00:007h, 9h, Europe 1 Matin.
00:02Il est 7h10 sur Europe 1.
00:04Dimitri Pavlenko, vous recevez ce matin le général Hervé Watkamp.
00:07Bonjour mon général.
00:08Bonjour Dimitri Pavlenko.
00:10Bienvenue sur Europe 1, ancien chasseur alpin, ancien DRH de l'armée de terre.
00:13Vous étiez en charge du recrutement, vous avez aussi dirigé les ressources humaines d'Aéroports de Paris.
00:18Et vous soufflez un peu ce matin avec nous, général, après une mission difficile,
00:21mais alors ô combien gratifiante, la coordination du voyage du pape à Paris, de la partie parisienne.
00:26Donc, j'ajoute qu'on vous avait déjà confié la réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris en décembre
00:322024.
00:34Vous respirez un peu ce matin, mon général, vous dites mission accomplie ?
00:37Oui, je pense, je pense que tout le monde l'a dit, avec un peu de nostalgie quand même,
00:41parce que je quitte une équipe formidable, 14 000 bénévoles qui se sont engagés sur deux jours à Paris,
00:48donc forcément un petit coup d'esprit là.
00:49Alors, vous nous racontiez hors antenne avec Anissa il y a quelques instants qu'il y a 4 mois,
00:53on vous propose la mission, il n'y a pas d'argent, il n'y a pas d'équipe, il
00:57y a tout à créer.
00:58Oui, alors, quand l'archeux de Paris m'a proposé cette mission, je ne vous cache pas que j'ai
01:03réfléchi deux jours,
01:04mais je savais que je dirais oui, bien évidemment, la mission est exceptionnelle,
01:08c'est le rendez-vous d'une vie, comme j'ai dit souvent à la presse, et c'est vrai.
01:12Et c'est vrai, mais il a fallu tout construire, effectivement, et le plus complexe,
01:17et qui demande le plus d'attention, c'était de constituer son équipe.
01:20On a mis quasiment un mois avec mon adjoint pour trouver les bonnes personnes qui allaient tenir dans la durée,
01:27et des bénévoles, bien sûr.
01:28Et comment on prépare une telle mission, justement ?
01:31Déjà, la taille du dispositif.
01:33Dès le départ, vous concevez cette messe gigantesque, Place de la Concorde, par exemple ?
01:38Alors, pas du tout, pas du tout, puisqu'au début, on était plutôt sur la référence, il y a 18
01:43ans, du pape Benoît XVI,
01:46on s'est dit, bon, les choses changent, bien évidemment, mais on était plutôt sur un gabarit d'une messe
01:52à 300 000 personnes.
01:53Donc, on était plutôt sur les Invalides, le Champ de Mars, etc.
01:58Et puis, le déclic a été vraiment la visite du Saint-Père en Espagne,
02:03où on s'est dit, la France va faire, doit et peut faire, différemment,
02:07mais aussi bien, donc, on a changé de portage,
02:09et on s'est retourné, évidemment, sur les Champs-Élysées, la Concorde, la Grande Armée aussi, n'oublions pas,
02:15et la Place de l'Étoile.
02:16Oui, parce qu'on se rappelle que jusque dans les derniers jours,
02:19le dispositif n'a cessé de croître.
02:22Il a fallu accompagner cela, pour que ça ait l'air tout à fait très organisé, finalement, en général, Wadkamp.
02:27Oui, c'est la force de l'armée, l'improvisation organisée.
02:30Voilà, c'est l'étude de cas complexes, avant la mission,
02:33qu'on prépare, pour essayer d'être plus naturellement, plus adapté aux situations nouvelles.
02:38Et le dernier point, ça a été la Grande Armée,
02:40puisque, effectivement, on a monté en gamme,
02:42demi-Concorde, Champs-Élysées,
02:44l'étoile complète,
02:45et puis la Grande Armée sur la fin,
02:47et heureusement...
02:47La vie de la Grande Armée, pardon.
02:49Et puis, le jour même,
02:51finalement, on s'attendait à 600, puis 700,
02:53et au moins 800 000 personnes.
