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  • il y a 2 minutes
Ce jeudi 8 octobre, Thomas Ribeiro, directeur du CNRS Innovation, s'est penché sur l'excellence scientifique française, dans l'émission Tech&Co Business présentée par Frédéric Simottel. Tech&Co Business est à voir ou écouter le mardi sur BFM Business.

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00:00Tech & Co-Business, l'invité.
00:06Allez, on est au cœur de la Core Arena, où se déroule l'événement big avec le thème le culot.
00:12C'est BPI France qui a choisi ce thème cette année pour réunir près de 80, plus de 90 000
00:16personnes ici.
00:17Et même Emmanuel Macron est attendu, voilà, parce que pour tout vous dire, nous enregistrons cette émission,
00:22l'avons enregistré cet après-midi, Emmanuel Macron est attendu.
00:24On va parler recherche scientifique, l'excellence scientifique française avec notre invité.
00:29Thomas Ribeiro, bonjour.
00:31Bonjour.
00:31Vous êtes directeur de CNRS Innovation.
00:33Alors le CNRS, on connaît, mais c'est plus de 36 000 personnes, c'est ça ?
00:38Chercheurs, oui.
00:39Chercheurs et tout l'administratif qui va autour de tout ça.
00:42C'est plusieurs labos à travers la France, des collaborations avec des laboratoires partout dans le monde.
00:47CNRS Innovation, c'est quoi le rôle ?
00:49C'est aller chercher ces chercheurs et leur dire, tiens, et pourquoi vous ne vous lanceriez pas dans l'aventure
00:53entrepreneuriale ?
00:54Entre autres.
00:56CNRS Innovation, nous, notre rôle, c'est d'identifier dans les laboratoires de recherche du CNRS,
01:01la recherche qui a un potentiel de création de valeur économique, donc on en parle beaucoup,
01:06mais sociétale aussi, ça fait partie des axes d'innovation qu'on poursuit.
01:10Et une fois qu'on a identifié ces pépites, comment est-ce qu'on les protège,
01:14comment est-ce qu'on les adapte aux attendus du monde économique,
01:16et comment on les transfère derrière pour que des acteurs économiques s'en saisissent,
01:19et donc les mettent en œuvre derrière dans leur...
01:21Avec, parce que quand je regarde un peu l'aventure de toutes ces...
01:24Parce que pour certains, c'est une vraie aventure,
01:27des parcours différents.
01:28Certains chercheurs décident de plutôt rester en retrait
01:31et de rester plutôt dans la recherche parce qu'ils sentent peut-être moins la fibre.
01:34D'autres qui se lancent à corps perdu, d'autres qui font des doubles, enfin des allers-retours.
01:38C'est un peu ça, il n'y a pas de parcours type.
01:41Exactement, il n'y a pas de parcours type,
01:42et par contre, le CNRS se doit de mettre en place tous les outils
01:46pour accompagner ces universités de parcours.
01:48C'est vrai que beaucoup de nos chercheurs apprécient beaucoup
01:51se lancer dans les sujets d'innovation
01:53parce que c'est aussi une manière de matérialiser l'impact de sa recherche,
01:58mais ne sont pas forcément destinés à devenir CEO de start-up.
02:02Ça ne veut pas pour autant dire qu'ils ne peuvent pas avoir un rôle important
02:05à jouer dans le transfert de technologie.
02:07Et donc, on a toute une palette de possibilités
02:11pour les intéresser à cette aventure du transfert de technologie.
02:15Je trouve qu'il y en a beaucoup, mais j'en ai vu une.
02:17C'est la startup Motronix, parce que j'avais vu une présentation en mai,
02:20qui l'use parfaitement, parce qu'on est vraiment dans les besoins du moment.
02:24Expliquez-nous en deux mots ce qu'ils font.
02:25Alors, Motronix travaille sur des nouvelles approches pour...
02:32Sur la consommation énergétique, voilà.
02:34C'est exactement ce qu'on va limiter.
02:35Mais c'est un enjeu qu'on va retrouver dans beaucoup de choses,
02:36en fait, dans les projets qu'on accompagne.
02:41Et là, c'est ça.
02:42Vous avez repéré l'innovation et vous avez dit, tiens, en ce moment,
02:45quand même, les puces IA, c'est quand même la consommation énergétique.
02:48Les puces IA, c'est quand même un domaine.
02:49Là, on peut peut-être pousser pour voir s'il n'y a pas une...
02:52On ne peut pas créer quelque chose avec de la valeur.
02:54Exactement.
