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  • il y a 6 heures
Dans un contexte social tendu, inflation galopante et un pourvoir d'achat en recul, le gouvernement prône "la sobriété". De son coté, la CGT appelle à une grande journée de mobilisation sociale le 29 septembre pour "gagner des augmentations de salaire". Le face à face Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT et Roland Lescure, ministre chargé de l’industrie, lors de la Fête de l'Humanité 2022, s'annonce sans concession.

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Transcription
00:00Bonjour à toutes, bonjour à tous.
00:03A l'occasion de cette rentrée sociale,
00:06nous avons proposé au secrétaire général de la CGT,
00:09Philippe Martinez,
00:10et au ministre chargé de l'Industrie, Roland Lescure,
00:13de confronter leur vision de la politique industrielle
00:17dont la France a besoin.
00:18Merci à eux d'avoir accepté ce débat.
00:21Cette politique industrielle est aujourd'hui sévèrement questionnée
00:25par les deux crises majeures que traversent notre pays
00:29et le reste de l'Europe.
00:31La crise du Covid, qui est en grande partie derrière nous,
00:34mais bon, dont on ne sait pas si elle est complètement terminée.
00:37Et puis celle de l'énergie qui débute.
00:41Ces crises ont mis en lumière chacune à leur manière
00:44les faiblesses de notre outil industriel
00:47et leurs conséquences sur le plan économique et social.
00:50Et de ce point de vue, d'ailleurs, on ne mesure pas encore
00:54complètement l'ampleur des effets de la crise de l'énergie
00:57que nous sommes en train de vivre.
00:59Mais les conséquences de ces crises sont plus larges
01:01puisqu'elles affectent aussi l'indépendance
01:05et la souveraineté même de notre pays
01:07qui se trouve entravée ou contrainte dans ses choix
01:11par sa dépendance à d'autres acteurs,
01:13étrangers, Etats ou entreprises.
01:17Alors on l'a vu au moment du Covid avec le manque de biens essentiels,
01:20les masques, les blouses, les respirateurs,
01:23faute de stocks ou de sites de production en France
01:26dotés des capacités suffisantes.
01:29Avec la crise de l'énergie, c'est désormais des pans entiers
01:33de production industrielle qui risquent la mise à l'arrêt
01:36avec l'emballement des prix.
01:39Alors peut-être une première question
01:41qui serait sous forme de diagnostic,
01:44le diagnostic que chacun d'entre vous peut dresser.
01:47de quoi souffre notre industrie ?
01:51Est-ce que c'est d'un problème de compétitivité ?
01:54Est-ce que c'est un problème de savoir-faire,
01:55de perte de savoir-faire ?
01:57Est-ce qu'elle souffre de la priorité donnée
01:59à la rentabilité financière ?
02:01D'un défaut de planification ?
02:04D'un manque de volonté politique ?
02:06Ou encore des délocalisations
02:08qui ont affaibli l'appareil productif ?
02:12Roland Lescure, vous commencez ?
02:14Je me lâche. Bonjour à tous et à toutes.
02:18Merci à l'Humanité pour son invitation
02:20et merci à Philippe Martinez d'avoir proposé
02:24qu'on débatte ensemble de ce sujet important.
02:26On en parle régulièrement dans nos échanges institutionnels,
02:28mais je suis heureux de pouvoir échanger en public avec vous
02:30et singulièrement ici.
02:33Aujourd'hui, le diagnostic que je porte sur l'industrie française,
02:36c'est qu'on a une industrie française un peu coupée en deux.
02:39Jeudi matin, j'étais dans le Maine-et-Loire,
02:42dans les territoires du Mauge,
02:43à l'inauguration d'une usine,
02:45d'une entreprise, le groupe Lacroix,
02:47qui est une entreprise qui existe depuis presque 100 ans,
02:49qui fait des composants électroniques,
02:51qui se développe, qui investit,
02:53et d'ailleurs l'Etat, dans le cadre du plan de relance,
02:56a investi à ses côtés,
02:58qui crée de l'emploi et qui est orienté
03:01vers l'économie de demain.
03:03Les véhicules connectés,
03:05ce qu'on appelle l'Internet des objets,
03:07toute l'industrie électronique,
03:09aujourd'hui, est en pleine bourse, si je puis dire,
03:11dans les territoires de Mauge.
03:13Il y a 20 000 emplois,
03:15on est à un taux de chômage de 4%,
03:16ça, c'est l'industrie qui va bien.
03:19Et puis, hier matin,
03:20j'étais à Arc,
03:22dans le Pas-de-Calais,
03:23visiter la cristallerie,
03:25vous connaissez sans doute,
03:26d'Arc,
03:26qui, elle, souffre beaucoup plus,
03:27et vous l'avez dit,
03:28souffre notamment
03:29de la hausse très forte des coûts de l'énergie,
03:31et qui les conduit d'ailleurs
03:33à fermer certains de leurs fours,
03:35et à passer une partie de l'activité
03:38en chômage partiel.
03:39Et moi, je considère que mon travail
03:41comme ministre de l'Industrie,
03:42c'est de tenir les deux bouts,
03:43à la fois de continuer à aider
03:45les entreprises qui ne vont pas très bien,
03:47même si je suis persuadé,
03:49et on en a parlé beaucoup hier
03:50avec les salariés,
03:51que Arc a de l'avenir,
03:52mais aussi continuer à accompagner
03:54les entreprises qui vont bien,
03:56qui sont dans des industries d'avenir,
03:58pour que ces industries continuent
04:00à investir,
04:00à créer de l'emploi,
04:01et d'une certaine manière
04:03à conquérir des marchés de demain.
04:07Merci, merci, monsieur le ministre.
04:09Philippe Martinez, votre diagnostic.
04:12Oui, bonjour à toutes et à tous.
04:22Applaudissez pas trop, on n'a qu'une heure.
04:26Le diagnostic, ça fait longtemps qu'on l'a fait.
04:30De quoi souffre l'industrie ?
04:31Elle souffre d'une logique de rentabilité financière.
04:35L'industrie, ça ne se pense pas année par année.
04:39L'industrie, ça se pense à 20 ans, à 30 ans.
04:43Or, quand on est confronté,
04:45et vous le savez très bien,
04:46à des logiques de rentabilité
04:49avec des actionnaires
04:50qui en demandent toujours plus chaque année,
04:52eh bien, les actionnaires,
04:54ils s'en foutent de ce qui se passera il y a 30 ans,
04:56de ce qui se passera dans 30 ans.
04:58Eux, ce qu'ils veulent,
04:59c'est avoir des sous à la fin de l'année.
05:00Eh bien, l'industrie, ça ne marche pas comme ça.
05:02L'industrie, c'est de l'investissement à long terme.
05:05C'est de l'investissement sur les hommes et les femmes
05:09qui travaillent, sur les machines.
05:11Et donc, voilà le problème de l'industrie
05:14depuis des années.
05:15Je finis.
05:19Et le problème, c'est qu'on a un État,
05:23et ça n'a pas commencé avec vous.
05:26C'est la dernière fleur que je vous ferai.
05:29Ça n'a pas commencé avec vous.
05:34Quand un Premier ministre ou des ministres
05:38sollicités pour investir dans des entreprises,
05:41notamment privées, mais aussi publiques,
05:44nous disent,
05:45l'État ne peut pas tout,
05:47on ne peut pas se mêler des affaires d'une entreprise,
05:49eh bien, forcément, ça donne le champ libre
05:52aux actionnaires et aux dirigeants d'entreprise
05:55pour dire, eh bien, on continue comme ça,
05:57personne ne nous embête,
05:58hormis les salariés, évidemment.
06:00Donc, ce qu'il faut, c'est, premièrement,
06:04que quand l'État aide les entreprises
06:06et vous en avez beaucoup aidé,
06:08là, c'est vous, enfin, c'est vous,
06:09c'est votre prédécesseur.
06:11Si, non, c'était une femme, d'ailleurs.
06:13Quand on donne de l'argent aux entreprises,
06:15sans demander à quoi ça va servir,
06:19et de leur dire,
06:20si ça ne sert pas à ce que vous nous dites,
06:23c'est-à-dire développer des machines,
06:25mieux payer les salariés, embaucher,
06:28eh bien, on vous reprendra l'argent,
06:29eh bien, c'est la fête pour eux.
06:31Et on l'a bien vu,
06:32et on a quelques exemples dans la dernière période
06:34où on a donné beaucoup d'argent aux entreprises,
06:37j'en connais une particulièrement,
06:39c'est la mienne, Renaud,
06:40on a donné beaucoup d'argent aux entreprises,
06:43sans leur demander quoi que ce soit,
06:45sans conditionner les aides,
06:47eh bien, il y a des plans de licenciement,
06:50et puis, vous l'avez sans doute noté,
06:54Renaud, pour lutter contre le réchauffement climatique,
06:57dit à Dacia,
06:58la voiture électrique, on va la faire en Chine,
07:02on va la faire en Chine.
07:03Vous savez,
07:04est-ce que vous savez,
07:06est-ce que vous savez combien de temps
07:08il faut rouler en Dacia électrique
07:13pour atteindre la neutralité carbone ?
07:17200 000 km.
07:19C'est-à-dire qu'au bout de 200 000 km,
07:22votre voiture, elle est écolo.
07:23C'est ça, l'investissement.
07:25Et puis, je finis...
07:26Oui, parce que là, vous dites beaucoup de choses,
07:28donc je vais avoir du temps pour répondre, j'espère.
07:30Je dis beaucoup de choses,
07:31mais peu de conneries, quand même,
07:32vous avez noté.
07:33Non, on va voir, on va voir.
07:36Et donc, je finis.
07:38Et donc, la dernière,
07:41dans cette même entreprise,
07:42on va investir, tenez-vous bien,
07:45en Arabie Saoudite,
07:47pays des droits de l'homme et de l'écologie,
07:51et en Chine,
07:54pays des droits de l'homme et de l'écologie.
07:56Et c'est dans une entreprise,
07:57je finis, parce que là,
07:58vous allez me dire ce que vous allez faire,
08:00dans une entreprise où, vous le savez,
08:02l'Etat est premier actionnaire.
08:04Merci.
08:11Moi, je voudrais d'abord,
08:12puisqu'il m'en a fait une,
08:13commencer par vous faire une fleur à vous aussi,
08:15mais elle est méritée.
08:17Moi, il y a 30 ans,
08:18j'ai commencé à travailler comme jeune fonctionnaire.
08:20À l'époque, politique industrielle,
08:21c'était un gros mot.
