- il y a 3 heures
Homme de théâtre, Thomas Jolly a eu à cœur dans ses multiples spectacles de rassembler les publics. Après la cérémonie des JO, sa mise en scène de Starmania et ses pièces dans le théâtre public, il nous raconte sa vision du spectacle vivant face à Benjamin Patinaud de la chaine Bolchegeek et Sophie Joubert, cheffe de la rubrique culture de l'Humanité.
0:00 Les JO
21:07 La représentation des personnes LGBTQIA+
24:25 Chronique manga autour du harcèlement
29:57 Quelle politique culturelle en France ?
43:18 Starmania
58:10 Recommandations culturelles
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00:00:00Je te remercie, je suis hyper touché parce qu'en plus, effectivement, comme on l'a dit un petit peu
00:00:04avant,
00:00:06t'es un peu le parrain involontaire de Populaire, la chronique mensuelle qu'on fait sur l'UMA pour cette
00:00:11saison,
00:00:11parce que le premier de la saison, du coup, c'était sur la cérémonie des JO,
00:00:14et le dernier, c'était donc sur Starmania, et c'était une pure coïncidence, en fait,
00:00:18parce que moi, j'étais fan de Starmania, et je voulais parler de la cérémonie des JO,
00:00:21et à chaque fois, je me retrouve face à Thomas Joly, et là, je me retrouve face à toi, en
00:00:25vrai, donc...
00:00:26Et puis, on a autre chose en commun, le titre, là.
00:00:28Eh oui !
00:00:28Ça ira !
00:00:29Eh oui, ça ira !
00:00:29C'était le titre de la cérémonie, aussi, on n'a pas...
00:00:31C'est Louis Vien, ce titre, on n'a pas inventé, mais...
00:00:34Vu les images qu'il y a dans le générique, je pense que c'est...
00:00:37Voilà, c'est pas...
00:00:38On peut dire qu'on a pompé, hein !
00:00:39Ouais, ouais, je pense qu'il y a eu une petite influence,
00:00:42il y a eu une petite influence, donc...
00:00:44Donc, voilà, et effectivement, moi non plus, qui ne suis pas du tout théâtre à la base,
00:00:49je ne te connaissais pas spécialement, je t'ai découvert comme tous les normies qui ne vont pas au théâtre,
00:00:54avec la cérémonie des JO, mais évidemment, les amateurs de théâtre connaissent ta carrière avant,
00:00:58et on va y revenir, et en revanche, toi, Sophie, tu connais beaucoup mieux,
00:01:02et moi, j'avais envie juste de repasser un petit moment qu'on avait mis dans une des vidéos,
00:01:07la vidéo sur la cérémonie des JO, où justement, on parlait de toi,
00:01:11et qui était un moment, d'ailleurs, qui n'est pas écrit, qui est un moment qui était en aparté,
00:01:14enregistré,
00:01:14est-ce qu'on a ça en régie ?
00:01:19Normalement, on l'a en régie.
00:01:20Est-ce qu'on l'a ? Non, c'est parce que...
00:01:22Non, c'est pas celle-ci.
00:01:23Non, c'est pas celle-ci.
00:01:25Ça, c'est plus tard.
00:01:27C'est le passé ?
00:01:28La première, l'extrait populaire, est-ce que vous l'avez ?
00:01:32Est-ce que vous ne l'avez pas ?
00:01:32Oui, c'est ça, très bien, très bien, c'est du bon côté.
00:01:35J'avais trop envie de faire un truc, analyser toutes les séquences,
00:01:38toutes les petites références hyper précises et tout,
00:01:40il y avait tellement de trucs, en fait, la vidéo, elle durerait trois heures,
00:01:42et en plus, en vrai, moi, j'étais obligé d'aimer.
00:01:45En fait, il suffit juste de regarder toutes les émissions qu'on a faites pour l'humain avant,
00:01:50parce qu'il y a eu les séquences qui ont tourné, etc., et tout,
00:01:52mais ils ont tout mis.
00:01:53C'est-à-dire, ils ont mis Jules Verne, ils ont mis de la stop motion,
00:01:56ils ont mis le cinéma Lumière, ils ont mis les mignons,
00:02:00ils ont mis Assassin's Creed, ils ont fait théorie.
00:02:02Du complot.
00:02:03Je pense que Thomas Joly regarde cette émission.
00:02:06Dis-nous, Thomas, en MP, on le dira pas.
00:02:08Je pense que c'est ça, il s'est inspiré de tout ce qu'on a dit, c'est sûr.
00:02:12Faut que je confesse, faut que je confesse quelque chose,
00:02:16parce que j'ai vu cette vidéo qui est super,
00:02:17mais c'était la première fois que je voyais une de tes vidéos, je suis la vraie.
00:02:20Non, mais j'étais déjà hyper content que tu l'aies vue.
00:02:23Elle est super, cette vidéo, je te remercie,
00:02:25parce que c'est toujours heureux de lire comment est-ce qu'on décrypte,
00:02:30de comment est-ce qu'un journaliste, un chroniqueur ou quoi,
00:02:33prend un objet concret, nous, avec le travail de dramaturgie,
00:02:38les collaborateurs, les collaboratrices,
00:02:40et tout à coup, voilà, il est livré au monde entier.
00:02:42Et cette analyse, je l'ai trouvée vachement heureuse,
00:02:44parce qu'elle n'était pas, elle est tout à fait même à l'endroit qu'on souhaitait, en fait.
00:02:47D'accord, très bien.
00:02:48Justement, sur ce que vous souhaitiez avec cette cérémonie,
00:02:51nous, dans Populaire, notre angle, c'est aussi beaucoup de défendre la culture populaire, évidemment,
00:02:55ce qui veut un peu dire beaucoup de choses très différentes.
00:02:57Et là, dans la cérémonie, il y avait effectivement toute cette culture populaire française,
00:03:02mais aussi mélangée à de la culture savante, de la culture littéraire,
00:03:05des cultures dites plus classiques ou plus légitimes, etc.
00:03:09Et donc, ma première question, moi, c'est,
00:03:11quelle vision de la culture vous vouliez mettre en avant dans cette cérémonie
00:03:15qui devait justement montrer la culture française ?
00:03:17Alors déjà, moi, j'ai, depuis mon travail de metteur en scène de théâtre, d'opéra et de comédie musicale,
00:03:23je crois qu'on va, j'ai vu qu'il y avait le disque de Starmania dans le décor.
00:03:28Déjà, depuis longtemps, je porte un discours qui est de ne pas hiérarchiser les objets culturels.
00:03:34Moi, je viens d'un petit village, d'une famille qui n'allait pas au théâtre,
00:03:37qui n'allait pas à l'opéra, qui était beaucoup devant la télévision, devant Canal+, en l'occurrence.
00:03:42Et puis, j'étais en France très heureuse.
00:03:45Mais voilà, ça, c'est mon bagage culturel.
00:03:47Il est celui-ci.
00:03:48Et donc, je pioche partout.
00:03:50J'adore les jeux vidéo.
00:03:52Je vais au cinéma.
00:03:53Je vais aussi à l'opéra, au théâtre, etc.
00:03:54Bref, je n'ai pas envie qu'on hiérarchise parce que je crois qu'on n'est plus sous l
00:03:59'air de Malraux,
00:04:00qu'il n'y a pas de grandes œuvres qui éclairent.
00:04:01Je pense que tout objet culturel, à partir du moment où il nous parle, nous concerne, il est éclairant.
00:04:07Bref.
00:04:07Donc ça, c'est déjà ce qui me motive.
00:04:10Après, sur cette cérémonie en particulier, mon travail, c'était de ne laisser personne sur le bas-côté et de
00:04:18dire que la France, elle a une culture qui est très riche, très diverse,
00:04:22et qu'on peut aller piocher dans plein d'endroits et faire se rencontrer aussi les genres différents,
00:04:28ou même ce qu'on pourrait qualifier de niveaux différents.
00:04:31Par exemple, la musique classique, l'opéra, avec le métal.
00:04:34C'est tous les deux de la musique.
00:04:36Mais quelles rencontres on peut créer ?
00:04:39Ou la garde républicaine avec Ayana Kamoura.
00:04:42Ou évidemment, oui, tu as parlé d'Assassin's Creed parce que ça, c'est mon jeu préféré.
00:04:45C'est vrai, c'est vrai, mais il fallait aussi montrer les toits de Paris.
00:04:49Et donc ça, c'est intéressant de prendre quelqu'un qui fait du parcours pour montrer les toits.
00:04:53Mais ce personnage qu'on a inventé, il est fait aussi de tous les romans.
00:04:59Dans les romans français, on a beaucoup de personnages masqués.
00:05:01On a Belphégor, on a l'homme au masque de fer, Alexandre Dumas.
00:05:04On a Fantomasse, Fantomette.
00:05:07On a beaucoup de personnages avec des masques, en réalité.
00:05:10Et donc, Vidocq, tout ça, bref.
00:05:12Du coup, on s'est dit, tiens, on va créer un personnage masqué.
00:05:15Donc voilà, en fait, tout ça, c'est aussi des amalgames entre des cultures qui sont très populaires,
00:05:20des genres de culture, enfin, oui, des genres culturels différents.
00:05:23Et puis, pour créer de nouveaux morceaux, des nouvelles identités, des nouveaux personnages, etc.
00:05:30Et évidemment, il y avait une autre responsabilité dans cette cérémonie.
00:05:33C'était de devoir représenter pas juste la culture française, mais la France, d'une certaine façon.
00:05:37Et comme on le faisait remarquer dans la vidéo, d'une certaine façon, tu t'es retrouvé à devoir représenter
00:05:42la France devant le monde, etc.
00:05:45De manière qui unisse, qui soit pas trop clivante, etc.
00:05:50Et qui, voilà, où il est tout le monde.
00:05:51Sauf que, évidemment, quelle vision de la France ?
00:05:54Tu montres toujours une vision de la France, c'est jamais neutre.
00:05:56Et voire même, ça peut être une vision politique.
00:05:59Quel a été ton regard, toi, là-dessus, sur le fait de représenter le pays et d'essayer que tout
00:06:05le monde s'y retrouve ?
00:06:06D'abord, moi, je crois que le spectacle vivant, il est politique.
00:06:11Parce qu'il s'adresse à un grand nombre de personnes.
00:06:13Alors, en l'occurrence, ici, je crois, on est à 24 millions de personnes.
00:06:16C'est la cérémonie la plus vue de l'histoire des Jeux en Lepièque, ouais.
00:06:19Ah ouais ? Même devant Pékin, parce qu'ils sont nombreux.
00:06:23Ouais, ouais, la télévision, c'est la cérémonie qui a été regardée.
00:06:25Alors, là, je ne parlais que des téléspectateurs et tristes français, françaises.
00:06:31Donc, ça, quand on s'adresse à un très grand nombre de personnes et qu'on délivre du sens, du
00:06:34signe, des messages, des valeurs, etc.,
00:06:37forcément qu'on est politique, pas forcément politicien, mais c'est politique au sens où ça s'adresse à la
00:06:41cité, P-O-L-I-S, police, la cité.
00:06:44Et donc, mon travail, c'était de dire, bon, on va accueillir le monde entier, le monde entier va nous
00:06:52regarder,
00:06:52et on doit dire, bienvenue chez nous à tous ces athlètes qu'on accueille dans Paris.
00:06:55Et le nous, c'est ça, moi, qui m'intéressait de traiter, c'est qui nous ?
00:07:00C'est tellement divers, c'est tellement, du coup, pluriel, riche, qu'il va falloir, pour ne mettre personne sur
00:07:06le bas-côté,
00:07:07montrer cette grande diversité, mais pas seulement la juxtaposer et montrer qu'en fait, il y a plein de diversité
00:07:13dans notre pays,
00:07:14mais de les faire se rencontrer, de faire que ça puisse se créer de la beauté, de la surprise, de
00:07:20l'émotion, il y a beaucoup d'exemples.
00:07:22L'autre chose, l'autre chance que j'avais, c'était ce parcours sur la scène qui avait été décidé
00:07:27avant mon arrivée, en 2022,
00:07:28et c'était l'idée de Thierry Reboul, et en fait, ce qui est heureux, c'est que tous ces
00:07:32sites, ces monuments, ils charrient aussi des histoires,
00:07:36et pour certains, depuis longtemps, des histoires qui sont celles avec le grand H, mais aussi des histoires de la
00:07:42photo,
00:07:42des histoires de la peinture, des histoires du cinéma, le Pont Neuf, par exemple, on a à la fois les
00:07:48Oscarax, les amants du Pont Neuf,
00:07:49qui peuvent nous revenir, mais on a aussi ce pont qui a été peint par Turner, par Monet, c'est
00:07:54le plus vieux pont de Paris,
00:07:55donc évidemment, on a toute son histoire aussi, reliée au vieux Paris, etc., bref.
00:07:59Et tout ça, en fait, nous a créé des faisceaux, on a puisé nos matières dans tous ces sites et
00:08:05ces monuments,
00:08:06et ensuite, on a déployé ces douze tableaux qui nous semblaient assez représentatifs,
00:08:13pouvant en tout cas inclure l'ensemble de ces diversités, et où chacun, chacune, pourrait à un moment s'y
00:08:19retrouver,
00:08:20mais aussi découvrir d'autres axes, d'autres façons de faire de la musique, de la danse, etc., etc.
00:08:27Voilà, ça s'est passé comme ça.
00:08:29On va se tutoyer, puisque tout le monde se tutoie.
00:08:31On se tutoie, allez.
00:08:32Tu parlais à l'instinct d'inclusion, cette cérémonie des JO a eu lieu dans un contexte politique très particulier,
00:08:40après la séquence de la dissolution, des élections législatives,
00:08:44même si, in fine, le Front populaire est arrivé en tête, c'était une séquence quand même de monter des
00:08:54idées de l'extrême droite.
00:08:56Absolument.
