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  • il y a 2 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Charles Consigny, donc une journée quand même de mobilisation avec beaucoup de monde à Paris.
00:06Ce n'est pas la dernière semble-t-il puisqu'une autre est programmée mardi prochain,
00:10avant même d'entendre ce soir les annonces du ministre Geffrey.
00:15Vous pensez que ce mouvement est là pour durer ?
00:18J'en sais rien. Je pense que s'il a eu un mérite, c'est quand même de mettre la
00:23question de la jeunesse dans la campagne présidentielle.
00:26On a beaucoup parlé des retraités, on a beaucoup parlé des boomers avec affection.
00:33Maintenant parlons de leurs enfants ou leurs petits-enfants.
00:35On s'est beaucoup inquiétés du montant des retraites, des exonérations fiscales ou pas dont pouvaient bénéficier les retraités.
00:42Et là au moins, d'une certaine manière, ça met dans le débat la question de la jeunesse.
00:47Ça va obliger tous les candidats à se positionner ?
00:50Absolument, qui fort heureusement doit être une priorité.
00:53Après, moi j'observe quand même deux choses.
00:56Un, à mon sens, c'est un mouvement qui est noyauté par la France insoumise.
01:01Je le crois très profondément. J'ai lu beaucoup d'éléments là-dessus.
01:04Je pense que la France insoumise est très active et les syndicats très actifs pour en faire un mouvement très
01:11conflictuel.
01:12Ensuite, sur les revendications, je ne cesse de guetter des revendications justifiant une telle marée humaine.
01:19J'entendais notre intervenant ici présent parler de la région Île-de-France.
01:38en dehors du coup des professeurs qui sont en dehors du budget de l'éducation nationale.
01:42Je parle du budget de la région sur le lycée.
01:45Ce que du bâti.
01:46Sur ce qu'on appelle le bâti.
01:47C'est 19 000 places créées depuis 2016, une vétusté divisée par 4,5 et 2 lycéens sur 3 dans
01:55un établissement neuf ou rénové.
01:58Donc on noircit le tableau ?
01:59On peut dire que c'est terrible, on peut dire que c'est le tiers-monde et que vraiment, j
02:06'imagine qu'en Tchétchénie, ils ont les mêmes lycées.
02:09Mais franchement, je trouve que c'est pas si mal.
02:10Monsieur Consigny, allez manger dans une cantine où vous voyez des asticots dans votre assiette.
02:15Ce qui est génial, monsieur, c'est...
02:17Vous pourrez prendre un petit exemple comme ça.
02:19Mais non, mais monsieur, mais c'est vrai.
02:20Et d'ailleurs, sur les 4 000 euros par lycéen, moi j'aimerais bien qu'on regarde dans le détail.
02:23Parce que si on prend un lycéen qui est scolarisé à Paris-Centre ou, je vais prendre un exemple caricatural,
02:31à Henri IV ou à Louis-le-Grand,
02:32qui sont des établissements qui coûtent très cher, car bâtiments historiques, et où les rénovations, le moindre faux plafond, le
02:38moindre n'importe quoi, coûtent très cher.
02:40Et où donc le coût par élève coûte très cher.
02:44J'ai des exemples.
02:44100 millions d'euros pour le lycée Adolphe Cheriou à Vitry.
02:49123 millions d'euros pour la restructuration du lycée Jean Rostand à Mantes-la-Jolie.
02:54C'est pas Henri IV, ça, Vitry ?
02:57Vous nous donnez deux exemples sur des centaines de lycées.
03:01Le coût de fonctionnement par lycée, le coût structurel de fonctionnement, il est beaucoup plus fort dans Paris et dans
03:07les lycées les plus prestigieux,
03:08qui ne sont pas ceux des quartiers populaires, que dans les autres.
03:11On peut parler, par exemple, de la Seine-Saint-Denis, qui est un département qui a subi vraiment de plein
03:16fouet cette mobilisation-là.
03:17Sur 66 lycées publics en Seine-Saint-Denis, il y en a 51 qui ont eu des rénovations totales ou
03:22partielles de la part de la région.
03:25Donc en fait, on peut être dans le dogme et puis dans l'idéologie, dire la région, elle ne fait
03:28rien.
03:29Alors moi, je ne travaille pas à la région Île-de-France, je ne suis pas l'avocat de Valérie
03:31Pécresse.
03:32Et je ne le dis pas parce qu'elle est de ma famille politique.
03:34Mais tout simplement, quand vous arrivez dans une région avec des lycées dans un état lamentable et catastrophique,
03:39bah oui, en un claquement de doigts, vous n'avez pas...
03:41Il faut trois ans, a priori, pour rénover un minimum.
03:43C'est ce temps qu'il est là.
03:45Assez longtemps pour faire 51, notamment, nouveaux lycées, dénommés dans Seine-Saint-Denis.
03:50Enfin, il n'y a pas des rats dans tous les lycées, ça.
03:52Mais dans les lycées, enfin, je vais dire, mais c'est...
03:53Qu'est-ce qui a provoqué ?
03:55Je veux dire, attendez, quand vous voyez ça, quand vous voyez ça...
03:58Répondez à ce que dit Charles, Charles-Mivy, vous êtes instrumentalisés par LFI.
04:02Il y a des rats dans tous les appartements, avec chaussée, moi je veux bien, mais il y a des
04:06rats dans tous les restaurants, il y a des rats dans tous les appartements, avec chaussée.
04:08Il y a des assicots dans toutes les assiettes des franciliens.
04:10C'est très bien.
04:11Mais vous savez, si vous voyagez un peu, franchement, allez voir comment ça se passe à l'étranger.
04:16Allez aux Etats-Unis, par exemple.
04:17Aux Etats-Unis, c'est pas que ça coûte 4000 euros par élève le bâti.
04:21C'est que pour aller dans un lycée correct, vous devez payer 50 000 dollars vous-même de votre loge.
04:27Si c'est le modèle dont vous rêvez, allez-y.
04:29Faites un peu de comparatif.
04:30C'est pas le modèle dont je veux.
