- il y a 13 heures
BFM BUSINESS PARTENAIRE - Ce samedi 3 octobre, Thomas Friang, directeur exécutif de l'Institut Géopolitique & Business de l'ESSEC, Vincenzo Vinzi, directeur général de l'ESSEC Business School, et Geoffroy Roux de Bézieux, présient d'honneur du Medef, ont débattu autour des enseignements du nouveau baromètre Géopolitique & Business de l'Institut Géopolitique & Business de l'ESSEC Business School, dans l'émission Hors-Série Les Dossiers BFM Business présentée par Mathieu Jolivet. Hors-Série Les Dossiers BFM Business est à voir ou écouter le samedi sur BFM Business.
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00:06BFM Business présente, Géopolitique et Business, les entretiens ESSEC, Mathieu Jolivet.
00:14Bonjour et bienvenue, très heureux de vous retrouver dans Géopolitique et Business, c'est votre nouveau rendez-vous.
00:20En partenariat avec l'ESSEC Business School, les décideurs face aux risques géopolitiques.
00:25C'est le tout nouveau baromètre de l'Institut Géopolitique et Business de l'ESSEC, il est tout beau, il
00:32est tout chaud.
00:32Il vient de sortir, la bonne nouvelle c'est qu'après l'état de choc et de sidération l'année
00:37dernière,
00:37les chefs d'entreprise semblent avoir réellement pris conscience du risque géopolitique.
00:43Maintenant, attention, face à la brutalisation du monde, les dirigeants ne sont pas encore pleinement outillés.
00:49Et voilà les principaux enseignements de ce baromètre qu'on va décortiquer ensemble pendant cette émission.
00:56Un baromètre que chaque dirigeant devrait peut-être d'ailleurs garder au chevet de son lit. C'est parti !
01:01Géopolitique et Business, entreprise, le réveil stratégique.
01:07Vincenzo Vansi, bonjour.
01:09Bonjour Mathieu.
01:10Et bienvenue avec nous, vous êtes le directeur général de l'ESSEC Business School, vous présidez aussi le conseil international
01:16de prospective de l'Institut Géopolitique et Business de votre école.
01:20Vous êtes le bienvenu.
01:21Geoffroy Roude-Bézieux, bienvenue.
01:22Bonjour.
01:23Vous êtes également ancien élève de l'ESSEC, ancien président du MEDEF, mais aussi président fondateur de Notus Technologies.
01:30Et puis Thomas Friand, bienvenue Thomas.
01:32Merci.
01:32Vous êtes le directeur exécutif de l'Institut Géopolitique et Business de l'ESSEC.
01:36Voilà, donc on a une petite demi-heure pour décortiquer ensemble les enseignements de ce baromètre extrêmement utile des dirigeants
01:42d'entreprise, de plus de 250 salariés face au choc géopolitique.
01:47Comme on le disait, Vincenzo Vansi, vraiment ce qui est hyper intéressant là, c'est qu'on sent que les
01:53chefs d'entreprise, il y a eu un déclic entre l'année dernière et maintenant.
01:57Absolument. Il y a eu ce qu'on appelle un réveil stratégique autour de la géopolitique.
02:01On apprend beaucoup de choses dans cette deuxième édition du baromètre.
02:05La première chose, c'est qu'il y a eu un basculement de perception.
02:08Dans le premier baromètre, il y avait 36% des dirigeants qui mettaient la dimension géopolitique au même niveau de
02:14priorité que d'autres ruptures, par exemple la rupture technologique dans l'environnement.
02:18Aujourd'hui, on est passé de 36% à 55%.
02:22Maintenant, il faut se poser la question de pourquoi.
02:25C'est-à-dire qu'en fait, maintenant, ils mettent la préoccupation géopolitique quasiment au même niveau que l'intelligence
02:32artificielle.
02:33Justement, les ruptures technologiques dans l'intelligence artificielle ou les questions de l'environnement.
02:37Donc, au niveau des priorités, on y est.
02:40Pourquoi ? Parce qu'ils sont subis des chocs.
02:42Des chocs engendrés par des questions géopolitiques, par exemple, parmi d'autres, les hausses des prix.
02:47Mais on est encore au niveau de la réaction à des chocs.
02:52Ce qui me laisse encore en revanche un peu dubitatif, perplexe par rapport à la suite,
02:57c'est qu'il y a seulement 13% qui ont intégré la dimension géopolitique dans la dimension stratégique de
03:04l'entreprise,
03:05en déclinant tout cela au niveau des opérations, des fonctions.
03:08Et donc, ce qui manque maintenant, c'est la deuxième étape, c'est de passer d'un réveil stratégique.
03:14Donc, la sonnerie a sonné, mais il faut sortir du lit.
03:17Il faut vraiment passer à des actions pour intégrer tout cela dans la stratégie.
03:20C'est ça, c'est-à-dire que l'année dernière, quand il y a eu le premier baromètre,
03:23les dirigeants étaient un peu comme des lapins sur la route,
03:26éclairés par les phares d'une voiture en état de sidération.
03:29Là, maintenant, ça y est, ils l'ont intégré, mais il y a encore beaucoup de routes
03:34parce qu'ils ne sont pas encore forcément outillés pour passer à des phases opérationnelles d'action face à ces
03:38risques.
03:38C'est exact. Et l'enseignement le plus important pour moi, le premier enseignement,
03:41c'est qu'il y a un écart entre ce qu'ils déclarent.
03:44Ils se disent prêts, parce que la autorité se dit prête à intégrer cette dimension,
03:48mais très peu l'ont réellement intégrée.
