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  • il y a 17 heures
Pour la première de cette chronique Agit Pop, on se devait de parler du grand succès cinéma du moment, LE nouveau blockbuster français déjà culte… Et NON, LE phénomène cinéma de 2025 n’est pas Kaamelott Deuxième volet partie 1 alinéa 8, mais bien Sacré-Coeur. (En tout cas, si on en croit les médias du groupe Bolloré.)

La chronique culture de Benjamin Benjamin Patinaud et Kath_LaPetiteVoix.

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Transcription
00:01Pour la première de cette nouvelle chronique, on se doit de parler du grand succès cinéma du moment,
00:07le nouveau blockbuster français déjà culte, c'est le cas de le dire.
00:13Et bien figurez-vous que non, le phénomène cinéma de 2025 n'est pas Kaamelott, deuxième volet, partie 1, alinéa
00:198,
00:19mais sacré cœur, en tout cas, si on en croit les médias du groupe Bolloré.
00:24Il faut dire que ce n'est pas faux, parce que le film dépasse actuellement 250 000 entrées cumulées,
00:30ce qui est effectivement deux fois moins que le nouveau Kaamelott juste sur sa première semaine en salle,
00:35mais en fait c'est vraiment beaucoup pour un film de cette envergure-là, qui est nettement moins distribué.
00:41Donc ce qui est intéressant, c'est qu'après une grande médiatisation d'ailleurs,
00:45on a vu qu'il a fait plus d'entrées en salle sur sa deuxième semaine de sortie,
00:48qu'il a augmenté même le nombre de salles qu'il diffusait, ce qui est un signe de succès inattendu.
00:52Et pour comprendre ce phénomène, ce qui va nous intéresser, ce n'est pas tant le contenu du film en
00:56fait.
00:56Oui, parce qu'on n'est pas tellement le public cible, clairement.
00:59Oui, enfin surtout parce que ce n'est pas vraiment le sujet.
01:01Ce qui va nous intéresser, c'est surtout ce qui se passe médiatiquement autour du film en fait,
01:05et sa place dans l'industrie du cinéma et dans le paysage culturel.
01:09Bon, on ne va peut-être pas expliquer ce qu'est Sacré-Cœur, j'imagine que tout le monde l
01:12'a vu.
01:13Là, on trouve le chat aussi, j'imagine que...
01:15Non, c'est que deux canards, j'attends le deux moi.
01:18On voit qu'on n'est pas sur un plateau européen, mais du coup, vas-y.
01:21Oui, ben voilà quoi.
01:22C'est un film, Sacré-Cœur, c'est un film de fiction documentaire
01:26qui raconte l'amour pour Jésus de Sainte Marguerite Marie,
01:29une religieuse bien réelle du XVIIe siècle, et donc Jésus qui lui envoyait des visions.
01:34Quand je dis bien réelle et documentaire, on va mettre des guillemets de boomer comme ça,
01:39parce qu'il ne faut vraiment pas s'attendre à un film historique non plus.
01:42Tout le monde est d'accord, et y compris le producteur du film,
01:45pour dire qu'il s'agit en fait surtout d'une ode à la foi chrétienne,
01:48ce qui a posé d'ailleurs des problèmes de diffusion et de promotion du film,
01:53du fait de sa dimension qui est ouvertement prosélite.
01:56D'aucun dirait de la censure même, car en effet, le film a fait parler de lui avant tout,
02:00à travers des polémiques.
02:01Sa campagne d'affichage a été refusée par la régie publicitaire de la SNCF et de la RATP,
02:06au motif de son caractère confessionnel et prosélite, incompatible avec le principe de neutralité du service public.
02:12Il a également été déprogrammé de salles municipales, comme à Marseille,
02:16où la justice vient de trancher en faveur de sa reprogrammation,
02:19ce qui a entraîné, je cite, un « mea culpa maxima » du réalisateur,
02:23qui avait vivement réagi en appelant carrément à la révolte.
02:27Et oui. Et là-dessus, c'est vraiment là-dessus qu'ont embrayé,
02:30mais alors l'intégralité des médias de la sphère Bolloré,
02:33toujours fervent, partisans de la liberté d'expression.
02:36Sauf quand il s'agit de journalistes et d'humoristes avirés parce qu'ils ne pensent pas comme eux.
02:41Et de la laïcité.
02:42Mais uniquement quand il s'agit des musulmans.
