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Ancien porte-parole du NPA, Olivier Besancenot vient de publier "En finir avec les présidents." L'occasion pour Lumi, Anthony Cortes, Mejdaline Mhiri et Théo Bourrieau de lui poser plusieurs questions sur sa vision de la sphère politique et sur l'avenir de l'union à gauche.

00:00 Palestine et islamophobie
02:10 Besancenot veut finir avec les présidents
07:45 NFP : le besoin d'unité
12:15 Besancenot contre la primaire à gauche
14:18 Une alternative révolutionaire au présidentialisme ?
21:22 Besancenot devenu "soc-dem" ?
25:01 Une sixième république ?
25:55 Le syndicalisme face à l'extrème droite
33:33 NPA ou LFI, qui porte la voix anti-capitaliste ?
36:38 Le rôle des syndicats dans la conscience de classe
41:16 La carte de presque
46:36 Ça ira ou ça ira pas ?
50:23 Besancenot toujours internationaliste
54:37 La France et la Palestine
58:14 Besancenot et le Chili


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Transcription
00:00:01Bonjour Olivier Besancenot, vous allez bien ?
00:00:03Ça va, merci. Et vous ?
00:00:05Ça va très bien aussi. Ravie de vous accueillir.
00:00:08Vous êtes l'ancien porte-parole du NPA.
00:00:11J'accueille également sur le plateau Anthony Cortès, mon cher collègue.
00:00:15Ça va depuis tout à l'heure ?
00:00:16Ça va, ça va.
00:00:16Très bien.
00:00:18Donc Olivier Besancenot, vous êtes désormais simple militant, si j'ose le dire comme ça.
00:00:24On souhaitait d'abord vous faire réagir à l'actualité,
00:00:26mais j'avoue qu'on n'a pas su quoi choisir entre le rapport sur les frères musulmans,
00:00:30le meurtre d'Abu Bakar, si c'est 22 ans, assassiné alors qu'il était dans une mosquée,
00:00:35et le refrain archi-islamophobe du gouvernement,
00:00:40avec la création sans cesse de cet ennemi de l'intérieur.
00:00:43Vous, dans cette séquence, qu'est-ce que vous retenez ?
00:00:45Qu'est-ce qui vous a peut-être particulièrement choqué, fait réagir ?
00:00:49Là, malheureusement, c'est un puits sans fond,
00:00:51parce qu'il n'y a pas un jour qui manque sans qu'il n'y ait pas quelque chose
00:00:54qui nous révolte.
00:00:54Je pense quand même d'abord et avant tout à la Palestine,
00:00:57parce que je n'arrive pas à m'y habituer, comme beaucoup.
00:01:00Je suis hanté par ces témoignages, par ces images,
00:01:04par tout ce qu'on sait, tout ce qu'on voit,
00:01:07ces enfants décharnés.
00:01:10Je retiens quand même d'abord et avant tout ça.
00:01:12Et puis, évidemment, le contexte raciste, l'islamophobie.
00:01:17L'un va avec l'autre.
00:01:18C'est vrai qu'on accepte beaucoup plus facilement un génocide
00:01:20au vu des politiques racistes et islamophobes et qu'on accepte aussi les violences.
00:01:25Oui, je pense que ça s'auto-alimente absolument.
00:01:28Mais face à l'histoire, quand on pense quand même Palestine,
00:01:30on se dit qu'il y a un moment où il faudra rendre des comptes de tout ça.
00:01:32Il y a quand même des manuels d'histoire qui vont parler de ce qui est en train de se
00:01:34passer,
00:01:35de la manière dont on a agi, pas agi,
00:01:38les processus de dissolution des organisations qui,
00:01:40comme la jeune garde antifasciste, met d'urgence palestine,
00:01:43puisque je parlais de la Palestine, par exemple.
00:01:45Autant de sujets sur lesquels on a besoin de faire fond commun,
00:01:48d'organiser la résistance, de ne pas regarder ses chaussures
00:01:51et de se dire que les uns après les autres, on est concernés.
00:01:54Mais franchement, c'est difficile de prendre un.
00:01:56Oui, bien sûr, bien sûr.
00:01:57Mais je pense que pour vous, c'est pas...
00:01:58Évidemment, alors ne vous inquiétez pas,
00:01:59on aura l'occasion de reparler de la Palestine.
00:02:01Vous n'étiez peut-être pas encore là tout à l'heure.
00:02:03Mais du coup, Maud Verniol, la co-directrice de la rédaction,
00:02:05a fait un long édito effectivement là-dessus.
00:02:08Mon cher Antony, je te laisse la parole.
00:02:09Alors, en parlant de résistance et de construction aussi un petit peu d'un nouveau monde,
00:02:13on va parler de votre livre.
00:02:15Alors, je vais le montrer.
00:02:16En finir avec les présidents, vous vous penchez sur le présidentialisme,
00:02:21voire vous l'attaquez même frontalement.
00:02:23Vous dressez un itinéraire sur 150 ans de Louis-Napoléon Bonaparte à Emmanuel Macron.
00:02:28C'est une performance, parce que c'est pas non plus...
00:02:30Mais c'est très didactique et pédagogique.
00:02:33Avec un point commun tout au fil de ces années-là,
00:02:35c'est le fait de permettre une dérive autoritaire et aussi une répression des mouvements
00:02:39qui contestent justement cette façon de pratiquer le pouvoir.
00:02:44Mais d'abord, première question, est-ce qu'on peut vraiment en finir avec les présidents, selon vous ?
00:02:48Ou est-ce que la figure du président, une sorte de figure gaullienne d'une certaine façon,
00:02:53est trop profondément ancrée dans notre logiciel ?
00:02:55Alors oui, je pense qu'on peut s'en passer.
00:02:57On peut se passer de la fonction présidentielle.
00:02:58Et il faut absolument trouver les moyens d'inventer une démocratie
00:03:01qui extrait la fonction présidentielle.
00:03:03et que le présidentialisme, on a su s'en passer à maintes et maintes reprises dans l'histoire.
00:03:07C'est une espèce de discours dominant qu'on a vachement intégré
00:03:10qui ferait qu'on serait tous orphelins de quelque chose, en gros.
00:03:13On ne sera pas fait autrement.
00:03:14Oui.
00:03:14Alors qu'en réalité, même l'histoire républicaine, elle n'est pas liée au présidentialisme.
00:03:18En fait, le présidentialisme en France n'intervient qu'avec la Seconde République
00:03:21après la Révolution de 1848.
00:03:22Et en réalité, après le massacre des ouvriers de juin 48,
00:03:26il y a eu une révolution en février 1848, comme vous le savez.
00:03:29Et en juin, les ouvriers, la classe ouvrière s'est fait entendre pour que les espérances sociales
00:03:33de la Révolution de février soient entendues.
00:03:36Et c'est le premier, enfin, ce n'est pas le premier d'ailleurs,
00:03:38mais c'est un des premiers grands massacres de la bourgeoisie de la classe ouvrière.
00:03:42Et tout de suite après, le présidentialisme apparaît.
00:03:44Donc en fait, dans la première page républicaine, celle de la Révolution française,
00:03:48une fois qu'on s'est débarrassé du roi, mais personne en France se dit
00:03:51tiens, on est en galère de roi, il nous faudra une figure laïque de roi.
00:03:55Tiens, si on prenait un président de la République, personne n'y pense.
00:03:58Et ça, pour moi, ça a été une découverte.
00:03:59C'est-à-dire, j'étais, moi, un de mes référents affinitaires, c'est la Commune de Paris.
00:04:05Pour moi, c'est une grande expérience, même si elle a été courte.
00:04:08Mais par exemple, quand on revient à la Révolution française,
00:04:10le projet de constitution de 1793 que je pensais connaître,
00:04:13en réalité, il y a toute une partie très détaillée d'une autre forme de démocratie,
00:04:17qui est une forme de démocratie de conseil, d'assemblée primaire.
00:04:20Et là-dedans, il n'y a pas une ligne sur le présidentialisme.
00:04:22C'est même pire, d'ailleurs.
00:04:23En gros, celui qui s'aventurerait à vouloir, comment dire,
00:04:27accéder à un pouvoir personnel, ce qui lui est proposé,
00:04:29c'est l'échafaud dans la Constitution.
00:04:31Ça me fait penser, je vois des gens qui appellent à la guillotine dans le chat,
00:04:33donc finalement, ça renvoie aussi un peu ce...
00:04:34Ils sont raccords avec la Constitution de 1893.
00:04:37Mais alors, du coup, on avait très envie de vous montrer
00:04:40à propos de personnalisation à outrance.
00:04:42On avait envie de vous montrer cet extrait-là.
00:04:45On regarde et puis on en discute juste après.
00:04:47Bruno Retailleau, qui en termes de cote de popularité, prend 9 points.
00:04:51Il est à 51%, alors qu'Edouard Philippe est à 48%.
00:04:58Intéressant quand même, Benoît Galeray, parce qu'on annonce déjà un duel,
00:05:02mais on sent que selon les jours, les choses sont un petit peu moins claires,
00:05:06selon les jours et les sondages.
00:05:07C'est ça. Ce qu'on voit, c'est que le duel Retailleau-Philippe s'installe.
00:05:10Ça, on l'a constaté. Après, ce séisme du jour que vous venez de nous montrer,
00:05:14cette inversion des courbes, elle n'est pas visible partout.
00:05:17Autre sondage réalisé hier par Harris Interactive sur les intentions de vote,
00:05:21cette fois-ci, ben là, Edouard Philippe, il est encore loin devant le ministre de l'Intérieur.
00:05:2521% d'intention de vote au premier tour contre 13% contre Taillot.
00:05:2916% corrige un troisième sondage, IFOP fiducial cette fois, toujours cette semaine.
00:05:34Et dans un quatrième, et là pour BFM en cas d'alliance de la droite avec le centre,
00:05:38là encore, il est derrière Edouard Philippe, 28 contre 26%.
00:05:42Donc voilà, faites vos jeux avec tous ces différents.
00:05:46Moi, du coup, ce qui m'a marquée dans cette séquence,
00:05:48c'est qu'on est deux ans avant les présidentielles,
00:05:50et on est déjà dans des sondages qui se contredisent entre eux.
00:05:54Et qui sont des séismes.
00:05:54Qui sont des séismes.
00:05:55Le journaliste le reconnaît lui-même, et je me suis dit,
00:05:58mais où est-ce qu'on va là-dedans ?
00:05:59Mais au-delà des sondages et des médias qui jouent le jeu,
00:06:04ce jeu-là, en les relayant justement ces sondages,
00:06:06il y a quand même un certain nombre de personnalités
00:06:07qui ont déjà annoncé leur intention d'y aller en 2027.
00:06:11Ces gens, ils n'ont pas lu votre livre, a priori ?
00:06:13Non, a priori non.
00:06:14Ou alors ils savent ce qu'il y a dedans,
00:06:15ils ne sont pas d'accord.
00:06:18Le problème, c'est ça.
00:06:20C'est qu'on a une vie politique qui s'accélère
00:06:22dans le sens du présidentialisme à outrance.
00:06:24C'est-à-dire, tu quittes une élection présidentielle
00:06:26et cinq minutes après,
00:06:27tu es déjà dans la préparation de la suivante.
00:06:29Et qu'il y en ait qui pensent qu'ils ont rendez-vous
00:06:32avec l'histoire et que c'est une échéance importante.
00:06:34Après tout, pourquoi pas ?
00:06:35Ce n'est pas un tabou.
00:06:35Le problème, c'est quand ça prend le dessus sur tout le reste.
00:06:38Et quand ?
00:06:39Parce que le restant, moi,
00:06:40ce qui se passe à droite, à l'extrême droite,
00:06:42je n'ai pas le bras long et je ne cherche pas à l'avoir.
