00:00Europe 1, 16h-18h, le meilleur de Pascal Praud et vous.
00:07Bienvenue à vous qui nous rejoignez, peut-être à l'instant on retrouve Pascal Praud, ses éditorialistes, ses invités.
00:12Retour sur l'actu qui a marqué la saison avec notamment cette victoire du Paris Saint-Germain face à l
00:18'Arsenal
00:19lors de la finale de la Ligue des Champions, c'était le samedi 30 mai dernier,
00:23qui avait été suivi d'émeutes à Paris et dans plusieurs villes de France.
00:27Nous allons donc commencer par le coup de gueule de Gérard Carrero, c'était le 1er juin dernier,
00:32avec à ses côtés Olivier Guenec, Gauthier Lebré, Sabrina Medjieber, Fabien Anténiaté et bien sûr Pascal Praud.
00:40J'ai tout écouté et si j'avais un peu moins d'âge, je serais sans doute allé me balader
00:46un peu plus,
00:47mais j'ai écouté et je crois qu'il est temps d'arrêter de raconter des conneries maintenant.
00:51Il est temps de dire la vérité. Et la vérité, je ne vais pas me prendre pour un zola au
00:58petit pied,
00:59mais je dirais, M. Nunez, arrêtez de mentir aux Français, M. le ministre de l'Intérieur,
01:07M. le président de la République, élu au suffrage universel, dont je respecte l'élection.
01:14Arrêtez de nous mentir et de rementir en répétant ce que vous avez dit l'année dernière
01:21et sans avoir fait quoi que ce soit. Il y en a pas.
01:24Alors, la vérité, qu'est-ce que c'est aujourd'hui la vérité ?
01:26C'est que nous sommes, il y a eu la bascule, nous étions dans une guérilla,
01:31un certain nombre, Thierry de Montbrial, d'autres l'avaient raconté, anticipé,
01:37et on y croyait un peu, beaucoup, pas du tout.
01:40C'est la vérité aujourd'hui. La guerre, la guerre civile en France a commencé.
01:46Et qu'est-ce que c'est que cette guerre ?
01:47Moi, je suis un homme de lecture et d'histoire.
01:51– Alors, la guerre civile, le modérateur que je suis va dire que la guerre civile a commencé samedi soir
01:58et puis elle s'est refermée samedi soir.
02:00Donc, ça a été un épisode de guerre qui a duré deux heures.
02:02– Moi, je vous parle de la guerre civile.
02:04La France a connu, au XVIe siècle, pendant 50 ans, 70 ans, des guerres civiles.
02:10– Les Français qui ont un peu…
02:11– Les protestants.
02:12– Oui, les protestants.
02:13– Et les Catalans, ce n'était pas la Sainte-Barthélemy non plus.
02:15– Non, non, non, d'accord.
02:16On commencera par dire « oui, c'est beaucoup exagéré », etc.
02:19Ça commence comme ça.
02:20Et ça finit autrement.
02:22Aujourd'hui, alors, si on ne veut pas le dire,
02:24parce qu'on a peur de dire « nous sommes en guerre ».
02:27Alors, on ne le dit pas.
02:28On dit « oui, c'était un peu… »
02:30On dit, quand on est un menteur comme le ministre de l'Intérieur,
02:34on dit « c'est des débordements ».
02:35Qu'est-ce que ça veut dire, des débordements ?
02:38Votre lavabo déborde, mais pas votre lavabo déborde.
02:44– Bon, le mot « menteur », je vais le modérer aussi.
02:46– Oui, vous pouvez, mais moi, je le maintiens jusqu'à ma mort.
02:50– Bon, je vais modérer…
02:52– Il a dit « globalement sous contrôle », quand même, Laurent Nunez.
02:54– Non, mais c'est vrai que…
02:56– Il y en a marre !
02:56– Je dirais que Laurent…
02:58– Je dirais que Laurent Nunez a fait la politique
03:04et a voulu atténuer ce qu'il a dit.
03:08– Bruno Rotaio, qui est invité ce soir d'Europe 1,
03:10il faisait de la politique, il attunait pas.
03:11Il y a un an, il parlait de sauvage.