00:08:57Est-ce que tu as eu le sentiment que cette cérémonie marquait un coup d'arrêt, alors peut-être temporaire,
00:09:04mais à cet imaginaire réactionnaire, à ce bain réactionnaire dans lequel on était à ce moment-là ?
00:09:10Alors, oui.
00:09:11On a même parlé dans les médias de troisième tour esthétique.
00:09:15C'est vous ?
00:09:16C'était vous ?
00:09:17C'était le monde qui avait parlé de ça ?
00:09:19Voilà, troisième tour esthétique.
00:09:21Alors, d'abord, il faut comprendre que la cérémonie, elle n'est pensée pas seulement en réaction du tout, même.
00:09:26Elle n'est pas du tout pensée en réaction à ce printemps,
00:09:28puisqu'on y travaillait depuis l'hiver 2022,
00:09:30et que le récit qui a été déployé le soir du 26 juillet était, lui, achevé en mars 2023.
00:09:37Mais vous avez raison.
00:09:39Moi, je n'avais pas envie, nous n'avions pas envie, comme je disais, de laisser des gens sur le
00:09:43côté,
00:09:43et je voulais aussi, à un moment donné, mettre un coup d'arrêt à un discours qui est celui où
00:09:47on ne s'entendrait pas.
00:09:48Un discours qui serait, on ne se comprend plus, on ne peut pas vivre ensemble,
00:09:54nous sommes trop polarisés pour aujourd'hui trouver un sentiment, enfin même une vie ensemble, une unité.
00:10:01Ça ne me convient pas comme discours, parce qu'en réalité, ce n'est pas ce que nous dit non
00:10:07plus la République.
00:10:08Parce qu'il y a ça aussi.
00:10:09L'étude aussi de ce pays, de son histoire, etc., grâce aussi à Patrick Boucheron,
00:10:14et puis à tout le travail qu'on a pu faire sur les sites.
00:10:17Enfin même, on a pu aller à la conciergerie, comprendre ce que c'est que cet endroit,
00:10:21toutes les étapes de son histoire, le palais du Louvre, évidemment, bon bref.
00:10:25Et en fait, quand on regarde l'histoire de France, on se dit,
00:10:27« Mais cette richesse-là, cette diversité, cette richesse, cette beauté-là,
00:10:31elle est en fait notre identité. »
00:10:33Et ce n'est pas simplement aujourd'hui.
00:10:35Moi, je n'ai pas voulu, en tout cas, faire une cérémonie de droite ou de gauche.
00:10:42Je ne voulais pas non plus, ce qui m'a été plutôt dit après, faire ce que je ne comprends
00:10:46même pas,
00:10:46ce que c'est d'ailleurs du walk.
00:10:48Je ne comprends même pas l'idée.
00:10:49J'ai voulu montrer la France et dire, en fait, c'est déjà là.
00:10:52Ce n'est pas une France imaginaire que je propose, que je donne à voir.
00:10:56C'est une France qui, non seulement, a existé dans son histoire, mais qui existe bel et bien.
00:11:00J'insiste encore, j'aime bien insister sur « bel et bien ».
00:11:03Oui, elle est belle, elle est bien.
00:11:05Et que donc, les imaginaires, ce n'est pas ce soir.
00:11:09Ce soir, c'est le réel.
00:11:11Et donc, d'où viennent les imaginaires ?
00:11:12Viennent-ils de ces discours réactionnaires ?
00:11:15De quelle France nous parle-t-on ?
00:11:17Par quel prisme regarde-t-on la France ?
00:11:19Parce que dans cette cérémonie, il y avait aussi, par exemple, tout le tableau autour de Notre-Dame de Paris.
00:11:24Donc, de cet édifice religieux, de l'héritage aussi, catholique, chrétien, catholique de la France.
00:11:30Il n'y a pas que cette religion-là, mais sur le parcours, il y avait cette cathédrale.
00:11:36Donc, voilà.
00:11:37En fait, tout le monde était invité à la fête.
00:11:38Et il y avait donc une France réelle.
00:11:40Et d'ailleurs, je pense, pardon, je pense que c'est ça aussi la grande approbation de la part des
00:11:47spectateurs et des spectatrices.
00:11:49Il y a eu un sondage qui est sorti qui disait que 86% des gens ont apprécié la cérémonie.
00:11:53Et puis, au-delà de l'apprécier, la fierté.
00:11:57C'est le mot qui m'est revenu aux oreilles en permanence, qui continue d'ailleurs dans la rue, sur
00:12:03les réseaux, etc.
00:12:04Le sentiment, alors ça, pour le coup, je ne l'avais pas du tout prémédité.
00:12:09Les gens se sentent fiers d'être français, françaises, et se sentent, à un moment donné, unis dans ce qu
00:12:15'ils voient représenter.
00:12:16Ce qui prouve donc qu'on est finalement assez nombreux et nombreuses à bien vouloir bien vivre ensemble.
00:12:21Mais la question, c'est qu'est-ce qu'on fait après ?
00:12:24Je ne sais pas si tu as regardé la cérémonie de réouverture de Notre-Dame.
00:12:29En la voyant, j'ai eu le sentiment que quelque chose qui s'était ouvert avec la cérémonie des JO
00:12:35se refermait.
00:12:37Avec une cérémonie extrêmement convenue, d'auto-célébration, avec tous les puissants, avec tous les mécènes très riches invités.
00:12:45Là, j'ai eu l'impression que c'était l'inverse d'une cérémonie populaire et que là, quelque chose
00:12:49se refermait.
00:12:50Donc, vous, gens de culture, gens de théâtre, qu'est-ce que vous faites pour gagner, pour essayer de gagner,
00:12:56de mener en tout cas la bataille culturelle ?
00:12:58Alors, là, ce qui a changé cette année, dans mon point de vue d'artiste, c'est que j'en
00:13:07avais la conviction que le spectacle vivant, il pouvait, d'une certaine manière, fédérer, il pouvait induire un sentiment d
00:13:15'unité dans les sociétés.
00:13:17Et j'en avais la conviction parce que je l'ai appris de ce qu'on m'a appris des
00:13:20Grecs, du théâtre antique, etc.
00:13:22De, aussi, l'héritage du Conseil national de la résistance qui, après la guerre, met en place, Jeanne-Laurent, met
00:13:29en place les centres dramatiques nationaux,
00:13:31les théâtres nationaux, les scènes nationales partout sur le territoire comme outil de consolation, de consolidation, de réconciliation aussi, du
00:13:40pays après la Seconde Guerre mondiale.
00:13:42Donc, tout ça, c'était le bagage théorique. Je regardais les archives, les textes, etc. Jean Villard, etc. Mais je
00:13:48ne le sentais pas.
00:13:51D'ailleurs, je crois que c'est pour ça que je suis allé gratter théâtralement du côté de spectacles qui
00:13:55duraient 18 heures, non pas par souci de vouloir faire de la démesure ou je ne sais quoi qui a
00:13:59été dit,
00:13:59mais surtout pour essayer de pousser un peu les murs du spectacle. Je rappelle qu'à l'Antiquité, les gens
00:14:04passaient la journée entière au théâtre, voire des semaines entières.
00:14:07Les grandes Dionysies, il y avait même apparemment des amendes si on n'allait pas au théâtre, etc.
00:14:12Donc, ça veut dire que c'était vraiment un outil pour faire société, pour faire humanité, faire société.
00:14:18Et là, tout à coup, le 26 juillet, quelque chose de cet ordre-là, je crois, s'est déroulé.
00:14:23Alors, comment on le perpétue ? D'abord, on a encore la chance d'avoir cet immense réseau de salles,
00:14:29d'artistes,
00:14:29toutes ces compagnies partout, sur tous les territoires de France, qui, dans toutes les disciplines, danses, cirques, marionnettes, théâtres, jeunes
00:14:36publics, etc.
00:14:38qui oeuvrent dans des conditions difficiles, d'ailleurs, en ce moment, vis-à-vis des budgets, vis-à-vis des
00:14:43coupes, vis-à-vis de l'avenir,
00:14:46qui oeuvrent tous les jours avec les habitants, les habitantes des territoires, tous les publics.
00:14:51Et c'est déjà une armée qui est mise en place.
00:14:54Donc, moi, j'ai l'impression que, quand je dis armée, c'est une armée culturelle.
00:14:58Ce n'est pas que pour se battre, même s'il y a une bataille en cours et qu'il
00:15:01faut se battre quand même.
00:15:02Mais, en tout cas, de dire, peut-être qu'il faudrait déjà une politique culturelle.
00:15:06Première idée.
00:15:07Par exemple.
00:15:08Première idée.
00:15:09Et puis ensuite, prendre les leçons de ce qu'est une grande célébration populaire et dans les villes.
00:15:18À Toulouse, il y a eu, vous savez, les machines de Lille, là, au mois de septembre, qui sont venues
00:15:21avec leurs géants dans les rues.
00:15:23Un million de personnes en famille sortent dans les rues et suivent ces délégations de géants.
00:15:29Moi, je n'y étais pas, mais je me dis, donc, on a ce goût, peut-être de grandes fresques
00:15:34populaires.
00:15:34Peut-être qu'il faut repenser les fêtes de la Fédération, les fêtes de la Révolution, les fêtes révolutionnaires, j
00:15:39'en sais rien.
00:15:40Des grandes fresques qui racontent nos histoires, mais pas seulement à Paris, mais partout, qui rebrassent nos traditions, nos légendes
00:15:50aussi, selon les villes, nos folklore, j'en sais rien.
00:15:53On peut réinventer.
00:15:53Il y avait le soir de la cérémonie de la bourrée auvergnate, par exemple.
00:15:57C'était 30 secondes.
00:15:58Il y avait de la bourrée auvergnate.
00:15:59Il y a Victor Vessanto qui avait repensé le costume traditionnel alsacien sur le grand défilé aussi.
00:16:05Et c'était de manière très moderne, très contemporaine.
00:16:08Voilà.
00:16:08Quand je parle de folklore, c'est aussi pour réinterroger nos identités de villes aussi, et de France, et donc
00:16:15de nations.
00:16:15Peut-être qu'il y a quelque chose à inventer de cet ordre.
00:16:18Alors, justement, est-ce que tu n'as pas regretté dans...
00:16:22Déjà, comment tu as vécu cette réaction, j'emploie le terme dans tous les sens du terme, à la cérémonie
00:16:29?
00:16:29Est-ce que tu t'y attendais ?
00:16:30Et aussi, est-ce que tu n'as pas regretté un peu que deux, trois séquences soient mises en avant,
00:16:35Philippe Catherine, la partie un peu club, queer, etc.
00:16:38Puis aussi Ayala Kamoura, évidemment.
00:16:40Même si, j'imagine ça, tu te doutais que ça allait faire réagir un petit peu devant l'Académie française,
00:16:44etc.
00:16:45Avec la garde et tout.
00:16:49Mais, comment dire...
00:16:50Déjà, voilà, est-ce que tu t'attendais à cette réaction, comment tu l'as vécu ?
00:16:53Quelle réaction ?
00:17:05Tout le reste de la cérémonie et toutes ces autres choses qui étaient dedans, comme si elle était résumée dans
00:17:09tous les médias un petit peu bollorés, mais pas que, à des polémiques sur deux, trois séquences en particulier.
00:17:16J'ai l'impression, avec en plus le temps qui est passé depuis, que d'abord, ils se sont confondus.
00:17:21Parce qu'en réalité, l'instrumentalisation, bon, qu'on donne son avis, on aime, on n'aime pas, bon, de
00:17:29toute façon, on n'est pas là pour faire l'unanimité, c'est pas du tout ma recherche.
00:17:32Moi, je suis là pour proposer, je fais une proposition artistique, après les gens s'en saisissent, etc.
00:17:36Mais là où ça a été plus rude, et voire même un peu grossier, c'est l'instrumentalisation de mon
00:17:42intention.
00:17:43Et notamment sur ces fameux, apparemment, scènes, c'est E-N-E, où, d'abord, je n'ai pas le
00:17:51droit de traiter la religion dans les cérémonies.
00:17:54D'ailleurs, concernant Notre-Dame, ça m'a posé une vraie question, parce que j'étais là, ok, comment on
00:17:58fait, on voit quand même Notre-Dame ?
00:17:59Je l'ai traité du côté de l'artisanat d'art, des compagnons, des...
00:18:04Pourquoi tu n'avais pas le droit de traiter ?
00:18:05Parce que les Jeux Olympiques et la religion, ça ne fait pas...
00:18:09Vous savez, il y a eu le débat sur l'affiche, la Croix des Invalides avait été retirée, là, en
00:18:142024, sur l'affiche de 2024,
00:18:16mais en 1924, c'était déjà le cas, donc rien n'a changé, en réalité, sur la Croix, je crois,
00:18:22du Sacré-Cœur,
00:18:23qu'on voit en silhouette sur l'affiche de Paris, 1924.
00:18:26Bref, donc en fait, on ne peut pas traiter la religion.
00:18:30Et donc, instrumentaliser, moi, aujourd'hui, le fait qu'ils aient instrumentalisé mon intention me fait me dire, ok,
00:18:37peut-être que c'était, contrairement au récit qu'ils imposaient, c'était à savoir, on ne s'entend pas,
00:18:41on ne s'aime pas, on se divise,
00:18:42et de toute façon, on n'y arrivera jamais, et à insinuer de la peur, etc.
00:18:46Bon, bref, et d'un coup, c'était, bah non, en fait, on s'aime, en fait, ça ira, en
00:18:50fait, on s'entend, en fait, on est émus les uns des autres de nos diversités,
00:18:55en fait, on se respecte, en fait, on est ok pour être ensemble, en fait, c'est beau, la garde
00:19:00républicaine avec Ayana Kamoura,
00:19:01et la garde républicaine, d'ailleurs, certains ont dit, la pauvre garde républicaine, humiliée, mais pas du tout,
00:19:06le capitaine Fulquier, il était trop content, il l'a dit, d'ailleurs.
00:19:09C'était très important qu'ils prennent la parole d'un jour.
