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  • il y a 1 semaine
Rencontre avec Gabrielle Siry-Houari, porte-parole du Parti socialiste, depuis l’expostion « Aux alentours du congrès de Tours » au musée de l’Histoire vivante de Montreuil. Elle réagit à l’éclatement de la SFIO en décembre 1920 qui allait donner naissance au Parti communiste français et au maintien du Parti socialiste.

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Transcription
00:09J'en retiens un moment de division, bien évidemment, parce que ça a été un moment de division,
00:13à la fois du fait du traumatisme de la guerre, de la colère vis-à-vis des dirigeants socialistes,
00:18et puis du fait de l'attrait de l'Union soviétique.
00:22Je pense aussi qu'une question qui a beaucoup joué, et on le voit en lisant les documents de l
00:27'exposition,
00:28c'est l'attitude vis-à-vis de la Révolution ou de la Réforme, on le voit dans le texte
00:33d'Émotions également.
00:35Et c'est ça en fait que j'ai envie de retenir, parce que les deux premiers éléments sont en
00:40fait inscrits historiquement dans un contexte bien particulier.
00:44Le dernier est pour moi ce qui a traversé toute l'histoire de la gauche au pouvoir au XXe siècle,
00:50c'est-à-dire, ça s'est un peu transformé, mais quelle attitude vis-à-vis du capitalisme financier, des
00:56contraintes extérieures,
00:58et quel volontarisme ou quel renoncement vis-à-vis de ces contraintes-là.
01:01Et donc évidemment, c'est quelque chose qui a beaucoup joué au moment du tournant de la rigueur,
01:06ou même lors du dernier quinquennat.
01:09Je pense que ce sont deux parties qui ont eu et qui ont toujours leur utilité là où ils sont.
01:15Moi, je considère qu'avoir un ou même plusieurs parties à sa gauche, c'est très utile, parce que ça
01:22joue en fait le rôle d'aiguillon.
01:24J'espère que mes camarades communistes ne m'en voudront pas, mais d'aiguillon à gauche, qui est pour moi
01:28quelque chose de très important.
01:31Et comme vous le disiez, je pense que ce qui est important, c'est surtout les moments de rapprochement,
01:35les moments de rapprochement pour exercer le pouvoir, puisque maintenant, c'est une question qui a été tranchée au sein
01:40des deux parties,
01:41OPS comme OPC, puisque oui, la gauche a vocation à exercer le pouvoir.
01:46Et c'est d'ailleurs ce qu'on fait, notamment là où je suis élue dans le 18e arrondissement,
01:50où la majorité est socialiste, communiste, ELV et Génération.
01:59L'heure est au travail en commun, à une période particulière où, selon moi, depuis les années 80,
02:06on est dans une situation où le pouvoir des États s'est considérablement affaibli,
02:12sous le coup de la libéralisation des marchés de capitaux.
02:16Donc travail en commun face à une situation où les leviers d'action peuvent être moins importants,
02:22en tout cas au niveau étatique, on voit en revanche la montée en puissance des communes.
02:25Mais travail en commun face à des lobbies qui sont en fait de plus en plus puissants,
02:30et qui nécessitent donc un volontarisme politique et une unité sans précédent pour y résister
02:34et tenter de défendre la justice sociale, défendre la justice sociale et l'exercer là où on est au pouvoir.
02:43Travailler en commun, bien sûr, aussi face à l'urgence climatique.
02:46Donc ça, c'est quelque chose qui était complètement absent des débats du Congrès de Cour,
02:50mais qui est un point majeur de la scène politique à gauche aujourd'hui, à juste titre,
02:55parce que je crois qu'aujourd'hui, la gauche ne peut plus se poser la question de savoir
02:59faut-il exercer le pouvoir ou non, c'est de sa responsabilité face à une telle urgence.
03:04On n'est plus dans une conception du temps assez linéaire où la question est
03:07quand est-ce que la révolution va devenir, quand est-ce que les catastrophes climatiques
03:12vont devenir complètement irréversibles, et donc comment on empêche ça,
03:15et donc tout ce qu'on peut faire, tout ce qu'on peut prendre pour l'empêcher
03:18et pour lutter contre le changement climatique et s'y adapter,
03:22et de la responsabilité de la gauche.
03:24Et puis enfin, travail en commun, travail doctrinal en commun aussi,
03:28et je vais parler d'un point qui m'est particulièrement cher,
03:31sur lequel je travaille notamment avec Elsa Faucillon du Parti communiste,
03:35que j'en profite pour saluer.
03:38C'est la question d'une domination qui avait été occultée à l'époque,
03:41mais c'est la question de la domination masculine.
03:43Donc au Congrès de Tours, il y avait 5 femmes sur 300 délégués,
03:47et aujourd'hui je crois que la gauche, qui est forte d'un certain nombre de réalisations en fait,
03:53qui est le parti du progrès de l'égalité femmes-hommes,
03:57doit toutefois encore progresser dans toutes ses composantes,
04:00sur l'analyse de cette forme de domination,
04:03qui avait d'ailleurs été complètement occultée par Marx.
04:05Et ce que je trouve vraiment hyper intéressant en ce moment,
04:08c'est toutes les publications, que ce soit de Silvia Federici,
04:12ou le récent ouvrage Le genre du capital,
04:15qui vise en fait à réintégrer, à confronter la théorie marxiste
04:20aux inégalités femmes-hommes et à la domination des femmes.
04:26Et donc ça, c'est quelque chose qu'on fait à gauche,
04:27et notamment les femmes de gauche,
04:29puisqu'on a organisé pendant le confinement un meeting de toutes les tendances de gauche,
04:34avec une représentante de chaque partie,
04:37qui visait à mettre en lumière en fait le fait que les femmes étaient au premier plan,
04:41de la crise sanitaire, les caissières, les infirmières,
04:45très majoritairement des métiers précaires et exercés par des femmes,
04:49et qu'en parallèle, le pouvoir reste très majoritairement exercé par des hommes.
04:53Et donc ça doit tous nous interroger, et toutes collectivement.
05:01Sous-titrage Société Radio-Canada

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