08:22En France, on considérait que la politique industrielle,
08:25c'était pour ailleurs.
08:26Et je dois reconnaître que la CGT,
08:29le Parti communiste, à l'époque,
08:30déjà n'étaient pas d'accord avec cette stratégie.
08:33C'est plus le cas.
08:34Aujourd'hui, d'abord, il y a un ministre de l'Industrie
08:36qui, j'espère, l'incarne,
08:38mais ça fait maintenant une petite dizaine d'années
08:40que la France est prête à avoir une politique industrielle active
08:45pour réindustrialiser la France.
08:49Et qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas,
08:51ça a commencé à porter ses fruits.
08:53On a créé de l'emploi industriel dans le dernier quinquennat en France.
08:56On ne l'avait pas fait depuis 25 ans.
08:58On a commencé à réinstaller des usines en France.
09:01On ne l'avait pas fait depuis des années.
09:03Et oui, aujourd'hui, j'y étais jeudi,
09:05et ça va continuer.
09:06Il y a des usines qui s'implantent en France.
09:08Et c'est en partie grâce à la politique du gouvernement,
09:12en partie aussi grâce à des capitaux privés,
09:14y compris en provenance d'actionnaires internationaux,
09:16qui viennent investir en France.
09:19Et si la France, aujourd'hui, attire des investisseurs,
09:22c'est, je pense, parce qu'on a porté une politique depuis 7 ans
09:25à laquelle vous êtes largement opposés,
09:26et c'est votre droit,
09:27mais qui a donné plutôt envie à un certain nombre de gens
09:30d'investir en France.
09:32Et moi, je vois régulièrement des actionnaires,
09:35et je sais, et vous avez sans doute là encore raison,
09:38deuxième fleur,
09:39qu'il y a des actionnaires dont l'horizon est trop court terme.
09:42Mais il y en a d'autres aussi
09:43qui souhaitent investir à long terme.
09:45Jeudi, l'usine qu'on a inaugurée
09:47dans les territoires de Mauge,
09:49c'est un actionnaire familial qui la détient.
09:52Il a hérité l'entreprise de son père
09:54qui lui-même l'avait hérité de son grand-père.
09:56Je peux vous dire que cet investisseur-là,
09:58il a eu de l'aide de l'État,
10:00il ne l'a pas utilisé pour cramer la caisse,
10:02il l'a utilisé pour investir dans son territoire
10:05et dans son industrie.
10:06L'actionnaire d'Arc,
10:08hier, j'étais chez Arc,
10:11l'actionnaire d'Arc,
10:11c'est un actionnaire américain.
10:14Bouh !
10:15Il a repris l'entreprise en 2015.
10:17Je peux vous dire qu'à chaque fois
10:19que l'État a mis de l'argent dans Arc,
10:22à chaque fois, l'investisseur,
10:23l'actionnaire lui aussi, en a remis.
10:25Donc on peut tout caricaturer,
10:27qu'on s'adirait que tous les actionnaires
10:29sont des brigands,
10:30et il y en a,
10:30et je pense que ceux-là,
10:31il faut s'en occuper,
10:33ou considérer, c'est mon cas,
10:35qu'on peut aujourd'hui avoir des gens
10:37qui souhaitent, oui, faire de l'argent,
10:38mais en développant les entreprises,
10:40en développant l'innovation,
10:42j'ai encore un truc à dire,
10:43donc je sens qu'il va se jeter sur moi,
10:44mais j'ai encore un truc à dire,
10:46et en développant l'emploi.
10:48Ensuite, il y a un vrai sujet de fonds,
10:50sur lequel on va peut-être être opposé,
10:52qui est, est-ce que Renault, par exemple,
10:54devrait investir en Chine ?
10:56En tout cas, non.
10:58Philippe Martinez pense que non.
11:00C'est l'histoire de la globalisation.
11:03La globalisation, on peut être à fond contre,
11:06on peut être peut-être un peu plus modéré
11:09dans son appréciation,
11:10et réaliser que la globalisation,
11:12elle a une face sombre,
11:14et je vais y revenir,
11:15elle a aussi une face claire.
11:17Depuis 30 ans,
11:18depuis que la Chine est entrée dans l'OMC,
11:20on a sorti près d'un milliard de gens
11:22de la pauvreté dans le monde.
11:24On a réduit des inégalités
11:25dans un certain nombre de pays.
11:27Eh oui !
11:29Et ça, je pense qu'il ne faut pas
11:31jeter ce bébé avec l'eau du bain.
11:33D'un autre côté,
11:34oui, on a tiré sur l'environnement,
11:36et oui, on a créé des inégalités,
11:38notamment dans les industries,
11:39en France et ailleurs,
11:41qu'on a désindustrialisées.
11:42Et pour ça, ça veut dire quoi ?
11:44Ça veut dire qu'il faut continuer
11:45à rester ouvert,
11:46que la France ne doit pas
11:47se replier sur elle,
11:48mais qu'il faut arrêter d'être naïf.
11:50Et là, deuxième fleur,
11:51je vous le reconnais,
11:52vous n'êtes pas naïf,
11:53et je dirais,
11:55les autorités l'ont été
11:56un peu trop longtemps.
11:57Mais on ne l'est plus naïf.
11:58On ne l'est plus.
11:59Aujourd'hui,
12:00on a un décret,
12:02j'y ai participé,
12:03qui protège les industries
12:04stratégiques en France.
12:05On a des investissements
12:07dans des industries d'avenir.
12:08Et on a voté au niveau européen
12:11une taxation aux frontières
12:12qui permet d'équilibrer
12:15les émissions carbone
12:17entre les Dacia
12:18qui sont faites à Chine
12:19et, j'espère,
12:20les Dacia qui seront
12:21bientôt faites en Europe.
12:22Écoutez,
12:24vous pouvez me parler
12:26qu'on a créé
12:27des emplois industriels.
12:29Depuis 30 ans,
12:30il y a de moins en moins
12:31d'emplois industriels.
12:33Et le gouvernement précédent
12:36y a largement contribué.
12:38je ne vais pas vous faire
12:38la liste de toutes les usines
12:40qui ont fermé
12:41et notamment des usines.
12:43Et d'ailleurs,
12:44et d'ailleurs,
12:46heureusement qu'il y a
12:46des militantes
12:47et des militants CGT
12:48dans ces entreprises
12:49qui se battent au quotidien
12:54pour garder leur emploi.
12:56Mais parce que, eux,
12:57ils ont une autre vision
12:58de la France.
12:59Et vous vous attendez certainement.
13:03Moi, je veux citer l'exemple
13:04de la chapelle d'Arblai.
13:05c'est pas grâce au gouvernement
13:07que cette usine,
13:07elle va réouvrir,
13:08M. Lescure.
13:10C'est parce qu'il y a
13:11des militants de la CGT
13:12qui se sont battus
13:13pendant deux ans.
13:15Deux ans.
13:18Deux ans.
13:19À trois.
13:20À trois.
13:22Et qui ont fait pression,
13:24évidemment,
13:25sur des capitaux privés
13:26parce qu'on vit dans un monde
13:28où il y a, pour l'instant,
13:29tant qu'on ne les a pas virés,
13:30on en a besoin.
13:32Ils se sont battus aussi
13:34face à un gouvernement
13:36le ministre de l'économie.
13:37C'est le même qu'avant
13:39qui ne voulait pas investir
13:40parce que lui,
13:40il voulait faire autre chose.
13:42Donc ça, c'est la réalité.
13:43Alors, évidemment,
13:44on a des exemples.
13:45Moi, j'ai été à Arc avant vous.
13:47Moi, j'y ai été il y a quatre ans.
13:49J'ai discuté avec les salariés.
13:51Ils ont souffert
13:52du manque d'investissement.
13:54Ils ont souffert
13:55du manque d'aide.
13:57L'industrie, je vous le répète,
13:59c'est pas au coup par coup.
14:01C'est pas chaque jour
14:03ou chaque année
14:03qu'on y réfléchit.
14:04La deuxième chose,
14:06c'est que la mondialisation,
14:08moi, je veux bien que
14:10vous vouliez faire
14:11le bonheur des hommes
14:13et des femmes dans le monde.
14:14Mais il ne faut pas exagérer quand même.
14:17En général,
14:19en général,
14:20et vous le savez très bien,
14:21et vous le savez vous-même,
14:22quand un industriel,
14:25y compris français,
14:26puisqu'on en a cité un,
14:27mais d'autres,
14:28va s'implanter
14:29dans un autre pays,
14:32c'est parce que,
14:33évidemment,
14:34les salaires ne sont pas au niveau
14:36et ils sont loin d'être au niveau.
14:38Il y a des écarts,
14:39parfois,
14:40de 60%
14:42entre des travailleurs
14:44ici
14:44et des travailleurs
14:45dans d'autres pays
14:46qui font le même boulot,
14:47qui fabriquent
14:48les mêmes choses,
14:4960% d'écart.
14:50Donc,
14:51ce n'est pas pour aller
14:52leur dire
14:53on veut votre bonheur.
14:55La deuxième chose,
14:55c'est que vous savez très bien,
14:56moi,
14:57j'ai souvent été confronté
14:58à des dirigeants d'entreprises,
15:00on leur dit
15:01mais il faut mettre en place
15:02des mesures d'hygiène-sécurité,
15:04il faut respecter
15:06un certain nombre
15:07de lois sociales.
15:08Ils me disent
15:08nous,
15:09on respecte
15:10les lois en vigueur
15:11dans le pays.
15:12Bon,
15:12ben voilà,
15:13quand vous avez
15:14les lois en vigueur
15:14sur le travail en Turquie,
15:16je cite un autre pays
15:17que la Chine,
15:18vous voyez,
15:19on se rapproche là.
15:21Eh bien,
15:21vous savez très bien
15:22que en Turquie,
15:24les libertés syndicales,
15:25on n'en parle même pas,
15:26on n'en parle même pas,
15:28le droit de faire grève,
15:29c'est une,
15:30c'est une,
15:31le droit de faire grève,
15:32c'est pas,
15:33c'est pas une revendication
15:35de la CGT,
15:35c'est un droit constitutionnel
15:39inscrit par l'ONU
15:40et l'OIT,
15:41le droit de faire grève,
15:42c'est le minimum.
15:44Et quand on vous répond,
15:47ah ben,
15:47nous on est correct,
15:49on respecte les lois
15:50en vigueur dans le pays.