00:19:11Bien sûr, il l'a dit, les ayants droit de Charles Aznavour ont dit, notre père aurait validé la version
00:19:16d'Ayana Kamoura,
00:19:17que moi, je trouve délicieuse, cette version, je trouve que c'est super, comment elle a inscrit dans la partition
00:19:23de Charles Aznavour,
00:19:24son propre style, sa propre façon de chanter, etc., bref.
00:19:27Donc, en fait, en réalité, toute cette émotion surprise, peut-être, de choses qu'on croit hermétiques,
00:19:32qu'on nous dit qu'elles sont hermétiques, alors qu'en réalité, c'est ok, ça se rencontre,
00:19:38et puis, moi qui ai vu, par exemple, sur Ayana et la garde, les répétitions, le respect mutuel de la
00:19:44garde
00:19:45et des musiciens, musiciennes, qui étaient presque un peu impressionnés,
00:19:48ils ne savaient pas qui c'était jusqu'aux répétitions pour la confidentialité, etc.,
00:19:52et d'un coup, quand il se rend compte que c'est Aya, elle, elle était vachement impressionnée aussi
00:19:57d'avoir un orchestre, rien que pour elle, et puis pas n'importe lequel, enfin, tout ça, c'est réel,
00:20:02en fait,
00:20:03on s'entend, voilà, et donc ça, cette instrumentalisation pour dire,
00:20:06non mais en fait, regardez, ils veulent se moquer de nous, en l'occurrence chrétiens catholiques,
00:20:11alors que mon intention est que d'inclure tout le monde, encore une fois,
00:20:15dont les chrétiens catholiques, ça, j'ai trouvé ça très grossier.
00:20:17Il y a Electric Ship sur le chat qui demande si les gardes ont été jusqu'à demander un autographe
00:20:23à Yannick Moran.
00:20:24Mais complètement, il y a des selfies, mais c'était génial, photographes, selfies,
00:20:29d'ailleurs, le soir de la cérémonie, il y a une photo un peu qui circule,
00:20:32on les voit tous après la performance, mais sur le site de répétition,
00:20:37déjà après avoir travaillé, quand...
00:20:40Ils se sont lâchés.
00:20:41Est-ce qu'on peut aller la voir ? Allez-y, allez-y.
00:20:44Pour ceux qui connaissent, je ne sais pas si tu connais,
00:20:45mais il y a Tiens, Tiens, qui a un copain qui fait de la BD sur Instagram,
00:20:49mais qui a fait Coco n'aime pas le capitalisme, etc.,
00:20:51et qui a fait une bande dessinée sur ce moment.
00:20:52C'est vrai ?
00:20:53Oui, et c'est très drôle, parce qu'il identifie le moment
00:20:56où il commence à faire un pas des personnes de la garde,
00:20:59et il l'identifie comme le moment où tout a changé,
00:21:01et après, on bascule dans une utopie, c'est super drôle,
00:21:04et c'est vraiment la seconde précise.
00:21:07En parlant de ça, justement, t'accordes une importance particulière
00:21:12à la représentation, de manière générale,
00:21:14au fait que les gens soient représentés,
00:21:16que ce centre présentait, et tu en as parlé récemment,
00:21:19on va en passer un extrait au discours que tu as tenu,
00:21:22au prix que tu as remis le magazine Têtu,
00:21:24qui a un prix pour la visibilité des personnes LGBT et QIA+.
00:21:29Et voilà, si on peut passer juste le début de ce discours.
00:21:32De quoi vous l'avez passé tout à l'heure ?
00:21:33Oui, c'est ça.
00:21:35Enfin, Têtu, merci, parce que je pense que c'est une histoire
00:21:39qui est assez courante.
00:21:41Vous m'avez aidé, moi, quand j'étais adolescent dans mon petit village,
00:21:45quand j'ai trouvé votre magazine dans mon petit bureau de presse
00:21:47de mon tout petit village, vous m'avez aidé
00:21:49parce que je me suis sentie représentée,
00:21:52et je crois que c'est un mot important,
00:21:53c'est ce qu'on a voulu aussi dans ces cérémonies,
00:21:55représenter toutes les façons d'être au monde,
00:21:58représenter qui nous sommes, nous, cette France qui existe,
00:22:01belle et bien, et je le redis, belle et bien,
00:22:04elle est belle et elle est bien, cette France.
00:22:06Et en parlant de singularité, en exposant, en considérant
00:22:09et représentant toutes ces singularités,
00:22:12on a créé quoi ?
00:22:13On a créé à la fois de l'unité et de la fierté.
00:22:17Ce sont deux sentiments qui restent aujourd'hui pour moi
00:22:19une leçon très importante,
00:22:22dont je ne sais pas encore comment poursuivre,
00:22:25comment la perpétuer,
00:22:26mais je compte sur nous tous et nous toutes pour la perpétuer.
00:22:32Ok, c'est clair ?
00:22:33Allez, on y va, on perpétue.
00:22:34Très bien.
00:22:34Et comment tu intègres ça à ton travail,
00:22:37cette façon de justement rendre la représentation
00:22:40que tu as pu ressentir, toi, plus jeune,
00:22:41et dont tu avais besoin ?
00:22:43Et là maintenant, c'est toi qui crée.
00:22:44En fait, c'est une histoire de considération, vraiment.
00:22:48Ce que je dis juste après, dans ce discours,
00:22:51c'est que je dis une minorité qui se sent considérée
00:22:53et qui se voit représentée dans un événement national,
00:22:57plus une minorité qui se sent considérée
00:23:00et qui se voit représentée plus, plus, plus, plus,
00:23:01ça fait une majorité en réalité.
00:23:03Et j'ai l'impression que c'est ça qu'on a voulu faire
00:23:05pour cette cérémonie, considérée.
00:23:08Parce qu'il y a du mépris, parce qu'il y a de l'invisibilisation,
00:23:11parce qu'il y a des discours un peu hâtifs
00:23:14sur telle ou telle communauté,
00:23:15et pas seulement les LGBTQIA+,
00:23:17mais on le sait qu'il y a des amalgames.
00:23:19À chaque fois, les discours de division,
00:23:21eux, pour le coup, sont courants.
00:23:24Et donc, cette considération-là
00:23:27et cette représentation-là,
00:23:28ça crée, encore une fois, ce sentiment d'unité.
00:23:31Et dans mon travail, après, de metteur en scène
00:23:32avec des pièces, par exemple, comme celle de Shakespeare
00:23:34ou d'autres auteurs plus anciens,
00:23:36en réalité, vous savez,
00:23:40c'est aussi important d'avoir sur les plateaux
00:23:44des personnes, des interprètes,
00:23:46qui ressemblent aux personnes qui regardent ces plateaux.
00:23:49Sinon, comment s'identifier ?
00:23:51Comment se dire, je fais partie
00:23:53de ce qu'on me raconte ?
00:23:54Alors, c'est une histoire de visibilité,
00:23:56mais c'est aussi une histoire de récits.
00:23:58Quels récits on raconte sur les plateaux ?
00:24:00Pour qui ?
00:24:01Et qui écrit les récits ?
00:24:03Tout ça, en fait, en réalité,
00:24:05c'est un métier de représentation.
00:24:07Nous, on dit ça,
00:24:07« Ah, ce soir, j'ai une représentation au théâtre,
00:24:09truc, etc. »
00:24:10Donc, en fait, c'est dans le mot, quoi.
00:24:12Il faut être représentatif.
00:24:14On fait un métier de représentation,
00:24:15donc il faut être représentatif.
00:24:18Thomas, on avait très envie de te...
00:24:20Ça y est, je te tutoie.
00:24:21Je tutoie, du coup.
00:24:22C'est bon.
00:24:23Pas de souci, pas de souci.
00:24:23Ma journée est faite.
00:24:25On avait aussi envie d'aborder avec toi
00:24:27un sujet que tu as déjà abordé
00:24:29dans plusieurs interviews.
00:24:30Et pour ça, on va accueillir Léa
00:24:32pour la rubrique « Kamea, Léa ».
00:24:37Bonsoir, Léa.
00:24:38Bonsoir, Léa.
00:24:39Salut à tous.
00:24:42Coucou, les otakus.
00:24:43J'espère que vous allez bien dans le chat.
00:24:45Aujourd'hui, je vais vous poser une petite question.
00:24:47Est-ce que vous avez déjà rêvé
00:24:49d'un endroit dans lequel
00:24:50vous pourriez vraiment être vous-même ?
00:24:52Alors, vous nous écrivez en quelques mots
00:24:53dans le chat où est-ce que ce serait.
00:24:55Et à la fin de la chronique,
00:24:56on va sélectionner celui
00:24:57qui nous donne le plus envie.
00:24:59Mais d'abord, en attendant,
00:25:01on va parler de choses
00:25:01qui font beaucoup moins rêver,
00:25:03du harcèlement de beaucoup de personnes
00:25:05qui le vivent au quotidien.
00:25:06Alors, toi, Thomas,
00:25:07dans le cadre de ton travail,
00:25:08notamment des JO,
00:25:09tu as subi beaucoup de cyberharcèlement.
00:25:13Est-ce que...
00:25:14Enfin, on espère que tu as réussi
00:25:15à trouver un endroit
00:25:16et des personnes
00:25:17avec qui vider ton sac pour ça ?
00:25:19Absolument.
00:25:20Bon, c'est génial, en tout cas.
00:25:21Et il faudrait dire,
00:25:22parce que je suis aussi, moi,
00:25:23un enfant harcelé au collège.
00:25:25D'accord.
00:25:26Bon, voilà, une deuxième louche
00:25:28de harcèlement dans ma vie.
00:25:30Il faudrait dire
00:25:30qu'aux enfants,
00:25:32je ne sais pas s'il y en a
00:25:32qui nous écoutent à cette heure,
00:25:33il faudrait dire
00:25:34qu'il faut parler,
00:25:35qu'il faut vraiment parler,
00:25:36qu'il y a des numéros
00:25:37qui sont mis en place,
00:25:38le 3018, par exemple.
00:25:39Il faut exprimer,
00:25:41parce que souvent,
00:25:43on prend ça
00:25:44comme une espèce de honte,
00:25:46on se replie sur soi-même
00:25:48et ça peut créer, d'ailleurs,
00:25:49le pire.
00:25:50Il y a eu cet enfant, Lucas,
00:25:52qui s'est suicidé,
00:25:53je crois,
00:25:54je suis sûr,
00:25:55mais à cause du harcèlement,
00:25:56je crois qu'il était homophobe,
00:25:58ce harcèlement, notamment.
00:25:59Bref, il faut parler,
00:26:01il faut sortir de cette bulle
00:26:03qui nous enferme,
00:26:03parce qu'effectivement,
00:26:04comme l'agressivité arrive de partout,
00:26:06nous,
00:26:07c'est une espèce de moteur,
00:26:11un mécanisme naturel,
00:26:13on se renferme sur soi.
00:26:14Non, c'est dur, je sais,
00:26:15mais il faut aller parler
00:26:16à ses parents,
00:26:17à ses potes,
00:26:17à ses amis,
00:26:18et les amis poser aussi des questions,
00:26:19les parents poser des questions.
00:26:21Oui, et surtout pas rester seule.
00:26:22Toi, Léa,
00:26:22est-ce que tu as un lieu à proposer ?
00:26:24Alors, ouais,
00:26:25j'ai un lieu à proposer,
00:26:26mais je n'ai pas d'adresse
00:26:27à vous donner
00:26:27parce qu'il est fictif.
00:26:29Donc, je vais vous emmener
00:26:30dans un lieu utopique,
00:26:32le salon de discussion.
00:26:33Donc, c'est un lieu ultra bienveillant,
00:26:35une safe place
00:26:36du manga Ecladam,
00:26:37qui est en quatre tomes.
00:26:39Et donc,
00:26:39dans cette histoire,
00:26:40le fameux salon
00:26:41est dirigé par un personnage
00:26:42que tout le monde appelle
00:26:43notre hôte.
00:26:44Elle est brune,
00:26:46énigmatique,
00:26:47charismatique,
00:26:47un petit peu comme moi,
00:26:48d'ailleurs.
00:26:49Appelez-moi votre hôte.
00:26:50Sauf qu'elle,
00:26:51elle ne reste pas là,
00:26:52comme moi,
00:26:52dans un canap à blablaté.
00:26:54Elle change vraiment le monde.
00:26:55C'est-à-dire qu'elle va créer
00:26:56un refuge
00:26:57dans lequel
00:26:58toutes les personnes reclues
00:26:59pourront s'y rendre.
00:27:00Donc, malheureusement,
00:27:02au Japon,
00:27:03dans une société encore
00:27:03hyper conservatrice,
00:27:05c'est malheureusement
00:27:06les personnes homosexuelles,
00:27:08bisexuelles et transgenres.
00:27:09Donc, en gros,
00:27:10sa résidence associative,
00:27:12c'est un petit peu
00:27:12comme un McDo LGBTQIA+.
00:27:15On vous accepte
00:27:16comme vous êtes.
00:27:17Et oui, à l'humain,
00:27:17on cite McDo,
00:27:18le communisme,
00:27:19il a changé.
00:27:19Ouais, il faut te mettre
00:27:21un petit peu à l'appel.
00:27:21Je me dirais quand même.
00:27:23Bon, en tout cas,
00:27:24Tasuko,
00:27:25c'est un jeune ado
00:27:26qui est harcelé
00:27:27à cause de son homosexualité.
00:27:29Et donc, au début,
00:27:30il va se rendre au salon
00:27:31pour profiter du thé,
00:27:32des biscuits gratos.
00:27:33Et au fur et à mesure du temps,
00:27:34il va s'y rendre
00:27:35pour s'assumer,
00:27:36pour se confier aux autres.
00:27:38Et donc,
00:27:39il va rencontrer Haruko et Saki.
00:27:41C'est un couple
00:27:41de deux femmes amoureuses,
00:27:43mais qui sont seulement colocataires
00:27:45aux yeux de leurs parents respectifs.