03:13– Oui, il parlait de sauvage.
03:14– Franck, bonjour, Franck.
03:16– Bonjour, bonjour.
03:17– Franck, vous nous appelez d'où ?
03:18– Alors, des Hauts-de-Seine.
03:19– Des Hauts-de-Seine, est-ce que vous êtes un supporter du PSG ?
03:22– Eh, un fervent supporter, ancien policier,
03:24donc croyez-moi que je suis très fier pour mon club de cœur.
03:27Maintenant, quand je vois ce qui s'est passé,
03:29c'était prévu, c'était à prévoir.
03:32De toutes les manières, ce qui se passe, encore une fois,
03:34ce ne sont pas les supporters du Paris Saint-Germain qui ont fait ça.
03:37Ce sont des personnes qui rentrent dans ce groupe-là.
03:41Mais en fait, je vais vous dire une chose,
03:42moi, en tant qu'ancien flic, je suis écœuré de voir ce qui se passe en France
03:46et que le gouvernement ne bouge pas.
03:48Il ne faut pas oublier une chose, c'est que là,
03:49il faut se préparer sincèrement, je vous le dis, Pascal,
03:51c'est une préparation à une guerre civile.
03:54Parce qu'en plus, de tout ce qui se passe,
03:55ce sont des personnes, moi, je suis d'origine tunisienne,
03:58je n'ai pas honte de le dire,
04:00je suis une personne d'origine tunisienne
04:01et quand je le vois, ce sont des Tunisiens, des Marocains,
04:04des Algériens ou des Africains.
04:06Donc, ce sont des personnes qui haïssent la France,
04:08qui haïssent la République française
04:09et qui ont un vrai, véritable problème
04:11avec la France et les institutions françaises.
04:14Moi, lorsque j'étais dans la police
04:15et que j'intervenais devant ce type d'individus,
04:18j'arrivais à les calmer, j'arrivais à leur parler
04:20et aujourd'hui, quand je vois l'ensauvagement
04:22de cette génération
04:24qui a un véritable problème avec la France,
04:26dans leur pays d'origine,
04:27ils ne jetteraient pas un papier par terre
04:29parce que c'est ça qu'ils se feraient de l'aminer.
04:31Là-bas, il n'y a pas des lois comme en France.
04:33Mais ici, on a une justice qui est,
04:35bon, on va leur mettre un rappel à la loi,
04:36on va leur mettre un stage de citoyenneté.
04:38Ils n'en ont rien à faire.
04:40Et moi, je vous le dis, Pascal,
04:41c'est un ras-le-bol, moi, j'ai deux enfants,
04:42je vous le dis, je suis écoeuré,
04:44j'ai qu'une envie, c'est de partir de ce pays.
04:45Parce qu'aujourd'hui,
04:46c'est une préparation à la guerre civile.
04:48Je vous le garantis que le sifle, ça pète.
04:50Il faut les personnes du gouvernement
04:52être dans leur 16e, dans le 8e, dans le 6e,
04:54avec leur équipe de sécurité et compagnie,
04:56mais le peuple qui vit en véritable,
04:59dans la vraie France,
05:00et quand j'en vois aujourd'hui
05:01sur tous les plateaux télé,
05:03les procureurs,
05:04mais c'est quoi ça ?
05:05Oui, Laurent Nunez qui dit,
05:07oui, ça va, on a géré.
05:08Mais on a géré quoi ?
05:09Qu'est-ce qu'ils ont géré ?
05:11Aujourd'hui, ils reçoivent une personne de l'Algérie.
05:15Mais est-ce que c'est le moment
05:16de régler le problème avec l'Algérie ?
05:17Alors oui, on a une personne
05:18qui est en prison en Algérie.
05:20J'entends qu'il faut la libérer.
05:21Mais l'ensauvagement de cette génération,
05:24elle n'est pas urgente.
05:25Il ne faut pas la stopper.
05:26Moi, vous savez, Pascal,
05:27je vais vous dire, je suis écoeuré.
05:28De toute façon, je vais vous lâcher les mots, Pascal.
05:30Ce pays, il est gangréné,
05:31il a un cancer.
