- il y a 2 jours
Philippe Torreton, comédien, auteur du livre « "Cher François" Lettres ouvertes à toi Président » est rédacteur en chef de l’Humanité de ce mardi 14 avril 2015. Il nous confie son espoir, sa déception et nous parle de ses convictions et de culture. Réalisation : Abrahim Saravaki
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00...
00:11Vous qui avez interprété Jaurès pour la télévision,
00:16quel effet ça vous fait de venir comme rédacteur en chef d'un jour dans nos locaux ?
00:22Commenter l'actualité plus de 100 ans après ?
00:26Dans les locaux historiques ?
00:27Dans les locaux historiques, hélas, non ?
00:29Je sais, c'est très émouvant, mais je trouve qu'un journal, de toute façon,
00:37que ce soit l'humanité ou un autre, il y a quelque chose qui obéit à un rythme
00:44avec une limite de temps, et donc ça organise les journées,
00:49enfin pour un quotidien en tout cas, ça organise les journées de façon vraiment captivante,
00:58sensibles, nerveuses aussi, et en fonction de ce qui tombe, de ce qu'on doit faire, du retard, de l
01:03'avance,
01:05on sait qu'il y a une heure précise, on doit rendre, et c'est comme au théâtre, il y
01:09a quelque chose de...
01:11on peut faire ce qu'on veut pendant la journée, mais à un moment donné, il va falloir jouer devant
01:13les gens.
01:15Donc, l'heure, c'est l'heure, oui.
01:17Et moi, j'aime bien sentir ça.
01:19Et puis, évidemment, le fait que ce soit l'humanité,
01:21et fondé par Jaurès, pour avoir une presse indépendante et libre,
01:28en dehors des grandes affaires, des grands...
01:32C'est...
01:35C'est un...
01:37C'est touchant, je trouve ça vraiment...
01:39C'est émouvant d'être là, vraiment.
01:42Parce que c'est un peu le problème qu'on a en ce moment, par rapport à notre presse...
01:46Qui est libre.
01:48Oui, qui n'a pas un s'arrangeant.
01:50Mais non, ça n'a pas un s'arrangeant.
01:52Même l'existence de l'humanité, pour le coup, est menacée.
01:54Est menacée, oui.
01:55Puisque nous, on n'a pas d'assaut derrière nous,
01:58et que les subsides de l'État se font, comme dans tous les domaines,
02:02de plus en plus...
02:04De plus en plus...
02:05Sont de plus en plus réduits, en réalité.
02:07Vous avez montré une vraie gourmandise d'actualité sur tous les sujets
02:12de la culture, en passant par la Grèce et la BCE,
02:17en passant par les femmes de ménage,
02:20en passant par un petit peu tout ce qui fait de l'actualité du jour.
02:26C'est quelque chose que vous avez aussi fait dans votre livre,
02:30cher François, maître à trois présidents.
02:33D'où ça vous vient, ce goût de l'actualité ?
02:38C'est un côté très citoyen d'engagement aussi ?
02:41Oui, oui, ça dénote de ça.
02:42D'où ça vient, il y a sûrement un long parcours familial,
02:47ou passif familial.
02:49Oui, il y a forcément un héritage.
02:53Déjà, à la maison, on dînait devant le journal de 20 heures,
02:57du service public, évidemment, quoi qu'il arrive.
03:01Donc, qu'il y ait de l'actualité ou pas, qu'il y ait un phénomène à suivre ou pas,
03:05de toute façon, le repas se faisait, on commençait un petit peu avant 20 heures,
03:09on dînait pendant le 20 heures et on débarrassait une fois que le 20 heures était terminé.
03:12Donc, mon père était en face de la télé,
03:15et nous, on était répartis comme ça.
03:18Donc, forcément, on devait se taire sur certains sujets.
03:21Je voyais mon père se faire gueuler contre un truc,
03:25un homme politique, en général de droite,
03:27et puis des mesures prises par un gouvernement, etc.
03:31Donc, ça interpelle.
03:32Déjà, on est baigné là-dedans depuis tout petit.
03:35Et on voit que ses parents portent un intérêt à quelque chose.
03:40Donc, forcément, on va s'y intéresser à un moment donné.
03:44C'est comme ça que ça se fait aussi.
03:46S'il n'y a pas de livre à la maison, c'est difficile de devenir lecteur.
03:49Si on ne parle pas politique à la maison,
03:51on a de grandes chances de s'en foutre un peu plus tard, etc.
03:55À moins de faire quelques rencontres inattendues.
