00:0011h-13h, Christine Kelly sur Europe 1.
00:05Avant d'avoir Alain qui nous appelle d'Allemagne avec un témoignage très intéressant,
00:10Thierry qui nous appelle de Paris, peut-être, je le disais tout à l'heure, Gabriel Cluzel,
00:14le regard peut-être de l'étranger, avant d'avoir justement Alain,
00:17et de Donald Trump puisqu'il a posté sur son réseau social,
00:22où il cible, lorsqu'il voit les images en fait de ce qui se passe en France,
00:27n'ont pas peut-être, ou peut-être aussi, cette histoire de crise des lycées, des moyens,
00:32mais cible l'immigration hors de contrôle et l'islam. Que comprendre ?
00:37Alors la première chose, c'est que souvent, ceux qui vous voient de l'extérieur sont plus lucides que vous
00:43-même.
00:43Nous l'avons tous expérimenté. Quand on vous dit « oh t'as un peu grossi », on dit «
00:47ah bon tiens, je m'en étais pas rendu compte ».
00:48On n'aime pas beaucoup, mais c'est souvent le cas. Il y a une forme de lucidité.
00:53Et puis Donald Trump, il est plutôt du genre, à dire les quatre vérités,
00:57pas toujours avec beaucoup de subtilité, mais avec une certaine lucidité.
01:00Donc il ne fait que corroborer, je le rappelle, ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon en creux,
01:05quand il accusait la police de racisme, quand elle voulait contenir les manifestations.
01:11C'était une façon de dire, il y a une grosse composante de ces manifestations,
01:15qui est issue de l'immigration. Et de toute façon, c'est un constat qui a été posé
01:18au moment des diverses émeutes, que ce soit dans le cadre des matchs de foot,
01:22victoire ou défaite, on l'a dit, c'est tout pareil, de l'affaire Naël, etc.
01:26Par ailleurs, c'est vrai qu'il y a aussi des scènes qui intéressent fortement,
01:30les références à Allah, par Allah, cette diffusion d'une...
01:34Vous vous souvenez, ça date d'hier, d'un air, je ne sais pas comment l'appeler,
01:39ce n'est pas vraiment une chanson, d'un morceau de musique, de rap,
01:42qui est intitulé MRH, on en a parlé hier sur Mera,
01:47justifiant, enfin, glorifiant les attentats du Bataclan,
01:52glorifiant Mohamed Mera, enfin, la veille du 7 octobre,
01:55ça prend une résonance tout à fait particulière,
01:58et ça a été vu par trois fois, à Brive-la-Gaillard, entendu,
02:03et à Beaujancy dans le cadre des manifestations,
02:06et puis dans une église en Vendée, alors c'était encore autre chose,
02:08mais par des très jeunes adolescents,
02:10donc c'est vrai que ça interroge fortement,
02:12maintenant pour être tout à fait complet,
02:13il n'y a pas que cette composante-là, c'est évident.
02:16Il y a une jeunesse d'ultra-gauche,
02:18qui a été biberonnée par la France insoumise,
02:21qui tente de se fonder, qui tente de s'acculturer d'ailleurs,
02:24qui brandit le drapeau palestinien,
02:26alors qu'ils sont peut-être issus de la Creuse,
02:28ou en tout cas, ils habitent le cinquième arrondissement désormais,
02:33et donc c'est vrai que c'est très troublant,
02:34il y a un mélange de nihilo-islamisme dans ces manifestations,
02:37qui doit être absolument analysé,
02:38pour qu'on soit clair avec nous-mêmes.
02:40Gabriel Cluzel en direct sur Europe 1,
02:43vous Alain, vous nous appelez d'Allemagne,
02:46vous habitez en Allemagne,
02:48et vous dites, je vois les choses de l'étranger,
02:51dites-nous comment vous voyez la France ?
02:54Bonjour Alain.
02:55Oui, bonjour Christine, bonjour à toutes et à tous.
02:58Bonjour Alain.
02:58Alors, d'abord, moi je suis très très étonné
03:03par les polémiques sur les lignes éditoriales des radios,
03:06vous voyez, de la télé, etc.
03:07C'est-à-dire que j'écoute beaucoup votre émission,
03:09j'en écoute plein d'autres,
03:11et il y a une diversité en France qui est très intéressante,
03:14et puis en fonction de son humeur,
03:15on peut écouter telle ou telle chaîne.
03:16Je suis absolument d'accord avec vous,
03:18on fait une parenthèse,
03:19je serai à l'Arc-homme aujourd'hui,
03:21que je plaiderai pour cette diversité d'opinions,
03:24effectivement, que l'on peut retrouver d'une chaîne à l'autre,
03:27et en reconnaissant que ceux qui disent
03:28qu'ils ne font pas de chaîne d'opinion,
03:30ils en font.
03:30Fermons la parenthèse, mon cher Alain,
03:31mais je suis d'accord avec vous.
03:34Oui, alors je disais donc au Standard
03:36qu'il y avait deux choses, moi,
03:37que je trouvais extrêmement étonnantes.