03:51Thomas Friand, qu'est-ce qui s'est passé exactement dans la tête des patrons pour que ça change comme
03:55ça ?
03:55Est-ce que, par exemple, des choses géopolitiques assez spectaculaires qu'on a vues autour de nous,
04:00par exemple, des petites embarcations iraniennes un peu archaïques
04:03qui, à elles seules, peuvent semer le doute d'un minage dans le détroit d'Hormuz,
04:07ça, ça fait d'un coup flamber les prix de la Lloyd's à Londres,
04:10et puis ça va gripper le commerce international.
04:13Il y a un effet papillon qui est sidérant.
04:15Est-ce que c'est ce genre de choses ou l'accumulation de ce genre de choses
04:18qui a provoqué ce réveil stratégique dont parle Vincenzo ?
04:21Il est très clair qu'Hormuz, et c'est à cette géographie-là que vous faites référence,
04:25ça a été un déclencheur énorme du réveil stratégique qu'on constate.
04:29De l'état de sidération à ce moment de réveil, il y a Hormuz,
04:33il y a aussi la guerre tarifaire, la guerre douanière de Donald Trump,
04:36et au fond, ce qu'on constate, c'est que l'électrochoc, c'est Trump.
04:40C'est Trump 2.0.
04:42Quand on regarde ce qui suscite l'inquiétude en détail des dirigeants
04:47et ce qui provoque le réveil,
04:50la première menace pour la sécurité économique des Européens,
04:55qui est mentionnée par les patrons, c'est Trump.
04:56Très loin devant Chie, très loin devant Poutine.
04:59Et c'est Trump parce que sa guerre tarifaire,
05:02parce que le verrouillage d'Hormuz,
05:04et donc parce que choc énergétique.
05:09Rappelons-le quand même, Hormuz, c'est le plus grand choc pétrolier depuis...
05:13Comment vous l'expliquez ça, Thomas ?
05:15Parce que c'est quand même assez étonnant qu'on se dise
05:17que Trump soit très loin devant Xi Jinping,
05:21comme dans la perception des menaces économiques.
05:23Là, je vois dans votre baromètre,
05:25la Chine de Xi Jinping, 4% dans la perception de la menace,
05:29alors que c'est 30% pour Trump.
05:31Alors que le rouleau compresseur chinois, on le vit au quotidien maintenant.
05:33C'est un élément qui nous permet de relativiser le réveil stratégique
05:37auquel Vincenzo faisait référence,
05:39parce que, très clairement,
05:43on comprend que la lucidité qui se réveille,
05:45elle n'est pas du tout complète.
05:47D'ailleurs, sur Trump, c'est très intéressant.
05:48Quand on regarde ce qui touche les dirigeants d'entreprise,
05:51c'est l'expérience des chocs, c'est l'expérience du choc énergétique.
05:53Mais ils ne perçoivent pas ce qui est en train de se jouer
05:55d'extrêmement profond dans la rupture de la relation transatlantique,
06:00effondrement du pilier politique de l'OTAN,
06:01bientôt effondrement du pilier militaire de l'OTAN,
06:03qui pourrait engendrer bien plus grave que ça.
06:06Les ingérences américaines en Europe,
06:10les menaces sur la sécurité économique en Europe issues des Etats-Unis
06:13sont de plus en plus volumineuses, de plus en plus sophistiquées,
06:15et elles sont même théorisées et théorisées publiquement.
06:17Donc on voit que même sur la menace trumpienne, c'est faible.
06:20Mais quand on regarde, en effet, les autres formes de menaces,
06:23quand les patrons sont amenés à les hiérarchiser,
06:25il y a un écart qui est extrêmement étonnant,
06:27puisque quand même, ça se passe dans l'Alliance Atlantique.
06:29Trump, 30 %, Poutine qui mène sa guerre d'Europe,
06:33qui sabote des infrastructures énergétiques,
06:35des infrastructures critiques, 8 %,
06:39et la guerre d'Ukraine, seulement 8 %,
06:41alors que le choc énergétique de 2022,
06:43il était extrêmement grave pour l'industrie européenne.
06:45Et dernièrement, Xi, 4 %,
06:47alors que la désindustrialisation qu'on importe de Chine,
06:50elle est extrêmement massive,
06:51et que si on regarde ce qui pourrait se passer dans le détroit de Taïwan,
06:54qui est un signal stratégique très peu suivi par les patrons,
06:57seulement 4 %,
06:58eh bien ça, ça pourrait coûter 10 points de PIB mondial, selon Bloomberg.
07:01Donc on voit bien qu'il y a un réveil,
07:02mais que la profondeur de la menace
07:04et la complexité de la menace,
07:05elle, pour le coup, n'est pas du tout appréhendée,
07:08si bien qu'on pourrait parler d'un réveil,
07:10mais on est encore un peu dans les cauchemars.
07:12Geoffroy Roux de Bézieux,
07:12là je m'adresse au chef d'entreprise que vous êtes.
07:14Quand vous entendez justement
07:17ces premiers résultats qu'on décortique de ce baromètre,
07:21le choc Trump qui explique presque à lui seul ce réveil stratégique
07:24et la menace russe ou chinoise
07:27qui a l'air d'être encore peut-être un peu sous-estimée,
07:29le chef d'entreprise que vous êtes,
07:31est-ce qu'il a cette perception-là ?
07:34Alors moi c'est un peu particulier,
07:36parce que je vais juste un tout petit peu dézoomer,
07:39quand je suis élu président du MEDEF,
07:40mon premier discours en 2018
07:42à l'université d'été,
07:44qui est encore à Jouy-en-Josasse,
07:45et que j'ai fait déménager,
07:46cher Vicenzo,
07:49je dis que c'est la fin de la mondialisation heureuse,
07:51réveillez-vous.
