00:06Et les 12h33 bientôt sur Europe 1, nous sommes en train de parler de sujets vifs, chauds, bouillants, bouillonnants, puisque
00:13c'est la France au fond qui est en jeu.
00:16La France au fond qui est en jeu lorsqu'on voit ses blocus, lorsqu'on voit ses lycéens, lorsqu'on
00:20voit cette violence, cette violence qu'on ne voyait pas il y a quelques années, c'est la France qui
00:24est en jeu.
00:24C'est la France qui est en jeu lorsqu'on voit l'affaire Mediapart-Bardella, c'est la France qui
00:29est en jeu. La France journalistique, la France politique, et comme disait Gilles Platret qui est notre invité dans le
00:34studio d'Europe 1, on est à l'ère des politiques et l'ère de la lâcheté.
00:38On parle de tout cela et on parlera peut-être de quelqu'un qui n'est pas lâche, qui s
00:42'appelle Robert Ménard et qui lui a osé. Est-ce que vous êtes d'accord ou pas avec Robert Ménard
00:47? Appelez-nous au Standard Europe 1 pour réagir.
00:48Et ce Standard Europe 1, vous l'appelez au 01-80-20-39-21, le numéro est non surtaxé.
00:54Sur WhatsApp, envoyez aussi vos réactions, vos questions 01-80-20-39-21.
01:00Bon début d'après-midi avec Christine Kelly sur Europe 1.
01:04Christine Kelly et vous sur Europe 1.
01:0712h33 sur Europe 1. Avant de vous donner la parole, Gilles Platret, on a Mickaël qui nous appelle de Loire
01:11-Atlantique et qui dit que Jordan Bardella, il aurait dû assumer.
01:14C'est ce que vous dites en fait, carrément. Mickaël, bonjour.
01:18Bonjour Kelly, bonjour à toute équipe de Europe 1, Gilles Platret et M. Platret.
01:23Alors moi, je vais vous faire simple, déjà, pour commencer le débat, c'est que je ne suis pas un
01:27gauchiste ou patenté, donc je suis plutôt de droite.
01:30Mais il se trouve que quand on a un peu de culture politique et j'ai 39 ans, moi j
01:34'ai connu égalité et réclicination.
01:36Leur objectif à l'époque, c'était de mêler les droits.
01:37Vous avez connu quoi ? Pardon, on ne m'entend pas très bien, excusez-moi.
01:40En plus, ça fait un moment que vous attendez, ça m'embête de ne pas bien vous entendre.
01:43Vous avez connu quoi ? Vous dites que vous n'êtes pas de gauche, vous dites que vous avez 39
01:45ans et vous avez connu quoi ?
01:46Est-ce que c'est mieux là ?
01:48Je ne sais pas. Allez-y. Vous avez connu quoi ?
01:51J'ai connu égalité et réclicination à l'époque.
01:55Et eux, leur objectif, c'était de lier, si vous voulez, la droite radicale et la gauche des quartiers.
02:01D'accord ? Donc il est fortement possible qu'il ait été intéressé par ses idées.
02:05Juste, il aurait pu l'assumer, c'est tout.
02:06Et moi, je trouve dommage que, en fait, en disant non, ce n'est pas vrai...
02:11Michael, vous êtes bien gentil, mais si c'est faux, pourquoi il va assumer, mon Michael ?
02:15Vous verrez que ce n'est pas faux, madame.
02:18Je ne dis pas que les propos peuvent être...
02:20Non, non, mais moi, je vous le dis, égalité et réconciliation, c'était quelque chose qui intéressait la jeunesse à
02:26cette époque-là.
02:27Ils étaient très malins, très vicieux pour essayer d'alpaguer un peu tout le monde.
02:30Ils étaient très référenciés sur le net.
02:32Donc il est possible que sur des forums, il ait eu ce type de discours.
02:35Donc vous, Michael, vous dites, voilà, c'est intéressant de voir qu'effectivement...