00:27:47Et donc, même si la situation,
00:27:48elle n'est vraiment pas du tout
00:27:49idéale pour les deux jeunes femmes,
00:27:51comme je l'ai dit.
00:27:52Tasuko, il pense
00:27:52qu'elles ont de la chance
00:27:53parce qu'elles vivent ensemble
00:27:54et qu'elles s'aiment.
00:27:55Et lui, il en est
00:27:56à la toute première étape
00:27:58de son introspection.
00:27:59C'est-à-dire qu'il ne s'autorise
00:28:01pas encore à dire
00:28:02qu'il aime les hommes
00:28:03et il envisage encore moins
00:28:04des relations avec eux,
00:28:05même s'il a un petit crush.
00:28:07Mais bon,
00:28:07au fur et à mesure du temps,
00:28:08le personnage va évoluer,
00:28:09s'interroger
00:28:10et s'assumer.
00:28:11Jusqu'à vivre une belle histoire d'amour ?
00:28:13Alors là, non,
00:28:14t'es encore un petit peu fleur bleue.
00:28:16C'est pas vraiment une histoire d'amour
00:28:18pure et simple
00:28:19comme ça peut se faire au Japon
00:28:21et c'est très populaire.
00:28:22Ça s'appelle les yaoi.
00:28:23Donc, c'est des histoires d'amour
00:28:25entre deux hommes.
00:28:26Là, on est plutôt sur un manga
00:28:27qui est subtil,
00:28:29qui parle de coming out,
00:28:30de discrimination
00:28:31et aussi de la façon
00:28:32dont la société japonaise
00:28:33perçoit l'homosexualité.
00:28:36Et donc, du coup,
00:28:37ce mois-ci,
00:28:37j'ai décidé de vous faire
00:28:38une recommandation vraiment utile
00:28:40parce que vous avez un joli cadeau
00:28:42à glisser sous le sapin
00:28:43de votre tonton conservateur
00:28:45ou même pas,
00:28:45qui ne soit pas du tout
00:28:46parce que dans tous les cas,
00:28:47le manga vaut le détour.
00:28:49Mais du coup, Mejda,
00:28:50est-ce que nos viewveuses
00:28:51et nos viewers
00:28:52nous ont donné
00:28:53des petites safe places ?
00:28:54Oui, on nous a pas mal parlé
00:28:55de la plage.
00:28:56C'est pas mal comme safe place.
00:28:57La plage, ok, j'adore.
00:28:59Bon, bah super.
00:29:00Je tiens à relever Ace
00:29:00qui propose Jackass
00:29:02comme safe place.
00:29:04Je trouve que c'est original
00:29:05et en plus, je salue Ace
00:29:06parce que c'est lui
00:29:06qui monte les vidéos
00:29:07populaires pour l'humain
00:29:08et je vois très bien
00:29:09ce qu'il veut dire avec Jackass.
00:29:10Il y a aussi les longs
00:29:11spars entre copains
00:29:11qui sont des safe place.
00:29:12Sympa, ok.
00:29:14Un petit peu comme ici, du coup.
00:29:16On n'est pas.
00:29:17Bon, je vais vous laisser.
00:29:18Tu remontres rapidement
00:29:19le manga.
00:29:20Bien sûr.
00:29:21Très bien.
00:29:22Éclat d'âme.
00:29:23Voilà, si vous ne savez pas
00:29:24quoi offrir pour Noël,
00:29:25ça peut être un beau cadeau.
00:29:29Merci beaucoup, Léa.
00:29:30Merci.
00:29:31À bientôt pour une autre chronique
00:29:32une autre chronique manga.
00:29:36Oui, je ne sais pas si tu voulais
00:29:38réagir.
00:29:39Oui, est-ce que tu as envie
00:29:39de réagir à ça ?
00:29:40Les mangas, c'est la vie.
00:29:42Ah oui, Otaku.
00:29:43Il y a Rademain, demi.
00:29:45Ah oui, bien évidemment.
00:29:46Ça, c'est mon enfance.
00:29:47Là, ils le ressortent.
00:29:48Ils l'ont re...
00:29:49Je ne sais pas quoi.
00:29:50Et là, je suis dans Rademain,
00:29:51demi, l'anime, sur Netflix.
00:29:55Très bien.
00:29:55On avait aussi envie d'échanger
00:29:57sur les questions
00:29:58de politique culturelle.
00:29:59C'est vrai que tu as évoqué
00:30:00un peu déjà tout à l'heure.
00:30:01Oui, voilà.
00:30:02Tu parlais tout à l'heure
00:30:03des attaques menées
00:30:05contre les politiques culturelles.
00:30:11Demain a lieu le vote du budget
00:30:13dans la région Pays de Loire.
00:30:15Je sais que tu as fait
00:30:16une grande partie de ta carrière
00:30:18dans cette région,
00:30:20puisque tu as dirigé
00:30:22le Théâtre du Quai à Angers
00:30:23pendant deux ans.
00:30:24Avant, tu étais artiste associé,
00:30:26je crois, au Grand T, à Nantes.
00:30:28Absolument.
00:30:29Comment réagis-tu
00:30:31à cette attaque en règle
00:30:32menée par la présidente
00:30:34de région, Christelle Morencé,
00:30:35de manière extrêmement brutale,
00:30:37qui a annoncé...
00:30:39Il y a la forme et le fond.
00:30:41Elle a annoncé
00:30:42qu'elle allait supprimer
00:30:44100 millions,
00:30:45alors des coupes budgétaires
00:30:47qui vont toucher la culture,
00:30:48mais aussi le sport,
00:30:50l'égalité homme-femme,
00:30:50le planning familial,
00:30:52les missions locales.
00:30:53Comment réagis-tu
00:30:54à ces attaques
00:30:56dans la région Pays de Loire ?
00:30:58Et qu'est-ce qu'on peut faire ?
00:31:00Déjà,
00:31:01qu'il faille faire des économies,
00:31:02qu'il faille...
00:31:03Oui, ça marche, oui.
00:31:04Faire des économies,
00:31:05la culture, OK,
00:31:06doit participer,
00:31:07ça c'est sûr,
00:31:07mais la façon,
00:31:08la brutalité,
00:31:09sans concertation,
00:31:10sans crier gare,
00:31:11sans rien,
00:31:12de cette décision,
00:31:14ça, la brutalité,
00:31:15déjà, je ne la comprends pas.
00:31:16Et je pense que ce n'est pas
00:31:17heureux, politiquement,
00:31:18que ça se passe comme ça,
00:31:19premièrement.
00:31:19Deuxièmement,
00:31:21quel projet ?
00:31:22Quel est le projet politique,
00:31:23en réalité ?
00:31:24Si on attaque,
00:31:26non seulement,
00:31:26enfin,
00:31:26si on affaiblit,
00:31:27voire même on annihile,
00:31:29d'une certaine manière,
00:31:31le milieu culturel,
00:31:32mais pas seulement.
00:31:33C'est aussi,
00:31:33vous l'avez rappelé,
00:31:34les associations,
00:31:35le planning familial,
00:31:35etc.,
00:31:36les associations d'égalité
00:31:37homme-femme,
00:31:37enfin,
00:31:37c'est quel projet politique
00:31:40est mené là ?
00:31:41Il est quand même évident,
00:31:43il me semble,
00:31:43et il n'est pas bon,
00:31:44d'après moi,
00:31:45parce que la culture,
00:31:47ça peut coûter,
00:31:47c'est vrai,
00:31:48mais la culture,
00:31:48c'est aussi un investissement.
00:31:49D'abord,
00:31:50financièrement,
00:31:50ça rapporte aussi la culture,
00:31:52et deuxièmement,
00:31:53c'est un investissement
00:31:54sur l'avenir de l'esprit,
00:31:56de la pensée,
00:31:57des esprits.
00:31:59Celles et ceux qui pensent
00:32:00que la culture induit
00:32:02une façon précise de penser,
00:32:05ce n'est pas ça,
00:32:05le projet.
00:32:06C'est comme la cérémonie,
00:32:07moi,
00:32:07je n'ai pas demandé
00:32:08de penser ceci ou cela,
00:32:09j'ai juste dit,
00:32:10il faut penser.
00:32:11N'oublions pas de rester actifs
00:32:13dans notre façon de voir,
00:32:16de considérer,
00:32:16de prendre et de comprendre
00:32:18le monde.
00:32:20Et si on n'a plus ces outils-là,
00:32:22je rappelle quand même que,
00:32:23je l'ai dirigé,
00:32:24par exemple,
00:32:25ce sont dramatiques,
00:32:26mais toutes les scènes nationales,
00:32:27les scènes publiques
00:32:27sont des lieux
00:32:28où les compagnies travaillent,
00:32:30où les prix permettent
00:32:32à celles et ceux
00:32:34qui n'ont pas forcément
00:32:35l'argent d'aller
00:32:36dans des grands théâtres privés
00:32:38ou à l'opéra,
00:32:38peuvent aussi aller voir
00:32:39des spectacles,
00:32:40qui ne sont pas moindres,
00:32:40d'ailleurs,
00:32:41de très haute qualité.
00:32:42Et il faut rappeler
00:32:42que quand on paie
00:32:43un billet de théâtre
00:32:4420 euros dans le théâtre public,
00:32:46en réalité,
00:32:46ça coûte 100 euros.
00:32:47Absolument.
00:32:48En réalité,
00:32:48ça peut coûter 90,
00:32:49100,
00:32:50même 150,
00:32:50ça dépend s'il y a des grosses pièces
00:32:51avec des grandes distributions,
00:32:52etc.
00:32:53Donc tout ça,
00:32:54en fait,
00:32:54cet accès-là,
00:32:55de le briser,
00:32:56de briser les dynamiques
00:32:57de territoire aussi,
00:32:58et puis le rayonnement,
00:32:59parce que quoi,
00:33:00du coup,
00:33:00les Pays de la Loire,
00:33:01c'est un pays très riche,
00:33:03culturellement,
00:33:03avec des équipes,
00:33:04encore une fois,
00:33:05partout, etc.
00:33:05Quelle est la façon
00:33:08que Mme Morencé a
00:33:09de rayonnement
00:33:10de son propre territoire ?
00:33:11Donc tout ça,
00:33:11en fait,
00:33:12politiquement,
00:33:12je ne le comprends pas,
00:33:13mais de toute façon,
00:33:14revenons sur ce que je disais
00:33:15tout à l'heure.
00:33:16En fait,
00:33:16je ne comprends pas
00:33:17pourquoi le politique
00:33:18ne s'appuie plus,
00:33:20contrairement à ce que nous raconte
00:33:21toute l'histoire
00:33:22depuis l'Antiquité
00:33:23de la politique,
00:33:24ne s'appuie pas
00:33:25sur la culture.
00:33:26Ou alors,
00:33:26sur quelle culture ?
00:33:27Alors,
00:33:27dans ce cas-là,
00:33:28s'appuie-t-il,
00:33:28s'il ne veut pas
00:33:29de celle qui est en place
00:33:30depuis maintenant
00:33:31plus de 80 ans
00:33:32dans ce pays ?
00:33:33Quelle culture ?
00:33:34Voilà la question
00:33:35qu'il faudrait poser
00:33:35à Mme Morencé.
00:33:37Vous l'avez évoqué
00:33:38un petit peu là,
00:33:39tu as fait une grande partie
00:33:40de ta carrière justement
00:33:41au théâtre,
00:33:42en province,
00:33:43dans différentes villes.
00:33:44Je suis arrivée à Paris
00:33:45il y a deux ans.
00:33:45Oui, voilà,
00:33:46c'est ça.
00:33:47Tu n'es pas un propos parisien.
00:33:48Pour voguer sur la scène.
00:33:49Oui, c'est ça.
00:33:49Je suis déménagé
00:33:50pour faire ce boulot.
00:33:52Et tu es même né
00:33:53dans,
00:33:53c'est toi qui me l'as dit,
00:33:54dans un village
00:33:54qui s'appelle
00:33:55la rue Saint-Pierre.
00:33:56Absolument.
00:33:56En Seine-Maritim,
00:33:56ce qui est extrêmement mignon.
00:33:57Comme moi,
00:33:58tu viens d'un petit village.
00:34:01200 habitants.
00:34:01À l'époque,
00:34:02j'imagine qu'aujourd'hui,
00:34:03il y a plus.
00:34:04Moins de 205.
00:34:06J'aimerais avoir ton ressenti
00:34:07sur le discours
00:34:08qui est beaucoup tenu
00:34:10dans le débat public maintenant
00:34:11sur une rupture
00:34:12qu'il y aurait entre,
00:34:13il y aurait une France
00:34:14des grandes métropoles
00:34:15urbaines,
00:34:18progressistes,
00:34:18et qui seraient
00:34:20des parisiens déconnectés,
00:34:21des bobos déconnectés,
00:34:23urbains,
00:34:23et finalement
00:34:24une autre France
00:34:25qui aurait des préoccupations
00:34:26différentes
00:34:27et qui serait
00:34:28une France rurale
00:34:29ou périphérique
00:34:30comme on dit,
00:34:31des choses comme ça,
00:34:31qui est en fait
00:34:32la France dont on vient
00:34:34dans tous les nous.
00:34:36Qu'est-ce que tu penses
00:34:36de ce discours
00:34:37avec ton vécu ?
00:34:39Alors,
00:34:39moi,
00:34:39là-dessus,
00:34:40il y a évidemment
00:34:41des scissions,
00:34:42je pense,
00:34:42des aires médicaux,
00:34:44par exemple,
00:34:44les services publics,
00:34:45les postes qui ferment,
00:34:46les trains qui ne s'arrêtent plus
00:34:48dans certaines gares.
00:34:48Tout ça,
00:34:49ça existe,
00:34:49c'est quand même
00:34:49très concret.
