00:00T'as vu que CNews a interrogé Zemmour sur les retraites là ? T'as pas vu ? Vas-y
00:03passe l'extrait.
00:04Moi ce que je dis c'est que voilà, ce plan du gouvernement reprend globalement mes principes,
00:13donc je ne vais pas critiquer ce que j'ai défendu, mais il faut aller plus loin dans ce que
00:19je vous ai dit,
00:19les mesures sociales et l'encadrement, la globalité de cette politique pour sauver ce système de répartition.
00:30Oh mais c'est trop choupi, on dirait moi à l'école quand j'avais pas appris ma leçon,
00:33il peut pas qu'elle ait le mot islam alors il est tout perdu, le petit chat, il est tétanisé,
00:37oh j'ai envie de le prendre dans mes bras.
00:38Enfin, s'il n'était pas antisémite, misogyne, islamophobe et raciste bien sûr.
00:42Allez, générique.
00:47Bon, cette fois, on y est, la bataille des retraites a commencé.
00:56D'ailleurs j'espère que si vous regardez cette vidéo, c'est parce que vous êtes en grève,
00:59ou que vous êtes dans les transports en train de rejoindre la manif la plus proche de chez vous.
01:02L'opposition, les syndicats, tout le monde est gonflé à bloc contre la réforme de Macron,
01:06qui prévoit, comme vous le savez, de vous faire travailler jusqu'à 64 ans au lieu de 62.
01:09C'est bien simple, on se dirait revenu en 2019.
01:12Alors effectivement, il a dit qu'on était les grandes gagnants,
01:14donc on s'est interrogé, on s'est dit, sommes-nous vraiment les grandes gagnants ?
01:17Et qui dit mobilisation sociale, dit contre-offensive médiatique,
01:21pour vendre la réforme et surtout décrédibiliser ceux qui s'y opposent.
01:24On avait déjà évoqué ces techniques dans un épisode sur la grève des raffineries,
01:27mais allons-y pour une piqûre de rappel, dans cet épisode on va faire un petit inventaire
01:30des éléments de langage des macronistes et de leurs alliés.
01:33Et pour commencer, le classique des classiques, la prise d'otage.
01:37C'est très bien de manifester, ça fait partie de notre démocratie.
01:40Il y a deux lignes rouges, la première c'est de ne pas prendre en otage le pays
01:44et prendre en otage les français.
01:45Alors bon, passons sur l'usage plus que douteux de ce lexique dans une France
01:49qui a connu des attentats et des vraies prises d'otages.
01:51L'idée c'est que les français seraient majoritairement gênés par les conséquences de la grève
01:55causée par une minorité de grévistes.
01:57Mais puisque le gouvernement aime les majorités, enfin relativement,
02:00ben voilà l'une de majorité.
02:0280% des français n'en veulent pas de leur réforme.
02:05Alors c'est qui qui fait peser de la contrainte sur des français qui n'ont rien demandé alors ?
02:08Ça nous amène à un autre ressort narratif du gouvernement.
02:10Nous, on avance, eux, ils bloquent.
02:13Encore une fois, il y a un droit de grève qui existe dans notre pays.
02:15Ce droit de grève n'est pas un droit de blocage,
02:17n'est pas le droit d'entraver les français qui veulent aller travailler.
02:20Bah si, madame Berger, le droit de grève c'est précisément le blocage.
02:23La grève c'est rééquilibrer le rapport de force entre le capital et le travail.
02:26En rappelant que sans travail, on produit quand même beaucoup moins.
02:29Pas vrai les patrons ?
02:29Donc si tu débrayes pas l'activité, si tu stoppes pas la production,
02:32si tu ne bloques pas un chouïa, bah autant de rien faire.
02:35Alors oui, quand c'est les métiers essentiels qui font grève,
02:37vous savez ceux que vous avez applaudis pendant le Covid,
02:39bah oui, ça grippe un peu la machine.
02:41C'est le principe de la grève.
02:42La poignée de français qui provoque et bloque le pays,
02:46c'est le gouvernement, c'est cette poignée de ministres
02:51dont une partie sont des millionnaires.
02:52Après, le discours du blocage existe en version plus soft avec Elisabeth Borne.
02:57Et puis pour les syndicats, c'est un appel à la responsabilité,
03:00bien évidemment, il y a un droit de grève, il y a un droit de manifester,
03:03mais je pense que c'est important aussi de ne pas pénaliser les français.
