00:0113h, 14h, Europe 1 Info.
00:02Et à 13h21 sur Europe 1, on vous retrouve avec vos deux chroniqueurs du jour,
00:06Clélie Mathias, le duo du mercredi, Georges Fenech et Sophie Audugé.
00:09Et après les annonces du gouvernement vis-à-vis des lycéens,
00:12on va commencer avec cette crise qui n'en finit pas,
00:15puisque les lycéens non satisfaits ont dit qu'ils allaient poursuivre les mobilisations.
00:18Écoutez Marc Fénault, le chef de file des députés Modem,
00:21qui a réagi lui aussi à ces annonces.
00:23Il était sur Public Sénat, c'était ce matin.
00:25Moi je pense qu'elles vont dans le bon sens, et elles vont dans le sens.
00:27Il faut regarder factuellement les choses.
00:29Là aussi c'est un sujet de dialogue.
00:32Le dialogue c'est pas, donnez-moi tout ce que je demande,
00:34et tant que j'ai pas tout ce que je demande, sinon ce n'est pas un dialogue.
00:37Dire aujourd'hui je vais donner 15, 10, 5 milliards,
00:40sans avoir la moindre idée de la façon de le financer.
00:43La moindre idée.
00:44C'est prendre son interlocuteur pour un imbécile.
00:47Et moi je prends pas les lycéens et les étudiants pour des imbéciles.
00:49Donc vous les appelez retourner en cours lundi ?
00:50Non mais moi j'appelle rien, mais je demande à ce qu'on regarde ce qu'était leur revendication.
00:54Leur revendication, elle portait sur Parcoursup,
00:56elle portait sur la question de l'organisation des horaires,
00:59elle portait sur l'absence de profs,
01:01et elle portait sur les conditions matérielles,
01:03en particulier les investissements dans les collèges et les lycées.
01:05Je rappelle que depuis 82, 84,
01:07cette compétence est exclusivement celle
01:09des départements et des régions.
01:11Qu'est-ce que vous comprenez ?
01:12Qu'est-ce qu'il nous dit Marc Fénault, Georges Fenech ?
01:15Écoutez, on a du mal à le suivre, franchement.
01:19On sent des exaspérations, beaucoup d'exaspérations,
01:22que quelque part, moi je partage remarqué,
01:24je vais vous le dire, franchement,
01:25je pense qu'effectivement,
01:27ce qui a été annoncé, c'est déjà pas mal,
01:29c'est même bien, surtout dans un contexte budgétaire extrêmement contraint.
01:34Parcoursup ne pouvait pas non plus, du jour au lendemain,
01:36enfin je ne sais pas ce que nous dira Sophie.
01:37Non, vous inquiétez pas, on va venir sur Parcoursup,
01:39ou là, c'est un bon morceau ?
01:40Après, c'est vrai que le bâti, c'est la région,
01:43essentiellement la région,
01:44et les collèges, c'est les départements.
01:46Donc je crois qu'il y a déjà eu assez de dégâts comme ça,
01:51beaucoup de destruction de lycées,
01:53enfin c'est épouvantable,
01:54il faut que ça s'arrête,
01:56il faut que ça s'arrête,
01:57surtout que viennent se greffer,
01:58on l'a vu, des casseurs,
01:59ce ne sont pas forcément les lycéens, bien entendu,
02:01mais je pense qu'à un certain moment,
02:03il faut entendre raison,
02:05tout ne peut pas être réglé du jour au lendemain,
02:07et que les lycéens doivent retourner au lycée.
02:09Et pourtant, ils ont dit qu'ils ne voulaient pas y retourner,
02:12qu'ils n'avaient pas du tout été convaincus par ces annonces,
02:14et ce que dit également Marc Fénaud,
02:16c'est que c'est quoi ?
02:165, 6 milliards ?
02:17C'est beaucoup ?
02:185, 6 milliards,
02:19alors effectivement,
02:20c'est peut-être nécessaire sur certaines revendications,
02:22mais on ne les a pas.
02:24Ah, ça n'engage que ceux qui...
02:27qui seront au pouvoir plus tard, en réalité.
02:30Parce que 6 mois, c'est bientôt.
02:32Sophie Audugé, on en vient à Parcoursup,
02:34puisque là, c'est une des grandes revendications des lycéens,
02:38et des étudiants aussi, en général.
02:40Ils disent que ça ne va pas.
02:42Alors, le problème, c'est que ça va être ripolliné,
02:46là, pour le prochain, j'allais dire, en 2027.
02:48En 2028, il y aura peut-être des annonces,
02:49mais là aussi, c'est ce que disait Georges Fenech,
02:51que ça tombera entre les mains du futur ou de la future présidente.
02:56Mais Parcoursup, finalement, ce qu'il reproche,
02:58c'est quoi ?
02:59C'est la sélection ?
03:00C'est un symptôme ?
03:01Bien sûr, oui, on en a déjà parlé de nombreuses fois.
03:05Parcoursup est un outil qui permet de gérer énormément de demandes,
03:11avec énormément d'offres.
03:13Voilà, vous avez eu une explosion,
03:14une massification de l'offre dans l'enseignement supérieur.
03:18En même temps, vous avez eu une massification de bacheliers.
03:21Donc, ces gens-là, à un moment, il faut bien mettre en relation
03:24une demande de place en supérieur et une offre de place en supérieur.