15:52C'est pour ça que d'ailleurs
15:53nous nous battons
15:54pour que,
15:55vous voyez,
15:56je vous fais une autre proposition
15:57mais vous la connaissez,
15:58quand il y a des appels d'offres,
16:00au moins dans les marchés publics,
16:01parce que c'est nos impôts
16:04les marchés publics,
16:05ben quand il y a des appels d'offres,
16:06qu'on mette dans les appels d'offres
16:09des règles sociales
16:12et environnementales claires
16:13et que tous ceux
16:14qui viennent concourir
16:15les industriels,
16:17parce qu'il y a des industries
16:18à ces appels d'offres,
16:20soient obligés de respecter
16:21des règles sociales
16:23et des règles environnementales,
16:25vous allez voir
16:26que ça va changer le pays,
16:27on va changer le pays
16:29et changer l'industrie.
16:31Et puis,
16:31nous on ne veut pas
16:32que les autres salariés
16:35du monde entier,
16:35parce qu'on est internationalistes,
16:37ils n'aient pas de boulot,
16:39mais à chaque fois,
16:40et c'est eux qui nous le disent,
16:42à chaque fois que vous en avez moins,
16:44vous, en Europe et en France,
16:46on en a moins chez nous,
16:48dans le monde.
16:49Plus on augmente
16:51les mesures sociales ici,
16:53plus il y a des chances
16:54que chez eux ça augmente.
16:55C'est l'inverse qui se passe.
16:57Donc oui,
16:58il faut,
16:58et là vous avez tout pouvoir
16:59pour le faire,
17:00y compris à l'échelle européenne,
17:02définir des règles claires
17:04sur les appels d'offres
17:06des marchés publics
17:06pour dire que ceux
17:08qui ne respectent pas
17:09les règles de l'ONU,
17:11pas les revendications de la CGT,
17:12les règles de l'ONU,
17:14eh bien,
17:14ils n'ont pas le droit
17:15de concourir aux marchés publics.
17:17Et je vous fais
17:18une dernière proposition
17:19pour l'instant.
17:20Allez, brièvement.
17:21Toujours brièvement,
17:22vous me connaissez.
17:24Vous voyez,
17:25parce que les questions
17:26d'environnement
17:27nous préoccupent énormément,
17:28comme vous,
17:29comme beaucoup de monde
17:30en France et en Europe.
17:32Eh bien,
17:33vous le savez,
17:34les canalisations
17:35qui nous amènent
17:36l'eau potable,
17:37il y a plus de 25%
17:41de cette eau
17:42qui part dans la nature
17:43puisqu'il y a des fuites
17:45dans les canalisations.
17:46C'est des canalisations
17:47qui ont...
17:47Voilà un vrai chantier
17:49qui peut,
17:50premièrement,
17:51être au service
17:52des citoyens,
17:53deuxièmement,
17:55évidemment,
17:55travailler pour l'environnement.
17:57Et voilà un beau projet industriel
17:58parce qu'il faut faire
17:59des tuyaux
18:00pour les canalisations.
18:01Moi, je connais des boîtes
18:02en France
18:03qui les font très bien.
18:05Il faut du BTP,
18:06ça fait du travail
18:07pour les ouvriers
18:08du BTP
18:09et puis on fait
18:10des circuits courts.
18:11Il n'y a pas besoin
18:11d'amener les canalisations
18:12de Chine
18:13ou de je ne sais où.
18:15Alors...
18:15Roland Lescure,
18:17on essaie d'être concis.
18:19Ils essaie d'être concis
18:20parce qu'il y a
18:21beaucoup de thèmes
18:21à aborder
18:22et après,
18:23on essaie de se concentrer
18:24sur les questions
18:25de transition écologique,
18:26transition numérique
18:27de l'industrie.
18:27C'est très important
18:27quand même
18:28ce qu'il a dit,
18:29Philippe Martinez.
18:29À la fois...
18:30Toujours, toujours.
18:31Il faut toujours écouter
18:32Philippe Martinez
18:32même quand on n'est pas
18:33d'accord avec lui.
18:35Et je suis peut-être
18:35le seul dans la salle
18:36mais quand même.
18:37Non mais d'abord,
18:40je dirais la grande histoire
18:41et ensuite la petite histoire
18:42si je puis dire.
18:43Donc la grande histoire,
18:44c'est la globalisation.
18:46En juillet dernier,
18:47moi j'étais à Versailles
18:49et j'ai rencontré
18:50des investisseurs internationaux
18:51et ils ont annoncé
18:53ce jour-là
18:53des dizaines et des dizaines
18:55d'investissements
18:56en France
18:56dont un très gros investissement
18:59dans les puces électroniques
19:01en Isère
19:02de 4 milliards d'euros
19:03avec 1 000 emplois à la clé.
19:05Au total,
19:05Choose France,
19:06c'était 4 000 emplois.
19:08Le partenaire de ST
19:10qui vient s'installer en France,
19:11c'est un partenaire indien.
19:13Est-ce que vous pensez
19:14qu'il vient en France
19:15parce que le droit du travail
19:16en France
19:17est moins protecteur
19:19qu'en Inde ?
19:19Non.
19:22Il vient en France
19:23parce qu'il considère
19:25qu'on a des ingénieurs
19:26de qualité,
19:26parce qu'il considère
19:27qu'on a des salariés
19:28de qualité,
19:29parce qu'il considère
19:29qu'on a de la recherche
19:31de qualité.
19:32Oui,
19:32qu'on a des dispositifs
19:33de soutien
19:34qui aident à la recherche
19:35et à l'innovation
19:36et parce qu'il considère
19:37que le marché européen,
19:38le marché unique
19:41auquel je suis sûr
19:42un certain nombre
19:42d'entre vous
19:43sont opposés,
19:44et bien ce marché unique
19:45c'est le plus grand marché
19:46du monde
19:46et pour un investisseur indien
19:48venir en France,
19:49investir,
19:50créer de l'emploi,
19:51c'est aussi avoir accès
19:52à ce marché.
19:54Donc je ne veux pas
19:55simplifier l'idée
19:56selon laquelle
19:57quand on envoie des jobs
19:58en Inde,
19:58c'est pour rabattre
20:00les critères sociaux
20:01en France
20:01et vice-versa
20:02parce que ce n'est pas
20:02comme ça que ça marche.
20:04Maintenant,
20:05je le répète,
20:05il ne faut pas être naïf.
20:06Sur la chapelle d'Arbelet,
20:07parce que ça,
20:08c'est un exemple important
20:09que j'ai découvert
20:09en arrivant,
20:10il faut reconnaître.
20:13Oui, désolé,
20:14je n'étais pas allé
20:14à la chapelle d'Arbelet,
20:16je vais y aller,
20:17je l'ai découvert
20:17et vous savez quoi,
20:18c'est Philippe Martinez
20:19qui m'en a parlé
20:20le premier.
20:21Et depuis,
20:21j'en ai parlé
20:22avec le patron
20:23d'une très grande
20:24entreprise française,
20:25privée,
20:25capitaux privés,
20:26qui va investir
20:27pour sauver
20:28la chapelle d'Arbelet.
20:29J'en ai parlé
20:29avec les gens
20:30du ministère des Finances
20:31parce que je le répète
20:32qu'il y a 30 ans,
20:33la politique industrielle,
20:34c'était un gros mot.
20:35Maintenant,
20:35il y a des gens à Bercy
20:36qui travaillent
20:37avec les industriels,
20:38qui travaillent
20:38avec les organisations syndicales
20:40pour réindustrialiser la France.
20:42Et c'est vrai,
20:43c'est vrai qu'il y avait
20:44un désaccord
20:45sur l'orientation
20:46de la chapelle d'Arbelet
20:47pour simplifier.
20:48Est-ce que ça doit devenir
20:50une entreprise
20:51qui recycle du papier
20:52pour faire des cartons
20:54pour livrer Amazon
20:55entre nous ?
20:56Il ne faut pas l'oublier.
20:58Pas que,
20:58non, non.
20:59Je finis.
20:59Je connais mieux le sujet
21:00que vous.
21:01Non, ça c'est vrai,
21:01mais je commence
21:02à l'étudier de près quand même.
21:03Mais je le connais
21:03encore mieux que vous quand même.
21:04Ou autre chose.
21:05Et il faut reconnaître
21:06aujourd'hui,
21:07en partie grâce à la sagacité
21:09et un peu l'opiniâtreté
21:11de mon voisin de gauche,
21:12il y a un investisseur privé
21:13aujourd'hui
21:14qui est prêt
21:14à investir de l'argent
21:15pour redynamiser
21:16la chapelle d'Arbelet.
21:17Et on est en train
21:18de regarder
21:18ce qu'on peut faire
21:19au niveau de l'État
21:21pour aider cette entreprise.
21:22Donc je ne veux pas
21:23qu'on caricature aujourd'hui.
21:25Il y a des investisseurs privés,
21:26des Français,
21:27des internationaux
21:28qui investissent en France.
21:29Il y a un État
21:30qui a une politique industrielle
21:32positive
21:32et ce n'était pas le cas.
21:34Et il y a, c'est vrai,
21:35des salariés
21:36et des organisations syndicales
21:38qui, dans l'ensemble,
21:40et des partis politiques
21:41qui, dans l'ensemble,
21:43pas tous,
21:43aiment l'entreprise,
21:44aiment l'industrie
21:45et veulent qu'on travaille
21:46ensemble dans le bon sens.
21:47Et on ne sera
21:48pas toujours d'accord
21:49sur les moyens,
21:51pas toujours d'accord
21:52sur les conditions,
21:53mais en tout cas,
21:54l'objectif,
21:54il est le même aujourd'hui.
21:56C'est de recréer
21:57de l'emploi industriel
21:57en France,
21:58dans les territoires,
21:59parce que, pour moi,
22:00c'est aussi
22:01une nécessité politique.
22:03Quand l'industrie monte,
22:06l'extrême droite,
22:07elle baisse.
22:08Et pour moi,
22:08c'est extrêmement important
22:10aussi de contribuer
22:11à ce combat.
22:12Merci à vous deux.
22:15S'il vous plaît.
22:17S'il vous plaît.
22:18S'il vous plaît.
22:18On va laisser le débat
22:21se poursuivre.
22:22Et Philippe Martinez
22:24se fera votre porte-parole
22:26face au ministre
22:27de l'Industrie.
22:28Allez, Marie.
22:29Sans doute pas.
22:29Merci.
22:30Merci à vous deux.
22:31Pour rester dans un thème
22:32assez similaire,
22:33je vous propose d'aborder
22:34la question des défis
22:35auxquels est confrontée
22:39l'industrie.
22:40On en a un petit peu parlé,
22:41ils sont nombreux.
