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  • il y a 40 minutes
Ce mardi 6 octobre, Jean-Claude Bourrelier, président de Bourrelier Group, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:04Bonjour Jean-Claude Bourrelier.
00:05Bonjour.
00:06Merci d'être avec nous ce matin dans le studio de BFM Business.
00:09Vous êtes président de Bourrelier Group, vous avez cédé Bricorama au groupe Les Mousquetaires.
00:13Vous avez aujourd'hui 1500 collaborateurs, des magasins de bricolage en Belgique et aux Pays-Bas,
00:17ainsi que plusieurs prises de participation.
00:20Alors le budget a été présenté la semaine dernière, il arrive en commission des finances demain à l'Assemblée.
00:25Alors il va évoluer, mais pour l'heure le MEDEF estime lui à 20 milliards d'impôts en plus pour
00:31les entreprises.
00:33Ce projet de loi de finances, le gouvernement lui dit 10 milliards.
00:36De votre côté, est-ce que vous avez fait les calculs et est-ce que vous estimez l'impact pour
00:40votre groupe ?
00:41Mais c'est complètement fou.
00:43Je suis en train de lire le livre de Nicolas Dufour, le patron de la BPI,
00:48et il fait l'histoire de toute la succession des élections.
00:52À chaque fois, on met des impôts, des taxes sur les entreprises.
00:57Et plus que sur les entreprises, on met des taxes sur les salariés.
01:02Comment voulez-vous ? Personne ne parle d'économie productive,
01:07mais comment peut-on s'en sortir si on est toujours en train de taxer, de surtaxer et d'augmenter
01:15les prêts ?
01:15Mais est-ce que là tout le monde ne doit pas prendre sa part finalement,
01:18parce qu'il y a une situation financière et une dette catastrophique ?
01:21Et les salariés prennent plus que leur part.
01:24Vous savez que dans une entreprise, les personnes les plus importantes,
01:28c'est après les clients, c'est les salariés.
01:31Comment voulez-vous que dans nos entreprises, nous puissions nous en sortir
01:34si nos salariés sont trop taxés ?
01:37Moi, quand j'ai commencé à travailler, on me prélevait 20% sur mon travail.
01:435% au titre salarial et 15% au titre patronal.
01:47Mais pour moi, c'est 20% qui pèsent sur les salaires.
01:51Et le modèle social fonctionnait peut-être mieux à votre époque ?
01:53Pardon ?
01:54Et le modèle social fonctionnait peut-être mieux même à votre époque ?
01:56Je ne sais pas, mais en tous les cas, le travail n'était pas dissuadé.
02:00On ne dissuadait pas de travailler.
02:02Au contraire, moi, on me disait travail, travail, du temps sortira.
02:05Qui pèse le plus aujourd'hui sur les entreprises et justement sur ce coût du travail ?
02:09Toutes sortes de taxes.
02:10Vous savez que, alors moi, je propose, si on veut qu'on s'en sortir,
02:15il faut que l'économie soit au cœur du relèvement.
02:20Qu'on supprime les prélèvements sur les salaires,
02:25ça fera 20% de plus de gains de pouvoir d'achat pour les salariés.
02:29Sauf qu'il va falloir le financer, ce modèle social-là.
02:31Il y a d'abord des économies, il y a énormément d'économies à faire,
02:36il y a des équilibres financiers à retrouver
02:39et il y a éventuellement quelques contributions supplémentaires
02:44à quelques-uns à faire, mais il y a forcément...
02:48C'est qui, quelques-uns ?
02:49Quelques-uns, ça peut être les refaités,
02:51ça peut être ceux qui ont des revenus plus élevés,
02:55il doit y avoir, mais d'abord, d'abord, des économies,
02:59d'abord, on recherche l'efficacité.
03:01Par exemple, les grands groupes, là, ils vont payer la surtaxe d'IS
03:03qui, certes, est abaissée, ça vous trouvez ça normal ?
03:07Non, mais comme la CSG pour les salariés,
03:10on leur dit que c'est provisoire et du provisoire, ça devient définitif.
03:14Et à chaque fois, c'est la même chose, on dit c'est du provisoire,
03:17c'est du définitif et maintenant, les entreprises françaises
03:21sont les plus accablées de taxes et d'impôts au monde
03:24et après, on s'étonne que le déclassement...
03:27Mais elles versent aussi des dividendes très élevés,
03:29alors certains se disent, il y en a qui s'enrichissent et il faut partager le gâteau.