02:44À un moment donné, il faut arrêter ce délire laïciste, effectivement,
02:49qui sous-tend une sorte de christiano-mépris, moi je ne dirais pas christianophobie,
02:53parce que les chrétiens ne font peur à personne,
02:57mais c'est un mépris, un effacement.
03:00Le christiano-mépris.
03:01Oui, moi je dis toujours christiano-mépris,
03:03parce que je trouve que christianophobie, ça n'a pas de sens.
03:07Oui, alors du coup, le réalisateur Stephen Gunnels en est plein,
03:11par exemple, sur Europe 1, évidemment.
03:13Et donc, je le cite, « On nous dit, non, c'est trop prosélite.
03:17Donc, la nonne, l'exorciste conjuring, oui, mais Jésus, non. »
03:22Alors du coup, Stephen, ok ?
03:24Sauf que, en fait, tous les films que tu viens de citer,
03:27ils ne font pas du prosélytisme, en fait.
03:30Ou alors, il faut me dire où, quoi.
03:32Mais surtout, je ne sais pas, à tout hasard et par curiosité,
03:34est-ce que vous sauriez me dire qui a financé le film
03:37à hauteur de quand même à peu près 350 millions d'euros ?
03:401 000 euros, je m'emballe, ça y est, je m'emballe.
03:44350 000 euros, Obama, qui est un tiers du budget.
03:47Non, ne nous dit pas ce terrain.
03:48Et non.
03:49L'humain, vous êtes toujours sur ce terrain.
03:50C'est vrai que c'est un peu votre obsession ?
03:52Une petite obsession.
03:53Alors que nous, on ramène quand même un nouveau joueur
03:56dont on n'entend pas beaucoup parler,
03:57puisque c'est Canal+, et oui, le groupe de Vincent Bolloré.
04:01Voilà.
04:02Et qui aurait pu prédire que c'était Bolloré ?
04:04Toujours est-il que ces polémiques et leur médiatisation,
04:07ça va engendrer un effet strézanne
04:09qui va contribuer, évidemment, à propulser le film.
04:11Et si vous vous souvenez bien,
04:13il y a deux ans, on avait eu un précédent.
04:23Et oui, Vaincre ou Mourir, c'était ce film à la gloire
04:25d'un général royaliste vendéen pendant la Révolution française,
04:28produit par une société du nom de
04:30Puy du Fou Film.
04:32Ce n'est pas une blague, c'est vraiment comme ça.
04:34C'est le...
04:47Le film avait déjà été brandi comme un étendard
04:50par des médias très très à droite,
04:52l'opposant à un cinéma français
04:54n'allant pas assez dans leur sens idéologique.
04:56Mais Vaincre ou Mourir a d'autres points communs
04:59avec Sacré-Cœur.
05:00Ils ont fait un nombre d'entrées qui est à peu près similaire,
05:03poussé par à peu près les mêmes sphères, en fait.
05:06C'est également produit par Studio Canal
05:08et distribué par Sage Distribution,
05:10donc la société derrière Sacré-Cœur.
05:12Une société qui est entièrement consacrée
05:14à la distribution de films promouvant la foi chrétienne,
05:18fondée par un homme dont on va reparler.
05:20Juste le temps, le tchat, de vous laisser deviner
05:22s'il a un nom à particules.
05:25Alors, qu'on soit bien clair et là, très sérieusement,
05:28qu'il y ait des films ouvertement catholiques
05:29qui célèbrent la foi catholique,
05:31ça n'est pas interdit déjà, encore heureux,
05:33et c'est même pas condamnable, évidemment.
05:35Ce qui interroge ici, en réalité,
05:37c'est ce qui se cache derrière cette production
05:38et la campagne autour.
05:40Sacré-Cœur et Vaincre ou Mourir
05:42ont d'ailleurs un autre point commun.
05:44Il s'agit dans les deux cas de docu-fiction.
05:46Oui, enfin, on s'en sent un peu de ça, non ?
05:47Non, en fait, c'est pas si anodin que ça.
05:50Attendez, on va faire un peu les nerds de cinéma.
05:52C'est pas du tout anodin.
05:53Et pour ça, en fait, il faut le resituer un petit peu
05:55dans ce que c'est dans l'industrie.
05:56Un docu-fiction, c'est quoi ?
05:58En fait, c'est ces films documentaires,
06:00vous savez, où il y a des parties fiction
06:02qui sont censées mettre en scène
06:04les choses dont le documentaire parle.
