- il y a 14 minutes
Aujourd'hui, c'est au tour de Serge Papin, ministre des PME, du Commerce et de l'Artisanat, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00RMC face aux grandes gueules
00:05C'est Serge Papin qui est avec nous, ministre des PME, du commerce, de l'artisanat et du pouvoir d
00:09'achat.
00:09Bonjour Monsieur le Ministre.
00:10Bonjour à vous.
00:11Et du pouvoir d'achat. Commençons par ça.
00:13Le gouvernement a décidé de distribuer des aides ciblées.
00:16Or, les Français, lorsqu'on les interroge, ils veulent surtout que les prix baissent plutôt que de recevoir des chèques.
00:23Qu'est-ce que vous leur répondez ?
00:24Alors écoutez, on a décidé de continuer la stratégie.
00:28Donc sur les aides ciblées, on a élargi le périmètre, puisqu'aujourd'hui il y a 5,5 millions de
00:33personnes.
00:35Alors le taquet, si je peux dire, le plafond, c'est 2050 euros.
00:39Tous ceux qui sont jusqu'à 2050 euros peuvent en y bénéficier.
00:42C'est très simple. Il faut aller sur info.gouv.
00:46Non mais en deux clics on y est.
00:47Et alors il y a un truc qui est bien.
00:49C'est qu'une fois que vous êtes...
00:50Et en combien de clics pour recevoir l'argent ?
00:51Ah bah aussitôt, là, au mois d'octobre.
00:54Attendez, il y a un truc qui est bien.
00:55C'est qu'une fois que vous êtes enregistré dans le site, c'est mécanique.
01:00Donc aujourd'hui...
01:01Alors M. Truchot, à combien est le litre d'essence, là, aujourd'hui, dans le pays ?
01:06Le litre d'essence ?
01:07Oui, le litre de gasoil.
01:08Tiens, prenons le gasoil.
01:08Bah c'est 2,40 pour le gasoil, 2,20 pour l'essence.
01:16Moi, je vais vous dire que vous pouvez aujourd'hui, dans le pays, si vous allez chez Total, vous payez
01:20assez moins cher.
01:21C'est 2,25.
01:21C'est aujourd'hui à peu près 60% des volumes qui sont diffusés en France, sur 30% des
01:25stations.
01:26Ils sont en pénurie.
01:27Attendez, attendez.
01:28Si vous...
01:29Non, non, ils ne sont pas en pénurie.
01:30Ah bah si, en ce sens, moi j'ai eu des chènes partout.
01:32Non, non, mais moi j'ai les chiffres.
01:32Attendez, monsieur.
01:32Oui, vous pouvez.
01:33Il y a 10% de pénurie.
01:34Moi, attendez.
01:35Et si vous demandez les aides de 40 centimes, parce que les aides ont été doublées, 40 centimes moins...
01:41Donc, 2,25 moins 40 centimes, ça veut dire qu'on peut avoir du gasoil à 1,85.
01:45Voilà.
01:46C'est quand même la réalité.
01:47Une fois.
01:47On touche 100 euros, ça fait un plein.
01:50Ah non, mais ça paye une fois.
01:53Mais ça paye le delta.
01:55Ça paye, ce qui est calculé, c'est pour 30 kilomètres par jour, ce qu'on appelle les grands rouleurs.
02:00Et donc, c'est pour payer la différence de prix.
02:02On connaissait, vous êtes obligés de mettre en place quand même des usines à gaz.
02:06Alors que si vous baissiez directement à la pompe le prix, ça serait plus simple.
02:11Non, mais évidemment, mais c'est pour tout le monde.
02:12Alors, vous voulez que ceux qui ont des gros 4x4, ils n'ont pas forcément besoin...
02:17Ah, le fameux...
02:18Mais non, mais...
02:19Le fameux gros 4x4 qui va à Deville.
02:20Mais non, mais c'est pas ça que je veux dire.
02:22Mais c'est quand même...
02:23Nous, on essaie de privilégier les travailleurs qui en ont besoin.
02:27Il y a des gens, c'est comme ça, qui ont moins besoin, parce qu'ils ont les revenus qui
02:31conviennent par rapport à ça.
02:33Personne n'est oublié ?
02:35Non, 5,5 millions de personnes.
02:37Hier, on avait des militaires d'auto-école, par exemple, qui ont l'impression d'être oubliés par ces aides.
02:42Ah non, mais ça, alors...
02:43Ils apprennent pas à rouler, donc ça va ?
