00:0018h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:02Opéli Rock et Jules Torres sont au garde à vous dans ce studio Lagardère d'Europe 1, 18h48.
00:09Et je voudrais qu'on écoute le chef de l'État qui s'est prononcé sur ses propos rapportés par
00:15Mediapart contre Jordan Bardella.
00:17Les propos qui ont été rapportés sont évidemment gravissimes et inacceptables.
00:21Et ils ne souffrent pas quelques commentaires que ce soit.
00:24Ils appellent à la condamnation la plus extrême.
00:26Ça n'est pas la République.
00:27Et la deuxième chose, ils impliquent que les responsables clarifient.
00:31Voilà, c'est le rôle des responsables politiques.
00:33Qu'ils clarifient la ligne, les mots et les gens qui sont dans leur parti peuvent prononcer telle chose.
00:40Voilà ce que dit Emmanuel Macron.
00:43Jordan Bardella lui répond, moi j'ai marché contre l'antisémitisme après le 7 octobre 2023, pas lui.
00:49J'ai quand même souvenir moi d'un Emmanuel Macron qui était furieux.
00:53D'abord j'ai un souvenir d'Emmanuel Macron qui disait qu'il ne parlait pas de la politique nationale
00:57quand il était à l'étranger.
00:59Je constate qu'Emmanuel Macron, qui est en visite d'État en Espagne, déroge à sa règle une nouvelle fois
01:05puisqu'il l'a déjà fait à plusieurs reprises.
01:06Ça c'est la première des choses.
01:07Et ensuite, j'ai souvenir d'Emmanuel Macron d'abord qui était furieux quand il y avait des propos rapportés
01:13de lui dans la presse et qu'il contestait.
01:16Notamment quand il parlait, quand il y avait des phrases homophobes qui étaient tenues sur l'entourage de Gabriel Attal.
01:22Quand il parlait des racailles de cité.
01:26Quand il disait qu'il voulait envoyer des mecs à Odessa.
01:29Voilà, il a toujours nié avoir tenu ces propos-là et je ne suis pas sûr qu'un autre président
01:34de la République ou même qu'un premier ministre d'opposition lui en aurait voulu.
01:37Donc je trouve ça extrêmement curieux d'abord d'en parler dans un voyage, dans une visite d'État.
01:42J'imagine qu'il a été interrogé là-dessus mais il peut aussi ne pas y répondre.
01:46Sachant qu'on a un président de la République qui se fait le relais de Mediapart.
01:50Quand on regarde les articles de Mediapart contre Emmanuel Macron, je ne suis pas sûr qu'il ait un intérêt
01:55à faire ça.
01:55Je ne suis pas sûr qu'il ait intérêt lui aussi à prendre pour argent comptant les attributions de propos
02:02de Jordan Bardella par Mediapart.
02:04Dans le sens où Mediapart a quand même montré à plusieurs reprises dans l'histoire qu'il ne fallait pas
02:07forcément toujours les écouter ou toujours les croire.
02:10Donc moi je pense qu'un président ne devrait pas dire ça.
02:12Un président ne devrait pas dire ça, référence à un livre bien connu.
02:15Ophélie Roque.
02:17Oui, en effet c'est étonnant qu'ils se permettent de juger si vite.
02:21Justement parce que certains journalistes et certains politiques sont un peu mal à l'aise avec ça et attendent de
02:26voir si ça se décante, s'il y a des preuves.
02:30Là c'est vrai que pour l'instant on a un peu l'impression que c'est jugé sur du
02:33vent, ce qui n'est jamais très agréable, ni plaisant à faire, ni même souhaitable.
02:38Non, là où je suis un peu plus étonnée en revanche, je trouve que le RN n'a pas une
02:43bonne communication sur ce qui s'est passé.
02:45Pourquoi ?
02:46Parce que j'ai écouté un petit peu les différentes interviews de Jordan Bardella et c'est vrai qu'on
02:53a le sentiment plus d'avoir un enfant pris en faute.