07:52Un énorme flop.
07:54Mais un flop absolu.
07:56C'est-à-dire que ça,
07:57personne n'a été relevé,
07:58ni dans les médias,
07:59ni etc.
07:59Je crée derrière...
08:00Vous étiez sur le réveil stratégique en 2018.
08:03Oui, parce que j'ai toujours été,
08:04disons, intéressé par les sujets
08:06d'intelligence économique et d'enseignement,
08:09et j'ai créé dans la foulée au MEDEF
08:10une commission que j'ai nommée
08:12Souveraineté, Sécurité économique.
08:15J'ai bien vu, si vous voulez,
08:16qu'au départ,
08:17c'était un peu vu comme,
08:18bon, le caprice du nouveau patron du MEDEF,
08:21mais, entre guillemets,
08:22ça va lui passer.
08:22Vous savez,
08:23quand il y a un nouveau ministre qui arrive,
08:24l'administration se dit
08:25que ça ne va pas durer.
08:27Il a fallu beaucoup de temps
08:28pour ce réveil.
08:29En 2023,
08:30à la demande du président de la République,
08:31j'ai fait un rapport
08:32sur la sécurité économique,
08:34qui est classifié,
08:35mais la partie diagnostique,
08:36je ne vais pas en parler.
08:37Il y avait encore des patrons,
08:39notamment des patrons du CAC,
08:40qui, comment dire,
08:41étaient un peu nostalgiques
08:43de cette période.
08:43Parce que c'est vrai
08:44que pour le commerce,
08:45une période sans tension géopolitique,
08:47ou du moins,
08:48de tension géopolitique
08:49qui existait,
08:50mais qu'on ne voyait pas,
08:51qui était en dessous des radars,
08:53d'ingérence qui existait,
08:54mais qui était en dessous des radars,
08:55c'est plus agréable
08:56pour faire du commerce.
08:57La période actuelle
08:58est beaucoup plus dure.
08:59Alors,
08:59Trump a eu le mérite,
09:01enfin,
09:01le mérite,
09:02avec évidemment des guillemets,
09:03parce qu'il est obvious,
09:06parce qu'il est visible,
09:07parce qu'il est bruyant,
09:08parce qu'il est brutal,
09:10de réveiller tout le monde.
09:11Parce qu'effectivement,
09:12les tarifs douaniers,
09:12ça se voit.
09:13Mais,
09:14comme l'a très bien dit Thomas,
09:16je m'arrête là-dessus,
09:17ce n'est qu'une partie du sujet.
09:19La Chine
09:20a une activité
09:22extrêmement intense
09:23en Europe,
09:25de prédation,
09:26et évidemment,
09:28elle se voit moins.
09:28Mais,
09:29c'est tout autant une menace
09:30pour les entreprises européennes.
09:31Mais on la ressent.
09:32Et,
09:32justement,
09:33pour rebondir là-dessus,
09:34comment vous pouvez réagir
09:35tout si vous voulez,
09:36mais comment vous
09:39expliquez
09:39que ce réveil stratégique
09:42dont vous parliez
09:43en 2018
09:43au cœur d'un discours
09:44en tant que président du MEDEF
09:46ne se ressent
09:47qu'aujourd'hui,
09:47maintenant ?
09:48Si je prends top départ
09:50votre discours de 2018,
09:51deux ans plus tard,
09:52on a l'humanité
09:53qui se claque mûr
09:54en 15 jours
09:54à partir du moment
09:55où l'OMS publie
09:56un communiqué
09:57sur la pandémie mondiale.
09:59Quatre ans plus tard,
10:00on a l'Ukraine
10:01qui est envahie
10:02par les Russes.
10:02On a enchaîné
10:03des chocs
10:04qui sont extrêmement violents.
10:06Comment ça se fait
10:07que ce réveil
10:08n'arrive que maintenant ?
10:08Il a eu ces chocs
10:10plus visibles,
10:11brutaux,
10:12qui ont frappé
10:12au port de l'entreprise
10:13et donc,
10:14il a eu une réaction.
10:16Donc,
10:16c'est bien
10:17parce qu'il a un réveil stratégique,
10:18mais à ce stade
10:19de réveil stratégique,
10:20ça reste au sol
10:20de l'organisation.
10:21Maintenant,
10:22il faut passer
10:22à l'étape d'après
10:23parce qu'il y a
10:23d'autres chocs
10:24qui sont silencieux,
10:26des coercitions économiques,
10:28des guerres hybrides
10:28et ainsi de suite
10:29que Thomas a très bien
10:31expliqué.
10:32Et donc,
10:32il faut équiper
10:34les dirigeants
10:35des équipes COMEX
10:36lançant l'organisation
10:38de compétences
10:39qui leur permettent
10:40d'être dans l'anticipation
10:41de ce choc.
10:42Oui, c'est ça.
10:43Et ce domaine
10:43des compétences,
10:44comment est-ce que vous,
10:45par exemple,
10:45en tant que patron
10:46de l'ESSEC Business School,
10:48comment est-ce que
10:48vous organisez
10:50pour essayer
10:50de former
10:51les futures élites
10:53économiques
10:53à être outillées ?
10:54On voit d'ailleurs,
10:55il y avait un des points
10:56de votre baromètre
10:57qui dit qu'aujourd'hui,
10:58il y a de plus en plus
10:59de chefs d'entreprise,
11:00quel que soit leur niveau,
11:01qui vont s'intéresser
11:02personnellement
11:03à des décisions
11:03de politique étrangère
11:04qui ont lieu
11:05très loin de chez eux,
11:06très loin de leur zone
11:07de business.