06:06Et un des plus connus,
06:07alors je sais pas, ça dépend peut-être des générations,
06:08mais pour la mienne, c'était l'Odyssée de l'espèce.
06:11Donc c'est vraiment ce genre de film-là.
06:13Il y en a peut-être qui s'en rappellent ici.
06:15Et faut pas imaginer que nos deux jolis succès,
06:17là, en salle,
06:18ce soient des grandes fresques historiques,
06:21épiques, à grands moyens,
06:23qui ont emporté les foules par leur ampleur.
06:25On est très, très loin de ce genre de film.
06:27Vaincre ou Mourir, typiquement,
06:28c'est à la base un projet de docu-fiction
06:31dont les parties fiction ont été un petit peu boostées
06:34pour l'approcher d'un long-métrage dit de cinéma.
06:36Alors, c'est pas un problème, mais ce format,
06:39c'est un format fait traditionnellement pour la télé,
06:41avec des moyens beaucoup, beaucoup plus faibles
06:44qu'un long-métrage de fiction, disons, historique,
06:46en costume, comme ça,
06:47ni même que beaucoup de documentaires de cinéma,
06:49mais qui, là, ont été diffusés dans le circuit des salles.
06:52Alors, je veux pas rentrer plus dans les détails chiants,
06:55mais comme l'ont fait remarquer pas mal de critiques ciné,
06:58Vaincre ou Mourir n'a même pas un mixage son
07:00adapté à une salle de ciné.
07:03Encore une fois, ça n'est pas un problème en soi,
07:05on soutient les petits films et tout, il n'y a pas de soucis,
07:07mais tout le storytelling autour du fait
07:09qu'ils avaient peu de ça, la cause de la censure,
07:12parce qu'on voulait faire taire, en fait,
07:14non, pour ce genre de film,
07:15c'est déjà une anomalie qu'ils en aient eu autant.
07:18Et là, on comprend un truc qui est important
07:20sur tout l'engouement qu'il y a eu autour de Sacré-Cœur.
07:23En fait, c'est pas vraiment un film qui fonctionne
07:25en touchant du grand public,
07:27un public qui serait généraliste
07:28et indépendamment de son aspect religieux.
07:30C'est un film qui est fait et promu
07:33pour surmobiliser un public qui est spécifique,
07:36un public qui est très religieux
07:37et qui est très polarisé politiquement.
07:40Et pour ce public-là, ça devient un acte de foi
07:42d'aller voir le film et même un acte militant
07:44d'aller le voir en salle,
07:45parce qu'à ce moment-là, ils ont l'impression
07:47qu'ils bravent une injuste censure.
07:49En gros, le succès de Sacré-Cœur,
07:51c'est pas tant que beaucoup de gens dans le grand public
07:53vont le voir, c'est que dans son cœur de cible,
07:56tout le monde va le voir.
07:58Et ce fonctionnement, on le connaît depuis longtemps,
08:00mais pas particulièrement en France.
08:02Bah oui, parce qu'aux Etats-Unis,
08:03où les milieux chrétiens,
08:05et tout spécialement les milieux évangélistes,
08:07ils sont puissants, nombreux, très conservateurs,
08:09il existe déjà toute une industrie
08:11qui fonctionne comme ça.
08:12Un des distributeurs les plus connus,
08:14c'est Purflix,
08:14qui se présente globalement comme le Netflix religieux.
08:18Alors, c'est beaucoup des films de Noël,
08:19des comédies romantiques, etc.
08:21Toujours est-il que c'est toujours des films
08:22pour célébrer la foi
08:24et mettre en avant des valeurs qui sont conservatrices,
08:26mais qui pour autant sont présentées
08:27comme attaquées de toutes parts.
08:46Alors voilà, c'est très bien.
08:47Ça m'a dit trop bien, ça m'a dit trop envie de le voir.
08:50Alors, un des Purflix,
08:52si vous ne connaissez pas,
08:53un des plus connus,
08:53qui est vraiment culte,
08:54y compris pour les gens qui regardent ça un petit peu,
08:57on va dire, en 8-watch,
08:59c'est God is not dead,
09:00un film où le héros va s'opposer
09:03à un horrible prof de philo athée
09:05joué par Kevin Sorbo.
09:06Est-ce que quelqu'un ici sait qui est ?
09:08Kevin Sorbo, il n'y a vraiment que moi qui suis vieux.