00:06:44Par contre, à gauche,
00:06:45on s'est rendu prisonnier
00:06:46et on se rend de plus en plus prisonnier
00:06:48de ce calendrier-là.
00:06:49Et ça, c'est un problème.
00:06:50Parce que deux ans avant,
00:06:51quand tu as déjà l'annonce des uns, des autres,
00:06:53et que tout le monde se regarde en chaîne de faïence
00:06:57au point qu'en réalité,
00:06:59ça bloque des perspectives unitaires
00:07:01qui n'étaient pas des cas d'école,
00:07:04qu'on rencontrait une réalité avec le nouveau Front populaire,
00:07:06par exemple,
00:07:07là, ça devient un peu compliqué.
00:07:08Et on devrait, même à gauche,
00:07:09même si d'avance,
00:07:10on sait qu'on n'est pas d'accord sur tout,
00:07:13pouvoir discuter du présidentialisme,
00:07:14surtout que pendant longtemps,
00:07:15c'était quand même,
00:07:16ça faisait partie de l'ADN commun,
00:07:18la critique de la Ve République
00:07:19qui a accentué encore un petit peu plus
00:07:23le trait du présidentialisme,
00:07:25mais qui remonte à avant.
00:07:26En effet, ça remonte au bonapartisme.
00:07:27C'est une vieille histoire.
00:07:28La meilleure des punchlines contre la Ve République,
00:07:31ça reste celle de François Mitterrand.
00:07:33Le coup d'État permanent,
00:07:35Mitterrand de 62,
00:07:361962, pas de 1980,
00:07:38ça ne vous a pas échappé.
00:07:39Mais voilà, pendant très longtemps,
00:07:40tout le monde critiquait la Ve République.
00:07:42Donc, on prend de dire,
00:07:43il en faudrait une sixième.
00:07:44Donc, le NFP s'est mis d'accord
00:07:46sur un programme qui était celui des législatifs,
00:07:48qui n'était pas un programme révolutionnaire,
00:07:50qui n'était pas un programme réformiste.
00:07:51C'était des mesures d'urgence.
00:07:52Mais si on pense,
00:07:54admettons même qu'on pense qu'aux élections,
00:07:55et qu'on pense qu'aux élections présidentielles,
00:07:58ben venez, on discute,
00:07:59y compris de ce que ça signifie,
00:08:00le présidentialisme.
00:08:01Mais on en débat avant même de savoir qui.
00:08:04Venez, on discute de ça.
00:08:06Sachant que,
00:08:07même sur le terrain des élections,
00:08:09je pense que
00:08:11tous ceux qui jouent au jeu
00:08:12de plus jamais avec lui,
00:08:13plus jamais avec lui,
00:08:14dans un sens comme dans l'autre,
00:08:16au nom, en réalité,
00:08:17de l'échéance présidentielle,
00:08:19serait bien embêté,
00:08:19par exemple, s'il y avait une dissolution.
00:08:22Imaginons,
00:08:22Bérouton,
00:08:23ce qui n'est pas complètement non plus farfelu,
00:08:25imaginons,
00:08:25il y a une dissolution.
00:08:26Tous ceux qui nous disent
00:08:27plus jamais avec lui,
00:08:29va falloir faire quoi ?
00:08:30Alors, si la gauche se remet d'accord
00:08:31en 48 heures,
00:08:32sur les législatives,
00:08:33alors que pendant des mois,
00:08:34on a dit plus jamais avec,
00:08:35là aussi,
00:08:36il va y avoir un problème,
00:08:37parce que ça sent un peu,
00:08:38comment dire,
00:08:39les intérêts particuliers
00:08:40plus que l'intérêt politique.
00:08:41Justement,
00:08:41est-ce que ces dernières années,
00:08:43notamment à gauche,
00:08:43est-ce que les critiques
00:08:44se sont trop tournées
00:08:45vers Emmanuel Macron
00:08:46et sa pratique
00:08:47dite individuelle du pouvoir,
00:08:49ou pour délaisser,
00:08:51d'une certaine façon,
00:08:51la critique du présidentialisme
00:08:53dans son ensemble,
00:08:53et donc dans le système,
00:08:55pour aller vers
00:08:56une réforme des institutions ?
00:08:58Disons que bloquer sur lui,
00:08:59c'est tentant.
00:09:01Comme il n'y a pas un jour
00:09:02qui passe non plus
00:09:03sans qu'il nous offre
00:09:04l'illustration du fait
00:09:05à quel point la Ve République
00:09:06est antidémocratique
00:09:07et qu'en effet,
00:09:08le présidentialisme,
00:09:09c'est avoir tous les pouvoirs,
00:09:10je veux dire,
00:09:10on est resté tous suspendus
00:09:11pendant deux mois cet été,
00:09:14après,
00:09:15durant les Jeux Olympiques,
00:09:16après la victoire,
00:09:17en tous les cas,
00:09:18la liste qui est arrivée devant,
00:09:18c'est le NFP,
00:09:19à se dire,
00:09:20c'est normal qu'on attende
00:09:21que la fumée blanche
00:09:22sorte de l'Elysée
00:09:22pour nous annoncer
00:09:23qu'en fait,
00:09:23au lieu d'avoir un gouvernement de gauche,
00:09:25on aura un gouvernement de droite,
00:09:25voire d'extrême droite.
00:09:27Pourquoi ?
00:09:27Parce qu'il décide tout seul.
00:09:28Donc,
00:09:29ce n'est pas un problème,
00:09:30comment dire,
00:09:30de dénoncer
00:09:31les actions particulières de Macron,
00:09:32mais là aussi,
00:09:33peut-être qu'une des volontés,
00:09:34ce serait de politiser
00:09:35à quelque chose de plus global
00:09:36parce qu'il n'est pas le premier
00:09:37et surtout,
00:09:38ce ne sera pas le dernier
00:09:39parce que dans ce cadre institutionnel-là,
00:09:43quand Emmanuel Macron dit
00:09:44« ouais, c'est moi qui décide »,
00:09:45et alors,
00:09:46pardon de le dire,
00:09:47malheureusement,
00:09:48c'est constitutionnel.
00:09:49Donc,
00:09:50on a un problème avec la Constitution
00:09:51et un problème supplémentaire,
00:09:53c'est que la Constitution de la 5e,
00:09:55elle était là aussi
00:09:56du point de vue des classes dominantes
00:09:57parce que quand on réfléchit
00:09:58en lutte de classe,
00:09:58c'est une valse,
00:09:59ça se pratique à deux,
00:10:01du point de vue des classes dominantes,
00:10:02c'était une garantie d'ordre.
00:10:03C'était ça.
00:10:05C'est de moins en moins le cas
00:10:06parce que là,
00:10:06la 5e République
00:10:07n'assure plus cette fonction.
00:10:08Je dis ça pourquoi ?
00:10:09Parce que dans le contexte
00:10:10de la poussée de l'extrême droite
00:10:11et des courants autoritaires
00:10:12par-delà les frontières,
00:10:14on peut se dire
00:10:14qu'une partie des classes possédantes
00:10:17va se dire
00:10:17« finalement,
00:10:17ça ne fait plus l'affaire,
00:10:18il faut autre chose »,
00:10:19mais quelque chose
00:10:19d'encore plus dur,
00:10:20d'encore plus autoritaire
00:10:21et encore plus braqué
00:10:22sur le pouvoir
00:10:23d'un seul ou d'une seule.
00:10:25Juste avant,
00:10:25je reviens,
00:10:25parce que quand vous avez parlé
00:10:26tout à l'heure,
00:10:27vous avez dit
00:10:27« certains disent
00:10:29plus jamais avec lui,
00:10:30plus jamais avec elle »,
00:10:30ça a beaucoup fait réagir
00:10:31dans le chat
00:10:32parce qu'on pense évidemment
00:10:33à l'actualité
00:10:34avec l'IFI,
00:10:35plus jamais avec le PS,
00:10:35le PSP,
00:10:36mais ça veut dire quoi ?
00:10:37Ça veut dire que
00:10:37c'est que de la poudre aux yeux,
00:10:38finalement,
00:10:39ils vont bien réussir
00:10:39à se réentendre
00:10:40où il n'y a pas d'espoir.
00:10:41Qu'est-ce que vous en pensez ?
00:10:42Parce que je vois
00:10:42que ça fait réagir dans le chat.
00:10:44Non, moi, je ne sais pas
00:10:44et je ne vais pas jouer
00:10:45le coup des tacles à la gorge
00:10:46parce que tout le monde
00:10:47s'en envoie
00:10:47et qu'à ce jeu-là,
00:10:49on ne va pas y arriver.
00:10:59fait croire que c'est tout ou rien.
00:11:00Donc, c'est-à-dire,
00:11:01soit c'est rien,
00:11:01on est d'accord sur rien,
00:11:02plus jamais avec eux,
00:11:04et puis en 48 heures,
00:11:05on est d'accord sur tout.
00:11:06Puis on est d'accord vraiment sur tout.
00:11:08Ben non, même le NFP,
00:11:09nous, on est rentré au NFP,
00:11:10ce qui est là aussi une nouveauté.
00:11:13Mais on a assumé le fait
00:11:14qu'on était d'accord
00:11:14avec le programme qui était prononcé,
00:11:16proposé,
00:11:17qu'on a mis en avant
00:11:19comme tout le monde,
00:11:20mais qu'entre, par exemple,
00:11:21Philippe Poutou,
00:11:21en termes d'orientation politique
00:11:23et celle de François Hollande,
00:11:24j'aurais été bien curieux
00:11:25de savoir quel type d'orientation
00:11:26était mise en place
00:11:27pour appliquer ce programme-là.
00:11:27Faire une union,
00:11:28mais en assumant
00:11:28qu'il y ait des différences dans l'union.
00:11:30Absolument.
00:11:30Et je pense que c'est vraiment ça,
00:11:31le problème,
00:11:32c'est que tu peux...
00:11:34Ce n'est pas justement
00:11:34pour contrer peut-être
00:11:36l'offensive des médias
00:11:37qui répéter sans cesse,
00:11:38vous n'êtes pas d'accord,
00:11:39qui veut justement
00:11:40jeter de l'huile sur le feu
00:11:41pour que...
00:11:41Mais tu peux dire,
00:11:42ben ouais,
00:11:42écoutez, grand scoop,
00:11:43vous avez raison,
00:11:44on n'est pas d'accord.
00:11:44Mais en même temps,
00:11:45on est d'accord sur un point,
00:11:46deux points, trois points,
00:11:47et sur ce point-là,
00:11:48vous pouvez nous taper dessus,
00:11:49on sera ensemble.
00:11:50Donc on peut avoir
00:11:51une espèce de démarche pragmatique
00:11:52qui était assez intéressante
00:11:54dans le NFP,
00:11:54qui était le côté genre
00:11:55espèce de maison commune
00:11:56où chacun gardait son appartement,
00:11:59chacun gardait sa singularité,
00:12:01mais sur la base d'une pratique
00:12:02qui laissait ouvert les désaccords.
00:12:05Et je ne sais pas,
00:12:06donc si ce n'est plus dans le NFP
00:12:07parce que telle ou telle raison,
00:12:09ben ça va être dans autre chose.
00:12:10Mais de toute façon,
00:12:11vu le contexte
00:12:12dans lequel on est en train d'évoluer...
00:12:13Mais du coup, vous,
00:12:14parce que pareil,
00:12:15là encore,
00:12:15c'est dans l'actualité,
00:12:16ça veut dire que vous seriez pour
00:12:17une grande primaire à gauche
00:12:18entre Hollande et Poutou.
00:12:22Alors, ils ne sont plus là
00:12:23tous les deux, mais enfin...
