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  • il y a 6 semaines
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:02Europe 1, il est 13h20, bienvenue dans Europe 1 Info, c'est jusqu'à 14h avec Lélie Mathias.
00:07Il est temps d'accueillir nos chroniqueurs de ce jeudi.
00:10Jean-Michel Salvatore, chroniqueur politique et communicant,
00:13et Jules Torres, journaliste politique au JDD.
00:15Vous le constatez tous les jours en faisant vos courses, en faisant le plein aussi.
00:18C'est cher, c'est de plus en plus cher.
00:20Les chiffres de la conjoncture économique ne s'annoncent pas bons du tout.
00:24L'automne s'annonce morose, le gouvernement est entravé,
00:26et il ne bougera pas d'un iota sur le carburant.
00:29Avant d'en parler, je vous propose d'écouter ces Français
00:31que Jean-Luc Bougeon a rencontrés pour Europe 1.
00:34Je ne mets que 20 euros à chaque fois.
00:35Fini le plein ?
00:36Oui, je ne sais pas, psychologiquement, je préfère mettre 20 euros plusieurs fois
00:39que 100 balles en une fois.
00:41Donc là, je vois que vous faites attention, on est à 19.
00:43Oui, je mets 25, ça dépend.
00:45Mais le plein, ce n'est plus possible ?
00:47Non.
00:47Ça fait trop mal ?
00:48Oui, psychologiquement, oui.
00:50Ma voiture, elle est déjà en remportant,
00:51elle vient de remplir le bidon du carburant.
00:54C'est trop cher.
00:55Vous ne faites plus le plein complet ?
00:57Oui, bien sûr.
00:58On a des milliers, ça coûte cher.
01:00L'essence, tout est moins cher chez Total.
01:02Alors que plus loin, c'est au moins 2,01 euros.
01:06C'est trop cher, oui.
01:07Et voilà, on fait des sacrifices, on regarde, on économise,
01:11on ne va pas jusqu'au bout, on ne fait pas le plein.
01:13Et il n'y a pas que pour les carburants, je le disais.
01:16Ces difficultés, Jean-Michel Salvatore, sont-elles prises en compte par les politiques ?
01:19Et surtout, est-ce qu'ils peuvent y répondre ?
01:21Le problème, c'est qu'ils sont pris dans une tanaille épouvantable.
01:25Soit ils aident tous les Français qui ont énormément de mal à boucler leur fin de mois.
01:30Et c'est vrai que ça serait justifié, parce qu'on sait déjà que le pouvoir d'achat est la
01:35préoccupation principale des Français.
01:37On voit que les gens souffrent énormément de l'augmentation à la fois de l'essence,
01:42mais aussi du fioul domestique.
01:44On arrive dans l'hiver, il va falloir remplir les cuves.
01:46Donc, évidemment que là, il y a un effet d'appauvrissement très important.
01:51Le problème, c'est que si on donne de l'argent à tous ceux qui en ont besoin, on emprunte.
01:57C'est ça le problème.
01:58C'est que si on dépense 70 millions, 100 millions, 200 millions, 300 millions pour aider tous ceux qui en
02:04ont vraiment besoin,
02:06cet argent, il va falloir l'emprunter.
02:08Et donc, là, on touche du doigt, si vous voulez, ce que c'est que de vivre dans un État
02:12qui est en faillite.
02:13C'est-à-dire qu'il n'y a pas de bonnes solutions, il n'y a que des très
02:16mauvaises solutions.
02:17Soit aider les Français, mais s'endetter, soit ne pas les aider,
02:22et finalement, alimenter une désespérance sociale très importante.
02:26L'équation impossible.
02:27Non, mais il suffit juste aussi de redonner aux Français ce que l'État lui a déjà pris.
02:32C'est-à-dire que sur le prix d'un litre de carburant, d'un plein de carburant,
02:35il y a quasiment 60% qui va déjà dans les postes de l'État.
02:38Donc, le sujet que le gouvernement se refuse d'ouvrir, c'est la question de la baisse des taxes.
02:43Alors, on avait notamment Philippe Brun, hier soir, chez Pierre de Villeneuve,
02:47qui est candidat à la primaire de la gauche, qui lui, veut baisser, comme en Espagne, le prix de la
02:52TVA.
02:53Bon, peut-être que c'est une solution qu'il va falloir ouvrir.
02:55Alors, la question, c'est vrai, c'est qu'il va falloir s'endetter.
02:57Mais le sujet, c'est la baisse de la dépense publique aussi.
