00:01BFM Bourse, l'éco du monde.
00:04Parce que l'économie américaine a créé trois fois moins de postes qu'attendu au mois de septembre.
00:07François Rimeux est avec nous, Crédit Mutuel, Asset Management. Bonjour François.
00:11C'est donc un signal de ralentissement assez net du marché de l'emploi qu'envoie ce NFP.
00:16Je pense qu'il ne faut pas quand même surm'interpréter.
00:19Quand on regarde le chiffre dans le détail, on voit que le taux de participation augmente,
00:23deuxième mois consécutif, c'est plutôt pas mal.
00:25On voit que U3 monte un peu, donc le taux de chômage, mais que U6 baisse.
00:28Ça c'est plutôt une bonne nouvelle aussi.
00:30Donc effectivement, on a des créations d'emplois qui sont un peu décevantes,
00:32mais on sait que le chiffre est volatil, on sait que c'est souvent révisé.
00:35Et globalement, quand on regarde tous les chiffres d'emploi de la semaine,
00:37les autres rapports, le Challenger, l'ADP, etc.,
00:39on a une photo qui ne change pas beaucoup.
00:41On a un marché d'emploi qui reste assez stable aux Etats-Unis.
00:44Assez stable, mais après la publication de ce rapport,
00:46on a vu les attentes de hausse de taux de la Fed chuter drastiquement.
00:49On n'est plus qu'à 17% quand on regarde le FedWatch,
00:5217% de probabilité d'une hausse de taux là au mois d'octobre.
00:54On était à 75% au début de semaine, François.
00:58– Oui, après, le rapport d'emploi joue un peu quand même,
01:01mais on a eu d'autres chiffres.
01:02On a eu le changement de modèle de méthodologie sur le chiffre du PCE
01:06cette semaine qui a montré une inflation plutôt en baisse.
01:09On a eu des commentaires des banquiers centraux
01:10qui ont été plutôt à l'attentisme.
01:13On a eu Williams, on a même eu Logan qui a parlé,
01:15qui a été dans cette veine-là.
01:16Et puis on a quand même une petite baisse du pétrole aujourd'hui.
01:19Le pétrole va les 110 au plus haut, il vaut 100 aujourd'hui.
01:22Il y a pas mal d'éléments qui ont participé quand même
01:23à une petite détente obligataire sur les parties courbes de courbe
01:26depuis quelques jours.
01:28– Oui, donc on peut expliquer cette légère détente,
01:31effectivement la baisse de la probabilité du hausse de taux de la Fed
01:34dès le mois d'octobre.
01:35Et pourtant, sur le marché quand même,
01:37quand on regarde le 10 ans américain,
01:38on voit qu'on reste tout proche des plus hauts à 5,2%.
01:40Alors il se détend à peine là cet après-midi,
01:42c'est vrai ce 10 ans américain grâce à ce rapport sur l'emploi.
01:44Mais à peine à peine.
01:45Est-ce que quelqu'un a encore la clé pour détendre plus fortement ce marché américain ?
01:50– Le problème des parties longues de courbe,
01:52si on suit la théorie économique,
01:54c'est que sur le long terme, c'est fonction de la croissance nominale.
01:56Et quand on regarde la croissance nominale aujourd'hui aux États-Unis,
01:59elle est très forte.
01:59Et elle a été très forte depuis maintenant plus de 5 ans.
02:02Et donc il y a une effet mémoire quand même dans les marchés
02:05qui font qu'on va vers ce niveau de croissance nominale atteint.
02:08Et ça nous dit en gros 5,50, 6 autour de ça.
02:11Donc tant qu'on a cette pression et beaucoup de croissance aux États-Unis,
02:15ça va être compliqué de voir les taux longs rebaisser.
02:18En plus de ça, de manière un peu plus conjoncturelle,
02:20on a eu beaucoup d'émissions au cours des dernières semaines,
02:22de la sphère privée, de la sphère tech,
02:24et ils émettent beaucoup sur le long.
02:25Ça joue un peu.
02:26On a eu le trésor américain.