02:44Sur l'auto-école, il y a des choses qui sont faites, notamment la possibilité d'avoir accès à des
02:49véhicules électriques.
02:51Il y a des possibilités...
02:52Bah, oui, mais c'est des choses...
02:54Non, mais pas du jour au lendemain, mais je suis d'accord que...
02:57Alors, singulièrement, on a reconduit aussi toutes les aides au-delà des grands rouleurs.
03:02On a reconduit, là où on est au salon du bâtiment, vous l'avez dit, je suis le ministre de
03:07tutelle.
03:08Moi, j'ai quand même défendu le bout de gras pour les artisans qui ont l'aide au GNR de
03:14l'ordre de 20 centimes jusqu'à la fin de l'année.
03:17Donc voilà, il y a des choses qui sont faites.
03:19Pour les agriculteurs, on a continué.
03:20Pour les pêcheurs, les aides sont passées de 25 centimes à 35 centimes.
03:25Donc il y a vraiment un engagement pour le monde du travail.
03:28C'est la stratégie.
03:29Parce qu'autrement, on peut...
03:30Et les comptes publics, on n'a pas les moyens de faire pour tout le monde.
03:33Parce que faire pour tout le monde, ça veut dire, en gros, que vous...
03:37Du coup, on ne fait pas pour pas grand monde.
03:395 millions et demi de personnes, c'est ça que vous n'appelez pas grand monde ?
03:41Non, parce que les 5 millions ne touchent pas.
03:42Il n'y a que la moitié, pour l'instant, qui ont demandé cette aide.
03:45Non, mais attendez.
03:46C'est tellement compliqué.
03:46Non, mais je vais vous dire pourquoi.
03:48Parce que dans un premier temps, quand on a ouvert l'accès à ces aides,
03:52les choses sont allées mieux au mois de juillet.
03:56Donc les gens se sont dit, bon, finalement, les choses ont l'air de revenir.
03:58Là, on voit bien que l'horizon est un peu bouché.
04:00Et moi, je vois, je consulte le site.
04:03Il y a de plus en plus de gens qui vont sur le site pour bénéficier des aides.
04:07Et je profite de l'antenne que vous me proposez pour dire,
04:11vous y avez droit, allez-y, inscrivez-vous, c'est pas compliqué.
04:15Et vous allez toucher les 100 euros.
04:17Mais cette crise des carburants, et la France n'en est pas responsable,
04:20puisque c'est lié à ce qui se passe aux guerres, notamment la guerre au Proche-Orient.
04:26Néanmoins, elle a des conséquences économiques.
04:27L'activité est en baisse.
04:29Les gens circulent moins, consomment moins.
04:31Est-ce qu'il ne serait pas utile de leur redonner le pouvoir d'achat en baissant les taxes
04:35et en récupérant, via la consommation et l'activité, ce que vous avez donné d'un côté,
04:39vous récupérez de l'autre ?
04:41Non, mais on ne peut pas...
04:43Attendez, d'abord, on fait des choses pour le pouvoir d'achat.
04:45Les aides...
04:45Donc le font autour de nous, l'Allemagne, l'Espagne...
04:47Les aides en font partie.
04:49Ils ne font pas beaucoup mieux pour l'instant.
04:52L'Espagne, qui avait baissé la TVA, revient en arrière.
04:56L'Espagne, il baisse ce qu'on appelle les axes, qui sont les frais fixes.
05:01On ne va pas être trop techniques, mais qui correspondent, grosso modo,
05:05à ce que l'on fait, nous, au niveau des aides ciblées.
05:09Alors, il y a des choses qui sont faites, quand même, pour maintenir le pouvoir d'achat.
05:13Il y a le chèque énergie qui est distribué.
05:15Il y a le chèque grand rouleur, le chèque énergie.
05:18Moi, j'ai donné aussi la possibilité aux entreprises qui le souhaitent
05:22d'aider leurs collaborateurs.
05:24Ce n'est pas rien.
05:25Toutes ne vont pas le faire, mais il y a 1 000 euros sans fiscalité,
05:29sans charge sociale, jusqu'à 1 000 euros,
05:31qui sont possibles pour aider les salariés quand l'entreprise le veut.
05:35Voilà, il y a tout un tas d'amortisseurs.
05:37Il y a des primes d'activité.
05:39Pour l'instant, je vais vous dire un truc,
05:41la consommation, elle tient, quand même, globalement.
05:44Moi, j'ai les chiffres.
05:44La grande consommation tient, à peu près.
05:47Alors, c'est sûr qu'il y a de l'inquiétude pour l'avenir.
