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  • il y a 1 semaine
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:02C'est avec Lélie Mathias sur Europe 1 et c'est 3 chroniqueurs avec vous aujourd'hui.
00:06Michel Fayad, Sébastien Ligné, Hélène Roux et Kélie.
00:08Ça vous fait rêver Singapour ?
00:11C'est un pays d'expat et donc je pense qu'ils ont focalisé complètement sur les élèves,
00:17comme je disais avant le bac et après le bac c'est un peu plus compliqué.
00:21Moi j'aime beaucoup, j'ai eu l'occasion de m'y rendre, moi j'aime beaucoup
00:23et manifestement ils se débrouillent plutôt bien en termes d'école.
00:26Sébastien Ligné ?
00:27Ça ne pourra pas être pire que la France.
00:29Non, je vous parle de Singapour parce que ce sont eux les premiers au classement PISA
00:32qui a été révélé ce matin.
00:34Écoutez, alors la France se situe toujours dans la moyenne des pays de l'OCDE
00:38mais les scores sont de plus en plus bas.
00:42Écoutez Joachim Lefloc Ima, des séillistes enseignants
00:45qui a déploré l'effondrement du niveau des élèves français, il était sur Europe 1.
00:48On voit que l'effondrement continue, qu'il est bien parti pour continuer.
00:52En mathématiques par exemple, on a perdu 16 points dans le dernier volet.
00:5516 points, c'est énorme. 20 points, ça représente à peu près un an de niveau scolaire en maths.
01:00Donc ce qu'on voit, c'est que depuis que PISA existe, donc depuis l'année 2000,
01:04on a perdu quasiment l'équivalent de trois années de niveau scolaire en mathématiques en France
01:08à un rythme beaucoup plus rapide que la totalité des pays de l'OCDE.
01:12Et c'est à peu près pareil dans les autres disciplines.
01:14Ce n'est pas beaucoup mieux si on regarde en lecture ou si on regarde en science.
01:17Donc une fois qu'on a fait ce diagnostic qui est très sombre,
01:19la question qui doit nous obséder est de savoir comment on en est arrivé là.
01:22Et c'est enfin un scandale politique, c'est la démission de tous les gouvernements successifs.
01:26Je rappelle que Macron avait dit que l'école était son domaine réservé.
01:29Neuf ans après, on voit quel est le bilan de ce domaine réservé.
01:33Ça marche avec à peu près tous les autres sujets.
01:35Bon, Sébastien Ligné, je commence avec vous.
01:37Non, je ne vous demanderai pas 9 fois 8 combien ça fait.
01:4072 !
01:43Non, Édouard Jeffrey, le ministre de l'éducation s'est exprimé.
01:48Il a dit que les résultats des élèves français au test international de PISA sont très occupants.
01:53Mais, je cite, hélas, pas une surprise.
01:56Et Joachim Lefloc Imad, vous l'avez entendu, a bien résumé les enjeux.
01:59Alors je voulais vos réactions, Sébastien Ligné.
02:01Évidemment que ce n'est pas une surprise parce que l'éducation nationale,
02:03et en tout cas une politique éducative, demande du temps et demande de la constance.
02:08Et ce sont deux éléments qu'on n'a plus dans ce pays depuis 25 ans.
02:11On n'a plus de constance politique et on n'a plus assez de temps.
02:13Et même quand on donne du temps à un gouvernement ou à une idéologie comme le macronisme,
02:17qui a quand même eu 10 ans pour tenter d'impulser un élan éducatif,
02:22on voit qu'il se plante là ametablement parce qu'il n'y a plus aucune vision éducative dans ce
02:26pays.
02:27Et là où ça me chagrine un petit peu plus,
02:29c'est qu'il y a une absence totale de prise de responsabilité.
02:32C'est-à-dire que M. Jeffrey nous explique, quelques phrases après cette déclaration,
02:37qu'en fait, il ne faut quand même pas oublier qu'il y a les écrans et les réseaux sociaux
02:40qui ont eu un impact déplorable et que c'est peut-être finalement plus la faute des nouvelles technologies
02:44que de l'absence de politique.
02:46Et ça, ça me dérange parce qu'évidemment que les écrans ont eu un impact désastreux
02:50sur l'attention notamment des plus jeunes.
02:52Et en effet, on en parlait avec Géraldine pendant la pub,
02:56on a aussi encouragé l'utilisation des écrans au sein de l'école avec les plus petits pendant une génération.
03:02Et aujourd'hui, on se réveille en se disant, finalement, peut-être que les écrans sont assez nocifs.
03:06Mais au final, on a perdu une génération, en effet, d'enfants qui ont été biberonnés aux écrans,
03:11aux réseaux sociaux, à la dopamine rapide,
03:13et qui sont donc aujourd'hui plus capables de lire un chapitre de Zola ou de Victor Hugo
03:18sans avoir l'impression que ça demande un effort sur humain.