02:28Donc vous vous rappelez que Bessent avait dit que c'était lui la banque
02:30il y a quelques semaines.
02:32Bon, les achats du trésor ont encore été assez décevants.
02:34Donc ça aussi, ça n'a pas beaucoup aidé les parties longues de courbe.
02:37Donc il y a pas mal de phénomènes conjoncturels qui jouent
02:40dans un phénomène plus structurel de hausse graduelle des taux.
02:43Et puis côté européen, il y a les statistiques.
02:46Et il y a de quoi avoir des taux tendus.
02:48On reste quand même sur une inflation en zone euro de 3,8% au mois de septembre.
02:53Et ça constitue quand même un plus haut depuis 3 ans.
02:57Oui.
02:58Ce n'est pas une énorme surprise,
02:59dans le sens où c'est que de l'énergie qu'il y a derrière.
03:02Quand on analyse les composantes,
03:04on voit même que sur les biens, il ne se passe pas grand-chose.
03:05Sur le mois de septembre, sur les services, c'est assez soft aussi.
03:08Ou en tout cas, c'est en ligne avec les attentes.
03:10Toute la surprise d'inflation, toute la hausse de l'inflation que l'on voit,
03:13elle ne provient que de l'énergie.
03:14Et c'est pour ça qu'il est quand même probable
03:16que la BCE ne surinterprète pas cette hausse de l'inflation.
03:19Elle était attendue.
03:20C'est un effet classique des hausses des prix de l'énergie.
03:24Et quand l'inflation corps, pour le moment, on n'est pas à la cible.
03:26Mais on est à 2,5.
03:27On n'est pas en pleine dérive non plus, en train d'augmenter par 3%.
03:30Oui, alors c'était à peu près attendu.
03:32Même si le chiffre est légèrement supérieur aux attentes quand même
03:34quand on tient compte des prix de l'énergie.
03:353,8% d'inflation, on est quasiment au double de la cible de la BCE.
03:39Même si, on est d'accord, on n'est pas dans une panique.
03:41Mais quand même, on a une inflation qui est là.
03:44Qui s'ancre quand on tient compte des prix de l'énergie.
03:45La BCE va-t-elle du coup forcément, ou très probablement,
03:48relever ses taux lors de la prochaine réunion ?
03:51Lors de la prochaine réunion, non, ce n'est pas du tout certain.
03:54En plus de ça, il faut quand même considérer que la BCE,
03:57même si elle ne le dira jamais, elle est très attentive
03:59à ce qui se passe sur les spreads, évidemment sur les spreads français.
04:03Et si elle a deux possibilités, monter ou pas monter,
04:07elle va très probablement choisir de ne pas monter
04:09si elle n'est pas obligée de monter les taux.
04:11Donc pour octobre, il est possible, slash probable,
04:15que la BCE ne bouge pas.
04:16Après, dans les mois qui suivent, ça dépendra évidemment
04:18de la trajectoire d'inflation, des matières premières,
04:20de l'évolution des spreads, de la quantité de facteurs.
04:22Oui, alors justement, les spreads français,
04:23venons-en, venons-y plutôt, c'est mieux.
04:25On est presque à 5%, on était tout à l'heure à 4,99.
04:28Et l'écart avec l'Allemagne, ça croit.
04:30On est autour des 150 points de base.
04:31Il y a désormais d'écart de spread entre la France et l'Allemagne.
04:34Hier, Gilles Mouet nous disait, le problème,
04:35ce n'est pas qu'on soit sur des niveaux élevés,
04:37le problème, c'est si on reste sur ces niveaux.
04:39Est-ce que vous pensez qu'on va y rester
04:41ou il est possible facilement d'en sortir ?
04:44Alors, je n'ai malheureusement pas de boule de cristal
04:46à vous offrir aujourd'hui, Guillaume, malheureusement.
04:49On est en pleine attaque, spéculatif, sur la France.
04:52Quand on regarde aujourd'hui un spread français à 150 BP,
04:54en termes de rating, ça équivaut en gros
04:56à un triple B moins pour la France.
04:58Donc, ça veut dire juste avant la notation à Gilles.