04:30Allez voir en Corée du Sud, par exemple, où ils ont des bons résultats au classement PISA.
04:34Comment ils font ? Les parents payent comme des dingues.
04:37Payent des cours particuliers.
04:37Vous n'avez pas, monsieur, à aller aux Etats-Unis, si vous voulez, pour voir des...
04:41On va retourner sur place, pardon, parce qu'il y a encore des tensions.
04:44Un petit mouvement de foule, toujours, avec les policiers qui essaient d'évacuer.
04:48Ce qui reste de manifestants sur la place de la Bastille, c'est ce qui se passe.
04:58Exactement, les forces de l'ordre qui ont largement réduit le périmètre ici de manifestations.
05:03Ici, de ces jeunes, de ces lycéens du côté de place de la Bastille.
05:07Ils ont, de par et d'autre, de toutes les rues qui entourent ici la place de la Bastille.
05:12Eh bien, ils ont avancé à la fois au sol, à pied, mais également avec l'ensemble des camions.
05:17De CRS.
05:18Ce qui s'est passé tout à l'heure, c'est qu'il y a eu une chaîne humaine pour,
05:20justement, limiter cette avancée des forces de l'ordre.
05:24Mais face, forcément, aux différentes charges qu'il y a pu y avoir et aux différentes interpellations,
05:29eh bien, les manifestants ont dû largement reculer.
05:32Ce qui se passe, en revanche, depuis maintenant quelques secondes, eh bien, c'est que c'est l'inverse qui
05:36se passe.
05:37Les CRS commencent un petit peu à reculer.
05:38Les manifestants veulent rester ici, du côté de place de la Bastille.
05:42Ils ne veulent pas aller en direction de nation, comme le souhaiteraient les forces de l'ordre.
05:46Et la dernière image que l'on pouvait vous montrer, peut-être, avec mon collègue,
05:50et qui pourrait aussi expliquer cette avancée des forces de l'ordre,
05:53c'est que tout à l'heure, et toujours actuellement, il y a de nombreuses personnes qui se situent sur
05:57l'état des différents immeubles
05:59et qui entourent ici la place de la Bastille et personnes qui, notamment, jetaient des projectiles sur les forces de
06:05l'ordre
06:05qui se situaient en contrebas, ce qui a provoqué, bien évidemment, une avancée de ces forces de l'ordre
06:10pour éviter ces projectiles qui étaient jetés à plusieurs dizaines de mètres de hauteur sur les forces de l'ordre
06:16qui se trouvaient à contrebas.
06:18Et puis, on a des images que vous nous envoyez où on voit, effectivement, des manifestants qui sont en haut,
06:23sur les toits des immeubles, quasiment sur le côté.
06:26Alors, est-ce que ce sont eux qui, en partie, jettent des projectiles sur les forces de l'ordre ?
06:30Dans tous les cas, c'est assez dangereux, quand même.
06:32Monsieur, pardon, ça c'est du détail, j'aimerais juste rebondir sur ce que vous, vous disiez.
06:36Vous voyez, ils sont en train de simplement enlever des morceaux de cheminée pour les enlever.
06:40Oui, et moi je suis venu pour parler des revendications.
06:42Et on parle des deux.
06:43Ça fait partie aussi de ce qui se passe aujourd'hui.
06:44Oui, très bien, on parle des deux.
06:46Moi, j'ai envie de parler des revendications lycéennes, donc j'aimerais rebondir sur ce que disait M. Consigny.
06:50Vous n'avez pas besoin d'aller en Corée du Sud ou aux Etats-Unis pour avoir des lycées qui
06:54marchent.
06:55Moi, je suis allé à Cologne pendant deux semaines.
06:57J'ai eu la chance en Allemagne.
06:58J'ai eu la chance de pouvoir faire un échange scolaire.
07:01J'ai vu ce que c'était qu'un lycée à Cologne.
07:03Je peux vous dire, si vous voulez, que ça n'a rien à voir.
07:06D'abord, les élèves commencent avec des horaires qui sont très différents.
07:09Et en plus, il y a du budget, il y a des moyens.
07:10C'est fantastique.
07:11Donc, à un moment donné, on est quand même...
07:14La région de France est une des régions les plus importantes d'Europe.
07:16C'est la région la plus importante d'Europe.
07:19Merci de me corriger, Nathanael.
07:20Je pense qu'on pourrait éventuellement se dire que ce n'est pas déconnant, pardonnez-moi le terme,
07:24que Mme Pécresse s'occupe de dératiser ces lycées-là.
07:30Et pardonnez-moi, mais le mouvement lycéen, il ne vient pas de nulle part.
07:32Il vient de la colère de jeunes...
07:34Il n'y a pas d'instrumentalisation parce que Charles tout à l'heure disait
07:36que c'est instrumentalisé par LFI.
07:38M. Consigny est libéral.
07:40M. Consigny est libéral.
07:42Très bien.
07:42Ce n'est pas une insulte.
07:43Non, non, M. Consigny est libéral, donc parce qu'il est libéral,
07:45il considère que l'individu peut penser par lui-même.
07:49Non, mais vous ne répondez pas à ma question,
07:50parce que Sébastien Lecornu, lui-même à l'Assemblée nationale,
07:54accuse la France insoumise d'être à la manœuvre.
07:56J'étais en train d'y venir.
07:57M. Consigny, qui est libéral, pense que l'individu peut s'élever intellectuellement,
08:03peut penser par lui-même, etc.
08:04Je me trompe ?
08:05Non, mais vous avez raison.
08:06Étant donné que l'individu peut penser par lui-même,
08:09je pense que les jeunes, qui sont assez matures, d'ailleurs, même très matures,
08:12je pense qu'eux sont capables, si vous voulez, de faire la part des choses
08:16et de voir que la France insoumise n'est pas la réponse à leurs problèmes.
08:19Ça m'intéresse beaucoup, l'exemple allemand,
08:21parce qu'il se trouve qu'en Allemagne, le temps de travail est plus élevé qu'en France.