02:59Ce gouvernement pourrait faire des économies, mais il n'en fait pas,
03:02parce qu'il refuse de baisser la fonction publique.
03:05Il refuse de baisser la contribution nette de la France à l'Union Européenne.
03:08Il refuse d'aller sur un sujet qui peut être intéressant,
03:11et qui représente 20 milliards sur les aides non-contributives pour les étrangers.
03:15Il refuse d'aller sur tout un tas de sujets.
03:17Moi, je ne sais pas, il y a un sujet intéressant qui est le poids et le budget de l
03:21'audiovisuel public.
03:22Il y a beaucoup de gens qui demandent sa privatisation.
03:24C'est 4 milliards d'euros chaque année.
03:26Donc, là aussi, moi, si vous voulez, des économies, je vous en trouve partout.
03:28Moi, je ne suis pas ministre de l'économie.
03:29Je ne suis pas ministre de l'économie.
03:30Il vous regarde depuis le début, c'est assez sceptique.
03:32Mais donc, à un moment donné, il ne faut pas faire comme si les Français pouvaient...
03:36Parce que pour beaucoup de Français, pour beaucoup de ménages,
03:38le carburant, c'est quasiment le premier poste de dépense.
03:40Donc, le sujet n'est pas tant de « est-ce qu'on doit aider ou non les Français ?
03:44»
03:44Puisque, par ailleurs, on fait des processus d'aide.
03:46Et Philippe Brun nous expliquait hier que dans sa circonscription de l'heure,
03:49il n'y avait même pas une personne éligible sur deux qui faisait cela.
03:52Parce qu'il y avait la République des Serfas, parce qu'il fallait faire des déclarations,
03:55parce qu'il fallait aller sur le site des infos.
03:57Bref, c'était très, très compliqué d'accéder à ces aides de l'État.
04:00Donc, à un moment donné, il suffit juste de baisser les taxes.
04:02Jean-Michel Salvatore, je vous laisse répondre.
04:04Enfin, sinon, on vit dans un pays soviétique.
04:05Mais peut-être que Jean-Michel aime ça.
04:07Non, mais sur le constat, je suis d'accord avec Jules,
04:10mais de même qu'il n'y a pas d'argent magique,
04:13il n'y a pas d'économie magique.
04:15C'est-à-dire que ce n'est pas parce qu'on va, par exemple,
04:20dissoudre 50, 100, 200, 300 agences demain matin,
04:23que le budget de l'État s'en portera mieux.
04:25Parce que les sommes en jeu sont énormes.
04:27Elles sont absolument considérables.
04:29Donc, quand vous dites, bon, oui,
04:31on pourrait peut-être aussi renier sur l'audiovisuel,
04:35bon, peut-être.
04:35Surtout.
04:36Oui, mais on ne va pas faire 4 milliards d'économies du jour au lendemain.
04:39Qu'est-ce qu'on va faire de tous les gens qui vont se retrouver au chômage ?
04:42Je pense qu'il faut quand même être sérieux, Jules.
04:43Il y a des gens qui vont acheter.
04:45Oui, non, mais je pense que, bien sûr qu'il faut faire des économies.
04:49Et la première des choses à faire,
04:50c'est vraiment de faire des économies.
04:52Là, je suis tout à fait d'accord avec Jules,
04:53mais il n'y a pas d'économie magique.
04:55Tout est compliqué et tout est long à aboutir.
04:57Dans les échos, l'édito de Cécile Cornudet,
04:59elle dit qu'il y a pire que les électeurs en colère.
05:01Parce que c'est ça qui se profile,
05:02c'est quand même une présidentielle.
05:04Vous cherchez des solutions, certains en proposent.
05:06Donc, elle dit qu'il y a pire que les électeurs en colère,
05:08parce qu'on pourrait s'y attendre,
05:09est-ce qu'il y aura de nouveau des gilets jaunes ?
05:10Pas sûr.
05:11Elle dit qu'il y a aussi ceux qui n'ont plus rien à perdre,
05:14selon nos analyses de Brice Teinturier-Lipsos.
05:18Oui, bien sûr qu'elle a raison, Mme Cornudet,
05:20parce qu'on est dans une présidentielle
05:22qui va sans doute être la présidentielle la plus importante,
05:24et où on a quand même l'impression,
05:25c'est plus qu'une impression,
05:27que le personnel politique soit agit
05:29avec une sorte de désinvolture confondante
05:31sur la réalité de ce que vivent les Français.