03:27Donc, en fait, si Parcoursup, et je veux bien qu'il soit imparfait,
03:30on est d'accord, mais le supprimer, ça ne réglera pas ce problème-là, c'est ça ?
03:34Non, mais d'abord, ça ne réglera pas ce problème-là.
03:36Évidemment, Parcoursup répondait à un écueil qui était fait des mêmes personnes,
03:42si vous voulez, à savoir que la sélection était faite sur les notes
03:45et à la tête du bachelier, ou plus exactement,
03:48en fonction de son niveau social ou culturel.
03:50Donc, en fait, la solution Parcoursup, qui est une machine,
03:54qui est un algorithme, donc un système mathématique
03:56qui fait des mises en corrélation de critères,
04:00si vous voulez, il n'a pas d'intention au Parcoursup.
04:03Il fait ce qu'on lui demande de faire, comme n'importe quel outil informatique.
04:06Ce qui pose question dans ce mouvement, et je trouve que Georges est fort sympathique
04:14avec Marc Fido, qui est intervenu juste avant,
04:19c'est-à-dire que le mouvement est politique,
04:22il est poussé par l'extrême-gauche, notamment par Eléfi,
04:26qui prend ses lycéens et ses étudiants comme de la chair à canon politique,
04:31il faut dire les choses, et ils ne s'arrêteront pas quoi qu'on leur propose.
04:35Et quand on parle du bâti, je reviens là-dessus aussi,
04:37je veux quand même rappeler que les établissements qui ont été saccagés,
04:41que ce soit les lycées ou les universités,
04:44et ce n'est pas la première fois, je rappelle que depuis le 7 octobre,
04:47il y a régulièrement des saccages d'universités.
04:50Ça se compte pour d'autres raisons, mais à la fin,
04:53c'est un bâti qui avait fait l'objet d'énormément d'investissements
04:57en millions d'euros qui est saccagé.
04:59Je parle de la fac de Toulouse, je parle plus récemment
05:01des deux établissements qui ont été saccagés,
05:04notamment dans les semaines précédentes.
05:06Ce sont des établissements tout neufs, franchement exemplaires.
05:09On a vu des pianos, etc.
05:11Il ne faut pas exagérer non plus.
05:12Mais vous ne trouvez pas quand même qu'il y a certaines de leurs revendications
05:14qui sont légitimes ?
05:15Il y a des améliorations à faire dans le bâti, oui, bien sûr.
05:17Est-ce que ça a un péché d'étudier ?
05:21Je vais vous dire, la seule raison pour laquelle il serait légitime
05:25de manifester aujourd'hui et de demander des comptes à l'État,
05:28c'est l'effondrement massif du niveau d'instruction
05:31qui risque de les rendre.
05:33Mais ça va sans doute avec l'absentéisme des profs aussi.
05:37Le problème n'est pas que l'absentéisme des profs.
05:40Il n'y a plus de profs parce qu'aujourd'hui,
05:42c'est impossible d'enseigner dans l'éducation nationale
05:45parce qu'on vous demande tout sauf d'enseigner.
05:46On vous demande d'éduquer et on vous demande de faire la remise au calme.
05:51Il est là le problème.
05:52Donc il y a un manque d'instruction en France
05:54et les conséquences vont être dramatiques pour ces jeunes
05:55quand ils sont sur le marché de l'emploi.
05:57Ce qu'il faut rappeler aussi, Sophie,
05:59c'est que Parcoursup, ça n'est jamais que l'aboutissement d'un cursus
06:03qui est tronqué au départ.
06:05Absolument.
06:06Parce qu'on a voulu faire que les générations soient toutes bachelières.
06:11Ça n'a pas de sens.
06:12Il y a des enfants, des jeunes,
06:14qui n'ont pas vocation à faire des études supérieures
06:18et qui peuvent s'épanouir tout à fait dans d'autres métiers,
06:22dans d'autres filières plus techniques, plus manuelles, etc.
06:25Et donc, ces jeunes sont en train de payer les erreurs
06:29de ceux qui ont cru que, par souci d'égalité de tous,
06:32on allait faire tous des bacheliers,
06:34on arrive à un embouteillage
06:36et quand ils arrivent sur le marché,
06:38ça ne correspond à rien du tout.
06:39Ce n'est pas de l'égalité, c'est de l'égalitarisme.
06:42C'est ça la vraie crise, en fait.
06:43Et quand on voit la réforme de Parcoursup
06:45ou encore même la réforme du bac,
06:47en fait, c'est les 10 ans d'Emmanuel Macron
06:50ou les emplois du temps à trou
06:52qui sont parmi les revendications des lycéens.
06:55C'est les 10 ans, finalement,
06:56le bilan de l'éducation nationale d'Emmanuel Macron.
06:58C'est intéressant ce que vous évoquez
07:00par rapport aux emplois du temps à trou.
07:02Alors vous savez quoi ?
07:02On le fera juste après.
07:03Non, non, non, on va poursuivre.
07:05On va poursuivre, Sophie et Dugé.
07:06Vous savez bien que c'est le jeu.
07:07Et puis, on abordera aussi, forcément,
07:12les dates présidentielles,
07:13le débat autour des dates présidentielles sur Europe 1.
07:14Il est 13h28, vous écoutez Cléline Mathias sur Europe 1.
07:1813h, 14h, Europe 1 Info.
Commentaires