05:00Donc, c'est très sévère comme attaque.
05:03Et malheureusement, dans le calendrier,
05:04on n'a pas grand-chose pour se défendre.
05:07Et on est dans une situation en plus de ça
05:09qui est très différente de celle de 2011-2012,
05:11où on avait finalement des problématiques partout en zone euro,
05:14zéro inflation, et donc une BCE qui avait pu être très active.
05:17Là, la BCE, ça va être beaucoup plus compliqué pour elle d'intervenir.
05:20Elle nous le fera sans doute quand tout dernier ressort.
05:23Et donc là, on ne voit pas vraiment ce qui peut arrêter le spread de montée.
05:28Maintenant, encore une fois, il faut considérer
05:30que ce que l'on presse aujourd'hui,
05:31c'est déjà une très très forte dégradation de la notation française.
05:34Voilà, c'est tout ce que je peux vous offrir.
05:36Mais je n'ai pas de boule de cristal sur la suite.
05:38Au moment, ça dépendra de ce qui se passe politiquement, évidemment.
05:40Oui, oui.
05:41Non mais si vous nous offriez une boule de cristal,
05:42nous-mêmes, on se méfierait.
05:43Donc oui, oui.
05:44L'idée, c'est d'avoir, voilà,
05:45savoir quel scénario vous êtes en train d'établir avec vos équipes,
05:47sachant que donc le spread avec l'Allemagne s'accroît
05:50et que Matignon voit une explication de plus à cette tension sur la France.
05:53Il y a l'instabilité politique et il y a l'instabilité tout court.
05:56On a beaucoup d'images de lycées en ce moment,
05:58en train d'être incendiées.
06:00Des images qui commencent à parcourir aussi les médias anglo-saxons.
06:04Et Matignon, les sources à Matignon,
06:06expliquent que ça peut faire partie de l'image d'un pays instable.
06:10Est-ce que vous pensez que ces images qui commencent à apparaître
06:12sur les chaînes financières anglo-saxonnes
06:14peuvent concourir à dissuader les investisseurs de choisir la France ?
06:17Je pense qu'il y a énormément de raisons derrière le stress français
06:21et de manière conjoncturelle au cours du dernier mois.
06:24Et il y a beaucoup de raisons.
06:25Et les images que l'on voit depuis quelques jours participent à ça.
06:28Les discussions autour du potentiel effacement de la dette détenue par la BCE
06:32participent à ça.
06:33Le fait que le budget arrive participe à ça.
06:35Le fait qu'on rentre finalement dans une fenêtre de 3 à 9 mois classique
06:39pour les marchés financiers avant l'échéance électorale présidentielle.
06:42Tout ça participe à ce stress.
06:45Donc c'est une conjonction de facteurs.
06:47Évidemment que ça joue.
06:48Aujourd'hui, vous êtes un investisseur étranger.
06:50C'est compliqué de trouver des raisons pour investir sur la dette française
06:54quand vous pouvez avoir pour un Américain la même chose aux Etats-Unis,
06:57pour un Japonais la même chose au Japon,
06:59pour un Européen finalement quasiment la même chose en Italie.
07:03Donc effectivement, ça participe.
07:04Mais après, c'est difficile de savoir quel effet exactement a ce dernier stress
07:10par rapport à ce qui s'est fait.
07:12– Oui, une image d'instabilité peut-être un peu plus forte qu'ailleurs,
07:15sachant qu'aux Etats-Unis, on est à pile un mois.
07:17Demain, on sera à pile un mois des mid-terms,
07:19mid-terms pour lesquels les Républicains pourraient perdre les deux chambres,
07:22aussi bien la chambre d'apprésentant que le Sénat.
07:24C'est ce que montrent les tout derniers sondages.
07:26Merci beaucoup de nous avoir accompagnés.
07:27François Rimeux, Crédit Mutuel Asset Management,
07:29notre CAC, toujours en hausse.
07:31Et on se rebondit quand même, ça arrive de temps en temps de progresser.
07:33Le CAC gagne 0,9% actuellement.
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