22:42Je pense notamment
22:43à la transition écologique,
22:44à la transition numérique,
22:45dont l'industrie
22:46est un acteur notable.
22:49L'industrie automobile,
22:50par exemple,
22:50vous en parliez,
22:51est une bonne illustration
22:52de ces défis
22:53auxquels l'industrie
22:55doit répondre.
22:56Alors comment faire
22:57pour les relever ?
22:57Faut-il investir massivement ?
22:59Si oui,
23:00faut-il que ce soit
23:00de l'argent public
23:01ou de l'argent privé ?
23:02Faut-il créer
23:03de nouvelles filières ?
23:04Quelle forme doit prendre
23:05l'éventuel soutien de l'Etat ?
23:07Philippe Martinez,
23:08peut-être.
23:08Qu'en pensez-vous ?
23:09Oui, c'est une excellente question
23:12sur un sujet
23:13que je ne maîtrise pas beaucoup.
23:16Premièrement,
23:17je me fais une petite aparté
23:18parce que vous savez,
23:20les puces qui vont
23:21dans les voitures d'ailleurs,
23:23ça fait 3 ans,
23:25alors vous n'étiez pas là aussi,
23:26mais le maire était déjà là,
23:28qu'on dit attention,
23:29il va y avoir un problème.
23:31On avait proposé des sites
23:32pour réinvestir, etc.
23:35Mais entre-temps,
23:36chez ST Micro,
23:37comme dans d'autres entreprises,
23:39on a touché
23:39de l'argent public.
23:40un des gros investisseurs
23:43et actionnaires,
23:44c'est la BPI,
23:46qui est une banque publique
23:49d'investissement,
23:50donc l'Etat,
23:51et il y a eu beaucoup
23:53de licenciements
23:53chez ST Micro,
23:55ce qui va poser un problème
23:57d'ailleurs,
23:57parce qu'il licencie facilement,
24:00mais quand il faut redémarrer
24:01une usine sans ingénieur,
24:03sans technicien,
24:05ou en tout cas,
24:05une partie du savoir-faire
24:07et a foutu le camp,
24:08ce n'est pas facile.
24:10Donc soyons modérés
24:11sur ST.
24:11Alors sur l'automobile,
24:14mais en général,
24:14l'industrie,
24:15le lien industrie-environnement.
24:17Moi, à la CGT,
24:18on croit beaucoup
24:20au génie
24:21des travailleurs
24:22et des travailleuses.
24:24Aucune travailleuse,
24:26aucun travailleur
24:27n'en a rien à faire
24:28de la planète.
24:29Personne.
24:29Tout le monde est préoccupé.
24:30La question
24:31qu'on doit se poser,
24:34c'est si on leur donne
24:35le choix
24:36entre ne plus avoir
24:37de boulot
24:37et sauver la planète,
24:39vous comprenez
24:40que c'est un choix
24:41difficile à faire.
24:42On pense donc
24:43qu'en s'appuyant
24:44sur leur savoir-faire,
24:45en s'appuyant
24:46sur leurs compétences,
24:47on peut
24:48et maintenir
24:50son boulot
24:51et la planète.
24:53C'est ce qui se passe
24:54dans l'automobile.
24:54On a fait des choix
24:56et la Commission européenne
24:57a fait des choix
24:59et le gouvernement français,
25:01on me dit
25:02qu'on va revoir la copie,
25:04on fait des choix
25:06de communiquants
25:08dogmatiques
25:08parce qu'il y a
25:10la pression
25:10des constructeurs
25:12et donc on a dit
25:13plus de moteurs thermiques
25:15en Europe
25:16à partir de 2035,
25:19juste,
25:20sauf les Ferrari
25:21et les Porsche.
25:23Je ne vais pas disserter
25:25sur l'abondance,
25:26mais sauf
25:28les Ferrari
25:29et les Porsche.
25:30C'est vrai,
25:30c'est vrai,
25:31c'est vrai.
25:33donc on va
25:37premièrement,
25:38quand vous entendez ça
25:40et tous les citoyens
25:41de ce pays disent
25:42attendez,
25:42on va laisser certains
25:43rouler dans des bagnoles
25:44à 300 000 euros
25:45ou 400 000
25:46et nous,
25:47pour aller au boulot,
25:48on fait quoi ?
25:49Parce que c'est un vrai problème.
25:50Donc il faut régler
25:52ce problème de fond.
25:52Quel est le problème
25:53de l'automobile en France ?
25:54Le parc est vieillissant,
25:5611 ans,
25:5711 ans de moyenne d'âge.
25:58On peut développer
25:59toutes les technologies
26:00qu'on veut
26:02si les gens
26:03n'ont pas les moyens
26:04de s'acheter
26:04des véhicules
26:05moins polluants,
26:06on ne règle pas le problème.
26:08Ça pose la question
26:08des salaires
26:09et de l'augmentation
26:10des salaires.
26:12Deuxièmement,
26:18dans toute industrie,
26:19ce n'est pas tout blanc
26:20ou tout noir,
26:21il y a des choses
26:23à réfléchir.
26:24Par exemple,
26:25on nous dit
26:26la voiture électrique,
26:27c'est l'avenir.
26:28Il faut quand même
26:29des produits
26:30qui sortent de la terre
26:32pour faire des batteries.
26:33Ça s'appelle le lithium.
26:35Ils viennent de découvrir
26:36une mine de lithium
26:38dans le Morbihan.
26:39Je ne sais pas
26:40comment vont réagir
26:40les Bretons
26:41s'ils voient
26:42des pelleteuses arriver,
26:43mais ça va quand même
26:44poser des problèmes
26:45d'environnement.
26:46Ou alors le lithium,
26:47on le fait devenir
26:48de l'autre côté
26:48de la planète,
26:49un peu comme
26:50Dacia Spring,
26:50vous voyez.
26:51Quand on roule ici,
26:53ce n'est pas polluant,
26:54mais tout ce qui est
26:55en amont,
26:56on s'en fout.
26:56Voilà une vraie question.
26:58Et donc,
26:58il y a besoin
26:59en matière automobile
27:01de réfléchir,
27:02notamment avec les salariés,
27:04pour sortir de cette logique
27:06de rentabilité,
27:07pour trouver des solutions.
27:09Et nous,
27:09on propose
27:09premièrement
27:10de maintenir
27:11des moteurs hybrides,
27:13parce que 80%
27:15des déplacements
27:16en ville
27:16se font à l'électrique.
27:18Et vous savez
27:18que les moteurs hybrides,
27:20c'est une partie électrique,
27:22une partie thermique.
27:23Et puis,
27:24en matière d'emploi,
27:25par exemple,
27:26ça évite de fermer
27:27la SAM,
27:29vous voyez,
27:29la fonderie en Aveyron.
27:32Et puis,
27:33ne soyons pas hypocrites,
27:36il faut que ça soit
27:37une réaction
27:38plus large
27:39que uniquement
27:41l'Europe.
27:42Quand je vous dis
27:43que des constructeurs
27:45français,
27:46européens d'ailleurs,
27:47parce que l'industrie automobile
27:49européenne est très forte,
27:51on dit
27:52on ne pollue plus ici
27:54ou on fait semblant
27:55de ne plus polluer ici,
27:56mais on va polluer
27:57à l'autre bout
27:57de la planète,
27:58parce que ici,
27:59c'est 11 ans
28:00de moyenne d'âge.
28:01Vous savez que dans
28:01d'autres pays,
28:02quand on voit
28:03l'état des bagnoles,
28:04donc il faut une réflexion
28:05à plus long terme.
28:06Donc il faut poser,
28:06mais d'abord,
28:08écouter les salariés.
28:09Ce sont toujours
28:10des dirigeants
28:11d'entreprises
28:12qui décident
28:13et quand ils décident,
28:15sans être caricatural,
28:16c'est souvent
28:17pour des questions
28:18de pépettes
28:19et pas pour des questions
28:21ni d'environnement
28:22et encore moins d'emplois.
28:23Donc oui,
28:24moi j'ai proposé
28:24à monsieur le maire,
28:26ça fait deux ans,
28:28deux ans,
28:29qu'on mette justement
28:30les salariés
28:32autour d'une table,
28:33les camarades
28:34de chez Renault,
28:34ils ont fait des projets
28:35pour une météorisation
28:37des moteurs,
28:38ils ont des projets
28:39excellents,
28:40on ne les écoute pas,
28:41on ne les écoute pas.
28:42Et donc mettons-nous
28:43autour de la table
28:43et discutons
28:44de projets.
28:46Donc vous avez cité
28:47l'automobile,
28:47mais il y en a plein
28:48des choses comme ça.
28:49Et la chapelle d'Arbelet
28:51est un bon exemple
28:51parce qu'ils ne font pas
28:52que des cartons.
28:52Ah non,
28:52il faut que je réponde
28:53sur l'automobile quand même.
28:55Je vais répondre
28:55sur l'automobile.
28:56Mettez-vous à jour,
28:57ils ne font pas
28:57que des cartons.
28:58Bon.
28:59en relance à l'escurre.
29:03Il y a,
29:04en fait,
29:04un peu comme toujours
29:05d'ailleurs avec Philippe Martinez,
29:06il y a une partie
29:07de ce qu'il vient de dire
29:07avec lequel je suis d'accord,
29:08mais je vais le garder
29:09pour la fin,
29:09pour que vous ne me siffliez
29:11pas complètement à la fin.
29:12Mais il y a un truc
29:13avec lequel je suis
29:14en total désaccord
29:15avec Philippe Martinez,
29:17c'est de dire
29:17on passe aux véhicules électriques
29:19pour faire plaisir
29:20aux constructeurs
29:20ou à la Commission européenne.
29:22On se réveille là.
29:23Cet été,
29:24il y a eu
29:25des catastrophes climatiques
29:26partout dans le monde
29:27et singulièrement en France.
29:28On a eu un été
29:30extrêmement chaud,
29:31on a eu des incendies partout.
29:34J'espère que le réchauffement climatique,
29:35ce n'est pas pour faire plaisir
29:36à Luca Guimeo
29:37C'est pas de la faute
29:38de Philippe Martinez
29:39et des incendies quand même.
29:40Non, non,
29:41c'est pas de la faute
29:41de Philippe Martinez.
29:42Mais là,
29:43il faut tous qu'on se réveille là.
29:45On accélère la transition
29:46vers les véhicules électriques
29:48parce que le réchauffement climatique
29:50est une nécessité
29:52et qu'il faut l'accélérer.
29:54C'est comme ça.
29:58Non mais,
29:59alors,
29:59non mais j'entends des gens
30:00qui sifflent.