02:57Et si en effet...
02:58Qu'est-ce que vous voulez qu'il réponde ?
03:00Je ne sais pas, mais en tout cas on a le sentiment qu'on voulait écouter qu'il n'est
03:05pas bien assuré sur si oui ou non ses écrits ont existé.
03:08Et quand bien même il a écrit des bêtises peut-être à 16 ou 17 ans, c'est peut-être
03:12mieux de l'avouer que d'attendre.
03:14En tout cas, s'il ne les a pas tenus ?
03:15S'il ne les a pas tenus, je trouve qu'il manque de conviction quand il le dit.
03:19Ça ne veut pas forcément dire qu'il les a... mais peut-être qu'il est mal à l'aise
03:22avec cette histoire, peut-être qu'en effet c'est quelque chose de très lourd.
03:24En tout cas, son avocat s'est exprimé dans mon émission hier sur CNews et lui effectivement part du principe
03:31que de toute façon ses écrits sont défauts.
03:33Je vous propose d'écouter maître David Dassal-Edes.
03:36Les accusations qui sont portées contre lui dans cet article qui font état de correspondance qui, si on en croit
03:44l'article, auraient été les siennes,
03:45mais tout cela est un tissu de mensonge, sont de toute évidence défauts puisqu'il n'a jamais publié ses
03:51écrits, il n'a jamais posté ses éléments.
03:54D'ailleurs, on ne sait pas exactement la nature de ces éléments, on sait que ce sont des choses qui
03:57auraient été, selon Mediapart, publiées dans les années 2013, à l'été 2013, sur des supports numériques,
04:06mais on ne sait pas sous quelle forme exactement ça l'aurait été.
04:10En tout cas, ces pièces, dès lors qu'on pourra les examiner, feront l'objet bien évidemment d'une procédure
04:20pour faux, faux et usage de faux.
04:22Voilà ce que dit l'avocat de Jordan Bardella, sachant que ce qui fait rebondir encore Mediapart derrière,
04:29c'est la phrase de Marine Le Pen en conférence de presse qui dit « on va mettre des costards
04:33en Kevlar ».
04:34On est là dans un congrès de charcutiers et en réalité, ça va être la guerre totale.
04:40Et là-dessus, Mediapart a jugé bon de dire que c'était quand même outrageant ou...
04:45Oui, outrancier, que c'était une menace de mort carrément contre les journalistes
04:51et notamment contre les journalistes de Mediapart, alors que là aussi, il y a une orchestration qui est absolument dingue,
04:56dans le sens où Marine Le Pen, quand elle dit cette phrase, elle commence en effet à dire
05:00qu'elle va mettre un costume en Kevlar parce qu'il y a beaucoup d'attaques dans la campagne,
05:03et elle dit que les journalistes de Mediapart devraient faire la même chose.
05:06C'est juste de la riposte, c'est certainement pas une menace de mort.
05:09Marine Le Pen, je rassure tous les auditeurs d'Europe 1, Marine Le Pen va tirer sur personne.
05:13Je ne suis même pas sûr qu'elle ait le port d'armes ou coller des armes chez elle.
05:15Non mais vous dites ça, c'est pris au pied de la lettre, déformé, en disant,
05:19ben regardez, elle cherche la guerre, elle cherche à nous attaquer,
05:23on ne peut plus faire du second degré comme on avait l'habitude dans la tradition française.
05:31Aujourd'hui, vous allez faire du second degré aux Etats-Unis.
05:34Certains ne vont pas comprendre et certains vont vous dire,
05:36tu es mal élevé, tu es mal poli, pourquoi est-ce que tu nous parles comme ça ?
05:40Et là tu dis, ouais, attends, c'était une blague.
05:42Et aujourd'hui, en fait, on reprend le système américain en disant,
05:46ben voilà, aujourd'hui, il faut dire les choses, il faut appeler un chat un chat.