03:20– Il y a aussi le Covid-19, on n'a pas aidé.
03:23– Ça n'a pas aidé, bien sûr.
03:24Moi, je trouve la réaction du ministre assez catastrophique
03:26parce que des résultats préoccupants, mais pas une surprise,
03:29et on s'arrête là.
03:30Donc c'est quoi la suite ?
03:31Parce que quand Joachim Lefloc, il m'a dit,
03:33il faut qu'on se concentre sur, il faut qu'on comprenne aussi comment on en est arrivé là,
03:36oui, bien sûr, mais moi, ce que j'ai envie de savoir maintenant,
03:39c'est comment on va faire pour le remonter, le classement PISA.
03:41Parce que là, on est en train de payer, donc manifestement, si on fait le constat,
03:44on paye le pédagogisme à outrance,
03:46que des grands penseurs, des grands zénards, trouvaient formidable il y a 20 ans,
03:50en disant que l'enfant, c'était roi, et que de toute façon,
03:52mettre des notes, c'était trop violent.
03:53Donc si vous voulez, à la maternelle et aux primaires,
03:55on a commencé à mettre des petits points jaunes et des petits points roses
03:57pour ne vexer personne, on se rend compte aujourd'hui
03:59que c'est manifestement quelque chose qui ne fonctionne pas du tout.
04:02Donc là, il faut que le gouvernement se réveille,
04:04redonne une vraie stratégie éducative,
04:06que les programmes soient revus,
04:07parce qu'entre, non seulement on a viré l'autorité de l'école,
04:10mais là, c'est carrément, je veux dire, on n'est plus du tout, du tout au niveau.
04:13C'est catastrophique, même quand vous allez être un investisseur,
04:16vous voyez les gens qui sortent du bac,
04:17vous vous dites, je ne vais pas aller investir en France,
04:19de toute façon, il n'y a plus de niveau,
04:20c'est une catastrophe, c'est une catastrophe.
04:22Michel Fayad, pour terminer ce tour de table.
04:24Oui, puisque la France aussi n'est pas le seul pays qui a connu le Covid,
04:27ou le seul pays où il y a des problèmes d'écran,
04:29donc on ne peut pas dire, ces problèmes sont uniquement chez nous,
04:32les autres ont pu faire face à ces problèmes,
04:34pourquoi est-ce que l'Estonie est numéro un en Europe ?
04:36C'est quand même un peu fou, quand même.
04:38Il faudrait qu'on se pose les bonnes questions,
04:41puis il y a l'éléphant dans la pièce,
04:43il y a quand même la question de l'immigration.
04:45Je veux dire, 500 000 immigrés qui rentrent chaque année,
04:47ça a aussi un impact sur notre éducation,
04:49le niveau scolaire d'enfants qui ne connaissent pas la langue française
04:52ou qui ne parlent pas la langue française chez eux,
04:54forcément, ça a un impact sur la classe.
04:58On l'a vu, en fait, on nous dit dans les rapports
05:01comme quoi les élèves les plus favorisés,
05:04les élèves les plus défavorisés,
05:06le niveau se réduit.
05:08Mais en réalité, c'est plutôt le niveau des plus défavorisés
05:11qui est en train de s'écrouler
05:12et qui se rattrape du coup,
05:14enfin qui tombe au niveau presque de ceux des défavorisés.
05:17En fait, il y a beaucoup de questions
05:18qu'on devrait se poser et qu'on ne se pose pas.
05:21Le problème, c'est qu'on risque de perdre encore un petit peu de temps
05:23parce qu'en pleine année présidentielle,
05:24je ne suis pas sûr que des mesures soient prises.
05:26Et même si on faisait un électrochoc maintenant,
05:29là tout de suite, en septembre 2026,
05:30on verrait des premiers résultats concrets
05:32dans plusieurs années, si ce n'est une décennie.
05:35C'est aussi pour cela que c'est terrible
05:36pour tout le système éducatif français,
05:39c'est qu'il faut s'attendre à ce que ces classements
05:41continuent de baisser pendant au moins 5-6 ans
05:43et peut-être sûrement plus
05:45s'il y a une absence de réponse politique.
05:46Si vous avez prévu d'aller visiter la Tour Eiffel
05:48cet après-midi, c'est possible.
05:49Elle a rouvert.
05:50Les employés hier étaient en grève.
05:53Ils étaient mobilisés
05:54parce que les femmes employées
05:56ont été invisibilisées le temps d'une visite.
05:59Forcément, ça fait...
06:00Même moi, j'ai le droit d'y aller cet après-midi.
06:02Oui, c'est bon.
06:03Magnifique.
06:04Bonheur.
06:05Rendez-vous juste après le journal permanent
06:07d'une heure et demie sur Europe 1.
06:09Europe 1, 13h29.
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