09:15Kevin Sorbo qui était connu
09:17pour avoir incarné Hercule
09:18dans la série télé,
09:19vous voyez Hercule, Xena.
09:20Oh là, quel âge tu as ?
09:24Et Kevin Sorbo qui est connu depuis
09:27aussi pour être un énorme réactionnaire
09:29et souvent on retrouve comme ça
09:31dans ses productions
09:31les mêmes acteurs un peu ringards,
09:34du genre Dean Cain qui jouait...
09:36Superman.
09:36Ah, merci !
09:38Qui jouait Superman !
09:39Loïc Clark, c'est ça ?
09:40Loïc Clark, dans la série Loïc Clark
09:42qui est donc effectivement
09:43pas un acteur hyper bankable maintenant
09:45et qui a quand même fait récemment parler de lui
09:47en rejoignant l'ICE,
09:49la police de l'immigration
09:50qui mène des rafles partout
09:51sous les ordres de Trump.
09:53Et oui, c'est vrai.
09:56Et God is not dead, en France,
09:57c'est distribué par Sage Distribution.
10:00Et oui.
10:01Pure Flix, c'est aussi des documentaires
10:02comme Unplanned, souvenez-vous,
10:04ce docu anti-avortement,
10:06diffusé sur C8
10:07juste avant que la chaîne ne cesse d'émettre.
10:10Et alors, les amateurs et amatrices
10:12de films de Noël,
10:138-watch ou pas,
10:15connaissent probablement plus
10:16les productions Allmark
10:17qui inondent les plateformes
10:19à cette période de l'année
10:20ou vers la Saint-Valentin.
10:21Bref, tous les moments de l'année
10:22où on nous place
10:24sous le signe de la famille,
10:25de l'amour, etc.
10:27Et bien, Allmark,
10:28c'est également un rebranding
10:29de chaînes autrefois ouvertement chrétiennes
10:32comme notamment
10:32The Faith and Values Channel.
10:35Allmark qui, par exemple,
10:36a retiré des pubs
10:37montrant des couples homosexuels.
10:39Car, j'imagine,
10:40ça, ce n'est pas de l'amour,
10:41ce n'est pas la famille
10:42et ce n'est surtout pas
10:42de la censure.
10:44Voilà.
10:45En tout cas,
10:45les films Allmark,
10:46mine de rien,
10:46vous les voyez beaucoup,
10:47vraiment partout,
10:48sur les plateformes,
10:49et notamment TF1.
10:51Puisque c'est la plupart des films
10:52que vous pourrez retrouver
10:52sur la plateforme Ripley TF1.
10:54Alors, d'accord,
10:55on n'est pas sur des grands
10:56chefs-d'oeuvre du cinéma,
10:57on est d'accord,
10:58mais mine de rien,
10:58c'est quand même des productions
10:59qui sont grand public.
11:00T'es là,
11:01tu regardes ton petit film de Noël,
11:02t'es cosy sous ton plaid,
11:04avec probablement une actrice
11:05ou un acteur de ta jeunesse,
11:06et là, paf,
11:07on t'explique que Noël est en danger
11:09parce que le gouvernement woke
11:10veut interdire Jésus.
11:12C'est un délire, quand même.
11:13Dans un autre genre,
11:14un peu moins centré sur la religion,
11:15on a aussi, aux Etats-Unis,
11:16toujours toute la sphère
11:17autour du Daily Wire,
11:18un média d'extrême droite états-unien,
11:20donc,
11:20qui essaie de produire
11:21ses propres films,
11:22ses propres comédies,
11:24ses propres dessins animés
11:25à but ouvertement propagandiste,
11:27en mobilisant une base réactionnaire radicalisée
11:29qui représente aussi
11:29un segment de marché
11:31très, très rentable.
11:32Ce qui est marrant, quand même,
11:33vu que c'est les mêmes
11:34qui se plaignent
11:35que les films sont devenus
11:35trop politisés,
11:37trop woke
11:37pour suivre un agenda politique.
11:39Bref,
11:39c'est ouvertement
11:40ce modèle de face-based movie,
11:42donc les films basés sur la foi,
11:44dont s'inspire le fondateur
11:45de Sage Distribution,
11:47le très pieux Hubert de Torcy,
11:49et oui,
11:50qui aurait pu deviner,
11:50il avait une particule,
11:52membre de la communauté
11:53de l'Emmanuel,
11:54groupe religieux
11:54qu'on a vu très actif au moment,
11:56par exemple,
11:57de la Manif pour tous,
11:58et que sa fiche Babelio
11:59décrit comme passionnée
12:01par l'évangélisation
12:02à travers les médias.