08:25Il se trouve qu'en Allemagne, ils ont réussi à sauver une industrie forte
08:29parce qu'ils ont des salaires moins chargés qu'en France, en charge sociale,
08:33et qu'ils ont une stratégie industrielle meilleure que la nôtre.
08:36Il se trouve qu'en Allemagne, ils prennent leur retraite plus tard qu'en France,
08:39donc il se trouve tout simplement qu'en Allemagne,
08:41ils sont peut-être un peu plus adultes et un peu plus matures que nous.
08:44Mais vous, vous voudriez à la fois que, en gros,
08:48on donne gain de cause à tout le programme de la CGT, de l'UNEF, de l'Union des lycées
08:54?
08:54Je ne sais rien, je ne veux pas préjuger de votre couleur politique,
08:56mais je vais vous étonner, j'étais engagé à Renaissance il n'y a pas plus tard qu'un an
09:04et demi.
09:05Je suis aujourd'hui à la politique, la CGT...
09:10Vous êtes un macroniste déçu ?
09:11Mais c'est exactement le terme, monsieur, c'est-à-dire que moi, je suis un macroniste déçu.
09:15Donc vous voyez, moi, si vous voulez, me dire que je suis un afro-gauchiste, cégétiste,
09:23pardonnez-moi, vous faites fausse roue.
09:24Alors, Julien Aubert, je me perds très rapidement, très rapidement.
09:29Monsieur...
09:30Ne cassez pas le matériel.
09:31Je suis désolé.
09:31On n'est pas à place de la Bastille, commencez pas à tout casser.
09:34Je m'excuse.
09:35Monsieur Consigny, simplement pour réagir à ce que vous disiez sur la Corée du Sud
09:38et les Etats-Unis, où on prendrait des profs particuliers pour que les élèves puissent réussir.
09:45Déjà, pour vous dire que ça existe déjà en France, en fait.
09:47Bien sûr.
09:48Que la ségrégation scolaire, elle existe déjà en France.
09:50Tout à fait.
09:51Ah bah, on est d'accord.
09:53Alors, Julien Aubert est avec nous.
09:55Bonsoir, Julien Aubert, vice-président des Républicains, soutien de Bruno Rotaillot.
09:59Quand vous regardez ces images, place de la Bastille, ça s'est bien passé toute la journée.
10:04Malheureusement, depuis trois quarts d'heure, une heure, c'est plus compliqué.
10:06La dispersion est difficile.
10:08Certains sont là pour s'affronter directement avec la police.
10:12Bon, c'est des scènes malheureusement assez classiques en France.
10:14Oui, en fait, ça me fait penser, vous savez, aux Gilets jaunes.
10:17Vous aviez des gens qui étaient avec les Gilets jaunes et qui manifestaient,
10:20qui venaient là parce qu'ils avaient des revendications.
10:21Et vous aviez des gens qui s'infiltrent dans les manifestations.
10:24Je ne suis pas certain, quand je regarde les images, qu'ils soient tous lycéens.
10:27Et je ne suis pas certain qu'en se mettant sur un toit et en mettant en danger sa vie,
10:31on fait avancer le sujet de Parcoursup.
10:33Je crois qu'il faut bien distinguer.
10:34Il faut à la fois éviter de disqualifier toutes les personnes qui, aujourd'hui, se mobilisent
10:39en considérant qu'ils seraient tous des ultra-violents.
10:41Et en même temps, il ne faut pas être dupe sur le fait qu'il y a des gens quand
10:44même
10:44qui attisent derrière la colère en espérant, en tirant les fruits politiques.
10:47Donc, c'est bien qu'il y ait toutes les sensibilités politiques chez les lycéens.
10:51L'important, c'est que s'ils veulent que leurs paroles soient entendues,
10:54il ne faut justement pas se faire récupérer par telle ou telle famille politique.
10:59– Mais est-ce que ce n'est pas un peu court de dire « c'est la France insoumise
11:02qui est derrière »,
11:03donc passant à autre chose ? Parce que M. Lecornu, au départ, était beaucoup sur cette posture.
11:08Depuis, on voit bien que… Alors, je ne sais pas s'il y a eu recadrage au plus haut sommet
11:11de l'État,
11:12mais le ton a changé. Désormais, on a un ministre, Jeffrey, qui reçoit tous les jours
11:17les responsables syndicaux.
11:19Qui va faire des annonces ce soir ? On annonce un plan d'urgence.
11:22– Donc, on voit quand même qu'au début, ils n'ont rien vu venir,
11:25ils ont pris ça un peu peut-être à la légère, et que maintenant, ils sont obligés d'y répondre.
11:28– Mais comme dans toutes les crises, sur le fond, il y a des sujets structurels.
11:32Le fait que, par exemple, Parcoursup soit un grand moment de stress pour les lycéens,
11:35on peut le comprendre, on connaît tous les lycéens, et pour les parents.
11:38Sur le fait qu'il puisse y avoir des établissements scolaires qui soient en retard,
11:42soient la moyenne, tout à fait, parce que quand on parle évidemment de chiffres,
11:45tout à l'heure, en face, on disait l'Allemagne,
11:48bon, quand vous regardez les chiffres, on a 6% de budget des différences
11:51entre les lycées français et les lycées allemands.
11:53À la limite, s'il y a une vraie différence, c'est sur les lycées professionnels,
11:55mais pas sur les lycées généraux.
11:57Donc la moyenne ne dit rien.
11:58C'est pas parce que vous avez 18 000 euros en France et 19 000 en Allemagne
12:02qu'on est moins bien lotis.
12:04En revanche, ce qui va effectivement être porté, c'est la situation,
12:08on va vous dire, dans tel lycée j'ai vu ci ou dans tel lycée j'ai vu ça.
12:11Ce sont les marges.
12:12Donc oui, il y a des sujets structurels.
12:14Après, quand je vois tel président de mouvement syndical qui était sur votre antenne,
12:19dont je sais qu'il était encarté LFI et présent sur des listes LFI,
12:24il est évident que je ne le vois pas totalement comme apolitique.
12:28Mais après, je pense que tous les jeunes qui sont là ne sont pas forcément
12:31à la solde de Jean-Luc Mélenchon.
