00:00– Louise, est-ce que la ligne est meilleure ?
00:04– Oui.
00:05– Bon, Louise, donc vous êtes en première année d'études supérieures.
00:09Votre sentiment sur notre discussion, sur les horaires, sur le bâti, sur le blocus ?
00:15– Alors, moi je voulais témoigner pour dire que je ne me reconnaissais pas du tout dans cette jeunesse
00:19et que pour moi la violence n'était absolument pas légitime.
00:23Alors je conçois qu'il peut y avoir des revendications qui peuvent être entendables.
00:28Donc par exemple, les bâtiments dégradés, je sais que notamment en Seine-Saint-Denis, il y en a.
00:32Voilà, des portes qui manquent, dans les toilettes, etc.
00:36Un manque de professeurs aussi, il y a des personnes qui passent le bac
00:39sans avoir de prof, par exemple, de filo pendant six mois.
00:42Donc ça évidemment, ce n'est pas du tout normal.
00:45Mais la haine et la violence, pour moi, elle est scandaleuse, vraiment scandaleuse.
00:50Et je constate qu'une jeunesse qui utilise cette violence d'une grande facilité,
00:55avec une grande facilité, en fait, il y a une jeunesse qui ne se parle plus,
00:59qui ne pense plus, qui n'arrive plus à s'exprimer.
01:01Et voilà, moi ça me rend pris.
01:03– C'est vrai que derrière certaines revendications, on devine des intérêts politiques.
01:09Mais ce n'est pas votre cas, Nathanael Combary.
01:12D'ailleurs, vous êtes vous-même une cible de Jean-Luc Mélenchon,
01:15si j'ai bien compris, parce que vous refusez l'idée de violence
01:18et refuser d'être récupérée politiquement.
01:22– Jean-Luc Mélenchon, si on est totalement transparent,
01:25m'a aussi reproché d'être aussi adhérent d'un parti politique
01:29à côté de mon engagement associatif.
01:31Voilà, quelque chose que d'ailleurs je n'ai jamais caché.
01:33Je suis adhérent au parti Renaissance, en effet.
01:35Mais chez Renouveau-Lussaire, on a des jeunes qui viennent de tous horizons.
01:38Donc voilà, je pense que c'est complètement un non-sujet.
01:40Et puis il faut aussi rappeler que les jeunes, aujourd'hui,
01:42il y en a qui sont de gauche, du centre et de droite,
01:45et des jeunes évidemment qui ne sont pas politisés.
01:47Louise nous entend encore ou pas ?
01:49– Oui, bien sûr, vous pouvez dialoguer avec elle.
01:51– Bonjour Louise.
01:52Non, moi ce que j'entends dans ce que vous dites,
01:55et c'est intéressant,
01:56c'est que je pense qu'il ne faut pas faire l'amalgame
01:58entre la mobilisation lycéenne en cours
02:00et le mouvement de violence,
02:02les violences urbaines qu'on peut voir aujourd'hui dans la rue
02:04et qui sont évidemment des images absolument choquantes.
02:06Tout à l'heure, on parlait notamment d'un lycéen
02:09qui sera jugé pour un acte de violence à l'Aciota,
02:12si je ne dis pas de bêtises,
02:13parce qu'il a aspergé d'essence un membre du corps saignant.
02:17Évidemment, c'est absolument inacceptable,
02:19donc attendons évidemment que la justice fasse ton travail,
02:21mais ne faisons pas l'amalgame entre la mobilisation lycéenne en cours
02:24et évidemment les violences urbaines qu'on peut constater maintenant.
02:28Aujourd'hui, je pense qu'il y a des revendications,
02:30et notamment chez Renouveau Lycée,
02:32on y travaille maintenant depuis plusieurs dizaines d'années,
02:35enfin des dizaines des années, pardon,
02:37notamment une dizaine d'années.
02:38Je pense au bâti scolaire, on l'a évoqué à plusieurs reprises,
02:41sur le temps scolaire,
02:41sur une évolution aussi non négligeable de la démocratie scolaire,
02:46ou encore sur le manque de personnel dans l'éducation nationale.
02:49En effet, il y a des violences qui sont absolument inacceptables
02:52et qu'il faut évidemment condamner,
02:53mais ne faisons pas cet amalgame
02:54qui justement permet à tout commentateur
02:57ou à toute personne de décrédibiliser notre mouvement et nos revendications.
03:00– Bon, je vais vous remercier, merci beaucoup.
03:03– Je vous en prie Louise.
03:05– Oui, oui, merci.
03:06– Non mais vous avez dit ce mouvement.
03:07– Ah mais pardon, oui, ce mouvement,
03:09aujourd'hui, je trouve qu'il est mal vu par les médias.
