- il y a 12 minutes
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.
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00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneau.
00:04Deuxième heure d'Europe 1 Soir jusqu'à 20h avec Catherine Lé.
00:07Bonsoir chère Catherine.
00:08Bonsoir chère Catherine.
00:09Bonsoir Antoine Amandré.
00:10Bonsoir Pierre.
00:11Directeur en chef politico au JDD.
00:13Bonsoir Prisca Témeau.
00:14Bonsoir Pierre de Villeneau.
00:14Merci d'être avec nous députés ensemble pour la République des Hauts-de-Seine.
00:17Soutien de Gabriel Attal avant de parler de la politique, de cette coalition que veut,
00:21que voudrait le chef de l'État.
00:23Parlons des émeutes, des casseurs.
00:27Parlons de ceux qui sont en marge des manifestations pour la vie chère.
00:31Tout à l'heure, Maël Hassani nous a narré ce drame épouvantable.
00:35Un SDF qui avait sa voiture, il avait sa vie dedans, il dormait dedans.
00:40Il s'est retrouvé avec cette voiture qui a été brûlée en marge des manifestations.
00:44Et quand M. Kassovitz, qui est donc un cinéaste, un acteur, apparaît dans les médias,
00:50il dit que les casseurs sont nécessaires.
00:51Les casseurs sont nécessaires.
00:53Ah oui.
00:54Mon Dieu.
00:55Malheureusement.
00:56Vous savez que M. Kassovitz, vous savez que...
00:59Attends, il faut expliquer pourquoi.
01:01Les casseurs sont nécessaires parce que les gouvernements ne comprennent que la force.
01:05Et malheureusement, si encore une fois, si encore une fois, on revenait à la base des problèmes,
01:10au lieu de crier sur les symptômes...
01:13Vous qui avez été au gouvernement, qu'est-ce que vous répondez à M. Kassovitz ?
01:16Cette parole de M. Kassovitz sur les casseurs sont nécessaires et absolument insupportables.
01:23Insupportables.
01:24Et je l'invite à aller rencontrer tous ces commerçants qui ont vu des années et des années voir une
01:33vie de travail partir en fumée le 17 octobre.
01:36Je l'invite à aller voir ce qu'il reste de la mairie de Limoges.
01:39Je l'invite à aller voir ces familles qui ont eu le 17 octobre des personnes qui ont essayé de
01:45forcer leurs habitations.
01:48Et puis on verra s'il dira la même chose.
01:50Non, les casseurs, les pilleurs ne sont pas nécessaires.
01:53Ils sont condamnés, condamnés pour ce qu'ils font, qui sont des délits,
01:57et condamnés parce qu'ils empêchent aussi simplement et légitimement de parler des manifestations.
02:02Vous avez vu les condamnations à date ? Ça ne va pas très très loin.
02:05Là, vous le savez, je n'ai pas à venir préjuger, je suis députée du travail de la justice.
02:13En revanche, ce que je peux vous dire, c'est qu'on a une loi en attente qui doit arriver,
02:17la loi casseur-payeur, qui a été d'ailleurs renforcée au Sénat et qui arrive à l'Assemblée dans les
02:23prochains jours.
02:24Et je serai bien évidemment mobilisée pour faire en sorte qu'elle puisse être mise en place.
02:28Et vous, sur l'étendue de cette loi casseur-payeur, jusqu'où on va ?
02:32On fait payer, comme le disent certains, et notamment Guillaume Casbarian,
02:36qui est député ensemble pour la République aussi, qui dit qu'il faut aller chercher les casseurs.
02:40Quand ce n'est pas les casseurs, c'est les parents.
02:41Quand les parents ne peuvent pas, on prive les allocations familiales, etc.
02:45Vous allez jusqu'où ? Le curseur va où ?
02:47Guillaume le sait très bien, Guillaume Casbarian, pardon, c'est un collègue.
02:51Il le sait très bien, déjà, on ne part pas de rien.
02:53On a déjà la loi Attal qui a permis de renforcer et de venir renforcer la responsabilité civile des parents.
03:00quand on a des casseurs, des pilleurs qui sont mineurs, pour aller les chercher,
03:04et pas simplement le parent qui s'en occupe, parce que s'il y a des parents, des mamans solos
03:08en général,
03:09on peut aller chercher aussi l'autre parent.
03:11Mais il faut aussi renforcer, effectivement, la capacité de ces pilleurs, de ces casseurs,
03:16quand ils sont adultes, à être responsables du paiement.