02:39Et pourtant, je ne suis pas à Mediapart.
02:41Oui, oui, j'ai bien compris. Vous n'êtes pas de gauche, vous êtes plutôt de droite, vous nous l
02:45'avez dit.
02:46Mais vous dites que, bon, pour vous, vous êtes persuadés que c'est un fait, même sans preuve, et qu
02:52'il aurait dû assumer.
02:53En fait, il a le droit de changer. Dans les politiques de gauche, il y en a aussi qui faisaient
02:57partie de ce mouvement-là.
02:58Ne croyez pas qu'il n'y a que lui. Ce qui n'est pas objectif chez Mediapart, c'est
03:01qu'ils auraient pu cibler plus de personnes.
03:02Certes, eux, ils ont un objectif politique, c'est de le briser, mais lui, il aurait pu assumer.
03:06En disant, voilà, j'étais jeune, j'étais con, politiquement, je n'étais pas construit, je me suis pas embrigadé.
03:11Vous voyez ce que je veux dire ?
03:12Et c'est ça que les Français ne vont pas apprécier.
03:15En fait, les Français ne vont pas apprécier quand ils vont sortir les fêtes, parce qu'il y en aura.
03:18Ne préjugez pas de ce qui va se passer demain, on ne sait pas, on ne sait pas.
03:22Vous nous rappellerez, si vous voulez, comme ça, je vous développerai un peu plus.
03:25Alors, vous nous rappellerez demain, on va voir dans la journée, puisque Mediapart, Michael, Mediapart,
03:30ils ont à déclarer aujourd'hui, la suite de nos révélations arrive.
03:34Donc, je vous ai bien en tête, mon cher Michael, 39 ans de loi Atlantique,
03:38et rappelez-nous, effectivement, vous n'êtes pas le seul à dire ça.
03:41C'est intéressant, parce que vous n'êtes pas le seul à dire ça.
03:43Merci infiniment, en tout cas, pour votre appel aux standards d'Europe 1.
03:47Gilles Platré, avant de continuer à parler à la fois de l'affaire Bardella,
03:51à la fois de Robert Ménard dans un instant, peut-être un mot, peut-être sur les lycées,
03:55parce que vous, vous êtes un maire, vous êtes en première ligne,
03:59je veux juste revenir un peu, puisque c'est quand même l'actualité.
04:01On a Lille qui est un peu en feu, on a Lyon qui est en feu,
04:06on voit des lycées de Saint-Denis, Éloi et Luar qui est en feu.
04:10Comment vous réagissez, vous, lorsque vous voyez ces lycées bousculer,
04:14et sous le signe de la violence en ce moment même ?
04:16Écoutez, j'ai l'impression que...
04:18Pardonnez-moi, je ne veux pas être catastrophique, je souhaiterais vraiment avoir tort,
04:21mais j'ai l'impression que c'est le début d'une séquence qui va être particulièrement dure.
04:24Aujourd'hui, dans un très grand nombre de villes possédant des lycées,
04:30vous avez une minorité, il faut toujours rappeler les choses,
04:32et les mettre dans la bonne proportion.
04:33Une minorité d'élèves fanatiques, très politisés, très proches de LFI,
04:39en tout cas c'est LFI, et on a vu les images à Saint-Denis,
04:42mais ça n'est pas qu'à Saint-Denis si vous voulez.
04:43LFI est sur le terrain, et des leaders LFI sont dans la galvanisation du mouvement.
04:50Et là, on commence à voir, sur certains réseaux, TikTok ou autres,
04:55des appels au rassemblement, mais d'une manière ultra-violente, si vous voulez.
04:59Ce n'est pas simplement, écoutez, la cantine, ce n'est pas très bon ce qu'on mange.
05:03Là, on est sur une revendication de la violence pour la violence.
05:06Alors soyons clairs, je vais vous embêter, mais je ne suis en direct.
