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  • il y a 9 heures
Depuis 2003, l’association « Paroles d’hommes et de femmes », retrace les biographies de personnes issues de l’immigration. En partenariat avec l’éducation nationale, plus d’une centaine d’entre elles vont ensuite à la rencontre des élèves dans les écoles, collèges et lycées.
Rencontre avec Frédéric Praud, le fondateur de l’association, plusieurs témoins, ainsi qu’une enseignante et ses élèves à l’occasion du vernissage de l’exposition « Parcours de Migrants, passeurs de mémoire » qui présente, dans l’enceinte du ministère de l’Intérieur, quatre récits illustrés de parcours de vie.

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Transcription
00:00Quand on va dans une classe de CM2, il faut être blindé parce que c'est du cash.
00:05Ils vous posent les questions et puis il faut savoir y répondre.
00:08On ne peut pas tricher avec un enfant.
00:17Le fil conducteur de l'association depuis 18 ans, c'est d'amener plus de 120 personnes
00:22de 40 nationalités d'origine différente, raconter leur vie sur tout l'hexagone.
00:28Dans des classes traditionnelles ou dans des classes avec des jeunes primo-arrivants.
00:33Se reconstruire en entendant des gens qui ont vécu la même chose et qui s'y sont arrivés
00:37est très rassurant, je pense.
00:39Surtout qu'il y a un saut de génération.
00:42Ce ne sont pas des personnes qui pourraient être leurs parents.
00:45Ce sont des personnes qui pourraient être leurs grands-parents.
00:47Je pense qu'il se crée un lien tout à fait particulier et d'échange.
00:51Vraiment, comme si la parole était encore plus libérée.
00:54Et donc, ce n'est vraiment pas seulement pédagogique, c'est tout à fait humain et humaniste, je dirais.
00:58Donc, il y a cet échange qui est magnifique.
01:00Et pour moi, c'est comme une reconnaissance pour tout ce parcours que j'ai fait.
01:04Qu'au moins, il y a des gens qui s'intéressent à ma vie.
01:08Et en même temps, ces jeunes-là, on leur donne des espoirs.
01:10Comme moi qui est venu le premier jour comme eux, désorienté, avec un petit sac.
01:16À 5000 kilomètres de chez moi, j'ai quitté les parents, j'ai quitté les familles.
01:21Donc, j'ai cette chance de croiser des gens magnifiques qui m'ont aidé, qui m'ont donné la main,
01:26qui m'ont orienté vers le bon chemin.
01:31On m'a demandé pourquoi je porte le foulard.
01:34Ça, on me le demande souvent.
01:36Et je leur explique qu'autrefois, en France, les dames ne sortaient pas sans chapeau.
01:40Et donc, au Sénégal, quand on a atteint un certain âge, on est sans foulard, peut-être à la maison,
01:50dans l'intimité.
01:51Mais quand on sort, c'est une marque de respectabilité que de mettre le foulard.
01:55Et que ça n'a rien à voir avec le foulard islamique, bien que je sois musulmane, pratiquante, croyante et
02:03pratiquante.
02:04J'aime à le dire dans les périodes où nous sommes, parce que je tiens à donner une autre image
02:10de l'islam que celle qu'on rencontre de plus en plus.
02:16Je leur dis, je viens vers vous, parce que moi, je crois en la France de demain.
02:21La France de demain, elle vous appartient à vous, les jeunes.
02:24C'est vous qui ferez cette France de demain, cette France cosmopolite.
02:36Parole d'Homme et de Femme a créé une collection de bandes dessinées à partir des biographies qu'on a
02:41écrites avec tous les témoins migrants.
02:43Pourquoi une collection de bandes dessinées ?
02:44Parce que ça permet aux jeunes d'aller vers les récits.
02:48Et même aux profs, parce que les profs ne lisent pas les biographies obligatoirement qu'on écrit ou qu'on
02:52leur envoie.
02:53Par contre, les BD, c'est vraiment une matière presque vivante pour justement apprendre le français.
03:01Ou pour apprendre l'histoire de la décolonisation, pour apprendre autre chose.
03:06Ça permet d'aborder les petites histoires dans la grande histoire.
03:09Mais il faut non seulement aller dans les établissements scolaires, devant le grand public,
03:12mais aussi dans les centres administratifs comme celui-ci.
03:15Si on se fait lire là où justement peuvent se prendre des décisions,
03:20c'est toujours une manière d'avancer, petit à petit.
03:31Sous-titrage Société Radio-Canada

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