03:18Et s'ils doivent prendre une vie pour rembourser, ils l'apprendront.
03:21Il y a aussi une réponse politique à apporter,
03:24et le constat quand même d'un échec pour Emmanuel Macron,
03:28pour ceux qui l'ont soutenu et qui l'ont accompagné.
03:30C'est-à-dire qu'on est aujourd'hui dans un pays où on ne peut plus vivre de son
03:34travail,
03:34où le pouvoir d'achat s'est érodé de façon assez flagrante,
03:37alors qu'Emmanuel Macron avait fait de la réussite économique l'un de ses atouts
03:40et l'un des enjeux de son quinquennat.
03:43Et une jeunesse aujourd'hui aussi, qui était pleine d'espoir quand il a été élu,
03:46et qui aujourd'hui est angoissée, vit dans l'angoisse de Parcoursu,
03:50dans l'angoisse de la sélection, et qui vit mal aussi,
03:53parce qu'il faut rappeler que la paupérisation des étudiants est quand même singulière.
03:56Tout ça s'assigne quand même un peu votre chèque,
03:59et vous en êtes partie prenante.
04:00Il y a plusieurs choses dans ce que vous dites.
04:03On va partir sur le sujet du plus simple.
04:05Vous dites que les jeunes vivent mal le principe de la sélection ?
04:09Non mais, pardon ?
04:10Parce qu'elle est arbitraire et pas transparente ?
04:12Ok, ben là je vais vous le dire assez simplement.
04:13L'érosion du pouvoir d'achat, l'érosion du niveau des Français et donc des étudiants.
04:16Ok, je peux faire une liste à l'après-verre,
04:19mais sauf que vous attendez des réponses qui ne sont pas une simple énumération.
04:22Partons, déjà, et je vous réponds après sur le pouvoir d'achat qui est extrêmement important.
04:25Partons sur la sélection.
04:26Enfin, pardon, la vie est une sélection.
04:30Vous allez me dire qu'aujourd'hui il faut dire aux jeunes,
04:33ben pas de soucis, allez-y, vous êtes très bon en maths,
04:36mais vous voulez être sur une filière littéraire où vous n'êtes pas forcément super bon,
04:40et vous devez y aller.
04:41Il faut qu'elle soit comprise.
04:41Moi j'ai deux fils qui ont eu Parcoursup,
04:44et je peux vous dire que pour les parents aussi c'est un motif d'angoisse,
04:46et on ne comprend pas ni les critères de sélection.
04:48Et donc on fait quoi ? On retourne au principe de tirage au sort ?
04:51Non, mais on ne sait pas, mais c'est d'une opacité.
04:53Voilà, mais regardez, Pierre de Villeneuve,
04:55entre ce que vous dites et la merde, on s'est dit il y a cinq minutes,
04:57il y a quand même un monde.
04:58Non, je ne crois pas.
04:58Et je pense, moi je crois,
04:59et je pense que parce qu'on n'est pas simplement en train de se parler à quatre sur ce
05:02plateau,
05:02il y a des gens qui nous écoutent,
05:03et j'espère qu'il y a des jeunes qui peut-être nous écoutent,
05:05ou des parents à minima,
05:07et de dire simplement le principe de sélection angoisse les jeunes,
05:10ce n'est pas le principe de sélection,
05:12c'est ce que vous venez de dire.
05:13Voilà, et c'est ça que vous vous dites.
05:14Et ça c'est l'héritage d'Emmanuel Macron.
05:15Oui, mais ok, mais vous préférez avant le tirage au sort ?
05:18C'est ça que vous êtes en train de me dire ?
05:19Vous, vous êtes en train de me dire un peu comme ce que Emmanuel Macron a du mal d'ailleurs,
05:23et Catherine le connaît le point.
05:24Mais là ce n'est pas le sujet d'Emmanuel Macron, là je suis devant vous.
05:26Vous avez du mal, vous avez du mal,
05:28au terme de dix ans d'exercice du pouvoir,
05:30à admettre la critique et admettre le fait que...
05:32Mais je vous réponds, acceptez la réponse.
05:34Vous avez échoué sur pas mal de choses.
05:35L'autocritique chez Emmanuel Macron, c'est impossible.
05:37Mais je ne suis pas Emmanuel Macron,
05:38je suis Prisca Tévenot.
05:40Et donc je vais vous le dire, mais je vais vous répondre,
05:42je n'ai pas de problème avec ça.