05:34Aujourd'hui, quand vous regardez
05:35ce que coûtent pour le poids d'un ménage
05:38les prix du carburant,
05:39et notamment pour les ménages les plus surexposés,
05:43parce que la moyenne, en tout cas la médiane aujourd'hui,
05:45c'est 1300 par ménage,
05:47mais les ménages surexposés,
05:48c'est 2600.
05:50Le poste, c'est 2600 par an.
05:51Donc vous voyez très bien que c'est quelque chose
05:54qui a un poids considérable,
05:56et que la réponse du politique de dire
05:58« Bon, pour les gros rouleurs, on va vous aider.
06:00N'hésitez pas à aller sur le site d'unpo.gouv,
06:02on va vous aider. »
06:03Mais non, ça ne marche pas.
06:04Donc il y a cette chose-là,
06:05et puis encore une fois, c'est ma marotte,
06:07je vais y revenir,
06:08mais quand vous avez 60% de taxes,
06:11on se croit dans un pays soviétique.
06:12Je n'ai pas envie d'habiter dans un pays soviétique.
06:15Je n'ai pas envie de participer à une démocratie
06:17qui est une démocratie soviétique.
06:19Quand on vous prend autant, il faut...
06:21Il y a un modèle social quand même, aussi.
06:23Ah oui, mais alors, la promesse du modèle social,
06:25c'est de ne pas vous prendre 60% de ce que vous avez.
06:26Je sais qu'on s'est habitués,
06:28et visiblement, l'Assemblée nationale,
06:30et ce n'est pas pour vous attaquer,
06:31mais vous aussi, Clélie Mathias,
06:32s'est habituée...
06:32Ah, pourtant, j'avais eu un compliment
06:34au début d'émission.
06:35Je suis désolé, là, je sévis.
06:37Mais c'est-à-dire que si on accepte,
06:39et on semble l'accepter,
06:41l'Assemblée nationale,
06:42les 577 députés semblent l'accepter,
06:45qu'on vive dans un pays,
06:46peut-être pas soviétique, mais socialiste,
06:48c'est leur problème.
06:50Mais moi, je n'ai pas du tout envie
06:51de vivre là-dedans.
06:52Donc, le sujet, par exemple,
06:54je prends un pays, l'Espagne.
06:55C'est un pays socialiste,
06:57ce n'est pas un pays ultra-libéral.
06:59M. Sanchez a eu une dérogation
07:00pour baisser le prix de la TVA
07:02sur les prix du carburant à 10%.
07:04On nous a expliqué en France
07:05que c'était impossible
07:05puisqu'il y a une directive européenne
07:07qui vous oblige
07:08et qui met un plancher à 15%.
07:09Pourquoi nous, on n'y arriverait pas ?
07:11Et le délicieux socialiste Pedro Sanchez,
07:13il pourrait y arriver.
07:15Je voulais juste avoir votre avis
07:16sur les électeurs
07:18qui n'ont plus rien à perdre
07:20et les électeurs
07:21qui n'ont plus rien à foutre.
07:22C'est le terme utilisé par Brice Tinturier.
07:24Et puis, Gilles Boyer,
07:24qui conseille Édor Philippe,
07:27a dit qu'il y a pire,
07:28c'est ceux qui n'ont plus rien à perdre.
07:29Oui, c'est de pire en pire,
07:31en fait, parce qu'en 2017,
07:32c'est vrai que c'était Brice Tinturier
07:33qui avait théorisé
07:35le concept du praf,
07:37c'est plus rien à foutre.
07:39Il disait que finalement,
07:39les électeurs en 2017
07:41étaient dans cet état d'esprit-là.
07:42Et aujourd'hui, c'est encore pire.
07:44On est maintenant passé au prap,
07:46c'est-à-dire plus rien à perdre.
07:48Et on voit bien la lassitude immense des Français.
07:52Tous les jours, il y a une mauvaise nouvelle.
07:53Le pouvoir d'achat,
07:54l'essence,
07:55la canicule,
07:56la guerre,
07:57la dette,
07:58PISA,
07:58l'IA.
07:59Enfin, il n'y a que des mauvaises nouvelles
08:01et les Français n'en peuvent plus.
08:02L'IA, justement, on en parlera,
08:03mais il se murmure aussi
08:04qu'il pourrait y avoir
08:05une dissolution faute de budget.
08:07On en parle juste après
08:08le journal permanent d'Europe 1.
08:09Europe 1, il est 13h29.
08:11Europe 1 Info avec Lélie Mathias
08:12et ses chroniqueurs
08:13reviennent dans un instant.
08:14A tout de suite.
08:1513h, 14h.
08:17Europe 1 Info.

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