02:55Et donc, nous, notre objectif derrière, c'est comment est-ce qu'on s'assure
02:58que cette technologie qui sort de nos laboratoires,
03:01qui caractérise de la recherche d'excellence derrière,
03:05va correspondre derrière à un attendu du marché,
03:08va correspondre à des standards d'industrialisation,
03:11va correspondre à, concrètement, à tout un cahier des charges
03:15que le chercheur n'a pas forcément en tête
03:17quand il se lance dans ses actions de recherche
03:20et que nous, on va structurer pour lui.
03:24Et tout ça, ça s'inscrit dans le plan triennal
03:26sur lequel vous travaillez en ce moment ?
03:28Exactement.
03:29Nous, on a, donc moi, depuis ma prise de fonction
03:31en tant que directeur général de CNRS Innovation,
03:33en juillet dernier, en juillet 2025,
03:36on a travaillé sur un plan triennal
03:38avec deux gros chantiers.
03:41Le premier, c'est de conforter notre position
03:45avec le monde économique.
03:46Nous, on est convaincus que la valeur qu'on va apporter
03:49auprès de nos chercheurs et auprès de nos partenaires économiques,
03:51c'est en facilitant le transfert d'informations
03:54entre ces deux mondes.
03:55Ce sont deux mondes qui n'ont pas forcément
03:56les mêmes codes, la même grammaire.
04:00Et donc, charge à nous de rendre cette frontière
04:01la plus poreuse pour que les chercheurs comprennent
04:04les attendus du marché et pour que les experts,
04:07les acteurs du monde économique comprennent les pépites
04:10qu'on a dans les laboratoires, les identifient
04:12et imaginent comment les intégrer derrière
04:14dans leur chaîne de valeur.
04:15Et puis qu'elles aient le même agenda,
04:16parce que je sais que souvent,
04:18j'en parlais beaucoup avec l'ancien patron du CNRS,
04:21Antoine Petit, qui me disait souvent,
04:22c'est ça, on a la technologie,
04:24mais lorsqu'on va avoir le grand ou,
04:26on va dire, oui, mais en ce moment,
04:27ce n'est pas notre priorité.
04:28Il faut trouver aussi ces parcours
04:30qui, un jour, réussissent à se croiser.
04:32À se croiser, exactement.
04:33Et puis parfois, même, tout à l'heure,
04:35vous interviewez Maud Vinet de Kobli.
04:39Effectivement, quand l'aventure des startups quantiques
04:41s'est lancée, le marché n'existait pas.
04:43On sentait qu'il y avait quelque chose
04:44d'intéressant à les creuser.
04:46Si on parle du quantique,
04:48les manips, les recherches qui étaient faites,
04:51qui sont fondatrices d'un bon nombre de technos
04:53qui sont actuellement développées par les startups,
04:55c'était dans les années 70.
04:56C'est une époque où, à aucun moment,
04:58on ne se dit que Kobli viendrait présenter.
05:02D'ailleurs, vous avez signé autour de la Deep Tech,
05:04vous avez signé un accord avec BPI France en 2025.
05:07C'est ça, j'imagine, pour apporter un peu de finance,
05:10parce qu'il faut de l'argent aussi derrière.
05:11Mais c'est ça, c'est pour faciliter, peut-être,
05:13dès que vous avez repéré l'idée.
05:15C'est effectivement sur beaucoup de choses.
05:16BPI France, c'est un partenaire privilégié, bien entendu,
05:20qui est un acteur majeur dans la Deep Tech en France,
05:24qui a beaucoup travaillé, notamment,
05:25avec la mise en oeuvre des plans Deep Tech.
05:27Et donc, effectivement, on a un certain nombre
05:29de sujets en commun.
05:30Un des sujets sur lesquels on travaille activement,
05:32actuellement, et qui va faire l'objet d'un livre blanc,
05:35d'ailleurs, qui va être publié très prochainement,
05:37c'est comment est-ce qu'on identifie
05:39les meilleures pratiques de transfert de technologie
05:42pour accélérer, en fait, la sortie des technologies
05:44des laboratoires.
05:45Aujourd'hui, parfois, on se rend compte
05:48que le transfert de technologie prend un petit peu de temps
05:51pour des raisons contractuelles,
05:53pour des raisons de validation du besoin du partenaire.
05:58Et donc, comment est-ce qu'on peut réduire ce temps ?
06:01Parce qu'on se rend compte que ça va de plus en plus vite
06:03et que maintenant, toute semaine perdue
06:05dans des choses comme ça.
06:08Oui, les autres ne nous attendent pas.
06:09Non, non, non.
06:11Je regardais dans ce plan triennal,
06:12aujourd'hui, vous avez créé une cellule
06:14d'intelligence économique.
