes il
19:09y a quelques années.
19:10C'est un peu en train de poindre, là, autour des data centers.
19:15Et c'est là...
19:16Acceptabilité, quoi.
19:17Exactement.
19:19Acceptabilité politique, sociale, locale,
19:22où on est interrogé dans les processus de concertation avec les populations, les associations,
19:27sur des sujets extrêmement précis.
19:30Et on se doit d'apporter des réponses.
19:32Et donc, c'est pour ça qu'avec à la fois cette vision de l'aménagement du territoire,
19:36où, au fond, on n'amène pas un projet de data center, mais on amène une vision de long terme
19:40d'une emprise de 50-60 hectares et à la fois les engagements responsables qu'on peut prendre
19:46sur les data centers, ça peut être, effectivement, aussi la consommation d'eau, etc.
19:51On pense qu'on est en position d'apporter des réponses appropriées aux questions légitimes
19:57qui sont soulevées dans ces projets.
19:59Sur un projet comme Rungis, qu'est-ce qui a été le plus difficile à obtenir le foncier ?
20:03Vous l'aviez ? Je ne sais pas, l'accès à l'électricité, les autorisations, l'enlétissement ?
20:10Les autorisations, on aura l'énergie en 2031, on a sécurisé l'énergie.
20:15En France, vous avez la chance d'avoir RTE qui, justement, vous apporte l'énergie
20:20quand vous la demandez et aujourd'hui, c'est en train de faire évoluer sa doctrine
20:24pour être en capacité de le faire quand vous avez un projet crédible qui va sortir.
20:29Donc, on a réussi à les convaincre de ça.
20:31Et puis ensuite, il y a ce dialogue autour de l'acceptabilité politique, sociale du projet
20:37avec l'ensemble des riverains et des associations.
20:40Et donc, je dirais que c'est un ensemble en réalité, pas un sujet plus compliqué que l'autre
20:45qui peut dépendre d'un lieu ou d'un autre.
20:47Avec quand même, et vous l'avez évoqué, s'il y a cette question de l'acceptabilité,
20:52et c'est parce que, notamment, il y a l'accès à la ressource, aux ressources naturelles,
20:58que ce soit l'eau, l'électricité.
20:59Quand on crée un data center aussi imposant que celui de Rungis,
21:05il y a la question du partage, du partage avec le reste des entreprises,
21:10des communautés, des citoyens, des élus, des mairies, etc.
21:14Et c'est là qu'être capable, justement, d'intervenir dans la durée
21:17sur une zone qui fait 50 ou 60 hectares, qui a muté,
21:21parce que les terrains de Rungis étaient, avant les années 2000,
21:24des terrains d'activité, qui se sont massivement tertiarisés entre 2000 et 2020.
21:30Et aujourd'hui, on fait muter ce territoire, on transforme des bureaux excédentaires en hôtels,
21:34on accueille des sièges comme celui de Systému, comme les équipes de Sopra.
21:39Et on est justement à proximité du territoire de Rungis.
21:44Vous avez 15 000 emplois. Donc, c'est un poumon d'attractivité.
21:47Ce n'est pas uniquement un sujet de data center. C'est ça qui est intéressant.
21:51Alors, c'est lié. Quand on parle d'intelligence artificielle,
21:54j'allais y venir comme dernier chapitre, il nous reste 4-5 minutes.
21:58Alors, quand je vous dis intelligence artificielle,
22:01comme patron d'ICAD, vous pensez à quoi prioritairement ?
22:04Au fait qu'il y aura peut-être moins de salariés dans les bureaux à venir
22:08et qu'il va falloir adapter votre offre à la façon dont vous,
22:11vous l'intégrez dans votre entreprise. Votre première réponse spontanée, c'est quoi ?
22:15Changement d'époque.
22:16Changement d'époque.
22:17Je pense qu'on est sur quelque chose qui est fondamentalement transformationnel,
22:21qui va accélérer les choses.
22:25Donc, c'est comme ça qu'on l'aborde.
22:26Dès lors que c'est transformationnel, en termes d'innovation,
22:29vous devez, à mon sens, ne pas le considérer en périphérique.
22:33Mais vous devez l'intégrer aussi dans vos business.
22:37Donc, nous, c'est ce qu'on fait.
22:38On a choisi de former la totalité des équipes.
22:42On a plus de 90% des équipes qui sont formées sur Delos,
22:46qui est une solution française d'intelligence artificielle générative.
22:50On a formé les gens.
22:51Ils se sont appropriés.
22:52Ils nous remontent des cas d'usage.
22:54Et ensuite, on travaille au cœur des métiers.
22:56Donc ça, puisque c'est profondément transformationnel.
22:59Et ce faisant, on travaille à l'employabilité des gens, en fait.
23:04Parce que l'enjeu n'est pas de remplacer les gens,
23:06mais c'est d'être capable d'accélérer.
23:08C'est le deuxième point.
23:09De faire plus.
23:10Et d'être capable d'apporter des réponses plus appropriées
23:13à des choses qui sont éminemment plus complexes.
23:15Quand on construit la ville de 2050,
23:17je vous le disais, on construit d'abord maintenant l'existant.
23:20La ville de 2050, elle est là à 80%.