12:04Eh oui.
12:04Alors,
12:05est-ce que vous connaissiez tout ça ?
12:06Ou est-ce que...
12:07Ah non,
12:07pas du tout.
12:08Non, non, non, non.
12:08Évidemment.
12:09En tout cas,
12:09je suis sûre que vous connaissez
12:10au moins de nom
12:13le maître étalon
12:14de ce genre de phénomène.
12:35Pour le chat,
12:36c'est le rebrand e-cinéma.
12:38C'est vraiment un film de 2004.
12:40J'anticipe potentiellement
12:42les questions du chat.
12:42C'est-à-dire qu'il a été remasterisé.
12:44Oui, oui, oui.
12:44Bah oui, évidemment.
12:45Quel film important.
12:46Et donc,
12:47ce film-là,
12:48si vous voulez vraiment connaître
12:49toute l'histoire,
12:49je disais,
12:50il y a Cinéma et Politique
12:51qui a fait une vidéo
12:52qui résume vraiment très bien
12:53tout ce qui se passe
12:54autour de ce film-là.
12:55Mais en tout cas,
12:56en gros,
12:57le phénomène
12:58de la passion du Christ,
12:59ça a été poussé
12:59dans le monde entier
13:00par les polémiques
13:01et la mobilisation
13:03des évangélistes
13:04et globalement
13:04des groupes chrétiens
13:05dans le monde.
13:06Alors là,
13:07en plus,
13:07on n'était pas
13:07sur un docu-fiction
13:08à petit budget
13:10réalisé par un ancien
13:11chanteur de boys band
13:12parce que oui,
13:13Sacré-Cœur,
13:13les réalisateurs,
13:14c'est un ancien d'Alliage,
13:16le groupe Alliage.
13:17C'est incroyable.
13:18C'est très générationnel.
13:20C'est vraiment,
13:21je ne sais pas pourquoi.
13:22C'est notre génération,
13:22c'est ma génération
13:23qui est tout niquée.
13:24Bah, Alliage, là.
13:25Et aussi sa femme,
13:26quand même,
13:26on va citer en co-réalisatrice.
13:29Donc là, non,
13:30sur la passion du Christ,
13:30on était sur un bon gros
13:32long-métrage de fiction
13:33par un acteur réalisateur
13:34d'Hollywood,
13:35alors certes sulfureux,
13:36mais quand même reconnu,
13:37Mel Gibson,
13:38et avec des moyens
13:39et une production cinéma,
13:40voilà,
13:41un petit peu d'ampleur.
13:43Et d'ailleurs,
13:43l'acteur qui incarnait Jésus,
13:45Jim Caviezel,
13:46peut-être ça vous a échappé aussi,
13:48il a récemment refait parler de lui
13:49pour Sound of Freedom,
13:51un film phénomène
13:53où un homme lutte
13:54contre l'establishment
13:55pour démanteler
13:56un réseau de trafic d'enfants
13:58présenté comme une histoire vraie,
14:00jusque-là,
14:01pitch de film d'action
14:02relativement classique,
14:03mais dont le succès
14:04était porté par un discours
14:06un petit peu de
14:07c'est le film interdit,
14:09qu'ils ne veulent pas
14:09que vous voyez,
14:10et une surmobilisation
14:12de sphères complotistes,
14:13notamment proches de QAnon.
14:15Et qui a été distribué
14:16en France par...
14:17Sage.
14:18Sage Distribution.
14:19Sage Distribution.
14:20Tout est lié.
14:21On a suivi, on a suivi.
14:23En même temps, il y a deux acteurs.
14:26Voilà, c'est bon,
14:27Bolloré, Sage, c'est bon.
14:29Pour conclure,
14:30si on vous dit tout ça,
14:30c'est qu'on pourrait en réalité
14:32s'en foutre un peu
14:33du succès de Sacré Coeur.
14:34Après tout,
14:35les gens vont voir
14:35ce qu'ils veulent,
14:36et ça se trouve,
14:37c'est même très bien,
14:37il n'y a pas de souci.
