- il y a 1 semaine
Depuis l’attaque terroriste du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023, apporter son soutien au peuple opprimé de Palestine et dénoncer le massacre en cours devient difficile. Procès, censure, répression… qui veut interdire la solidarité avec les Palestiniens ? La vidéaste Lumi et l’ancien étudiant à Sciences Po et membre du comité Palestine, Hicham Touili se sont penchés sur la question.
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NewsTranscription
00:00Si on regarde les unes des grands hebdomadaires, des journaux,
00:03on voit que les Palestiniens ne voient que des chiffres,
00:05ils vont être représentés sur les couvertures par des gravats.
00:08En fait, on ne voit jamais d'êtres humains,
00:10on voit toujours des ruines ou ce qui s'est passé après un bombardement.
00:14Je pense que le débat échangerait un petit peu
00:16quand on comprendra que l'armée tire à bout portant avec des snipers sur les Palestiniens
00:20depuis 1948 et que ce n'est pas juste une histoire de bombe.
00:23Depuis le 7 octobre et l'attaque terroriste du Hamas sur Israël,
00:26un cap a été franchi dans la criminalisation de la solidarité avec la Palestine.
00:30Il est devenu difficile, voire impossible, d'apporter son soutien au peuple opprimé
00:34et de dénoncer le massacre en cours sans subir procès, censure ou répression.
00:38Mais alors, qui veut interdire la solidarité avec les Palestiniens ?
00:42C'est la question à laquelle on va essayer de répondre avec Elisabeth Fleury.
00:45Bonjour.
00:45Bonjour.
00:46Tu es journaliste au pôle enquête de l'humanité.
00:49Lumie, bonjour.
00:50Bonjour.
00:50Tu es vidéaste, chroniqueuse dans Rhinocéros, émission de critique des médias de Blast.
00:55Hicham Twili, bonjour.
00:56Bonjour.
00:57Tu es un ancien étudiant à Sciences Po Paris et membre du comité Palestine
00:59et aussi assistant parlementaire de Rima Hassan.
01:03Alors, avant de commencer, ça nous paraissait important de faire un point sur la situation.
01:06Au moins 41 000 morts, plus de 80 000 blessés, une offensive coloniale en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
01:12Une situation humanitaire toujours catastrophique et qui continue de se dégrader.
01:16Pourtant, la Palestine disparaît, peu à peu, des grands médias traditionnels.
01:19Lumie, est-ce que le sujet ne l'intéresse plus ?
01:22Alors, c'est vrai que le traitement médiatique, il a été très, très particulier.
01:27Bon, déjà, ça faisait des années qu'on en parlait de moins en moins, en fait,
01:31comme si la situation coloniale était quelque chose de complètement normal.
01:34Donc, ça faisait vraiment très, très longtemps qu'on n'en parlait plus, depuis la seconde intifada, à peu près.
01:39Et d'ailleurs, après les événements du 7 octobre, il y a eu ce qu'Akrimed parle de présentisme.
01:46C'est-à-dire que tout aurait commencé le 7 octobre et qu'il n'y avait rien eu avant.
01:51Et vraiment, tout a démarré à partir de ce moment-là.
01:53Et c'est devenu ce qu'eux ont appelé, du coup, la guerre Israël à masse.
01:58Et à partir de là, effectivement, sur la question spécifique des soutiens,
02:02des personnes qui soutiennent la Palestine en France et dans le monde,
02:05on a vu qu'il y avait un véritable acharnement de tous les médias.
02:09Alors, encore une fois, je parle surtout des éditorialistes les plus connus,
02:12des médias audiovisuels, de la télévision, que ce soit sur le service public ou dans les médias privés.
02:17Et véritablement, oui, une sorte de harcèlement envers chaque personne
02:22qui pourrait émettre la moindre critique envers le gouvernement israélien.
02:25Et évidemment, remettre en question, finalement, les crimes de guerre qui sont commis à Gaza.
02:34Vous voulez réagir ?
02:36Je crois qu'on a tous constaté, c'est vrai.
02:39Bien sûr, oui.
02:40Quand on parle de répression, on pense aussi aux étudiants.
02:43On a même parlé de nouveau Vietnam dans certains médias
02:47par la mobilisation exceptionnelle chez les jeunes.
02:49Hicham, toi, tu as vécu une répression particulièrement violente.
02:53On regarde une séquence. Est-ce que vous êtes prêts à la régie ?
02:58C'est sans le son ?
02:59Ok, écoutez, on n'aura pas le son, c'est pas grave.
03:01Donc, on regarde et puis tu nous expliques.
03:03Ah non, c'est le reportage.
03:05On ne s'est pas du tout compris la régie, mais c'est pas grave.
03:09Je voulais BFM, je voulais Hicham sur BFM.
03:15Et bien, c'est parti.
03:20Donc, vous, ce que vous dites, c'est que certes, on l'a empêchée d'entrer, cette jeune fille,
03:25mais on ne l'a pas traitée de sioniste.
03:27C'est votre version ?
03:28Voilà, c'est ça.
03:29Elle n'a jamais été refusée en raison de son appartenance religieuse
03:32ni de ses avis politiques.
03:33Elle a été faite parce qu'il y a vraiment un climat à Sciences Po,
03:36mais partout en France, où les voix pro-palestiniennes sont filmées.
03:39Elles perdent leur travail, leurs adresses sont révélées en ligne.
03:41Elles ont des vagues de cyberharcèlement sur Internet.
03:44Et quand cette personne a été reconnue, on lui a dit de ne pas rentrer.
03:48C'est la seule chose qui s'est passée.
03:49L'administration était présente.
03:51Ces mots n'ont pas été prononcés.
03:53Autour de moi, personne n'a entendu ces mots-là.
03:55Et des débats se sont faits avec des gens de toute opinion politique.
03:59Hicham, peut-être, avant de revenir sur cette échange,
04:01est-ce que tu peux nous rappeler le contexte de ce moment ?
04:03Oui. En fait, ça faisait depuis le mois d'octobre que c'était très actif sur le campus de Sciences
04:10Po.
04:11Il y avait plusieurs initiatives étudiantes, dont des syndicats, des collectifs féministes,
04:14qui s'étaient emparés du sujet, pour vraiment faire résonner la voix à Sciences Po,
04:18qui est une école de sciences sociales, de relations internationales.
04:20Donc des choses qu'on apprend en cours.
04:22Et donc, dans le cadre d'une journée européenne contre le génocide et le scolasticide,
04:26scolasticide, c'est l'effacement de toute connaissance, de toute école.
04:30Donc, pour rappel, il n'y a plus d'université à Gaza.
04:31Et c'était pour ça que l'Europe entière s'était mobilisée.
04:34On a décidé d'investir l'amphithéâtre principal de l'école, Emile Boutemi.
04:37On l'a renommé Amphithéâtre Gaza.
04:39Et pendant quatre heures, on a tenu des conférences.
04:41On a invité des doctorants, des professeurs.
04:43On a invité un ami à nous qui venait de sortir de Gaza il y a quelques mois.
04:47Et pendant ce moment-là, il y a du coup une fille qui n'est pas rentrée,
04:51puisque des gens l'ont reconnue et elle a pris des vidéos auparavant.
04:54Et en fait, on était victime depuis le mois de novembre et depuis même avant,
04:56de campagnes de harcèlement où on était filmé pendant les différentes mobilisations à Sciences Po.
05:01On nous mettait sur les réseaux sociaux.
05:03Et puis, en étant des personnes racisées, des femmes, des femmes qui portent le voile, etc.,
05:06il y avait une vague de cyberharcèlement vraiment, vraiment accrue.
05:10Et donc, ensuite, il y a eu un scandale médiatique.
05:13La ministre de l'Éducation est venue à Sciences Po.
05:15Gabriel Attal est venu à l'intérieur d'un conseil de l'administration
05:18et à forcer, à déclencher un article 40 et à forcer l'administration à faire quelque chose.
05:22Donc, aujourd'hui, on est en train d'en payer les frais encore jusqu'à maintenant.
05:26Et on a Macron qui a fait un tweet sur la situation.
05:28Et tout ça sans jamais respecter ce dont ils aiment tant parler,
05:33ce qui est la présomption d'innocence.
05:34Dans des cas où, dans une école où il y a eu beaucoup de cas
05:38de violences sexistes et sexuelles par les présidents de l'école
05:42et autres membres de l'institution.
05:43Donc, voilà, on voit encore une fois le double standard dont on parlait tout à l'heure.
05:47Je veux dire, on en paye encore les frais.
05:48Vous êtes certain, certaines, sous le coup de certaines procédures d'exclusion ?
05:52Oui.
05:53Alors, pour faire peut-être un peu un topo, parce qu'on reçoit beaucoup,
05:55beaucoup de questions sur ça, justement.
05:57Et en tant qu'étudiant, en tant que personne qui, ensuite,
05:59essayait d'avoir un travail, avoir une vie,
06:02c'était un peu compliqué d'être très public sur ce sujet-là.
06:05Mais moi, du coup, j'ai terminé Sciences Po, donc maintenant, je peux en parler.
06:09Mais effectivement, on a eu deux procédures disciplinaires à notre rencontre en ce moment même,
06:14qui ont ciblé en particulier les étudiants racisés et les étudiants syndiqués.
06:19Je pense que c'est vraiment important de le rappeler.
06:21Et une autre chose aussi, c'est que via l'article 40,
06:24il y a une plainte qui a été déposée par l'UEJF.
06:26L'UEJF, c'est l'Union des étudiants juifs de France.
06:29Moi, par exemple, j'ai été convoqué à la police le 15 juillet dernier,
06:34et j'ai été entendu par un commissariat.