12:33En tout cas, il y en a un au moins qui nous a rassurés sur le fait qu'il était...
12:37Un macroniste déçu.
12:38Il avait abjuré.
12:39Ben oui, mais c'est déjà abjuré le macroniste.
12:40C'est un bon...
12:41Alors, on va retrouver nos équipes sur place.
12:43On va continuer de vous donner la parole.
13:08Plusieurs centaines de personnes à vue d'œil et notamment tout un tas de jeunes
13:13qui ont investi les marches de l'opéra Bastille.
13:16Ils étaient assis sur ces marches tout un moment.
13:20Ils étaient assis, ils chantaient, ils scandaient des slogans.
13:24Il y a eu encore un usage de gaz lacrymogène il y a quelques minutes par les forces de l
13:28'ordre,
13:28notamment parce qu'il y a aussi eu des jets de projectiles en direction des CRS.
13:32Et à nouveau, dans ces mégaphones, les CRS continuent d'intimer aux manifestants
13:38qui restent ici de prendre la direction de la rue de Lyon
13:40pour évacuer définitivement cette place de la Bastille
13:44et soit se disperser et rentrer chez eux, soit aller vers la place de la Nation
13:50qui était l'objectif qui a été mis en place par la préfecture
13:54afin d'évacuer cette place de la Bastille.
13:56Là, on voit qu'effectivement, il y a quand même pas mal de monde
13:59qui est en train de prendre la direction de la rue de Lyon.
14:03Donc à suivre ici, mais il reste encore pas mal de monde et c'est tendu.
14:07Merci. Nous sommes avec Mohamed Sabri Mafout qui nous a rejoints.
14:10Il est élève en classe de première au lycée Jean Massé de Vitry-sur-Seine.
14:14Bonsoir. Vous dites là maintenant, une journée qui s'achève.
14:18On verra ce que dit le ministre.
14:19Mais de toute façon, c'est cap sur mardi prochain, sur la nouvelle journée de manifestation.
14:22Pour vous, sans problème.
14:23Oui. On sera présents mardi. On continuera effectivement à manifester,
14:29à essayer d'avoir ce qu'on veut, nos revendications.
14:34Tant que le gouvernement ne donnera pas, entre guillemets, ce qu'on voudra.
14:39C'est-à-dire ?
14:40Avec nos revendications, plus de moyens, plus de professeurs.
14:46La brogation de Parcoursup ?
14:48Oui, effectivement, il y a ça dedans.
14:49Vous avez entendu le ministre. Il a dit pour l'instant, on va améliorer Parcoursup.
14:55Il n'a rien promis du tout sur Parcoursup pour y avoir été.
14:59S'il a dit qu'il allait améliorer la transparence sur Parcoursup.
15:02Vous étiez à la réunion au ministère.
15:03Tout à fait. J'étais à la réunion au ministère.
15:06Le problème actuellement, c'est un problème de sélection à l'entrée à la fac.
15:11On ne doit pas sélectionner à l'entrée de la fac ?
15:13On peut sélectionner, mais pas à ce point-là.
15:16Je veux dire, la façon dont on sélectionne actuellement est problématique.
15:22Pourquoi ?
15:23Toutes les lycéennes et tous les lycéens pourront vous le dire.
15:24Parce qu'il y a une telle tension sur certaines formations que c'est très compliqué.
15:31On pourrait même parler de la sectorisation, si vous voulez.
15:33Parce que la sectorisation, je suis désolé, est considérée...
15:36Enfin, la sectorisation, si vous voulez, ça va à l'encontre de tous les principes républicains.
15:39C'est-à-dire qu'à partir du moment où on habite à la Guerre-sur-le-Bois, dans le
15:42Béry ou en Seine-Saint-Denis,
15:45on n'a pas accès aux meilleures facs alors qu'on peut avoir un dossier absolument brillant.
15:51Déjà, si vous voulez, on a matière à creuser sur Parcoursup.
15:54Sur Parcoursup, vous êtes d'accord avec ça ou il faut de la sélection ?
15:57Sur la sectorisation géographique, il a raison.
15:59Sur la sectorisation thématique, après, il faut ouvrir les yeux sur le fait que vous avez environ 37 à 40
16:05%
16:05des gens qui rentrent en fac, qui ne terminent pas leurs études, ils abandonnent massivement...
16:11On appelle la sélection par l'échec, ça.
16:13Oui, et qu'on a des formations dont on sait pertinemment qu'elles sont diplômantes,
16:17mais qu'il n'y a pas de boulot à la fin.
16:19Notamment, dans les sciences humaines, on a trop d'étudiants par rapport, je dirais, aux besoins économiques.
16:25Donc, il y a quand même un sujet.
16:27Moi, ce que je n'aime pas dans Parcoursup, c'est le côté un peu algorithmique qui, effectivement...
16:31Déshumanisant.
16:31Je dirais, déshumanise totalement.
16:33Et à mon avis, c'est une grande erreur des sociétés modernes de penser que la recherche d'efficacité
16:37va vous conduire à être plus heureux.
16:40C'est-à-dire que parfois, on peut faire un truc efficace mais totalement injuste.
16:43En revanche, il y a un devoir de lucidité de considérer qu'à un moment donné,
16:47si on ne fait pas un mécanisme de sélection, en réalité, tout le monde est perdant
16:52parce qu'on se retrouve à 400 dans des amphithéâtres qui sont faits pour 200.
16:55Et à la fin, de toute façon, il y a des gens qui vont découcher.
16:57Oui, mais est-ce qu'on fait la sélection parce qu'on n'a pas suffisamment mis de moyens
17:00dans l'enseignement supérieur ?
17:01On n'a pas anticipé qu'effectivement, on avait à avoir une classe d'âge à 80 ou 90%
17:06qu'elle est arrivée à la fin du parcours au lycée.
17:11C'est vrai que l'enseignement supérieur a toujours été un peu le parent pauvre des budgets en France.
17:15C'est peut-être ça aussi le problème ?
17:16Il y a deux choses.
17:17D'abord, en termes de démographie, on va atteindre un plateau et ça va diminuer.