30:01Est-ce que ça veut dire
30:02que des gens dans cette salle
30:04considèrent encore
30:05que le réchauffement climatique
30:06ce n'est pas une priorité ?
30:07Non mais demandez aux jeunes.
30:14Bon ben,
30:14je note.
30:15Maintenant,
30:16là où je suis d'accord
30:17avec Philippe Martinez
30:18et je le dis
30:19à tout le monde,
30:20c'est que si on doit choisir
30:22entre l'emploi
30:23et le réchauffement climatique,
30:24on est dans une équation
30:25qui va nous amener
30:27dans le mur.
30:27Et je suis convaincu
30:29qu'on peut
30:30à la fois
30:31accélérer la lutte
30:32contre le réchauffement climatique
30:34et préserver
30:35et même développer l'emploi.
30:37décarboner l'industrie,
30:38c'est créateur d'emploi.
30:40Développer l'industrie
30:41décarbonée,
30:41c'est créateur d'emploi.
30:42On va le faire.
30:43Si on continue
30:45à maintenir
30:45des usines
30:46et des entreprises
30:47qui ne sont plus en phase
30:49avec cet objectif,
30:50on n'y arrivera pas.
30:52Et surtout,
30:53aucun des jeunes
30:54ne voudront aller travailler
30:54dans ces usines.
30:55Alors,
30:55qu'est-ce qu'on fait ?
30:56Moi,
30:57je suis convaincu
30:58qu'on peut tenir
30:58les territoires,
31:00la dégarde des bonnations
31:01et les gens
31:02à condition
31:03de mettre le paquet
31:04sur la formation,
31:06sur l'apprentissage,
31:08requalifier les gens.
31:09Je vais encore juste
31:10évoquer un sujet
31:11qui est très cher
31:12à Philippe Martinez
31:13et là-dessus,
31:14il va m'en mettre une,
31:15je le sais,
31:16mais quand même.
31:16Mais je vais en parler,
31:17la SAM,
31:17la Fondrie en Aveyron,
31:19qui malheureusement,
31:20effectivement,
31:20est en train de fermer
31:21et ça a été le premier dossier
31:22que j'ai eu sur mon bureau
31:23quand je suis arrivé.
31:24On est en train aujourd'hui
31:25de former des salariés
31:27de la SAM
31:27pour qu'ils puissent
31:28trouver des jobs ailleurs.
31:30Sur les 333 salariés
31:32de la SAM,
31:33il y en a moins de 30
31:35aujourd'hui
31:35pour lesquels
31:36on n'a pas trouvé de solution.
31:37Donc oui,
31:38on peut investir
31:39dans la formation,
31:41on peut requalifier les gens.
31:43Il y a plein d'exemples
31:44aujourd'hui en France
31:45où il y a des industries
31:47d'hier qui ferment,
31:48Bridgestone à Béthune
31:50par exemple,
31:50et on est capable
31:52de requalifier,
31:53de former
31:53et d'investir
31:54dans les industries
31:55de demain
31:56de manière à ce que
31:57les hommes et les femmes
31:58qui travaillent
31:59dans ces entreprises
32:00ne soient pas laissés
32:01sur le côté.
32:02Mais,
32:05combien...
32:06Enfin...
32:07Laissez Philippe Martinez
32:08répondre, merci.
32:09Moi,
32:10je vous écoute
32:12et des fois,
32:13c'est pas vous personnellement,
32:15mais les membres du gouvernement,
32:17heureusement qu'on est assis.
32:21Parce que...
32:23nous dire à nous
32:27que c'est de notre faute
32:28ou qu'on n'a pas...
32:30Attendez,
32:31attendez...
32:31Je n'ai pas dit ça.
32:33Je dis que vous étiez
32:34précurseur sur l'industrie.
32:35Que nous dire
32:36qu'on n'est pas inquiète
32:37sur l'avenir de la planète,
32:39c'est fort de café.
32:40Enfin,
32:40qui c'est qui est aux manettes
32:41depuis 5 ans ?
32:41Non,
32:42je suis désolé.
32:44Non,
32:44non,
32:44mais,
32:45je n'ai pas dit ça.
32:46Ah,
32:46d'accord.
32:47J'ai dit
32:49que les dispositions
32:50qu'on a prises
32:51pour accélérer la transition,
32:52ce n'était pas la faute
32:53des dirigeants d'entreprises
32:55ou de la Commission européenne.
32:56Enfin,
32:57bon...
32:57C'est des chefs d'État
32:59démocratiquement élus
33:00qui ont pris ces décisions
33:01et on y a participé.
33:02J'ai mal compris.
33:03Mais c'est vrai
33:04que je suis un peu sourd
33:04de l'oreille droite.
33:04Je me suis mal exprimé.
33:06Je suis un peu sourd
33:07de l'oreille droite,
33:08c'est vrai.
33:09Je vais parler plus fort.
33:11Donc,
33:12on se préoccupe
33:13de l'environnement.
33:13Ce que j'ai dit,
33:14et je pense qu'on est nombreux
33:15à le penser,
33:16parce que je me déplace
33:17dans les boîtes
33:18et tout le monde.
33:18Ce que je dis,
33:19c'est qu'on ne peut pas
33:20demander aux salariés
33:21de choisir
33:23le chômage
33:24ou l'avenir de la planète.
33:25Je suis d'accord avec ça.
33:25Nous,
33:26on veut sauver
33:27et les emplois
33:28et sauver la planète.
33:29Et moi aussi.
33:31Et donc,
33:32à partir de là,
33:34il y a besoin,
33:35premièrement,
33:36il n'est pas trop tard,
33:37pour réinvestir
33:38dans les boîtes.
33:39Pour réinvestir
33:40dans les boîtes.
33:40Parce que oui,
33:41effectivement,
33:42comme il n'y a pas
33:43d'investissement suffisant
33:44dans les entreprises,
33:45industrielles notamment,
33:46mais pas que,
33:47eh bien,
33:48les entreprises se dégradent
33:50et après,
33:51aujourd'hui,
33:51on va prendre prétexte
33:52de sauver la planète
33:53pour dire,
33:54vous voyez,
33:54vous n'êtes plus aux normes
33:55et donc,
33:56il faut fermer.
33:57Et je l'entends
33:58déjà,
33:59je l'entends déjà.
34:00C'est-à-dire,
34:01les grands cœurs
34:02que sont nos grands patrons
34:05qui disent,
34:07sacrifiez-vous
34:07pour sauver la planète,
34:09quittez votre boulot.
34:11Il faut investir
34:12et il n'est pas trop tard.
34:14Il y a des tas de procédés,
34:16y compris sur les émissions
34:17d'entreprises
34:19qui sont polluantes.
34:20Il suffit d'investir
34:22pour des filtres,
34:23etc.,
34:23etc.,
34:24de la captation de CO2.
34:25Il n'est pas encore trop tard.
34:27Sauf que les choix
34:28qui sont faits,
34:29et c'est souvent comme ça
34:30qu'on nous le présente,
34:31il y aurait la vieille
34:33industrie polluante
34:34qu'il faut fermer
34:35et puis il y aurait
34:36les entreprises d'avenir
34:37dont on ne sait pas encore
34:39pour toutes
34:39quel est leur périmètre.
34:40Non, il faut investir.
34:43Et vous savez,
34:46puisque la SAM,
34:51les pièces qui étaient fabriquées
34:54à SAM,
34:54à Decazuille,
34:55dans l'Aveyron,
34:56d'autres les font.
34:58D'autres les font.
35:00En Roumanie,
35:03c'est-à-dire en Roumanie,
35:06et c'est-à-dire
35:07que ce qui était fait
35:08ici
35:08et qui allait
35:10dans les usines
35:11soit en France
35:12soit en Espagne,
35:13il y avait 800 km.
35:14Bon, il faut rouvrir
35:16des lignes de fret,
35:16mais je ne développe pas,
35:18vous m'avez compris.
35:19Maintenant,
35:19elles sont faites en Roumanie,
35:222500 km.
35:24Bravo l'environnement.
35:26Bravo l'environnement.
35:28Et tout ça,
35:29tout ça,
35:30tout ça,
35:32je suis désolé,
35:32ils vont peut-être me licencier
35:34à force de dire,
35:35mais je suis très attaché
35:35à mon entreprise.
35:36Vous êtes protégé, non ?
35:40Sinon,
35:40sinon,
35:41vraiment,
35:41c'est que le droit du travail,
35:42il n'est pas respecté en France.
35:45Non, mais ce n'est pas une insulte.
35:47Là, je suis obligé
35:49de vous chambrer un peu.
35:50Vous voyez un ministre
35:51de la République,
35:52un ministre de la République
35:53qui n'est pas au courant
35:55que tous les jours
35:56dans notre pays,
35:57il y a des délégués
35:59du personnel
36:00qui sont licenciés.
36:02Tous les jours.
36:04On ferme la...
36:05C'était la...
36:07C'était la...
36:10C'était la minute de formation
36:12du ministre de l'Industrie.
36:13Elle ne me lançait pas là-dessus,
36:14parce que...
36:15Donc, je continue.
36:16Je continue.
36:17Et tout ça se fait là aussi,
36:19tout ça se fait là aussi,
36:22sous l'autorité
36:23d'une entreprise
36:24que j'ai déjà citée,
36:26Renaud,
36:27qui dit
36:28pour des questions
36:29de rentabilité,
36:30de rentabilité,
36:32je ferme une usine.
36:34Et vous savez très bien,
36:35derrière,
36:35et vous aussi,
36:36vous le savez,
36:37de Casseville,
36:38quand on ferme
36:38la dernière grande
36:39entreprise industrielle,
36:41les conséquences
36:42sur le bassin d'emploi.
36:43Dans un bassin d'emploi,
36:45je discutais avec le maire,
36:47c'est un maire
36:47les Républicains.
36:50Je discutais avec lui,
36:51ils ont perdu
36:5220 000 habitants
36:54en 10 ans
36:55du fait des fermetures.
36:57Parce qu'après,
36:58la poste,
36:59elle ferme.
36:59Parce qu'après,
37:00la classe,
37:00elle ferme.
37:01l'hôpital est menacé.
37:02Eh bien,
37:03sous l'autorité de Renaud,
37:06avec,
37:06il faut que je vous le dise,
37:08un État complaisant
37:09et des ministres complaisants
37:11qui ont dit
37:13« Mais si, monsieur,
37:14je les ai entendus.