05:50Si la crise, c'est l'horizon et puis l'exception,
05:55là, on verra.
05:57Le président de la République a évoqué un possible changement d'échelle.
06:01On n'en est pas là, parce que quand il a dit baisser les taxes,
06:05baisser les taxes, c'est 1 milliard d'euros par mois, d'accord ?
06:07Et puis, dans la TVA, ceux qui proposent...
06:09Il faut faire des économies à côté.
06:10Non, mais ceux qui proposent de baisser la TVA,
06:13ceux qui proposent de baisser la TVA,
06:15je vais dire un truc.
06:16La TVA, ça finance à 30% les retraites.
06:2030%.
06:20Ah oui, vous avez suspendu la réforme des retraites.
06:22Non, mais ça veut dire que,
06:23si on veut réouvrir,
06:24parce qu'il y en a qui, j'entends,
06:26la retraite à 62 ans,
06:27ça veut dire que vous augmentez la démographie des retraités.
06:30Et d'un autre côté, vous dites,
06:32il n'y a plus de TVA ou moins de TVA sur l'essence.
06:35Donc, comment on finance tout ça ?
06:36Vous voyez, il y a un peu de bon sens à avoir.
06:39Non, mais parce que c'est facile de dire,
06:40il n'y a qu'à...
06:41Ils les mettront dans d'autres produits,
06:42dans les produits de grande consommation,
06:43parce qu'aujourd'hui, les gens,
06:44ils se privent de manger,
06:45des fois, pour aller au boulot en voiture.
06:46Donc, baisser la TVA pour tout le monde sur l'essence,
06:49les gens, après, ils reconsommeront à côté,
06:50donc vous referez de la TVA.
06:51Moi, je ne comprends pas ce truc-là,
06:53à un moment donné, nous dire,
06:53« Ah, mais la TVA de l'essence ? »
06:54Ben, la TVA de l'essence.
06:55Vous aurez cherché la TVA sur la nourriture,
06:57sur d'autres choses, sur les loisirs.
06:59Peut-être que les gens se privent de tout, aujourd'hui.
07:00Mais non, mais...
07:01Non, mais les gens, ils sont...
07:03C'est sûr, il y a beaucoup plus de sobriété.
07:05Vous savez, la consommation du carburant...
07:07La sobriété, c'est de la décroissance ?
07:08Non, mais attendez.
07:09Non, pas nécessairement.
07:10C'est différent.
07:11Non, mais ça peut être la consommation autrement.
07:13Il n'y a pas de récession.
07:14Non, il n'y a pas de récession.
07:15La croissance qui est prévue...
07:16Non, mais c'est...
07:17Il y a une petite croissance.
07:17Moi, je vais vous dire...
07:18Non, mais j'ai un chiffre de l'INSEE.
07:20La croissance qui est prévue cette année, c'est 0,5.
07:23Ça n'appelle pas de la récession, c'est ça ?
07:24Le tour de magie depuis tout à l'heure que j'entends...
07:26Mais ce n'est pas un tour de magie, c'est la vérité.
07:28Ça s'appelle de l'enfumage.
07:29Ben non, les chiffres sont têtus.
07:310,5% de croissance.
07:32Non, non, je suis désolée, monsieur le ministre.
07:33Avec tout le respect que je vous dois, c'est de l'enfumage.
07:35C'est le discours qu'on a depuis le début.
07:37Non, mais...
07:39Pourquoi ?
07:40Demandez aux entreprises françaises si elles vont bien.
07:42Demandez aux Français si les aides que vous leur filez...
07:44Demandez aux Français si les aides que vous leur filez leur suffisent.
07:46La réponse est non.
07:47Demandez à une infirmière libérale si elle fait de l'écho entre ses patients.
07:50La réponse est oui.
07:51Demandez à un artisan s'il arrête d'aller bosser à 50 km de chez lui parce qu'il ne
07:54peut pas.
07:55La réponse est lui.
07:56Allez demander au boulanger s'il peut filer les 1000 balles à ses salariés
07:59parce qu'il rêverait de pouvoir lui donner.
08:01La réponse est non.
08:02Au final, les seules choses qui augmentent, ce sont des choses que les Français n'ont pas décidées.
08:06Les seules dépenses de l'État qui font, qui extrapolent le plafond de verre,
08:10ce ne sont pas les Français qui l'ont décidé, ce sont les macronistes.
08:12Donc je suis désolée.
08:13Là, les réponses que vous faites aux Français...