06:36Et là, ce n'est pas pour apologie du terrorisme,
06:38mais c'est pour incitation à la haine liée à l'origine ou à la religion.
06:41Donc effectivement, on a encore des affaires sur le dos,
06:44en tant que jeune personne de moi, j'ai 23 ans.
06:46Et évidemment, ça fait peur, mais je pense qu'il y a quelque chose
06:48qui est extrêmement fort dans le mouvement palestinien,
06:50comme il y a pu avoir au Vietnam,
06:52c'est que toutes ces tentatives d'intimidation,
06:54c'est comme ça qu'on les appelle, nous font absolument pas peur.
06:57Et l'engagement continu, et je pense que ça, c'est quelque chose
06:59dont on peut vraiment se réjouir.
07:01Elisabeth, depuis le 7 octobre, est-ce qu'on a vraiment assisté
07:04à une augmentation de ce type de répression, de censure,
07:09de toutes ces procédures, d'une criminalisation,
07:12du moindre soutien à la Palestine ?
07:15Ce que tu dis, Hicham, c'est important, parce qu'en fait,
07:18le monde de l'enseignement a été le premier à réagir après le 7 octobre,
07:22puisque Sylvie Retailleau, qui est ministre de l'enseignement supérieur,
07:26a envoyé une lettre dès le 9 octobre à tous les présidents d'universités
07:30pour leur demander de signaler toutes les dérives antisémites,
07:36puisque, à partir du moment où il y a eu l'attaque du 7 octobre,
07:43l'antisémitisme est devenu le sujet numéro un,
07:47comme s'il n'y avait plus que ça qui intéressait les Français.
07:53Donc, Sylvie Retailleau, le 9, le 10,
07:56Éric Dupond-Moretti, ministre de la Justice,
07:59qui demande des réponses fermes contre toute dérive antisémite,
08:03et, enfin, Gérald Darmanin, le 10,
08:06qui envoie un télégramme au préfet,
08:09leur demandant d'interdire les manifestations pro-palestiniennes,
08:13puisque, dit-il,
08:15puisqu'il associe troubles à l'ordre public
08:18et manifestations pro-palestiniennes.
08:21Alors, le Conseil d'État,
08:22qui a été saisi en urgence,
08:25dira quelques jours plus tard
08:26que c'est au préfet de décider au cas par cas de ces interdictions,
08:30mais on voit bien que, que ce soit l'enseignement,
08:34la justice, l'intérieur,
08:37tous les pouvoirs publics sont vraiment au taquet
08:41pour essayer de réprimer toute voix un peu discordante
08:45qui pourrait mettre en question
08:48la répression que met en place
08:53et qu'annonce Benjamin Netanyahou.
08:57Tu disais un peu plus tôt,
08:58il n'y a pas que les étudiants qui ont été affectés.
09:01Il y a Thomas Le Maillot,
09:02dont on a reçu hier,
09:03qui a fait un reportage
09:05sur les professeurs, les syndicats
09:07qui ont, eux aussi, été affectés par cette criminalisation.
09:10On regarde et puis on en discute après.
09:14Cet octobre, un climat de censure se répand dans l'université
09:17et dans les laboratoires de recherche en France
09:19sur les questions liées à la Palestine et aux mondes arabes.
09:21Pour l'humanité, nous avons interrogé une vingtaine de chercheurs
09:24qui témoignent tous de ce climat.
09:25Très révélateur,
09:26beaucoup des témoins qu'on a fait parler
09:28ont dû rester anonymes
09:29parce qu'ils seraient exposés à de la délation,
09:32à des dénonciations, à de la malveillance
09:34qui mettraient en danger leur carrière.
09:36On a des thésards à qui on conseille
09:38de changer de sujet de recherche.
09:40Dans une université, un syndicat s'est vu couper
09:42l'accès aux listes de diffusion au personnel
09:44pour avoir simplement transféré
09:46deux communiqués de soutien au peuple palestinien.
09:49Enfin, des spécialistes reconnus
09:50de la Palestine et du Proche-Orient
09:52sont sommés de se mettre au niveau très médiocre
09:54du débat public sur ces questions
09:55et doivent, en fait, abandonner
09:57tous les éléments qui pourraient servir
09:59à éclairer le contexte,
10:00à éclairer des débats informants.
10:01Comment, en tant qu'historienne,
10:03on peut déplacer la question morale ?
10:04Elle fait partie de l'histoire aussi ?
10:05Écoutez, peut-être que vous n'êtes pas historienne ?
10:07Non, je ne suis pas historienne.
10:08Bah voilà, ça se voit.
10:09C'est un gros problème pour le débat public
10:10et le débat politique.
10:12en France, sans histoire,
10:13sans sociologie, sans contexte,
10:15sans tous ces éléments indispensables,
10:17il sera impossible de comprendre ce conflit.
10:23Hicham, je te voyais sourire
10:24à la vision de cette petite capsule.
10:26Bah non, je ne suis pas historienne.
10:27Pourquoi ça te fait sourire ?
10:29Non, mais je trouve qu'elle a très bien répondu
10:31et en plus, ça venait dans un moment
10:33où on allumait la télé et nos réseaux
10:35et on voyait autres personnes qui répondaient.
10:38On a l'impression qu'il n'y avait pas
10:39de débats contradictoires.
10:41Et enfin, c'est juste marrant de voir comment
10:44les journalistes se sont beaucoup improvisés,
10:47spécialistes de ces questions-là,
10:49sans laisser parler les spécialistes
10:51et en les faisant taire.
10:53Et en fait, c'est ce qui est arrivé aussi aux étudiants
10:56par un mépris de qui on était parce qu'on était jeunes
10:58et parce qu'on mettait en lumière quelque chose
11:00qui gênait profondément la société française,
11:03mais même avant le 7 octobre.
11:06Toi, Lumie, j'imagine ce que dit Hicham,
11:07c'est quelque chose que tu vois assez régulièrement
11:09quand tu travailles sur les médias ?
11:11Oui, alors je voulais dire,
11:12c'est vrai que sur la séquence qu'on vient de voir,
11:13c'est une des très rares historiennes
11:15qui a été invitée sur quelques plateaux.
11:18Donc, du coup, je reprends son nom
11:19pour ne pas dire de bêtises.
11:21Stéphanie Latte Abdallah.
11:23Et elle, à chaque fois qu'elle a été invitée,
11:25c'était toujours pour justement
11:27être face à des contradicteurs, etc.
11:29Alors c'était la seule spécialiste.
11:30Et autrement, on ne voyait pas de spécialistes en plateau
11:34et on demandait toujours à des personnes.
11:36C'était aussi extrêmement rare
11:38d'inviter des personnes comme toi, par exemple,
11:41sur des plateaux.
11:42Et on a vu après, effectivement,
11:44par exemple, ce dont tu parles
11:46dans l'émission C'est à vous.
11:48On a vu Anne Sinclair, Elisabeth Batinter
11:49expliquer à quel point les étudiants
11:51étaient ignorants.
11:53Cette nouvelle génération,
11:55et puis évidemment avec toujours des sous-entendus
11:57de curé de l'antisémitisme
11:58forcément dans le soutien à la Palestine, etc.
12:01Donc ça, c'est vrai que c'est un truc
12:02qui était hyper fort.
12:04Et comme tu dis aussi,
12:04il y a évidemment la question du racisme
12:06dans les médias.
12:07Et ça, c'est quelque chose
12:09qui est très, très important.
12:10Et il faut, par exemple, suivre
12:11l'association Aja,
12:13qui est l'association des journalistes
12:15antiracistes et racisés,
12:16qui parle de ça justement
12:17et qui explique à quel point,
12:18par exemple, il va y avoir
12:19des journalistes non-blancs
12:22à qui on va dire
12:22tu ne vas pas parler de cette question-là
12:23parce que tu seras peut-être biaisé.
12:25Il y avait aussi des climats de peur
12:26dans les rédactions et tout ça.
12:28Et je pense que c'est important.
12:29On ne le sait pas forcément, nous.
12:31Mais c'est vrai que c'est quelque chose
12:33qui va forcément avec
12:34l'extrême droitisation aussi
12:36de nos médias
12:37qui amènent de plus en plus de racisme
12:38et aussi l'ignorance totale
12:40de la question coloniale
12:41qu'on a vu aussi au moment de la Kanaki.
12:42Enfin, c'est des choses
12:44qui sont très fortes
12:46et c'est des véritables charges
12:49effectivement envers
12:50toutes ces questions
12:51par rapport à toutes ces questions.
12:53Et du coup, les médias,
12:54en fait, ils amènent
12:55une véritable déshumanisation
12:57des Palestiniens.
12:57Et je voulais revenir aussi
12:58parce qu'on a vu
12:59Caroline Forest dans l'extrait.
13:01Et aussi, il faut rappeler
13:02la responsabilité
13:03de ce qu'on appelle,
13:05Pierre Cernat appelle ça
13:06l'extrême centre.
13:06Donc c'est en gros
13:08les anciens du printemps républicain,
13:09les journalistes de Franc-Tireur,
13:10etc. Donc Caroline Forest,
13:12Raphaël Enthoven,
13:13Christophe Barbier, etc.
13:15Et alors eux, à chaque fois,
13:17qui vont intervenir,
13:18effectivement,
13:19donc ils sont quand même connus
13:19pour être des personnes
13:20qui ont eu des propos islamophobes
13:21très régulièrement,
13:23qui sont totalement contre
13:25la France insoumise
13:26et la gauche, selon eux,
13:29radicale, en tout cas.
13:30Contre Rima Hassan,
13:31ça a été quelque chose
13:32mais complètement délirant.
13:34Et Caroline Forest, par exemple,
13:36elle ose dire des choses
13:37sur les plateaux,
13:38comme par exemple,
13:39pour relativiser,
13:41déshumaniser totalement
13:42les Palestiniens.
