00:00Jacqueline, vous nous appelez de Paris.
00:01Jacqueline, vous dites que vous avez connu mai 68.
00:05Comment vous réagissez lorsque vous voyez ce qui se passe aujourd'hui ?
00:09Bonjour Christine, bonjour à toute l'équipe.
00:11Je suis ravie de converser avec vous.
00:14Oui, j'ai 78 ans, donc en 68, j'étais avec le mouvement.
00:22J'étais plutôt élevée à politique.
00:26J'ai été surprise en 68 qu'on n'ait plus de solvants de lavage
00:30alors que j'étais en chimie.
00:32Ça a commencé comme ça.
00:35Simplement, j'ai fait partie de la commission témoignage
00:40parce que c'est vrai que la police, à l'époque, n'hésitait pas à agir.
00:47Vous aviez 20 ans, si mes calculs sont bons, en 68.
00:51Oui, mais les politiques étaient là.
00:53C'est-à-dire que M. Charles de Gaulle avait dit
00:57« La chien, lui, ne passera pas ».
00:58Et il ne voulait pas descendre le niveau de la France
01:01et donc il a fait le nécessaire pour qu'il y ait effectivement quelque chose.
01:06Je ne voudrais pas qu'on en arrive à de telles choses aujourd'hui.
01:11Mais je suis scandalisée par l'attitude laxiste et incendiaire.
01:17Alors, laxiste du Conseil d'État qui dit toujours l'inverse
01:20de ce qui peut être un avancement.
01:23L'attitude des élus et les filles qui ne se comprend pas,
01:26je ne sais pas ce qu'ils cherchent.
01:27Parce que les lycéens, si ce sont réellement les lycéens,
01:33ils n'auront pas 18 ans l'année prochaine
01:36ou du moins ils ne seront pas inscrits sur les listes électorales.
01:39Donc, ce n'est pas des voix.
01:42Le syndicat de la magistrature, c'est pareil.
01:45Enfin, tout est à la volo.
01:46Je ne sais pas où on va.
01:47Je suis ravie d'avoir l'âge que j'ai aujourd'hui.
01:51Parce que je ne sais pas ce qu'on va laisser à nos enfants, petits-enfants.
01:55Qu'est-ce qu'on va dire à notre fille ?
01:56Moi, ma fille, elle a 12 ans.
01:57Qu'est-ce que je vais lui dire ?
01:58Je suis d'accord avec vous, ma chère Jacqueline.
02:00Qu'est-ce qu'on va dire à nos enfants ?
02:01Eh bien, écoutez, je ne sais pas.
02:03Je ne sais pas.
02:03Je ne sais pas si ce n'est qu'effectivement...
02:07Enfin, je ne vais pas vous raconter ma vie
02:09parce que déjà, vous n'avez pas le temps.
02:10Ah, mais sur les terrasses.
02:13Mais j'ai travaillé sur la Seine-Saint-Denis il y a 40 ans.
02:18Il y avait déjà des prémices de ce genre de choses.
02:21Des prémices ?
02:22Des prémices.
02:24Il y avait déjà des gens qui étaient là
02:26pour profiter de l'État français, pour ne rien faire.
02:29Ça ne s'est pas arrangé.
02:30Les parents ont démissionné, c'est sûr.
02:33Et moi, j'ai beaucoup de gens,
02:35quand je me servais des cabines téléphoniques,
02:38parce qu'à l'époque, il n'y avait pas le téléphone portable,
02:41si ça ne marchait pas,
02:43on savait qui c'est qui les avait dégradés.
02:45C'est intéressant ce que vous dites.
02:46Il fallait casser.
02:47Jacqueline, parce que là, par exemple,
02:49le maire de Saint-Loup en Provence propose de couper les réseaux sociaux
02:53pour pouvoir arrêter cette manifestation.
02:55Vous êtes pour ou contre ça, par exemple, Jacqueline ?