37:15Moi, je n'enregistre pas,
37:16mais dans ma tête,
37:17c'est enregistré. »
37:18Ils disent
37:18« Ah, mais on ne peut pas
37:20s'opposer à une décision
37:22d'une direction d'entreprise,
37:25même quand on a 15% du capital. »
37:27C'est-à-dire que
37:28quand c'est une boîte privée,
37:29on dit
37:29« Ah, on ne s'occupe pas
37:31dans les capitaux privés,
37:32mais quand même,
37:33c'est une boîte publique. »
37:36Vous le savez,
37:36ceux qui sont fonctionnaires
37:37ou qui travaillent
37:38dans des entreprises publiques,
37:40c'est la même chose.
37:41Et pourtant,
37:41l'État,
37:42est patron.
37:44Bon, alors,
37:44vous avez encore plein de...
37:46Une réponse de Roland Escur
37:47et après,
37:48je vous propose
37:48qu'on s'arrête plus précisément
37:49sur les questions d'emploi,
37:51de formation des salariés.
37:52Non, mais il y a deux réponses
37:54que je veux faire à ça.
37:55La première,
37:56l'idée qu'on fermerait
37:57tout un pont de l'industrie
37:58pour en ouvrir un autre,
37:59c'est faux.
38:01Après avoir été chez ARC
38:03hier matin,
38:04je répète,
38:05un verrier
38:06qui a deux siècles d'existence
38:07qu'on essaye de développer
38:08avec un actionnaire américain
38:11et de l'argent public.
38:12J'ai été
38:14dans la Somme
38:15voir une entreprise
38:17qui s'appelait
38:17OR jusqu'à hier,
38:19qui est en train de changer de nom,
38:20qui fait des chaudières à gaz
38:21depuis 100 ans
38:23et qui est en train
38:24de s'orienter
38:24vers des pompes à chaleur,
38:26qui fait de l'industrie
38:27et de la bonne industrie,
38:29qui investit,
38:30qui crée de l'emploi,
38:31qui a des enjeux de formation
38:32et qui est en train
38:33d'orienter
38:35sa production,
38:36oui,
38:36vers l'industrie de demain,
38:37en gardant les salariés,
38:39en les formant.
38:39Donc,
38:40le méchant capitaine de l'industrie
38:42qui est là
38:42pour fermer des usines,
38:43pour aller en ouvrir d'autres
38:45en Roumanie,
38:45je pense vraiment,
38:47avec tout le respect que je vous dois,
38:48que c'est un peu caricatural
38:49aujourd'hui
38:50et que,
38:50eh oui,
38:51et que de plus en plus,
38:53de plus en plus
38:55de patrons d'entreprises,
38:56en partie d'ailleurs
38:58parce qu'ils doivent
38:59attirer des jeunes
39:00pour venir chez eux,
39:02sont prêts,
39:03et ça n'a pas été le cas
39:04pendant des années,
39:05à assumer
39:06une responsabilité sociale
39:08et environnementale.
39:10Alors,
39:12sur les fonderies maintenant,
39:13parce que
39:14je reconnais bien volontiers
39:15que sur les fonderies,
39:17on n'a pas été capables,
39:18et là,
39:19vous nous avez,
39:19vous avez alerté
39:20mes prédécesseurs,
39:21mais peu importe,
39:21il n'y a pas d'histoire
39:22de prédécesseurs ou pas,
39:24ça fait 20 ans
39:24que ça dure.
39:25Donc,
39:26la droite,
39:26la gauche et nous,
39:27ça a été la même chose.
39:28On a désindustrialisé
39:29la France
39:30et on a été,
39:32on a été
39:34insuffisamment capables
39:35de regarder
39:36plus loin devant,
39:38d'être stratège,
39:39plus qu'actionnaire,
39:41pour moi,
39:41c'est ce qui compte,
39:42que l'État puisse être capable
39:43de voir à 5,
39:4410 ou 15 ans
39:45là où va l'industrie.
39:46Et c'est vrai
39:47que sur les fonderies,
39:48on n'a pas été capable
39:49de voir suffisamment
39:50en avance
39:51que quand on va
39:52électrifier le parc automobile,
39:54il y aura moins besoin
39:54de pièces de fonderie
39:55qu'il y en avait avant.
39:56Parce que dans un moteur électrique,
39:58il y a moins besoin
39:58de pièces de fonderie
39:59qu'il y en avait avant.
40:00Et moi,
40:00je souhaite qu'on change ça.
40:01Je souhaite qu'on travaille
40:03avec les entreprises
40:04et avec les représentants
40:06sur les secteurs
40:07qui vont être affectés
40:08par la transition écologique
40:10pour voir comment,
40:11en amont de ça,
40:13on peut former,
40:14on peut accompagner
40:15les entreprises,
40:16y compris d'ailleurs
40:17les actionnaires privés,
40:18pour qu'ensemble,
40:19on accélère la transition.
40:21C'est trop facile
40:21de se relancer
40:23la responsabilité
40:24les uns sur les autres
40:24ou les autres sur les uns.
40:26Moi, je souhaite,
40:26et j'espère que je le prouve
40:28aujourd'hui,
40:29je souhaite parler
40:30avec tout le monde,
40:31mais je ne veux pas
40:31de caricature.
40:33Aujourd'hui,
40:34l'industrie,
40:34ce n'est pas facile,
40:36mais on peut travailler
40:37ensemble
40:38pour la réinventer.
40:40Hier, à Arc,
40:41j'ai parlé avec la direction,
40:43j'ai parlé avec
40:43les organisations syndicales,
40:45j'ai parlé avec les élus.
40:46Je peux vous dire
40:47que si on aligne tout le monde,
40:48on va y arriver à Arc.
40:50Mais, d'ailleurs,
40:51j'ai trouvé les gens
40:51extrêmement responsables,
40:53y compris les représentants
40:54des organisations syndicales,
40:55y compris ceux de la CGT,
40:57qui m'ont un peu chauffé
40:58pour aujourd'hui.
40:59Mais oui,
41:00on est capables
41:00d'avancer ensemble
41:01à condition
41:04d'être stratège
41:05plutôt qu'actionnaire.
41:06Moi, je pense que c'est
41:07le rôle de l'Etat
41:07et qu'on puisse travailler
41:08ensemble à l'avenir.
41:10Allez, on va essayer
41:10de passer à la 3e partie
41:12de notre débat.
41:12Vous avez d'ailleurs
41:13commencé à l'aborder
41:14sur les questions
41:14d'emploi
41:15et de formation
41:16des salariés
41:17dans le cadre
41:17des grandes transitions
41:19qu'on évoque là,
41:20notamment
41:21les transitions écologiques.
41:23Alors,
41:23comment anticiper
41:24et accompagner
41:24les mutations technologiques ?
41:26Et puis aussi,
41:28est-ce qu'on n'est pas face
41:29à un risque
41:29de perte
41:30des savoir-faire industriels ?
41:32On l'a vu
41:32à travers la crise du Covid,
41:34les productions
41:34qui ne se font plus en France.
41:36Est-ce qu'on dispose
41:37encore aujourd'hui
41:38des savoir-faire ?
41:39Et puis aussi,
41:41je voudrais qu'on aborde
41:41une problématique.
41:42Les chefs d'entreprise
41:43disent très régulièrement
41:45qu'ils ne trouvent pas
41:46la main-d'oeuvre formée
41:47en France
41:48pour répondre
41:50à leurs besoins.
41:53Est-ce que les métiers
41:54industriels
41:55n'ont pas besoin
41:55de regagner
41:56en attractivité ?
41:57Est-ce qu'ils n'ont pas
41:58été trop dévalorisés ?
42:00Et quelle réponse
42:00dans ce cadre-là
42:01aux revendications salariales
42:03et d'amélioration
42:04des conditions de travail ?
42:06Philippe Martinez,
42:07Roland Lescotte,
42:07Allez, je commence
42:08parce que je sais
42:09que là-dessus,
42:10je vais en prendre
42:10plein la gueule.
42:11Donc, je préfère
42:11commencer comme ça.
42:13Je serai hué
42:13et puis il sera applaudi.
42:14Non, mais d'abord,
42:16quand vous demandez
42:17à un jeune aujourd'hui
42:18de vous parler d'industrie,
42:20il y a des enquêtes
42:21qui ont été faites,
42:21il vous dit
42:22l'industrie, ça pollue,
42:23l'industrie, c'est pénible
42:24et l'industrie, ça ne paye pas.
42:25La réalité aujourd'hui,
42:28c'est que ça paye mieux
42:30qu'ailleurs.
42:30Le salaire moyen
42:31dans l'industrie,
42:32il est à peu près
42:32250 euros par mois,
42:34supérieur au reste
42:36de l'économie.
42:37ça pollue de moins en moins
42:40et même s'il y a encore
42:41des enjeux d'accidentalité,
42:43d'accident du travail,
42:44c'est de moins en moins pénible.
42:46Je peux vous dire
42:46que l'entreprise
42:47que j'ai vue,
42:48La Croix, jeudi,
42:49ils ont investi
42:51dans du matériel,
42:52ce qu'on appelle
42:52des cobots,
42:53c'est-à-dire des robots
42:54qui coopèrent
42:55avec les humains
42:56et aujourd'hui,
42:57ben oui,
42:58les robots
42:58qui aujourd'hui font
42:59que chez La Croix,
43:00il y a beaucoup moins
43:01d'accidents de travail
43:03qu'il y en avait
43:03il y a 10 ou 20 ans.
43:04Donc, un,
43:06je pense qu'il ne faut pas
43:07opposer innovation
43:09et main-d'oeuvre,
43:11travail et capital.
43:12Désolé,
43:13je pense que la lutte
43:14des classes,
43:14ce n'est pas la meilleure
43:15manière d'avancer.
43:16Je pense que...
43:19Je m'attendais un peu
43:21à cette réaction,
43:23je dois le dire.
43:24Bon.
43:28Deux,
43:30on a, c'est vrai,
43:32des enjeux de formation
43:33et de requalification
43:34sur lesquels
43:36l'État doit investir.
43:37Quand on est arrivé
43:38il y a 5 ans,
43:39il y avait 350 000
43:40apprentis en France.
43:41Il y en a aujourd'hui
43:42800 000.
43:43Et c'est des gens
43:44qui, pour la plupart,
43:46vont dans l'industrie,
43:47se faire des bons jobs
43:48et avancer.
43:48et il faut qu'on continue,
43:50il faut qu'on travaille
43:51sur les lycées professionnels
43:52de manière à ce qu'on donne
43:54envie d'industrie aux jeunes
43:55et à ce qu'on leur montre
43:56que ce sont
43:57les métiers d'avenir.