08:14Ça n'a rien à voir.
08:15Ah, ça n'a rien à voir ?
08:16Vous faites de l'amalgame.
08:17Faisons une main levée.
08:18Mais faisons une main levée.
08:20Vous êtes un représentant du...
08:21Non, mais vous êtes qui ?
08:21Faisons une main levée.
08:23Vous êtes qui ?
08:24Bonjour, enchanté.
08:25Je m'appelle Laura Varton.
08:25Bon, très bien.
08:26C'est pas comme ça qu'on présente les gens.
08:27Le sophrologue.
08:28Le sophrologue, son mari est artisan.
08:32Non, mais je vais vous dire, moi, je viens ici.
08:35Je viens du monde du travail, chef d'entreprise.
08:37J'avais en parlé.
08:38Moi, je suis ici pour représenter les artisans.
08:42Je connais bien ces métiers-là.
08:45Ça a été toute ma vie.
08:46Donc évidemment, j'ai bien conscience de quels sont les besoins.
08:51Je vois bien qu'il y a un problème aujourd'hui d'attentisme sur l'investissement.
08:55C'est pas ça.
08:56C'est pas l'impression que vous faites l'aumône aux Français.
08:58Mais on ne fait pas du tout l'aumône.
08:59C'est l'impression que vous donnez, pardonnez-moi.
09:01On bosse, on bosse, on bosse.
09:03On bosse, on bosse.
09:03Mais justement, est-ce que vous dites...
09:04Non, mais ça, c'est intéressant, avant de donner la parole.
09:06C'est la caricature.
09:07Parce que, M. Papin, on vous a souvent interviewé quand vous étiez à la tête de Système U.
09:11Et là, maintenant, vous êtes de l'autre côté de la barrière en tant que ministre.
09:14Je n'oublie pas ce que j'ai fait.
09:15Voilà, mais vous voyez...
09:16Je suis venu avec...
09:17Bien sûr, votre expérience.
09:18Avec mon expérience, bien sûr.
09:19Est-ce que vous voyez le décalage de prise de décision ?
09:22C'est-à-dire, quand vous étiez à Système U et que vous vouliez faire quelque chose pour le pouvoir
09:25d'achat,
09:25baisser les prix, augmenter les salaires, vous pouviez le faire tout de suite.
09:27Et vous voyez le décalage, maintenant, quand vous êtes avec le fait d'être ministre.
09:31Oui, parce qu'on est dans un contexte où on est un peu sur une ligne de crête.
09:35On est bien sûr conscients de ce chaos du monde, de ce contexte qui crée de l'attentisme, qui crée
09:42de l'inquiétude.
09:43Et chez nous, la situation politique est assez bloquée aussi.
09:46Et puis, en même temps, on a une instabilité politique.
09:48Écoutez, on est dans un gouvernement où on n'a pas de majorité, on n'a pas de temps, on
09:51n'a pas d'argent.
09:52Donc, on essaie de trouver les compromis, parce qu'on a des comptes publics qui sont ce qu'ils sont.
09:55Vous avez vu, maintenant, l'instabilité, on le paye.
09:57On le paye dans le coût de la dette.
10:00Voilà, ça fait partie aussi des choses qui s'imposent à nous.
10:03La dette qui est encore progressée.
10:04Donc, on essaie de trouver la ligne de crête.
10:05Et la ligne de crête, c'est laquelle ?
10:07On a fait le choix d'aider le monde du travail.
10:09C'est vraiment ça.
10:10Alors, moi, je veux bien entendre tout ce que vous dites, madame.
10:12Mais moi, je fais un boulot ici pour essayer de tenir la maison et faire en sorte que les choses
10:17se passent au mieux.
10:18Et je ne crois pas qu'on soit dans la caricature.
10:20Les salariés n'ont jamais été aussi chargés.
10:22Les chasses patronales n'ont jamais été aussi élevées.
10:25Les impôts de production sont monstrueux.
10:27Ce n'est pas nouveau.
10:27Ce n'est pas nouveau.
10:29Mais ne changeons rien.
10:30Mais pourquoi vous avez pas dit qu'on ne va pas changer ?
10:32Mais ne changeons rien.
10:34On a prévu un budget.
10:35On a prévu un budget.
10:36On va commencer aussi.
10:37Et l'instabilité politique, ce n'est quand même pas la faute des Français.
10:39Ce n'est pas de ma faute non plus.
10:40Ce n'est pas de ma faute non plus.
10:42Par rapport à un constat qui a été fait 5 ans après.