00:12:24Typiquement, l'idée de la primaire,
00:12:25c'est la vraie fausse bonne idée.
00:12:26Si on essaie de raisonner
00:12:27comme j'essaie de proposer,
00:12:29c'est-à-dire la primaire,
00:12:30c'est le casting.
00:12:32Il faut d'abord discuter
00:12:33d'un scénario, d'un synopsis,
00:12:34de quelque chose qui tienne la route.
00:12:36Je ne sais pas,
00:12:36si tout le monde est d'accord
00:12:37pour dire que la Ve République
00:12:38n'est pas démocratique,
00:12:39qu'il en faudra une autre,
00:12:40avec un numéro supplémentaire ou pas,
00:12:42je m'en fiche.
00:12:43Ben, venez,
00:12:44on croit ce qu'on raconte
00:12:45sur la démocratie
00:12:47et on la met en application
00:12:48dans le NFP.
00:12:49Alors, ce serait possible
00:12:49une sixième République,
00:12:51mais sans président ?
00:12:52Ouais, bien sûr,
00:12:53ce serait possible,
00:12:53parce que déjà,
00:12:54dans l'histoire républicaine,
00:12:55c'est déjà arrivé.
00:12:55C'est pour ça, je dis,
00:12:57le présidentialisme,
00:12:57ça a invité au moment
00:12:58de la seconde République.
00:12:59Donc, en fait,
00:13:00c'est peut-être la seconde en vrai
00:13:01qu'il faudrait réussir,
00:13:02plutôt que la sixième,
00:13:04mais peu importe le chiffre.
00:13:05C'est-à-dire que oui,
00:13:05il faudrait...
00:13:07Mais là,
00:13:07je n'en vente pas l'eau chaude.
00:13:09C'est un système de démocratie
00:13:11qui fonctionne du bas vers le haut
00:13:12et qui donne le pouvoir
00:13:14là où il devrait être concentré,
00:13:15c'est-à-dire dans une assemblée unifiée
00:13:18de tout ce qui n'aura pas pu
00:13:19être décidé localement.
00:13:21Donc là, par exemple,
00:13:22j'ai déterré des citations
00:13:25d'un pamphlétaire
00:13:26qui était une figure
00:13:26de la Commune de Paris
00:13:27qui s'appelle Félix Piat,
00:13:29qui est resté en permanence
00:13:31durant le XIXe siècle.
00:13:32Sa bataille,
00:13:32c'était contre le présidentialisme.
00:13:34En 1848,
00:13:35quand il y a l'Assemblée constituante,
00:13:36et en 1873,
00:13:38là, il est encore à l'extérieur
00:13:39puisqu'il a fait la Commune de Paris,
00:13:41il critique le présidentialisme
00:13:43à chaque fois.
00:13:44Et il nous ramène à l'essentiel.
00:13:45Il dit que le rapport
00:13:46entre le législatif et l'exécutif,
00:13:47c'est le rapport
00:13:48entre le bras et la tête.
00:13:49La tête décide,
00:13:50le bras exécute
00:13:51ce que la tête a décidé.
00:13:52Donc c'est comme la lettre
00:13:53d'Edgar Po,
00:13:53c'est évident,
00:13:55c'est comme le nez
00:13:56au milieu du visage,
00:13:57c'est sous nos yeux.
00:13:58En France, aujourd'hui,
00:13:59le gouvernement,
00:14:01il est nommé par qui ?
00:14:02Même pas par l'Assemblée
00:14:03qui est théoriquement
00:14:04démocratiquement élu,
00:14:05c'est-à-dire le Parlement.
00:14:05C'est le président
00:14:06qui le nomme.
00:14:07Et le gouvernement
00:14:08va répondre à des questions
00:14:10de l'Assemblée
00:14:11démocratiquement élue.
00:14:12Donc oui,
00:14:13on pourrait parfaitement
00:14:14imaginer une Assemblée
00:14:15sans cette fonction présidentielle.
00:14:17Justement,
00:14:17parce que vous proposez
00:14:18effectivement dans votre livre
00:14:19des pistes de solutions
00:14:20et vous parlez notamment
00:14:21de donner la priorité
00:14:25au pouvoir local.
00:14:26Et puis vous parlez
00:14:26de démocratie ascendante
00:14:27qui va du bas vers le haut.
00:14:29Et est-ce que vous pouvez
00:14:30un petit peu nous expliquer
00:14:32avec quelques mots
00:14:33comment ça pourrait fonctionner,
00:14:35comment...
00:14:36Est-ce qu'on pourrait
00:14:37le mettre en place ?
00:14:38Oui, pas dans le détail
00:14:38parce que je n'ai pas
00:14:39de projet ficelé
00:14:40et qu'il faut se méfier
00:14:40des projets ficelés.
00:14:41Moi, je crois...
00:14:42C'est pour ça que j'ai dit
00:14:42en quelques mots.
00:14:44Une force proactive
00:14:46de l'Assemblée constituante,
00:14:48d'un processus constituant,
00:14:49d'une convention démocratique,
00:14:50c'est-à-dire quand le peuple
00:14:50fait irruption sur la scène politique
00:14:52pour se doter
00:14:53de nouvelles institutions.
00:14:54Donc nous, là-dedans,
00:14:54on a quelques propositions
00:14:55mais l'idée, c'est simple.
00:14:56C'est tout ce qui peut être
00:14:57décidé localement
00:14:57est décidé localement.
00:14:59Tout ce qui ne peut pas l'être
00:15:00et il y a des choses
00:15:01qui ne peuvent pas l'être,
00:15:03on ne peut pas faire de démagogie,
00:15:04on ne peut pas tout décider localement
00:15:05quand on prend par exemple
00:15:06l'ampleur de la crise climatique,
00:15:08les ressources énergétiques
00:15:09disponibles ou pas,
00:15:11il faut déléguer
00:15:11à des mandataires.
00:15:13Donc il faut la possibilité
00:15:14dans ces assemblées supérieures
00:15:15de contrôler
00:15:16et de pouvoir révoquer
00:15:17un maximum
00:15:19ceux et celles
00:15:19qu'on a envoyés
00:15:20dans des assemblées supérieures
00:15:21qui vont discuter
00:15:21de tout ce qu'on n'aura pas pu
00:15:22décider localement.
00:15:23Voilà, ça, c'est qu'une piste.
00:15:24Mais ça, en gros,
00:15:25c'est une dynamique.
00:15:26Ce n'est pas le truc clément,
00:15:27mais c'est une dynamique
00:15:28qui est l'exact opposé
00:15:30de la Ve République, pour le coup.
00:15:31Est-ce que vous pensez
00:15:31que ça répond
00:15:32à une aspiration du peuple ?
00:15:34Parce que, par exemple,
00:15:36vous prenez l'exemple
00:15:37des Gilets jaunes,
00:15:37vous dites que ce mouvement
00:15:38des Gilets jaunes,
00:15:39il a eu une qualité
00:15:40d'une certaine façon,
00:15:40c'est qu'il a marqué
00:15:41le retour d'une velléité,
00:15:42celle de déloger le roi.
00:15:44Est-ce que c'est vraiment ça ?
00:15:46Est-ce que ce mouvement
00:15:47des Gilets jaunes
00:15:48dit, ou en tout cas,
00:15:50vous donne confiance
00:15:50dans la possibilité
00:15:51d'en finir
00:15:52avec le présidentialisme ?
00:15:53Et deuxième question,
00:15:54en même temps,
00:15:54est-ce que ça ramène aussi
00:15:55une sorte de clivage révolutionnaire
00:15:57contre révolutionnaire,
00:15:57ce mouvement des Gilets jaunes ?
00:16:00Ça donne,
00:16:01en tous les cas,
00:16:02c'était une actualité
00:16:03de l'histoire révolutionnaire française.
00:16:05Moi, des manifs,
00:16:06il y a deux samedi de suite
00:16:07au moment des Gilets jaunes
00:16:08auxquels j'ai participé,
00:16:10des manifs un peu
00:16:12one again,
00:16:12j'en ai fait quelques-unes,
00:16:13où il y avait de la violence,
00:16:14j'en ai fait quelques-unes,
00:16:15mais ça,
00:16:15je n'avais jamais fait.
00:16:16C'est-à-dire où nous,
00:16:18on était devant
00:16:18Place de la Concorde
00:16:19avec quelques militants
00:16:20de différents groupes,
00:16:21des cheminots,
00:16:21ou des collectifs de quartier,
00:16:22en se disant,
00:16:23ben là,
00:16:23ça fait la troisième fois
00:16:24qu'on se prend les canons à eau,
00:16:26donc ça ne sert à rien
00:16:27d'essayer de passer par là.
00:16:27Donc nous,
00:16:28en bon militant,
00:16:28on se dit,
00:16:28on va faire une feinte,
00:16:29on va passer de l'autre côté.
00:16:30Donc on partait
00:16:30avec un groupe militant de sang
00:16:32en étant persuadé
00:16:33d'emmener les foules avec nous,
00:16:34mais il n'y a personne
00:16:34qui nous suivait.
00:16:35Je veux dire,
00:16:36les gens continuaient
00:16:36à aller devant
00:16:37parce qu'ils voulaient aller
00:16:38à l'Élysée
00:16:39comme on allait au château
00:16:40pour déloger le roi.
00:16:41Il y avait vraiment de ça.
00:16:42Donc ça,
00:16:43ça ne se décrète pas,
00:16:43ce n'est pas des théories politiques,
00:16:45ce n'est pas pensées,
00:16:45ce n'est pas fantasmées,
00:16:46c'est des réalités politiques profondes
00:16:48et qui nous réinvitent,
00:16:49en effet,
00:16:49à avoir confiance.
00:16:50Alors le présidentialisme,
00:16:51je ne pense pas
00:16:51que ce soit le thème majeur d'actualité,
00:16:53j'ai même conscience
00:16:53d'aller un peu à contre-courant,
00:16:55même à contre-temps,
00:16:56parce qu'il y a tellement d'urgence
00:16:58en ce moment
00:16:58qu'on peut même se demander
00:16:59qu'est-ce qui m'a pris, en fait.
00:17:00Oui, mais le NPA
00:17:01porte un projet révolutionnaire,
00:17:03donc ça va aussi un petit peu,
00:17:05ça rejoint un petit peu
00:17:05ce qu'on dit là
00:17:06de la question aussi
00:17:07des mouvements sociaux,
00:17:08est-ce que les gens sont prêts
00:17:10à changer les choses,
00:17:11est-ce qu'ils sont prêts
00:17:11à aller jusqu'au bout aussi ?
00:17:13Ça s'inscrit absolument
00:17:14dans cette perspective,
00:17:16c'est que nous,
00:17:16on ne peut pas mentir,
00:17:18il n'y a rien qui marchera
00:17:19tant qu'il n'y a pas
00:17:19l'irruption massive
00:17:20de millions de personnes
00:17:20sur le devant de la scène politique.
00:17:21Si on laisse les institutions,
00:17:23les parties tels qu'ils sont,
00:17:25organisés à leur sauce
00:17:26de nouvelles institutions,
00:17:27ce sera perdu d'avance.
00:17:28Donc ça, en effet,
00:17:28c'est notre addition révolutionnaire.
00:17:29Maintenant, pour être tout à fait honnête,
00:17:31on a un angle mort,
00:17:32nous, dans notre famille politique,
00:17:33je crois qu'elle est plus générale
00:17:34dans la gauche révolutionnaire,
00:17:35c'est de ne pas penser
00:17:36les questions institutionnelles.
00:17:37Pour nous, la politique,
00:17:38c'est les questions sociales
00:17:41poussées par les luttes,
00:17:42comme un espèce de prolongement.
