00:0113h, 14h, Europe 1 Info.
00:04La suite à 13h32 sur Europe 1, on vous retrouve avec Hélène Rouet,
00:07Clélie, journaliste au journal du dimanche et à Europe 1,
00:09et votre invité, Bastien Bonargent, secrétaire général du mouvement des jeunes communistes de France.
00:14On va parler du pouvoir d'achat des Français en cette rentrée,
00:18notamment en raison des prix de carburant qui ne cessent d'augmenter.
00:21A ce propos, écoutez Yann Brossal, sénateur de Paris, porte-parole du parti communiste,
00:25qui a estimé qu'il fallait nationaliser Total. Il était sur Sud Radio hier.
00:30Total touche chaque année plus de 400 millions d'euros d'aides publiques,
00:34fait des bénéfices records sur le dos de la guerre et ne paye pas d'impôts sur les sociétés en
00:39France.
00:39C'est quand même scandaleux. Et donc oui, à un moment donné, c'est une forme de trahison.
00:43Vous savez, quand j'écoute M. Pouyanné, j'ai l'impression que c'est Judas qui veut se faire passer
00:46pour le bon samaritain.
00:47C'est-à-dire que vous avez quelqu'un qui vous fait croire qu'il rend service aux Français en
00:51bloquant les prix.
00:51Le blocage des prix à 1,99, ça représente un effort qui représente 4% sur ses bénéfices.
00:56Il n'est pas obligé de le faire.
00:57Ça ne le met pas tout à fait sur la paille. Et par ailleurs, la solution, c'est une nationalisation.
01:02C'est faire en sorte que ce groupe redevienne public, qu'au lieu d'être dans une logique qui est
01:06une logique de pure rapacité
01:08au service des actionnaires, soit un groupe au service de l'intérêt général.
01:12Bastien Bonner-Jean, mais la nationalisation est-elle vraiment la solution ?
01:15Déjà parce que ça va coûter extrêmement cher.
01:16Et puis les prix du carburant ne dépendent pas seulement du statut de l'entreprise,
01:20mais plutôt des cours mondiaux du pétrole et de la géopolitique, de ce qui se passe et des conflits.
01:25Oui, il y a quand même aujourd'hui un patron et ses actionnaires qui décident de spéculer sur la guerre
01:30qui augmente le prix du carburant pour se dégager toujours plus de dividendes et se payer un million d'euros
01:35par mois.
01:35Donc je pense qu'on va dire qu'on ne va pas exonérer Patrick Pouyanné et la direction de Total
01:41de toute responsabilité là-dedans.
01:43Maintenant, je pense qu'effectivement, il faut pouvoir agir sur deux niveaux.
01:46D'abord, réduire le prix immédiatement, le prix à la pompe, pardon, en passant la TVA de 20% à
01:525,5%,
01:53en faisant de l'essence un produit de première nécessité parce que c'est le cas,
01:56parce que les Français vont travailler avec.
01:57Supprimer aussi les certificats d'économie d'énergie qui se répercutent sur le prix du carburant
02:02et nationaliser Total, bien évidemment, parce qu'on a besoin de reprendre
02:05la main et de reprendre le contrôle sur nos outils énergétiques
02:08qui sont aujourd'hui indispensables, que ce soit pour les Françaises et les Français
02:12qui sont en difficulté et aussi pour la situation industrielle de ce pays.
02:15Donc c'est, je pense, une priorité.
02:17Alors, la baisse des taxes, c'est quelque chose que le RN propose.
02:20La baisse, la suppression même des taxes, l'économie d'énergie, c'est davantage Bruno Retailleau qui propose ça.
02:25Donc je vois que le Parti communiste est d'accord avec ça.
02:27Mais ça coûte quand même beaucoup d'argent de faire ce genre de mesures.
02:30Vous faites des économies où ?
02:32Ça coûte beaucoup d'argent, mais quand même, moi je veux bien entendre que ça fait beaucoup d'argent,
02:36mais 11 milliards d'euros de bénéfices sur le premier semestre chez Total,
02:40Patrick Pouyanné qui se paye 1 million d'euros par mois, 211 milliards d'euros d'aides publiques aux entreprises.
02:44L'État aussi gagne de l'argent, c'est pour ça ?
02:46Je pense qu'il y a aussi une difficulté à ce niveau-là.
02:48C'est-à-dire qu'il y a à un moment donné, quand on fait de l'économie, des choix
02:51politiques qui sont faits.
02:52Aujourd'hui, ces choix politiques vont pour la direction de Total,
02:55qui se comportent comme des vautours, comme des charognards,
02:57et pas en direction aujourd'hui des salariés de ce pays qui souffrent et qui voient leur pouvoir d'achat
03:01toujours plus se réduire
03:02et qui donc ont bien raison de se mobiliser aujourd'hui pour ces questions, comme d'autres.
03:06Mais donc selon vous, vous n'avez pas répondu à ma question,
03:08mais selon vous, c'est plus à Total, à une entreprise privée de s'occuper du pouvoir d'achat des
03:12Français que de l'État ?
03:13Parce qu'effectivement, la baisse des taxes, c'est très sensé.
03:17C'est-à-dire que pour le pouvoir d'achat des Français, on le comprend tout à fait.
03:19Mais il faut aussi que l'État parvienne à compenser justement cette baisse.