11:08Ça, c'est peut-être aussi
11:08un signal faible
11:09qui est intéressant.
11:10C'est absolument ça.
11:11Comme la finance,
11:12l'économie,
11:13la stratégie,
11:14les ressources humaines,
11:14la géopolitique
11:15est une compétence.
11:17Et comme toute autre compétence,
11:18elle s'enseigne,
11:19elle s'apprend,
11:20elle se cultive,
11:21elle se met à jour,
11:22elle s'évalue
11:23et on en mesure
11:23les impacts.
11:25Pendant trop longtemps,
11:26la géographie,
11:26même pas celle politique,
11:28a été traitée
11:29comme une variable
11:30du coût.
11:31Et même dans
11:32l'enseignement supérieur,
11:33on apporte
11:33et on parle
11:34de la responsabilité
11:34et c'est traité,
11:36étudié comme tel.
11:37Aujourd'hui,
11:38depuis 2024,
11:40l'autobre 2024,
11:41quelques semaines
11:41avant l'élection,
11:43la deuxième élection
11:43de Trump,
11:44à l'ESSEC,
11:45on a créé
11:46cet institut
11:46de géopolitique
11:47et business
11:48avec deux éléments clés.
11:50Le lien
11:51entre la géopolitique
11:52et le business,
11:52donc ne plus traiter
11:53le sujet géopolitique
11:55en silo,
11:55mais le traiter
11:56en conciliant
11:57de manière
11:59transdisciplinaire
12:00avec le business
12:01et pas seulement.
12:03Deuxième élément,
12:03c'est une approche
12:04vraiment holistique,
12:06transdisciplinaire,
12:06en lien avec
12:07les autres dimensions.
12:08C'est-à-dire que mon business,
12:08ce n'est plus
12:10qu'une dimension
12:10prioritaire de coût,
12:12c'est aussi
12:12une dimension
12:12de souveraineté,
12:14de stratégie,
12:15de sécuriser
12:19sa chaîne d'approvisionnement
12:21est bien plus important
12:22que le coût.
12:23Le sujet
12:24des dépendances,
12:25les dépendances
12:26industrielles,
12:27composants
12:28et matériaux critiques
12:29plutôt côté
12:30Est du monde
12:31et les dépendances
12:33numériques
12:33plutôt côté
12:34Ouest
12:35sont un enjeu
12:36majeur
12:37pour l'Europe.
12:37On a commencé
12:39à se poser
12:39des questions
12:41mais je rejoins
12:42Vincenzo,
12:43on est loin
12:44d'avoir fait l'exercice.
12:45D'abord parce qu'il y a
12:46des endroits
12:46où on ne peut pas
12:47sortir des dépendances.
12:49Il y a des fournisseurs
12:50de services numériques
12:51dont on ne peut pas
12:52se passer
12:53et il y a des fournisseurs
12:54de matériaux critiques
12:55dont on ne peut pas
12:56se passer.
12:57Et c'est quand même
12:58une très forte dépendance.
12:59Et je ne parle pas
13:00de l'énergie
13:00qu'on pourrait rajouter
13:01comme une dépendance,
13:02évidemment.
13:04Donc là par exemple,
13:05si je prends
13:05les minerais critiques,
13:06par exemple,
13:06ne pas tout miser
13:08que sur une zone
13:09ou dans la Chine
13:09mais aller aussi
13:10au Congo,
13:11en Indonésie.
13:12Mais vous avez aujourd'hui
13:13sur certains matériaux,
13:16la Chine détient
13:1695-99%
13:18des capacités
13:20de raffinage.
13:20Donc on est dépendant.
13:22Et je veux dire,
13:23un petit mot
13:23sur ce qui se passe
13:24sur l'énergie.
13:26Quel est la victime
13:27la plus,
13:29enfin,
13:29quel est le continent
13:30le plus victime
13:30de la hausse
13:31des coûts de l'énergie ?
13:32C'est évidemment l'Europe.
13:34Parce que,
13:36accessoirement l'Asie.
13:37Mais la Russie
13:38en profite.
13:39La hausse du prix
13:40du pétrole,
13:40ça profite à la Russie.
13:41Et la hausse du prix
13:42du pétrole,
13:42ça profite aux Etats-Unis
13:44qui est producteur
13:44et qui,
13:45en dessous d'un certain seuil,
13:46n'est plus rentable.
13:47Donc ces dépendances-là,
13:49pendant longtemps,
13:50on a pensé
13:50que l'interdépendance
13:52en fait permettait
13:53de stabiliser le monde.
13:54C'est exactement
13:55l'inverse.
13:55Est-ce qu'il est compliqué
13:57pour relier ça
13:57à ces questions
13:58de compétences ?
13:59C'est difficile
14:00de demander aujourd'hui
14:01à un chef d'entreprise
14:02ou à un étudiant
14:03qui va devenir
14:04dirigeant d'entreprise
14:05d'être un expert
14:06en géopolitique.
14:07Quelque part,
14:08chacun son job.
14:09Alors c'est vrai
14:09qu'on raisonnait en silo,
14:10mais en même temps...
14:11Vous voyez,
14:11ces sujets,
14:12que ce soit
14:12l'intelligence artificielle
14:13ou avant le climat
14:14ou même avant
14:16la révolution digitale
14:17et maintenant la géopolitique,
14:18rentrent dans les entreprises
14:19toujours par des experts
14:21qui gardent cette expertise.
14:22Mais ça ne suffit pas.
14:23Il faut que ça diffuse
14:25dans l'ensemble
14:26de l'organisation.