00:17:43Mais il y a aussi une autonomie
00:17:45de la question sociale,
00:17:46mais il y a aussi une autonomie
00:17:46de la question politique.
00:17:47Et on a intérêt à se la reposer,
00:17:49cette question-là,
00:17:49pour la raison que j'ai essayé
00:17:50d'évoquer tout à l'heure.
00:17:51C'est pour ça que j'ai eu ça en tête.
00:17:52Je me suis dit qu'à un moment donné,
00:17:54si les classes dominantes
00:17:55se posent le problème
00:17:56de faire une autre constitution,
00:17:58on va se retrouver le bec dans l'eau
00:17:59en se disant
00:18:03et je ne dis pas
00:18:04que c'était hyper massif,
00:18:05machin et compagnie.
00:18:06Mais enfin, si vous vous rappelez,
00:18:07dans les revendications
00:18:08qui venaient démocratiquement,
00:18:09il n'y avait pas que le RIC,
00:18:10il n'y avait pas que la proposition
00:18:11de référendum,
00:18:12il y avait l'idée
00:18:13de l'Assemblée constituante.
00:18:14Et en fait,
00:18:15l'idée de l'Assemblée constituante,
00:18:17il faudrait écrire un jour
00:18:18une histoire,
00:18:19je ne sais pas peut-être
00:18:19que ça a été fait,
00:18:20donc je ne vais pas dire de bêtises,
00:18:21mais une histoire mondiale
00:18:21des assemblées constituantes.
00:18:23Et on n'a pas une qui se ressemble,
00:18:24mais à chaque fois
00:18:25qu'il y a un processus révolutionnaire,
00:18:33donc ce n'est pas simplement
00:18:34une conception de révolutionnaire,
00:18:36c'est quelque chose de plus général.
00:18:37Mais là où ça rejoint
00:18:37la dynamique révolutionnaire,
00:18:39c'est que nous,
00:18:39on dit, voilà,
00:18:41il va falloir casser les règles du jeu
00:18:42et pour casser les règles du jeu,
00:18:43il ne faut pas laisser la politique
00:18:44contre les mains
00:18:44des politiciens professionnels.
00:18:46Mais là, du coup,
00:18:46de manière assez pragmatique
00:18:48dans la dynamique actuelle,
00:18:50avec la France insoumise
00:18:51qui a l'air de dire,
00:18:52surtout pas avec le PS
00:18:53et avec personne,
00:18:53le PS qui dit d'ailleurs
00:18:54la même chose
00:18:55sur la France insoumise
00:18:56et donc Ruffin
00:18:57qui appelle à cette grande primaire
00:19:00à gauche toute en disant
00:19:00c'est moi qui vais la gagner.
00:19:02Comment est-ce que,
00:19:03enfin vous,
00:19:04comment vous analysez
00:19:05cette situation
00:19:05et comment est-ce que potentiellement
00:19:06on s'y retrouve
00:19:07quand on est de gauche là-dedans ?
00:19:09Qu'est-ce qu'on peut espérer
00:19:09de tout ça ?
00:19:10Est-ce qu'on peut vraiment
00:19:11sortir du présidentialisme
00:19:12dans ce contexte actuel ?
00:19:14En tous les cas,
00:19:14si on ne sort pas,
00:19:15on va à la catastrophe.
00:19:16Voilà.
00:19:17Il va y avoir plus de monde
00:19:19candidat à l'élection présidentielle
00:19:20que tu trouves de voiture
00:19:21sur le périphérique
00:19:22à 18 heures.
00:19:22Et alors, ça va faire quoi ?
00:19:24Comme en 2007 d'ailleurs.
00:19:26Ouais, mais en plus,
00:19:27deux ans avant,
00:19:27c'est-à-dire au point
00:19:28de se court-circuiter
00:19:29la possibilité
00:19:30de penser
00:19:30ces questions institutionnelles-là.
00:19:32C'est-à-dire,
00:19:32si on est tous, par exemple,
00:19:33pour un processus constituant
00:19:34une convention démocratique,
00:19:35une fois qu'il y aura une rupture,
00:19:36un accident qui viendrait de la rue
00:19:37ou des élections,
00:19:38peu importe,
00:19:40je ne sais pas,
00:19:40ça va être les un an
00:19:41du nouveau Front populaire,
00:19:42pourquoi on ne fait pas
00:19:43une assemblée constituante
00:19:44du nouveau Front populaire
00:19:44et de tous ses collectifs ?
00:19:45Après tout,
00:19:46la base militante
00:19:47du nouveau Front populaire
00:19:48qui va d'ailleurs au-delà
00:19:49des organisations politiques,
00:19:50elle n'est pas plus bête
00:19:51que la moyenne.
00:19:53Donc, elle peut largement
00:19:53se prendre en main.
00:19:54Je veux dire,
00:19:54il faut aussi essayer
00:19:55de mettre un minimum
00:19:56en adéquation
00:19:57ce qu'on veut pour demain
00:19:57avec ce qui se passe ici et maintenant
00:19:59et qu'on dirait,
00:20:00ben voilà,
00:20:01on fait,
00:20:02comme tu as le mois sans tabac,
00:20:04le mois sans alcool,
00:20:05on fait le mois sans présidentiable
00:20:06et puis pendant un mois,
00:20:07on fait une convention démocratique
00:20:08de tous les collectifs
00:20:09et puis on va discuter
00:20:10de ce qu'on pourrait ou pas
00:20:13mettre en commun
00:20:14et même dans ce qu'on mettra en commun,
00:20:15tous les désaccords
00:20:16qui resteront
00:20:16parce qu'il resteront des désaccords.
00:20:18Et moi, je ne suis pas là
00:20:18pour faire de démagogie
00:20:19puisque ce serait surprenant
00:20:20que ce soit moi
00:20:20qui explique
00:20:21qu'on va se mettre d'accord sur tout.
00:20:23Moi, je n'ai pas envie
00:20:24de me mettre d'accord
00:20:24avec la société.
00:20:25Ce n'est pas l'habitude du NPR ?
00:20:26Non, et puis ça ne le sera pas.
00:20:27Moi, je ne vais pas me mettre d'accord
00:20:28avec le social-libéralisme.
00:20:29Il y a une ligne profonde
00:20:31qui reste de rupture à gauche
00:20:33entre ceux qui pensent
00:20:34que bon an, mal an,
00:20:34on va s'accomander
00:20:36du diktat de l'économie de marché
00:20:37et puis plus ou moins,
00:20:38on amènera du démocratique,
00:20:40du social ou de l'écologique
00:20:40et puis ceux et celles
00:20:41qui veulent rompre
00:20:42avec le diktat de l'économie de marché
00:20:44sous des formes différentes,
00:20:45plus ou moins révolutionnaires,
00:20:46plus ou moins réformistes radicales.
00:20:47Cette ligne, elle a un sens
00:20:48et tu l'aurais retrouvé
00:20:49sur la mise en application
00:20:50du programme du NFP.
00:20:52N'empêche qu'il y a eu ce programme-là.
00:20:53Et pourquoi ?
00:20:54Je bloque là-dessus.
00:20:55Parce que dans la dynamique,
00:20:56il y a eu une petite dynamique,
00:20:57je ne veux pas l'exagérer,
00:20:58mais il y a eu une petite dynamique
00:20:59dans l'entre-deux-tours
00:21:00des législatives
00:21:01et il ne faut pas devenir cynique.
00:21:03Il y a eu une mobilisation populaire,
00:21:05notamment dans la jeunesse.
00:21:05Et je crois que ce qui a contribué
00:21:07à redonner confiance
00:21:08à notre propre camp
00:21:09et notamment dans la jeunesse,
00:21:10c'est précisément
00:21:10qu'on n'était pas simplement là
00:21:11pour dire non à l'extrême-droite
00:21:12et faire barrage,
00:21:13mais parce qu'il y avait aussi
00:21:14deux, trois raisons
00:21:15d'espérer autre chose en positif.
00:21:17Oui, Anthony,
00:21:18à propos du fonctionnement démocratique.
00:21:19Oui, juste avant,
00:21:20j'avais juste une petite question
00:21:21en rebond.
00:21:22Est-ce que vous devenez
00:21:23d'une certaine façon,
00:21:24un peu comme François Ruffin l'avait dit,
00:21:26un social-démocrate ?
00:21:26Parce que j'ai l'impression
00:21:27que vous vous entendrissez,
00:21:28en tout cas que votre discours
00:21:29est de plus en plus.
00:21:30Parce que je suis un peu
00:21:31sur une interview de vous
00:21:32en 2011 chez Regards,
00:21:34notamment avec Jean-Luc Mélenchon
00:21:35à l'époque,
00:21:36et vous dites
00:21:36qu'il faut une candidature
00:21:37unique anticapitaliste,
00:21:38donc vous n'incluyez pas
00:21:40forcément le Parti Socialiste,
00:21:41et ça doit se faire
00:21:42à partir d'un programme
00:21:43de rupture,
00:21:43donc encore une fois,
00:21:44anticapitaliste.
00:21:46Le programme du Nouveau Front Populaire,
00:21:47vous l'avez dit,
00:21:48ce n'est pas un programme anticapitaliste,
00:21:50c'est encore moins un programme
00:21:51de rupture,
00:21:51ou en tout cas à court terme.
00:21:53Donc est-ce que vous vous attendrissez
00:21:54d'une certaine façon ?
00:21:55Est-ce que vous revoyez
00:21:56vos critères à la baisse
00:21:57pour créer cette...
00:21:58Non, je ne les revois pas à la baisse.
00:22:00Je ne suis pas ni attendri
00:22:01ni attendrissant.
00:22:02Je suis conscient de la gravité
00:22:04de la situation dans laquelle on est,
00:22:05et la possibilité,
00:22:06c'est d'essayer de développer
00:22:08une politique qui soit unitaire
00:22:09et radicale en même temps,
00:22:10qui soit unitaire
00:22:11et révolutionnaire en même temps.
00:22:13Et je sais que c'est
00:22:13une ligne de crête.
00:22:14Et une ligne de crête...
00:22:15On a l'impression que c'est...
00:22:16Oui, mais une ligne de crête...
00:22:17Unité, radicalité,
00:22:18sont difficiles à mettre ensemble.
00:22:20Oui, il y a effectivement
00:22:20peut-être la peur du fascisme
00:22:23peut faire émerger
00:22:25des réactions, etc.
00:22:26Mais pas dans le sens
00:22:26d'un attendrissement,
00:22:27parce que par exemple,
00:22:28justement,
00:22:29dans la prise de conscience
00:22:30et la prise de conscience
00:22:31du danger réel
00:22:32de l'extrême droite au pouvoir,
00:22:32elle a contribué au sursaut.
00:22:35Et c'est un moteur...
00:22:36Et c'est un moteur honorable.
00:22:37En plus, l'histoire antifasciste
00:22:38dans notre pays,
00:22:39elle a un poids
00:22:39et c'est un beau drapeau,
00:22:40le drapeau de l'antifascisme.
00:22:41Mais une fois de plus,
00:22:42il n'y avait pas que ça.
00:22:43Donc je sais que c'est casual.
00:22:44Mais en même temps,
00:22:45les mouvements sociaux victorieux,
00:22:47tu prends le contrat
00:22:48de première embauche,
00:22:49c'était des mouvements sociaux
00:22:50radicaux et unitaires
00:22:51en même temps.
00:22:52C'est une ligne de crête.
00:22:53Donc une ligne de crête,
00:22:54par nature, c'est casse-gueule.
00:22:55Tu peux tomber à gauche,
00:22:56tu peux tomber à droite,
00:22:56tu peux devenir sectaire,
00:22:57tu peux devenir opportuniste.
00:22:58Mais je ne vois pas
00:22:59une autre possibilité
00:22:59que de cesser à ça.