23:23Et prendre un bâtiment existant,
23:25imaginer tous les scénarios de reconversion,
23:27d'être capable de le transformer,
23:29c'est éminemment plus complexe que ce qu'on avait avant.
23:32Donc avoir ces outils-là,
23:34qui nous permettent d'étudier plus de choses,
23:37de gagner du temps aussi.
23:39Je pense qu'on a oublié,
23:41avec de l'argent qui valait de moins en moins,
23:44et qui était gratuit,
23:45que le temps, plus que jamais, coûtait.
23:48Aujourd'hui, ça se rappelle à nous de manière extrêmement forte.
23:53Mais avec l'intelligence artificielle,
23:54on va pouvoir gagner du temps,
23:56et ça, ça va nous permettre de remplir les équations économiques qui fonctionnent.
23:58Donc ça, c'est dans votre organisation interne.
24:00Ensuite, il y a dans les opportunités de business.
24:02On a parlé de data center,
24:03mais est-ce qu'il y en a d'autres, d'après vous ?
24:05Est-ce que l'IA peut créer, pour une entreprise comme la vôtre,
24:07d'autres opportunités de diversification ?
24:09On le fait dans le bureau, il faut intégrer ça.
24:12Je vous le disais, dans le livre blanc,
24:13on a aussi interrogé les dirigeants,
24:16parce qu'on peut s'interroger, effectivement,
24:18sur l'intelligence artificielle,
24:19vous pouvez lire tout et rien.
24:21Et ce qui ressort, c'est que des dirigeants,
24:24à 90%, considèrent que plus que jamais,
24:27on aura besoin du lieu de travail, du bureau,
24:31comme un lieu de société,
24:32où les gens vont se rencontrer.
24:34Donc ça, ça va profondément changer les choses.
24:36Donc voilà, en fait, tous nos secteurs sont impactés
24:40par cette transformation-là.
24:42Mais, alors je reviens, on a fait le positif,
24:44il y a aussi l'inquiétude,
24:46qui est peut-être en partie légitime,
24:47sur les emplois qui seront, je suis d'accord,
24:50il y a beaucoup d'emplois qui se transforment,
24:51mais il y a aussi des emplois qui disparaissent,
24:54ou des entreprises qui embauchent moins.
24:56On a vu des plans sociaux à l'œuvre,
24:58donc est-ce que ça veut dire qu'il y aura moins besoin de bureaux ?
25:02La question, elle est très basique.
25:03Alors, je pense qu'on a moins de bureaux,
25:06moins besoin de bureaux que ce qui a été construit.
25:08Aujourd'hui, c'est sûr,
25:09et on a 6 millions de mètres carrés vacants en région parisienne.
25:12Là, j'ai ma casquette de président de l'Observatoire Régional
25:15de l'Immobilier d'Entreprise,
25:16et ces bureaux-là, il faut s'en occuper.
25:18Ce n'est pas du fait de l'IA uniquement,
25:20c'est un enjeu transformationnel là-dessus.
25:23Donc ça, il faut déjà s'en occuper.
25:25Ensuite, toutes les options, je pense, sont possibles.
25:28Ça nourrit des inquiétudes légitimes aussi sur la manière dont c'est utilisé.
25:33Et là, je pense que les entreprises en responsabilité
25:37ne doivent pas se lancer sans un cadre,
25:39sans une gouvernance de l'intelligence artificielle,
25:41ce qu'on a mis en place chez nous,
25:43mais on le constate aussi chez nos clients,
25:45sur la manière dont les sujets sont utilisés,
25:47dont les données sont hébergées.
25:49Qu'est-ce qu'on met ?
25:50Qu'est-ce qu'on ne met pas ?
25:51Jusqu'où on va ?
25:52À quel stade la décision doit rester humaine ?
25:55Voilà, ça, c'est des inquiétudes qui sont légitimes
25:59et il faut mettre un cadre pour avancer.
26:01Et ensuite, sur les emplois, on traverse,
26:04on le disait en introduction aussi, des crises qui sont structurelles.
26:07Donc à ce stade, c'est difficile de discerner
26:10quel est l'impact exact de l'IA,
26:12des autres transformations qu'on vit.
26:14Mais on est vigilants.
26:16Nous, aujourd'hui, on n'a pas constaté sur nos marchés,
26:19en France, de gens qui réduisent les besoins de mètres carrés
26:24pour des sujets d'intelligence artificielle.
26:28Plutôt des entreprises qui font revenir les gens au bureau
26:32pour augmenter l'intensité d'usage.
26:3440% à vendredi, ce n'est pas assez.
26:36Et on a des entreprises qui se réengagent sur le long terme.
26:40On a des grands clients avec lesquels on vient de re-signer
26:42jusqu'en 2035, en 2036,
26:45qui prennent encore des décisions.
26:47Donc voilà, on verra, mais on suit ça de très près.
26:50C'est aussi pour ça qu'il faut être au plus près
26:51de nos clients et de leurs besoins.
26:53Merci beaucoup.
26:54Merci beaucoup, Théry.
26:55Bon Paris Infra Week et à bientôt sur Bistar,
26:59Bismart for Change.
27:00Voilà, je vous dis à très vite.
27:01Merci à toutes et à tous de votre fidélité.
27:04À très vite sur l'antenne de la chaîne des audacieuses.
27:06Et les audacieux, salut.

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