03:22Ah oui, mais il pourra compenser en nationalité en Total.
03:24Je pense que c'est aujourd'hui quelque chose d'important.
03:26D'accord, donc c'est comme ça que vous faites des économies.
03:27Je pense qu'il faut se réapproprier aujourd'hui cet outil de production qui est un outil extrêmement important.
03:31Et puis voilà, on ne laissera rien à Patrick Pouyanné, et puis tant pis pour eux.
03:35C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on fait face quand même à un patron qui décide de spéculer sur
03:39la guerre
03:40et au détriment des Françaises et des Français qui voient leur pouvoir d'achat se réduire.
03:43Donc moi, aucune pitié pour Patrick Pouyanné.
03:45Voilà, on leur prendra tout et ils n'auront rien.
03:47Alors, on leur prendra tout si vous arrivez au pouvoir.
03:49Ça tombe bien, il y a la présidentielle qui arrive dans 7 mois.
03:52Écoutez, Fabien Roussel, candidat à l'élection, qui s'est affirmé comme anti-Macron, anti-MEDEF aussi.
03:57C'était lors de son discours à la fête de l'UMA il y a quelques jours.
03:59Dans des plaises au président du MEDEF, oui, la France est bien devenue le temple des inégalités.
04:05La vallée des riches paye la France.
04:08Et ce sont les classes populaires, travailleuses, qui sont sacrifiées sur l'autel de leurs profits.
04:14Mais ce qu'ils ne savent pas, c'est que la fin est proche pour tous ceux qui nous font
04:18les poches.
04:19Et nous savons que dans quelques mois, ce sera fini pour Emmanuel Macron.
04:26Et c'est tant mieux, ce sera la délivrance, enfin !
04:31Alors, Fabien Roussel, qui est dans les intentions de sondage, est pour l'instant en dessous des 5%.
04:36Entre la France insoumise d'un côté, la gauche socialiste, et il y a la primaire qui se déroule en
04:41ce moment,
04:41est-ce qu'il y a un espace pour le parti communiste, Bastien Bonner-Argent ?
04:44Oui, je pense bien évidemment qu'il y a un espace pour le parti communiste.
04:47D'abord parce qu'aujourd'hui, la gauche ne parle pas à l'ensemble des électeurs et électrices
04:52et laisse parfois sur le bas-côté des électeurs qui, pourtant, auraient aujourd'hui intérêt à voter pour nous,
04:57pour des raisons de pouvoir d'achat, etc.
04:59Et donc, je pense qu'effectivement, il faut qu'on soit très offensif aujourd'hui dans le débat public
05:03pour pouvoir aller reconquérir un électorat qui, aujourd'hui, ne vote plus
05:06ou se trompe de colère en votant parfois même pour le Rassemblement National.
05:09Donc ça, je pense que c'est important.
05:10Et puis bon, voilà, je le dis, et c'est aussi ce que disait Fabien Roussel lors de son discours
05:14à la fête de l'Humanité,
05:14on ne va pas attendre les élections présidentielles pour se mobiliser.
05:17On fait face aujourd'hui à une crise sociale qui est sans précédent.
05:19Donc on sera bien sûr aux côtés des salariés qui se mobilisent aujourd'hui, ce 29 septembre,
05:24mais aussi aux côtés des lycéens et des lycéennes.
05:26Et voilà, on va continuer à amplifier cette mobilisation parce que c'est aussi un levier important
05:30pour obtenir des victoires politiques et sociales dès maintenant.
05:33Bastien Bonner-Argent, en 2022, Fabien Roussel a recueilli environ, au doigt mouillé, 800 000 personnes.
05:39800 000 suffrages de Français.
05:42En 2027, et alors justement en 2022, Jean-Luc Mélenchon a raté le second tour à 400 000 voix près
05:48au doigt mouillé.
05:49Il y a beaucoup d'insoumis qui à ce moment-là avaient dit que c'était plus ou moins la
05:51faute de Fabien Roussel
05:52si Jean-Luc Mélenchon n'avait pas accédé au second tour.
05:54Mauvais jeu.
05:55Est-ce qu'en 2027, Fabien Roussel peut être la raison pour laquelle Jean-Luc Mélenchon va rater le second
06:00tour ?
06:00Non, je ne pense pas.
06:01Si Jean-Luc Mélenchon rate le second tour, c'est parce que Jean-Luc Mélenchon aura raté le second tour.
06:05D'ailleurs, on ne le souhaite pas.
06:06Est-ce qu'on peut dire que Fabien Roussel n'a a a priori peu de chances d'être au
06:10second tour ?
06:10Et en fait, les électeurs de Fabien Roussel empêchent du coup Jean-Luc Mélenchon...
06:13Je pense que c'est mal considéré les électeurs que de penser que le report de voix est automatique.
06:18Et puis y compris, aujourd'hui on porte un programme et une manière de faire de la politique
06:21qui est complètement différente de la France Insoumise sous bien des aspects.
06:24On parlait il y a cinq secondes de la nationalisation totale
06:27qui n'est pas portée par la France Insoumise, qui est portée par les communistes.
06:30Donc c'est aussi une raison importante de voter pour le parti communiste.
06:33Donc je pense que ce serait très réducteur de penser comme ça
06:36et ce serait mal considéré les électeurs et électrices de ce pays.