43:59Et trois,
44:00et trois,
44:01dans les coins de France,
44:03et il y en a beaucoup
44:04où on a du mal
44:05à trouver des salariés,
44:08eh bien oui,
44:08il faut les payer davantage.
44:09Moi, je n'ai aucun problème
44:11avec ça.
44:13On a une panoplie d'outils
44:15qui permettent de le faire.
44:17Les salaires,
44:18Philippe Martinez,
44:18je veux dire,
44:19il n'y a que ça qui compte.
44:20La prime dite Macron
44:22qui est une manière,
44:25évidemment,
44:26évidemment,
44:27évidemment,
44:29mais vous savez,
44:29évidemment,
44:30c'est facile,
44:31mais c'est un instrument
44:32aujourd'hui
44:32qui,
44:33dans beaucoup d'entreprises,
44:34a permis d'avoir
44:35un 13e mois,
44:36voire même parfois un 14.
44:38Et dernier point important,
44:41et là encore,
44:42je ne suis pas sûr
44:42que Philippe Martinez
44:43suis d'accord,
44:43mais ça a été inventé
44:44par le général de Gaulle.
44:47Intéressement
44:48et participation
44:50qui permettent
44:50de rémunérer
44:51davantage aussi
44:52les salariés
44:54et de les aligner
44:55avec l'intérêt
44:56de l'entreprise.
44:57Donc oui,
44:57quand on a du mal
44:58à trouver les gens,
44:59ça ne suffit pas,
45:00il faut mieux les payer.
45:01Il faut aussi,
45:02vous connaissez des jeunes
45:03comme moi,
45:03qui ne travaillent pas
45:04seulement pour l'argent,
45:05mais ce que sur leur entreprise
45:07va leur raconter
45:07de ce qu'elle souhaite faire,
45:09de la cause,
45:10de la raison d'être,
45:11on est capable
45:12de faire tout ça aujourd'hui
45:13et là,
45:13c'est aux entreprises
45:14de faire le boulot.
45:15Philippe Martinez.
45:16Oui,
45:17parce que je vais quand même parler
45:18parce que ne parlez pas
45:19à ma place.
45:21D'ailleurs,
45:22j'ai remarqué
45:22que vous êtes visionnaire
45:24parce que quand vous étiez
45:25aux universités
45:26des UEDEF,
45:27vous avez dit
45:27je ne pense pas
45:28que l'accueil
45:29à la fête de l'UMA
45:30sera aussi chaleureux
45:31qu'ici.
45:33Vous étiez visionnaire.
45:34Alors juste là-dessus,
45:35quand même,
45:36quand même,
45:36juste,
45:37je me suis fait engueuler
45:38là-bas aussi.
45:39Donc,
45:40mon job,
45:41c'est de me faire engueuler
45:41partout,
45:42mais c'est vrai
45:42qu'il y avait un peu
45:43moins de sifflets.
45:43Je vous ai entendu
45:44être acclamé,
45:45mais vous savez,
45:46si ici,
45:47si ici,
45:48vous avez un discours
45:49qui consiste à dire
45:50oui,
45:50le travail,
45:51c'est important,
45:51il faut qu'il soit valorisé,
45:53les sifflets,
45:54vous les aurez à l'enchant.
45:55Je l'ai dit là-bas.
45:56Je l'ai dit là-bas.
45:56vous les aurez à l'enchant
45:57puis vous aurez des applaudissements
45:59à la fête de l'UMA.
46:01Alors,
46:02j'en doute.
46:03C'est un vrai...
46:05Moi,
46:06on est confronté
46:07à un problème
46:08que tout le monde appelle
46:10attractivité des métiers.
46:13Et pourtant,
46:14le ministère du Travail,
46:15là,
46:15je cite mes sources,
46:17le ministère du Travail dit
46:18problème de l'attractivité
46:20des métiers,
46:21c'est premièrement
46:21les salaires,
46:23deuxièmement,
46:24les conditions de travail.
46:25Et moi,
46:26je rajouterais un troisièmement
46:27parce qu'on bosse beaucoup
46:28à la CGT là-dessus,
46:29c'est le sens du travail.
46:31C'est-à-dire,
46:34pourquoi,
46:35pourquoi,
46:37à quoi sert le travail
46:38que je fais ?
46:40Quelle est la finalité
46:41de mon boulot ?
46:42Et ça fait
46:44quelques années maintenant
46:45qu'à la CGT,
46:46on interpelle.
46:47Alors,
46:47là,
46:48je vais encore remonter
46:49plus loin.
46:49C'était un autre président
46:51de la République
46:51avant celui
46:52qui est encore là
46:53aujourd'hui.
46:54Tout le monde nous dit...
46:56Quoi que le président
46:57de la République
46:57d'aujourd'hui,
46:57il était ministre
46:58de l'ancien président.
46:59Bon, allez.
47:01Tout le monde nous dit...
47:03C'est vachement bien
47:03ce que vous dites.
47:06Il faut qu'on s'y intéresse.
47:07Et on voit défiler
47:08les ministres
47:08et personne ne s'y intéresse.
47:10L'attractivité,
47:11c'est le salaire
47:13et pourquoi je travaille.
47:15Et donc,
47:15tant qu'on ne prête pas
47:17plus attention
47:18à la parole
47:18de ceux qui travaillent,
47:20il n'y a qu'eux
47:22et elles
47:23qui savent
47:25pourquoi il faut faire
47:26comme ça
47:26et pas comme ça.
47:27Or,
47:28les entreprises
47:29et l'Etat,
47:30parce que les fonctionnaires
47:31sont logés
47:32à la même enseigne,
47:33voient tomber
47:34des notes de service
47:35qui expliquent
47:36à des gens
47:36qui ont 20 ans
47:38d'expérience,
47:3930 ans d'expérience,
47:40votre boulot,
47:41il faut le faire
47:41comme ça.
47:42C'est ça,
47:43la réalité.
47:44Mais oui, monsieur.
47:46Et donc,
47:47tant que...
47:49Et vous savez
47:50que leur réalité,
47:51j'ai commencé par là,
47:53leur réalité,
47:53c'est pas que le travail
47:54soit bien fait,
47:55c'est combien ça me rapporte
47:56à la fin de l'année.
47:59Donc,
47:59il faut s'intéresser à ça.
48:01Moi, je suis très inquiet,
48:02monsieur,
48:02parce que ça touche pas
48:03que l'industrie,
48:04du nombre de démissions,
48:06du nombre de démissions
48:07qu'il y a
48:08dans l'industrie,
48:09mais aussi dans les entreprises
48:11publiques
48:11et dans la fonction publique,
48:13notamment à l'hôpital.
48:15notamment à l'hôpital,
48:20quand on voit ce qui se passe
48:21sur des métiers
48:22qu'on dit à juste titre
48:24des métiers de vocation
48:26et qu'au bout de 5 ans,
48:27la vocation,
48:28on en a marre,
48:30eh bien,
48:31ça devrait être inquiétant.
48:31Donc,
48:32redonnez la parole
48:33aux salariés
48:34sur comment vous pensez
48:37que vous pouvez bien
48:38faire votre travail.
48:39Donc,
48:39si on règle
48:40ces 3 questions,
48:41attendez,
48:42je n'ai pas fini.
48:43Si on règle
48:44ces 3 questions,
48:45vous allez voir.
48:47Et alors,
48:47monsieur Lescure,
48:49eh,
48:50il faut arrêter
48:50avec la prime Macron,
48:51hein.
48:55Je vais vous raconter
48:56une anecdote.
48:57Il y a des camarades
48:59dans une entreprise
49:00qui s'appelle Pommier,
49:02ils font,
49:03ils travaillent
49:04pour les sous-traitants
49:05de ceux qui construisent
49:06les compteurs Linky.
49:08Bon.
49:09Ils ont fait
49:1045 jours de grève
49:12au mois de juillet
49:12et ils sont repartis,
49:14là.
49:15C'est une entreprise
49:16qui a bannières de bigorre
49:17et,
49:19exactement,
49:20il y en a une
49:20qui suit dans la salle.
49:23Et,
49:23ils sont en grève,
49:25ils ont dit
49:26il faut nous augmenter
49:27les salaires.
49:27Le patron dit
49:28je vais vous filer des primes,
49:29il dit la prime,
49:30on la prend,
49:31mais il faut augmenter
49:32les salaires.
49:32Et,
49:33bannières de bigorre,
49:34vous devez le savoir,
49:35c'est une ville chère
49:36à notre président
49:37de la République.
49:38Et il se trouve
49:38qu'il a suivi
49:42l'étape du Tour de France
49:43qui passait
49:43à bannières de bigorre,
49:45des salariés en grève,
49:46j'ai changé,
49:47j'écoute,
49:47il envoie son conseiller social.
49:50Le conseiller social dit,
49:52oui, oui,
49:52le président de la République
49:53m'a dit,
49:54on est avec vous,
49:54il faut augmenter
49:55les salaires.
49:56conclusion,
49:58conclusion,
49:59le patron a dit,
50:00vous aurez une prime Macron
50:02de 300 euros.
50:05300 euros.
50:06Vous savez que la moyenne,
50:07avant que ça monte à 6 000,
50:08parce que quand il propose
50:10300 euros,
50:11elle était déjà à 6 000,
50:12avec la loi qui a été votée,
50:14je vais,
50:15qui a été votée en juillet,
50:18et là,
50:18parce que vous m'avez,
50:19vous nous avez un petit tillet
50:21sur l'extrême droite,
50:21qui a été votée
50:22avec les droits
50:23de l'extrême droite,
50:24qui a été votée
50:25avec les voix
50:26de l'extrême droite.
50:27Non, non, non.
50:28Donc je continue.
50:30Non, non, je ne suis pas d'accord.
50:31Non, mais je ne peux pas
50:31vous laisser dire ça.
50:32Vous n'êtes pas d'accord,
50:33mais c'est la réalité.
50:34Non, non, revoyez vos notes.
50:35Ils ont même quitté l'hémicycle
50:36au moment où la loi a été votée.
50:37Donc je continue,
50:38je continue,
50:40eh bien,
50:40la moyenne,
50:41la moyenne,
50:42la moyenne
50:43de la prime Macron
50:46version premier quinquennat,
50:47c'est 500 euros par mois,
50:51pas 2 500.
50:54par an, par an.
50:56Ça, c'est les rêves
50:58de la CGT.
50:59Vous voyez,
50:59on peut rêver quand même.
51:02C'est ce qu'on demande
51:03par mois
51:04à la fin du mois, nous.