00:23:01Mais du coup,
00:23:02est-ce que vous,
00:23:02vous pensez prendre une place
00:23:04dans tout ce débat-là
00:23:05et à gauche
00:23:07pour réussir à pousser
00:23:09ce besoin de l'unité ?
00:23:11Non, non.
00:23:11Moi, je suis candidat à rien.
00:23:13Je suis militant
00:23:14comme plein d'autres organisations
00:23:17en regorge.
00:23:18On a notre voix,
00:23:19autant que d'autres.
00:23:21On essaie de la faire entendre
00:23:22quand on pense que c'est utile.
00:23:24Voilà.
00:23:25Mais moi, malheureusement,
00:23:27même dans ce camp-là,
00:23:27je n'ai pas le bras long
00:23:28pour l'instant.
00:23:29Mais s'il y a un appel,
00:23:31comment dire,
00:23:32par rapport au passé,
00:23:36il faut savoir regarder
00:23:37son propre bilan.
00:23:37Moi, des conneries,
00:23:38j'en ai faites.
00:23:38J'ai pêché par orgueil,
00:23:40par sectarisme.
00:23:41Voilà.
00:23:42J'ai fait des erreurs
00:23:43tactiques, stratégiques.
00:23:44Aujourd'hui, je doute beaucoup.
00:23:46Et je pense que douter,
00:23:47ce n'est pas grave.
00:23:48Il ne faut pas avoir peur
00:23:49de douter.
00:23:50Il faudrait même savoir le faire
00:23:52à haute voix
00:23:53et collectivement.
00:23:55mais je suis peut-être
00:23:56plus révolutionnaire
00:23:56encore qu'à l'époque.
00:23:58Paradoxalement.
00:23:58Parce qu'être contre
00:23:59le présidentialisme,
00:24:00quand justement,
00:24:00on s'est présenté deux fois
00:24:01aux élections présidentielles,
00:24:03vous vous dites que,
00:24:04par exemple,
00:24:04ça, ça fait partie des erreurs
00:24:05que vous pourriez reconnaître.
00:24:07Je commence en disant,
00:24:09en effet,
00:24:09en me moquant de nous-mêmes,
00:24:10c'est-à-dire de cette contradiction
00:24:11qui consiste de s'être présenté
00:24:13à la fonction présidentielle,
00:24:14mais qu'on proposait déjà
00:24:15d'abolir.
00:24:16Moi, en 2002
00:24:17et en 2007,
00:24:18j'étais candidat
00:24:19en proposant déjà
00:24:20d'abolir la fonction présidentielle.
00:24:22Philippe Poutou a fait la même chose.
00:24:23Peut-être que ça ne s'entend pas
00:24:24parce que quel est le problème ?
00:24:25C'est que,
00:24:26comme tu as le présidentialisme
00:24:27et que, justement,
00:24:28il n'y a pas besoin
00:24:28d'être Bac plus 36
00:24:29pour comprendre
00:24:30que c'est là que ça se passe,
00:24:31tout le monde comprend dans le pays
00:24:32que c'est l'élection
00:24:32où ça se passe.
00:24:33Donc, c'est là
00:24:33où tout le monde va voter.
00:24:34Donc, c'est un moment
00:24:35de politisation extrêmement important.
00:24:36Donc, c'est aussi l'occasion
00:24:37d'avoir un retour social
00:24:38et politique
00:24:38qu'on n'a pas habituellement.
00:24:39Donc, c'est aussi pour ça
00:24:40qu'on l'a fait,
00:24:41mais en essayant d'amener
00:24:42de manière peut-être
00:24:43plus positive
00:24:44maintenant qu'à l'époque
00:24:45ce que signifierait
00:24:47la fin de la fonction présidentielle
00:24:48sachant que, là aussi,
00:24:49la fin de la fonction présidentielle,
00:24:51ça ne veut pas dire
00:24:51qu'on rentre automatiquement
00:24:52dans une société plus démocratique.
00:24:54Il y a des tas de sociétés
00:24:54où il n'y a pas de présidentialisme.
00:24:55Ce n'est pas plus démocratique
00:24:56pour autant.
00:24:57Mais c'est une manière
00:24:58de penser l'irruption populaire
00:24:59sur la scène politique.
00:25:01Oui, parce qu'on imagine
00:25:02en plus que la VIème République
00:25:03que vous appelez de vos voeux,
00:25:04ce n'est peut-être pas exactement
00:25:05la même que la France Insoumise.
00:25:06Non, mais par exemple,
00:25:07il y a un débat.
00:25:07Moi, je serais friand
00:25:08d'avoir un débat avec eux.
00:25:09Je vois qu'ils mènent une campagne
00:25:09sur la VIème République
00:25:10et ça, d'abord,
00:25:11ce n'est pas friand
00:25:11parce qu'en réalité,
00:25:12ce débat-là,
00:25:13on l'a des fois
00:25:13de manière directe ou indirecte.
00:25:15Et puis, je note que,
00:25:17moi, je serais curieux
00:25:17de savoir quelle est
00:25:18leur vraie conception
00:25:19de ce qu'est une assemblée constituante.
00:25:20Parce que des fois,
00:25:21j'entends des choses,
00:25:22des fois, j'entends autre chose,
00:25:23ce qui n'est pas grave non plus.
00:25:23On a le droit de penser
00:25:24à haute voix.
00:25:24Ce n'est pas un souci.
00:25:26Mais par exemple,
00:25:27imaginons que, voilà,
00:25:27ce soit la fin de la Vème République,
00:25:29tu as une assemblée constituante,
00:25:30mais s'il reste le Parlement,
00:25:31par exemple,
00:25:32c'est-à-dire que tu as deux assemblées,
00:25:34dont tu as deux lieux de pouvoir,
00:25:36donc tu vas avoir un problème.
00:25:38Si tu as dualité de pouvoir,
00:25:39qui va arbitrer ?
00:25:42La figure qui sera au-dessus ?
00:25:43C'est-à-dire une nouvelle forme
00:25:44présidentielle
00:25:45qui ne dira pas son nom ?
00:25:46Non, ça ne peut pas être le cas.
00:25:47Pour moi,
00:25:47je pense l'assemblée constituante
00:25:49comme un processus par le bas,
00:25:50c'est-à-dire une assemblée collective
00:25:53qui s'auto-introduit,
00:25:55qui s'auto-détermine
00:25:57et qui dit, voilà,
00:25:58nous avons les pleins pouvoirs
00:26:00sur tout.
00:26:01C'est-à-dire,
00:26:01à partir de maintenant,
00:26:02le pouvoir ancien
00:26:05commence à s'éteindre,
00:26:06un nouveau est en train de naître
00:26:07et on va en discuter collectivement.
00:26:09Pour moi,
00:26:09la dynamique de l'assemblée constituante,
00:26:11c'est vraiment le socle
00:26:13d'où tout doit partir.
00:26:14Vous parliez de la France insoumise
00:26:16et on va continuer à parler de démocratie,
00:26:18on va y aller les deux choses
00:26:18parce que,
00:26:19ça n'a pas dû vous échapper,
00:26:20mais on a beaucoup parlé
00:26:21du livre Lameut,
00:26:23avec notamment la question
00:26:24du fonctionnement
00:26:25du parti,
00:26:26du fonctionnement
00:26:27de la France insoumise,
00:26:28avec une question
00:26:29qui a beaucoup agité les médias,
00:26:30c'est peut-on vraiment porter
00:26:31une révolution démocratique
00:26:32sans l'être totalement
00:26:34dans son fonctionnement interne ?
00:26:37Vous, justement,
00:26:37au NPA,
00:26:38vous en savez d'une certaine façon
00:26:39quelque chose
00:26:39puisque certaines scissions
00:26:41ont été,
00:26:41je dis certaines
00:26:42parce que c'est difficile
00:26:42de les compter,
00:26:43au bout d'un moment,
00:26:44mais elles ont été provoquées
00:26:46par des problèmes,
00:26:48disons,
00:26:48de démocratie,
00:26:49en tout cas,
00:26:49c'est ce qu'on disait en interne,
00:26:50voilà,
00:26:50c'est pas assez démocratique.
00:26:52Est-ce qu'on peut,
00:26:53justement,
00:26:54est-ce qu'on peut vraiment porter
00:26:55une révolution démocratique
00:26:57en n'étant pas totalement
00:26:58irréprochable
00:26:59sur une horizontalité absolue
00:27:01ou est-ce que l'horizontalité
00:27:03à gauche
00:27:03est un mythe
00:27:04d'une certaine façon ?
00:27:05Non,
00:27:05ça peut pas être un mythe,
00:27:06ça peut pas être un mythe
00:27:07et pour moi,
00:27:07la question démocratique,
00:27:08c'est pas une question tactique,
00:27:09c'est une question stratégique
00:27:10qui touche
00:27:10au type de société
00:27:11qu'on veut construire
00:27:13parce que jusqu'à présent,
00:27:14on a eu deux types
00:27:14de sociétés dans l'histoire
00:27:15où à chaque fois,
00:27:16c'est une minorité
00:27:16qui décide pour la majorité,
00:27:18une société capitaliste
00:27:19dans laquelle on est
00:27:19ou une minorité
00:27:20d'actionnaires
00:27:21décide pour nous tous,
00:27:22on est des sociétés
00:27:23bureaucratiques,
00:27:24non d'un socialisme
00:27:26dit réellement existant
00:27:26ou une minorité
00:27:27d'apparatschiques
00:27:28décidées pour la majorité,
00:27:29la seule société
00:27:30pour laquelle on se bat,
00:27:31peu importe le nom
00:27:31qu'on lui donne,
00:27:33communisme,
00:27:33autogestion libertaire,
00:27:35écosocialisme,
00:27:35peu importe le nom,
00:27:37c'est la majorité
00:27:37qui déciderait pour elle-même,
00:27:39donc c'est pas une petite question,
00:27:40mais maintenant,
00:27:40moi,
00:27:41pour autant,
00:27:41je vais pas participer
00:27:42au LFI bashing
00:27:43parce que je sais,
00:27:45comment dire,
00:27:46je sais la petite musique
00:27:47qu'il y a derrière
00:27:48et je sais aussi
00:27:48à quel point à gauche,
00:27:51voilà,
00:27:51il y a tout le monde
00:27:51qui regarde passer un peu
00:27:52les boulets en se disant
00:27:53tiens,
00:27:53bah tiens,
00:27:54il se l'est pris dans la poire,
00:27:54finalement,
00:27:55il l'a bien mérité,
00:27:55en oubliant que derrière,
00:27:57il y a un processus
00:27:58de répression
00:27:58qui ne concerne pas
00:27:59que la LFI
00:28:00auquel on va être
00:28:01tous et toutes confrontés
00:28:02et donc la petite musique
00:28:03à gauche qui consiste à dire
00:28:05bah finalement,
00:28:06on va laisser passer
00:28:07les temps difficiles
00:28:08en espérant s'en sortir,
00:28:09personne,
00:28:11personne n'en sentira indemne.
00:28:12Si un groupe politique,
00:28:14social,
00:28:15syndical,
00:28:15un collectif
00:28:16subit la répression,
00:28:17quels que soient
00:28:18les désaccords
00:28:18qu'on a avec lui,
00:28:19il faut comprendre
00:28:20que derrière,
00:28:20ce sera le tour
00:28:20de tout le monde.