17:21Oui.
17:21Et puis deuxièmement...
17:22Pas tout de suite, ça va diminuer dans les petites classes et puis ensuite...
17:25On va avoir de moins en moins d'étudiants.
17:27Et puis deuxièmement, il y a un problème d'adaptation de notre système universitaire
17:32je dirais aux besoins professionnels.
17:34C'est-à-dire qu'on a envoyé à l'abattage économique des gens qui choisissent des formations.
17:39Moi, quand j'avais 18 ans, on m'avait demandé ce que je voulais faire.
17:42La réalité, c'est que j'aurais coché 10 cases en disant je verrai.
17:45On n'a pas de...
17:46Sauf si on a une vocation très tôt, mais il y a plein de jeunes, ils ne savent pas.
17:49Et donc, il part dans ses formations et à la fin, ça se finit en impasse.
17:53Et donc, ça ne peut pas...
17:54Après, on a aussi le droit à l'erreur.
17:55Oui, mais ça ne peut plus rien, c'est que ça ne peut plus rien dans la frustration.
17:58C'est qu'en réalité, dès le lycée, il faudrait déjà...
18:01Parce que tout le monde n'a pas une vocation à faire des études longues, théoriques.
18:05Est-ce qu'on manque ? Il y a plein d'emplois manuels.
18:07En Allemagne, par exemple, on ne rentre plus tout sur le marché du travail.
18:09En France, on rentre assez tard.
18:13En moyenne, c'est 27 ans.
18:14En Allemagne, c'est 24 ans quand même.
18:16On va bien de mépriser les facules.
18:17Non, mais c'est une réalité.
18:19Ça, c'est un problème, Charles.
18:20Non, mais vous ne pouvez pas.
18:21Ils sont marrants parce que vous demandez des réformes
18:23et en même temps, vous refusez des suggestions de réformes.
18:27Moi, je pense effectivement, et on le sait en France,
18:30qu'on a beaucoup de gens qui végètent à l'université parce qu'elle est gratuite, là encore,
18:34ou quasi gratuite.
18:36Ça coûte 400 euros par an, une année d'études à la Sorbonne.
18:39Monsieur, vous avez les meilleurs professeurs du pays.
18:42Donc, souffrez un peu de contradictions.
18:44Moi, je pense qu'un taux de réussite au bac à plus de 90%
18:50et ensuite une inscription sans sélection à la fac pour y végéter
18:55jusqu'à se rendre compte qu'on n'est peut-être pas fait pour un parcours en philosophie,
18:59c'est con.
19:00Je suis désolé, c'est de l'argent public qui est mal dépensé.
19:02Il faudrait changer ce système.
19:03Oui, moi, j'aimerais bien dire à M. Consigné qu'à un moment donné,
19:06quand on a été un enfant de la publicité, si vous voulez,
19:08on a des moyens quand on est jeune.
19:11La fac, si vous voulez, moi, je ne suis pas pour la gratuité complète et totale
19:15pour absolument tout, mais à un moment donné, c'est vrai que l'enseignement, l'éducation,
19:19on peut peut-être se dire qu'on peut garder ça gratuit.
19:23Je veux dire, ça pourrait paraître logique.
19:23Je n'ai pas dit qu'il ne fallait pas le faire gratuit.
19:25Alors, on va retourner sur le terrain, pardon.
19:28Parce qu'il y a encore des mouvements avec des gaz lacrymogènes,
19:31il y a des affrontements, là, sur les derniers moments,
19:34de la dispersion de la manifestation, et nos équipes sont sur place.
19:39Oui, tout à fait, on est au niveau de la rue de Lyon.
19:41Donc, je vous rappelle que la rue de Lyon, c'est par là, en fait,
19:43que les forces de l'ordre incitent les manifestants à partir depuis tout à l'heure.
19:47Ce que certains, un certain nombre d'entre eux ont fait,
19:50sauf que, comme vous voyez, c'est en train de dégénérer.
19:53Voilà, il y a un groupe de manifestants qui s'est emparé de bouteilles,
19:58qui les a lancés sur les forces de l'ordre,
20:00aussi qui ont voulu prendre des chaises sur une terrasse de restaurant.
20:06Des panneaux de signalisation aussi,
20:08qu'ils ont lancés en direction des forces de l'ordre,
20:10qui ont donc ensuite chargé ces manifestants.
20:13Ils sont partis en courant, donc on les aperçoit encore,
20:17mais ils sont un peu plus loin désormais dans cette rue de Lyon.
20:20Mais vous voyez que ça continue à lancer des projectiles
20:24en direction des forces de l'ordre,
20:26qui utilisent donc régulièrement du gaz lacrymogène en répousse.
20:31Voilà, nos journalistes de BFM TV sur place
20:33dans ces derniers moments-là de violences sporadiques.
20:36Mais puis, tout simplement, avec Mohamed Sabri-Mafouz,
20:38je voudrais savoir, votre lycée, Jean Massé à Vitry-sur-Seine,
20:41il fait partie des lycées aujourd'hui qui sont en mauvais état, ou pas ?
20:44Oui, effectivement, on a des sanitaires qui sont déplorables,
20:47des salles de classe où on voit de la moisie sur le plafond,
20:50une cour qui n'est clairement pas adaptée,
20:53et des bureaux, surtout les bureaux des proviseurs,
20:56de l'administration et tout, qui sont aussi vétustes.
20:59Il n'y a pas de rénovation en cours qui est prévue pour vous ?
21:01Non, non, pas pour l'instant.
21:03Pas pour l'instant ?
21:04Donc ce que vous demandez, vous, c'est des meilleures conditions,
21:07notamment pour votre établissement ?
21:08C'est ça que vous attendez ?
21:09C'est ça.
21:09Parce que ce qu'on a reçu hier, notamment le vice-président de la région Bretagne,
21:15dit entre le moment où on lance un plan de rénovation de lycées,
21:18les appels d'offres, le temps des retours des appels d'offres,
21:21mobiliser les entreprises, faire les travaux et la réalisation des travaux,
21:25c'est deux à trois ans.