05:33Ce pays, il a un cancer.
05:34Et il faut le guérir, ce cancer.
05:36Aujourd'hui, il faut le guérir.
05:37Et les lois qui ont été faites
05:38il y a 30 ans, 40 ans, 50 ans,
05:40elles ont été faites pour une population
05:41qui n'existe plus aujourd'hui.
05:43Il faut des nouvelles lois.
05:45Il faut frapper fort.
05:46Il faut frapper très fort.
05:47Alors ça, c'est là qu'il y a discussion.
05:48Parce que j'entends souvent
05:50ceux qui connaissent précisément
05:51la justice pénale
05:52disent qu'il y a juste à appliquer la loi.
05:54Il y a juste à...
05:56Il pourrait y avoir une réponse pénale.
05:58Simplement, les peines, souvent,
06:00sont trop faibles.
06:02Reda Bellat, je disais tout à l'heure,
06:03tir de mortier envers les policiers,
06:06c'est trois ans.
06:07Je trouvais que ce n'était pas beaucoup.
06:07Mais déjà, si ces trois ans
06:09étaient appliqués de manière ferme,
06:11déjà, ça pourrait solutionner un problème.
06:17Mais manifestement,
06:18ces lois ne sont jamais appliquées.
06:20En tout cas, je vais vous remercier, Franck.
06:22Europe 1, Pascal Proébouin.
06:24On est avec Sabrina Bedjumber,
06:25Gérard Carréau, Gautier Lebrette,
06:27Fabien Antoniente, Olivier Guénec.
06:28Et puis, M. Reda Bellat,
06:30j'ai resté avec nous.
06:32Et Jean-Yves Leborgne est arrivé dans ce studio.
06:34Vous le connaissez,
06:35il est avocat pénaliste.
06:37Que risquent les émeutiers ?
06:39Et on a envie de dire pas grand-chose.
06:40– Ah, ce n'est pas tout à fait exact.
06:42Sur le papier, il y a des pèdes
06:44qui sont relativement lourdes,
06:46même très lourdes.
06:47Le seul problème est de savoir
06:48ce qu'ils ont fait.
06:50Et vous voyez,
06:51la détermination de ce qu'a pu faire
06:55un de ces manifestants
06:57n'est pas si simple.
06:58Moi, il y a quelque chose qui m'a marqué,
07:00c'est le rapport des chiffres.
07:02On me dit que dans la région parisienne,
07:04il y a plus de 800 interpellations,
07:06ce qui est quand même important,
07:08et qu'il n'y aurait in fine
07:09que 25 ou 30 gardes à vue
07:12qui pourraient aboutir
07:13à des poursuites concrètes.
07:15Je pense que ce n'est pas du laxisme,
07:17c'est une difficulté
07:19à identifier parmi tous ceux
07:21qu'on a arrêtés,
07:22qui a fait quoi.
07:24Et là est le problème.
07:26C'est la raison pour laquelle
07:27je ne pense pas
07:28que devant des phénomènes de foule
07:29comme celui-là,
07:31il y ait une réponse
07:33qui soit au fond là.
07:36la réponse définitive,
07:37on punit,
07:38on punit fermement
07:39et ça s'arrête.
07:40Qu'est-ce qu'on en sait ?
07:41Moi, je crois que
07:42tout ça part d'une forme
07:44d'ensauvagement.
07:45Le mot a été dit
07:47par d'autres que moi
07:47et ça me paraît
07:48qu'une réalité.
07:49– Si on ne punit pas
07:50M. Le Borgne...
07:51– Non, mais attendez,
07:51je ne vous dis pas
07:52qu'il ne faut pas...
07:52– On n'a jamais essayé de punir.
07:53– Non, non, non.
07:54– C'est ce que vous nous dites
07:55un peu,
07:55parce que j'entends en tout cas.
07:56Qu'il faille refaire
07:58un peu d'éducation,
07:59qu'il faille préparer
08:00une nouvelle gestion.
08:01– Oui, mais il faut faire les deux.