05:09Non, mais vous nous avez dit en off, et je le dis à l'antenne,
05:12que vous avez cru entendre dire qu'il y a des appels à prendre les armes.
05:16Oui, bien sûr, je peux le redire à l'antenne sans difficulté,
05:19on a aujourd'hui sur certains réseaux sociaux,
05:21des appels à venir armer sur des rassemblements de lycéens.
05:25Là, sur les rassemblements en ce moment.
05:27En ce moment, voilà.
05:28Donc ces phénomènes existent,
05:30ils sont hélas visibles sur un certain nombre de comptes TikTok,
05:34je ne vous dis pas que c'est des appels locaux dans ma commune,
05:37je vous dis simplement qu'ils existent sur les réseaux sociaux aujourd'hui.
05:39La question qu'on se posait avant que vous n'arriviez,
05:41j'ai le plâtré, j'ai envie de vous la poser aussi,
05:43c'est que fait le gouvernement ?
05:44Que fait le ministre de l'Intérieur ?
05:47Que fait l'État ?
05:48Et qu'est-ce qui pourrait être fait ?
05:50Vous êtes maire, vous êtes maire de Chalons-sur-Saône,
05:53et vous voyez par exemple quelqu'un comme Bali Bagayoko
05:55qui a parlé de cette violence légitime.
05:57Que fait la police ?
05:58Moi, je ne connais qu'une seule violence légitime,
05:59c'est celle que l'État peut exercer.
06:01Au nom de la société et du peuple français.
06:03Ça, c'est la loi.
06:05Parler d'une violence légitime en dehors de celle
06:07que l'État doit exercer pour protéger les citoyens,
06:09c'est appeler à la sédition.
06:11Et je suis très surpris de voir mon collègue de Saint-Denis,
06:14qui peut parader, et même être porté en triomphe,
06:19par des émeutiers devant du mobilier urbain qui est incendié,
06:23dire qu'il existe des violences qui pourraient être légitimes
06:27en dehors de celles de l'État,
06:28même s'il amoindrit immédiatement la phrase,
06:31vous l'avez entendu comment, en disant
06:32ce n'est pas forcément la meilleure réponse maintenant,
06:33mais il justifie la légitimité d'une violence
06:36qui ne soit pas une violence de l'État.
06:37Et cet élu de la République,
06:39qui se sert de ses fonctions,
06:41avec son écharpe,
06:42pour troubler l'ordre public,
06:44parce que si vous avez aujourd'hui des appels
06:46à devenir encore plus violents sur le mouvement,
06:49mais il y a un point d'appui,
06:50j'allais presque dire,
06:51légitime,
06:52avec un élu qui prononce ces phrases-là.
06:54– Alors, qu'est-ce qu'il pourrait faire ?
06:56– Écoutez, c'est très simple,
06:57la loi est la même pour tous.
06:59Le ministre de l'Intérieur a un pouvoir,
07:01lorsqu'il estime que le comportement,
07:04les actes, les propos d'un élu
07:06sont de nature à troubler gravement l'ordre public,
07:09il peut suspendre cet élu.
07:11Voilà.
07:11Pour quelques semaines,
07:13le temps que la situation s'apaise.
07:14Et je m'étonne...
07:15– Vous êtes en train de nous dire,
07:16effectivement,
07:16que le ministre de l'Intérieur a la possibilité
07:18de suspendre...
07:18– C'est la loi.
07:19– La loi permet au ministre de l'Intérieur
07:21– Elle est d'ailleurs soumise au juge.
07:22– De suspendre Badi Bagayoko
07:24pour ses propos d'incitation à la violence,
07:27mais ne le fait pas.