14:27D'abord,
14:28ça remonte
14:28à la direction générale,
14:29mais un directeur général
14:30ne dirait jamais
14:31aujourd'hui
14:31« je suis la finance
14:32dans mon entreprise
14:33ou je suis le marketing ».
14:34Il ne peut pas dire non plus
14:35« je suis la géopolitique ».
14:36Il y en a certains,
14:37aujourd'hui,
14:37on l'a vu dans le baromètre,
14:38qui le disent
14:39« c'est une première étape,
14:40mais il faut que ça diffuse
14:41dans l'ensemble
14:42de l'entreprise
14:43et donc il faut faire en sorte
14:45que les dirigeants
14:46soient formés à la géopolitique
14:47avant que l'entreprise
14:48soit contente
14:49de les former
14:49quand c'est trop tard ».
14:50Et l'Institut géopolitique
14:51et business de l'ESSEC,
14:52pour répondre aux besoins
14:53que Geoffroy vient de mentionner,
14:56on propose en réalité
14:57de développer,
14:58de bâtir
14:59une culture géopolitique
15:00de l'organisation
15:01autour de trois exigences.
15:03Plus de vigilance,
15:04plus de résilience
15:05et moins de dépendance.
15:06C'est ce que Geoffroy vient
15:08de nous partager.
15:09Et là,
15:09il y a des compétences spécifiques.
15:11Quand on parle
15:11de plus de vigilance,
15:12l'objectif,
15:13c'est vraiment
15:13de créer des scénarios
15:15qui sont préparés
15:16avant que le choc n'éclate.
15:18Quand on parle
15:19de plus de résilience,
15:20la question est
15:21comment on teste
15:21les modèles économiques,
15:23comment on fait
15:23des stress-tests
15:24des modèles économiques
15:25pour comprendre
15:25leur stabilité
15:26vis-à-vis
15:26d'un certain nombre
15:27de chocs géopolitiques.
15:28Vous sensibilisez beaucoup
15:28plus qu'avant
15:29tous vos étudiants
15:30à prévoir des plans B
15:31en cas de choc majeur ?
15:32Alors,
15:32les étudiants
15:33mais aussi les participants
15:35en formation continue,
15:35les gardes dirigeants.
15:36Et quand on parle
15:37de moins de dépendance,
15:38c'est très intéressant
15:38parce qu'il faut
15:39une nouvelle compétence
15:40qui est celle
15:41de prendre des approches
15:42qui soient contre-intuitives.
15:44Par exemple,
15:44par rapport
15:45à la gestion
15:45des stocks,
15:46par rapport
15:47aux chaînes
15:47d'approvisionnement
15:48et donc
15:49des expertises
15:51acquises
15:51dans le passé,
15:52il faut avoir
15:53un peu une approche
15:54contre-intuitive
15:55pour avoir
15:56moins de dépendance,
15:57être plus pertinent,
15:58plus résilient,
15:59plus vigilant
16:00par rapport
16:00à des chocs silencieux
16:02qu'on n'a pas encore
16:03subis
16:03mais qu'il faut anticiper.
16:06J'imagine là-dessus,
16:07Thomas Friand,
16:07que l'audit
16:09de mon business
16:10est peut-être aussi
16:10un élément clé
16:11pour essayer
16:12de m'accompagner
16:12pour que j'anticipe
16:15au mieux
16:16les chocs à venir,
16:17quelles sont
16:17les éventuelles dépendances
16:20qui vont venir,
16:21celles où je peux
16:22commencer à m'affranchir
16:23maintenant.
16:24Là, je dirais,
16:24bien plus qu'avant,
16:25il faut faire
16:26des audits réguliers.
16:27L'audit,
16:27c'est un exemple
16:28hyper intéressant
16:29parce que d'abord,
16:29l'audit,
16:30c'est du langage familier
16:31des managers.
16:32Tout le monde sait
16:33dans une entreprise
16:33qu'un audit.
16:34Et un audit,
16:35ça peut avoir
16:35une dimension géopolitique
16:36pour deux raisons.
16:37La première,
16:38elle est très,
16:39très inattendue,
16:40mais Bercy est très clair
16:42là-dessus,
16:42il va falloir apprendre
16:43à former des auditeurs
16:44souverains,
16:44c'est-à-dire des auditeurs
16:45qui ne dépendent pas
16:46juridiquement
16:48de puissances étrangères
16:49qui, par leur loi
16:50extraterritoriale,
16:51peuvent venir vous demander,
16:52vous auditeurs,
16:53les données stratégiques
16:54les plus sensibles
16:54d'une entreprise
16:55qui, directement
16:56ou indirectement,
16:57contribuent à la souveraineté
16:57d'un État.
16:58Vous imaginez bien
16:59qu'EDF,
17:00quand elle est auditée,
17:02elle doit s'assurer
17:03parce qu'elle produit
17:04l'énergie
17:05et l'indépendance énergétique
17:06de la France,
17:07que l'auditeur
17:08qui vient rendre des comptes
17:09à son comité d'audit,
17:10il n'y a personne
17:11de l'autre côté
17:12de l'Atlantique
17:12qui va lui demander
17:13des données sensibles
17:14sur le business plan d'EDF.
17:15Il me permet,
17:15cher Thomas,
17:16c'est vrai pour l'auditeur,
17:17mais c'est vrai
17:18pour tous les prestataires
17:19de services,
17:19de prestations intellectuelles
17:20qui vont dans l'entreprise.
17:21Et la deuxième dimension
17:22qui rend l'audit...
17:24Clairement, par exemple,
17:25si je travaille
17:25avec une entreprise américaine,
17:28l'extraterritorialité,
17:29c'est l'administration américaine
17:31qui peut demander
17:32à n'importe quelle
17:33de ces sociétés
17:35de lui fournir
17:35les datas qu'elle a.