03:33Mais non, il ne faut pas partager, il faut d'abord privilégier le travail.
03:37Et le travail, c'est d'abord les collaborateurs.
03:41Mettons d'abord les collaborateurs au centre de l'économie.
03:46Il y a quelque chose dans le budget, c'est la réforme de l'apport-cession.
03:50Beaucoup s'inquiètent sur la transmission d'entreprises, c'est votre cas ?
03:53Alors, surtout l'apport-cession qu'on modifie et la législation veut bien,
03:57mais a priori, ça serait rétroactif.
04:00Alors ça, c'est encore quelque chose que pour des entreprises...
04:05Quand on voit des lois qui sont rétroactives, comment voulez-vous diriger ?
04:09La loi rétroactive, en principe, ça n'existe pas.
04:11Il y a le problème aussi des ruptures conventionnelles.
04:15Il y a eu des abus ou pas ?
04:17Naturellement, il y a eu des abus et il y a des abus dans les ruptures conventionnelles.
04:21Moi, je serais partisan, il faut que les charges patronales diminuent,
04:25mais il faut plus de responsabilité.
04:27Ça pourrait se faire comme ça se pratique en Hollande.
04:30Moi, j'ai des magasins en Hollande.
04:33On est responsable de l'abstentéisme de nos collaborateurs pendant deux ans,
04:38mais naturellement, nous n'avons pas toutes ces taxes et ces impôts.
04:41Si on est des bons entrepreneurs, ça ne nous coûte pas trop cher
04:46parce qu'on fait attention à nos salariés.
04:48Si nous prenons des assurances individuelles par entreprise pour nous couvrir,
04:55naturellement, plus nous avons d'absentéisme,
04:57plus nous avons de ruptures conventionnelles et plus ça nous coûte cher.
05:00Il faut ré-individualiser, responsabiliser.
05:05Sauf que ce taux d'absentéisme, il y a une étude de WTW qui nous dit ce matin
05:09qu'il frôle les niveaux du Covid.
05:13Le Covid, mais là, naturellement, il y a des abus.
05:17Tout le monde dit que c'est l'État qui va payer.
05:21Il n'y a plus de responsabilité.
05:25En définitive, l'état d'esprit, c'est que c'est celui qui n'en abuse pas
05:30qui est bel.
05:31Il faut augmenter les jours de carence ?
05:33Pardon ?
05:33Il faut augmenter les jours de carence ?
05:35Oui, naturellement qu'il faut augmenter les jours de carence.
05:38Ça ne sera pas fondamental sur le problème actuel
05:40puisque c'est des absences de très longue durée,
05:44mais les jours de carence qui doivent être obligatoires aussi
05:48dans les grandes entreprises.
05:49Parce qu'après, si les grandes entreprises payent la totalité
05:54et que les fonctionnaires disent « Ah ben nous, on n'en veut pas »,
05:57tout ça, il faut que ce soit des jours de carence d'État.
06:00Est-ce que c'est un budget qui tourne le dos à la politique de l'offre ?
06:03Oui, naturellement.
06:04Macron a été élu sur la politique de l'offre.
06:08Petit à petit, il y a la dérive.
06:10Et maintenant, on est plutôt sur la politique des charges.
06:14Aujourd'hui, on le voit, il y a des taux qui augmentent
06:18fortement, l'OAT qui frôlait les 5%.
06:20Vous, ça vous freine vos investissements ?
06:22Comment vous envisagez 2027 ?
06:25Je viens de faire un investissement,
06:26je viens de topper la semaine dernière pour un investissement.
06:29Ça va me coûter 150 000 euros d'intérêt en plus par an
06:33sur mon investissement.
06:35Mais ça ne vous a pas freiné dans votre politique d'investissement ?
06:38Pardon ?
06:38Ça ne vous a pas freiné en tout cas dans votre politique ?
06:40Mais non, c'était trop tard.
06:41Quand on fait un investissement, c'est un investissement qui a été décidé.
06:45Il y a deux ans, il y a eu la construction.
06:47Pendant la construction, on est en taux variable.
06:50Et arrive le moment où on doit passer en taux fixe.
06:53Et là, on doit appuyer sur le bouton.
06:55Et quand j'ai appuyé sur le bouton, ça me coûte 150 000 euros
06:58de plus d'intérêt que lorsque j'avais fait le budget.
07:02Merci d'être venu en tout cas témoigner,
07:05Jean-Claude Bourrelier, président du groupe Bourrelier Group,
07:08ce matin sur BFM Business.
07:10C'est...
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