03:39La première, c'est la manière dont est traité
03:42verbalement, en fait, les actes des casseurs,
03:46et à chaque fois, j'entends, en fait, dans la presse,
03:48enfin, je lis dans la presse et j'entends dans les médias,
03:50parce que je regarde, bien sûr,
03:50et je lis dans la presse française,
03:52j'entends des affrontements entre la police
03:54et des jeunes, des manifestants, des casseurs.
03:57Et à chaque fois, je me dis,
03:58mais qu'est-ce que ça veut dire, des affrontements ?
03:59C'est-à-dire que c'est comme s'il y avait
04:00deux bandes rivales.
04:01Et ça donne, en fait, une image de la police,
04:04de gens qui ne sont pas là pour maintenir l'ordre,
04:05mais qui sont là, simplement,
04:06pour s'affronter avec les autres.
04:08Et donc, ça, c'est...
04:09Alors, pour en parler à mes amis allemands,
04:11en fait, ils ne comprennent pas bien
04:12pourquoi on parle d'affrontement.
04:14Non, on parle d'agression
04:16de la part de groupes de jeunes
04:17ou de groupes de délinquants,
04:18et puis d'une police qui se défend,
04:20qui défend, alors, parfois,
04:22avec des moyens qui peuvent être discutables,
04:24mais en tout cas, qui n'est pas
04:24dans une perspective d'attaque
04:27et de, vous voyez, entre deux bandes.
04:29Ça, c'est la première chose.
04:30Tout à fait. Rappelons,
04:33760 policiers blessés,
04:34ce sont les premières victimes,
04:36selon les chiffres, en tout cas,
04:37de cette crise des lycées.
04:40Et la seconde, moi,
04:41qui m'étonne vraiment,
04:43et je voudrais,
04:44alors, je ne suis personne,
04:45mais en tout cas, à ma mesure,
04:47vraiment souligner ça,
04:48c'est la rigueur, en fait,
04:50et le professionnalisme
04:51des policiers français.
04:52C'est-à-dire que...
04:53Alors, il y a effectivement
04:54des jeunes qui ont été blessés,
04:55une main qui a été arrachée,
04:56c'est terrible.
04:56En fait, ça ne devrait pas arriver.
04:59Mais néanmoins,
04:59quand je regarde, en fait,
05:01les images de cette policière
05:02qui est pourchassée,
05:04qui est lynchée, en fait,
05:06un policier qui a été lynché
05:07et qui joue leur vie, finalement,
05:09moi, si j'avais été à leur tas,
05:10j'aurais peut-être sorti mon arme.
05:12Et à aucun moment,
05:13je n'ai pas lu et je n'ai pas vu
05:15et je n'ai pas entendu, en fait,
05:16que des policiers avaient sorti
05:17leur arme,
05:18leur arme létale, pour le coup.
05:19Et donc, je trouve que...
05:22Effectivement, ils utilisent
05:23des grenades de désencerclement,
05:25je n'y connais rien,
05:26ou des gaz à l'écoge et tout,
05:28mais c'est aussi pour ne pas
05:29utiliser leur arme.
05:30Et je trouve qu'on peut vraiment
05:31leur donner un coup de chapeau,
05:33c'est-à-dire que c'est formidable
05:34qu'on ait des fonctionnaires
05:35de police,
05:36quel que soit en plus,
05:37parce qu'il y a une différence
05:38entre les CRS,
05:38la police municipale,
05:39ils ne sont pas formés
05:40de la même manière, a priori,
05:41mais ils ont tous, en fait,
05:43ce recul.
05:44Moi, je ne sais pas,
05:45si j'étais lynché
05:46par un groupe d'individus,
05:48je sortirais mon arme
05:49pour me défendre, quoi.
05:50Et à aucun moment,
05:51ils le font,
05:51et je trouve que c'est un sang-froid
05:52qu'il faut souligner
05:53et qui est absolument formidable.
05:54Donc, vue d'Allemagne,
05:55merci beaucoup, mon cher Alain.
05:57Vous appelez pas en dire
05:58que la police fait preuve
05:59de sang-froid,
06:00et vous tirez un coup de chapeau,
06:02effectivement, à la police.
06:03Gabriel,
06:03que vous mettez les armes ?
06:03Non, mais moi,
06:04j'abonde absolument
06:05dans votre sens,
06:06et c'est un peu ce qu'a dit aussi,
06:08il me semble,
06:08Olivier précédemment,
06:10c'est-à-dire que,
06:11déjà, si on interdit
06:12l'utilisation
06:14des armes intermédiaires,
06:15comme il dit,
06:15mais qu'est-ce qu'il restera-t-il ?
06:16Il n'y aura plus qu'un choix,
06:17soit rien faire,
06:18soit utiliser des armes létales,
06:20ce qui n'est quand même pas souhaitable,
06:21donc ça paraît complètement fou,
06:22cette idée
06:23de désarmer la police,
06:25de leur enlever
06:26les quelques armes intermédiaires
06:27qu'ils ont,
06:28et par ailleurs,
06:29ils font preuve
06:29d'une grande maîtrise.