00:28:21Donc là aussi,
00:28:22c'est une ligne de crête,
00:28:23mais il faut faire
00:28:23front commun face à la répression,
00:28:26moi,
00:28:26affirmer toute ma solidarité
00:28:27avec la répression
00:28:29et avec tout le discours,
00:28:30enfin le tonneau,
00:28:31le tomberot
00:28:31de vase idéologique
00:28:33qui tombe sur la France
00:28:34insoumise au quotidien,
00:28:35tout en menant
00:28:36les discussions politiques
00:28:37sur ce qu'est la démocratie
00:28:38et ce que rejoint,
00:28:39et en effet,
00:28:40et puis avec beaucoup d'humilité
00:28:41parce que comme
00:28:43comme ça a été souligné,
00:28:44nous,
00:28:45le prix de la démocratie,
00:28:47on l'a payé au prix cher
00:28:48et quelle est la tension derrière,
00:28:49c'est que tu as une discussion
00:28:49qui concerne
00:28:50toutes les organisations
00:28:51du mouvement ouvrier,
00:28:52du mouvement d'émancipation,
00:28:54c'est entre efficacité
00:28:55et démocratie.
00:28:56Olivier Besancenot,
00:28:57on avait aussi envie
00:28:58de vous parler
00:28:58du syndicalisme
00:28:59face à l'extrême droite
00:29:00puisque vous avez
00:29:00une longue expérience
00:29:01à ce propos
00:29:02et je laisse Anthony
00:29:03vous poser cette question-là.
00:29:04Oui, pardon,
00:29:05je n'étais pas du tout
00:29:05sur ce sujet-là.
00:29:08On entend beaucoup
00:29:09que la gauche
00:29:10serait coupée
00:29:10des classes populaires,
00:29:11d'ailleurs on l'a vu
00:29:13aux dernières élections
00:29:14législatives,
00:29:1457% des ouvriers
00:29:16auraient voté RN
00:29:17selon l'Ipsos,
00:29:18on est à seulement
00:29:1921% pour le NFP.
00:29:21Vous qui n'êtes pas
00:29:22un professionnel
00:29:23de la politique,
00:29:23même si ça fait
00:29:24un certain nombre d'années
00:29:24qu'on vous voit
00:29:25malgré tout
00:29:26prendre la parole
00:29:28et revendiquer
00:29:29et prendre des positions fortes,
00:29:30vous êtes toujours
00:29:31posti aujourd'hui,
00:29:32vous avez monté
00:29:32une section CGT
00:29:33autrefois à Shopee,
00:29:34alors pour les plus jeunes
00:29:34qui nous écoutent,
00:29:35Shopee c'est une superette,
00:29:37je pense qu'on peut
00:29:37l'expliquer comme ça.
00:29:38D'abord,
00:29:40quel regard
00:29:40vous portez
00:29:40sur ces données-là,
00:29:43sur le fait
00:29:44que la gauche
00:29:44se serait écartée
00:29:46du genre
00:29:47des classes populaires
00:29:48et aurait perdu
00:29:48en particulier
00:29:49les ouvriers,
00:29:50le prolétariat ?
00:29:51D'abord pour information,
00:29:52je suis postier
00:29:53mais en disponibilité
00:29:54jusqu'au mois de décembre
00:29:55puisque je travaille
00:29:55sur un film documentaire
00:29:56qui concerne
00:29:56une histoire révolutionnaire
00:29:57au Chili,
00:29:58donc je le dis
00:30:00par ailleurs
00:30:00c'est en toute humilité
00:30:01qu'il faut voir
00:30:03le problème
00:30:03qui est un problème majeur,
00:30:04qui est un problème
00:30:05de décomposition
00:30:06du mouvement ouvrier
00:30:07syndical,
00:30:07social,
00:30:08politique.
00:30:08Voilà,
00:30:09il y a des trucs
00:30:09auxquels on n'était
00:30:09pas préparé.
00:30:10Tu peux imaginer
00:30:11les crises politiques,
00:30:12tu peux imaginer
00:30:13les moments de reflux
00:30:13politiques,
00:30:14les moments durs
00:30:15mais un moment
00:30:15d'élitement
00:30:16par-delà les frontières
00:30:17d'une structure
00:30:18qu'a organisé
00:30:19le prolétariat
00:30:20pendant 150 ans
00:30:21d'histoire,
00:30:21à cette échelle-là
00:30:22personne n'y était préparé
00:30:23et ça,
00:30:24ça invite à beaucoup
00:30:25d'humilité
00:30:25parce que ça veut dire
00:30:26qu'il faut réinventer
00:30:27un nouveau projet
00:30:28d'émancipation,
00:30:29de nouvelles organisations
00:30:30avec un nouveau sujet
00:30:31révolutionnaire
00:30:32où y compris
00:30:32toutes les questions
00:30:34de lutte
00:30:34contre toute forme
00:30:35de discrimination
00:30:35qu'elle soit sexiste,
00:30:36qu'elle soit raciste,
00:30:37qu'elle soit sexuelle
00:30:38ne nous éloignent pas
00:30:39de la lutte de classe,
00:30:39ça nous y ramène.
00:30:41Donc dans un monde nouveau
00:30:42parce que le capitalisme
00:30:43est en train de changer,
00:30:44la mondialisation libérale
00:30:45s'est terminée,
00:30:46donc il faut penser
00:30:47dans une période de transition
00:30:47qui est par nature
00:30:48hyper frustrante.
00:30:49Voilà,
00:30:52avec ce bilan,
00:30:53cet état de fait
00:30:54qui n'invite pas du tout
00:30:55à l'inaction,
00:30:55au contraire,
00:30:56mais en même temps
00:30:57sans se battre la coupe
00:30:58parce que c'est
00:30:59le coup des couches populaires.
00:31:00Oui, le RN est devant
00:31:01chez les ouvriers,
00:31:02mais par exemple
00:31:02quand tu ramènes ça
00:31:03au revenu,
00:31:03c'est beaucoup plus compliqué
00:31:04que ça.
00:31:06Donc on n'est pas déconnecté
00:31:08des classes populaires,
00:31:09on n'est pas déconnecté
00:31:10de la jeunesse,
00:31:11c'est pas vrai
00:31:11et quand on se donne
00:31:12les moyens,
00:31:12on est là
00:31:13et on est encore là.
00:31:13En fait,
00:31:14les 20 ans du nom de gauche
00:31:15au traité constitutionnel,
00:31:16moi je me souviens encore
00:31:17des meetings,
00:31:18c'était populaire.
00:31:19Il y avait des quartiers,
00:31:20il y avait des syndicalistes,
00:31:21il y avait des militants
00:31:22et des militantes.
00:31:23Donc ça,
00:31:23c'est la responsabilité
00:31:24de la gauche.
00:31:24On dit souvent
00:31:25que c'est aussi
00:31:25parce que du coup
00:31:27les personnes
00:31:28se sont éloignées
00:31:29parce que la gauche
00:31:29a trahi
00:31:29et parce que la gauche
00:31:31a déçu
00:31:32et aussi peut-être
00:31:33abandonné certains sujets,
00:31:35évidemment pas tenu
00:31:36des promesses,
00:31:36etc.
00:31:37Est-ce qu'on subit
00:31:39toujours ça,
00:31:40l'héritage ?
00:31:40Ah oui,
00:31:41je pense qu'on subit
00:31:42deux choses.
00:31:42D'abord,
00:31:43on subit le bilan
00:31:44des expériences
00:31:46du passé,
00:31:47les promesses
00:31:48d'émancipation,
00:31:49les espérances politiques
00:31:50qui se réfèrent au socialisme,
00:31:51elles se sont terminées
00:31:52en catastrophe
00:31:52et ça,
00:31:53on le paye encore,
00:31:53que ça soit la version
00:31:55bureaucratique,
00:31:55que ça soit l'expérience
00:31:56sociale-démocrate
00:31:57à sa manière
00:31:58et puis les expériences
00:31:59récentes de...
00:32:00Voilà,
00:32:00si aujourd'hui,
00:32:02si les gens
00:32:03ne font plus la différence
00:32:03entre la gauche
00:32:04et la droite,
00:32:04ce n'est pas parce que
00:32:05la droite aura amené
00:32:05une politique de gauche
00:32:06quand elle était au pouvoir.
00:32:07Voilà,
00:32:08et ça,
00:32:08on le paye encore.
00:32:09Maintenant,
00:32:09tu es obligé de regarder devant,
00:32:10c'est pour ça que...
00:32:12Je ne sais pas si c'est
00:32:14l'âge qui fait ça,
00:32:15mais j'essaie de moins
00:32:15regarder dans le rétroviseur
00:32:17parce que regarder
00:32:18dans le rétroviseur,
00:32:19en effet,
00:32:19tu peux cartonner,
00:32:21par exemple,
00:32:21c'est pour ça,
00:32:21je l'ai dit une fois,
00:32:22mais on peut cartonner le PS,
00:32:25on peut passer H24,
00:32:27les sujets ne vont pas manquer,
00:32:28mais par exemple,
00:32:28qui d'entre vous
00:32:29pense que le Parti Socialiste
00:32:31a franchi la ligne rouge
00:32:32au moment de la négociation
00:32:33avec Bérou ?
00:32:34Que c'était à ce moment-là
00:32:36que le PS a franchi la ligne rouge ?
00:32:37Moi,
00:32:37depuis que je suis tout petit,
00:32:38le PS,
00:32:38il a franchi la ligne rouge.
00:32:39Donc,
00:32:40ce n'est pas à ce moment-là.
00:32:40Donc,
00:32:41on peut surinterpréter,
00:32:42surjouer.
00:32:42Il faudrait faire le bilan
00:32:44de la gauche
00:32:45où il n'y avait pas que le PS
00:32:46qui était au pouvoir
00:32:47et qui n'ait déjà
00:32:48une politique de droite.
00:32:49Et ça va nous mener où ?
00:32:51Donc,
00:32:51il faut prendre l'urgence
00:32:52telle qu'elle est,
00:32:54discuter d'une pratique commune,
00:32:55d'un contenu
00:32:56en assumant des désaccords
00:32:57et essayer d'avancer
00:32:58avec,
00:32:59si je peux me permettre,
00:33:00une boussole quand même,
00:33:01l'internationalisme.
00:33:02Parce que là aussi,
00:33:03dans la petite musique à gauche,
00:33:05consiste à dire finalement
00:33:05tout ce qui sort des frontières,
00:33:06ça va être une galère,
00:33:07ça va nous plomber,
00:33:09revenons à la situation française.
00:33:10Ben non,
00:33:11je pense que tout ce qui se passe
00:33:12à l'extérieur,
00:33:13toutes les mobilisations
00:33:14qui se jouent
00:33:14dans les autres peuples
00:33:15aura une incidence
00:33:16en termes de défaites
00:33:17ou de victoires
00:33:17sur nos propres défaites
00:33:18et nos propres victoires
00:33:19et vice-versa.
00:33:20Justement,
00:33:20on a l'intention de vous parler
00:33:21d'internationalisme
00:33:22dans la dernière partie.
00:33:23Donc,
00:33:24pas de soucis.
00:33:24C'est comme Yann Orillette
00:33:25qui m'a dit qu'en effet,
00:33:26il fallait que je fasse la transition
00:33:28et que je ne fasse pas
00:33:29ce décision.
00:33:31C'est plus sur la voie anticapitaliste
00:33:35qui est portée du coup
00:33:36par le NPA
00:33:37ou par la France Insoumise.
00:33:39C'est Ruffin qui dit
00:33:40que depuis deux ans,
00:33:41LFI,
00:33:41c'est la stratégie
00:33:42du ThinkSank Terra Nova
00:33:43avec le ton du nouveau
00:33:45parti anticapitaliste
00:33:46aujourd'hui qui porte
00:33:47la voie
00:33:48de l'anticapitalisme
00:33:49en France.
00:33:51Il y en a plein.
00:33:52Heureusement,
00:33:52il n'y a pas que le NPA.