10:45Par rapport à un constat des Français qui ont été faits au bout de 5 ans de quinquennat, on a
10:48vu le résultat.
10:48Et ensuite, par rapport à une dissolution.
10:49Ce n'est pas de ma faute.
10:50Mais du coup, les Français ont voté aux législatives.
10:53Pas pour les macronistes, justement.
10:54Alors, Antoine Diers.
10:55On a commencé un peu à évoquer ma question.
10:59Serge Papin, monsieur le ministre.
11:00Moi, j'ai regardé votre carrière.
11:01Et vous êtes, typiquement, vous avez débuté comme manutentionnaire.
11:06Magasinier.
11:07Intermarché.
11:07Il s'en tenait le compte à 17 ans.
11:09Voilà.
11:09Et donc, franchement, vous êtes l'incarnation de la société civile, le chef d'entreprise qui a réussi, qu'on
11:16espère voir arriver en politique.
11:18Vous avez du courage de le faire.
11:20Ça fait 11 mois que vous êtes ministre.
11:21J'imagine que ce n'est pas facile.
11:22On n'a probablement pas les mêmes options politiques.
11:25Mais j'ai envie de le dire, c'est courageux à votre niveau de carrière, de réputation, d'y aller.
11:29Et là, moi, je ne retrouve pas le ministre venu du terrain, ancien chef d'entreprise, qui pourrait être un
11:37peu, comment dire, sortir un peu des cadres, dire, bah ouais, je fais le maximum.
11:41Il n'y a plus beaucoup de temps.
11:42Vous serez ministre pour quelques mois encore.
11:44Allez-y.
11:45Les Français, ils attendent des profils comme ça.
11:47Non, mais sur quoi ?
11:48Oui, sur quoi ?
11:49Parce que c'est ce que je fais.
11:50Moi, les armes, ici, on est au salon des artisans.
11:52Moi, je vais vous dire, je défends les artisans.
11:56Les dernières propositions, elles sont un peu courtes.
11:57On va débloquer l'épargne salariale.
12:00Vous pourriez mettre un grand coup de pied dans la fourmilière ?
12:03Vous n'avez plus rien à prouver à personne ?
12:05Pour les artisans, j'ai dit précisément.
12:08Donc, les aides sur le GNR.
12:12Deux, on défend, on défend, et on est peut-être les derniers, mais on va se battre jusqu'au bout.
12:17On défend les C2E.
12:18Parce que les C2E, c'est ce qui finance.
12:22Les fameux certificats environnementaux que certains voudraient s'améliorer.
12:24Le boulot pour les artisans sur les 20 prochaines années, c'est la rénovation et la réhabilitation.
12:31Et ça pèse sur le carburant.
12:33Bien sûr, mais parce qu'on demande aux énergies fossiles de financer l'électrification.
12:38Ce n'est quand même pas tout à fait illogique.
12:41Non, mais moi, je vais vous dire, ceux qui disent qu'il faut arrêter les certificats d'énergie...
12:46C'est Bruno Rotaillot qui propose ça.
12:47Oui, alors, d'abord, il faudra qu'ils viennent s'expliquer avec les artisans.
12:52Parce que c'est toutes les pompes à chaleur, toutes les électrification des usages qui vont être remises en cause.
12:57Ensuite, c'est des contrats qui ont été passés.
12:59On ne peut pas, du jour au lendemain, au claquement de doigts, remettre en cause des engagements qui ont été
13:03faits.
13:03Les artisans qui bossent aujourd'hui, grâce à MaPrimeRénov' qui est en train de se réactiver.
13:07Et qui va apporter, là pour le coup, réellement une contribution à l'activité des artisans.
13:13Ainsi que, d'ailleurs, le plan logement que le ministre Jean Brun défend.
13:18Je vais vous dire, tout ça, ça va se voir.
13:20Mais on connaissait, monsieur le ministre, on est quand même dans un drôle de pays.
13:23Où, d'un côté, on taxe de plus en plus.
13:25Il y a une étude très intéressante qui montre ce matin que 37 milliards d'euros supplémentaires ont été prélevés
13:31ces trois dernières années sur les ménages et les entreprises, impôts et taxes.
13:34Et finalement, les comptes publics continuent de se dégrader.
13:38Donc, plus on impose, plus ça se dégrade.
13:40Et par ailleurs, pour aider quand même le monde du travail, eh bien, on fait des exonérations, des primes, etc.
13:45Donc, on prend d'un côté, on essaie de redonner de l'autre, dans des schémas complexes.