02:54Quand on voit les débordements qu'il y a eu dans les grands axes autour,
02:57je pense qu'on était vraiment plus 800 000.
02:59Alors, on parlait de débordements,
03:00parce que c'est ça aussi qui est à noter,
03:03c'est que deux débordements, précisément,
03:05il n'y a pas eu.
03:06C'est aussi votre victoire, Général Bois de Caen.
03:09Je crois que c'est un moment de grâce pour tout le monde.
03:11On a pu montrer qu'en France, à Paris,
03:14on pouvait être extrêmement nombreux,
03:16et ne rien casser,
03:17et être heureux d'être ensemble.
03:19Je pense que c'est ça qui était le plus important.
03:20Je vais raconter un peu la coulisse,
03:21mais dans la préparation de l'interview que vous avez la veille
03:23avec Adrien Baget,
03:24l'assistant d'Europe un matin,
03:26vous lui avez dit,
03:27ça s'est très bien passé, il y a eu zéro mort.
03:29Alors, réflexe de militaire,
03:30mais ça dit bien ce que ça veut dire aussi.
03:32Non, alors ça, moi aussi, j'étais très choqué
03:33quand c'était la personne,
03:37Mathias Râteau,
03:38qui est le coordinateur des secours,
03:39qui a fait un travail remarquable,
03:41qui m'a dit, vous savez,
03:41en général,
03:42quand il y a une manifestation aussi importante,
03:44il y a toujours un mort.
03:46Je lui ai dit, mais attendez,
03:47comment on se fasse ?
03:48Et en fait, il m'a dit,
03:49il y a des AVC,
03:51il y a des tas de choses comme ça.
03:52Et en fait, le bilan est assez incroyable,
03:54il est lumineux.
03:55On a eu beaucoup d'interventions,
03:57parce qu'on a mis des dispositifs partout.
03:58Il y a eu une vingtaine d'évacuations à l'hôpital,
04:02deux urgences absolues par jour,
04:04et ils sont tous en bonne santé.
04:05Petit miracle d'ordre public.
04:07Moi, je pense, oui.
04:08Combien de personnes au total vous avez recensé ?
04:11On a recensé 1,1 million de personnes
04:13sur l'ensemble des séquences,
04:15avec la déambulation, etc.
04:18C'est vrai que vous avez assisté
04:20à deux concerts au Stade de France
04:22pour préparer justement
04:24cette grande veillée des jeunes
04:25qui a eu lieu vendredi soir.
04:26Ça a été un grand moment,
04:27merci de me le dire.
04:29Pour moi, c'était un grand moment d'émotion.
04:30Quand je suis rentré dans le Stade de France
04:32pour ces deux concerts,
04:33je me suis dit,
04:34dans un mois,
04:35le Saint-Père sera là,
04:36le Stade sera plein,
04:38et ça sera une autre ambiance.
04:40Mais quelle ambiance ?
04:41Point d'interrogation.
04:42Et effectivement, le soir,
04:45j'ai été très ému,
04:46très très émouvant de voir le Saint-Père,
04:48qui, il faut le...
04:49Petite anecdote,
04:51a fait quelque chose à la fin
04:52qui n'était pas du tout prévu,
04:53donc ça a un peu mis des mois.
04:55C'est-à-dire qu'en sortant du podium,
04:58il a dit,
04:59je pense qu'il a dit,
04:59l'ambiance est telle,
05:00la ferveur incroyable,
05:01je veux traverser au milieu
05:03des pèlerins,
05:04des jeunes.
05:05Et il est monté,
05:06si vous avez vu,
05:06sur le podium au milieu,
05:07c'était pas du tout prévu.
05:08Et il a pris son temps
05:10pour saluer, bénir
05:11tous les jeunes qui étaient là,
05:12qui étaient...
05:12Il y avait une certaine forme
05:14de folie joyeuse incroyable.
05:16Et comme la séquence
05:16avec Marie Garance,
05:17cette jeune fille handicapée
05:19qui l'a prise sur ses genoux,
05:20ça aussi,
05:21ça n'était pas prévu.