13:43C'est pas pareil
13:44de tuer un bébé
13:45dans un verso
13:46ou de faire exploser
13:49une bombe sur un bébé.
13:51C'est vraiment,
13:52on relativise
13:53de massacrer des enfants
13:54et ça, ça passe.
13:55Et donc voilà,
13:56je trouve aussi
13:57qu'on parle beaucoup
13:58des personnalités
13:59d'extrême droite,
14:00on parle beaucoup
14:00de CNews, etc.
14:01Mais sur le service public,
14:03il y a aussi la porte
14:04ouverte constamment
14:05à cet extrême centre
14:06et à de ces personnalités
14:07de francs-tireurs
14:07et qui sont extrêmement dangereux,
14:09qui sont vues comme des personnes
14:10raisonnables,
14:10présentées comme ça.
14:11Et en fait,
14:12sur cette question-là,
14:13c'est assez terrifiant
14:15qu'on leur laisse la parole.
14:17Oui.
14:18Et je voulais juste
14:19rebondir sur ce que tu disais
14:20sur cet extrême centre-là.
14:22Nous, la principale opposition
14:23qu'on a eue à Sciences Po,
14:24c'était les militants
14:25du Printemps Républicain
14:26qui venaient,
14:27qui portaient des pins
14:29avec le ruban jaune
14:31du collectif 7 octobre
14:32et qui allaient
14:32sur les plateaux télé,
14:33parler au nom
14:34des étudiants juifs,
14:36alors qu'eux-mêmes,
14:37même une campagne
14:37anti-religieuse
14:38depuis extrêmement longtemps.
14:39Et donc,
14:40je suis totalement d'accord
14:41avec ce que tu viens de dire.
14:42Vous parlez d'extrême centre,
14:44justement,
14:44il y a une question
14:44dans le chat.
14:45Quel est l'intérêt
14:46des macronistes
14:47de soutenir les actions d'Israël
14:48si ce n'est de pouvoir
14:49taper sur la gauche ?
14:50Elisabeth,
14:51qu'est-ce que tu en penses
14:52de cette question ?
14:53Bah, écoute,
14:54la réponse est dans la question.
14:57Non, mais juste
14:59pour revenir
15:00sur ce qui vient d'être dit,
15:02je pense qu'il y a eu
15:03vraiment un effroi
15:05et un désespoir,
15:06en fait,
15:07dans le monde des chercheurs.
15:08Je voulais juste
15:09le rappeler
15:09parce qu'effectivement,
15:10on a rencontré
15:11un certain nombre
15:12de chercheurs
15:12qui disaient
15:13mais la recherche,
15:14c'est précisément
15:15se poser des questions,
15:17ne pas partir
15:18avec des parties prises
15:20et si on subventionne
15:23la recherche,
15:24mais qu'on l'interdit
15:25de chercher,
15:26alors quel est l'intérêt ?
15:27Il faut arrêter
15:28cette histoire de recherche.
15:30Et donc,
15:32on a confisqué le débat,
15:33on a confisqué
15:34au nom de l'émotion,
15:36au nom de...
15:39Et vraiment,
15:40tous les chercheurs
15:41qui,
15:42notamment ceux
15:42qui sont spécialisés
15:43sur le Moyen-Orient,
15:45tous nous ont fait part
15:46d'une espèce
15:47de désespoir,
15:49de sidération
15:49en disant
15:50mais on ne peut plus
15:51travailler.
15:52D'ailleurs,
15:53le terme
15:53islamo-gauchisme
15:55qui gangrène
15:55les universités,
15:56etc.,
15:57ça venait
15:57de l'ancienne ministre
15:58de l'enseignement supérieur,
16:00Mme Vidal,
16:01je ne sais plus
16:01quel est son prénom,
16:02et qui avait été repris
16:03par Jean-Michel Blanquer,
16:05etc.
16:05C'est vrai que ce mot
16:09d'islamo-gauchisme
16:10qui, du coup,
16:10maintenant,
16:10est aussi dans les médias,
16:11dans la bouche
16:12de beaucoup de politiques,
16:13c'est vrai que c'était
16:13à la base aussi
16:15la ministre
16:16de l'enseignement supérieur.
16:18Oui.
16:18On politise,
16:19on fait des procès
16:21en antisémitisme,
16:22et du coup,
16:22il n'y a plus moyen
16:23de se poser des questions,
16:25de faire des recherches.
16:27Rechercher,
16:28par définition,
16:29c'est aller dans les coins,
16:30c'est soulever des couvercles,
16:32on va peut-être tomber
16:33sur des choses,
16:34sur des odeurs
16:35un peu nauséabondes,
16:36on va peut-être...
16:37Mais c'est ça,
16:37par définition,
16:38la recherche
16:39et l'investigation.
16:40Et donc,
16:41là, on a voulu
16:44aseptiser totalement
16:44le débat.
16:45Et en fait,
16:46c'est précisément pour ça
16:47que le 12 mars 2024,
16:49on avait organisé
16:49cette journée,
16:50parce qu'en tant
16:51que jeunes étudiants
16:52qui avions encore
16:55foi en l'éducation
16:56supérieure française,
16:56en se disant
16:57que justement,
16:57c'est dans ces recoins
16:58qu'on allait trouver
16:59la complexité,
17:00et il y avait cette promesse
17:01en fait de l'université
17:02à laquelle on croyait encore,
17:04et en fait,
17:04de voir que c'était
17:05impossible de parler
17:06de quelque chose,
17:07et qu'au même moment,
17:09on nous rabâche
17:09des discours
17:10sur plein de pays
17:12où la liberté d'expression
17:13est en train vraiment
17:14de décroître.
17:16Et en fait,
17:17on vivait ça
17:17au même moment.
17:19Nous,
17:19on s'est engagés
17:20parce qu'on a entendu
17:20parler justement
17:21de ce qui s'est passé
17:22avec la ministre
17:22de l'éducation supérieure,
17:23de professeurs eux-mêmes
17:24qui nous disaient
17:25pour nous,
17:25c'est impossible
17:26de parler de ces sujets-là.
17:27Des professeurs
17:28qui eux-mêmes
17:28étaient d'origine palestinienne,
17:29qui avaient un passeport palestinien,
17:31ne pouvaient pas parler de ça
17:32dans leurs propres cours.
17:33On était en...
17:34Enfin,
17:34c'était extrêmement...
17:35Il y avait une désillusion
17:37et nous,
17:37on parle de trahison de l'université.
17:39On a une trahison,
17:40en fait,
17:40de ce que l'université
17:41nous promettait
17:41et qu'on n'a pas réussi
17:42à avoir cette année.
17:44Et d'ailleurs,
17:45juste pour terminer,
17:46c'est la question du génocide,
17:48par exemple.
17:48On s'est interrogé...
17:49Pendant des mois et des mois,
17:51il était interdit
17:52de parler de génocide.
17:54Mais enfin,
17:55il faut se poser
17:56la question du génocide,
17:57donner la définition du génocide,
17:59d'essayer de voir
17:59si elle s'applique
18:01ou pas sur le terrain.
18:03Mais non,
18:04il était interdit
18:05d'évoquer même le nom.
18:07Et du coup,
18:08ça délégitimait aussi
18:10les instances internationales,
18:12la Cour internationale de justice,
18:14la Cour pénale internationale.
18:15On a essayé vraiment de...
18:17Enfin,
18:18il y avait une tentative
18:20de museler totalement
18:22les termes du débat
18:23et les débattants.
18:25Et c'est vrai que,
18:27effectivement,
18:27la question des mots,
18:28elle est super importante.
18:29Et par exemple,
18:30on a vu qu'il y avait vraiment...
18:32La propagande, en fait,
18:34de l'armée israélienne
18:35a beaucoup,
18:35beaucoup été reprise.
18:36Et il y a quelque chose
18:37qui est assez intéressant aussi
18:38à savoir là-dessus,
18:39c'est que BFM TV,
18:41donc maintenant,
18:41ce n'est plus le cas,
18:42mais avant,
18:42c'était dirigé par Patrick Drahi.
18:44Et Patrick Drahi,
18:45c'est aussi le propriétaire
18:46de I24 News,
18:47qui est une chaîne
18:47de propagande israélienne.
18:50Et en fait,
18:51ce sont dans les mêmes locaux.
18:52BFM TV et I24 News
18:53sont dans les mêmes locaux.
18:54Donc c'est pour ça
18:55qu'on retrouvait très souvent
18:56des journalistes
18:57d'I24 News
18:58qui intervenaient sur BFM TV.
19:01Et on remarquait par exemple
19:02qu'on avait aussi
19:03très, très, très souvent,
19:04même quotidiennement,
19:05le porte-parole
19:06de l'armée israélienne
19:08Olivier Rafovitch,
19:09qui imposait vraiment
19:10tout le temps son vocabulaire.
19:12Il disait,
19:12non, il ne faut pas parler
19:12de combattants du Hamas,
19:13il faut parler de terroristes.
19:15Donc effectivement,
19:15comme je disais,
19:16la question,
19:16on ne pouvait pas dire
19:17le mot génocide.
19:18Par contre,
19:19il fallait absolument dire
19:19que c'était du terrorisme,
19:21etc., etc.
19:22Et il imposait,
19:23il martelait son vocabulaire.
19:24Et ça, c'est quelque chose
19:25qui était assez impressionnant
19:26parce que les journalistes
19:27se pliaient à ça aussi.
19:28Ou par exemple,
19:29plutôt que de dire
19:29que l'armée avait tué
19:31des Palestiniens,
19:32c'est on a retrouvé des corps
19:33où ils ont été neutralisés.
19:36Il y a toujours des...
