00:02Bonjour et bonne année, bien entendu. Ne revenons pas sur cette année horribiliste,
00:06comme aurait dit la Reine d'Angleterre, que fut l'année 2015.
00:102016, ça n'a pas non plus été évident. Alors, on a intérêt à faire du sport, à manger sainement,
00:17etc.,
00:18pour se porter bien soi-même, parce que pour le reste, ça va être un peu compliqué.
00:22Prenons par exemple cette histoire, cette navante, il y a affaire de la déchéance de nationalité.
00:26C'est évidemment une absurdité. Comment un terroriste déterminé à se faire sauter en tourant des dizaines de personnes
00:32pourrait-il être affecté par le fait qu'il y avait déchu de la nationalité ?
00:36C'est totalement inutile et c'est absurde.
00:38En plus de ça, cette affaire-là, c'est un coup de couteau ou un coup de canif, disons, dans
00:43le pacte républicain.
00:44Pourquoi ? Parce que, à bien y réfléchir, la nationalité, elle est liée à l'idée de nation.
00:50Elle est elle-même liée à la République et au fondement de la République.
00:53À partir du moment où on en fait quelque chose de variable, une valeur relative qu'on peut attribuer ou
00:59retirer,
01:00c'est la République elle-même qu'on met en cause. C'est ce pacte-là.
01:04C'est-à-dire que si on relativise la nationalité, on relativise du même coup la nation et la République.
01:10Je crois qu'il faut bien y réfléchir et que, ce faisant, le gouvernement, dans cette espèce de volonté d
01:16'aller séduire sur sa droite,
01:17eh bien, il met en cause les valeurs essentielles de la République et il crée quand même, je dirais, une
01:23forme de division dans le pays
01:25entre les citoyens de plein droit et ceux de droit suspendu, on va dire. Voilà.
01:31Donc, il y a ça. Mais pourquoi le gouvernement fait ça ?
01:34Eh bien, parce que François Hollande, il faut le bien le dire, il est persuadé sans doute actuellement
01:39que pour qu'il puisse tenter de gagner en 2017, il faut qu'il aille chercher des voies sur sa
01:45droite.
01:45Seulement, il n'est pas tout seul sur ce terrain puisque Nicolas Sarkozy y est, bien sûr, Marine Le Pen,
01:50n'en parlons pas,
01:51et que donc, on est un peu dans une impasse. Pourquoi ?
01:56Les trois quarts des Français, pratiquement, ne veulent plus ni de Nicolas Sarkozy, ni de François Hollande.
02:02En revanche, celui qui apparaît, c'est Alain Juppé, qui va jusqu'à recueillir 55% d'envie des sympathisants
02:10de gauche
02:11pour qu'ils se présentent en 2017. Mais quand on regarde son programme, c'est totalement absurde.
02:16Alain Juppé a un programme très, très à droite, qui va de la fermeté dans tous les domaines.
02:22Il faut recréer les places de prison, il faut supprimer les pleines planchers, il faut, etc.
02:26Et voilà un Alain Juppé qui est aussi, qui en appelle aussi aux racines chrétiennes de la France,
02:33ce qui est aussi une absurdité, on aura peut-être un jour l'occasion d'y revenir.
02:37Donc, on se trouve aujourd'hui dans une impasse. Alors, qu'est-ce qu'il y a ?
02:41Il faut que nous, à gauche, véritablement à gauche, avec d'autres forces de gauche,
02:46on se dise que 2016 va être l'année où il va falloir absolument réinventer la gauche.
02:56Sous-titrage Société Radio-Canada