03:57Mais le foyer familial est vachement important pour ça,
04:04pour le futur citoyen.
04:05Il n'y a pas que l'école, on se repose sur l'école essentiellement,
04:08mais la famille, c'est ça aussi.
04:10Voir ses parents aller voter,
04:11ne peut jamais rater une élection.
04:14Jamais.
04:15Et attendre le résultat, fébrilement.
04:18Donc, quand on est petit, ça marque aussi.
04:20Quand on va voter avec son père,
04:21on s'enferme dans l'isoloir.
04:23Il y a tout ça.
04:24Et puis, il y a les aléas de la vie,
04:26de voir ses cousins un peu plus vieux
04:29perdre leur travail, en espérer un autre,
04:31passer de jour en nuit, faire les 3 à 8,
04:33être soumis aux plans sociaux, etc.
04:35On voit tout ça.
04:36Ça occupe les repas du dimanche aussi,
04:39chez mémé, justement.
04:40Vous avez vu votre précédent livre, oui.
04:42Et ça colore les conversations,
04:45on voit les inquiétudes sur les visages,
04:48la fatigue.
04:50L'angoisse du lendemain.
04:51L'angoisse du lendemain.
04:52Et puis, des maladies aussi qui se déclenchent.
04:55Un tel qui travaille dans une fonderie,
04:57qui devient sourd.
04:58Un autre qui fait de l'eczéma,
05:00parce qu'il est dans la tannerie,
05:01ou des choses comme ça.
05:02On voit que les métiers ne sont pas sans conséquence.
05:05J'avais un oncle maçon qui avait du béton dans les fosses nasales.
05:11Mon père, qui travaillait dans une station-service,
05:13avait les mains noires tout le temps.
05:14J'ai connu toujours avec les mains noires.
05:16Il n'y a que quand il était malade,
05:17qu'au bout de 2-3 jours,
05:19les crevasses pleines de gasoil,
05:21qui n'arrivaient pas à s'en aller,
05:22au savon, par le temps,
05:23ils se frottaient avec la pierre ponce et tout.
05:25Là, les jours où il était malade,
05:27il arrivait tous les 10 ans,
05:30on revoyait les mains de mon père devenir rose.
05:34Donc, on voit que le métier a des incidences aussi,
05:37sur la santé, sur l'aspect physique des gens,
05:40la fatigue, la nervosité aussi.
05:43Et puis, à un moment donné,
05:45il y a forcément, du coup,
05:46tout ça se met en place dans le cerveau
05:47et on a un regard sur les choses.
05:51On sait d'où ça vient.
05:52C'est ce qui explique aussi
05:53que vous ayez toujours été un homme engagé.
05:55Ce qui explique aussi votre déception
05:57que vous exprimez dans votre livre
06:00face à la politique
06:02qui est née par le gouvernement actuel.
06:04Oui, oui, même si,
06:07comme beaucoup,
06:07je n'en attendais pas grand-chose.
06:10Mais j'ai voté, comme tout le monde,
06:12pour Hollande au deuxième tour,
06:15surtout pour se débarrasser de celui d'avant.
06:20Mais, j'ai envie de dire,
06:21malheureusement,
06:23il y a eu le discours du Bourget.
06:24Il y a eu des choses qui ont été dites.
06:28qu'il n'était pas obligé de dire.
06:31Donc, il aurait pu aussi tenter
06:35ou avoir le courage de se faire élire
06:37sur un programme,
06:44pas forcément néolibéral,
06:46mais en tout cas,
06:47voilà,
06:47comme on dit
06:49actuellement.
06:52Oui, voilà.
06:53Donc, il y a eu un jeu de posture.
06:56Et il a dû donner des gages,
06:58comme ça,
06:59à la gauche,
07:00non seulement du Parti Socialiste,
07:01mais celle aussi,
07:03à la gauche,
07:04en général,
07:06dégage,
07:06qu'il n'était pas socialiste par hasard.
07:10Et puis, on voit ce que ça donne maintenant.
07:13Et c'est...
07:14Mais c'est pour ça que je...
07:16Moi, ce bouquin,
07:17c'est ma petite façon de chroniquer
07:21ces deux ans et demi de mandat.
07:24De mandat.
07:24Mais c'est aussi un...
07:27J'espère, en tout cas,
07:28un appel aux autres
07:29à faire comme moi.
07:30Non, pas forcément écrire un livre,
07:32mais à...
07:33C'est-à-dire à prendre
07:34les mots
07:35des politiques au sérieux.