19:36Voilà, le vocabulaire aussi
19:37était vraiment calculé
19:39et transmis.
19:41Et voilà,
19:42il ne fallait pas dire...
19:43Il y a certaines choses
19:44qu'il ne fallait pas dire
19:44et d'autres choses
19:45qu'il fallait dire
19:46de telle ou telle façon
19:47pour, disons,
19:49que ça passe...
19:50Et puis les sources aussi
19:51qui sont tout le temps
19:53remises en question
19:54selon...
19:55Voilà,
19:56sur le nombre de morts
19:58du côté palestinien.
20:00C'est vraiment...
20:01D'ailleurs,
20:01les Palestiniens
20:01qui sont toujours
20:02juste des chiffres.
20:03Ça aussi,
20:04on a eu beaucoup
20:04de reportages,
20:05par exemple,
20:06après le 7 octobre,
20:07sur des familles
20:07d'Israéliens
20:10qui avaient perdu quelqu'un,
20:12qui avaient perdu des proches.
20:13Il y avait des portraits.
20:15On avait vraiment
20:16de l'empathie pour eux.
20:16Il y avait des reportages
20:19pour inspirer la compassion,
20:20etc.,
20:20comme un hommage.
20:22Et c'est très bien.
20:23Mais il n'y a absolument
20:24pas eu ça
20:24pour les Palestiniens.
20:25Il n'y a jamais eu ça.
20:26Et effectivement,
20:27ce que tu évoquais
20:28un petit peu avant
20:28qu'on commence,
20:30par exemple,
20:30si on regarde
20:31une des grands hebdomadaires,
20:33des journaux,
20:33on voit que les Palestiniens
20:35ne vont avoir que des chiffres,
20:36ils vont être représentés
20:36sur les couvertures
20:37par des gravats.
20:40En fait,
20:40on ne voit jamais
20:41d'êtres humains.
20:42On voit toujours
20:43des ruines
20:43ou ce qui s'est passé
20:45après un bombardement.
20:46Alors qu'au contraire,
20:47effectivement,
20:47du côté israélien,
20:48on va mettre des visages,
20:49on va avoir des noms,
20:50on va pouvoir s'identifier à eux.
20:52Et les Palestiniens,
20:53c'est des chiffres
20:54ou des images de destruction.
20:55Et donc,
20:55c'est très dur, en fait,
20:56de pouvoir transmettre
20:58une empathie au public
20:58alors que ça devrait être...
21:01La différence de traitement,
21:02là aussi,
21:03est assez...
21:04Et c'est d'autant plus difficile
21:05qu'il y a une...
21:06que les journalistes
21:08sur le terrain...
21:08D'abord,
21:09les journalistes
21:10sont empêchés
21:11d'aller sur le terrain.
21:12Et ceux qui y sont,
21:14sont des cibles,
21:15payent de leur vie.
21:17Enfin,
21:17on est à plus de 150
21:20journalistes tués
21:21à Gaza.
21:22C'est absolument abominable.
21:24Et pourquoi ?
21:25Parce qu'on ne veut justement
21:27pas que les faits émergent.
21:29On ne veut pas...
21:30il y a une réalité
21:32qu'on veut imposer
21:33et les journalistes
21:37en payent le prix
21:38le plus fort.
21:39Vous parliez un peu plus tôt
21:40de génocide,
21:40ça a fait réagir le chat.
21:42Que répondez-vous
21:43à des personnes
21:43qui disent que ce n'est pas
21:44un génocide ?
21:45Alors, c'est une question,
21:46j'imagine,
21:46un peu complexe.
21:47Mais qu'est-ce que vous en pensez,
21:48du chamin ?
21:50Je pense que c'est...
21:53Enfin, il y a une espèce de...
21:56Voilà, on nous dit,
21:57on ne peut pas dire
21:57que c'est un génocide.
21:59Alors déjà,
22:00quand les gens veulent bien
22:00entendre que la Cour
22:02de justice internationale
22:03a bien dit qu'il y avait
22:03un risque possible de génocide,
22:05quand ils veulent bien
22:06l'entendre,
22:06ils disent,
22:06oui, mais ça n'a pas
22:07encore été acté.
22:08On ne le sait pas encore.
22:09Et en fait,
22:10ce que les gens,
22:11je pense,
22:11soit oublient,
22:12soit ne comprennent pas
22:13de ce qui s'est passé
22:14par le passé,
22:14c'est que quand il y a
22:15un risque de génocide,
22:16non seulement on est obligé,
22:18on est tenu pour responsable
22:20de faire en sorte
22:20que ce génocide ne continue pas,
22:22s'arrête ou n'ait pas lieu.
22:24Et secondement,
22:24il sera trop tard
22:25une fois que la justice
22:26sera tranchée.
22:27C'est constamment le cas
22:28pour tous les génocides
22:29qui ont eu lieu.
22:30Ça n'existait même pas encore
22:31quand il y a eu la Shoah,
22:32ça a été trop tard
22:33pendant le génocide au Rwanda.
22:34Enfin, c'est constamment le cas.
22:36Et en fait,
22:37ce qu'il faut vraiment
22:37que les gens comprennent,
22:38c'est qu'on a un choix
22:39qui est fait à nous,
22:40c'est que la société civile
22:42soit fait en sorte
22:43de tenir pour responsable
22:44les États
22:45qui ont tous signé
22:46ces mêmes traités
22:47qui les tiennent responsables
22:48devant les instances internationales
22:50ou soit la société civile
22:52se tait.
22:53Et en fait,
22:54beaucoup de gens
22:55de la société civile
22:55et l'État
22:56ont choisi plutôt
22:57de faire taire
22:57ce premier groupe de personnes
22:59que je pense qu'on représente.
23:01Toi, Elisabeth,
23:02ces procédures,
23:03ces audiences à la CIG,
23:04tu les as assez suivies.
23:05Oui.
23:05Qu'est-ce que tu en as retenues ?
23:07Quels étaient les enjeux ?
23:09Est-ce qu'on peut espérer
23:10un avenir meilleur ?
23:12C'est terrible
23:12parce que
23:14le droit international existe.
23:16On n'a jamais autant parlé
23:17de ces instances-là
23:18et d'un seul coup,
23:20on se rend compte
23:20qu'effectivement,
23:22tout au-dessus du monde,
23:24il y a des régulateurs.
23:27Seulement,
23:28c'est un droit
23:28qui se dit
23:29mais qui ne s'applique pas.
23:30Donc, effectivement,
23:32dans ces audiences-là,
23:33c'est très intéressant
23:34parce qu'on voit
23:34les positions...
23:35Alors, devant la CIG,
23:37on voit les positions
23:37des États
23:38qui sont exprimées
23:39et notamment
23:40que la position officielle
23:41de la France
23:42n'a rien à voir
23:43avec les errements
23:44d'Emmanuel Macron
23:46puisqu'elle était très clairement...
23:50Elle dénonçait très clairement
23:52le colonialisme israélien
23:55qui est d'ailleurs
23:56la position traditionnelle
23:57de la France.
24:00Donc, devant la CIG,
24:02c'est la position des États
24:03qui s'affirme
24:03et c'est très intéressant.
24:05On voit émerger
24:06des lignes de force,
24:07on voit que le sud global
24:08est une réalité juridique
24:12et devant la CPI,
24:13alors, on voit
24:15où là,
24:16on est dans le domaine
24:17de la poursuite pénale
24:19donc à l'égard d'individus.
24:20C'est puisqu'on n'est plus
24:22dans une logique étatique.
24:24Eh bien, on voit
24:25la difficulté
24:26de documenter
24:28l'instruction des crimes
24:29puisque ne serait-ce
24:31que pour le 7 octobre,
24:34Karine Kahn,
24:35le procureur
24:36de la CPI
24:37a réclamé
24:39une enquête sérieuse.
24:41À ce jour,
24:42elle n'a toujours pas eu lieu.
24:43On ne sait toujours pas
24:44exactement
24:45ce qui s'est passé
24:46le 7 octobre.
24:48Et donc,
24:49c'est terrible.
24:51Et donc,
24:52la CPI
24:53est alimentée.
24:54Alors,
24:54il y a des tas
24:56de personnes
24:57qui essayent
24:57d'alimenter la CPI,
24:59des avocats,
25:00des consortiums
25:01d'avocats
25:01qui se mettent en place.
25:04pour essayer
25:05justement
25:06de documenter
25:07les crimes commis.
25:09Mais c'est extrêmement
25:10difficile.
25:12Et donc,
25:14on découvre ce droit,
25:15on s'en réjouit
25:17et en même temps,
25:18on est désespéré
25:18parce que tout ça
25:20est très lent
25:20et n'est pas suivi
25:23d'effet.
25:24Et juste si je peux
25:26répondre sur ça
25:27et compléter aussi
25:28ce que je disais,
25:28il y a aussi ce truc
25:30où, en fait,
25:31dans l'histoire,
25:31les instances
25:34onusiennes
25:34et les ONG aussi
25:36ont toujours été
25:37extrêmement claires
25:38sur la question
25:38de la Palestine.
25:39Depuis 1948,
25:40il y a eu un peu
25:42tout un tas de droits
25:42qui ont été bafoués,
25:43qui ont été révélés
25:44au grand jour
25:45et en fait,
25:45c'était un peu
25:46au bon vouloir
25:47de chacun d'en faire
25:48ce qu'il en veut
25:48de cette information.
25:51Et pour répondre
25:52à des gens qui disent
25:53voilà, ce n'est pas un génocide,
25:54ce n'est pas le cas,
25:55etc.
25:56En fait, je pense que
25:56la question du génocide
25:57qui se cache derrière,
25:58c'est que si la CIJ a raison,
26:00si Israël est condamné
26:02pour génocide,
26:02en fait,
26:03tout ce qu'il y a derrière
26:04devra suivre.