05:43Mais parce que vous étiez dans le mouvement En Marche...
05:44Eh bien je vais vous répondre,
05:45et il faut accepter que quand on pose une réponse,
05:47quand on émet une critique,
05:49eh bien il y a un argument derrière.
05:50L'argument de temps en temps, c'est peut-être que vous avez raison,
05:52notamment si vous m'aviez parlé de régalien,
05:53j'aurais dit oui, ça n'a pas fonctionné.
05:55Mais quand vous parlez,
06:00de la sélection via Parcoursup,
06:02je dis que ce n'est pas Parcoursup le problème,
06:04c'est qu'il faut améliorer la démarche de cet outil,
06:06qui n'est qu'un outil,
06:07et qui venait répondre à un problème monstrueux
06:09qui était avant,
06:10le tirage au sort.
06:12Une république où on tire au sort,
06:13pour savoir où on a notre jeune,
06:15on a compris, pardonnez-moi,
06:16permettez-moi de répondre.
06:17Vous avez répondu.
06:18Vous avez répondu pour cette émission.
06:20Et donc sur le pouvoir d'achat...
06:22Et je pense que si vos enfants étaient un petit peu plus grands
06:25et qu'ils arrivaient au niveau de Parcoursup,
06:28vous seriez plus angoissés que maintenant.
06:31Arrêtez avec le principe de...
06:32Ça serait parce que je ne suis pas concernée
06:33que je ne comprends pas le sujet.
06:34Ça marche toujours comme ça, vous le savez très bien.
06:35Eh bien, je vous le dis que non.
06:37Je vous dis que non.
06:37Je suis en désaccord avec vous, tant pis.
06:39Ben ouais, on a le droit.
06:40Et c'est ça qui est bien.
06:41Et c'est ça qui est bien.
06:42Et ensuite...
06:42Sur Parcoursup, j'avais le témoignage...
06:44Ah, je voulais répondre sur la...
06:46De Jean Casper.
06:47Oui, oui, après...
06:48Catherine.
06:49Non, mais qui lui-même a des filles
06:52au moment où il partait, il dit alors là, Parcoursup,
06:55mais alors, quelle casse-tête ?
06:57Voilà.
06:57Et pourquoi il ne l'a pas abrogé alors ?
06:58Ah ben, il partait.
06:59Ah !
06:59Non, non, mais il ne voulait pas l'abrogé.
07:01Non, non, mais il ne voulait pas l'abrogé.
07:03Il voulait le remplacer.
07:04Il disait que c'était très compliqué,
07:07qu'il fallait sûrement améliorer.
07:08Ah ben, on dit la même chose.
07:09On est d'accord qu'il faut remplacer Parcoursup.
07:12Donc, il n'est pas question de le supprimer.
07:14Je suis complètement d'accord avec vous, Madame Né.
07:16Je suis complètement d'accord avec vous.
07:18Le sujet, ce n'est pas de dire que la sélection est abominable.
07:21Je pense que le plus important,
07:23c'est la transparence sur les motifs de sélection.
07:25Et donc, oui, il faut améliorer,
07:27il faut faire évoluer Parcoursup.
07:29Maintenant, parlons de la vie chère,
07:30parce que vous me...
07:30Le pouvoir d'achat.
07:31Voilà.
07:313 600 milliards de dettes,
07:3480 milliards de remboursement d'intérêt de la dette.
07:37Le pays est...
07:38Voilà.
07:39Et la France, aujourd'hui,
07:41emprunte 340 milliards.
07:42Alors, on parle du salaire...
07:43A 5% à 10 ans.
07:45Les deux.
07:46La situation économique du pays est catastrophique.
07:48Réponds d'abord au salaire ?
07:50Antoine André.
07:50Si ça vous va, je réponds d'abord au salaire,
07:52après je réponds au sujet de la dette.
07:54Sur le sujet du salaire,
07:55oui, il y avait un premier enjeu
07:56qui était le nôtre il y a 10 ans,
07:58c'était le chômage de masse.
07:59Maintenant, vous allez me dire,
08:00oui, oui, c'est super,
08:00mais si les gens ne gagnent pas bien leur vie
08:01et qu'ils ont un travail,
08:02ça ne sert à rien.
08:03Vous avez raison.
08:04Et donc, sur ça, qu'est-ce qu'on fait ?
08:06Plutôt que de dire,
08:06on va augmenter le SMIC,
08:07un peu le SMIC,
08:08pas le SMIC, etc.,
08:09il faut augmenter tous les salaires.