21:26Donc vous avez des demandes immédiates,
21:28mais vous comprenez qu'il y a aussi un temps long éventuellement aussi.
21:30On sait bien que les choses prennent du temps.
21:32Sincèrement, et moi je le dis parce que ma parole est libre,
21:34j'appartiens à aucun syndicat lycéen, etc.
21:36Donc moi je n'ai pas de problème à dire que je comprends parfaitement
21:38que les choses mettent du temps.
21:40Nous ce qu'on veut, là maintenant, c'est être écouté, être entendu,
21:43et que comme on sait que ça prend du temps,
21:45et bien qu'on s'y prenne vite.
21:46Pour rénover des lycées, on sait que ça prend du temps.
21:49Alors on commence maintenant.
21:50Il y a des plans, plein de présidents de région ont dit
21:52qu'il faut que les jeunes sachent qu'on a enclenché de la rénovation,
21:56mais que ce ne sera pas avant un an ou deux ans.
21:57En sachant que vous manifestez contre l'État qui, pour le coup,
21:59n'est pas le premier responsable.
22:01C'est une compétence.
22:04C'est l'État qui distribue les quotations, qui distribue l'adresse.
22:08Le choix des régions, quand Valérie Pécresse décide de doubler en Ile-de-France
22:11le budget consacré à l'enseignement et sur les lycées,
22:15c'est un choix politique, c'est un choix régional.
22:17Après, n'oubliez pas quand même que oui, il y a des lycées qui sont en mauvais état,
22:20mais que dans les policiers qui sont en train de faire leur travail tout à l'heure,
22:23si vous allez voir certaines casernes, et j'en ai visité,
22:26de gendarmes, vous avez de la moisissure,
22:28vous avez des...
22:29Enfin, je veux dire, ce n'est pas que les lycées.
22:30Oui, comme les prises, parce qu'il n'est pas rassurant.
22:31Donc, ça veut dire que...
22:32Mais là, ce n'est pas rassurant.
22:34Le service public, monsieur, s'effondre.
22:35Sauf que les lycées, monsieur, c'est l'avenir.
22:36Oui, le service public s'effondre, vous avez raison.
22:39Il s'effondre, mais attention, il ne s'effondre pas que pour des raisons matérielles.
22:43Question de performance, vous allez nous dire ?
22:44Non, non, non, pas une question de performance.
22:46Il s'effondre aussi parce que la culture du service public disparaît.
22:50Parce que la culture du service public, ce n'est pas uniquement des moyens.
22:52C'est aussi considérer qu'on est au service du public
22:55et qu'il y a une noblesse du service public.
22:57Et cette noblesse du service public, on a parfois tendance à l'oublier.
23:00Est-ce que vous pouvez expliciter ?
23:01Oui, s'il vous plaît.
23:02Tout simplement, oui, oui, vous avez...
23:04Il y a moins d'exigences.
23:05Vous avez moins d'exigences.
23:06Moi, quand j'ai débuté ma carrière...
23:08Je sens qu'on va arriver sur les 35 heures très rapidement avec cette question.
23:11Pourquoi ? Vous avez quelque chose sur les 35 heures ?
23:12Non, je ne sais pas, mais quand vous dites qu'on perd une culture du service public,
23:15ça veut dire qu'on perd une culture de l'effort, peut-être, éventuellement.
23:18Non, non, vous savez quoi ?
23:18Monsieur Consigny, il y a moins d'exigences.
23:23Je ne parle pas pour Monsieur Consigny.
23:25Le ministre Robert a raison.
23:27Il y a moins d'exigences.
23:28On est moins motivé à donner un service public parfait.
23:31Quand vous appelez...
23:32On n'est pas au Japon.
23:33Alors, permettez qu'on retourne sur place.
23:34Vous voyez bien que quand vous avez des professeurs, par exemple, qui s'arrêtent,
23:37et que vous avez des permanents et que ça tourne,
23:39et que vous en avez un toutes les demi-journées parce que vous avez quelqu'un qui dit
23:41« Moi, j'arrête »,
23:42en fait, l'impact pédagogique des absences, on s'en fiche.
23:45Donc, si vous voulez être au service du public,
23:47c'est que quand on s'investit dans une carrière,
23:49eh bien, on s'investit aussi pour les objectifs
23:52et pas seulement sur une obligation de moyens.
23:54Monsieur, un professeur...
23:55Non, non, mais...
23:56Attendez, j'ai écouté.
23:57Toutes les deux, on rentre sur le terrain.
23:58Oui, simplement, c'est juste pour suivre le fil des événements
24:02avec nos équipes,
24:03pour savoir si, voilà, maintenant, le calme est revenu
24:04et que c'est en train de se terminer.
24:17Oui, effectivement, avec ce feu qui vient d'être allumé,
24:22qui a été maîtrisé,
24:24les policiers qui continuent d'avancer.
24:25En fait, on est tout près de la rue de Lyon
24:28et l'essentiel, les manifestants,
24:30sont en train d'être repoussés à la sortie de la place de la Nation,
24:33toujours dans ce face-à-face très tendu,
24:34avec, à l'instant, on vient de voir passer un gros pavé,
24:37donc il y a quand même des jets de projectiles assez importants
24:40qui sont effectués par un groupe juste en face de nous,
24:44en direction des forces de l'ordre,
24:45parfois des bouteilles,
24:46et donc les policiers qui avancent,
24:48vous le voyez, ce face-à-face,
24:50on va se rapprocher un tout petit peu pour vous le montrer à l'image,
24:53ce face-à-face extrêmement tendu,
24:55avec des jets qui se poursuivent
24:57et les sommations sans cesse effectuées par les forces de l'ordre
25:01pour demander aux manifestants de quitter
25:02cette place de la Nation qui est largement évacuée maintenant,
25:06mais il reste des éléments qui refusent de partir
25:09et qui poursuivent ce face-à-face,
25:12toujours très tendu.
25:13Boris Karlamov, on a des éléments sur cette journée de manifestation,
25:17alors ?