26:05C'est-à-dire que
26:05le statut de colonisateur,
26:08Israël devra être traité
26:09en tant que tel.
26:10C'est-à-dire que tout le monde,
26:11et quand j'ai des débats
26:12avec des gens,
26:12parce qu'on a voulu
26:13vraiment créer du débat
26:15et nous dire
26:16qu'on était dans une position
26:17de rester entre nous,
26:18donc on est allés parler
26:19et en fait,
26:20les gens jettent
26:20d'un revers de la main
26:21la question des colons.
26:22Ils disent voilà,
26:23bah oui, oui,
26:23oui, c'est vrai
26:24qu'il y a 800 000 colons
26:25en territoire occupé.
26:26Oui, c'est vrai que,
26:27voilà.
26:27Et en fait,
26:28ils rejettent tout ça,
26:29mais la question c'est,
26:30bon, on en fait quoi
26:30de ces 800 000 colons ?
26:31Comment est-ce qu'on fait en sorte
26:32que les Palestiniens puissent
26:34avoir leur droit
26:35à l'autodétermination ?
26:36Et en fait,
26:36c'est ça la question
26:37qui fait peur
26:37et dans tous les cas
26:38de colonisation,
26:39c'est que la décolonisation
26:40de l'un donnera
26:41des idées à l'autre
26:42et en fait,
26:43quand on a une position
26:44et c'est peut-être
26:45la dernière chance qu'on a
26:46que plusieurs pays
26:47se sont réunis
26:48pour faire valoir
26:49ce droit à l'autodétermination,
26:51c'est que c'est un droit
26:52que tous les citoyens
26:53du monde
26:54ont le droit de jouir
26:55et je pense que c'est ça
26:56qui fait peur
26:56à beaucoup de gens
26:57d'où la réponse
26:58à cette question
26:58qui veut faire taire
27:00le mouvement en solidarité ?
27:01Je pense qu'il y a
27:02certaines réponses
27:03qui peuvent un peu
27:03s'apparenter
27:04du complotisme, etc.
27:06Et puis il y a
27:06une autre réponse
27:07qui est que l'Ouest
27:08commence à avoir
27:09extrêmement peur
27:09que la majorité globale
27:11du monde
27:12autrement appelée
27:13le tiers-monde
27:14se réveille
27:15et on le voit bien
27:15c'est l'Algérie,
27:16c'est le Nicaragua,
27:17c'est le Chili
27:18depuis deux jours
27:19qui viennent porter
27:19ces questions-là
27:20par les mêmes instances
27:21qui ont été créées
27:22par l'Angleterre,
27:23la France et les Etats-Unis.
27:25Je voulais juste
27:26ajouter une petite chose
27:27il y a aussi quelque chose
27:28dont on parle très très peu
27:29mais qui est en lien
27:30avec tout ce que vous dites
27:30c'est la responsabilité
27:32de la France
27:32dans la vente d'armes
27:34à Israël
27:35donc en fait là-dessus
27:36le gouvernement
27:36soit ne répond pas
27:37soit minimise
27:39soit ment
27:39il me semble que c'est Mediapart
27:41qui avait révélé
27:42donc ils expliquent
27:43qu'ils n'envoient pas
27:43des armes
27:44qu'ils envoient en fait
27:44des petits morceaux
27:46que ça représente
27:47très très peu etc
27:48mais la France continue
27:49d'armer Israël
27:50et ça c'est vrai
27:51que c'est quelque chose
27:52il y a énormément
27:53de pression là-dessus
27:53donc voilà
27:54le ministre Sébastien Lecornu
27:57n'est jamais clair
27:58et il n'y a aucune transparence
27:59on ne peut pas savoir
28:00et il y a beaucoup de pression
28:02et notamment
28:02nous on a une collègue à Blast
28:03qui a quand même passé
28:0548 heures en garde à vue
28:06parce qu'elle enquêtait
28:08sur la vente
28:09d'armes à Israël
28:11de la France
28:11et elle était allée couvrir
28:13en fait avec le collectif
28:14Stop Army Israël
28:16une sorte
28:17c'était une manifestation
28:18devant l'entreprise
28:19Exolia
28:19si je ne veux pas dire
28:20de bêtises
28:20et donc elle a été arrêtée
28:23pendant 48 heures
28:24en garde à vue
28:25et donc il y a des pressions
28:26aussi sur toute personne
28:27qui chercherait
28:28à avoir des informations
28:28là-dessus
28:29et c'est vrai que ça
28:30c'est quelque chose
28:30dont les médias
28:31ne parlent absolument pas
28:32et nous tous
28:34il faudrait vraiment
28:35qu'on soit informés
28:36justement de ça
28:37et qu'on puisse répondre
28:38et demander des comptes
28:39à la France
28:39parce qu'en fait
28:40on est responsable aussi
28:40on se retrouve nous
28:42est-ce qu'on va devenir
28:43complice d'un génocide
28:45donc voilà
28:45c'est aussi une question
28:46qui nous concerne
28:47absolument tous
28:48et...
28:49d'autant plus
28:49que Emmanuel Macron
28:50en 2017
28:51était allé en Algérie
28:52et avait dit que
28:53la colonisation
28:54est un crime
28:55contre l'humanité
28:56donc pourquoi est-ce que
28:57c'est un crime
28:57contre l'humanité
28:58en 2017 en Algérie
28:59et qu'aujourd'hui
29:01la colonisation israélienne
29:03n'est pas un problème
29:04n'est pas une question
29:05c'est comme le fait
29:05d'envoyer aussi
29:06de l'aide humanitaire
29:07tout en continuant
29:08à armer Israël
29:08c'est vrai qu'il y a
29:10des grandes déclarations
29:11sur on a envoyé
29:12de l'aide
29:13etc.
29:15on demande
29:15un cessez-le-feu
29:17en un tweet
29:17et puis derrière
29:18on continue
29:19à envoyer
29:20et Israël aussi
29:21il y a des liens
29:22évidemment avec la France
29:23ils s'échangent aussi
29:24des technologies
29:25pour l'armée
29:26enfin voilà
29:28c'est quelque chose
29:29on reviendra juste après
29:30sur la question
29:30de la reconnaissance
29:31de l'atapalestinien
29:32mais avant
29:32il y a une question
29:33du chat
29:33que je trouve intéressante
29:36en réaction
29:36à ce que tu disais
29:37sur on ne montre pas
29:38les visages
29:38on ne montre pas
29:39les corps
29:39on montre surtout
29:40des gravats
29:40etc.
29:40pour déshumaniser
29:41un petit peu le peuple
29:42et donc c'est Matt Burst
29:43qui nous demande
29:44en même temps
29:44les images des corps
29:45sont difficilement
29:45diffusables à la télévision
29:47est-ce que c'est vraiment
29:48ça le problème
29:49entre guillemets
29:50est-ce que c'est pour ça
29:50qu'on ne montre pas
29:52non non
29:53parce que
29:53alors déjà
29:55après ça c'est encore
29:56un autre débat
29:56un peu philosophique
29:57on va dire
29:58est-ce qu'on montre des corps
29:59est-ce qu'on n'en montre pas
30:00par rapport à la dignité
30:01des personnes
30:01et en même temps
30:02il ne faut pas invisibiliser
30:03la violence
30:04mais il y a quelque chose
30:05de très particulier
30:05avec ce conflit
30:06c'est qu'on voit tous
30:07qu'on le veuille ou non
30:08maintenant qu'on a internet
30:09les réseaux sociaux
30:10etc.