17:37Et la seule protection,
17:38pardon,
17:38juste pour être technique,
17:39c'est si les données
17:41sont conservées
17:42sur le sol européen.
17:43Absolument.
17:45Oui, c'est ça.
17:45Et donc,
17:46c'est un des critères
17:47de sélection
17:48qu'on recommande
17:49aux entreprises.
17:50Pardon,
17:50je te rends la parole
17:51dans deux minutes.
17:52Une minute.
17:53Quand elles choisissent
17:54un prestataire
17:54qui va avoir accès
17:56à leurs données,
17:57souvent des données stratégiques,
17:58c'est vrai pour l'auditeur,
17:59c'est vrai pour le conseil
18:00en stratégie,
18:00c'est vrai pour l'avocat,
18:02c'est où est-ce que
18:02vous stockez vos données ?
18:03Si un auditeur américain
18:04audite mon entreprise
18:05en France
18:05et stocke les données
18:06dans le nord de la France,
18:08l'administration américaine
18:09ne pourra pas y avoir accès.
18:10En tout cas,
18:10avec la loi de blocage,
18:12il peut s'y opposer.
18:13Alors que si c'est
18:14à Boston-Massassuchet,
18:16il y a une loi
18:17qui est très connue
18:18qui dit que
18:18si les intérêts américains
18:20sont menacés,
18:21alors les services américains
18:23peuvent avoir accès.
18:24Et la notion est là.
18:25L'audite est hyper intéressant
18:27parce qu'il y a
18:27cette dimension très macro,
18:28c'est-à-dire se prémunir
18:29contre des attaques,
18:32des menaces de sécurité économique
18:33qui peuvent être pilotées
18:34par une puissance étrangère,
18:35mais c'est aussi
18:36un outil de management
18:37très simple
18:37pour que,
18:38sans être menacé
18:39de cette façon,
18:40l'entreprise puisse piloter
18:41son niveau de dépendance.
18:42On n'est pas
18:43totalement autarcique
18:44ou totalement dépendant.
18:45En fait,
18:46la dépendance,
18:46c'est un continuum
18:47où on peut piloter.
18:48On est un peu,
18:48beaucoup,
18:49passionnément dépendant.
18:50Et on peut choisir
18:51les dépendances
18:52qu'on est obligé de...
18:53On peut remarquer
18:54les dépendances
18:55qu'on est obligé de subir
18:55et puis on peut piloter
18:57celles qui sont
18:57progressivement substituables.
18:59Un audit de dépendance critique
19:01doit permettre de savoir ça.
19:02Il ne suffit pas de dire
19:03sur telle brique technologique
19:04ou sur telle source d'énergie,
19:06je ne peux rien faire.
19:07Il s'agit surtout,
19:08quand on met une dimension
19:09géopolitique là-derrière,
19:10de se dire
19:10sur cette brique technologique,
19:12quelle puissance
19:13pourrait venir me chercher
19:14pour atteindre
19:15la souveraineté de l'État
19:16dans lequel je me trouve ?
19:17Et ça,
19:18pour un CEO,
19:19pour un CFO,
19:20pour un comité des risques,
19:21pour un conseil d'administration,
19:23se dire qu'on est en mesure
19:24de piloter
19:25son niveau de dépendance
19:26pour pouvoir réduire
19:27son niveau d'exposition
19:27aux risques géopolitiques,
19:28ça change tout.
19:29C'est un sujet
19:29à la fois macro
19:30pour Bercy
19:30qui supervise
19:31la sécurité économique
19:32du pays,
19:33mais c'est aussi
19:34un sujet micro
19:35pour les boîtes,
19:35pour leur conseil d'administration,
19:36pour leur comex,
19:37pour pouvoir se dire
19:37« Ok, demain,
19:38si je vais être compétitif,
19:39il faut que je sois moins indépendant,
19:40donc il faut que j'audite
19:41cette dépendance. »
19:41Vincenzo Vinci,
19:42ces questions de dépendance,
19:43ça rend un peu schizophrène.
19:45Parfois,
19:45par exemple,
19:46je veux le meilleur auditeur
19:47mais il est étranger,
19:48attention à ce qu'il n'aille pas
19:49un jour piller mes données.
19:50Si je reviens
19:51sur le terrain de l'IA,
19:53je veux avoir
19:54la meilleure IA
19:55parce qu'aujourd'hui,
19:55celui qui a la meilleure IA
19:57et le plus de puissance
19:58de calcul,
19:59il a une avance stratégique.
20:01En revanche,
20:02si mon IA n'est pas souveraine,
20:04attention.
20:04Donc à chaque fois,
20:05ces arbitrages
20:07de savoir comment
20:07prendre le meilleur outil
20:09mais ne pas en devenir
20:11trop dépendant,
20:12j'imagine que c'est quelque chose
20:13auquel on essaye
20:14de sensibiliser.
20:14Il y a beaucoup de sujets
20:15en ce moment
20:16dans la société
20:16et dans les entreprises
20:18de schizophrènes.
20:19Comme vous dites,
20:20l'ESSEC Business School
20:21est là pour accompagner,
20:23aider les dirigeants,
20:24être bien équipés
20:25en termes de savoir-faire,
20:27de savoir-être,
20:27de compétences
20:28pas seulement techniques
20:29qui restent
20:30questionnellement très importantes
20:31mais aussi
20:32de compétences relationnelles
20:33et de compétences transverses
20:35qui permettent
20:35d'être des dirigeants éclairés.