13:50Vous êtes plutôt un libéral, Serge Papin, je le sais.
13:53Est-ce que vous êtes vraiment à l'aise avec ce système ?
13:55Il semble vraiment être en bout de cours.
13:57Je suis d'accord avec vous, quand je vois qu'on donne de la prime d'activité pour aider les
14:03salaires qui sont trop bas.
14:04Et de l'autre côté, les allégements.
14:06Parce que, moi, je trouve qu'il faudrait avoir une lecture plus saine de notre économie
14:10et laisser aux entreprises le soin de redistribuer.
14:12Le problème, c'est qu'on ne changera pas les choses.
14:15Voilà, c'est un vrai projet politique où le prochain président de la République aura peut-être un mandat pour
14:20faire ça.
14:20C'est l'un des enjeux de la présidence ?
14:22Oui, moi, je pense qu'il faut qu'on quitte l'état guichet.
14:24Pour aller laisser aux entreprises le soin.
14:27Pourquoi vous n'arrivez pas à le faire ?
14:29Non, mais attendez, là, pour l'instant, il y a des choses qui pourraient être faites.
14:34Comme vous dites, il n'y a pas longtemps, ce gouvernement, il a 11 mois.
14:38On ne pourra pas changer les choses comme ça du jour au lendemain.
14:41Il y a quand même un projet de PLF qui va être proposé demain par le Premier ministre
14:44qui, pour la première fois, et je pense que c'est courageux,
14:47à l'aune d'une présidentielle dans 6 mois ou dans 8 mois,
14:52on va quand même proposer 54 milliards d'économies.
14:55Ça ne s'est jamais fait.
14:56Enfin, reconnaissons quand même.
14:58On ne sait pas sûr qu'on arrive vraiment à 54.
15:00Vous savez très bien comment ça va être.
15:01C'est sûr de négociation.
15:02Après, le budget, on est dans un pays démocrate.
15:05Vous allez négocier avec qui cette année ?
15:06Les socialistes, toujours, ou le RN ?
15:09Avec tout le monde, je pense.
15:10Toutes les forces politiques seront en discussion.
15:16Parce que les socialistes ont l'air moins ouverts.
15:18Ils n'ont pas les mêmes enjeux.
15:19Vous restez avec nous, monsieur le ministre Serge Pappin,
15:22ministre du Commerce, des PME, de l'artisanat et du pouvoir d'achat.
15:25Et puis ensuite, vous les commerçants, bien sûr, on vous donnera les commerçants,
15:28les artisans, le secteur du VTP.
15:30Vous prendrez la parole pour nous parler de votre activité en ce moment,
15:33comment elle va, bien ou pas.
15:35Est-ce que vous attendez ?
15:36Allez, 32-16, à tout de suite.
15:51Vous êtes avec les Gigi, avec les Grandes Guelles, en direct du salon Batimat,
15:55ici, porte de Versailles.
15:57Nous sommes là jusqu'à midi, avec le ministre du Commerce, des PME,
16:01de l'artisanat et du pouvoir d'achat, monsieur Serge Pappin.
16:03Il y a un enjeu dans le pays, et qui pèse en milliards.
16:06C'est la transmission des entreprises.
16:09Qu'est-ce que vous pouvez faire pour faire en sorte que ce soit facilité
16:14et que ces entreprises puissent passer plus facilement de main en main ?
16:18Rester même au sein des familles.
16:20Oui, il y a un enjeu sur notre souveraineté économique, notre indépendance.
16:23500 000 entreprises ont changé de main dans les 5 à 10 ans,
16:27350 000 d'ici 2030.
16:29Donc il y a deux choses qui sont indispensables.
16:32D'abord, un, c'est la sanctuarisation du ce qu'on appelle le pacte du trahi.
16:37Donc ça, c'est la transmission familiale.
16:39Donc on s'est battu pour ça.
16:40Dans le PLF qu'on va proposer demain,
16:42c'est toujours la continuité de ce pacte du trahi.
16:46Et, deuxièmement, moi j'avais un deal avec le Premier ministre.
16:49C'est de dire comment on peut donner accès aux salariés,
16:53à ceux qui créent de la valeur au quotidien,
16:56de devenir propriétaires,
16:59au fond, de devenir actionnaires de leur propre entreprise.
17:04Évidemment, dans moi, le monde économique que je représente,
17:08c'est-à-dire celui des entreprises du quotidien,
17:11l'économie de proximité,
17:13c'est à 85% des TPE.
17:15Donc des TPE, c'est moins de 10 salariés.