00:34:50Par contre,
00:34:51il y a aussi,
00:34:52et culturellement d'ailleurs,
00:34:53tout un tas d'actions
00:34:54qui sont menées
00:34:55par les compagnies,
00:34:56par les scènes dramatiques,
00:34:57les scènes nationales
00:34:58sur les territoires.
00:34:59Et moi,
00:35:00j'en ai fait des tournées
00:35:01dans le milieu rural.
00:35:03On a beaucoup parlé
00:35:04de mes spectacles,
00:35:05Henri VI,
00:35:06les gros trucs
00:35:06qu'on jouait à Paris
00:35:07ou à l'Odéon.
00:35:08Ça,
00:35:09c'est aussi les médias
00:35:09qui parlent beaucoup
00:35:10de ce qui est visible
00:35:12là où il y a beaucoup de monde,
00:35:13donc les villes
00:35:14ou les grands festivals.
00:35:15Mais en réalité,
00:35:16j'ai toujours travaillé,
00:35:17moi,
00:35:17des tout petits spectacles
00:35:18de 40 minutes
00:35:19qu'on jouait
00:35:19dans les salles des fêtes,
00:35:20sur les places de marché,
00:35:22chez l'habitant.
00:35:23De faire durer les murs aussi ?
00:35:24Évidemment,
00:35:25d'aller en fait,
00:35:26d'être toujours
00:35:26dans le grand écart.
00:35:28Et aussi,
00:35:28de faire de la circulation,
00:35:29c'est-à-dire qu'il y avait
00:35:30des gens, du coup,
00:35:31plutôt dans les milieux ruraux
00:35:32qui, du coup,
00:35:33après venaient à la ville
00:35:34voir le grand spectacle
00:35:35dans le grand théâtre
00:35:36parce qu'ils n'avaient pas
00:35:37les espaces
00:35:38pour accueillir le grand spectacle.
00:35:39Bref.
00:35:39Donc,
00:35:39il y a un tissu
00:35:40comme ça,
00:35:41culturel,
00:35:41qui peut être
00:35:42d'ailleurs intensifié
00:35:45parce que c'est peut-être
00:35:46aussi ce sentiment
00:35:48de délaissement.
00:35:49ça existe, ça,
00:35:50d'être délaissé.
00:35:51Oui,
00:35:51de sentir délaissé
00:35:53qui crée peut-être
00:35:54aussi une forme
00:35:55de tristesse,
00:36:00de sentir méprisé,
00:36:01de frustration,
00:36:02merci.
00:36:03Et qu'il faudrait aussi
00:36:04certainement,
00:36:06par exemple,
00:36:07réinvestir
00:36:08sur le territoire rural
00:36:09avec des formes.
00:36:11Il y a déjà
00:36:11des théâtres
00:36:12qui bossent,
00:36:13je dirais,
00:36:13mais peut-être
00:36:14remettre l'accent là-dessus.
00:36:16Ça,
00:36:16c'est évident.
00:36:18Je ne sais pas
00:36:18si on peut passer,
00:36:19on avait des images
00:36:20de Richard Troyes.
00:36:21Du Richard Troyes.
00:36:22Richard Troyes
00:36:22créé en 2016,
00:36:24je crois.
00:36:262015,
00:36:26j'avais vu
00:36:27au Théâtre de l'Odéon
00:36:27en 2016.
00:36:28C'est ça.
00:36:29Pour qu'on ait
00:36:30un aperçu
00:36:31un peu
00:36:31de cette esthétique
00:36:33dont tu parlais
00:36:34tout à l'heure
00:36:34qui mélange
00:36:37culture savante,
00:36:38culture populaire
00:36:39avec des lumières.
00:36:41Alors,
00:36:42je ne sais pas
00:36:42si on a les images.
00:36:44Voilà.
00:36:45Je me souviens
00:36:46quand j'avais vu,
00:36:47je me disais
00:36:47que c'est Star Wars
00:36:48en fait.
00:36:51Comment c'est venu
00:36:52cette esthétique-là ?
00:36:55Alors,
00:36:55tu as parlé tout à l'heure
00:36:56du fait
00:36:57que tu ne voulais pas
00:36:57faire de hiérarchie
00:36:59entre les différentes cultures,
00:37:00mais ta grammaire théâtrale,
00:37:03si on peut dire,
00:37:03comment tu l'as trouvée ?
00:37:05Alors,
00:37:06je l'ai développée
00:37:09par ce qui,
00:37:09moi,
00:37:10ça me plaît,
00:37:11à savoir
00:37:11des grands spectacles,
00:37:13des grands concerts,
00:37:15et puis aussi
00:37:16avec un éclairagiste,
00:37:17si on parle de la lumière,
00:37:17qui s'appelle Antoine Travers,
00:37:18qui vient de la musique,
00:37:19qui vient des éclairages
00:37:21de scènes
00:37:22plutôt musicales.
00:37:23Et finalement,
00:37:25sur Richard III,
00:37:27ce n'était pas l'idée
00:37:27d'être rock,
00:37:28mais si on reprend Shakespeare
00:37:29et d'ailleurs
00:37:30sa nature même
00:37:31de théâtre,
00:37:32les gens étaient debout
00:37:33face à la scène.
00:37:34Moi,
00:37:34j'y suis allé,
00:37:35là,
00:37:35dans la reproduction
00:37:36du Globe,
00:37:37du Théâtre du Globe
00:37:37à Londres.
00:37:38On est debout,
00:37:39on a quand même
00:37:39une bière à la main
00:37:40et on regarde l'histoire,
00:37:41c'était Henri V,
00:37:42moi,
00:37:42j'ai regardé l'histoire
00:37:42du roi Henri V
00:37:43à ciel ouvert
00:37:44avec une interaction,
00:37:46une interactivité
00:37:46avec le public.
00:37:49C'est rock,
00:37:49je ne sais pas comment dire,
00:37:50c'est vivant,
00:37:51en tout cas,
00:37:51ce n'est pas comme chez nous,
00:37:52on est assis dans le noir,
00:37:53on doit se taire,
00:37:54on ne peut pas bouger,
00:37:56on n'a pas le droit de...
00:37:57Ce n'était pas comme ça
00:37:57il y a 150 ans.
00:37:58Eh bien non,
00:37:59on a aussi mortifié,
00:38:00nous,
00:38:00on a mis des rideaux,
00:38:02des rampes,
00:38:02des quatrièmes murs,
00:38:03etc.,
00:38:03on a mortifié un petit peu
00:38:10donc tout ça
00:38:10me semblait cohérent
00:38:11et d'ailleurs,
00:38:12je chantais un morceau
00:38:16fait des vers de Shakespeare
00:38:18au moment où
00:38:19Richard faisait le grand show
00:38:20parce qu'en gros,
00:38:20ce que nous raconte Richard III
00:38:21quand même,
00:38:22c'est que plus on vous en met
00:38:22plein la vue,
00:38:23moins vous réfléchissez
00:38:24et plus vous ne vous rendez pas compte
00:38:26finalement que
00:38:27le pire personnage
00:38:29accède au trône
00:38:30sans que vous ne l'ayez remarqué
00:38:34ébloui que vous étiez.
00:38:36Et puis,
00:38:37avant Richard III,
00:38:38il y a eu Henri VI,
00:38:41premier spectacle
00:38:41vraiment monumental
00:38:43puisque ça a duré 18 heures,
00:38:44il y a eu une intégrale
00:38:46jouée au Festival d'Avignon
00:38:47et au fond,
00:38:48quand tu montes ce Henri VI,
00:38:50tu te dis
00:38:50mais c'est comme les séries
00:38:52d'aujourd'hui
00:38:54dans la narration.
00:38:55J'ai plutôt que les séries
00:38:56ont complètement
00:38:57tout copié
00:38:58sur Shakespeare,
00:38:59notamment une
00:39:00qui s'appelle
00:39:01Game of Thrones
00:39:01et on a toujours dit
00:39:02Thomas Jolie
00:39:03il fait du Game of Thrones
00:39:04au théâtre et tout ça.
00:39:05Non,
00:39:06c'est Game of Thrones
00:39:06qui fait du Shakespeare
00:39:07à la télé.
00:39:07Moi,
00:39:08je fais juste du...
00:39:10En vrai,
00:39:11Henri VI,
00:39:12c'est trois pièces
00:39:12de Shakespeare
00:39:13et déjà,
00:39:15déjà Shakespeare
00:39:16met les entr'actes,
00:39:17il y a cinq actes
00:39:17dans chaque pièce,
00:39:18met les entr'actes
00:39:19à des endroits
00:39:20de cliffhanger,
00:39:21de climax des enjeux,
00:39:22etc.
00:39:23Et puis,
00:39:24quand il finit sa première pièce
00:39:25avec un personnage,
00:39:25il commence la deuxième
00:39:26avec le même personnage
00:39:28comme si on était
00:39:28dans une continuité,
00:39:29une sérialité.
00:39:31Shakespeare,
00:39:32il invente quelque part
00:39:33ce côté narratif
00:39:34de la série
00:39:34parce que ce n'est pas
00:39:36un auteur de cours.
00:39:37Les gens,
00:39:37je l'ai dit,
00:39:38sont debout.
00:39:38Il faut qu'ils les tiennent.
00:39:40Il faut que ça les passionne.
00:39:42Il faut que ça les tienne.
00:39:44Donc,
00:39:44il met un mort
00:39:44à chaque fois
00:39:45au bon moment.
00:39:47Il suspend l'action
00:39:48à des moments cruciaux,
00:39:50etc.
00:39:50Il invente,
00:39:51oui,
00:39:51le mainstream,
00:39:53d'une certaine manière,
00:39:55dont Hollywood se repaie
00:39:57et les séries notamment.
00:39:58D'ailleurs,
00:39:59Henri VI,
00:40:00je l'ai appris après,
00:40:01ne serait pas que
00:40:03de Shakespeare,
00:40:03mais d'un groupe d'auteurs.
00:40:06Donc,
00:40:06déjà de l'écriture collective,
00:40:08en fait.
00:40:08Parce que c'est vrai
00:40:09qu'on n'en a pas
00:40:10complètement abordé là-dessus,
00:40:12mais effectivement,
00:40:13c'est valable
00:40:14et pour la cérémonie
00:40:15des JO,
00:40:15mais aussi pour les spectacles
00:40:16comme ça,
00:40:17très ambitieux,
00:40:17très monumentaux.
00:40:18t'avais employé
00:40:20comme terme.
00:40:21Toi,
00:40:21tu t'es retrouvé
00:40:22effectivement
00:40:22avec le visage,
00:40:23en fait,
00:40:24notamment de la cérémonie,
00:40:25etc.
00:40:25Mais on n'oublie pas
00:40:26qu'en fait,
00:40:26tu es un genre de chef
00:40:27d'orchestre,
00:40:28d'une certaine façon,
00:40:28mais qu'en fait,
00:40:29derrière,
00:40:29il y a tout un tas
00:40:30de gens qui bossent,
00:40:33autant des artistes
00:40:33que des techniciens,
00:40:35que...
00:40:35Absolument.
00:40:36Moi,
00:40:37effectivement,
00:40:37je suis directeur
00:40:39de la troupe,
00:40:40je mène la troupe,
00:40:41mais il y a,
00:40:41et même sur les cérémonies,
00:40:42des collaborateurs,
00:40:43des collaboratrices,
00:40:44des auteurs,
00:40:44des autrices,
00:40:45direction musicale
00:40:46Victor Le Mans,
00:40:47la chorégraphe
00:40:47Maud Le Pladeg,
00:40:48Daphne Burki,
00:40:50j'en oublie,
00:40:51les scénographes
00:40:52Bruno de la Vener,
00:40:52du coup,
00:40:53je ne sais pas,
00:40:53Bruno de la Vener,
00:40:54Emmanuel Favre,
00:40:55etc.
00:40:55Voilà,
00:40:55non,
00:40:55c'était une très,
00:40:57très grande équipe.
00:40:58On était,
00:40:58on était 20 000,
00:40:59le soir de la cérémonie,
00:41:00à pouvoir déployer
00:41:01ce spectacle
00:41:02et le déployer en plus
00:41:03dans des conditions,
00:41:04on ne va peut-être pas
00:41:04reparler de la pluie ce soir.
00:41:06Non,
00:41:06mais je crois qu'on a tous
00:41:07été très,
00:41:07très touchés
00:41:08par cette vidéo
00:41:09qui a fait le tour du monde
00:41:11de toi en train de pleurer.
00:41:12Du même.
00:41:14C'est vraiment,
00:41:14c'est devenu un même
00:41:15et en fait,
00:41:16je crois que quand j'ai vu
00:41:18cette vidéo,
00:41:19mon empathie a passé un cap
00:41:21parce que...
00:41:21C'est sympa.
00:41:22Parce qu'il y a d'autres
00:41:23qui rigolent
00:41:24parce que dès qu'il pleut en plus
00:41:26et c'est souvent,
00:41:27la remettent
00:41:27et je pense que ce n'est pas
00:41:28que par empathie.
00:41:28Ah non,
00:41:29mais c'est aussi que j'étais
00:41:30au Trocadéro
00:41:30et que du coup,
00:41:31tu le sentais bien là.
00:41:32j'ai couvert les jeux
00:41:33et en fait,
00:41:34je suis arrivée en me disant
00:41:35mais je vais me faire chier
00:41:37pendant...
00:41:37j'avais la cérémonie
00:41:38de la Coupe du Monde
00:41:39de rugby en tête
00:41:40avec Jean Dujardin
00:41:41et sa baguette
00:41:42et ce coq horrible.
00:41:43Jean-Mich.
00:41:43Et du coup,
00:41:44je me suis dit
00:41:45ça va être ça pendant 5 heures,
00:41:46ça va être horrible
00:41:46et en fait,
00:41:47au bout de très très vite,
00:41:49je me retrouve à danser,
00:41:50à prendre la pluie
00:41:51et du coup,
00:41:52alors que je trouve devant moi
00:41:53trois semaines de jeux,
00:41:54deux semaines de jeux paralympiques,
00:41:55je suis trempée
00:41:56et je me dis
00:41:57je vais être malade.