20:36Qu'est-ce que c'est
20:37un dirigeant éclairé ?
20:38C'est un dirigeant
20:38qui est capable
20:39de concilier des impératifs
20:41qui jusqu'à hier
20:42n'étaient pas conciliables.
20:44Par exemple,
20:45performance économique,
20:46responsabilité,
20:47utilisation de l'intelligence artificielle
20:50pour gagner en productivité
20:52mais en même temps
20:53utilisation qui soit frugale,
20:54éthique et responsable.
20:56Donc tout cela
20:58amène à des formations
20:59que nous avons mises en place
21:01tant pour des jeunes
21:02que pour des cas dirigeants
21:03qui cassent les siloies
21:05entre les disciplines
21:05et qui donnent
21:06tant une compétence d'expert
21:08qu'une vision holistique
21:10de la société.
21:11C'est comme cela
21:11qu'on peut aider
21:12les dirigeants
21:13par l'ensemble
21:14de l'organisation
21:15à avoir un avantage
21:17compétitif
21:17basé sur les compétences.
21:18Alors Geoffroy Roude-Bézieux,
21:20là on parle,
21:21on décortique notamment
21:22le baromètre
21:22de l'Institut géopolitique
21:24et business
21:24de l'ESSEC
21:25qui s'est concentré
21:27sur tous les dirigeants
21:27d'entreprises
21:28de plus de 250 salariés.
21:29On voit qu'il y a
21:30cette prise de conscience
21:30qu'on s'est réveillé
21:32mais qu'on n'est pas encore
21:33sorti du lit,
21:34qu'il faut encore mieux
21:35s'outiller,
21:37mieux appréhender encore.
21:38comment on fait
21:39pour les patrons
21:39de PME ?
21:41Parce que là,
21:42est-ce qu'on est obligé
21:43derrière qui on s'abrite
21:44et comment on se forme ?
21:45Ça dépend de quoi on parle
21:46parce que
21:47une grande majorité
21:48de PME
21:48est quand même
21:49un peu hors champ
21:50de ces sujets géostratégiques.
21:51Si vous êtes patron
21:52de je ne sais pas quoi,
21:53d'un supermarché
21:54en Vendée,
21:55vous avez des conséquences
21:57indirectes.
21:58le prix du diesel...
21:59Comment dire ?
22:00Vous les subissez,
22:00vous ne pouvez pas
22:01tellement agir dessus.
22:02Vous n'avez pas
22:02de dépendance particulière,
22:03vous n'avez pas
22:04de données à protéger.
22:05Là où il y a un sujet
22:07important sur lequel
22:08moi j'ai pas mal travaillé,
22:09c'est le sujet
22:10des pépites technologiques.
22:12Vous avez des petits
22:13sous-traitants,
22:14des sociétés de 20,
22:1530, 40 personnes
22:16qui sont dans une chaîne
22:16de valeur,
22:17par exemple l'aéronautique,
22:18qui détiennent
22:19un tout petit morceau
22:20de souveraineté.
22:21Et là, par contre,
22:23il y a des maillons faibles
22:23parce que les systèmes
22:25de protection
22:26sont évidemment plus faibles,
22:27parce que le dirigeant
22:29est moins formé,
22:30parce qu'il a moins de moyens
22:31pour se protéger.
22:32Là-dessus,
22:33il y a eu un gros effort
22:35qui a été fait
22:36par les services compétents
22:38de...
22:38On va dire
22:39d'évangélisation,
22:40même si le mot
22:40n'est pas très bien choisi,
22:42pour essayer de...
22:43Et c'est vrai
22:43pour les pépites,
22:45disons,
22:45industrielles
22:46comme pour les start-up
22:47qui, là aussi,
22:49ont,
22:49dans le spatial,
22:50dans le quantique,
22:51dans le nucléaire,
22:53des choses à protéger
22:54et qui ont souvent
22:55une culture très ouverte.
22:56Mais là,
22:57depuis mon rapport,
22:58depuis 2023,
23:00bon,
23:00c'est pas le...
23:01Comment dire ?
23:01Le baromètre ne les touchait pas.
23:02Il y a eu un gros progrès
23:04de fait,
23:04même s'il reste forcément
23:06des trous dans la raquette.
23:08Et on voit
23:08très régulièrement,
23:10la DGSI a des cas
23:13plusieurs fois par mois,
23:14des acteurs
23:15dits de capital-risques étrangers,
23:18arriver avec un faux-nez,
23:21faire une due diligence,
23:22enfin,
23:22un audit,
23:23et puis repartir.
23:24Et on s'aperçoit,
23:25quelques mois après,
23:27ou une année après,
23:28qu'une entreprise
23:30assez proche
23:30sur une technologie similaire
23:32est créée dans le pays en question.
23:33Donc ça s'appelle
23:34de l'espionnage industriel.
23:36Et là,
23:36on rejoint
23:36qui s'est peut-être intensifié
23:37dans ce contexte
23:38de guerre hybride.
23:39Qui s'est clairement intensifié.
23:40Alors,
23:40je me trompe peut-être,
23:40Thomas Friand,
23:41mais j'ai le sentiment
23:42que le choc ukrainien
23:45et le choc Trump,
23:46ça a accéléré justement
23:49le déploiement du parapluie
23:50pour protéger notamment
23:52toute la BITD,
23:53tout l'écosystème
23:54des entreprises de la défense.
23:55Déjà,
23:56un,
23:56est-ce que c'est vrai ?
23:57Et deux,
23:57est-ce que ces questions
23:59de sécurité économique
24:00et de protection
24:02commencent à s'étendre
24:03au-delà de la BITD ?
24:04C'est très vrai.