30:11qu'on le veuille ou non
30:11on voit tous les massacres
30:12on a tous vu des cadavres
30:13on a vu des personnes blessées
30:15et donc en fait
30:17il y a cette réalité
30:18qui existe
30:18et auquel on est confronté
30:19qu'on le veuille ou non
30:20et on le voit
30:21et effectivement
30:22la différence entre nous
30:23les images terribles
30:23qu'on peut voir
30:24qu'on les cherche
30:24ou qu'on ne les cherche pas
30:25je pense qu'on en a tous vu
30:26voilà
30:28et donc ça
30:29ce n'est pas montré
30:30à la télévision
30:31et en fait
30:31après il n'y a pas
30:32je ne pense pas
30:33qu'il y ait besoin
30:33de montrer des atrocités
30:35à la télévision
30:35ce n'est pas du tout
30:36cette question là
30:37mais c'est plutôt
30:39effectivement ce fameux
30:40deux poids deux mesures
30:40dont on parle
30:41où on ne montrera pas
30:43la souffrance
30:44la souffrance peut se montrer
30:45sans montrer
30:46une goutte de sang
30:47mais simplement
30:48en allant demander
30:49à des personnes
30:49des témoignages
30:50en allant voir
30:50des familles endeuillées
30:51enfin il y a plein
30:52de façons de faire
30:55et ça me fait penser aussi
30:56que c'était en 2000
30:58il me semble
30:58France 2 avait fait
30:59un reportage
30:59où on voyait
31:01où ils avaient filmé
31:02en fait
31:02un petit garçon
31:03et son père
31:04qui avaient été tués
31:05par l'armée israélienne
31:07de palestiniens
31:08qui avaient été
31:08oui c'était en 2000
31:09et ça avait été
31:10toute une affaire
31:11en fait
31:11parce que ça a été
31:12diffusé au 20h
31:13et ensuite
31:16il y avait eu
31:16énormément de réactions
31:17en fait
31:18de la part
31:19du gouvernement israélien
31:21pardon je suis un peu brouillon
31:22parce que je ne me rappelle
31:22plus très bien
31:23la question c'était
31:24est-ce que le petit garçon
31:26est mort d'un tir israélien
31:27ou pas
31:27voilà exactement
31:28il y avait eu
31:29et donc le journal de France 2
31:31le journaliste de France 2
31:32avait été mis en cause
31:33il y avait eu
31:34c'était une très très grosse affaire
31:35et donc effectivement
31:36la question de
31:37qu'est-ce qu'on montre
31:38à la télévision
31:38ça c'est encore autre chose
31:39mais en tout cas
31:40c'est vrai que ça c'était
31:42il y a déjà plus de 20 ans
31:44et le fait de montrer
31:45la mort d'un enfant
31:47la question c'était
31:48pas tellement
31:49enfin c'était pas tellement
31:50est-ce qu'on montre ça ou pas
31:50c'était plutôt
31:51il fallait surtout pas
31:53montrer de victimes
31:54et c'est aussi la question
31:55de
31:55les victimes palestiniennes
31:57n'existent pas
31:57il n'y a que des victimes
31:58du côté israélien
31:59c'est le discours
32:00qu'on veut nous imposer
32:01et voilà
32:01après c'est sûr
32:02c'est des questions
32:02je crois que tu as utilisé
32:03le bon mot tout à l'heure
32:04tu as dit l'identification
32:05c'est-à-dire
32:06on peut s'identifier ou pas
32:07on s'identifie à des gens
32:09on ne s'identifie pas
32:10à des gravats
32:11et donc
32:13montrer un visage
32:14même un visage souriant
32:15d'un enfant
32:16ou de qui que ce soit
32:17dont on sait
32:18qu'il a été victime
32:19de la guerre
32:20et bien on peut
32:21s'identifier
32:22on peut imaginer
32:23on l'imagine vivant
32:24on l'imagine mort
32:26et on se dit
32:26c'est une vie qui s'arrête
32:27et c'est terrible
32:28et du coup
32:29ça permet aussi
32:30de dire
32:31une vie
32:33une mort israélienne
32:35vaut une mort palestinienne
32:36et c'est peut-être ça aussi
32:39qu'on ne veut pas admettre
32:40c'est pouvoir
32:43dire
32:43une mort est affreuse
32:45quelle qu'elle soit
32:46et c'est ça
32:47qu'on veut faire oublier
32:49moi j'aimerais revenir
32:51sur ce que vous disiez
32:52toutes les deux
32:53et qu'il y a une manière
32:55dont justement
32:56la manière dont on présente
32:57les morts
32:58diffère en fonction
32:59de l'endroit du monde
33:00où on est
33:00moi j'ai grandi
33:01en voyant
33:02des gens du continent africain
33:04morts
33:04très très jeunes
33:05que ce soit
33:06en centre afrique
33:07au congo
33:08j'ai grandi
33:09et on voyait
33:10des images extrêmement graphiques
33:11à la télé
33:11et du coup
33:12ma mère devait m'éloigner
33:13donc il y a une représentation
33:15des victimes noires
33:16du continent africain
33:17qui pose pas de problème
33:18mais qui est tout aussi
33:19déshumanisée
33:19et c'est là
33:20où je vous rejoins
33:21toutes les deux
33:22où en fait
33:22c'est cette personnalisation
33:23moi je pense à Hind
33:24cette petite fille
33:25qui est restée enfamée
33:26dans une voiture
33:26pendant des heures
33:27toute sa famille
33:28était morte autour d'elle
33:28et ensuite
33:29elle s'est fait tuer
33:31je pense à cette gamine
33:33il y a quelques jours
33:33qui a été retrouvée
33:34avec des rollers
33:35encore à ses pieds
33:36je pense à tout un tas
33:37d'autres gens
33:38à des journalistes
33:39qui sont morts
33:40mais même depuis
33:41tellement longtemps
33:42qui ont des noms
33:43on les connait
33:43on a peut-être
33:44des liens avec eux
33:45des gens d'entre nous
33:46les connaissent
33:46ont des liens avec eux
33:47en Palestine
33:49et c'est ça
33:49qui fait extrêmement
33:52de peine
33:52et surtout
33:53dans le débat
33:53à chaque fois
33:54et Caroline Forest
33:55en parlait d'ailleurs
33:56de manière
33:56totalement atroce
33:58et d'autres gens
33:59la question de
34:00est-ce qu'une bombe
34:01tombe au bon endroit
34:01est-ce qu'on a le droit
34:02et en fait
34:03je pense que ce que les gens
34:04n'arrivent pas à comprendre
34:05c'est que les gens
34:06en Palestine
34:06ne meurent pas uniquement
34:07sous le coup des bombes
34:08il y a eu la semaine dernière
34:10une volontaire
34:11turco-américaine
34:13qui était une humanitaire
34:14qui travaillait
34:15en Cisjordanie
34:16qui s'est fait assassiner
34:17d'une balle dans la tête
34:18c'est le cas
34:19d'énormément de gens
34:20et je pense que le débat
34:21y changerait un petit peu
34:22quand on comprendra
34:23que l'armée tire à bout portant
34:24avec des snipers
34:25sur les palestiniens
34:26depuis 1948
34:27et que ce n'est pas juste
34:28une histoire de bombes
34:29et je pense que
34:29dans l'histoire du monde arabe
34:31que ce soit en Irak
34:31ou en Syrie
34:32ou en Afghanistan
34:33on a l'habitude
34:33d'avoir des bombes
34:34payées par nos impôts
34:35qui tombent sur des arabes
34:37et des musulmans
34:38et on ne parle pas suffisamment
34:39de l'intention de les tuer
34:41spécifiquement
34:42de sang-froid
34:44et je pense que le débat
34:45il changera un petit peu plus
34:46et on arrêtera
34:46de nous demander
34:47est-ce que c'est un génocide
34:48ou non
34:48quand on comprendra
34:49que les intentions
34:49elles sont documentées
34:51et d'ailleurs
34:52pardon mais ce que je disais aussi
34:55de nous
34:55on voit des choses
34:56qui ne sont pas montrées
34:57dans les médias
34:57et dont on ne parle pas
34:58et aussi toutes les
35:00je mets des très gros guillemets
35:01parce que c'est beaucoup
35:02plus grave que ça
35:02mais provocation
35:03de l'armée israélienne
35:04quand ils se prennent en photo
35:05avec des jouets d'enfants
35:06avec de la lingerie féminine
35:08les soldats
35:09quand les soldats
35:09pardon
35:10israéliens se prennent en photo
35:11avec de la lingerie féminine
35:13ou avec des jouets d'enfants
35:15cette violence là
35:16et donc du coup aussi
35:17donc la déshumanisation
35:18la plus totale
35:20symbole aussi
35:21d'une colonisation
35:22vraiment
35:22enfin assumée
35:23etc etc
35:24ça c'est des choses
35:25que nous on voit
35:26et voilà
35:28dont on ne parle pas du tout
35:29et ça fait aussi partie
35:30des images marquantes
35:31même si ça n'a rien à voir
35:32avec les petites filles
35:33avec ses rollers
35:34et tout ça
35:34enfin c'est encore autre chose
35:35mais ça aussi
35:36c'est des choses
35:36qui sont extrêmement choquantes
35:37des vidéos
35:38où ils s'amusent aussi
35:39au moment où il explose une bombe
35:41où ils vont en rire
35:42ça c'est des choses
35:43qu'on voit nous
35:44qu'on reçoit
35:45et voilà
35:46qui forcément nous choquent profondément
35:48et qui n'est pas traité
35:49particulièrement
35:50et j'aimerais juste ajouter
35:51peut-être un dernier truc
35:51qu'il faut vraiment recentrer
35:54sur la spécificité
35:55de la question palestinienne
35:56qui est que
35:57évidemment dans le monde
35:58il y a des indignations sélectives
36:00c'est-à-dire qu'on va s'indigner
36:01d'une chose
36:02et pas d'une autre
36:03autrement appeler
36:03le deux poids deux mesures
36:04mais quand on parle spécifiquement
36:06de la question palestinienne
36:07j'ai l'impression
36:08qu'en fait
36:08la personne qui meurt
36:10si c'est au nom de la Palestine
36:10en fait
36:11peu importe qui elle est
36:12ça va aussi être
36:14passé sous silence
36:15je pense à Aaron Bushnell
36:17qui s'est immolé par le feu
36:18devant l'ambassade israélienne
36:19il y en a un autre
36:20quelques jours
36:21qui l'a fait
36:22il y a cette humanitaire
36:23en 2003
36:24qui est morte
36:24sous un bulldozer
36:25Kori
36:26qui était une humanitaire
36:27qui faisait une manifestation pacifique
36:29en Palestine
36:30qui est morte
36:30et en fait
36:31toutes ces personnes-là
36:32elles sont américaines
36:33on pourrait penser
36:34que leur passeport
36:35leur donnerait le privilège
36:36que leur voix soit plus entendue
36:37que des palestiniens de Palestine
36:38et en fait non
36:39leur voix est aussi passée
36:40sur silence
36:41parce que la question palestinienne
36:42dans son ensemble
36:43peu importe qui la porte
36:45sera
36:46et on voit même
36:47même Dominique de Villepin
36:48des figures
36:49quand même
36:50de l'establishment français
36:51qui sont
36:53qui sont
36:53qui sont passées
36:54sous silence plus ou moins
36:55vous avez écouté
36:56Dominique de Villepin
36:56juste avant
36:57vous avez eu le temps ou pas ?
36:58non
36:58personne
36:59oui Elisabeth
37:01est-ce qu'il est
37:01j'imagine qu'il est revenu
37:02moi non plus
37:02j'ai pas eu le temps
37:03j'étais en plateau
37:03mais est-ce qu'il est revenu
37:04sur la question
37:04sur la question palestinienne
37:06oui bien bien sûr
37:06j'imagine
37:07qu'est-ce qu'il en a dit ?