00:41:58Bref,
00:41:58donc cette vidéo de la pluie
00:41:59et ce mème,
00:42:00c'est génial.
00:42:01Mais ce qu'il faut comprendre
00:42:03sur ce mème,
00:42:03c'est que
00:42:05il est 18h30 là
00:42:06donc ça va démarrer
00:42:07dans une heure genre
00:42:08et on ne sait pas
00:42:10ce qu'on va montrer.
00:42:12Je ne sais pas,
00:42:13vous imaginez le vertige
00:42:14en fait
00:42:15d'avoir bossé deux ans
00:42:16et même d'avoir répété
00:42:17la veille,
00:42:18tout était calé la veille,
00:42:19on était dans les temps,
00:42:20etc.
00:42:21J'avais fini les répètes
00:42:21avec Céline Dion
00:42:23et en fait,
00:42:24le matin,
00:42:25on voit qu'il pleut,
00:42:26qu'il va pleuvoir
00:42:26jusqu'à ce que Céline chante
00:42:28d'ailleurs
00:42:28parce que c'est Céline
00:42:29qui a fait arrêter la pluie
00:42:30ce soir-là
00:42:30et en fait,
00:42:31je l'ai envoyée devant
00:42:32elle est forte.
00:42:33Je vais envoyer devant
00:42:36x milliards,
00:42:37on ne savait pas combien
00:42:38de spectateurs
00:42:39un spectacle
00:42:39dont je n'ai pas
00:42:40la teneur.
00:42:41C'est quand même
00:42:42un vertige quoi
00:42:44et parce qu'on a adapté
00:42:45au fur et à mesure
00:42:46de la soirée
00:42:46les choses quoi.
00:42:47Donc c'était un peu
00:42:48ouais,
00:42:49c'était au-delà
00:42:50de l'émotion de
00:42:50ouin ouin,
00:42:51il pleut,
00:42:52je suis triste,
00:42:52mon spectacle va être raté
00:42:53que quel spectacle
00:42:54on va voir en fait ?
00:42:55Qu'est-ce que le monde va voir ?
00:42:57Quand on voit
00:42:57dans le documentaire
00:42:59de Manuel Herrero,
00:43:01du coup,
00:43:02Tony Estanguet
00:43:02qui dit
00:43:04il pleure,
00:43:05il pleure,
00:43:05c'est tellement drôle
00:43:06et en même temps,
00:43:07on est en pleine
00:43:09empathie.
00:43:10Et chapeau aux équipes
00:43:10du coup,
00:43:11aux équipes techniques
00:43:12et aux artistes
00:43:13qui n'ont rien lâché
00:43:14et qui ont livré
00:43:17une cérémonie.
00:43:18Et alors bon,
00:43:19là on va passer
00:43:20à un extrait
00:43:20mais il y a un truc
00:43:21dont je vous séquestre
00:43:22si on n'en parle pas
00:43:23avant.
00:43:24Mais je pense
00:43:24qu'on va se séquestrer
00:43:25par le chat aussi.
00:43:26c'est ça,
00:43:27c'est que tu as monté
00:43:28aussi,
00:43:28enfin remonté du coup
00:43:29la nouvelle version
00:43:30d'un spectacle.
00:43:32On va lancer
00:43:33le magnéto là-dessus
00:43:34qui est un spectacle
00:43:36qui est extrêmement important
00:43:37pour moi,
00:43:37qui est aussi
00:43:38plus grand public,
00:43:38qui est très rock.
00:43:40Est-ce qu'on a ça
00:43:40à la régie ?
00:43:46Des hymnes engagés
00:43:47aux paroles quasi-prophétiques
00:43:53qui sonnent encore
00:43:54si juste en 2022.
00:44:03Quand on chante
00:44:04Starmania,
00:44:05on est en train
00:44:05de raconter
00:44:06une histoire humaine
00:44:07très forte,
00:44:08une histoire de société
00:44:09qui est à la fois
00:44:11celle de mon quartier
00:44:12d'à côté
00:44:13et celle du monde.
00:44:14En 2022,
00:44:15elle a évidemment
00:44:16de grands échos
00:44:17que ce soit
00:44:18la question écologique,
00:44:19la manipulation
00:44:19par les médias,
00:44:20du politique,
00:44:21du terrorisme,
00:44:22des réseaux sociaux,
00:44:23de la volonté
00:44:23d'être une star.
00:44:24Ce soir,
00:44:27on danse.
00:44:30Hop là.
00:44:31Évidemment,
00:44:31donc Starmania.
00:44:33Première question,
00:44:34qu'est-ce que ça représentait
00:44:35pour toi Starmania
00:44:36spécialement
00:44:37et de remonter
00:44:38ce monument
00:44:40de la pop culture française ?
00:44:41C'est le bon mot monument.
00:44:45D'abord,
00:44:46c'était mes parents,
00:44:47Starmania,
00:44:47et on avait l'album
00:44:49et je chantais
00:44:50dans ma chambre
00:44:51des morceaux
00:44:52de Starmania.
00:44:53Je crois que je ne comprenais
00:44:53pas bien l'histoire
00:44:54à ce moment-là,
00:44:56mais je comprenais
00:44:57qu'il y avait
00:44:57de la théâtralité.
00:44:58Je ne sais pas,
00:44:58j'avais 10 ans
00:44:59et je faisais
00:44:59Sadia,
00:45:00Johnny Roquefort,
00:45:01Stella Spotlight,
00:45:01surtout,
00:45:02devant mon miroir.
00:45:03et plus tard,
00:45:05j'entends,
00:45:07dans un voyage
00:45:09pour partir
00:45:09dans le sud
00:45:10en voiture,
00:45:11on avait mis
00:45:12l'album,
00:45:13le double album
00:45:13live de Mogador,
00:45:14parce que Starmania
00:45:15a été monté
00:45:16en 79,
00:45:17en 89
00:45:18et en 93
00:45:19à Mogador
00:45:20et c'était cette version-là
00:45:21et j'entends
00:45:23toutes les chansons
00:45:24et toutes les transitions
00:45:25et là je fais
00:45:26ah oui,
00:45:26non mais en fait,
00:45:27besoin d'amour,
00:45:29Ziggy Ziggy
00:45:30et j'aurais voulu
00:45:31être un artiste,
00:45:31ce n'est pas juste
00:45:32des chansons,
00:45:33c'est en fait
00:45:33des hymnes
00:45:34et ça s'inscrit
00:45:35dans un écran
00:45:36narratif ultra politique,
00:45:38très social,
00:45:38etc.
00:45:39C'est fou
00:45:39qu'on n'ait pas
00:45:40cette vision-là,
00:45:41etc.
00:45:42Voilà,
00:45:43ça c'est en 2012
00:45:45et en 2019,
00:45:49c'est ça,
00:45:49coup de téléphone
00:45:50d'une production
00:45:51qui me dit
00:45:51bonjour,
00:45:52voilà,
00:45:52on va remonter
00:45:52Starmania
00:45:53et on aimerait
00:45:53que ce soit vous
00:45:54qui fassiez la mise
00:45:55en scène,
00:45:55est-ce que ça
00:45:55vous intéresserait ?
00:45:56Évidemment,
00:45:57oui,
00:45:58ça m'intéresse
00:45:58parce qu'il y a
00:45:59un défi à relever
00:46:00qui est celui
00:46:01de non pas
00:46:02remoderniser,
00:46:03elle n'a pas besoin
00:46:03de moi pour ça,
00:46:04mais de réinscrire
00:46:06Starmania
00:46:07dans son écran
00:46:08narratif,
00:46:09dans sa narration
00:46:10et pour ça,
00:46:11parce que je crois
00:46:12qu'elle est importante
00:46:13à écouter aujourd'hui,
00:46:13encore plus
00:46:14et donc ça part
00:46:16et on travaille
00:46:17avec Luc Plamondon
00:46:17sur le livret
00:46:18et il m'ouvre
00:46:19tous ses tiroirs,
00:46:20je refais mon lacet
00:46:20en même temps,
00:46:21il m'ouvre tous ses tiroirs,
00:46:23des archives incroyables,
00:46:25des morceaux
00:46:26qui ont disparu,
00:46:27des chansons
00:46:27qui sont passées
00:46:28d'un personnage
00:46:28à l'autre,
00:46:29je me dis
00:46:29c'est vraiment
00:46:30le bazar quand même
00:46:30mais en fait,
00:46:32pardon,
00:46:32je reviens sur Shakespeare
00:46:33parce que c'est
00:46:33carrément la même chose,
00:46:34la matière de Starmania
00:46:36comme Shakespeare,
00:46:37Shakespeare on ne sait pas
00:46:38très bien,
00:46:38on n'a pas de traces
00:46:39de ses textes,
00:46:40on n'a que
00:46:40des différentes éditions
00:46:41qui ne sont pas
00:46:42exactement les mêmes
00:46:42donc en fait,
00:46:43chaque édition
00:46:44remanie un peu
00:46:45toujours les pièces
00:46:46dans Roméo et Juliette,
00:46:47il y a des fois
00:46:48des scènes qui existent,
00:46:49des fois qui n'existent pas,
00:46:49enfin bref,
00:46:50Starmania c'est pareil en fait,
00:46:51la matière est tellement
00:46:52élastique qu'en réalité
00:46:54elle peut,
00:46:54avec quelques changements,
00:46:56non pas du texte,
00:46:57non pas de réécrire
00:46:58les chansons,
00:46:58mais quelques changements
00:46:59ou quelques choix
00:47:00tout simplement dramaturgiques
00:47:01de chansons
00:47:01ou d'ordre de chansons
00:47:03ou quoi,
00:47:03elle peut se fondre
00:47:04dans l'actualité.
00:47:06A mon avis ça,
00:47:06c'est les grandes œuvres,
00:47:07elles n'ont pas besoin
00:47:08qu'un metteur en scène
00:47:09dise,
00:47:09tiens on va la remonter
00:47:10de manière contemporaine
00:47:11et moderne
00:47:12en disant qu'en fait
00:47:13le monde de Starmania
00:47:14c'est le monde d'aujourd'hui
00:47:19c'est plus large que ça
00:47:20et ça Starmania et Shakespeare,
00:47:22enfin Luc Plamondon
00:47:22et Shakespeare
00:47:23D'accord donc
00:47:24c'est de là la volonté
00:47:25de justement
00:47:26la garder un peu
00:47:27dans son jus
00:47:28j'ai envie de dire
00:47:29absolument
00:47:30garder ce côté
00:47:30très années 80
00:47:32les blousons noirs
00:47:33et tout
00:47:33de ne pas la moderniser
00:47:35d'ailleurs le temps
00:47:36dans Starmania
00:47:37si on...
00:47:38là on parle
00:47:39entre connaisseurs
00:47:39oui oui bien sûr
00:47:41le temps dans Starmania
00:47:42il est assez rigolo
00:47:43parce qu'en réalité
00:47:44il n'y a pas de téléphone portable
00:47:45il n'y a pas internet
00:47:46mais pourtant ça se passe
00:47:47dans le futur
00:47:47en même temps
00:47:48il s'envoie des télégrammes
00:47:49bon
00:47:50en même temps
00:47:51elle a un pistolet à neutrons
00:47:53bon
00:47:54qu'est-ce que c'est que cette histoire
00:47:56ils sont déjà en train
00:47:57de coloniser Mars
00:47:59ou une station spatiale
00:48:00je ne sais quoi
00:48:00donc en fait
00:48:01c'est assez flou
00:48:02et puis
00:48:03si on commence à dire
00:48:04ouais en fait
00:48:04Starmania c'est vraiment
00:48:052022-2023
00:48:07en fait je ne fais que réduire
00:48:08je ne fais que réduire
00:48:09mais comme on le fait
00:48:10avec Shakespeare
00:48:10si on re...
00:48:12pourquoi pas
00:48:12mais on réduit le propos
00:48:13alors que moi
00:48:14j'ai proposé que
00:48:16on ne sait pas
00:48:16où ça se passe
00:48:17ça se passe à Monopolis
00:48:18mais voilà
00:48:19c'est une ville
00:48:20on ne sait pas quand ça se passe
00:48:22et on ne va pas aller chercher
00:48:23à vouloir être
00:48:24dans le futur
00:48:25pour que mon spectacle
00:48:26dans 4-5 ans
00:48:28soit cheap
00:48:28parce qu'en réalité
00:48:29ça va tellement vite
00:48:30que du coup ça vieillit mal
00:48:31et puis voilà
00:48:34en gros
00:48:34ok très bien
00:48:35et je me permets juste
00:48:36de dire un truc
00:48:37parce qu'en fait
00:48:37tu m'y as fait repenser
00:48:40avec toute la discussion
00:48:41qu'on a eue aussi ici
00:48:43notamment sur la question
00:48:44de se sentir représenté
00:48:46parce que dans Starmania
00:48:47il y a aussi tout ça
00:48:49et moi je te dirais
00:48:49de dire un truc
00:48:50que j'ai un peu raconté
00:48:50dans la vidéo
00:48:51mais on n'a pas tout mis
00:48:52moi justement
00:48:52j'ai joué Starmania
00:48:54gamin
00:48:54au centre social
00:48:56Foyerura
00:49:02et c'était un truc
00:49:03qu'on montait
00:49:04de spectacle
00:49:04un peu de fin d'année
00:49:05du centre social
00:49:06et je me rends compte
00:49:08à quel point
00:49:10le fait de monter ça
00:49:11et d'être confronté
00:49:12justement
00:49:13avec des animateurs
00:49:14qui nous disaient
00:49:16qui devaient nous expliquer
00:49:17en fait
00:49:18c'est quoi ce zéro janvier
00:49:19justement
00:49:19c'est quoi cette espèce
00:49:20de fasciste
00:49:21qui monte
00:49:22qui devait nous parler
00:49:23de ces problématiques là
00:49:23qui devait nous expliquer
00:49:24dire alors Ziggy
00:49:25voilà
00:49:25en fait lui
00:49:26il est amoureux des garçons
00:49:27et du coup
00:49:28la serveuse
00:49:29elle est amoureuse de lui
00:49:30mais du coup
00:49:31c'est une relation contrariée
00:49:32la chanson nous expliquait
00:49:33la chanson travesti
00:49:34ce genre de choses
00:49:35plein de sujets
00:49:35et en fait
00:49:36je trouve que c'est très important
00:49:37et parce que c'est de la représentation
00:49:39mais même aussi
00:49:39parce que ça te confronte
00:49:41aussi à de l'altérité
00:49:42absolument
00:49:42c'est à dire que
00:49:43même si toi
00:49:43tu n'es pas concerné
00:49:44et ça je pense que les gens
00:49:45peuvent s'en emparer aussi
00:49:47même si vous n'êtes pas concerné
00:49:49par la représentation
00:49:50qui est faite
00:49:50ça vous permet
00:49:51de vous confronter
00:49:52aussi à de l'altérité
00:49:53et ça aussi ça crée de l'unité
00:49:54et c'est l'autre face
00:49:55je trouve
00:49:57de cette chose là
00:49:58et c'est hyper important
00:49:58et moi je m'en suis rendu compte
00:50:00tard de la chance
00:50:00que j'avais eu
00:50:01d'avoir eu un centre social
00:50:03où on faisait monter aux gamins
00:50:04ça
00:50:05et où on apprenait des choses
00:50:05et où c'était de l'éducation populaire
00:50:07et où du coup
00:50:08on arrivait peut-être aussi
00:50:09à l'âge adulte
00:50:10avec un peu plus de connaissances
00:50:11sur nous-mêmes
00:50:11mais aussi sur nos camarades
00:50:13sur la vie qu'on allait connaître
00:50:15etc.