06:15Oui.
06:16Alors, cette cellule d'intelligence économique,
06:18elle va avoir deux rôles.
06:19Nous, professionnaliser, nous, pour comprendre
06:22les attendus du marché, et ça, c'est un vrai enjeu
06:24pour orienter nos détections.
06:27Et puis, aussi, essayer d'identifier des signaux faibles
06:30qui laissent penser qu'un marché va probablement
06:33se structurer prochainement.
06:34Et essayer d'identifier, nous, dès à présent,
06:37les pépites dans nos laboratoires
06:39qui pourraient répondre à ces attendus.
06:41Qu'est-ce que vous mettez comme indicateur,
06:43justement, chez CNRS Innovation,
06:46pour vous dire, tiens,
06:49voilà, sur cette année-là,
06:50on a plutôt été bon ?
06:53Alors, un point qui est important,
06:57c'est que le transfert de technologie,
06:59il se matérialise par beaucoup d'externalités positives.
07:02Et ce n'est pas uniquement sur des cas euros.
07:03Oui, la création de start-up.
07:04Mais il y a de la création de start-up,
07:06d'emplois, effectivement.
07:08Donc, nous, effectivement, on se dit
07:10qu'on a réussi notre mission
07:11si on a pu accompagner un maximum
07:15de porteurs de projets vers le marché,
07:17identifier des dix-faits de financement
07:19qui peuvent prendre le relais,
07:21puisque nous, on est le début de l'histoire.
07:22On va financer, on a une poche de 10 millions d'euros
07:26chaque année pour financer le tout début de l'histoire.
07:28Mais derrière, ce sont les financeurs,
07:30les investisseurs qui prennent le relais.
07:31Ils sont ici, ce que les pays France.
07:33Pour vous, l'IA est en train de changer
07:35la façon de faire de la recherche ?
07:37Oui, indubitablement.
07:39De la recherche, et même aussi nos métiers.
07:41Comment on identifie ces signaux faibles ?
07:43C'est des choses qui sont particulièrement...
07:46Et j'entendais, j'étais à Normale Sup
07:48il y a quelques mois,
07:50et lorsque je leur demandais
07:51mais qu'est-ce qui vous manque encore aujourd'hui ?
07:53Ils me disent que c'est la data.
07:54C'est vraiment la data pour continuer
07:57dans la recherche ?
07:58C'est vrai que la data...
07:59Alors, nous, sur nos sujets,
08:02la data, on en a beaucoup.
08:04Mais il y a un gros travail de la restructurer
08:06pour qu'elle soit « mangeable » par une âme.
08:08On en a beaucoup.
08:09Si on reprend sa narration, on a été créé en 92.
08:12Donc, des transferts de technologies,
08:13on en a fait quelques-uns.
08:15Mais effectivement, c'est un vrai enjeu
08:17dans les projets qu'on accompagne,
08:19et nous, en interne,
08:20d'identifier ces gisements de data
08:22qui permettront derrière d'actionner la bruit qu'il y a
08:24et de créer une valeur supplémentaire.
08:26Dernière question.
08:27J'imagine que pour vous,
08:28le terme « souveraineté » est important aussi,
08:30d'avoir CNRS, Laboratoire de recherche,
08:33même si vous avez beaucoup de collaboration
08:35au niveau international.
08:36Mais pouvoir conserver des pépites,
08:39des innovations, des chercheurs
08:40en France, en Europe, c'est important.
08:42C'est un vrai enjeu.
08:43C'est un vrai enjeu.
08:45On sait que, d'un point de vue
08:47capacité d'investissement en Europe,
08:48on a des poches un peu plus limitées
08:50que, par exemple, de l'autre côté de l'Atlantique.
08:52Quand on a un euro investi en France, en CID,
08:54on a 3 dollars investis aux US.
08:57Et quand on a un euro investi en France,
08:59en CID, on en a 16.
09:00Donc, forcément, les capacités d'investissement
09:02ne sont pas les mêmes.
09:03Charge à nous, derrière, de nous assurer
09:05que la fusée qu'on met sur le pas de tir,
09:07au départ, la trajectoire est bien calibrée
09:10et que chaque euro qui sera investi
09:12dans cette trajectoire, en fait, compte.
09:16Donc, ça, effectivement, ça fait partie
09:17des gros enjeux qu'on a aussi, nous.
09:19Eh bien, on va suivre tout ça.
09:21Et merci infiniment d'être venus jusqu'ici
09:22sur le plateau de Tech & Co-Business.
09:24Thomas Ribeiro, directeur général de CNRS Innovation.
09:28Merci d'avoir été avec nous.
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