07:37Moi, je suis absolument contre
07:40cette façon un peu
07:42de tout mettre dans le même panier,
07:44en jetant tout comme ça,
07:45d'un revers de main,
07:47en disant...
07:47De toute façon,
07:48c'est...
07:48Oui, tout se pourrit,
07:49que le temps de la campagne,
07:52on sait bien
07:52qu'on est obligé de dire des choses
07:54pour plaire aux uns et aux autres.
07:55Eh bien, non.
07:56On prend des engagements.
07:57La campagne électorale,
07:58c'est sérieuse,
07:58c'est un engagement.
07:59Et donc,
08:00si certains sont hyper déçus
08:02encore plus que moi
08:03et vont dans des votes extrêmes,
08:06c'est que, justement,
08:07il y a eu des dizaines
08:08et des dizaines
08:09de rendez-vous électoraux
08:10comme ça,
08:11phagocytés par...
08:11Plus un esprit de publicité
08:13qu'un esprit d'engagement
08:15vis-à-vis du peuple.
08:16Et c'est ça aussi que je dis.
08:18Donc, prenons au sérieux
08:19la parole des hommes politiques
08:20parce que ça nous autorise
08:22à être en colère.
08:23Mais si on dit
08:24que tout le monde ne vaut
08:25tout le monde,
08:26que plus rien n'a
08:27beaucoup d'importance,
08:28que la politique,
08:29ça se décide ailleurs
08:30à Bruxelles et que tout ça,
08:32bon, ben,
08:32il n'y a plus de colère.
08:34Voilà.
08:35Moi, je crois que ça...
08:36Je crois au pouvoir
08:39d'un homme politique,
08:41de...
08:42Sans pour autant être là
08:44dans la quête
08:45d'un homme providentiel,
08:46mais je crois
08:47à l'influence
08:48de quelqu'un.
08:49que quelqu'un peut avoir
08:50encore de l'influence.
08:51J'y crois toujours.
08:52On le vérifie
08:53à l'échelon local,
08:54mais on peut le vérifier
08:55aussi à l'échelon national
08:56et européen.
08:59Oui, on peut...
09:00L'Europe,
09:01elle est ce qu'on a envie
09:03qu'elle soit,
09:04finalement.
09:06Et si on veut
09:06que l'Europe soit à gauche,
09:07il faut voter à gauche
09:08aux européennes.
09:10C'est tout simple.
09:11Pour finir,
09:12le monde de la culture
09:13avait été
09:15beaucoup dragué
09:16par Hollande
09:19pendant sa campagne électorale.
09:22Au final,
09:23on voit,
09:23enfin,
09:24c'est la ligne
09:24de notre journal de demain,
09:25mais 170 festivals
09:28annulés,
09:29les crédits
09:30de Radio France
09:31baissés
09:32et une situation
09:34globale
09:34qui est quand même
09:36très inquiétante.
09:37Comment vous,
09:38homme de culture,
09:39justement,
09:39vous réagissez à...
09:41Oui, ça occupe
09:42une bonne place
09:43dans mon livre,
09:44justement.
09:46Et c'est même,
09:47je crois que ce qui arrive
09:48en ce moment
09:49est sans précédent
09:50par rapport
09:50à un gouvernement
09:51qui se réclame encore
09:52de la gauche
09:53ou du socialisme.
09:56Donc, il y a
09:57une cassure,
09:59une faille même
10:00qui est en train
10:00de s'élargir
10:02de jour en jour.
10:04Et je pense
10:06que c'est un...
10:08c'est un désengagement,
10:09de l'État
10:10qui est presque assumé,
10:12pas encore,
10:13ils n'osent pas encore
10:13l'assumer tout à fait,
10:14mais c'est un profit
10:16des collectivités,
10:17des collectivités locales
10:19et avec tous les dangers
10:21que ça suppose.
10:22C'est-à-dire qu'on va
10:22s'apercevoir
10:24dans quelque temps
10:27qu'on va forcément
10:30se battre,
10:32nous,
10:33hommes de culture,
10:35comédiens,
10:36interprètes,
10:36dans tous genres,
10:37artistes,
10:38pour sauver
10:40des festivals.
10:41On est sollicité
10:42de plus en plus,
10:43c'est quasiment quotidiennement
10:44des aides comme ça,
10:46de signer des pétitions
10:47pour défendre
10:48une association,
10:50pour défendre
10:50un collectif,
10:52pour défendre
10:54un festival
10:55de jazz,
10:56de théâtre,
10:57de théâtre de rue,
10:58etc.
