00:007h, 9h, Europe 1 Matin.
00:03L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro. Bonjour Alexis Brézé.
00:06Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:08Alexis Sébastien Lecornu a donc pris la parole depuis les salons de Matignon hier à cette opération déminage.
00:14Est-ce qu'elle vous semble de nature à calmer la colère des lycéens, des automobilistes ou des agriculteurs dont
00:19il a parlé ?
00:20Eh bien, au risque de vous surprendre Dimitri, il me semble que le Premier ministre n'a pas tant cherché
00:25à apaiser le couvreau des catégories très générales que vous venez d'évoquer.
00:29que celui, le couvreau d'un individu très particulier qui se trouve être son patron, le Président de la République.
00:38Car la vérité, c'est qu'Emmanuel Macron, dont on n'a pas oublié qu'il y a deux mois,
00:43il nous avait solennellement annoncé qu'il placerait la fin de son quinquennat sous le signe de la jeunesse, c
00:48'est réussi.
00:49Emmanuel Macron donc n'est pas du tout content de la tournure que prennent les événements.
00:55Et mardi soir, c'est une information du journal Le Parisien, il a convoqué à l'Elysée le Premier ministre,
01:01le ministre de l'Intérieur et le ministre de l'Éducation pour leur passer un savon.
01:05Sébastien Lecornu ne communique pas assez.
01:07Les policiers de Laurent Nunez, dans leur pratique du maintien de l'ordre, ne font pas preuve de suffisamment d
01:14'empathie.
01:14Oui, empathie, c'est le mot qu'il a employé.
01:17Quant à Édouard Geffray, il est beaucoup trop raide face aux revendications des lycéens.
01:22Bref, une avoinée.
01:22Et elle a donc été suivie des faits ?
01:24Ah bah ça c'est le moins qu'on puisse dire Dimitri, vous connaissez le dicton, quand Macron n'est
01:28pas content, c'est panique au gouvernement.
01:30Eh bien, toute la journée d'hier n'aura été qu'une longue et peu glorieuse reculade.
01:35Laurent Nunez, tout sucre, nous a expliqué le matin à la radio que oui, en gage d'empathie, l'usage
01:42des grenades assourdissantes était désormais interdit.
01:45Et Sébastien Lecornu, tout miel, a estimé le soir que les revendications lycéennes sur le temps scolaire, les conditions d
01:53'études au parcours sup' méritait évidemment d'être examinées par le Parlement.
01:57Et que d'ailleurs, on est content de l'apprendre, on trouverait bien un peu d'argent dans le budget
02:02pour les satisfaire.
02:02Et donc, les mêmes qui affichaient jusqu'ici une martiale intransigeance face à ce qu'ils présentaient comme des violences
02:11urbaines fomentées par LFI et ses proxys,
02:14eh bien, ils semblent découvrir tout à traque les justes revendications des gentils lycéens en but aux brutalités policières.
02:21C'est vrai que ça n'est pas très cohérent, mais est-ce que ça peut au moins calmer l
02:24'agitation ?
02:25En 2023, lorsqu'Emmanuel Macron a lâché la police, déjà après la mort d'Annaël, est-ce que ça a
02:31empêché les émeutes ?
02:32Est-ce que vous avez déjà vu, Dimitri, que la faiblesse calmait durablement quoi que ce soit ?
02:38Déjà, vis-à-vis des forces de l'autre, c'est un signal désastreux.
02:42Enfin, les policiers et les gendarmes sont traînés dans la boue sur les réseaux sociaux et dans de nombreux médias
02:47à longueur de journée.
02:48Ils sont accusés de violences systémiques par les partis de gauche et des syndicats de magistrats.
02:53Dans la rue, ils sont pris pour cible par les activistes de tout poil avec une violence inouïe.
03:00760 blessés dans leur rang depuis le début des troubles.
03:03Et ce sont eux qu'on somme de faire preuve d'empathie envers leurs agresseurs.
03:08Mais c'est ahurissant.
03:09Un jour, ils vont poser leur casque et on sera bien avancés.
03:13Ensuite, d'un point de vue politique, mais c'est du pain béni pour Jean-Luc Mélenchon,
03:17on s'est beaucoup demandé s'il ne commettait pas une erreur en durcissant le ton à six mois de
03:22la présidentielle.
03:23Mais il a eu raison, puisqu'on lui donne raison.
03:27Puisque le président de la République reproche en creux aux policiers leur brutalité, comme lui.
03:32Puisque le Premier ministre reconnaît que les revendications lycéennes sont justifiées
03:36et qu'il y a de l'argent pour les financer, comme lui.
03:39Mais il aurait tort de se priver Mélenchon.
03:42Il réussit une opéa idéologique sur la jeunesse,
03:45qui demain fera les gros bataillons de sa campagne.
03:48Il accomplit une opéa partisane sur la gauche,
03:51toute la gauche qui, dans cette affaire, s'aligne sur ses positions.
03:55Mais il n'a qu'un mot à dire, Mélenchon, c'est merci Macron.
03:58L'édito politique sur Europe 1, merci Alexis Brézé.
04:01A la une du Figaro ce matin, pressé par Emmanuel Macron,
04:04Sébastien Lecornu tente d'apaiser la colère.
04:06Bonne journée Alexis.
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