37:08il dit
37:10il dit que
37:11ce qui est terrible
37:12c'est ce silence
37:13autour de Gaza
37:14et que
37:16c'est un silence
37:18qui tue
37:18et il dit que
37:19il faut donner des perspectives
37:21il faut une solution
37:22à deux états
37:23et que
37:24on ne peut pas
37:26continuer dans cette spirale
37:27et c'est vrai
37:29que
37:29alors Dominique de Villepin
37:31qui a été ministre
37:32des affaires étrangères
37:33il porte
37:33cette
37:34cette voix
37:35de la France
37:36qui est une
37:38qui est de dire
37:39qui est critique
37:40à l'égard
37:41de la colonisation israélienne
37:42voix qui
37:44est devenue
37:45inaudible
37:45assez inaudible
37:47avec Emmanuel Macron
37:49mais il la porte
37:50et ça fait
37:52ça fait du bien
37:52d'entendre ça
37:53et juste pour revenir
37:55sur cette
37:56sur ce deux poids
37:57deux mesures
37:57en fait
37:58entre les morts israéliennes
37:59et les morts
38:00palestiniennes
38:01il y a des médias
38:04qui ont fait
38:05des enquêtes
38:05sur
38:07sur
38:07la stratégie
38:09de l'armée israélienne
38:10et
38:11nous avons
38:12nous à l'UMA
38:15publié
38:16une enquête
38:16d'un média
38:18qui s'appelle
38:19Plus 972
38:20qui parle
38:22d'un programme
38:22Lavender
38:23programme
38:24de
38:25de soutien
38:27à base
38:28d'intelligence
38:28artificielle
38:29de l'armée israélienne
38:31et qui finalement
38:33sous prétexte
38:34de traquer
38:35des responsables
38:36du Hamas
38:36en fait
38:42pour un responsable
38:44du Hamas
38:44on va pouvoir
38:45tuer 15
38:4630
38:47palestiniens
38:48de son entourage
38:49peu importe
38:49alors le responsable
38:51du Hamas
38:51n'est pas clairement
38:52identifié
38:52on ne sait pas du tout
38:53on n'est pas certain
38:55que ce soit un
38:55mais par des recoupements
38:58téléphoniques
38:58à partir des sites
39:00qu'il a pu consulter
39:01on se dit
39:02qu'il est proche
39:03du Hamas
39:03et à partir du moment
39:05où il est proche
39:06du Hamas
39:07ça peut être un responsable
39:08du Hamas
39:09et à partir de ce moment là
39:10on peut éclater
39:12tout l'immeuble
39:13dans lequel
39:13il se sera rendu
39:15et c'est complètement fou
39:18on est là vraiment
39:19dans une déshumanisation
39:20absolue
39:21et des médias
39:24enquêtent là-dessus
39:25ils sont évidemment
39:26totalement passés
39:28sous silence
39:28sauf dans certains médias
39:30comme l'Humam
39:32et je suppose
39:33pareil Blast
39:34enfin on est un certain nombre
39:35à essayer de se faire entendre
39:37mais c'est coton
39:40le rôle du média
39:40est assez important
39:41à l'humanité
39:42on a lancé
39:43un grand appel
39:44pour demander
39:45la reconnaissance
39:46de l'état palestinien
39:47vous en parliez tout à l'heure
39:48l'autodétermination
39:49Elisabeth
39:49est-ce que tu peux nous raconter
39:51un peu la genèse
39:52de cet appel
39:53pourquoi
39:54non c'était pas la bonne question
39:56pourquoi est-ce qu'on a eu envie
39:58pourquoi ça nous semblait important
39:59à l'humanité
39:59de lancer cet appel
40:00de récolter tout un tas
40:02de signatures
40:02pour montrer
40:03en plus
40:03et je me rappelle bien
40:04c'était une séquence
40:05où Emmanuel Macron avait dit
40:06non c'est pas le moment
40:07on verra plus tard
40:08c'est pas l'urgence
40:09alors en fait cet appel
40:11moi je sais pas exactement
40:12quelle est sa jeunesse
40:13je suis pas dans les petits papiers
40:14mais en revanche
40:15je pense que ce qu'il faut souligner
40:17c'est qu'il y a eu
40:18énormément de tribunes
40:19qui ont été publiées
40:23à partir du mois d'octobre
40:25d'ailleurs
40:26de chercheurs
40:27qui disaient
40:27mais laissez-nous travailler
40:28d'humanitaires
40:30d'avocats
40:32enfin bon
40:34d'une rédactrice en chef
40:36qui explique
40:37qu'on a fait excuse
40:38moi
40:38et donc
40:41au bout d'un moment
40:42on se dit
40:43tous ces appels
40:44ont-ils été entendus
40:45on n'en sait rien
40:46et il faut tracer
40:48une perspective
40:49comme disait
40:50Villepin
40:50tout à l'heure
40:53c'est rare
40:53je n'ai pas dû dire ça
40:55non mais
40:55il n'a pas tort
40:56là-dedans
40:57c'est qu'effectivement
40:57on peut s'indigner
40:59mais à un moment donné
41:01l'émotion
41:01elle doit être remplacée
41:02par une perspective
41:03et cette perspective
41:04il faut une solution politique
41:07et c'est pour ça
41:08qu'on propose
41:08cet appel
41:10cet appel
41:11en mai
41:13Lumi
41:13est-ce que tu penses
41:14que ce genre
41:14d'initiative
41:16médiatique
41:16est-ce que ça
41:17est-ce que ça a du poids
41:18est-ce que ça fonctionne
41:19ou est-ce que c'est un peu
41:19un coup d'épée dans l'eau
41:21c'est une très bonne question
41:23une question un peu difficile aussi
41:26je ne sais pas
41:27si ça a beaucoup de poids
41:28mais je pense que c'est important
41:29de le faire
41:30c'est une obligation
41:32de faire ça aussi
41:33parce que
41:34si on ne le fait pas
41:35enfin si les médias
41:37justement
41:38les journalistes
41:38ne prennent pas position
41:39dans des moments pareils
41:41face à des choses
41:42aussi graves
41:43aussi importantes
41:44c'est vrai que
41:46on ne peut pas
41:46laisser le silence
41:47après est-ce que ça a du poids
41:48est-ce que ça a de l'influence
41:49peut-être un petit peu
41:51certainement pas assez
41:52mais en tout cas
41:53il faut continuer à le faire
41:54je pense
41:54et d'ailleurs sur notre
41:55sur le sujet
41:57on va dire
41:57de notre table ronde
41:58il y avait aussi
41:58du coup c'était
41:59une tribune sur Politis
42:00qui s'appelait
42:01stop à la criminalisation
42:02du soutien à la Palestine
42:04et c'était après
42:05la convocation
42:06d'Anna Skazib
42:07que ça avait été
42:07que ça avait été lancé
42:09et en fait
42:10parce que c'est vrai
42:10qu'il y a eu ça aussi
42:11le nombre d'arrestations
42:13qu'il y a eu
42:13de condamnations
42:14donc voilà
42:15même à part
42:15l'annulation des conférences
42:17etc
42:18l'annulation des manifestations
42:19il y a eu des perquisitions
42:21il y a plein de militants
42:22moins connus
42:23pas forcément
42:24des journalistes
42:25ou des politiques
42:26mais qui ont été
42:27qui ont subi
42:28une véritable répression
42:29il me semble qu'il y a un syndicaliste
42:31aussi
42:31qui a même été condamné
42:32à un an de prison
42:33avec sursis
42:34pour avoir soutenu
42:35pour un tract
42:35de soutien à la Palestine
42:37et donc voilà
42:38c'est aussi
42:39c'était important aussi
42:40voilà
42:41la tribune de l'humanité
42:42est super importante
42:43et c'est vrai que c'était important
42:44aussi de dire
42:45mais il faut arrêter
42:46de condamner
42:47de persécuter comme ça
42:48à des personnes qui disent juste
42:49on ne veut pas
42:50on veut éviter un gédocide
42:51et on veut
42:53que ça s'arrête
42:53mais c'est peut-être l'occasion
42:55d'ailleurs de rappeler
42:56que le délit
43:00le délit d'apologie
43:01d'apologie
43:04de terrorisme
43:06jusqu'en 2014
43:07était un délit de presse
43:09donc c'était très compliqué
43:12de poursuivre
43:13c'est très compliqué
43:15de poursuivre
43:15les délits de presse
43:16et ça prend du temps
43:17et les condamnations
43:17en général
43:18ne sont pas très lourdes
43:20à cause de la propagande
43:21de Daesh
43:22on l'a sorti
43:23et on en a fait
43:24un délit autonome
43:26et aujourd'hui
43:27ce délit autonome
43:28du délit
43:28d'apologie
43:30de terrorisme
43:31n'est pas du tout
43:33utilisé
43:34comme c'était
43:36au départ
43:38la volonté
43:38pour lutter
43:40contre la propagande
43:42de Daesh
43:43il est utilisé
43:45ces poursuites
43:46sont utilisées
43:46vraiment pour museler
43:48toute voie discordante
43:50et donc
43:51aujourd'hui
43:54dire que
43:55finalement
43:57il y a une résistance
43:58il y a une volonté
43:59de résister
43:59à la colonisation
44:01à Gaza
44:03ça peut tomber
44:04sous le coup
44:05d'une apologie
44:07de terrorisme
44:09puisque
44:09on pourrait y voir
44:13le fait
44:14qu'on rende hommage
44:15à une résistance
44:16du Hamas
44:17en revanche
44:18l'apologie
44:19de crime de guerre
44:20elle
44:20est restée
44:22dans le corpus
44:23des délits de presse
44:24et donc
44:25dire
44:26que
44:27la politique israélienne
44:30est
44:32est juste