11:00Et la culture d'État
11:04est faite
11:04pour justement
11:05empêcher
11:06les pouvoirs locaux
11:08d'influencer
11:10comme ça
11:12les programmations
11:14culturelles
11:16sur le territoire.
11:20Et en fait,
11:21on est en train
11:22de...
11:22Parce que quand on a
11:23un maire cultivé,
11:26intelligent,
11:27ouvert,
11:27tant mieux.
11:28Mais ce n'est pas le cas.
11:30Souvent,
11:30très souvent.
11:32Souvent,
11:32le personnel politique
11:33se désintéresse
11:34totalement.
11:35Il y a quelques personnes,
11:37à droite et à gauche,
11:38d'ailleurs,
11:39il ne faut pas faire
11:39de sectarisme là-dessus,
11:40qui sont ouvertes
11:42à la culture générale,
11:44qui connaissent
11:46la force culturelle,
11:47la force d'une dynamique
11:49culturelle
11:49au sein de leurs communes,
11:51de leurs récolomérations,
11:52de leurs cantons,
11:52de leurs départements,
11:53de leurs régions.
11:53Donc,
11:54il y a quelques élus
11:55qui connaissent ça,
11:57mais ils sont loin
11:58d'être la majorité du genre.
11:59Et la plupart négligent ça.
12:01La plupart sont encore
12:03au stade de la fontaine,
12:04la cigale et la fourmi.
12:06Vous dansez,
12:07vous chantiez,
12:09dansez maintenant.
12:09C'est vraiment ça.
12:10C'est de mettre en opposition,
12:12on le voit à chaque problème
12:15récurrent malheureusement
12:15de l'intermittence,
12:16comment les phrases racistes
12:18qu'on entend
12:18sur cette catégorie professionnelle,
12:23qui n'est pas un métier,
12:24je rappelle.
12:25Sur ces catégories.
12:26Oui, c'est pour ça.
12:27Un intermittent,
12:28ce n'est pas un métier.
12:29On ne rêve pas
12:30d'être intermittent.
12:31On rêve d'être comédien
12:33toute sa vie,
12:33à plein temps,
12:34d'être technicien,
12:35artiste plein,
12:36tout le temps,
12:36tout le temps,
12:37etc.
12:40Donc,
12:41il y a pour beaucoup d'élus
12:43que la culture est une variable
12:45d'ajustement.
12:46Quand tout va bien,
12:47ok,
12:48faites de la culture,
12:48mais quand tout va mal,
12:49on resserre les boulons
12:50sur ce qu'il y a de sérieux,
12:51etc.
12:52Y compris même
12:53en milieu scolaire.
12:54C'est ça qui est assez épouvantable
12:55dans ce pays,
12:56je trouve,
12:57la France,
12:58en 2015.
12:59Il y a encore
12:59des principaux de collèges,
13:02des directeurs de lycées
13:04qui opposent
13:05les matières dites sérieuses
13:06aux matières artistiques.
13:07On en est encore là.
13:08Encore là.
13:09Alors qu'on sait qu'en même temps,
13:10à la fois le fait
13:12de se mesurer
13:13aux œuvres d'art
13:15quelles qu'elles soient
13:15et le fait de pratiquer,
13:17d'avoir une pratique artistique
13:18permet aussi
13:19d'éveiller sa conscience
13:20et de s'éveiller soi.
13:22De se déveiller sa conscience,
13:23de découvrir...
13:24Oui, oui,
13:25c'est tout à fait.
13:25Moi, je suis un pur produit
13:27de cette politique
13:29intelligente,
13:30culturelle,
13:30en milieu scolaire.
13:33et ça permet surtout
13:36de ne pas sentir
13:39qu'on peut valoir quelque chose.
13:42Ça ne fait pas devenir des comédiens,
13:44ça ne fait pas devenir danseurs
13:47ni réalisateurs
13:48ni tout ce qu'on veut.
13:49Ce n'est pas le but du jeu.
13:50C'est simplement
13:51quand on est à l'école
13:53la plus...
13:55L'immense majorité des élèves
13:57se situe dans une moyenne
13:58et à un âge ingrain.
14:00On l'oubliera toujours,
14:01mais c'est un âge
14:02où on se pose plein de questions,
14:03où notre corps change,
14:05où on doit affronter
14:06une sexualité
14:07qui nous fait peur,
14:08avec des enjeux comme ça
14:10imposés par des adultes,
14:12avec des horaires aussi
14:13imposés par les adultes
14:14qui ne correspondent pas
14:15à l'horaire des adolescents non plus.
