00:06L'invité de ce Smart Impact c'est Pascale Bossan, bonjour, bienvenue, vous êtes la fondatrice de Bossan Conseil, c
00:12'est un cabinet de gestion de patrimoine engagé sur l'investissement responsable, vous avez également été la présidente de 1
00:17% Force de Planète France et vous publiez Y croire, livre publié aux éditions EMS, c'est un livre témoignage
00:24sur la mort de votre fils Benjamin,
00:26et il était atteint d'une maladie dégénérative incurable, de quoi il souffrait Benjamin ?
00:31En fait, il y a 12 ans, alors nous on a eu 3 garçons, Benjamin c'était le petit dernier,
00:36il y a 12 ans on a appris, on a compris qu'il était effectivement atteint d'une locodystrophie,
00:41donc une locodystrophie c'est une maladie grave, relativement rare, qui est bien dégénérative et évolutive, c'est-à-dire
00:49qu'en fait toutes les fonctions se coupent au fur et à mesure,
00:51donc Benjamin a perdu la marche, la propreté, la parole, donc ça a été un chemin de croix pendant 10
00:57ans, et Benjamin est décédé il y a 2 ans,
01:01et j'ai eu envie de raconter notre chemin pour lui rendre hommage et aussi pour parler de résilience.
01:09Effectivement, c'est le cœur de ce livre, y croire, croire en quoi ? Précisément quand tout vacille, quand la
01:16perte d'un enfant c'est pas réparable, donc croire en quoi ?
01:20Oui, alors en fait ce titre c'est ma devise depuis longtemps, je raconte dans le livre qu'elle est
01:26accrochée derrière mon lit,
01:27parce que c'est vrai que moi j'ai eu souvent l'occasion, même à titre professionnel, des occasions de
01:33devoir être résiliente,
01:37notamment au moment de la création de mon entreprise, où mon cabinet précédent avait déposé le bilan,
01:42et donc au moment par exemple de la création de mon cabinet, personne n'y croyait sauf moi,
01:48et donc y croire c'est vraiment le fait de ne pas lâcher, de s'accrocher, quoi qu'il arrive,
01:54et surtout de continuer son chemin, après on peut le prendre au second degré aussi,
01:58qu'est-ce qu'il y a après la mort, l'au-delà, je pose ces questions peut-être de
02:03manière un peu naïve,
02:04mais en tout cas avec beaucoup d'humilité.
02:06Est-ce que cette épreuve a changé votre rapport, je sais pas, à l'incertitude, à la prise de décision,
02:14au risque peut-être ?
02:16En fait, c'est une bonne question, c'est vrai qu'on nous a souvent dit finalement,
02:22cette maladie grave fait que vous allez sans doute tout relativiser,
02:25et en fait non, je pense qu'au contraire il ne faut pas lâcher,
02:29il faut au contraire tenir bon sur des sujets importants, sinon plus rien n'a d'importance,
02:36donc c'est au contraire important de continuer de s'accrocher,
02:42et donc par rapport au risque, je pense que j'ai continué de prendre des risques,
02:45et ça fait peut-être partie de mon ADN aussi,
02:48mais je pense que c'est important de se mettre un peu en danger régulièrement,
02:52de se challenger, de se pousser aussi, et pour continuer d'avancer.
02:55Et à continuer à avancer, même lorsqu'on n'a pas, ou peu, ou plus de certitude.
03:00Est-ce que ce n'est pas de certitude, est-ce que ce n'est pas une définition de l
03:02'entreprenariat ça ?
03:07Certainement, je crois que l'entreprenariat c'est aussi l'envie de se bousculer un peu,
03:13et d'aller vers l'inconnu, et puis de se donner du mal.
03:18Le travail, c'est une question très perso, mais est-ce que le travail a été une béquille aussi pour
03:23vous ?
03:23Absolument, ça a clairement été une bouée de sauvetage.
03:27D'ailleurs, je le raconte dans le livre, c'est vraiment la première chose qu'on nous a proposée
03:30lorsqu'on nous a annoncé la maladie de Benjamin, de notre fils,
03:33on nous a proposé de nous arrêter de travailler en tant qu'aidant,
03:37ou de moins travailler, parce qu'on aurait pu bénéficier d'aide.
03:41Mon mari aussi, on a absolument refusé, et heureusement d'abord parce qu'on voulait montrer l'exemple,
03:46pour le travail c'est important, on voulait montrer l'exemple pour nos deux grands garçons,
03:52et aussi parce qu'on s'est dit que c'est un moyen de s'accrocher, de continuer,
03:55parce qu'en fait, il fallait tenir sur le temps long,
03:58et heureusement, on a continué notre travail en s'adaptant lorsque c'était nécessaire,
04:03en prenant le temps, en allégeant nos agendas lorsqu'il le fallait,
04:06mais en tout cas, on n'a jamais lâché notre travail, et on continue avec beaucoup de plaisir.
04:10Alors justement, ce cabinet de gestion de patrimoine que vous avez créé,
04:15qui porte votre nom, avec un engagement dans l'investissement responsable,
04:23depuis le début, ou alors c'est une découverte récente ?