00:50:15voilà
00:50:15c'était juste un petit point
00:50:16non mais
00:50:17c'est super joli
00:50:19comme témoignage
00:50:21d'autant que
00:50:22et ça c'est une force aussi
00:50:23de Luc Plamondon
00:50:25par exemple
00:50:26sur l'homosexualité
00:50:28elle n'est jamais
00:50:29alors qu'on est dans les années 80
00:50:31donc on est plutôt sur
00:50:33d'un coup
00:50:33de la noirceur
00:50:34les années Sida
00:50:35etc.
00:50:36lui travaille sur une homosexualité
00:50:37très lumineuse
00:50:38avec Ziggy
00:50:39très solaire
00:50:40qui va ne poser de questions
00:50:41et de problèmes
00:50:42à personne
00:50:43sauf à Marie-Jeanne
00:50:44parce qu'elle l'aime
00:50:46et il ne peut pas l'aimer
00:50:47voilà
00:50:47de même
00:50:48Sadia
00:50:49qui est un personnage
00:50:50trans
00:50:51en tout cas
00:50:51qui se genre lui-même
00:50:54au féminin
00:50:57personne n'en parle
00:50:58et ça ne pose de questions
00:50:59à personne
00:51:00c'est là
00:51:01et c'est bien
00:51:02c'est
00:51:03voilà
00:51:03et donc
00:51:04ça c'est encore du futur
00:51:06dans Starmania par exemple
00:51:07tout n'est pas encore réalisé
00:51:10et je trouve que c'est beau
00:51:11qu'une oeuvre comme ça
00:51:12en fait en réalité
00:51:12elle va toucher
00:51:13un trait très large
00:51:14et public
00:51:14avec
00:51:15t'as raison
00:51:15des questions
00:51:16vous voyez tout à coup
00:51:18non mais des questions
00:51:19qui sont encore très actuelles
00:51:20et puis surtout
00:51:21qui sont profondes
00:51:22quoi
00:51:23je vous propose
00:51:24qu'on ait encore
00:51:25une ou deux questions
00:51:26et puis après on termine
00:51:27parce que même si
00:51:28on peut en parler
00:51:29toute la nuit
00:51:29oui oui
00:51:30juste peut-être
00:51:31une question
00:51:32très très concrète
00:51:33mais on parle
00:51:34depuis tout à l'heure
00:51:35de l'accès à la culture
00:51:36de ce que c'est
00:51:37qu'une culture populaire
00:51:39en fait
00:51:40j'ai fait une simulation
00:51:41j'ai essayé de prendre des places
00:51:43pour Starmania à Marseille
00:51:44donc c'est les prochaines dates
00:51:46j'ai regardé le prix des places
00:51:49première catégorie
00:51:50c'est entre 63 et 79 euros
00:51:54comment on réfléchit ça
00:51:57comment on s'adresse
00:51:58à un public le plus large possible
00:52:00quand les places
00:52:02sont à ce prix là
00:52:03alors là on est sur une économie privée
00:52:05voilà
00:52:05pour la première fois de ma vie
00:52:07voilà
00:52:07mais une économie privée
00:52:08là on n'a plus les subventions
00:52:09qui réduisent le prix du lié
00:52:10absolument
00:52:11alors là vous me posez la question
00:52:13qui est
00:52:15quoi chez l'un
00:52:16le privé
00:52:16ou l'autre le public
00:52:17le public est incapable
00:52:19de faire Starmania
00:52:20et de proposer
00:52:21à 1 300 000 spectateurs
00:52:23selon les chiffres d'aujourd'hui
00:52:25de présenter cette oeuvre
00:52:26dans toute la France
00:52:27la Suisse
00:52:27la Belgique
00:52:27le Canada
00:52:28c'est impossible
00:52:29on n'a pas la structure pour ça
00:52:30on n'a pas les moyens pour ça
00:52:31donc c'est le privé
00:52:33qui permet ça
00:52:34et ce qui du coup
00:52:35est la compensation
00:52:36de cette très très grande
00:52:38exposition
00:52:38enfin en tout cas
00:52:40tournée quoi
00:52:40c'est que c'est par le privé
00:52:42et que la place
00:52:43elle est à partir de 63
00:52:44mais ça peut descendre aussi
00:52:46et on voit très bien partout
00:52:47dans la salle
00:52:48jusqu'à 15, 10
00:52:50je ne sais pas trop bien
00:52:51les derniers tarifs
00:52:52c'est un peu comme à l'opéra
00:52:55en réalité à l'opéra
00:52:56les places sont chères
00:52:57mais elles devraient être
00:52:58beaucoup plus chères
00:53:00mais parce qu'il y a
00:53:02je ne sais pas
00:53:03combien de personnes
00:53:03travaillent à l'opéra
00:53:04il y a un orchestre
00:53:05de 100 personnes
00:53:05plus 50 figurants
00:53:07plus 10 chanteurs
00:53:08ça fait 160
00:53:08plus toute l'équipe technique
00:53:10ça fait aller 200
00:53:11240
00:53:11plus les conditions d'accueil
00:53:13enfin bref
00:53:13les gens d'accueil
00:53:14le ménage
00:53:14tout ça
00:53:15ça fait que voilà
00:53:16l'opéra ça coûte cher
00:53:17ça ne coûte que
00:53:18je dis bien ça
00:53:19que 150
00:53:21100 euros
00:53:22150 euros
00:53:23je ne sais pas exactement
00:53:23dans les carrés or en plus
00:53:25mais bon
00:53:26ça devrait coûter plus
00:53:29après on a un autre
00:53:31une autre façon
00:53:32de faire des spectacles
00:53:33qui sont dans des jauges
00:53:34plus petites
00:53:35et ça c'est plutôt
00:53:35le théâtre public
00:53:36qui crée autrement
00:53:38en laissant les spectacles
00:53:39moins longtemps
00:53:40malheureusement aussi
00:53:41et qui tourne aussi
00:53:42et ces deux systèmes
00:53:44je pense que
00:53:45de cette manière
00:53:46on peut se l'offrir
00:53:46comme un cadeau
00:53:49plus un peu unique
00:53:50quoi
00:53:50comme une expérience unique
00:53:51alors que le théâtre public
00:53:52on y va aussi
00:53:53de manière plus quotidienne
00:53:54c'était le jeu
00:53:55c'est le truc qui a accepté
00:53:56mais même quand je suis à l'opéra
00:53:57moi je suis là
00:53:57aïe aïe aïe
00:53:58est-ce qu'il y a des gens
00:53:59qui vont pouvoir venir
00:54:00mais il y a toujours
00:54:00des places pas chères
00:54:01des places de dernière minute
00:54:02les gens se revendent
00:54:03des trucs et ça
00:54:03bon on peut toujours
00:54:04se débrouiller
00:54:05mais c'est vrai que c'était
00:54:06c'est un prix conséquent
00:54:08et d'ailleurs le fait
00:54:08le fait qui fait que
00:54:09je pense que Starmania
00:54:10c'est de la culture populaire
00:54:11parce qu'en fait
00:54:12qui a vu Starmania sur scène
00:54:13des versions précédentes aussi
00:54:14en proportion des gens
00:54:15c'est aussi que c'est des chansons
00:54:16qui passaient à la radio
00:54:18que tu montais le spectacle
00:54:19dans les centres sociaux
00:54:19c'est Léonard de Dobla
00:54:20mais enfin voilà
00:54:21qu'on le connaît par ailleurs
00:54:22combien t'es place ?
00:54:23bah non c'était gratuit
00:54:24c'était gratuit
00:54:26culture pour tout
00:54:26bah en fait c'était du play-back
00:54:27et tout
00:54:28ah non il n'y avait pas la voix
00:54:29et tout
00:54:29non non non
00:54:30on ne voit les mieux pas
00:54:31tu ne peux pas me faire
00:54:33j'aurais voulu être un artiste
00:54:34il ne faut pas que je le fasse
00:54:35c'est terrible
00:54:36mais justement en fait
00:54:37c'est entré dans la culture populaire
00:54:39via ces biais là
00:54:40et moi je me demande
00:54:40si c'est peut-être pas aussi
00:54:41ça qui manque
00:54:42bon c'est un peu une de mes marottes
00:54:43mais de
00:54:44tu vois il n'y a pas de longs métrages
00:54:45Starmania ça m'en fout
00:54:46ça n'a jamais été fait
00:54:47les américains ils font des
00:54:48M.Kibillal y a réfléchi je crois
00:54:50c'est vrai ?