14:17Il y a plein de contraintes.
14:18Et donc,
14:19quand on n'a pas la chance
14:20de briller en maths,
14:22en chimie, en physique,
14:23qu'est-ce qui reste
14:24à ces élèves-là ?
14:25Qu'est-ce qui reste ?
14:27Eh bien, la plupart du temps,
14:28c'est le sport et la culture.
14:30Où là, tout d'un coup,
14:32je peux monter sur scène
14:34et puis étonner mes camarades
14:35parce que je suis plus à l'aise
14:37que les autres.
14:38Je fais rire plus que les autres.
14:40Parce que je marque plus de buts
14:42au football que les autres.
14:43Parce que tout d'un coup,
14:44je sais faire un sport inattendu,
14:46que les autres ne doutaient pas
14:47que j'étais capable de faire ça.
14:49Parce qu'on est tous,
14:50qu'on soit homme politique,
14:51qu'on soit François Hollande,
14:52ou qu'on soit élève en CM2,
14:55on rêve de quelqu'un
14:57qui vous regarde,
14:58il vous dit,
14:59« C'est vachement bien ce que tu fais. »
15:01« C'est vachement bien ce que tu fais. »
15:03On rêve de ça.
15:05Surtout peut-être Hollande.
15:08Je crois que c'est sondage d'opinion
15:09qui n'arrive pas vraiment à grimper.
15:14Donc, on rêve tous de ça.
15:16Et si on supprime ça,
15:17c'est comme si on supprimait
15:19des perches dans les piscines.
15:22Les élèves ne peuvent pas
15:24se rattraper à quelque chose.
15:25Et après, c'est de l'isolement.
15:27Et après, c'est de la perdition.
15:28Et puis, quand la famille n'est pas là
15:30pour rattraper tout ça,
15:33quand le quartier n'est pas là
15:33pour rattraper tout ça,
15:34quand la ville n'est pas là,
15:35quand la région n'est pas là,
15:37ça entraîne une dérive
15:40et qu'on ne peut pas contrôler.
15:44Et après, c'est pour ça que
15:46moi, ce qui me fait rager,
15:48c'est de voir que depuis
15:50cette date terrible, fatidique
15:53du 7 janvier,
15:55et des jours qu'on se dit,
15:56le 7 janvier,
15:57on a tué, entre autres,
16:00mais surtout des artistes.
16:02Ce sont des artistes
16:04qui ont été visés,
16:04des dessinateurs
16:05de talents
16:06qui ont été visés.
16:08Et ensuite,
16:08on a parlé
16:09du vivre ensemble.
16:11Après cette grande manifestation
16:12du 11 janvier,
16:13on a parlé du vivre ensemble.
16:15Pas un homme politique,
16:17pas une voix
16:19d'élu,
16:21de ministre,
16:23a mis en parallèle
16:25le vivre ensemble
16:26et la culture.
16:28et c'est une faillite
16:30incroyable
16:30dont on va se mordre
16:31les doigts.
16:32C'est comme le disait
16:35Jack Lang,
16:35qui n'est pas,
16:37pourtant pas à l'extrême-gauche,
16:38je crois,
16:38enfin, il me semble.
16:40en juin,
16:41justement,
16:41quand on se battait
16:43pour nos droits
16:44d'intermittents,
16:46il était sur France Inter,
16:48il avait déclaré,
16:49c'est justement
16:50en période de crise
16:51qu'il faut non seulement
16:52sanctuariser le budget
16:54de la culture,
16:54mais l'augmenter.
16:55L'augmenter.
16:57Je pense que Manuel Valls,
16:59je pense qu'Hollande,
17:00sont à des milliards
17:02d'années-lumière
17:02de cette logique-là.
17:04Des milliards
17:05d'années-lumière.
17:07Et c'est dramatique.
17:09C'est vraiment dramatique.
17:11Ça a...
17:12D'où un...
17:13C'est vrai,
17:13il y a une certaine
17:14forme de désespoir,
17:15même si on n'attendait
17:16pas forcément grand-chose
17:17de ces gens-là,
17:18comme on dit,
17:20mais de le constater,
17:22de voir l'écart
17:23qu'il y a
17:24entre les vraies préoccupations
17:26et ce qu'ils font,
17:26est absolument...
17:28C'est fait.
17:29Ouais, déboussonnant.
17:30C'est...
17:33Je ne savais pas
17:34que ça irait jusque-là.
17:37Voilà.