07:28– Vous le concettez comme moi,
07:30c'est un pouvoir qui appartient au ministre de l'Intérieur,
07:33on ne parle pas de révocation,
07:34là il faut une décision du Conseil des ministres,
07:36c'est beaucoup plus différent,
07:39mais le ministre de l'Intérieur peut suspendre,
07:41et d'ailleurs l'intéressé peut toujours aller au tribunal
07:43pour contester la décision du ministre de l'Intérieur,
07:45nous sommes dans un état de droit,
07:46et tant mieux,
07:46mais je m'étonne tout de même
07:48qu'on laisse aujourd'hui des propos réitérés de surcroît
07:52sur la question de la violence,
07:54émaner d'un élu portant une écharpe tricolore
07:56dans un contexte d'émeute.
07:57Ça me semble être un encouragement terrible
07:59à ce qui est en train de se passer dans le pays.
08:01– C'est très intéressant ce qu'on dit
08:02de le contexte d'émeute,
08:03parce qu'il dit à Badi Bagayoko précisément,
08:06je cite,
08:07« la violence peut être légitime,
08:08mais chaque fois qu'on peut l'éviter, c'est mieux ».
08:10C'est très habile,
08:11mais dans un contexte
08:13où il est très entouré,
08:14redoutablement intelligent.
08:15– Absolument, absolument.
08:16– Oui, mais l'amélioration n'enlève pas la phrase initiale.
08:20– Je suis entièrement d'accord.
08:20À partir du moment où vous reconnaissez
08:22la légitimité de la violence
08:23en dehors de son usage par l'État
08:25pour la protection de la société,
08:27vous êtes dans la sédition.
08:29– Vous êtes d'accord, Gabriel,
08:30que ça n'enlève pas pour autant
08:32effectivement la dureté de la France
08:34lorsqu'il dit que la violence peut être légitime,
08:35mais chaque fois qu'on peut l'éviter, c'est mieux.
08:37– Oui, si on peut ne pas, c'est mieux,
08:40mais c'est légitime,
08:41ben oui, ça revient presque au même,
08:43j'ai envie de dire.
08:44– Ah oui, bien sûr.
08:44– Parce que théoriquement,
08:46c'est un pilier fondateur de dire
08:48« nous avons délégué les citoyens collectivement
08:51depuis des siècles et des siècles,
08:52on déléguait la violence légitime à l'État. »
08:55– C'est même la justification de l'État.
08:56– C'est la justification de l'État,
08:58de la justice, exactement.
08:59– La légitimité repose là-dessus.
09:00– Donc là, il ébranle un pilier fondateur de ce pays.
09:05Moi, je vous montre simplement,
09:06je vais peut-être faire la liaison,
09:07mais on a quand même un maire
09:09qui est devant un tribunal
09:11parce qu'il n'a pas voulu marier un OQTF,
09:13et on a un maire qui peut appeler à la sédition,
09:17même en la minorant de mille façons,
09:18mais on l'a dit que ça revenait au même,
09:20sans être inquiété de quoi que ce soit.
09:22Donc il y a quand même quelque chose
09:23qui ne va pas dans ce pays.
09:25– J'aime beaucoup bien Réal que vous avez fait les liaisons,
09:26elle est incroyable,
09:27on marque une pause,
09:27on revient effectivement avec à la fois un maire
09:29qui dit que la violence peut être légitime,
09:31à la fois un maire qui refuse d'appliquer la loi
09:35parce qu'il y a une autre loi qui n'est pas appliquée,
09:37celle d'expulser un OQTF,
09:38et un autre maire devant nous,
09:40Gilles Platret, maire de Chalons-sur-Seune,
09:42qui vient d'avoir une certaine victoire
09:44au tribunal administratif de Dijon.
09:46Il va nous expliquer,
09:47ce tribunal donne raison à l'expulsion
09:51d'une association culturelle musulmane,
09:53et il nous expliquera pourquoi.
09:54– Et vous pouvez échanger avec notre invité Gilles Platret,
09:56maire d'hiver droite de Chalons-sur-Seune,
09:57au 01-82-39.
09:59Gilles Platret, maire d'hiver droite de Chalons-sur-Seune,
10:00au 01-82-39.
10:00– Sous-titrage ST' 501.