25:17Alors on attend forcément le nombre de participations
25:20du côté de la préfecture de police de Paris,
25:23il y a eu une manifestation qui avait commencé
25:24dans un calme le plus total,
25:27avec énormément de monde sur la place de la Bastille,
25:30une forte affluence, raison pour laquelle
25:32les autorités en concertation avec les organisations syndicales lycéennes
25:37ont fait le choix d'ouvrir un itinéraire bis
25:39pour permettre de faire évacuer cette place
25:41en direction de la place de la Nation.
25:43Et puis aux alentours de 16h,
25:45il y a donc eu les tout premiers jets de projectiles
25:47à l'encontre des forces de l'ordre
25:48qui ont été mobilisées et qui restent mobilisées sur place,
25:51avec notamment la mobilisation d'un engin lanceur d'eau,
25:55c'est cet engin qui permet de tenir à distance
25:57les individus les plus hostiles face au CRS et aux policiers,
26:01avec, vous le voyez, cette nouvelle charge à l'antenne sur BFMTV,
26:04cette nouvelle charge de policiers pour tenter de faire reculer
26:08des individus hostiles aux forces de l'ordre.
26:12Tout à l'heure, il y a eu un fait notable,
26:14ce sont des morceaux de cheminées qui ont été lancés
26:17contre des forces de l'ordre,
26:18puisqu'il y a des individus qui se sont hissés sur les toits de Paris
26:21et qui ont réussi à décrocher des morceaux de cheminées.
26:24Mais on le voit sur les images des équipes BFMTV,
26:27eh bien, encore beaucoup de monde sur place.
26:29Là, nous sommes rue de Lyon.
26:31Pourquoi la rue de Lyon ?
26:32Eh bien, parce que c'est la rue qui a été ouverte par les autorités
26:34pour tenter de faire reculer toutes ces personnes
26:36en direction de la place de la Nation,
26:38utilisation de gaz lacrymogène en cours.
26:42Mais voilà, 18h38,
26:43et encore donc beaucoup de manifestants sur place.
26:46C'est une très forte affluence cet après-midi sur la place de la Bastille.
26:49On va attendre donc les tout premiers chiffres
26:51de la participation aujourd'hui à Paris.
26:52On a tout le côté qui s'est passé sans aucun problème,
26:55effectivement, ce qui a été le cas aujourd'hui.
26:57La difficulté de terminer une manifestation sans...
27:01Le ministre, vous le regarderez ce soir ?
27:02Parce qu'il va faire des annonces au jour ou pas du tout ?
27:05Oui, bien sûr, bien sûr.
27:06On le regarde.
27:07Il va faire des annonces concrètes, c'est ce qu'il promet.
27:09Il a dit qu'il allait préciser les choses qu'il nous a annoncées,
27:13qu'il a esquissées avec nous pendant le rendez-vous,
27:15notamment sur les remplacements.
27:16Il a dit qu'il allait donner des chiffres.
27:19Et de la même façon, sur le bâti scolaire,
27:22il a dit que ça allait se préciser,
27:23peut-être pas tout de suite sur le bâti scolaire.
27:25Parce qu'il faut que les régions fassent des expertises.
27:28De toute façon, pour l'instant,
27:30il ne nous a pas donné de chiffres,
27:31de moyens qu'il met sur la table.
27:33Et donc, clairement, on appelle à continuer la mobilisation.
27:35Est-ce que vous trouvez, Julien Aubert,
27:36que le gouvernement gère bien cette crise ?
27:39Le début, non.
27:40Il ne l'a pas bien géré.
27:41Ils ont mis effectivement un retard à l'allumage.
27:44C'est dommage.
27:45En réalité, c'est que c'est dommage
27:46qu'il fallait mettre des milliers de gens dans la rue
27:47pour qu'à un moment donné, le ministre s'en empare.
27:50Oui, parce que le plan d'urgence pour les remplacements,
27:53c'est dommage, je ne vais pas l'avoir fait avant.
27:54Alors, j'en veux.
27:56Je me rappelle de Gabriel Attal,
27:58avec son fameux pacte, etc.
27:59Le problème, ce sont les promesses maintenues.
28:02Et il y a beaucoup de communication,
28:03sauf qu'à un moment donné,
28:04il faut arrêter avec la communication.
28:06Mais on peut avoir des débats de fond.
28:08Tout à l'heure, vous citiez l'Allemagne.
28:09Pourquoi je suis venu vous parler
28:10de la noblé du service public ?
28:11Parce qu'en Allemagne,
28:12vous avez 39 à 41 heures de travail hebdomadaire.
28:16Donc, quand on prend des exemples étrangers,
28:18on prend la totalité de l'exemple.
28:19C'est comme les gens qui vantent les États-Unis.
28:21Aux États-Unis, vous avez des choses qui marchent mieux,
28:23vous avez des choses qui marchent moins bien.
28:24Je crois qu'on peut trouver une voie française
28:26à condition qu'on comprenne qu'effectivement,
28:28on doit manifester,
28:29mais ce n'est pas en démolissant les abribus
28:31qu'on résoudra le problème de Marc-Coursu
28:33ou le problème des rats
28:34ou le problème des esticots dans les assiettes.
28:36Allez-y.
28:37Bien-y.
28:37Si vous voulez, moi, je constate une chose,
28:39c'est que là, on est...
28:40Tout ceci est la résultante de la technocratie.
28:43On a une espèce de méthode
28:45qui est quand même excellente,
28:46qui est, on ne fait rien
28:48tant que les gens ne descendent pas dans la rue
28:50et s'énervent.
28:51Là, aujourd'hui, il a fallu, si vous voulez,
28:53deux semaines de mobilisation immense.
28:55Il a fallu deux semaines de mobilisation
28:57avec des lycées bloquées, etc.,
28:59pour que M. le ministre et d'autres
29:03prennent la parole, etc.
29:04Donc, à un moment donné,
29:05moi, je dénonce la technocratie macroniste.
29:09Là, Charles aura peut-être d'accord,
29:10trop de techno, pas assez de politique.
29:12Et des discours pas sincères.
29:13Oui, c'est sûr,
29:14mais comme l'a très bien dit Julia Aubert,
29:18je pense qu'il y a une contradiction majeure
29:20dans les revendications.
