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  • il y a 1 semaine
Dans cet épisode, notre chroniqueur Cyprien Caddeo s'interroge sur les conséquences mortifères de l'entêtement de la Macronie, qui prend le risque d'étendre l'incendie de la défiance et de radicaliser les oppositions. Envers, et contre tout le monde.

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Transcription
00:00Bon, j'en ai marre, moi. Ils n'ont toujours pas retiré leurs réformes, là ?
00:03Non mais sérieux, personne n'en veut, en dehors de la Macronie et des salataires de droite, là.
00:07C'est quoi cet acharnement ? Ça n'a pas de sens. Même Jacques Attali, il est saoulé.
00:10Je préférais mille fois qu'on mette 12 milliards sur l'éducation que 12 milliards sur un éventuel déficit de
00:17la retraite qui est hypothétique.
00:18Alors, c'est pas moi qui fais les règles, mais quand même Jacques Attali s'oppose à Macron, c'est
00:22game over, normalement.
00:23Non mais bon, au bout d'un moment, il y a des règles, quoi. Non mais, voilà.
00:39Bonjour à tous et à toutes, dans ce nouvel épisode de La Tête dans le flux, on va parler retraite.
00:43Et oui, encore. Mais c'est pas nous les forceurs, c'est le gouvernement.
00:46Et justement, on va s'interroger aujourd'hui sur les traces politiques, démocratiques que va laisser cette séquence retraite,
00:51surtout si la loi est adoptée envers et contre tout le monde.
00:54En gros, réforme des retraites ou démocratie, il va falloir choisir.
00:57On veut que chacun puisse s'exprimer sur ce texte.
01:00Donc, dans notre état d'esprit, il n'y a pas de 49.3 possible.
01:03Si d'aventure ce 49.3 arrivait, c'est là où je dis que Laurent Berger a un petit peu
01:07tort,
01:08c'est que le 49.3 est quelque chose de constitutionnel.
01:10Et oui, parce que ça commence déjà à parler de 49.3 pour passer le texte à l'Assemblée quand
01:14il y reviendra,
01:15car la majorité n'y est pas certaine pour la Macronie.
01:17Petit rappel quand même, deux secondes.
01:18On parle d'un texte adopté en procédure spéciale, sous couvert que ce serait une loi de finances,
01:22alors que c'est une réforme des retraites,
01:24qui n'a pas été votée à l'Assemblée en première lecture,
01:26puis a été votée au Sénat mais précipitée.
01:28Ensuite, il s'était 14 dans une commission mixte paritaire pour décider du texte.
01:32Et ensuite, puisqu'il faudra a priori re-voter,
01:34il pense quand même à dégainer un 49.3 au cas où, histoire de finir en beauté.
01:37Non mais, ils nous auront tout fait, le 47.1, le 38 du Sénat, le 44.3, le 4.4
01:41de Mbappé en pointe,
01:42enfin, je ne sais plus trop.
01:43Bon, c'est dans les textes, d'accord, mais c'est du grand n'importe quoi.
01:46Pendant ce temps-là, les grèves continuent, les manifs continuent,
01:58Volontairement en retrait de la séquence, le chef de l'État refuse de prendre part aux discussions,
02:01si bien que les syndicats ont fini par lui écrire une lettre.
02:03Eh bien, cette lettre, c'est un ultimatum adressé à Emmanuel Macron.
02:07Les chefs de file de l'intersyndicale demandent à être reçus en urgence par le président.
02:12Lettre à laquelle le président a répondu, non, pas en vie.
02:16Enfin, il a mis un peu plus les formes, mais c'est l'idée.
02:18Je ne sous-estime pas le mécontentement dont vous vous faites le porte-parole,
02:23dit Emmanuel Macron au syndicat à la fin de cette lettre.
02:27C'est une des rares phrases dans ce registre, dans cette lettre de deux pages,
02:32qui est en grande majorité consacrée à justifier cette réforme.
02:36Ce refus du dialogue, il est lourd de conséquences sur l'image que renvoie le pouvoir
02:39et commence à déteindre sur la perception de toutes les institutions.
02:42Et ça commence à puer sévèrement, assez, pour que des gens qui ne sont ni NUPES ni CGT
02:47s'en inquiètent sur les plateaux télé.
02:48C'est même incroyable, il n'y a pas de dialogue social.
02:50Et je sens que vous, vous n'êtes pas de cette sensibilité à l'heure.
02:53Mais qu'est-ce qui se passe à Renaissance, bon sang ?
02:56Mais faites votre boulot, quoi !
02:57Parce que ce n'est pas possible de gouverner comme ça,
02:59dans un pays qui souffre et qui a aussi donné beaucoup.
03:02Vous ne pouvez pas gouverner comme ça.
03:03Bah, eux pensent que si.
03:04Pourquoi ? Parce qu'ils ont été élus en avril 2022
03:06et que selon les règles de Koh Lanta, enfin, non, de la présidentielle, pardon,
03:09ça leur donne le totem d'immunité, pour n'écouter personne.
03:12C'est ce qu'explique la députée Renaissance, Astrid Panosian-Bouvé.
03:15On est typiquement dans le cadre d'une confrontation de deux types de légitimité.