06:30S'ils ne sont plus là,
06:31il y aura des individus paniqués,
06:33tétanisés,
06:34qui seront obligés
06:34de se défendre seuls,
06:35et là,
06:36là, ça peut être disproportionné
06:37et très violent.
06:38La police,
06:38elle a une maîtrise incroyable,
06:40parce qu'elle a l'habitude,
06:41elle a l'habitude de tout ça.
06:42Donc c'est un danger supplémentaire
06:44de laisser les émeutiers
06:45face aux Français ordinaires.
06:47Rappelons aussi,
06:47ma mémoire est bonne,
06:48qu'après Black Lives Matter,
06:49il y avait un endroit
06:50aux Etats-Unis
06:51où il y avait,
06:52pendant trois semaines
06:53ou un mois,
06:54plusieurs semaines en tout cas,
06:55un retrait de la police,
06:56ils ont expérimenté ça,
06:57et je peux vous dire
06:58qu'ils ont appelé
06:59la police au secours
06:59très très rapidement,
07:01parce que c'était le chaos.
07:03Voilà, ils ont dit
07:03voilà, on ne veut plus de la police
07:05après ce qui s'est passé.
07:06Et voilà,
07:07et après ils ont appelé la police.
07:08Merci beaucoup Alain
07:09de nous avoir appelé
07:10pour cette vue d'Allemagne.
07:10Thierry,
07:11vous nous appelez de Paris,
07:12vous êtes commissaire divisionnaire honoraire
07:14et vous voulez commenter,
07:15vous la décision certainement
07:16de Laurent Nunez
07:17de suspendre l'utilisation
07:19des grenades assourindissantes,
07:20c'est ça ?
07:21Oui absolument.
07:22Bonjour à vous.
07:23Bonjour.
07:24Je vais reprendre des propos
07:25de votre interlocuteur
07:26pressement, effectivement.
07:28L'armement mis à la disposition
07:30des forces de l'ordre,
07:31et en propos d'une mineure,
07:33si vous me le permettrez,
07:33j'aimerais,
07:34on parle de la police nationale,
07:35j'aimerais simplement rappeler
07:36que les personnes
07:37que l'on voit à la télévision,
07:38ce sont des pères,
07:39ce sont des mères,
07:40des frères, des sœurs,
07:41moi-même,
07:42lorsque je faisais du MO,
07:43j'étais même grand-père,
07:44et donc ce ne sont pas des gens
07:45qui sont issus de je ne sais trop où,
07:47ils ont une vie personnelle,
07:48et bien évidemment,
07:49lorsqu'ils se trouvent
07:50confrontés à des jeunes manifestants,
07:52ils se projettent naturellement
07:53dans leur vie familiale,
07:55et il est clair
07:55qu'on ne se lève pas le matin
07:56en tant que fonctionnaire de police
07:58pour dire
07:58je vais casser du lycéen,
08:01c'est absolument absurde.
08:02C'est tellement trop polyménaire.
08:04L'autre chose
08:05sur l'armement intermédiaire,
08:07l'armement intermédiaire,
08:08c'est quoi ?
08:09Nous avons dans un premier temps
08:10le plus léger,
08:11si j'ose dire,
08:12c'est la peur du gendarme,
08:13certes,
08:13elle n'existe plus beaucoup,
08:14et au final,
08:15comme l'évoquait
08:16votre interlocuteur précédent,
08:18c'est l'usage
08:18de l'arme administrative.
08:20Toutes ces armes intermédiaires,
08:21elles sont différentes,
08:22on a des matraques,
08:23on a des grenades hydrogènes,
08:24du gaz acrymogène,
08:25des grenades de désencerclement,
08:27elles vont progressivement
08:28de façon à maintenir
08:29le plus loin possible
08:31en fait des manifestants.
08:32Il faut absolument
08:33qu'il y ait cette distance
08:34qui soit respectée
08:35entre le manifestant
08:35et le policier.
08:37En supprimant
08:38cette grenade de désencerclement,
08:40monsieur le ministre de l'Intérieur
08:42prend un risque très très important.
08:44Thierry,
08:44restez en ligne avec nous,
08:45c'est très intéressant,
08:46on marque une pause,
08:47on revient.
08:48Vous qui êtes commissaire divisionnaire,
08:50vous nous direz pourquoi,
08:52effectivement,
08:53selon vous,
08:54le ministre de l'Intérieur
08:55prend un risque très important.
08:57On marque une pause,
08:57restez en ligne avec nous,
08:58très intéressant,
08:59on revient tout de suite
09:00sur Europe 1.
09:00Et comme Thierry,
09:01vous pouvez réagir dès maintenant
09:02au 01-80-20-39-21.
09:05Christine Kelly et vous,
09:06c'est votre émission,
09:07vous avez la parole
09:07de 11h à 13h sur Europe 1.
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