51:05Donc, vous voyez,
51:09et je finis sur les apprentis.
51:10Oui, il y a eu beaucoup
51:11d'efforts de faits
51:12sur l'apprentissage.
51:13Il faut le dire.
51:13Pourquoi ?
51:14Parce qu'il y a une prime.
51:16Encore,
51:17pour les patrons
51:18qui prennent des apprentis,
51:19il y a une prime.
51:19Et j'ai dit à Mme Borne
51:25qui était ministre du Travail,
51:26faisons le bilan.
51:28Quand les primes
51:29vont être arrêtées
51:30pour aider les entreprises
51:31à embaucher les apprentis,
51:33on fera le bilan.
51:34Moi, je connais des apprentis
51:35à Naval Group.
51:38Ils sont apprentis
51:40soudeurs étanches.
51:41On en cherche depuis 10 ans.
51:43À la fin de leur apprentissage,
51:44on leur a dit,
51:45bon, bah,
51:46vous avez une super carte de visite,
51:47vous avez fait
51:48votre apprentissage chez nous.
51:49Je suis sûr que vous trouvez
51:50des boulots ailleurs.
51:51C'est ça, la réalité.
51:52Et la réalité,
51:54c'est que des soudeurs,
51:54vous l'avez dit,
51:55on en trouve,
51:56on en cherche beaucoup.
51:57Et je ne les connais pas personnellement,
51:59vous les connaissez personnellement,
52:00mais à mon avis,
52:00aujourd'hui,
52:01ils peuvent se trouver un boulot
52:02parce que des soudeurs,
52:03on cherche.
52:04Il nous reste 5 minutes.
52:05Non, mais c'est pour ça.
52:06On a déjà beaucoup dit de choses
52:08et je ne voudrais pas
52:11monopoliser la parole,
52:11mais moi,
52:13j'ai été rapporteur général
52:15d'une loi
52:15dans le quinquennat précédent
52:16qui s'appelle la loi PACTE,
52:18qui a fait 3 choses
52:19pour aller dans le sens
52:20de ce que disait
52:21Philippe Martinez.
52:22Évidemment,
52:22il va me dire
52:23que ce n'est pas assez,
52:23mais pour renforcer
52:25le dialogue social
52:25au sein des entreprises.
52:271,
52:28on a augmenté
52:28le nombre d'administrateurs salariés
52:30dans les conseils d'administration.
52:312,
52:32on a favorisé
52:33l'intéressement
52:34et la participation.
52:35et 3,
52:36on a incité les entreprises
52:38à travailler
52:38sur ce qu'on appelle
52:39leur raison d'être.
52:41C'est-à-dire que là
52:41où je suis d'accord avec vous,
52:42c'est qu'une entreprise,
52:43elle ne doit pas être là
52:46uniquement,
52:47même si ça peut faire partie
52:48de l'équation
52:48pour faire du profit.
52:49Et qu'effectivement,
52:51le sens qu'on donne
52:52à ce qu'on fait
52:53dans l'entreprise,
52:54la manière dont on voit
52:55pouvoir parler,
52:56oui,
52:56à ses salariés,
52:57mais aussi à ses clients,
52:58à ses fournisseurs,
53:00de la manière
53:00dont on gère l'entreprise
53:01va avoir un impact
53:03d'attractivité
53:04à la fois sur les salariés
53:06et sur d'autres.
53:07Et je veux bien
53:08qu'on caricature,
53:09mais aujourd'hui,
53:10il y a des milliers
53:10d'entreprises
53:11qui ont adopté
53:12une raison d'être.
53:13Là encore,
53:14OR,
53:14j'y étais hier,
53:15ils me présentent
53:16une innovation,
53:17je lui dis comment
53:17elle est venue
53:17cette innovation ?
53:18Il me dit
53:19qu'elle est venue
53:19de la base.
53:20C'est des employés,
53:21des agents de maîtrise
53:22qui ont travaillé ensemble
53:23pour nous proposer
53:24cette innovation
53:25dans le processus
53:26de production.
53:26Donc dire qu'on n'écoute
53:28pas les salariés,
53:28dire qu'on est dans une logique
53:32extrêmement conflictuelle,
53:33oui,
53:34je ne veux pas être angélique,
53:35il y a des entreprises
53:36où ça existe encore,
53:37non mais évidemment,
53:38je ne suis pas complètement naïf,
53:40mais aujourd'hui,
53:42en partie d'ailleurs
53:43parce qu'on a du mal
53:44à recruter,
53:45que les jeunes ont
53:46un rapport au travail différent
53:47et là,
53:48je suis d'accord avec vous,
53:48ce n'est pas juste
53:49une question d'argent
53:49aujourd'hui pour attirer
53:50des jeunes,
53:51on n'a jamais créé
53:52autant de CDI en France
53:53et les jeunes n'en veulent pas.
53:55On n'a jamais employé
53:57autant de CDI en France
53:58et oui,
53:59et oui,
54:00aujourd'hui,
54:00il y a plus de CDI en France
54:02qu'il n'y en a jamais eu.
54:04Non,
54:05non,
54:05non,
54:05non,
54:05il y a plus de CDI en France
54:07qu'il n'y en a jamais eu
54:07et les jeunes n'en veulent pas
54:09parce que les jeunes,
54:10ils ont besoin de sens,
54:12ils ont besoin
54:12que les entreprises
54:13les convainquent
54:14de les rejoindre
54:15dans la durée
54:16et donc moi,
54:16je suis persuadé
54:17que oui,
54:18le capitalisme
54:19est en train
54:19d'évoluer
54:20pour le meilleur.
54:22Comme,
54:22comme,
54:27on va essayer
54:28d'aller tranquillement
54:29au terme de notre débat.
54:31Comme,
54:31non mais,
54:32parce que juste,
54:33je veux expliquer au ministre,
54:34je n'aime pas donner
54:35des conseils au ministre
54:36mais là,
54:36vous avez vraiment besoin
54:37de conseils.
54:38Ça,
54:38vous ne vous privez pas.
54:39Non mais,
54:39est-ce que vous êtes au courant
54:41que c'est vous,
54:41alors oui,
54:42des CDI,
54:42il y en a plus.
54:43Vous savez,
54:43des CDI-I.
54:46CDI-I.
54:48Parce que derrière CDI,
54:49on rajoute intérimaire.
54:51CDI-I,
54:52c'est-à-dire de la précarité.
54:54Alors oui,
54:55il y a plus de CDI.
54:56Il y a plus de CDI.
54:57Il faut être sérieux.
54:58Il faut être sérieux.
55:00Il y a plus de précarité
55:02dans ce pays.
55:03Il y a plus de précarité
55:05dans ce pays.
55:05Il y a des chômeurs
55:06qui sont sortis
55:07de Pôle emploi
55:11parce que
55:12ils sont rayés des listes.
55:14Il n'y a plus d'un
55:15privé d'emploi sur deux
55:16qui ne touche
55:18aucune...
55:18C'est ça la réalité
55:19de notre pays.
55:20Alors on peut toujours
55:22se boucher les yeux.
55:24Alors vous n'avez visité
55:25que deux entreprises
55:26pour l'instant.
55:27Ah bon, pardon.
55:28Désolé.
55:29Non mais,
55:29vous ne pouvez pas dire ça.
55:30Je suis là depuis huit semaines.
55:31J'en ai visité.
55:32Sept ou huit.
55:33Je vais en faire au moins
55:34une par semaine.
55:35Donc me carré-carré.
55:35Je ne sais pas.
55:36Non, non,
55:36je suis désolé.
55:37Ce n'est pas vrai.
55:37Vous êtes trop premier degré.
55:40Vous êtes trop premier degré.
55:41Quand même, quand même.
55:41Je suis sûr
55:42qu'il y a plein de camarades
55:43ici ou pas camarades
55:45qui peuvent vous inviter
55:46dans leur entreprise
55:46pour voir la réalité.
55:47Bien sûr.
55:48Ce que je veux dire...
55:50Et il va falloir conclure
55:51parce qu'on arrive au terme.
55:53On va se faire engueuler
55:54par les autres.
55:55Ce que je veux dire...
55:56Ce n'est pas n'importe qui,
55:57si j'ai bien compris derrière.
55:58Mais moi,
55:59on va conclure.
56:01Ce que je veux dire,
56:02c'est qu'il faut avoir
56:03les yeux ouverts
56:05sur la réalité du travail.
56:07Tant que vous réfléchirez
56:08sur le travail
56:09dans des bureaux
56:10avec des experts,
56:13ça ne marchera pas.
56:14Les meilleurs experts
56:15du travail,
56:16ce sont ceux qui travaillent,
56:18monsieur le ministre.
56:19Et donc,
56:20puisqu'il faut conclure...
56:24Puisqu'il faut conclure,
56:26la meilleure façon
56:27de se faire entendre,
56:29on a rendez-vous,
56:30évidemment,
56:31après cette fête de l'Humain,
56:32le 29 septembre,
56:34en grève et dans la rue.
56:39Merci, Philippe Martinez.
56:41Roland Lescure,
56:42peut-être quelques mots
56:43de conclusion ?
56:47Que dire ?
56:47J'allais dire,
56:48non, justement,
56:48je pense que j'ai autre chose
56:50le 29 septembre,
56:51mais j'ai l'impression
56:51qu'il y en a un paquet
56:52qui seront là.
56:53Non, mais d'abord,
56:54merci de votre accueil,
56:55quand même,
56:56parce que je ne l'ai pas dit
56:58en introduction,
56:58mais moi, mon père
57:00a été journaliste à l'Humain
57:01pendant 45 ans.
57:02Alors, Philippe Martinez dirait
57:04que j'ai mal tourné.
57:07Non, non, mais il me l'a dit déjà.
57:08Et vous pensez tous...
57:10Mais quand même,
57:11je veux vous laisser avec un truc.
57:12D'abord, j'aimais bien
57:14la Courneuve.
57:14Bon, ici, c'est quand même pas mal,
57:16mais je reste un peu attaché
57:17à la Courneuve.
57:19Deux, ne croyez pas
57:20que dans l'autre camp,
57:21il y a des gens qui ne sont
57:22pas attachés à l'entreprise,
57:24pas attachés à l'industrie,
57:25pas attachés à l'outil de travail
57:26ou pas attachés aux gens
57:28qui le font.
57:28On n'est pas d'accord
57:29sur les méthodes.
57:31On a tous le même maillot
57:32et on a tous le même objectif.
57:34Merci.
57:36Merci, merci à tous.
57:38Sous-titrage Société Radio-Canada

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