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  • il y a 2 mois
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:03La suite à 13h45 sur Europe 1, vous écoutez Clévi Mathias et ses deux chroniqueurs,
00:07l'experte en politique éducative et de protection de l'enfance,
00:10Sophie Audugé et l'ancien juge d'instruction, Georges Fédech.
00:14C'est très mauvais le niveau des élèves français,
00:18alors que ce soit dans toutes les matières,
00:20en maths, en lecture, en culture scientifique aussi,
00:24bref, tout de toute façon, là on chute drastiquement partout.
00:28Sophie Audugé, vous n'êtes pas étonnée, vous alertez depuis longtemps,
00:31vous l'écrivez de toute façon dans vos livres,
00:33je rappelle l'éducation nationale en perdition chez Fayard dans les librairies demain.
00:37Alors depuis hier, on commente, on donne aussi les bons points,
00:41les mauvais points surtout, la faute aux écrans, la faute aux parents,
00:44écoutez l'analyse du docteur en neurosciences Michel Desmurget,
00:47qui estime que le problème, c'est le temps d'écran des enfants
00:49et qu'il serait quand même temps de mettre au pas les réseaux sociaux.
00:52Il était ce matin sur Europe 1.
00:53Aux Etats-Unis, les procureurs par exemple sont partis après Meta,
00:56ils ont dit à Meta, ça sera 200 milliards.
00:58Meta qui disait depuis des années, mais non, c'est pas possible,
01:01on ne peut pas réguler, on ne peut pas contrôler.
01:03Oh, ça leur a pris 5 minutes pour trouver des solutions,
01:05pour mettre en place des garde-fous.
01:07Et là, l'Union Européenne est en train d'aller pleurer chez Meta
01:09pour leur demander s'ils ne vont pas être assez gentils
01:11pour protéger nos gosses quand ils protègent les gosses américains.
01:14On est dans un monde de dents.
01:15Il y a TikTok par exemple et les réseaux sociaux.
01:18Je cite leur mot, broie le cerveau des gamins.
01:20Tu ne peux pas dire des choses comme ça et puis ne rien faire après.
01:22Les écrans prennent aussi un temps considérable aux parents,
01:26à nous les adultes.
01:27Et le temps qu'on donne à Netflix ou aux réseaux sociaux aux adultes,
01:30c'est du temps qu'on ne partage pas avec nos gamins.
01:33On va suivre effectivement ce qu'ils font.
01:35Donc oui, oui, oui, c'est une donnée.
01:36La démission, si j'ose dire, vis-à-vis de l'avenir de nos gamins est générale.
01:40Sophie Audigé, alors certes, on comprend les conséquences
01:44du déploiement des réseaux sociaux
01:45et de leur impact sur le cerveau de nos jeunes.
01:48Mais quand même, comment on explique ces résultats ?
01:52Il n'y a pas que les écrans.
01:54Oui, c'est ça, je suis assez sidérée d'entendre tout ce que j'entends depuis hier.
01:59Parce qu'en fait, finalement, on n'en appelle pas aux vrais responsables.
02:04C'est le système scolaire français.
02:07C'est l'éducation nationale.
02:09C'est l'éducation nationale, cet énorme système syndicaliste infiltré
02:16qui a cassé l'instruction publique
02:19pour mettre en place une gouvernance par l'esprit,
02:24un façonnage des cerveaux des enfants avec une éducation nationale.
02:28C'est ça le vrai problème.
02:29Ce sont eux les responsables.
02:30Vous voulez dire que les ministres de l'éducation nationale successifs
02:33ont cédé aux syndicalistes ?
02:35Mais depuis 1920, depuis 1930, depuis 1950,
02:38on a eu de cesse que de casser un système méritocratique
02:41qui faisait que l'école était un lieu
02:43où on accueillait les enfants en sécurité
02:45et où on n'y transmettait que des savoirs.
02:47Et on évaluait ces savoirs.
02:49Et quand on avait acquis des savoirs,
02:50on passait à un autre niveau et ainsi de suite.
02:52Et quand on était un très bon élève
02:54qui avait de l'appétence pour les métiers techniques,
02:57on devenait un professionnel technique
02:58qui savait parfaitement lire, écrire, compter et raisonner.
03:02Voilà.
03:03Et on a cassé ça.
03:04Et aujourd'hui, on nous dit que c'est de la faute des écrans,
03:05c'est de la faute des parents.
03:07Chacun son rôle.
03:08Chacun son rôle.
03:08On est une instruction publique française
03:10qui coûte beaucoup d'argent par rapport aux autres pays du monde.
03:12Il n'y a aucune raison qu'on ne soit pas capable,
03:14en France, d'apprendre à lire, à écrire, à compter, à raisonner
03:16à 100% des enfants avant l'entrée en cinquième.
03:19C'est ça la réalité.
03:21D'autres pays y arrivent.
03:22Ils n'ont pas les écrans.
03:23Alors, il est vrai que le niveau général a baissé dans le monde entier pour ces pays de CDE.
03:26Mais non, mais non, je suis beaucoup plus.
03:28Il faut regarder.
03:30C'est bien beau de dire, je suis tous.
03:31D'accord, mais nous, en 20 ans, on a perdu presque 50 points.
03:34C'est-à-dire qu'en 20 ans, un élève de 15 ans,
03:37aujourd'hui, ceux d'aujourd'hui ont deux ans et demi de retard d'apprentissage.
03:41C'est comme s'ils étaient partis en vacances pendant deux ans et demi scolaires.