03:18Il y a la légitimité politique, celle des institutions, celle du temps du vote.
03:23On parle du vote actuellement au Sénat et le vote solennel qui aura, je l'espère, lieu la semaine prochaine.
03:28Et je pense qu'il faut que ce vote ait lieu.
03:31Et il y a aussi cette légitimité sociale à travers la vie syndicale et à travers ses mobilisations.
03:37Bon, déjà, là, ils confondent légitimité électorale et légitimité politique.
03:41Preuve que dans leur tête, la politique se cantonne à l'élection.
03:44Mais surtout, ce qu'on se tue à leur dire, c'est qu'une légitimité politique, ça s'entretient.
03:48Et pour ça, oublier qu'on a été élus pour faire barrage à l'extrême droite,
03:51en faire casse-à-tête, gouverner n'importe comment,
03:53comme s'il n'y avait pas des réalités sociales, politiques dans ce pays,
03:56bah, c'est une mauvaise idée.
03:57C'était ça aussi, le sens du cri d'alerte des syndicats.
03:59Attention, les gars, nous, on a fait les choses dans les règles, les manifs étaient calmes,
04:02mais si personne ne nous entend, on ne répond plus de comment la colère va déborder.
04:10Les syndicats sont un canaliseur des colères.
04:12Si le gouvernement les condamne à l'impuissance, la rupture peut être définitive.
04:16C'est ce que tente de faire comprendre Laurent Berger, numéro 1 de la CFDT, à cette même députée.
04:19Vous ne croyez quand même pas, excusez-moi de le dire comme ça,
04:22mais que fin mars, on va revenir gentiment à la table en disant
04:25« Bon, écoutez, la séquence retraite est finie », ça ne va pas marcher comme ça.
04:29Les salariés qui sont dans la rue aujourd'hui, ça ne va pas marcher comme ça.
04:32Ils ne vont pas effacer avec l'ardoise, l'ardoise magique, en disant « c'est fini ».
04:36Et non, il n'y a pas d'ardoise magique. Les traces laissées sont trop grandes.
04:39Le gouvernement prend donc le risque que ça installe dangereusement dans les techs,
04:42l'idée que les manifs, ça ne sert à rien, et les grèves non plus.
04:45Et ça, ça laisse quoi comme option aux opposants ?
04:47Au choix, l'abattement, la guerre lasse, le sentiment d'impuissance,
04:51c'est-à-dire du carburant pour l'abstention ou le vote d'extrême droite.
04:54Ou alors « Beaucoup de ceux qui sont contre la réforme des retraites
04:58se posent cette question, faut-il aujourd'hui radicaliser le mouvement ? »
05:02Puisque défiler gentiment en bassination ne sert à rien,
05:05en tout cas c'est le message qu'on voit le gouvernement,
05:07il faudrait monter d'un cran dans l'opposition.
05:09Dans les deux cas, ce n'est pas un signe de pleine santé démocratique.
05:12Alors que faire pour éviter une vraie catastrophe ?
05:14Bon, ils peuvent toujours retirer leur réforme.
05:15Bon, on ne va pas se mentir, là, ce n'est pas parti pour, mais bon, ça s'est déjà
05:19vu.
05:19La crise aura donc duré neuf semaines exactement, un peu plus de deux mois,
05:24et elle s'achève sur le recul du gouvernement.
05:27Le CPE est enterré pour sauver les apparences.
05:30Les mots qui fâchent abrogation, suppression ou retrait n'ont pas été prononcés,
05:35mais c'est bien de cela qu'il s'agit.
05:37Par contre, il y a une autre porte de sortie, le référendum.
05:40Il y a l'article 11 de la Constitution qui autorise les parlementaires que nous sommes
05:46à déposer une proposition de moi pour un référendum d'initiative partagée,
05:50ce que nous allons faire.
05:51Astrid Panosion-Bouvé, là, elle serait contente.
05:53Un référendum, ce serait à la fois la légitimité politique et la légitimité sociale.
05:58C'est une des dernières portes de sortie par l'eau de cette affaire,
06:00et l'idée fait son chemin.
06:02Puisque ce débat sur les retraites a été vraiment salopé,
06:05je crois qu'il n'y a pas d'autres mots,
06:08le référendum permettrait de ne pas cristalliser des ressentiments.
06:14Non mais les gars, même Jean-Michel Apathy veut un référendum.
06:16Apathy, quoi, ça fait longtemps qu'il n'a pas vu une barricade, Jean-Michel.
06:19Et pourtant, lui aussi, il trouve ça claqué au sol votre passage en force.
06:22Alors, cher macroniste, si vous préférez jeter de l'huile sur le feu de la défiance,
06:26dérouler un tapis rouge à l'extrême droite,
06:28et léguer comme héritage de 10 ans de macronisme, 5 ans de Marine Le Pen,
06:30eh bien, continuez comme ça, vous êtes sur la bonne voie,
06:33sinon, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
06:34Mais faites votre boulot !
06:36Voilà, c'est la fin de cette chronique, j'espère qu'elle vous a plu.
06:38N'hésitez pas à la commenter, à la liker, abonnez-vous, allez en manif.
06:42Nous, on se dit à dans deux semaines.
06:43Allez, salut !

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