02:57Ah oui, oui, oui, tout à fait, tout à fait.
02:59C'est difficile à faire légalement.
03:00Parce que, regardez, vous allez dans un bus, un métro,
03:03ou n'importe quoi, ou même dans la rue,
03:04les gens qui traversent en regardant que leur téléphone,
03:07c'est dramatique.
03:09À chaque fois, on risque des accidents.
03:10Il n'y a plus de personnes.
03:12Mais là, pour le blocus des lycées,
03:14vous pensez que ça empêcherait effectivement
03:15la communication entre les lycéens ?
03:17Ça pourrait certainement alléger le fait
03:21qu'il y ait une émulation,
03:24et que, par exemple, les journalistes soient pris à partie,
03:30et qu'ils soient immédiatement sur un site.
03:32Merci beaucoup.
03:34Attendez, j'ai juste une question à faire.
03:37C'est pour ça que j'ai...
03:39Ils ont une folle énergie à détruire.
03:42Si toutefois, ce sont des lycéens,
03:44je leur reste encore assez...
03:47Comment dirais-je ?
03:48Dubitative à ce niveau-là.
03:50Je suggère, parce qu'il n'y a pas de place dans les prisons.
03:53La prison, c'est peut-être beaucoup,
03:55mais enfin, il faudrait au moins,
03:56ce que l'on appelait à mon époque,
03:58des maisons de redressement,
03:59ou du moins des maisons qui servaient
04:01à faire une éducation.
04:03Et je suggérerais, étant donné que les parents
04:05ne vont pas avoir d'argent,
04:06où il va y avoir encore des avocats
04:09qui vont être là pour arriver à démontrer
04:10qu'ils ne sont pas solvables.
04:12Donc, je souhaiterais que l'énergie
04:15que ces gens qui ont à détruire
04:19la mettent dans, comment dirais-je,
04:21des travaux d'intérêt généraux,
04:23c'est-à-dire remettre en état ce qu'ils ont détruit.
04:25Apprendre un métier,
04:27se joindre à ceux qui vont remettre en état les abris,
04:30parce qu'on va arriver en hiver ou en automne,
04:33et puis les abris, il faut bien remettre le vert.
04:36Ceux qui nettoient, qui retirent tout le vert sécurit,
04:39au moins qu'ils prennent un balai, ces jeunes,
04:41ils feront quelque chose.
04:43Et ça leur apprendrait à faire quelque chose,
04:45et ça leur apprendrait aussi à penser
04:47qu'on ne fait pas non plus 9h-17h pour le plaisir.
04:52Merci beaucoup, en tout cas.
04:52On commence à apprendre quelque chose.
04:54Merci Jacqueline de nous avoir appelés en direction Europe 1.
04:56Jacqueline, 78 ans, qui nous appelle de Paris,
04:58et qui dit « J'ai connu mai 68 »
05:00et qui propose ses solutions
05:01pour ses élèves, ses lycéens.
05:04Et comme on a eu tout à l'heure,
05:05une auditrice qui proposait aussi ses solutions,
05:08la déchéance de droits civiques.
05:09On marque une pause, on revient avec Amoré Bucco,
05:11journaliste pour les justices en direct sur Europe 1,
05:13avec Gabriel Cluzel en direct sur Europe 1,
05:14et pour parler aussi de ce regard que portent l'étranger,
05:18les étrangers sur la France d'aujourd'hui.
05:20Amoré Bucco qui dit « On passe notre temps à donner des leçons aux autres. »
05:24C'est un peu normal, je ne suis pas d'accord avec vous.
05:25Amoré, on marque une pause, on revient en direct sur Europe 1.
05:28Et comme Jacqueline, vous avez la parole avec Christine Kelly sur Europe 1.
05:3101-80-20-39-21, vous appelez le numéro du standard Europe 1.
05:35Il est non surtaxé.
05:3612h42, vous écoutez Christine Kelly sur Europe 1.