04:26Alors, en fait, moi j'ai créé mon cabinet il y a à peu près 25 ans,
04:30c'est vrai qu'il porte mon nom, c'était le conseil d'un client au départ,
04:33clairement on annonce que c'est un cabinet finalement avec un ADN familial,
04:37et c'est vrai qu'aujourd'hui j'ai ouvert une fille à la Lille avec mon beau-frère,
04:40mon fils aîné se dirige vers ce métier, donc l'ADN familial, moi c'est vrai que c'est quelque
04:44chose
04:44que peut-être je pressentais en tout cas qui me plaît,
04:47et puis ensuite le sujet de l'investissement responsable,
04:52clairement il est arrivé avec la maladie de Benjamin, avec la maladie de notre fils en fait,
04:57donc c'était il y a 12 ans, finalement lorsqu'on nous a appris cette maladie qui était incurable,
05:01on s'est dit, enfin je me suis dit, bon ben là de ce côté-là je ne peux rien
05:05faire,
05:05et donc qu'est-ce que je peux faire, où est-ce que je peux me rendre utile,
05:07et je n'étais pas forcément consciente au début, mais avec le recul,
05:12clairement ça a été le déclencheur de deux choses,
05:15à la fois finalement de la transformation de notre offre,
05:19finalement qu'est-ce que l'investissement responsable,
05:21est-ce qu'on peut diffuser cette catégorie d'investissement auprès de nos clients,
05:25on a publié des livres blancs, on a beaucoup pris la parole sur ces sujets-là,
05:30et puis aussi une démarche RSE en interne,
05:33c'est-à-dire qu'est-ce qu'on peut faire aussi pour faire notre part,
05:35et c'est là où on s'est beaucoup engagé, notamment avec le collectif 1% pour la planète.
05:40Effectivement, vous avez été président de 9% pour la planète France,
05:43à quel moment vous vous êtes dit, on ne peut plus dissocier performance financière et impact,
05:48et surtout vos clients se le sont dit,
05:50ou est-ce qu'il faut encore les convaincre, un peu évangéliser ?
05:53Oui, je crois qu'il y a encore beaucoup de pédagogie à faire,
05:56il y a vraiment une confusion entre investissement responsable et philanthropie,
06:00déjà, ce n'est pas la même chose,
06:01l'investissement responsable on cherche quand même à avoir une performance,
06:04alors peut-être pas autant que l'investissement traditionnel,
06:06mais on recherche quand même à avoir une certaine rentabilité,
06:13et puis...
06:13Donc il faut les convaincre encore ?
06:15Il faut tendre la perche,
06:16oui, oui, oui, il faut tendre la perche,
06:18montrer que ça existe,
06:19montrer que finalement ça peut être des solutions d'investissement
06:21destinées au grand public et pas réservées à une minorité,
06:25donc oui, il y a encore beaucoup de travail de pédagogie,
06:28c'est vrai que clairement on est dans un contexte où on a un retour de balancier,
06:32l'investissement responsable intéresse moins,
06:34les défis climatiques et environnementaux,
06:37bon, comment dire, oui,
06:40passent au second plan aujourd'hui.
06:42Le mouvement de backlash, de retour en arrière.
06:44C'est ça, et d'où l'importance de garder ses engagements dans ces périodes-là.
06:50C'est un peu plus difficile, donc, si je vous entends bien.
06:51C'est un peu plus difficile, effectivement,
06:53mais je crois que c'est important de garder ses convictions.
06:56Et vous, celles et ceux qui travaillent avec vous,
06:59est-ce que ça change, est-ce que ça donne un sens un peu différent à leur job ?
07:01Je pense, je l'espère.
07:03Vous le disent ?
07:04Écoutez, je le ressens, je le ressens.
07:08Par exemple, les Rencontres pour la Planète,
07:09qui est le grand rendez-vous de la philanthropie environnementale,
07:12qui ont lieu d'ailleurs chaque année en octobre,
07:15eh bien, voilà, ils viennent avec moi,
07:18on choisit les associations qu'on va soutenir.
07:21Oui, je pense que c'est vraiment un supplément d'âme qui compte.
07:24Un dernier mot concernant votre livre « Y croire »,
07:27publié aux éditions EMS,
07:29avec l'idée d'aider une association, c'est ça aussi, en achetant ce livre ?
07:34Oui, absolument.
07:35Alors, merci déjà à l'éditeur qui a choisi de porter ce projet,
07:41qui a fait en sorte que le livre ne coûte pas très cher,
07:44il coûte 12 euros.
07:45La totalité de mes droits d'auteur vont être reversés à ELA.
07:48ELA, c'est l'association européenne contre les leco-dystrophies,
07:51qui a deux missions.
07:52La première mission, c'est d'aider les familles,
07:54et la deuxième mission, eh bien, c'est d'accompagner,
07:56de financer la recherche qui en a bien besoin.
08:00Et donc, en achetant ce livre, eh bien, on fait une bonne action,
08:04on soutient l'association ELA.
08:05Ça permet de connaître, de faire connaître cette maladie
08:09et de soutenir cette association qui fait un travail formidable
08:11depuis plus de 30 ans.
08:12Merci beaucoup, Pascal Bossan.
08:14Y croire, donc, publié aux éditions EMS,
08:17un moyen de soutenir l'association.
08:20Et là, je vous dis à bientôt sur l'antenne de Bsmart for Change.
08:23On passe à notre débat,
08:24comment accélérer l'industrialisation,
08:27l'électrification de notre industrie.
08:28Sous-titrage Société Radio-Canada