17:17Eh bien, pour ces entreprises-là, j'ai facilité les choses.
17:20Il y a un pacte qui s'appelle,
17:21le Premier ministre l'a appelé le pacte PAP1.
17:24Donc ça veut dire qu'on va booster l'amortissement à 60%.
17:30Donc je ne veux pas être trop technique,
17:32mais quand il y a un amortissement possible de 60%,
17:34ça veut dire que ça éloigne la fiscalité sur les bénéfices.
17:38Deuxièmement, plus de frais de mutation, de droits de mutation.
17:41C'est comme s'il n'y avait plus de frais de notaire
17:42quand on achète un appartement.
17:44Vous savez, la moyenne des reprises dans ce métier-là,
17:47dans cette petite proximité d'entreprise,
17:49c'est 300 000 euros.
17:51Avant, il y avait 10 000 euros de frais de mutation.
17:55Donc ça sera quasiment zéro.
17:57Et surtout, alors ça c'est le game changer,
17:59on va inciter ceux qui possèdent à vendre à leurs salariés
18:03en disant, si tu vends à un salarié,
18:05tu n'as pratiquement plus d'impôts sur la plus-value,
18:09puisqu'il va y avoir une franchise jusqu'à 1 million.
18:11Donc voilà, moi j'espère que ça va donner envie aux jeunes d'entreprendre,
18:16ça va rendre l'entrepreneuriat accessible,
18:18et c'est vraiment quelque chose qui me tient à cœur.
18:20Pour moi ça va être un leg,
18:22parce que comme vous le disiez, je ne serai plus ministre l'année prochaine,
18:26mais au moins j'espère laisser ça,
18:28parce que c'est quelque chose qui me tient vraiment à cœur.
18:30Vous avez choisi votre candidat pour cette présidentielle ?
18:33Eh ben, pour l'instant, vous disiez tout à l'heure,
18:38moi je ne suis pas encarté, je n'ai pas de parti politique,
18:41donc pour l'instant, je fais, je suis ce que dit le Premier ministre,
18:45le Premier ministre il veut qu'on bosse sur les comptes publics, le budget,
18:52donc pour l'instant je me cantonne là-dessus,
18:54et je ne participe pas du tout à la campagne.
18:56Vous ne mouillez pas ?
18:57Pardon ?
18:58Vous ne vous mouillez pas en fait ?
18:59Non, je fais mon boulot,
19:00mon boulot c'est de faire en sorte qu'au moins on tienne la marèque jusqu'à...
19:05Est-ce que par exemple Sébastien Lecornu qui est votre patron en ce moment,
19:07il fera un bon candidat, il fera un bon président ?
19:09Je ne dis pas qu'il faut qu'il y aille, mais est-ce qu'il a les capacités ?
19:12Il dit qu'il n'est pas candidat.
19:13Oui, il le dit.
19:14Il dit qu'il n'est pas candidat.
19:15Mais vous pourriez vous aimer qu'il le soit ?
19:16C'est quelqu'un que j'aime beaucoup, bien sûr,
19:19c'est quelqu'un qui évidemment me surprend chaque jour
19:21par la pertinence qu'il a jugée
19:24entre la façon dont il a géré l'urgence
19:27et en même temps quand il exprime sa vision de l'avenir.
19:30Moi, c'est quelqu'un que je suis très fier de bosser à ses côtés.
19:34Maintenant, il a dit qu'il ne serait pas candidat.
19:36Antoine Gersa.
19:37Pacte du treil, vous l'avez évoqué, vous l'avez dit fortement.
19:40On le maintient, c'est remis dans le PLFSS.
19:43Mais ça reste quand même une grosse angoisse
19:44chez un certain nombre de familles
19:47qui ont des entreprises autour de moi
19:48et qui me disent
19:49« Oui, mais il y a la présidentielle qui va arriver,
19:51ils vont nous le supprimer derrière, etc. »
19:53Donc, malgré votre façon de le dire
19:56de manière très claire, très ferme,
19:57votre engagement, on le sent,
19:59il y a une inquiétude
20:00et cette inquiétude,
20:02elle traverse toute la capacité
20:05d'entreprendre de notre pays.
20:06On ne sait pas si on pourra transmettre,
20:08il y a encore beaucoup de fiscalité,
20:09ce que vous venez de dire est intéressant,
20:11mais en réalité,
20:12je pense que c'est beaucoup plus largement
20:14qu'il faudrait réussir à soulever le couvercle,
20:17le couvercle fiscal, normatif, etc.