24:05Il y a une façon très concrète
24:07de le comprendre.
24:08Entre 2020 et aujourd'hui,
24:10les alertes de sécurité économique
24:11sur les secteurs stratégiques,
24:13toute taille d'entreprises
24:13confondues,
24:14c'est x3.
24:15On est,
24:15l'année dernière,
24:16à 800 alertes de sécurité économique
24:18signalées par les services
24:19de renseignement
24:20à Bercy
24:20pour pouvoir protéger
24:22des petites,
24:23moyennes,
24:23grandes entreprises.
24:24Quand on dit que le monde
24:24se brutalise,
24:25c'est aussi ça.
24:25C'est aussi les tentatives
24:30de déstabilisation
24:31sur les agents économiques.
24:32Absolument.
24:32Et là-dedans,
24:33plus de 60% des menaces
24:36confèrent la prédation
24:38capitalistique,
24:38c'est-à-dire un fonds,
24:39comme Geoffroy l'a décrit,
24:40qui va aller faire l'acquisition
24:42ou prendre le contrôle
24:43d'une entreprise
24:44qui détient un actif technologique
24:45hyper sensible.
24:45Et même pas seulement l'acquisition.
24:46Je m'intéresse à votre business.
24:48Vous cherchez de l'argent,
24:49je m'intéresse à votre business.
24:51Montrez-moi.
24:52J'ai des cas en bio,
24:53il y a encore un cas
24:54la semaine dernière,
24:55en biotechnologie.
24:57Racontez-moi ce que vous faites,
24:58etc.
24:59Donc,
24:59le patron entrepreneur
25:01qui cherche l'argent,
25:01il pitch,
25:02il montre tout.
25:03Et puis,
25:03il n'y a plus de nouvelles.
25:05Et là,
25:06il se trouve,
25:06c'est un pays du Moyen-Orient
25:08qui est sous le feu
25:09de l'actualité.
25:10Mais on découvre
25:11qu'il y a une start-up
25:12qui est née là-bas
25:13qui est exactement
25:13un copie conforme.
25:15Donc,
25:16vraiment,
25:16c'est très agressif.
25:17Pour répondre à votre question,
25:18Mathieu,
25:18oui,
25:19il y a une prise de conscience
25:19au niveau de l'État
25:20avec une nouvelle doctrine
25:21de sécurité économique
25:22qui a été adoptée
25:23la semaine dernière.
25:23L'ÉSAC qui prend sa part
25:24puisqu'on a signé
25:26avec le ministre de l'Économie
25:27la création d'un observatoire
25:28de la sécurité économique
25:29qui va,
25:30du point de vue universitaire,
25:31du point de vue académique,
25:32du point de vue de l'innovation pédagogique,
25:33du point de vue des capacités
25:33de sensibilisation,
25:34prendre sa part
25:35à l'effort
25:35qui a été engagé
25:36pour pouvoir protéger
25:38nos actifs
25:39les plus importants.
25:40Le mot de la fin,
25:41peut-être Vincenzo Vinci.
25:42Voilà,
25:43vous êtes aux premières loges aussi
25:44en tant que patron
25:45de l'ÉSAC Business School.
25:47On est dans un monde nouveau,
25:49un monde de polycrise
25:50comme vous l'avez théorisé
25:52à travers votre institut.
25:54Choc climatique,
25:55choc technologique,
25:57crise stratégique,
25:58militaire,
25:58etc.
25:59Donc,
25:59ça maintenant,
26:00c'est quelque chose
26:00qui est...
26:01C'est une approche.
26:03La polycrise
26:04est une approche
26:04que vous intégrez
26:05dans l'enseignement économique.
26:06La polycrise,
26:07pour nous,
26:07c'est aussi une polyopportunité
26:09si on se prend bien
26:10par rapport aux compétences.
26:12Donc,
26:12n'attendons pas
26:12pour les dirigeants
26:14et les dirigeants d'entreprises
26:15les prochains chocs
26:16pour investir dans la géopolitique
26:17comme une vraie compétence
26:19transversale
26:19qui ne se limite pas
26:21au PDG ou au COMEX,
26:22mais qui soit vraiment...
26:24qui descend vraiment
26:25dans l'ensemble
26:25de l'organisation,
26:27de l'entreprise
26:27pour être capables
26:29d'anticiper
26:29les prochaines ruptures
26:30parce que si on arrive
26:31à faire cela,
26:32ça devient aussi
26:32un avantage compétitif
26:34dans le contexte actuel.
26:35Passionnant.
26:36En tout cas,
26:36merci à tous.
26:37On voit bien
26:38que ces chocs géopolitiques,
26:39il faut s'outiller,
26:41il faut s'armer.
26:41C'est vraiment la leçon
26:42de ce baromètre
26:44de l'Institut géopolitique
26:45et business
26:45de l'ESSEC Business School.
26:47Merci à tous
26:48pour vos éclairages.
26:49Vincenzo Vinci,
26:49directeur général
26:50de l'ESSEC Business School.
26:52Geoffroy Roux de Bézieux,
26:53ancien président du MEDEF
26:54et président fondateur
26:55de Notus Technologies.
26:57Et puis Thomas Friand,
26:58directeur exécutif
26:59de l'Institut géopolitique
27:00et business de l'ESSEC.
27:01Très beau week-end à tous
27:02et on se retrouve très bientôt
27:03pour ce nouveau rendez-vous
27:05Géopolitique et business
27:06en partenariat avec l'ESSEC
27:08sur BFM Business.
27:13Géopolitique et business,
27:14les entretiens ESSEC.
27:16Géopolitique et business.
27:16Sous-titrage Société Radio-Canada