08:03En fait, qu'il faille
08:04s'attacher à refaire,
08:07à assimiler de nouveau,
08:08intégrer de nouveau
08:08sur une jeune génération
08:10qui a 5 ans, 6 ans,
08:117 ans, 8 ans, 9 ans aujourd'hui
08:12via l'école et ça,
08:12nous sommes d'accord.
08:13Mais ces gens-là,
08:14aujourd'hui,
08:14il faut les mettre
08:15hors état de nuire.
08:16Il faut que les sanctions
08:17soient très puissantes.
08:19Alors, j'entends ce que vous dites.
08:21J'entends ce que vous dites
08:22que c'est très difficile.
08:23Si, par exemple,
08:24la loi anti-casseur
08:25existait en France,
08:26est-ce que ce serait différent ?
08:28– Alors, on pourrait considérer
08:29que la seule participation
08:31à une manifestation
08:32est interdite.
08:34Mais là, on n'est pas
08:34dans le cadre d'une manifestation.
08:36Ou alors, il faut dire
08:37que tous les rassemblements,
08:38notamment liés
08:39à un événement sportif,
08:40sont interdits.
08:41Ce qui est inconcevable.
08:43– Alors, comment on peut faire ?
08:43– Moi, je pense qu'il faut,
08:45et c'est un peu ce que vous disiez,
08:47marier la sanction
08:49avec la dimension éducative.
08:51– Oui, mais la sanction,
08:52la marie comment ?
08:52– Il faut inventer des choses.
08:54– Mais quoi ?
08:55– Je pense qu'on pourrait
08:57imaginer des enfermements,
08:59mais qui ne soient pas
09:00purement et simplement
09:01la prison où il ne se passe rien,
09:03en tout cas pas d'amélioration
09:04de l'individu,
09:05mais un encadrement militaire,
09:07une éducation.
09:08– Non, mais j'entends bien,
09:09mais comment on apporte
09:10les preuves
09:11que les gens
09:13qu'on a interpellés
09:14sont bien les responsables
09:15de ce qu'ils ont fait ?
09:17– Alors ça,
09:18c'est le problème
09:18de la preuve,
09:19de manière générale,
09:20dans les affaires
09:20de poursuite pénale.
09:21Si on n'a pas
09:22un enregistrement,
09:24par exemple,
09:24par caméra,
09:26vous avez
09:27mille personnes,
09:29un policier reçoit…
09:31par exemple,
09:31est-ce qu'on pourrait imaginer
09:32quelqu'un qui tient
09:33un mortier dans la main ?
09:34Est-ce qu'on pourrait imaginer
09:34qu'une peine soit
09:35très forte à partir du moment
09:36où tu détiens un mortier ?
09:38– C'est-à-dire qu'à partir
09:39du moment où quelqu'un
09:40a quelque chose
09:41qui est une arme potentielle.
09:44La détention est en soi,
09:46certes,
09:47punissable,
09:48mais ça n'est que potentiel.
09:50– Bon, on ne peut rien faire,
09:50en fait.
09:51– Non, non, non !
09:51– Mais c'est ça que j'entends
09:52et que les gens
09:53qui sont en train
09:53de nous écouter…
09:54– Le retour de la loi
09:55anti-casseur,
09:55tu en prends un,
09:56il prend pour tout le groupe.
09:57– Ah bah non,
09:57mais attendez,
09:58là, il faut quand même
10:00nuancer…
10:00– Mais il n'y a pas de
10:01plus dans la nuance,
10:02on parle de guerre civile,
10:03monsieur Le Mord !
10:04– Mais on ne sera mort.
10:05– Vous parlez,
10:06au fond,
10:06parce que tout cela
10:07vous agace,
10:07et je le comprends,
10:08je parle pas !
10:10– Mais c'est pas nous agace,
10:18bien sûr ce qu'il a dit,
10:19mais c'est pas n'importe qui Gérard,
10:21il a un peu d'expérience,
10:22il voit le danger XXL,
10:24et on s'aperçoit
10:25qu'on n'a pas les moyens
10:26de répondre à ça.
10:27– Moi je pense que
10:27la notion de guerre civile
10:28est une qualification
10:30très excessive.
10:32– 16h-18h,
10:33le meilleur de Pascal Proé-Vous
10:35sur Europe 1.