44:33que la colonisation
44:35est juste
44:35alors là
44:36pour le coup
44:37poursuivre ça
44:39c'est très compliqué
44:42et de toute façon
44:43on s'expose
44:44à des sanctions
44:44bien moindres
44:46donc là aussi
44:47il y a un deux poids
44:48deux mesures
44:48dans le droit pénal français
44:51qu'il faut souligner
44:54je pense
44:55et pour élargir
44:57au droit international
44:58et peut-être
44:58la même
44:59la genèse de ça
45:00il y a un truc
45:00que très peu de gens savent
45:02c'est que
45:02après les attentats
45:03du 11 septembre 2001
45:05le conseil de sécurité
45:06de l'ONU
45:06s'est réuni en urgence
45:07et a déclaré
45:08tout un tas
45:09de mesures
45:10de loi
45:11pour combattre le terrorisme
45:12c'était le début
45:13de la guerre
45:13contre le terrorisme
45:14et a donné 90 jours
45:15à tous les états membres
45:16de l'ONU
45:17pour créer
45:18des lois
45:19antiterroristes
45:19au sein même
45:20de leur pays
45:21ces lois ont été adoptées
45:22extrêmement vides
45:22par décret
45:23dans tous les pays
45:24du monde
45:26sans mécanisme
45:27de surveillance
45:27pour qu'est-ce que ça faisait
45:28des droits
45:29et des libertés civiques
45:30et en fait
45:31c'est toutes ces lois
45:32qui ont été adoptées
45:33entre septembre 2001
45:34et trois mois après
45:35qui font qu'aujourd'hui
45:36on est en train de vivre
45:37tout ça
45:37et la question du terrorisme
45:39n'a jamais été définie
45:41nulle part
45:41dans le droit international
45:42ce qui fait qu'on peut
45:43y mettre tout ce qu'on veut
45:44à l'intérieur
45:45et ce qui fait qu'on est en train
45:46d'en payer les frais
45:46aujourd'hui
45:47et que
45:48parler de résistance
45:50des peuples colonisés
45:52et aussi dans le droit international
45:53mais inaudible
45:54en France
45:55puisqu'il y a
45:56cette apologie de terrorisme
45:57et en plus
45:58on a un pays
45:58qui a quand même
45:59été particulièrement touché
46:01de manière intérieure
46:02par le terrorisme
46:02et je pense que c'est présent
46:03dans la mémoire de nous tous
46:04peu importe l'âge qu'on a
46:06mais c'est vraiment
46:07ce contexte international
46:08de lutte contre le terrorisme
46:10partout dans le monde
46:10qui a ciblé
46:11une certaine partie du monde
46:12et qui fait qu'aujourd'hui
46:14nos libertés civiques
46:14sont vraiment amoindries
46:15et on voit très bien
46:16il y a des gens
46:17on voit dans l'intervention française
46:19au Sahel
46:20où il y a des mécanismes
46:22qui ont été créés
46:22de drones
46:23qui peuvent tirer
46:24sur 5-10 personnes
46:25parce qu'elles ont l'air
46:26d'avoir plus de 18 ans
46:27elles sont armées
46:28et c'est que des hommes
46:30et ça c'est des choses
46:30qui sont définies
46:31en droit international
46:32c'est un droit
46:32de certains états
46:33de tuer des gens
46:34parce qu'ils ont l'air
46:34d'être des terroristes
46:35sans définir ce que c'est
46:36qu'un terrorisme
46:37Peut-être avant de conclure
46:38vous le disiez
46:39un peu plus tôt
46:40il y a beaucoup de conférences
46:42de table ronde
46:43qui ont été annulées
46:43qui ont été interdites
46:45vous parliez
46:45d'Anna Skazi
46:46il y a aussi eu
46:47Rima Hassan
46:49Toi Hicham
46:49tu es assistant parlementaire
46:50de Rima Hassan
46:51est-ce que tu peux nous expliquer
46:52pourquoi tu as eu envie
46:53de t'investir
46:54dans quel contexte ?
46:55Je pense que j'ai eu envie
46:56de m'investir
46:57il y a eu vraiment
46:58plusieurs choses
47:00premièrement continuer
47:01ce qu'on faisait à Sciences Po
47:02à savoir porter une voix
47:05qui vraiment rappelait
47:06l'obligation de nos états
47:07à se soumettre
47:08aux traités
47:09qu'ils ont signés
47:10je pense que c'était
47:10la première chose
47:12la deuxième
47:12c'est que je ne croyais
47:13plus vraiment
47:14en l'Union Européenne
47:16enfin un peu
47:17toutes ces grandes instances
47:18toutes ces choses
47:19qui sont censées
47:20voilà
47:20quand on l'entend
47:22on est en mode
47:23on se dit que c'est
47:24une bonne chose
47:25pour le monde
47:26et qu'au final
47:27en fait
47:28il y a eu une trahison
47:29de ces choses là
47:29mais porter cette voix là
47:31au sein d'un groupe
47:32qui est celui de la gauche
47:33au Parlement européen
47:34dans une Europe
47:35qui s'extrême-droitise
47:37de plus en plus
47:39et là on le voit
47:39dans ce mandat
47:40c'est une assemblée
47:41où ça va être très compliqué
47:42de faire passer
47:42beaucoup de choses
47:43mais c'est une plateforme
47:45qui est importante
47:46c'est la première députée
47:47franco-palestinienne
47:48qui entre au Parlement
47:49et en fait moi
47:50c'était son mandat
47:50qui m'avait plu
47:51qui m'a vraiment donné envie
47:52de m'engager à la fois
47:54sur un côté très législatif
47:55mais en même temps
47:55d'utiliser cette plateforme
47:57faire parler
47:58la société civile européenne
48:00et puis surtout rencontrer
48:01des Espagnols
48:03des Suédois
48:04des Irlandais
48:05qui eux dans leur pays
48:06font avancer les choses
48:07un peu plus vite
48:07que c'est le cas en France
48:09et du coup apprendre
48:10ces autres expériences
48:11ici en Europe
48:13Peut-être pour conclure
48:14tu parlais
48:14t'es inquiet
48:15mais t'as aussi
48:16beaucoup d'espoir
48:17est-ce qu'il faut
48:17s'inquiéter l'UMI
48:18des prochaines semaines
48:19des prochains mois
48:20de tout le dispositif
48:22médiatique
48:23qui va nous tomber dessus encore
48:24qu'est-ce que t'en penses ?
48:26C'est vrai qu'on a rarement
48:28vu un tel acharnement
48:29sur une personnalité politique
48:31qui en plus était
48:32candidate aux européennes
48:35donc c'est vrai que
48:37il y a eu
48:38toute une mise en place
48:40on va dire
48:40d'un matraquage
48:42permanent
48:43contre Rima Hassan
48:44et il y a énormément
48:47de choses
48:47qui rentrent en compte
48:48évidemment
48:49le racisme
48:50bien sûr
48:50et aussi parce que
48:52c'était complètement
48:52intolérable
48:53qu'elles prennent
48:55de la place
48:55dans notre vie politique
48:58médiatique
48:59etc.
49:00et donc c'est vrai
49:02que tout le parti
49:03aussi a été
49:05vraiment
49:05la gauche
49:07est criminalisée
49:07depuis des années
49:08dans les médias
49:09maintenant
49:09mais c'est vrai
49:10que depuis le 7 octobre
49:10il y a eu une accélération
49:11très très très forte
49:13et assez
49:14certains parlent même
49:15de macartisme
49:16où là
49:18les personnalités
49:19de la France insoumise
49:20si elles viennent s'exprimer
49:21surtout Rima Hassan
49:22sur le cas de la Palestine
49:23vont être reçues
49:24de façon extrêmement violente
49:26voire pas invitées
49:27voire
49:27on ne parle carrément
49:28pas de la question
49:29sinon ils vont être
49:30effectivement accusés
49:31d'apologie du terrorisme
49:32ou d'antisémitisme
49:34et ça c'est vraiment
49:35et à côté de ça
49:36en parallèle
49:37du coup
49:37le rassemblement national
49:38lui ne serait plus
49:39du tout antisémite
49:40et on le banalise
49:42complètement
49:43et on considère
49:44qu'eux maintenant
49:44sont alliés des juifs
49:46d'ailleurs on n'invite
49:47jamais sur les plateaux
49:48un collectif
49:49comme SEDEC
49:49par exemple
49:50des juifs
49:51des coloniaux
49:52on n'invite
49:53jamais de personnalité
49:55juive
49:55pour s'exprimer là-dessus
49:57par contre à côté de ça
49:57on va dire que le rassemblement national
49:58historiquement antisémite
50:00on le sait tous
50:02est finalement
50:04couvert
50:04on va dire
50:05et même redore son image
50:06par rapport à ça
50:07et c'est très très dangereux
50:08de voir ça
50:09et en face
50:10il y a eu des accusations
50:11sur Rima Hassan
50:12il y a eu un journaliste
50:13sur CNews
50:14qui avait dit
50:15qu'elle avait la haine des juifs
50:16chevillée au corps
50:17Yohan Uzay
50:18et ça vraiment
50:19c'est le genre de propos
50:20qu'on entend
50:21très régulièrement
50:22et qui sont
50:23d'une violence
50:25immense
50:25et absolument
50:27absolument pas fondée
50:28donc il y a des mensonges
50:29de la diffamation
50:31et c'est vrai qu'une campagne
50:33contre elle
50:33qui est très dangereuse
50:34on devrait tous s'en inquiéter
50:37Merci beaucoup Luby
50:38merci beaucoup à tous les trois
50:39Merci beaucoup à tous les deux