05:22On le racontait tout à l'heure
05:23dans la revue de presse.
05:24C'est aussi, voilà,
05:25la magie du pape.
05:26Pourquoi on va chercher
05:27des militaires,
05:28général Hervé Ouadkamp,
05:29pour organiser ce genre d'événement ?
05:31C'est plutôt à vous de le dire.
05:33Mais non,
05:33je vous pose la question.
05:35Pourquoi pas des...
05:35Non mais c'est vrai,
05:36des spécialistes de la police,
05:37de l'ordre public,
05:38on va chercher des gens comme vous,
05:39d'anciens militaires.
05:40Parce que je pense qu'on sait,
05:41c'est le côté très opérationnel,
05:44le conduit d'opération,
05:45où on se prépare avant,
05:47où on conduit la chose,
05:48où on reste zen,
05:50serein.
05:50Et surtout,
05:51la grande force,
05:51ça s'appelle la subsidiarité.
05:53C'est-à-dire qu'au combat,
05:54le chef sur le terrain
05:56décide.
05:56Et il n'est pas sous contingence
05:58des champs supérieurs,
05:59même s'il y a une hiérarchie,
06:00bien évidemment.
06:01Et la force de cette réussite,
06:03c'est la subsidiarité.
06:05On s'est félicité
06:07du déroulement de l'opération,
06:09si je puis dire,
06:09des événements,
06:10en tout cas,
06:11général Hervé Ouadkamp.
06:12Mais vous n'êtes pas venu
06:13seulement nous raconter
06:15les choses ce matin.
06:16Vous voulez aussi lancer
06:17un appel ce matin sur Europe 1.
06:18Je vous laisse faire.
06:19Oui, merci beaucoup.
06:20Un appel au don,
06:21parce que effectivement,
06:23comme tout le monde le sait,
06:24c'est le diocèse invitant
06:26qui est responsable
06:27des finances aussi.
06:28Et c'est normal,
06:29ça fait partie des règles
06:30dans l'église.
06:32on a eu quelques petits incidents,
06:34les seuls petits incidents,
06:35ils sont plutôt d'ordre budgétaire
06:37et de puissance Wi-Fi.
06:38C'est-à-dire que pour la messe,
06:39on attendait une collecte
06:41très importante,
06:41vu le nombre.
06:42Et puis en fait,
06:43on a été saturé,
06:44comme malheureusement
06:44dans beaucoup d'événements.
06:45La puissance n'a pas suffi
06:47pour alimenter les QR codes,
06:49les TPE, etc.
06:50Et effectivement,
06:51on a besoin encore
06:53d'un peu d'argent.
06:54Combien ?
06:55On a en gros
06:566 à 7 millions d'euros,
06:58facilement.
06:59Sur les 27 millions
07:00qui avaient été budgétés ?
07:00Sur les 20 millions de Paris,
07:01on est resté sur le budget
07:03que j'avais annoncé vers la fin,
07:05entre 20 et 21 millions d'euros.
07:06Ça fait en gros
07:0720 euros par personne
07:08si on divise à peine 20 euros.
07:10Donc il n'y a rien d'extravagant.
07:13Et comment on fait
07:13si on veut donner ?
07:14Alors si on veut donner,
07:15il y a deux choses.
07:16Il y a les QR codes
07:17qui sont encore en activité
07:18un peu partout
07:19et qui ont été donnés
07:20sur les différents livrets.
07:21Et puis le site
07:22don.paris.
07:26don.paris.fr
07:28Où là,
07:28on peut faire des dons
07:29défiscalisés,
07:30bien évidemment.
07:31Merci Général Hervé Watkamp
07:32d'être venu ce matin
07:33sur l'antenne d'Europe 1
07:33nous raconter l'organisation
07:35et le déroulé
07:36de cette visite papale
07:38dans la capitale.
07:39Merci d'être venu.
07:39Bonne journée à vous.
07:40Merci beaucoup.
07:40Il est 7h18 sur Europe 1.
07:42Dans un instant,
07:43votre édito éco sur Europe 1.