29:21C'est-à-dire que, tout à l'heure,
29:23vous sautez au plafond quand on évoque
29:24la question des 35 heures,
29:26on se rend compte que,
29:27dans les systèmes qui fonctionnent,
29:28les gens travaillent 41 heures.
29:30Non.
29:30Je veux dire, mais non,
29:31il n'y a pas de secret.
29:32C'est facile, ça, monsieur.
29:32C'est que dans les systèmes qui fonctionnent,
29:34ils mettent de l'argent.
29:34Si vous avez des mauvaises notes à l'école,
29:37c'est parce que vous n'avez pas travaillé assez.
29:39Et quand on travaille un peu plus,
29:40on a des bonnes notes.
29:41C'est tout bête.
29:42Mais quand je vous vois,
29:43vous arrivez ici...
29:44Vous, la nuance, ça vous connaît.
29:45Vous arrivez ici,
29:46on a l'impression que tout est dû.
29:48Il faut que le ministre,
29:49pour rendre des comptes,
29:50vous explique combien de milliards
29:52ils comptent mettre
29:52dès la semaine prochaine
29:54pour vous être agréable.
29:56Moi, je pense que ça traduit
29:58un problème d'état d'esprit
29:59dans le pays.
30:00Heureusement qu'il y a
30:01une campagne présidentielle
30:02qui arrive
30:02et qu'on va pouvoir mettre
30:03tous ces sujets...
30:03Ce sont des enfants gâtés,
30:04finalement, du système ?
30:05Oui, je le dis.
30:07Je pense qu'il y a un...
30:08L'enfant gâté autour de cette terre,
30:10monsieur Céhoun.
30:10Je pense tout à fait...
30:11L'enfant gâté du système,
30:12monsieur Céhoun.
30:13Je ne sais pas qu'il y a votre profil
30:13pour être lycéen au cœur de Paris
30:15et adhérer à Renaissance.
30:16Je ne suis pas sûr
30:17que vous venez non plus
30:18des parents de la société.
30:20La vérité, monsieur,
30:20c'est que moi,
30:21je m'engage pour les lycéens
30:22pour les lycéens
30:23comme ceux qui se plaignent
30:25dans les banlieues aussi.
30:26Je n'ai pas l'impression
30:27que ce soit germinal non plus,
30:28mais on vérifiera.
30:30L'enfant gâté autour de cette terre,
30:32monsieur Céhoun.
30:33C'est vous, monsieur.
30:33C'est vous.
30:34C'est vous.
30:35L'enfant gâté, c'est vous.
30:36L'enfant de publicité, c'est vous.
30:38Je observe juste
30:38que comme d'habitude en France,
30:40on attend tout de l'État.
30:41Laissez parler votre ami.
30:41C'est l'État qui doit
30:43subvenir à tous les besoins
30:45de la société.
30:46Merci, on se retrouvera.
30:47De toute façon,
30:48il y a une manif mardi prochain.
30:49Je suis sûr,
30:50vous reviendrez volontiers
30:51discuter des ballons.
30:52C'est terminé, Julien.
30:53C'est terminé.
30:54On va retourner sur le terrain.
30:55Il y a un besoin de considération.
30:56Allez, on va retrouver
30:57les équipes de BFM TV
30:58parce que ça y est,
30:59visiblement,
31:00tout est en train
31:00de se terminer
31:02de manière plutôt rassurante,
31:04j'espère.
31:10On vient tout juste
31:11d'assister à une Marseillaise
31:13qui vient de l'étrantonner ici
31:14par plusieurs dizaines,
31:15centaines de manifestants
31:17qui font face,
31:17comme vous voyez sur ces images,
31:19à plusieurs dizaines
31:20de camions de CRS.
31:22Il y a également
31:22au centre de ces camions
31:23un camion équipé
31:24de canons à eau
31:25qui, pour l'heure,
31:26n'en a pas fait usage
31:27depuis au moins
31:28une quarantaine de minutes.
31:30En tout cas,
31:30ici, sur ce secteur,
31:31il n'en a pas fait usage.
31:32Et donc, ce qui s'est passé
31:33et ce qui se passe actuellement,
31:34c'est que cette place de la Bastille
31:36a totalement été vidée
31:38de ces manifestants.
31:39La place de la Bastille
31:40qui est désormais occupée
31:41par tous ces dizaines
31:42de camions de CRS
31:44et ils ont commencé
31:45à avancer
31:45de l'autre côté
31:46de cette place,
31:47du côté de l'avenue
31:48de Beaumarchais.
31:49Ils ont donc avancé
31:50au fur et à mesure
31:51des minutes.
31:52Et donc, face à eux,
31:53ici, les manifestants
31:54ne veulent pas partir.
31:56Forcément,
31:56ils ont dû quitter
31:57cette place
31:58face aux différentes charges
31:59des forces de l'ordre.
32:00Ils ont tenté
32:01de répliquer
32:01avec des projectiles.
32:03Et là, regardez,
32:03ils sont parfois assis,
32:05parfois debout,
32:06entonnent des slogans
32:08pour justement
32:09continuer d'assiéger
32:11ici cette rue de Paris
32:13avec donc, pour l'instant,
32:15une situation
32:15qui reste figée.
32:17Et pourquoi on se situe
32:18du côté de la rue de Paris ?
32:19Eh bien parce que
32:20c'est la seule
32:21qui est pour le moment
32:22laissée libre
32:23par les forces de l'ordre.
32:24Ils veulent justement
32:25que les manifestants
32:26évacuent par cette route.
32:28voilà ce qui se passe
32:29actuellement.
32:29Une situation
32:30un petit peu figée
32:31avec ce face-à-face
32:33entre les camions de CRS,
32:35des forces de l'ordre
32:36aussi au sol
32:37et en face d'eux
32:38donc des manifestants
32:39qui veulent rester ici
32:40aux alentours
32:42de la place de la Bastille
32:43et ici,
32:43plus précisément,
32:44sur cette rue de Paris.
32:45Sous-titrage Société Radio-Canada

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