00:33:53Il y en a qui font
00:33:54dans un discours
00:33:54plus réformiste,
00:33:56donc qui se dirait
00:33:57plus révolutionnaire
00:33:58et puis surtout...
00:33:59Attendez...
00:34:00On a un petit problème
00:34:00de son, je crois.
00:34:01Votre micro a coupé.
00:34:03On va le changer.
00:34:04Comme par hasard.
00:34:05Et puis...
00:34:06Bizarre, bizarre.
00:34:07Ça, c'est un coup de lia.
00:34:08On le sait.
00:34:09On parle d'anticapitalisme,
00:34:10mais hop,
00:34:10ça coupe.
00:34:12Pas de soucis.
00:34:13Mais nos super techniciens
00:34:14et techniciennes
00:34:15sont là pour réparer
00:34:16en direct les micros.
00:34:18Dans le chat,
00:34:18on sait que c'est la CIA.
00:34:19C'est largement partagé.
00:34:21Mais l'IA et la CIA,
00:34:22ça arrive un peu.
00:34:23Je pense que c'est la même chose.
00:34:24C'est la CIA qui utilise l'IA.
00:34:25C'est pour ça qu'ils nous ont coupés.
00:34:27Est-ce que ça marche
00:34:28désormais de nouveau ?
00:34:30On nous confirme
00:34:30qu'on peut continuer ?
00:34:31Allez-y.
00:34:32Est-ce que vous pouvez reparler ?
00:34:33Oui, je peux reparler.
00:34:34C'est bon.
00:34:35Vous pouvez répondre
00:34:36à la question
00:34:37de qui porte aujourd'hui
00:34:38la voie anticapitaliste.
00:34:40Je disais qu'il y en a plein
00:34:41et heureusement
00:34:41dans différents courants politiques,
00:34:43plus ou moins réformistes,
00:34:44plus ou moins révolutionnaires
00:34:45et surtout dans des collectifs,
00:34:46dans des mouvements sociaux.
00:34:48Et syndicats ?
00:34:49Dans des syndicats,
00:34:50dans une partie
00:34:51de la gauche syndicale,
00:34:52bien sûr,
00:34:52et puis dans une nouvelle génération.
00:34:53Une nouvelle génération
00:34:54féministe, LGBTI,
00:34:55écologiste,
00:34:56dans les quartiers
00:34:57qui, pour moi,
00:34:58font de la politique
00:34:59au bon sens du terme.
00:35:00Et de fait,
00:35:01c'est de l'anticapitalisme.
00:35:02L'anticapitalisme,
00:35:02ce n'est pas que les livres
00:35:04dans les bibliothèques.
00:35:04Mais du coup,
00:35:05est-ce que ça veut dire
00:35:05que la France insoumise
00:35:06a marginalisé l'UNPA
00:35:08au cours du temps ?
00:35:09Je ne sais pas,
00:35:10peut-être,
00:35:10mais je ne sais pas
00:35:13à quoi dire à ça.
00:35:14C'est-à-dire,
00:35:15je ne sais pas
00:35:16à quoi répondre à ça.
00:35:17Puis, comment dire ?
00:35:18Le coup de...
00:35:19On s'envoie des balles,
00:35:22des balles traçantes
00:35:23à distance.
00:35:24Je n'ai plus envie
00:35:24de faire ça.
00:35:25Moi, quand j'ai quelqu'un
00:35:26en face,
00:35:26je peux lui dire
00:35:26mes cas de vérité.
00:35:27Je peux lui dire
00:35:27je ne suis pas d'accord
00:35:28avec toi sur ça,
00:35:28ça et ça.
00:35:30Mais on avance.
00:35:31L'UNPA,
00:35:31on est une petite organisation.
00:35:33On n'a pas d'autres prétentions.
00:35:34On a eu un projet politique
00:35:35de dépassement.
00:35:36Malheureusement,
00:35:37ça n'a pas marché
00:35:37comme on le voulait.
00:35:39Je pense que chacun,
00:35:40à sa manière,
00:35:40essaye une expérience politique.
00:35:42L'extrême-gauche
00:35:42l'a fait dans les années 90.
00:35:44Même l'Ut ouvrière
00:35:44a tenté à sa manière.
00:35:46Avec Arlette Laguille,
00:35:46nous, on a tenté
00:35:47de le faire avec l'UNPA.
00:35:48La France insoumise
00:35:48tend de le faire.
00:35:49Demain, il y aura
00:35:49d'autres expériences.
00:35:50Le problème,
00:35:50c'est que pour l'instant,
00:35:51on a un problème.
00:35:52C'est que tous et toutes,
00:35:52il n'y a pas la bonne solution
00:35:53parce que derrière,
00:35:54il y a des vrais dilemmes.
00:35:55Et les vrais dilemmes,
00:35:56c'est que dans cette période
00:35:56de transition
00:35:57que j'essaie d'évoquer,
00:35:58on veut faire du neuf.
00:35:59On ne peut pas faire du neuf
00:36:00qu'à partir du neuf
00:36:01parce que c'est de la démagogie.
00:36:02Donc, il faut faire du neuf
00:36:03aussi avec un peu du vieux,
00:36:05c'est-à-dire le meilleur
00:36:06des expériences révolutionnaires
00:36:07du passé.
00:36:07Ça veut dire qu'il faut
00:36:08à la fois être capable
00:36:09d'enjamber les organisations
00:36:11qui sont en crise
00:36:12et en même temps,
00:36:12on ne peut pas en faire abstraction.
00:36:14Et une fois que j'ai dit ça,
00:36:15c'est un sacré dilemme.
00:36:16Mais on l'a tous,
00:36:17ce dilemme-là.
00:36:17Quelle que soit la version,
00:36:18on l'a tous.
00:36:21Je crois que tu voulais...
00:36:22Oui, mais c'était par rapport
00:36:24aux syndicats,
00:36:25mais on est passé sur...
00:36:25Non, mais vas-y,
00:36:26tu peux y aller.
00:36:27Excusez-moi,
00:36:27je reviens un tout petit peu
00:36:28en arrière aussi.
00:36:29Par rapport au...
00:36:30Effectivement,
00:36:30tout le monde a un rôle à jouer.
00:36:33Pardon, je rembobine aussi
00:36:35parce qu'on a parlé
00:36:35un petit peu
00:36:36de syndicats,
00:36:38de syndicalisme, etc.
00:36:39Et oui,
00:36:40est-ce que par exemple
00:36:40les syndicats
00:36:41peuvent toujours jouer
00:36:42ce rôle aussi
00:36:43de la conscience de classe,
00:36:45de faire émerger
00:36:45les consciences de classe ?
00:36:46Bien sûr.
00:36:47Et est-ce que vous pensez
00:36:49que ce n'est pas quelque chose
00:36:50comme on entend parfois
00:36:51qui serait justement
00:36:52en perte de vitesse
00:36:53et qu'est-ce qu'on peut faire
00:36:54par rapport à ça ?
00:36:54Non, non, je n'y crois pas beaucoup.
00:36:55C'est justement pour la lutte
00:36:56des classes quand même.
00:36:57La conscience de classe
00:36:57est un des moteurs.
00:37:00Je pense qu'il y a
00:37:01les organisations à la base
00:37:02qui cherchent à le faire.
00:37:02Je pense que la décomposition
00:37:04du mouvement ouvrier
00:37:05concerne tout le monde
00:37:06de la même manière.
00:37:07Personne ne fait abstraction.
00:37:08On ne va pas dire
00:37:09la forme syndicale
00:37:09est en pleine forme,
00:37:10la forme politique est en crise.
00:37:11Là, il y a quelque chose
00:37:12qui m'a échappé.
00:37:14Donc, sans fétichisme
00:37:15de la force organisationnelle,
00:37:16pour moi,
00:37:17chaque forme organisée
00:37:18et collective
00:37:19contribue à la prise
00:37:20de conscience de classe.
00:37:21Et d'ailleurs,
00:37:21avec des lignes de fractures
00:37:22qui sont beaucoup plus floues.
00:37:23Par exemple,
00:37:25il y a une lecture
00:37:25un peu mal dégrossie
00:37:26dans les rangs
00:37:27d'une partie de la gauche
00:37:27révolutionnaire,
00:37:28y compris marxiste,
00:37:29de la fameuse,
00:37:29c'est un concept marxiste,
00:37:30je m'excuse,
00:37:31de conscience en soi,
00:37:32conscience pour soi.
00:37:33Pour faire vite,
00:37:34la conscience en soi,
00:37:35c'est la classe
00:37:36qui prend conscience
00:37:37qu'elle existe en tant que telle
00:37:38parce qu'elle est ouvertement
00:37:39et quotidiennement opprimée.
00:37:40La conscience pour soi,
00:37:41c'est la classe sociale
00:37:42qui prend conscience
00:37:43qu'elle a un rôle historique
00:37:44à jouer,
00:37:44d'unité sociale
00:37:45et d'émancipation
00:37:47plus générale.
00:37:48Une lecture un peu mal
00:37:49dégrossie de ça,
00:37:50ça a été de dire,
00:37:50en gros,
00:37:51la conscience en soi,
00:37:52c'est le syndicat
00:37:53et la conscience pour soi,
00:37:54c'est le parti.
00:37:55Alors les choses sérieuses,
00:37:55c'est dans le parti
00:37:56que ça se passe.
00:37:56En réalité,
00:37:58ça s'entremêle
00:37:59très régulièrement.
00:38:00Je pense qu'il y a
00:38:00de la politique
00:38:01dans le syndicalisme
00:38:02et puis la place des partis,
00:38:05c'est aussi dans la rue.
00:38:06Et cette synthèse,
00:38:08elle est difficile à trouver,
00:38:09mais en tous les cas,
00:38:09la séparation qui veut.
00:38:10La gauche sociale
00:38:11s'occupe que du social
00:38:12et de la rue,
00:38:13la gauche politique,
00:38:14c'est les choses sérieuses,
00:38:15c'est les institutions,
00:38:16c'est le Parlement,
00:38:16c'est les partis.
00:38:17Je pense que ça ne colle plus
00:38:18à la réalité.
00:38:19Donc là aussi,
00:38:19il faut essayer de trouver
00:38:20les formes de synthèse
00:38:21et toutes les formes.
00:38:22Et il y a du positif,
00:38:23je veux dire,
00:38:24même dans,
00:38:25on a vécu une énorme défaite
00:38:26avec le mouvement des retraites,
00:38:28mais ça se voit,
00:38:28moi je vois bien,
00:38:29il y a des nouvelles générations,
00:38:30ça apparaît.
00:38:31Il y a des connexions qui se font.
00:38:32C'est peut-être
00:38:33une activité de fourmi,
00:38:34mais ça existe.
00:38:36Justement sur les connexions,
00:38:37vous disiez tout à l'heure,
00:38:38on est face à un éclatement
00:38:39aussi du monde ouvrier.
00:38:40Comment on fait
00:38:40pour créer du commun,
00:38:41disons,
00:38:41entre tous les prolétaires,
00:38:43entre, je ne sais pas,
00:38:44pour schématiser,
00:38:45le livreur à vélo,
00:38:46le métallurgiste,
00:38:46l'ouvrier agricole ?
00:38:47Il y a cet éclatement là,
00:38:49de cette classe.
00:38:49Comment on l'a réunie ?
00:38:50Là, je ne sais pas,
00:38:51sinon je serais bien,
00:38:52pas mal de vous le dire,
00:38:53je ne serais pas là avec vous,
00:38:54je serais déjà en train de le faire.
00:38:55Ça ne se décrète pas,
00:38:56mais c'est déjà arrivé dans l'histoire.