08:10Et donc, comment on fait pour augmenter tous les salaires ?
08:12On réduit la part entre le SMIC,
08:15pardon, le net et le brut.
08:16Et comment on fait ça ?
08:17On enlève une partie de la charge
08:19qui est sur les cotisations et les charges
08:20avec des réformes.
08:22Réformes, par exemple, de l'assurance chômage,
08:24réformes, par exemple, des retraites.
08:25Vous avez gelé les allégements de charges
08:27sur les bas salaires cette année,
08:28vous allez les reconduire l'année prochaine ?
08:29Non, alors, le vous, c'est qui le vous ?
08:31Le gouvernement.
08:32Alors, vous avez vu ce qui s'est passé hier ?
08:34À l'Assemblée, vous suivez,
08:35vous êtes fin commentateur.
08:36Vous avez rejeté le budget.
08:38Voilà.
08:38Parce que je pense que c'est important
08:39de rappeler des choses.
08:40Moi, j'assume toutes les critiques.
08:41Ça n'est jamais arrivé.
08:43Mais bien sûr, mais on l'a rejeté.
08:44Vous avez rejeté à l'unanimité.
08:45Oui, parce qu'il n'était vraiment pas bon
08:47et que ce n'est pas possible, en fait.
08:48Et je le dis vraiment, mais tranquillement.
08:50Moi, j'assume tout ce qui a été fait jusqu'en 2024.
08:53J'ai été partie prenante
08:54et c'était la politique sur laquelle on a été élus
08:57qu'on mettait en place depuis 2024.
08:59Pardon.
08:59Moi, j'étais contre les augmentations d'impôts
09:01et les créations de nouveaux impôts
09:02de Michel Barnier.
09:03D'ailleurs, je l'ai tellement dit
09:04qu'on m'a dit, mais vous êtes dans l'opposition,
09:05pas dans l'opposition.
09:06Est-ce que j'étais pour réformer
09:07la réforme des retraites ?
09:08Donc, je viens de vous dire
09:09qu'il faut absolument pouvoir y retravailler
09:10pour réduire l'écart entre le net et brut.
09:13À un moment, je veux dire,
09:14je suis assez cohérente sur ma démarche.
09:16Et je regarde là où ça a fonctionné
09:17et là où, effectivement,
09:18on est à la peine depuis deux ans,
09:20notamment sur l'abandon des réformes,
09:21l'immobilisme et la solution de facilité
09:23qui consiste à dire
09:23on augmente les impôts tout azimut.
09:25Vous en voulez à Emmanuel Macron ?
09:26Sur la dissolution, oui.
09:27C'est le péché mortel, quand même.
09:30Sur la dette, ça dépend quand on regarde.
09:31Si on regarde le quoi qu'il en coûte
09:33et les dispositifs liés à l'inflation,
09:35je veux bien qu'on dise
09:36qu'il ne fallait pas faire
09:36de quoi qu'il en coûte
09:37et qu'il ne fallait pas aider
09:38pendant la crise Covid,
09:39la pandémie Covid.
09:39Non, parce que ça,
09:40c'est chiffré à plutôt 300 milliards.
09:41Voilà.
09:42En revanche, ce qui a péché,
09:43c'est l'absence de réformes
09:45qui devaient être nécessaires
09:47pour revenir sur cette dette.
09:49Et depuis deux ans, pardon,
09:51on est plongé dans l'immobilisme,
09:53voire dans certains aspects
09:54retour en arrière,
09:55qui sont dévastateurs.
09:56Emmanuel Macron aurait dû démissionner,
09:58vous pensez ?
09:58Non, parce que vous savez pourquoi ?
10:00Parce que derrière Emmanuel Macron,
10:01il y a une institution
10:02qui s'appelle le Président de la République.
10:03Et dans un pays qui est aujourd'hui
10:05fragilisé de toutes parts,
10:06sur la liberté de la presse,
10:07sur les institutions,
10:08sur l'opposition,
10:09eh bien, on ne peut pas fragiliser
10:10la plus haute institution.
10:11Et je vous dis quelque chose,
10:12l'année prochaine,
10:13il y a une élection présidentielle.
10:14Eh bien, on va aller
10:15sur cette élection présidentielle.
10:16Merci de nous l'avoir rappelé.
10:17Prisca Thévenot,
10:18on va en parler justement
10:18à 19h26 sur Europe 1.
10:20A tout de suite avec Prisca Thévenot.