00:54:50ouais il y a un projet
00:54:51qui a été arrêté
00:54:53c'était M.Kibillal
00:54:54c'était bien
00:54:54oui en fait
00:54:55M.Kibillal
00:54:56mais bon
00:54:56mais bon
00:54:57oui oui d'accord
00:54:58mais en fait il faudrait
00:54:59mais parce qu'en fait
00:54:59il y a très très peu
00:55:00d'exemples de ça
00:55:01il faudrait peut-être
00:55:01qu'il y ait des CD
00:55:03des choses comme ça
00:55:04qui rendent aussi
00:55:04qui remettent dans le circuit
00:55:06un petit peu
00:55:07Starmania comme un truc populaire
00:55:08que moi en fait
00:55:09qui est un des mes trucs importants
00:55:10alors que je ne l'ai jamais vu
00:55:11sur scène
00:55:12sur scène aussi
00:55:13peut-être il y a un truc
00:55:13que Transmedia
00:55:14à faire
00:55:14le jeu vidéo Starmania
00:55:16peut-être
00:55:16je ne sais pas
00:55:17le RPG
00:55:17ou 0 janvier
00:55:18ne parvient pas
00:55:19à être le président de l'Occident
00:55:21par contre l'espoir
00:55:22tout le monde le sait
00:55:23en même temps
00:55:23et je faisais
00:55:25j'ai le temps pour
00:55:26la dernière
00:55:27justement
00:55:27c'était aussi 0 janvier
00:55:30et Kat dans le chat
00:55:33disait que
00:55:34ça résonnait aussi
00:55:35différemment
00:55:35après la législative
00:55:36nous on l'a vu
00:55:37après la législative
00:55:37Kat que je salue aussi
00:55:38qui est la productrice
00:55:40de l'émission
00:55:41et qui n'a pas pu venir
00:55:42te voir
00:55:42parce qu'elle était au théâtre
00:55:43ce qui est quand même
00:55:43d'une ironie
00:55:45tragique
00:55:45mais qui m'a aidé
00:55:45à préparer
00:55:48nous on a été voir
00:55:49après justement
00:55:50les législatives
00:55:51et ça avait un écho
00:55:54un petit peu particulier
00:55:55toi quand t'as monté
00:55:57le spectacle
00:55:58qu'est-ce que t'avais
00:55:59en tête
00:55:59vraiment de l'actualité
00:56:00de à quoi tu voulais
00:56:01quand même faire
00:56:02un petit peu ressembler
00:56:02parce que nous on était
00:56:03en mode 0 janvier
00:56:04on le voyait
00:56:04avec son col roulé
00:56:05ce truc
00:56:06on disait
00:56:06putain mais c'est bardé là
00:56:07vraiment
00:56:08ça va plus loin
00:56:08ça va plus loin que ça
00:56:09parce qu'on a retrouvé
00:56:11un extrait où Bardella arrive
00:56:14il salue les gens
00:56:15il disait merci à tous
00:56:15d'être venus malgré la pluie
00:56:16et tout ça
00:56:17et c'est une phrase
00:56:18de 0 janvier
00:56:19merci d'être venus
00:56:20malgré la pluie
00:56:23en fait c'est ce que j'ai expliqué
00:56:24tout à l'heure
00:56:24si on laisse la pièce ouverte
00:56:27la pièce l'oeuvre ouverte
00:56:29et qu'on ne vient pas
00:56:30nous lui infliger
00:56:31quoi que ce soit
00:56:31en termes de sens
00:56:32ou de signification
00:56:33plus précise
00:56:33vis-à-vis de l'actualité
00:56:34ou quoi
00:56:35alors l'actualité
00:56:36et le cerveau aussi
00:56:38des personnes qui regardent
00:56:39des spectateurs
00:56:40et spectatrices
00:56:40va se charger
00:56:41de l'insérer
00:56:43quand je montre
00:56:43St-Amanian
00:56:44j'ai commencé le travail
00:56:45en 2019
00:56:46donc le Covid arrive
00:56:48on arrête tout
00:56:48et on monte ça
00:56:50on relance en 2021
00:56:52rebelote
00:56:52on annule
00:56:53donc en fait
00:56:54si tu veux
00:56:54l'actualité
00:56:55elle patinait
00:56:56et c'était une actualité
00:56:57qui était Covid
00:56:58Covid
00:56:59et donc quand on
00:57:01le monte finalement
00:57:01en 2022
00:57:02et qu'on le sort
00:57:03depuis
00:57:04il y a eu par exemple
00:57:04vous savez
00:57:06sur les fluides
00:57:07l'eau etc
00:57:08toutes les économies
00:57:09qu'on devait faire
00:57:09sur le gaz
00:57:10il en parle
00:57:110 janvier
00:57:12ça s'est arrivé un an
00:57:13après la création
00:57:15dans certaines phrases
00:57:16qui viennent en fait
00:57:17faire tilt
00:57:18tout à coup
00:57:18parce que
00:57:19dans la presse
00:57:20enfin dans l'actualité
00:57:21quelqu'un
00:57:22ou quelqu'une
00:57:22a dit quelque chose
00:57:23et Starmania
00:57:25intègre ça
00:57:25comme une éponge
00:57:26mais c'est parce que
00:57:27je la laisse ouverte
00:57:29sinon
00:57:29Bardella n'est pas
00:57:30dans Starmania
00:57:30non
00:57:32la coupe de cheveux
00:57:33qu'on a fait
00:57:34à 0 janvier
00:57:34qui est une coupe
00:57:35en réalité de Z
00:57:35parce qu'on se regarde bien
00:57:36en fait
00:57:37si ça fait un Z
00:57:37comme ça
00:57:38avec ses cheveux
00:57:38c'est tout
00:57:40ben en réalité
00:57:40c'est pas très loin
00:57:41la coupe de
00:57:42J'en ai de Bardella
00:57:43et on a retrouvé
00:57:44un extrait
00:57:44de je ne sais plus
00:57:45quelle version
00:57:45qui a été capté
00:57:46où il est introduit
00:57:47par un des personnages
00:57:48en disant
00:57:49ça va Bardella
00:57:49ça va Bardella
00:57:50et ce qui est
00:57:50une très drôle coïncidence
00:57:51ça m'a beaucoup fait rire
00:57:52ça va Bardella
00:57:54et bien merci beaucoup
00:57:55merci
00:57:56c'était chouette
00:57:57d'être ici
00:57:58ce fauteuil est super
00:57:59très longtemps
00:57:59oui alors c'est pas de mon fait
00:58:01c'est la régie
00:58:02qui a travaillé
00:58:02à ce magnifique
00:58:03ah bravo la régie
00:58:04mais il y a le même en vert
00:58:05il est beau
00:58:06ça c'est pour Marine Tourneulier
00:58:07du coup
00:58:08et ça c'est pour les féministes
00:58:09c'est parfait
00:58:11juste on va se quitter
00:58:12avec une petite recommandation
00:58:14je ne sais pas
00:58:14si on vous avait donné
00:58:17le mot ou pas
00:58:18donc du coup
00:58:19ce que je vais faire
00:58:19c'est que je vais d'abord
00:58:20passer la parole
00:58:20à mes camarades
00:58:21comme ça ça me laisse le temps
00:58:22de réfléchir
00:58:24Sophie
00:58:24quelle est ta petite
00:58:25recommandation à toi
00:58:26alors moi je suis allée
00:58:27au théâtre
00:58:29Thomas Jolie
00:58:30est-ce que
00:58:31est-ce que tu connais
00:58:33Corinne
00:58:34Patachetouille
00:58:34Brenda Moore
00:58:36non
00:58:36Madame Arthur
00:58:37ah si c'est Madame Arthur
00:58:38le cabaret Madame Arthur
00:58:39alors les artistes
00:58:40de drague
00:58:41de Madame Arthur
00:58:42sont au théâtre
00:58:42du rond-point
00:58:43jusqu'au 28 décembre
00:58:46et ils
00:58:47elles rendent
00:58:48hommage
00:58:49à Bachung
00:58:50et ce spectacle
00:58:51est vraiment
00:58:52un petit bijou
00:58:54à grand renfort
00:58:55de strass
00:58:56paillettes
00:58:57et même
00:58:57string
00:58:58boule à facette
00:58:59elles osent tout
00:59:00elles chantent
00:59:02toutes les chansons
00:59:03accompagnées par
00:59:04le Rainbow
00:59:04Symphonie Orchestra
00:59:06et la pianiste
00:59:07la pianiste
00:59:08Cosme Macmoon
00:59:09en alternance
00:59:10avec Charlie Vaudou
00:59:12voilà c'est un vrai spectacle
00:59:13de cabaret
00:59:14avec des adresses
00:59:15au public
00:59:15avec une mini revue
00:59:17de presse au milieu
00:59:18avec même
00:59:19un circassien
00:59:20qui fait un époustouflant
00:59:21numéro de sangle
00:59:23aérienne
00:59:23vraiment
00:59:24courésie
00:59:25en talons hauts
00:59:25de préférence
00:59:26très bien
00:59:27merci Sophie
00:59:27Bolchegui
00:59:28ta petite repos
00:59:28pareil j'ai un peu
00:59:29les images
00:59:30moi j'ai une recommandation
00:59:31d'un dessin animé
00:59:32cette fois-ci
00:59:33qui s'appelle
00:59:33le Collège Noir
00:59:34qui est adapté d'une BD
00:59:35c'est sur France Télé
00:59:36vous pouvez le voir
00:59:36c'est gratuitement
00:59:37évidemment c'est un dessin animé
00:59:38plutôt public
00:59:39jeunesse
00:59:40c'est sur des collégiens
00:59:41c'est un peu à la
00:59:42voilà des petits collégiens
00:59:43qui vont vivre des aventures
00:59:44dans la forêt
00:59:45ça utilise le folklore
00:59:46d'Auvergne
00:59:47et moi je suis un très très
00:59:48grand défenseur
00:59:49de on fait pas assez de trucs
00:59:50et je suis content
00:59:51que tu l'aies dit
00:59:51avec le folklore
00:59:53le folklore français
00:59:54mais d'ailleurs
00:59:54de toutes les régions
00:59:55et la culture populaire
00:59:56française
00:59:57ça ils le font
00:59:58c'est très très bien fait
00:59:59c'est produit par le service public
01:00:00donc encore un truc
01:00:01que je trouve
01:00:02je trouve ça très très bien
01:00:03que le service public
01:00:04produise ces choses là
01:00:05et chose folle
01:00:06pour les animateurs
01:00:07d'animation
01:00:07c'est le même studio
01:00:08qui s'appelle La Cachette
01:00:09je crois
01:00:10peut-être je dis une bêtise
01:00:11mais c'est qu'il y a un studio français
01:00:12et qui est le même
01:00:13qui a fait la série animée
01:00:14Primal
01:00:14que vous pouvez voir
01:00:15je crois sur Netflix
01:00:16je suis plus haut
01:00:16et qui est de Tartakovsky
01:00:18et qui est un des grands
01:00:21darons de l'animation
01:00:23pour adultes
01:00:25américaine
01:00:25et en fait c'est le même
01:00:26j'ai découvert avec joie
01:00:28que c'est le même studio
01:00:29qui a fait Primal
01:00:30qui est un des meilleurs dessins animés
01:00:31que j'ai vu récemment
01:00:32pour adultes
01:00:32qui est vraiment génialissime
01:00:34et c'est un studio français
01:00:36qui fait aussi
01:00:36sur le service public
01:00:37des choses qui utilisent
01:00:39la culture française
01:00:40donc je les salue au passage
01:00:41je trouve que c'est vraiment
01:00:43des initiatives rêvées
01:00:44en ce qui me concerne
01:00:45Très bien
01:00:45merci Bolchekik
01:00:46alors moi
01:00:46comme la dernière fois
01:00:47je vous avais conseillé
01:00:48de regarder l'Euro de Handball
01:00:50et bien
01:00:51elles ont fini 4ème
01:00:52les françaises
01:00:52j'étais très triste
01:00:53qu'elles perdent
01:00:54non seulement la demi-finale
01:00:55mais la place
01:00:55aussi pour la place
01:00:56de bronze
01:00:57non c'est pas de ma foi
01:00:58j'avais été à Lille
01:01:00pour les voir en finale
01:01:02et j'espérais vraiment
01:01:02qu'elles gagnent
01:01:03contre la Norvège
01:01:03aux Jeux Olympiques
01:01:04mais ça n'a pas marché
01:01:05mais je leur souhaite
01:01:06tout le meilleur
01:01:07aux joueuses de Sébastien Gardiou
01:01:08mais j'aimerais vous recommander
01:01:09le film sur Netflix
01:01:12C'est à Cabo
01:01:13la lutte des footballeuses espagnoles
01:01:16contre le sexisme
01:01:17et sur l'ensemble
01:01:18de leurs combats
01:01:19franchement
01:01:19regardez absolument
01:01:20ce documentaire
01:01:21vraiment
01:01:22parce qu'il est extrêmement
01:01:23édifiant
01:01:24sur tout ce qui est mis en place
01:01:26au sein de la fédération
01:01:27et de manière plus générale
01:01:27dans le milieu du sport
01:01:28pour écraser ces dames
01:01:30particulièrement les footballeuses
01:01:31et ce qui est magnifique
01:01:32dans le documentaire Netflix
01:01:34c'est que notamment
01:01:34on les voit combattantes
01:01:35on les voit avoir une pensée
01:01:37extrêmement politique
01:01:38mais qu'à travers les images
01:01:40et bien
01:01:40ils redonnent vie
01:01:41à leur parcours
01:01:42à toute leur victoire
01:01:43en Coupe du Monde
01:01:44Luis Rubiales
01:01:46qui a embrassé
01:01:47Jenny Hermoso
01:01:48le soir de la finale
01:01:49en Mondovision
01:01:50montrant qu'une agression sexuelle
01:01:51ça pouvait arriver à tout moment
01:01:52et bien
01:01:52ce documentaire là
01:01:54il rend vraiment justice
01:01:55aux footballeuses
01:01:56donc allez
01:01:57regardez-le
01:01:57absolument
01:01:58là vous avez deux semaines
01:01:59pendant les vacances
01:01:59regardez ce documentaire
01:02:00je suis ébloui
01:02:01il n'y a même pas de prompteur
01:02:02et non
01:02:03après cette
01:02:04je suis ébloui
01:02:06vraiment
01:02:06et tu vas tomber
01:02:07alors
01:02:09rapidement là
01:02:10je suis président
01:02:11d'un festival
01:02:11sur la jeune création
01:02:12le festival Impatience
01:02:13il reste demain
01:02:14il y a encore deux spectacles
01:02:16qui se jouent
01:02:17et demain
01:02:18on va remettre le prix
01:02:18mais il reste encore
01:02:20deux spectacles
01:02:21qui se jouent demain
01:02:21au 104
01:02:22et au Plateau Sauvage
01:02:23voilà
01:02:24il faut soutenir la jeune création
01:02:25je veux dire d'autres trucs
01:02:26il y a un jeu vidéo
01:02:27qui s'appelle
01:02:28Chance of Scenar
01:02:29c'est trop bien
01:02:30bah oui c'est trop bien
01:02:32studio français
01:02:34où en gros
01:02:35tu joues un graphiquement magnifique
01:02:36où tu joues un personnage
01:02:37qui arrive dans une tour
01:02:38où il y a plusieurs étages
01:02:40et il ne contenaient pas
01:02:41les langues
01:02:42qui sont parlées
01:02:43dans ces étages
01:02:43et il doit faire
01:02:44voilà
01:02:45trouver comment traduire
01:02:46comment se comprendre
01:02:47et au fur et à mesure
01:02:48comment les peuples
01:02:49se mettent à re-communiquer
01:02:50les uns avec les autres
01:02:51parce qu'ils se comprennent
01:02:52très très très beau jeu
01:02:54et puis je ne peux pas
01:02:55ne pas parler
01:02:56de l'exposition
01:02:57au musée de la chasse
01:02:57dédié du bien
01:02:59extraordinaire artiste
01:03:01peintre
01:03:01dessinateur
01:03:02sculpteur
01:03:03qui fait un travail
01:03:05sublime
01:03:05sur l'enfance
01:03:07et le rapport
01:03:08à la nature
01:03:09aux animaux
01:03:10c'est bouleversant
01:03:12à la fois grotesque
01:03:13et tragique
01:03:14ça parle
01:03:15d'être soi
01:03:17comment la nature
01:03:18elle a compris
01:03:19qui elle était
01:03:19que nous autres
01:03:20pauvres airs
01:03:21humains et humaines
01:03:22que nous sommes
01:03:23on est un peu
01:03:24emberlificotés
01:03:25dans beaucoup de choses
01:03:25et qu'elles nous aident
01:03:26enfin voilà
01:03:26c'est magnifique
01:03:27le musée de la chasse
01:03:27qui fait souvent
01:03:28des expositions étonnantes
01:03:29on a l'impression
01:03:29que c'est un vieux grimoire
01:03:30on se dit
01:03:31on va avoir des têtes
01:03:32de sanglier
01:03:32avec des corps
01:03:33exactement
01:03:34et en fait régulièrement
01:03:35ils font des choses
01:03:35très intéressantes
01:03:36il y a aussi un très
01:03:36balon blanc
01:03:37c'est vrai
01:03:38au musée de la chasse
01:03:39ben voilà
01:03:39merci beaucoup
01:03:41Thomas d'avoir été
01:03:42avec nous
01:03:42je vous invite
01:03:43à quitter le plateau
01:03:44tous les trois
01:03:44on va clore
01:03:45avec mon coprésentateur
01:03:48préféré
01:03:49tu