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  • il y a 6 minutes
Chaque matin dans son édito, Alexis Brezet, directeur des rédactions du Figaro, revient sur l'actualité politique du jour.

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00:007h, 9h, Europe 1 Matin.
00:02L'édito politique sur Europe 1 avec le Figaro. Bonjour Alexis Boazet.
00:06Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:08Les discussions budgétaires ont débuté à l'Assemblée, Alexis, elles vont durer deux longs mois.
00:12Est-ce que vous avez le sentiment que le Parlement va réussir à voter un budget,
00:16surtout un budget propre à désamorcer la crise financière qui nous menace ?
00:20Eh bien, le premier point semble peu probable, Dimitri.
00:24Quant au second, malheureusement, il paraît tout à fait hors de portée.
00:27Vous savez qu'avant l'examen du budget en séance, il y a l'examen en commission.
00:31C'est une sorte de répétition générale sans conséquence,
00:34mais qui donne une idée assez précise de ce qui va suivre.
00:38Et en l'occurrence, cet examen en commission a tourné au désastre pour les finances publiques.
00:43Les députés, toutes tendances confondues, y compris les philippistes, y compris les macronistes,
00:47ont fait preuve d'une totale irresponsabilité.
00:51Alors que la crise financière nous pend au nez, alors que le FMI nous réprimande,
00:56que la BCE nous morigène, que la Commission européenne nous avertit,
01:00que les agences de notation nous menacent à mot à peine couvert,
01:03eh bien, tout ce petit monde y est allé gaiement,
01:06augmentant les dépenses, supprimant les économies
01:09et ajoutant au passage quelques impôts imbéciles.
01:12Bref, pendant la faillite, la démagogie continue.
01:16Heureusement que ce budget ne sera jamais adopté
01:19et qu'on reviendra, soit par le 49.3, soit par les ordonnances,
01:23à la version initiale du gouvernement.
01:25Sinon, ce serait une catastrophe.
01:26Bon, mais si à la fin, on revient au point de départ,
01:28ce qui se passe à l'Assemblée ces jours-ci, finalement, n'est pas si grave,
01:31ce n'est qu'un mauvais moment à passer ?
01:33Eh bien, je crois au contraire, Dimitri, que c'est très grave, et pour deux raisons.
01:36D'abord, parce que ce spectacle navrant
01:39est observé depuis l'étranger par nos créanciers.
01:42Et comment ne serait-il pas affolé par ce pays à la dérive
01:45où l'on jette la dette au feu, les poubelles de lycée au milieu
01:48et où les députés qui continuent de courir vers la falaise en sifflottant ?
01:53Évidemment, nos prêteurs sont inquiets et on ne peut pas leur donner tort.
01:57Ils sont inquiets aussi pour une seconde raison.
01:59C'est que le budget initial, celui auquel on reviendra très probablement à la fin des discussions,
02:04eh bien, il est certes moins dément que la version dont les parlementaires vont accoucher,
02:08mais vu la gravité de la situation, il est tout de même très en dessous de ce qu'il faudrait
02:13faire.
02:14Un déficit affiché de 5%, il dérapera évidemment,
02:17qui se creuse de 160 milliards supplémentaires,
02:20la dette qui bondit à 122% du pays, mais c'est vertigineux.
02:24Et donc, même si ce budget est adopté,
02:28ça ne suffira évidemment pas à rassurer
02:31tous ceux qui estiment que la question n'est pas de savoir
02:34si nous allons subir une crise financière,
02:36mais quand elle interviendra ?
02:38Avant ou après l'élection présidentielle.
02:40Mais vous pensez, Alexis, qu'il n'y a plus rien à faire pour rassurer les marchés ?
02:43En fait, au-delà de la simple adoption d'un budget,
02:47il faudrait arriver à convaincre nos bailleurs de fonds
02:49que ce gouvernement et les suivants
02:51tenteront vraiment de rétablir nos finances publiques.
02:55Et pour ça, il y a encore une arme,
02:57c'est la règle d'or budgétaire
02:59qui fixe une limite au déficit.
03:02La règle d'or, il se trouve qu'aujourd'hui, tout le monde est pour du RN
03:05et c'est un sacré tournant opéré par Marine Le Pen jusqu'au centriste
03:08en passant par la droite et les macronistes.
03:11Il se trouve aussi que la règle d'or a déjà été votée
03:15en termes identiques par l'Assemblée nationale en 2011.
03:18Et donc, pour en faire une règle constitutionnelle,
03:20il suffit qu'elle soit adoptée aux deux tiers par le Parlement réunion au Congrès.
03:24Mais qu'attend donc Emmanuel Macron pour le convoquer, ce Congrès ?
03:27Ça, ça serait un vrai signal, symbolique, concret, adressant au marché.
03:32En prenant cette ultime décision,
03:34le Président rendrait un fier service à tous les candidats,
03:37enfin ceux qui peuvent espérer gouverner,
03:39et surtout à la France,
03:40qui sans cela va se retrouver très vite
03:43sous la tutelle de la BCE et du FMI.
03:46Bon, évidemment, cela supposerait qu'il reconnaisse publiquement
03:49que la situation est gravissime
03:51et que son double quinquennat n'est pas exactement
03:53ce qu'on peut appeler un franc succès.
03:56Et ça, on le sait, ça n'est pas vraiment le genre de la maison.
03:59L'édito politique sur Europe 1.
04:00Merci Alexis Brézé.
04:01A la une du Figaro, ce jour, le vote des retraités
04:04au cœur des stratégies présidentielles.
04:06On en parlera d'ailleurs dans la revue de presse d'Olivier Delaguerre
04:08tout à l'heure à 9h moins le quart.

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