03:13C'est un mouvement, enfin moi en tout cas,
03:15c'est impensable que je dise que je fais partie de ce mouvement.
03:20Pourtant, j'ai été lycéenne,
03:22j'ai fini mon lycée il n'y a pas très longtemps,
03:24mais moi je voulais juste dire que sur le classement PISA,
03:27on est extrêmement bas.
03:28et il y a la perte de la culture du travail
03:30et de la culture de l'effort
03:32et ces jeunes-mêmes ne sont pas prêts pour le monde du travail.
03:35Comment on peut se plaindre de faire un 8h-18h
03:37en sachant que si, voilà, on veut réussir dans la vie,
03:41si on veut faire des efforts,
03:42il va falloir travailler en fait,
03:43il faut donner les moyens de le faire.
03:45Et donc moi, pour moi, il faut aussi s'épuver,
03:48ce n'est pas facile tous les jours,
03:50mais le lycée, la vie étudiante,
03:52elle ne peut pas être facile comme ça,
03:54sans complications,
03:55il faut aussi qu'on nous donne les moyens de réussir.
03:58– Merci Louise,
03:59Louise qui est étudiante,
04:00qui a 17 ans à la Cato de Lille,
04:02je vais remercier évidemment Nathanael,
04:05moi je suis quand même surpris de votre aisance,
04:08pour tout vous dire,
04:08de votre maturité,
04:10j'ai eu 18 ans,
04:11je ne pense pas que j'étais aussi doué que vous
04:13pour parler dans un micro,
04:14j'aurais été infiniment plus intimidé ou même impressionné,
04:21mais ça fait partie aussi de cette jeunesse,
04:24parce que votre jeunesse,
04:26vous n'avez, me semble-t-il, peur de rien,
04:28c'est quelque chose qui est différent peut-être de la nôtre,
04:31vous êtes assez à l'aise,
04:33parfois un peu trop peut-être,
04:34mais il y a quand même quelques avantages,
04:36parce que vous avez confiance manifestement en vous,
04:41de ce point de vue-là.
04:42– Vous les gardez dans la communication ?
04:43– Ben oui,
04:45moi à 18 ans,
04:46j'aurais été davantage impressionné que vous,
04:48je pense,
04:48si j'étais allé à Europe 1,
04:49j'aurais pas eu la fluidité
04:52du discours que vous avez,
04:55je ne doute pas d'ailleurs que vous soyez en politique,
04:57parce que vous êtes un profil pour faire de la politique,
05:00parce que vous parlez bien,
05:03vous êtes sympathique,
05:04donc voilà, je voulais vous remercier.
05:06– Moi je vous remercie,
05:07mais vous savez,
05:08je ne nie pas que je ne suis pas impressionné
05:10d'être aujourd'hui face à vous,
05:11mais s'il y a un mot que je peux donner à la jeunesse,
05:17il n'est pas vexé.
05:18– Je ne sais pas dans ce sens-là,
05:20mais je me trouve que vous avez 18 ans,
05:22vous êtes très jeune.
05:24– S'il y a un mot que je peux donner aujourd'hui
05:26aux lycéens qui nous écoutent,
05:28c'est justement,
05:28et c'est ce que,
05:29en réponse aussi un petit peu à ce que disait Louise,
05:31c'est battons-nous,
05:32faisons en sorte de porter des revendications claires,
05:34et justement dans cette séquence actuelle,
05:35ne tombons pas dans la violence
05:36qui permet de nous décrédibiliser.
05:38– Merci beaucoup Nathanael Combary,
05:41qui est aujourd'hui en première année d'études supérieures
05:44après avoir obtenu le bac l'an passé.
05:46Vous avez eu une mention ?
05:47– Assez bien je crois,
05:48pas plus que ça.
05:50– Non, non, j'ai eu bien.
05:51– Bah oui, ça vous a marqué.
05:53Il est 16h43,
05:55merci à tous,
05:55à tout de suite.
05:56– Et sur WhatsApp,
05:56on a reçu un message de quelqu'un
05:58qui était à votre lycée,
05:58lycée Montesquieu au Mans,
05:59dans les années 80,
06:00qui dit que certaines salles,
06:01les salles de maths par exemple,
06:02n'étaient jamais chauffées d'hiver,
06:04on faisait cours en manteau.
06:05– Et bah voilà, bonjour Romain.
06:07– 0,1, 80, 20, 30, 9, 21
06:09pour réagir avec Pascal Fraud
06:10sur la mobilisation lycéenne sur Europe 1.
06:12– UTIDO –
06:14– S Chaput
06:15– Sous-titrage SC
06:17Sous-titrage ST'에요
06:17–