03:06La pénalisation des honnêtes travailleurs dociles par les méchants grédits turbulents,
03:11grand classique là encore, voire un marronnier pour certains médias,
03:14comme ici sur BFM.
03:15Les vacances scolaires de février arrivent à grands pas.
03:18Ici à La Rochelle, on est en zone A, les vacances vont commencer le 4 février.
03:22Mais ce que vous me disiez, Philippe, c'est que ça avait déjà été très compliqué
03:25pendant les vacances de Noël, la première semaine.
03:27Tout à fait, oui. La première semaine de Noël, des vacances,
03:30ça a été plus calme que les autres années.
03:32Alors, je ne sais pas vous, mais moi, je ne vais pas laisser passer une réforme injuste
03:35pour que les habitants du 16e arrondissement puissent aller s'acheter leurs macarons
03:38en Charente-Maritimes.
03:39Je sais pourquoi la Charente en février en plus, ça n'a pas de sens.
03:42Dernier argument, le plus beau, non mais vous n'avez pas compris la réforme,
03:45on va donc vous la réexpliquer.
03:47Je crois que ces arguments n'ont pas été donnés clairement à tous les français.
03:52Donc, puisque vous n'êtes pas des flèches quand même, il vous la réexplique.
03:56La question est, est-ce qu'on peut vivre sans réforme des retraites ?
04:00Est-ce qu'on peut continuer sur l'équilibre, enfin le déséquilibre actuel ?
04:06Ah, le sauvetage du système, ça me rappelle un truc, tiens.
04:08Je crois qu'aujourd'hui, les jeunes générations, les actifs vont vivre plus longtemps
04:15et il est normal qu'ils travaillent un peu plus longtemps.
04:19Comment est-ce qu'on peut expliquer que la France soit le seul pays,
04:22le seul grand pays en Europe où on part à la retraite avant 65 ans ?
04:25Je comprends leurs manifestations, mais quelle est leur réalité ?
04:28C'est que si on ne fait pas la réforme, ils vont voir leur retraite s'effondrer.
04:32C'est quand même pas compliqué à comprendre.
04:34Même un subdeco comme moi qui n'a pas fait l'ENA,
04:36il comprend très bien que quand vous avez de moins en moins de gens qui vont payer
04:40et de plus en plus de gens qui vont toucher, là, il va y avoir un problème.
04:44Alors, c'est peut-être moi qui ne comprends pas ou on m'aura mal expliqué.
04:47Mais si à chaque réforme, on dit que c'est pour sauver le système par répartition
04:50et qu'à chaque fois, on doit refaire une nouvelle réforme 10 ans après,
04:53elles ne seraient pas toutes pourries, vos réformes, du coup ?
04:55Il y a peut-être d'autres pistes à explorer, non ?
04:57Que l'âge légal ou la durée de cotisation, genre,
04:59augmenter les cotisations salariales et surtout patronales.
05:03Ça ne cotise pas sur les retraites.
05:04Il y a des impôts au-dessus.
05:05Mais ça ne cotise pas pour les retraites.
05:07Pourquoi il n'y a pas une cotisation employeur de 11% ?
05:10Comme sur vos salaires, comme sur le mien.
05:1211% sur 300 milliards, c'est 30 milliards qui rentrent.
05:15C'est le double de ce que je cherche le gouvernement.
05:17Autre idée, on pourrait aussi rappeler que certes, on vit plus longtemps,
05:19mais on produit aussi davantage.
05:21Donc pourquoi pas consacrer un peu plus de richesse à la retraite ?
05:24Alors, c'est des propositions, hein ?
05:26Mais je crains que la Macronie nous fasse un blocage.
05:28Voilà, c'est la fin de cette vidéo.
05:29Merci de l'avoir suivie.
05:30J'espère qu'elle vous a plu.
05:31Bonne grève, bonne manif.
05:32Nous, on se retrouve en février pour un nouvel épisode.
05:34D'ici là, n'hésitez pas à vous abonner à la chaîne.
05:36Et surtout, n'oubliez pas, quand on a la tête dans le flux,
05:38l'important, c'est de garder les pieds sur terre.
05:40Allez, salut !
05:47Sous-titrage Société Radio-Canada