14:39Et en plus,
14:40là, on voit bien
14:40qu'on est très loin
14:41d'une sphère réactionnaire,
14:42en tout cas en France,
14:43qui serait capable
14:44de produire
14:45et de promouvoir
14:46des grands films
14:47qui porteraient leur propagande
14:48auprès d'un grand public généraliste.
14:50On aura une pensée émue
14:51pour le film médiéval
14:53promu par la fachosphère Internet
14:55qui promettait
14:56de révolutionner
14:57le cinéma français,
14:58rien de moins que ça,
14:59et dont on n'a jamais rien vu
15:00à part une affiche
15:01piquée à un musée.
15:02Enfin,
15:03c'est le premier blockbuster
15:04sans images, quand même.
15:05Le premier blockbuster.
15:06Au moins,
15:07c'était pas de lire.
15:07Peut-être qu'on pourra mettre ça
15:08sur leur fiche wiki.
15:10En tout cas,
15:10ce qui est important,
15:11c'est de resituer
15:12pour comprendre
15:13quel coup
15:13Bolloré et compagnie
15:14sont en train de nous jouer.
15:15Parce que c'est pas un mystère,
15:17en fait,
15:17et ça s'inscrit dans une stratégie
15:19qui est bien connue
15:19si on prend le temps
15:20de regarder le contexte.
15:22D'autant que
15:22le discours autour du film
15:24sert beaucoup à attaquer
15:25une industrie du cinéma
15:26qui irait pas assez
15:27dans leur sens.
15:28Et c'est surtout
15:28les institutions publiques
15:30qui seraient attaquées
15:31parce qu'elles sont censées
15:32garantir
15:33que le financement des films
15:34soit pas entièrement
15:35aux mains du privé.
15:36Vous connaissez la chanson,
15:38c'est vraiment le classique
15:39qu'on financerait
15:40que des films sociaux
15:41sur des migrants
15:41payés par le CNC.
15:42C'est ce peu le discours.
15:43Et surtout,
15:44pour l'instant,
15:45donc on parle
15:45de petits docu-fictions,
15:47des films vraiment
15:48pas chers à produire
15:49et du coup,
15:50très rentables
15:50en étant promus
15:51par un empire médiatique.
15:53C'est ce qu'on appelle
15:53le last row-turfing,
15:54quand on met en place
15:56des moyens conséquents
15:57pour donner l'impression
15:58d'un phénomène organique
15:59venu du bas.
16:00Mais ce qui est en train
16:01de se construire,
16:01en réalité,
16:02c'est tout un écosystème.
16:04En tout cas,
16:05le groupe Bolloré,
16:05ce n'est pas juste
16:06des médias,
16:07la radio,
16:08la presse,
16:08l'édition,
16:09etc.,
16:09ce qui serait globalement
16:11déjà pas mal.
16:11C'est aussi quand même
16:12le groupe Canal
16:13avec ses chaînes de télé
16:15et plateformes
16:15qui produit ses propres programmes
16:17et aussi,
16:18historiquement,
16:18un des grands argentiers
16:20du cinéma français,
16:21dont d'ailleurs,
16:21on a déjà parlé
16:22dans notre émission
16:23populaire sur Paris,
16:24Police 1901,
16:25populaire donc,
16:26à retrouver sur la chaîne
16:27YouTube de l'Humanité.
16:28Et donc,
16:29on parlait dans cette vidéo
16:30de comment il censurait
16:31ou refusait de financer
16:32des contenus
16:33touchant notamment
16:33au thème de l'homosexualité
16:35ou de la représentation
16:36de la religion.
16:36Mais Bolloré,
16:37il est aussi en train
16:38de racheter un groupe
16:40de cinéma
16:40qui s'appelle URIO UGC.
16:42Donc,
16:43vous voyez un petit peu
16:43ce qui est en train
16:44de se mettre en place.
16:45Vous produisez un film
16:47qui sera distribué
16:48dans votre réseau de multiplex,
16:50dont vous ferez la promotion
16:51sur vos médias,
16:52dans votre presse,
16:54promue elle-même
16:55dans les points relais
16:56que vous possédez,
16:57qui passera ensuite
16:57sur vos chaînes de télé,
16:59vos plateformes
17:00qui assurent en retour
17:01le financement
17:02de prochains films
17:03et ainsi de suite.
17:04Et si ça,
17:05c'est pas un cercle vertueux,
17:06je sais pas ce que c'est.
17:07Sous-titrage Société Radio-Canada
17:12et si ça,
17:12c'est pas un cercle vertueux,

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