05:49Ce qui a d'ailleurs, aux Etats-Unis, conduit plusieurs fabricants d'électroménagers
05:53à dire, il ne faut pas mettre un chat dans un micro-ondes,
05:55puisque, souvenez-vous que cette jurisprudence des années 70,
05:58où il y a effectivement une dame qui avait mis son chat dans un micro-ondes,
06:01qui avait dit, vous voyez, ce n'est pas écrit sur la notice,
06:03donc remboursez-moi, elle avait gagné, comme on le sait,
06:05les usines américaines, un paquet de fric.
06:07Je reviens sur les blocages des lycées.
06:10Laurent Nunes annonce plusieurs choses, le ministre de l'Intérieur.
06:14Il dit que la police des polices sera saisie de trois enquêtes.
06:18Il dit que le préfet de police saisit la justice contre M. Bagayoko
06:23pour provocation à commettre un délit.
06:27Et on dit que le gouvernement va ouvrir une plateforme de concertation pour les lycées.
06:32Ça devient une affaire extrêmement étendue, Ophélia.
06:36Qu'est-ce que vous vous attendiez à ça ?
06:38Non, pas du tout, mais je pense que ça devient une affaire vraiment
06:41qui est en train de prendre de l'ampleur, ne serait-ce que parce qu'on voit au nombre d
06:44'interpellations.
06:45Enfin, moi, je n'ai pas souvenir qu'il y a eu une...
06:46Et les profs ont joué un rôle.
06:48Oui, mais avec parfois à juste titre.
06:50Alors, il y a deux types de professeurs.
06:52Alors, je ne parle pas forcément pour là où j'enseigne,
06:54mais moi, pour avoir des amis qui sont encore parfois même dans la lutte sociale
06:59et qui le revendiquent ainsi, il y a en effet deux choses.
07:03Il y a les professeurs qui font grève parce qu'ils estiment,
07:05voire même qui font en effet le blocage avec les lycéens,
07:09parce qu'ils estiment en effet qu'il y a des problèmes.
07:12Et puis, il y a aussi peut-être certains qui incitent.
07:15Mais grosso modo, moi, je pense vraiment que là,
07:17les personnes qui ont incité sont en effet du personnel politique,
07:20ce qui est inédit à mon sens.
07:22dans l'histoire récente, je ne parle pas, bien sûr,
07:25mais à ce point-là, que des députés viennent devant un établissement
07:29ou des maires viennent devant un établissement,
07:32qui a appelé à la violence qui était légitime, selon lui.
07:34Ça, je n'ai pas souvenir que ça soit passé dans ces dernières années.
07:39C'est-à-dire que c'est la première fois qu'on a un parti politique
07:42qui vient jeter en effet de l'huile sur le feu et sans doute...
07:45Et M. Mélenchon qui a dit, nous sommes aux côtés des lycéens.
07:48Oui.
07:49En colère.
07:49Moi, je ne veux pas du tout aux lycéens.
07:51C'est-à-dire qu'on n'est pas sérieux quand on a 17 ans.
07:53Mais en revanche, j'en veux à un parti politique,
07:56à un chef de l'opposition,
07:59qui est en réalité dans une conquête électorale.
08:01Jean-Luc Mélenchon, il est à 400 000 voix du second tour.
08:04En tout cas, c'était le cas en 2022.
08:06Là, il veut des voix.
08:07Il cherche les jeunes.
08:08Ça se sent qu'il est déjà à 41% chez les 18-24 ans
08:10et qui a 60% d'abstention.
08:12Et peut-être qu'il compte aussi sur les socialistes,
08:13les combinards qui ne vont pas être très chers à racheter.
08:16Souvenez-vous, c'est ce qu'il avait dit avant les municipales.
08:19Un petit billet rouge, un petit billet de 10 balles.
08:21Arthur Delaporte, député PS du Calvado.
08:24C'est mon invité juste après le journal de 19h.
08:26C'est intéressant de lui poser la question.
08:27À tout de suite.