20:19pour créer des entrepreneurs.
20:20Alors, s'agissant du pacte d'Utreil,
20:23je disais, comme ça,
20:25pour être taquin,
20:26je pense qu'il faudrait le mettre
20:27dans la Constitution.
20:28Non, mais je suis d'accord avec vous,
20:29mais ça ferait prendre,
20:31si le prochain président de la République
20:33dit qu'il va supprimer le pacte d'Utreil,
20:35il se tire trois balles dans le pied,
20:37c'est juste pas possible.
20:39Après, vous avez raison sur les normes.
20:41Moi, j'ai défendu une loi
20:42qui s'appelle la loi Simplif.
20:44C'est pas rien, quand même, cette loi.
20:46J'en parle deux secondes,
20:47parce que toute norme nouvelle
20:48va pouvoir être jugée.
20:51Et la pertinence,
20:52il y a un conseil aux normes
20:53qui dira, si cette norme n'est pas intéressante,
20:57on la supprime.
20:58Et moi, si j'étais encore là l'année prochaine,
21:00je dirais, alors ça, c'est sur les flux,
21:02mais sur les stocks,
21:04il faudrait qu'on entreprenne
21:05un travail de nettoyage,
21:08de déminage au marteau-piqueur.
21:10À la tronçonneuse, même, comme dirait ça.
21:12Et dans la loi Simplif,
21:14dans la loi Simplif,
21:14chose importante,
21:15puisqu'on est là avec les artisans,
21:1760% de la commande publique
21:20en nombre d'entreprises
21:21va être réservée aux PME françaises.
21:25C'est excellent.
21:25Non, mais ça, je le dis,
21:27parce que c'est pas très connu,
21:29mais voilà.
21:30Et en même temps,
21:31je défends une loi
21:33qui est portée par le sénateur Rittmann,
21:34qui a été votée au Sénat
21:36et qui va venir à l'Assemblée nationale
21:38sur les délais de paiement.
21:39Vous savez, les sous-traitants,
21:40ici, il y en a beaucoup.
21:42C'est 15 milliards d'euros de trésorerie.
21:45J'étais avec l'Observatoire
21:47des délais de paiement il y a deux jours
21:49qui m'ont rendu leur rapport.
21:50De 15 milliards, les dernières,
21:52c'est passé à 13 milliards.
21:53C'est beaucoup trop.
21:54Ça met en fragilité
21:56plus de 25 000 entreprises.
21:58Donc, vous voyez,
21:58il y a un vrai travail qui est fait.
22:00Alors, c'est pas encore le grand soir,
22:01mais il y a un boulot.
22:03Enfin, on mouille le maillot
22:03pour les PME, les TP.
22:06Dernière question.
22:07L'actualité,
22:08c'est ce que révèle Mediapart,
22:10Mediapart qui révèle des conversations privées
22:13attribuées à Jordan Bardella
22:15dans lesquelles apparaissent
22:17des écrits antisémites
22:18que Jordan Bardella aurait écrits
22:21lorsqu'il était un jeune militant
22:22du Front National en 2013
22:24entre 17 et 18 ans.
22:25Qu'en pensez-vous ?
22:26Moi, je vais vous dire, d'abord,
22:28je suis plus le nez dans le budget
22:29que dans les commentaires droite et gauche.
22:31Je trouve que, globalement,
22:33il y a une telle violence partout
22:34dans les propos,
22:35dans un tel clivage.
22:36Je ne sais pas où est la vérité
22:37de cette accusation.
22:39Évidemment, elle est grave
22:40si c'est avéré.
22:41Mais bon, moi, je trouve
22:43qu'on est tout le temps
22:45dans l'injonction.
22:46On est tout le temps
22:46dans le clivage.
22:48Et moi, j'aurais juste envie,
22:49au poste qui est le mien,
22:51d'être dans la réconciliation.
22:52Je pense que, vraiment,
22:53quand on voit, par exemple,
22:54le pape qui s'est exprimé,
22:56il a donné un message
22:57de réconciliation.
22:58Et on voit bien
22:59qu'il a créé un engouement.
23:00Et je pense que les Français,
23:02aussi, ils ont besoin
23:03de mots de paix,
23:06de mots de réconciliation.
23:07Moi, c'est plutôt ça
23:08qui m'intéresse
23:09que la violence des propos.
23:11Merci, monsieur le ministre.
23:12On va vous laisser aller
23:13à vos rendez-vous ici, au salon.
23:15Merci, Serge Papin.