03:44Les enfants, on les prend à trois ans, on les fait sortir de l'école,
03:47ou plutôt à 16 ans, on a 13 ans pour leur apprendre l'essentiel, les fondamentaux.
03:51Les autres pays y arrivent.
03:52Les autres pays qui ont un taux d'immigration supérieur au nôtre.
03:54Les autres pays qui ont un taux d'allophone supérieur au nôtre.
03:57Parmi ces pays-là, qui sont supérieurs à nous en immigration,
04:01en pourcentage d'allophone dans les classes,
04:03même en pauvreté, même en pauvreté, se trouvent dans le top 10 PISA.
04:07Donc arrêtons de raconter n'importe quoi
04:10et revenons à une instruction publique qui nous se fixe comme unique objectif
04:16d'apprendre et de transmettre des savoirs, d'apprendre à lire, à écrire,
04:20à compter parfaitement à nos enfants en utilisant les méthodes éprouvées
04:24avec une rigueur et une autorité bienveillante qui a fait ses preuves.
04:27C'est ce que font les autres pays qui fonctionnent très bien,
04:30qui sont dans le top du classement.
04:32Il n'y a aucune raison que ça ne marche pas.
04:33Les enfants n'ont pas changé.
04:34Ils ne sont pas moins intelligents.
04:36Ou alors, il faudrait peut-être que ces gens-là nous expliquent
04:41s'il y a des enfants ou des catégories d'enfants
04:45qui seraient moins intelligents que les autres.
04:46Ça m'intéresse.
04:47Georges Fenec.
04:48Sophie vient de parler de méritocratie.
04:52Je crois que tout le sujet, il est là.
04:54J'aimerais bien d'ailleurs avoir son avis sur la réforme du collège unique
04:58qui avait été votée dans les années 70.
05:00La réforme AB.
05:01Moi, je considère que ça a été une erreur monumentale.
05:05On a essayé ensuite, c'était sous Mme Belloubet,
05:07qui n'était pas très, très, très allant d'ailleurs de le faire,
05:11des cours de niveau, des classes de niveau.
05:14On a voulu mettre tout le monde au même niveau.
05:17Sauf qu'en mettant tout le monde au même niveau,
05:19vous abaissez le niveau.
05:20Il y a des élèves qui ont besoin de plus d'attention,
05:24qui ont plus de difficultés que d'autres.
05:26Voilà.
05:27Alors, je voulais avoir justement l'avis de Sophie.
05:29Est-ce qu'il n'y a pas là aussi, dans cette réforme,
05:32même si elle a été quelque part amaudiée...
05:34Est-ce que c'est le point de bascule finalement ?
05:36Est-ce qu'il n'y a pas eu un point de bascule ?
05:37Non, non, le point de bascule, c'est clairement le passage en 1932
05:41d'une instruction publique à une éducation nationale,
05:44et puis ensuite...
05:44Ah oui, vous revenez loin quand même, oui.
05:46Non, mais là, parlons de récemment, quoi.
05:47Non, mais moi, je veux bien que tout le monde fasse fi de ça.
05:51Le sujet, il est là.
05:52Tant que vous ne vous attaquerez pas à ce problème-là,
05:55vous ne réglerez pas le problème de l'école.
05:57Abis, c'était déjà fait avant.
05:58Je veux dire, la loi n'a fait que conforter,
06:01enfin que mettre dans un texte légal,
06:03quelque chose qui était déjà en œuvre.
06:05Et la loi Abis n'est rien d'autre que la mise en œuvre
06:08de solutions qui étaient de faire passer un goulet d'étranglement
06:11par rapport à la massification de l'enseignement.
06:14On a démocratisé l'enseignement,
06:17on a fait rentrer de plus en plus d'élèves,
06:19et à un moment, on a repoussé l'âge de sortie scolaire.
06:22Pourquoi ? Dans l'intérêt des enfants ?
06:23Non, parce que soit il y avait du chômage,
06:25et donc il fallait échelonner la sortie sur le marché de l'emploi,
06:28soit parce qu'effectivement, on avait trop de monde
06:30et il y avait des goulet d'étranglement.
06:32Donc, si vous voulez, la question,
06:34le collège, aujourd'hui, on nous dit que c'est le maillon faible.
06:37Mais je veux dire, vous me dites, Sophie, vous revenez trop loin.
06:39Mais c'était déjà le maillon faible dans les années 40,
06:41chez 53.
06:42Alors, je prends un exemple.
06:43Est-ce qu'on ne peut pas revenir là-dessus ?
06:44Est-ce que vous avez vu quand même cette petite fille de 9 ans
06:46qui a réussi brillamment le brevet,
06:49non pas grâce à l'éducation nationale,
06:50grâce à ses parents qui ont utilisé des manuels des années 50 ?
06:54Oui, non, mais je veux dire,
06:55il n'y a même pas besoin d'aller sur les manuels des années 50.
06:57Si vous voulez, vous prenez les pays qui sont dans le top 10,
07:01même qui ont des taux d'immigration très élevés,
07:03ils ont tous la même méthodologie.
07:04Ils commencent les fondamentaux très tôt,
07:06c'est-à-dire à partir de 5-6 ans.
07:08Ils concentrent tous leurs moyens financiers
07:10sur les premières années de classe.
07:12Et ensuite, effectivement, il y a une rigueur,
07:15les programmes ne changent pas,
07:16il n'y a pas de pédagogisme, etc.

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