00:06Il y a quelques années, le réalisateur Ingmar Bergman avait réalisé un film qui s'appelait
00:12L'œuvre du serpent et qui se passait dans l'Allemagne des années 30. Nous, on a aussi,
00:17je dirais, notre œuvre du serpent qui a été couvée pendant des années, depuis longtemps. On
00:23l'a même couvée en l'annonçant à 30% pendant des semaines et des semaines avant l'élection
00:28départementale, avant le premier tour. Il est à moins que ça, mais il n'empêche qu'il
00:31est bien là. Et alors, c'est quand même quelque chose d'extraordinaire puisque voilà qu'on
00:36se retrouve dans la France des Lumières, dans la France de la Résistance, la France de Jaurès,
00:41la France du Front Populaire de mai 68. On se retrouve avec ça, cette espèce d'obscénité
00:46dans le paysage français qui est ce clan familial qui n'a strictement rien à voir avec le peuple,
00:52qui est nourri des idées les plus sordides de l'histoire, négationnismes, mensonges
00:57sociales, racisme, voire même complaisance envers la torture. Voilà ce clan familial
01:02qui occupe cette place-là. Mais il faut bien en être conscient. Il n'est pas arrivé là
01:08tout seul. Il a été aidé. Il y a eu des complaisances. Il y en a qui lui ont ouvert
01:12leurs portes, leurs colonnes, leurs écrans. Il y a ceux qui l'ont instrumentalisé, qui
01:16s'en sont servis pour affaiblir l'adversaire. Ceux qui, au contraire, ont voulu courir après
01:20lui. Maintenant, il est là. Bien sûr, mais dans ces cas-là, quand Nicolas Sarkozy, en toute
01:25connaissance de cause, dit ni ni, ni la gauche, ni le Front National, qu'est-ce que ça veut
01:31dire de laisser faire ce clan familial, de laisser faire ça ? Ça veut dire tout simplement
01:34que son ni ni est un oui-oui au Front National.
01:48Nicolas Sarkozy, on l'a déjà dit, c'est un amalgam qu'on peut dire crapuleux entre
01:52le programme du Front National et de Marine Le Pen et le programme du Front de Gauche.
01:56C'est évidemment une absurdité dès qu'on regarde un peu l'histoire politique de la
02:00France et même plus largement. Qu'est-ce qu'il y a de commun entre un parti humaniste fondé
02:04sur les valeurs de la République, sur les idées de partage, d'égalité et un parti
02:08raciste, clénophobe, qui ne fait qu'utiliser la situation des immigrés et des gens les
02:13plus modestes pour se renforcer pour son propre compte. Donc cet amalgame, il est évidemment
02:17à rejeter et intolérable. Mais il va plus loin Nicolas Sarkozy. Il dit que le programme
02:25de Marine Le Pen étant celui du Front de Gauche et le programme du Front de Gauche étant
02:29le même que celui de Syriza en Grèce, il ne veut pas qu'arrive à la France ce qui
02:34arrive à la Grèce. On l'a dit la semaine dernière. Mais il faut réfléchir à ça.
02:38Si vraiment Nicolas Sarkozy ne voulait pas qu'arrive à la France ce qui arrive à la
02:43Grèce et qu'au fond le programme de la Grèce était le programme du Front National,
02:47qu'est-ce qu'il ferait ? Mais il appellerait évidemment à voter contre le Front National
02:51puisqu'il en a tellement peur. Donc à partir de là, eh bien ce ne serait pas du tout
02:56le ni-ni, mais ce ne serait certainement pas se rallier à un Front républicain ou quelque
03:00chose comme ça. Il n'en veut pas, pourquoi pas. Mais ce serait, non, pas question de Front
03:05National. On vote contre le Front National. Et donc nous l'avons déjà dit, s'il ne
03:08le fait pas, ce n'est pas ni-ni, ce n'est pas ni Gauche ni Front National, c'est
03:12oui-oui
03:12au Front National encore une fois.