00:38:58Là aussi,
00:38:59il y a une vision même
00:38:59très ouvriériste,
00:39:00dans le sens péjoratif du terme
00:39:02qu'a gagné le mouvement ouvrier
00:39:03pendant très longtemps,
00:39:04qui consiste à croire
00:39:04que le prolétariat,
00:39:05c'était la classe ouvrière
00:39:07plutôt blanche, masculine,
00:39:09et uniquement sur sa chaîne de travail,
00:39:10en bleu de travail.
00:39:11Ce n'était déjà pas ça,
00:39:12la classe ouvrière.
00:39:13Et que du coup,
00:39:13c'était les grands bastions
00:39:14du mouvement ouvrier,
00:39:15des grandes usines
00:39:16avec 10, 15 000 travailleurs.
00:39:18Ce qui est vrai,
00:39:19les bastions ouvriers
00:39:20ont joué un rôle fondamental
00:39:21dans la lutte de classe.
00:39:22Mais la lutte de classe,
00:39:23elle n'a pas commencé
00:39:24avec les bastions ouvriers.
00:39:25Elle n'a pas commencé
00:39:26avec les concentrations industrielles.
00:39:28Je vous parlais de la commune de Paris.
00:39:30C'est des ouvriers,
00:39:31des ouvriers artisans,
00:39:33des ouvriers commerçants
00:39:34dans des ateliers
00:39:35où tu as 3, 4, 5, 6 personnes
00:39:37où on parle de socialisme,
00:39:39on parle de prolétariat,
00:39:40on parle d'espérance politique.
00:39:42Donc c'est un sujet politique
00:39:43qui s'est inventé
00:39:44sur la base d'une pratique
00:39:45qui était celle de la démocratie.
00:39:46Donc ça, ça ne se décrète pas.
00:39:48Mais on peut discuter
00:39:49de ce que serait le sujet révolutionnaire,
00:39:52de ce que signifie la lutte de classe.
00:39:54Moi, je suis un militant marxiste,
00:39:57révolutionnaire, internationaliste.
00:39:57Je crois la vertu émancipatrice
00:39:59de la lutte de classe.
00:40:00C'est les points de repère.
00:40:01Une fois que j'ai dit ça,
00:40:02ça ne règle pas tout.
00:40:04Mais c'est une manière
00:40:04de la se préempire.
00:40:05ça fait plusieurs fois que vous le dites,
00:40:07le besoin de discuter à gauche.
00:40:08Il y a vraiment besoin
00:40:09de se mettre autour de la table
00:40:09pour discuter des sujets de fond.
00:40:11Oui, et sur la base d'une pratique.
00:40:13On ne peut pas discuter à froid,
00:40:14semble-t-il.
00:40:15Et puis quand on discute à froid,
00:40:16souvent c'est des fins de balayeur.
00:40:17Donc ça ne sert pas à grand-chose.
00:40:18Par contre, les pratiques collectives
00:40:20nous imposent des discussions
00:40:21qui ne sont pas les mêmes.
00:40:23Et très souvent,
00:40:24on parlait, je crois,
00:40:24des mobilisations sociales
00:40:26quant à la gauche sociale
00:40:28d'une manière ou d'une autre
00:40:28qui est présente.
00:40:30Ça fait aussi un moyen de pression
00:40:31sur les partis.
00:40:32Je parlais du NFP.
00:40:33Là aussi,
00:40:33si on est tout à fait pragmatique,
00:40:35il n'y aurait pas eu NFP
00:40:36s'il n'y avait pas eu l'unité
00:40:37des directions des partis politiques
00:40:38de gauche.
00:40:38Donc je ne vais pas me la raconter.
00:40:40S'ils ne s'étaient pas mis d'accord,
00:40:41ça n'aurait même pas eu lieu.
00:40:42Point barre, fin de la discussion.
00:40:44Donc ils ont passé deux nuits blanches.
00:40:45Visiblement,
00:40:45deux nuits blanches,
00:40:46ils ont fait des merveilles.
00:40:47Bon, soit,
00:40:48mais après,
00:40:49ça s'est très vite élargi.
00:40:51Il y a des organisations
00:40:52du mouvement social.
00:40:53Il y a Attaq,
00:40:53il y a le Planning Familial,
00:40:54il y a Tzedek,
00:40:55des organisations juives décoloniales.
00:40:56Et puis de fait,
00:40:57le syndicalisme,
00:40:57sans rejoindre le NFP,
00:40:59a appelé à une manifestation.
00:41:00Ça a joué dans l'ambiance.
00:41:02Localement,
00:41:02il y avait des tas d'équipes syndicales
00:41:04qui étaient dans la campagne.
00:41:05Et ça,
00:41:05c'était contraignant
00:41:06pour les partis politiques.
00:41:07Je ne sais pas si je me fais comprendre,
00:41:08mais c'est genre,
00:41:08on ne peut pas mener
00:41:09la même discussion
00:41:10parce que finalement,
00:41:10c'est bizarre,
00:41:11on n'est pas contre nous.
00:41:12Donc,
00:41:13ça change un peu l'ambiance.
00:41:15Bien sûr.
00:41:16Alors,
00:41:16je ne sais pas Olivier
00:41:17si on vous a prévenu,
00:41:19mais ça va bientôt être l'entrée
00:41:20du pire journaliste de la rédaction.
00:41:23Il y a une sorte de happening
00:41:23qui arrive à un moment.
00:41:25On m'a prévenu.
00:41:26Sans prévenir un gars.
00:41:26Très bien,
00:41:27on vous a prévenu.
00:41:28Du coup,
00:41:28c'est pour ça qu'on m'a coupé le micro.
00:41:31C'est le moment d'accueillir Péa
00:41:32pour la carte de presque.
00:41:37Péa,
00:41:37ça te donne toujours comme présentation
00:41:38le pire journaliste de la rédaction.
00:41:39Qu'est-ce que tu as d'accord avec ça ?
00:41:40Après,
00:41:41je trouve que je suis devenu
00:41:42le plus moyen maintenant.
00:41:43Je m'améliore de chronique en chronique.
00:41:46Olivier,
00:41:47mon facteur préféré.
00:41:48C'est que tous les matins,
00:41:48moi,
00:41:48je t'ai attendu
00:41:49et tu n'étais jamais passé par chez moi.
00:41:51Des rêves brisés.
00:41:52En tout cas,
00:41:52tu es le Vezoul.
00:41:53Qu'est-ce que tu crois ?
00:41:54Le Valois Vezoul,
00:41:55c'est quoi ?
00:41:55C'est trois heures
00:41:56depuis la gare de l'Est ?
00:41:57Ouais,
00:41:58en vélo,
00:41:58c'est ça.
00:41:58En vélo,
00:41:59c'est ça.
00:42:00Olivier,
00:42:02on est hyper content
00:42:02de te recevoir.
00:42:03Tu es quand même
00:42:03le troisième Olivier
00:42:04le plus connu de France.
00:42:05après Giroud
00:42:06et le mec de Carglass.
00:42:09Le mec de Carglass,
00:42:09je vois qui c'est,
00:42:10mais l'autre,
00:42:10je n'ai pas...
00:42:11Olivier Giroud,
00:42:12vous ne l'avez pas ?
00:42:13On m'a aussi parlé
00:42:14d'un certain Olivier Faure,
00:42:16mais je n'avais pas le gars.
00:42:19Je crois qu'il est catcheur.
00:42:21Olivier,
00:42:22en vrai,
00:42:22je vais être très honnête,
00:42:23contrairement aux autres invités,
00:42:26j'ai un peu la pression
00:42:27parce que je t'apprécie
00:42:28et je te regarde
00:42:29depuis très,
00:42:29très,
00:42:29très longtemps.
00:42:30Et du coup,
00:42:31j'ai écrit un petit message
00:42:32pour toi,
00:42:33sincère.
00:42:34Olivier,
00:42:35je suis trop content
00:42:35de te recevoir.
00:42:36Je pense que pour une partie
00:42:37de ma génération,
00:42:38tu as porté un discours nécessaire
00:42:40en rupture
00:42:41avec le récit
00:42:41des médias dominants
00:42:42et c'est donc en partie
00:42:44grâce à toi
00:42:44qu'on a réussi
00:42:45à développer
00:42:46une conscience collective
00:42:46et qu'on inspire aujourd'hui
00:42:48à une sortie du capitalisme.
00:42:50Donc,
00:42:50je te remercie vraiment.
00:42:51Tu n'as jamais été aussi sérieux.
00:42:53Il n'y a pas de blague,
00:42:54c'est vraiment...
00:42:54Je suis vraiment fan du gars.
00:42:55Moi, qu'est-ce que c'est
00:42:55faire des blagues ?
00:42:56Oui, ça m'est arrivé.
00:42:58Enfin,
00:42:58il n'y a pas de blague,
00:42:59mais il y a un tic.
00:43:00Il y a un tic.
00:43:01C'est-à-dire que les jeunes,
00:43:02maintenant,
00:43:02ils ne te connaissent pas.
00:43:03Ils ne savent pas qui t'es.
00:43:04Ils ne savent même pas
00:43:05que tu avais ta marionnette
00:43:06dans les guignols.
00:43:08Pour ceux qui ne savent pas,
00:43:08les guignols,
00:43:10c'est comme les marioles
00:43:11sur Blast,
00:43:11sauf que les marioles
00:43:12sur Blast,
00:43:12c'est très nul.
00:43:15Parait que ça s'est arrêté.
00:43:16En tout cas,
00:43:17moi, j'ai donné 10 balles
00:43:18à Denis Robert.
00:43:19J'espère le récupérer.
00:43:21La petite marionnette
00:43:22d'Olivier.
00:43:24Regarde.
00:43:24Ça rappelle des sous.
00:43:25Elle est bien.
00:43:26Je te la laisse.
00:43:27Tu t'en souviens ?
00:43:28Parce qu'il n'a pas de télé
00:43:28chez lui.
00:43:29Elle n'est pas si ressemblante
00:43:30quand même,
00:43:31cette marionnette.
00:43:32Maintenant que je vous vois
00:43:32en vrai, franchement.
00:43:34Bon.
00:43:35Sinon,
00:43:36comme Mejdal a dit,
00:43:37tu as créé une section CGT
00:43:39dans un Shopee
00:43:40pendant tes études.
00:43:42Pour ceux qui ne voient pas
00:43:43ce que c'est Shopee,
00:43:44parce qu'il y a des gens aussi
00:43:45qui...
00:43:45Shopee, ça existe encore ?
00:43:46Je ne suis même pas sûr.
00:43:48Franprix,
00:43:48c'est comme Franprix,
00:43:49mais avant l'inflation.
00:43:50Et pour ceux qui ne savent pas
00:43:51ce que c'est l'inflation,
00:43:52je vais laisser Olivier
00:43:53nous l'expliquer en deux mots.
00:43:55Oh, wow.
00:43:57On va dire
00:43:58que c'est une augmentation
00:43:58des prix,
00:43:59mais ce n'est pas vraiment
00:43:59que ça.
00:44:00Ok, j'aurais mieux expliqué,
00:44:01mais c'est pas mal.
00:44:04C'est pas mal.
00:44:05Bref, tout ça pour dire
00:44:06qu'Olivier,
00:44:07à 19 ans,
00:44:08il faut donner
00:44:08des sections CGT
00:44:09dans les Shopee.
00:44:10Et moi, à 19 ans,
00:44:11la seule chose que j'ai fait,
00:44:11c'est perdre ma virginité.
00:44:14Oh, wow.
00:44:14On est dans ce registre,
00:44:15donc.
00:44:15Mais sachant qu'à Luma,
00:44:16c'est super tôt.
00:44:17Théo, il rigole là-bas,
00:44:18il a 44 ans,
00:44:19elle n'a encore jamais.
00:44:21C'est-à-dire que tu n'as pas
00:44:22monté de section syndicale ?
00:44:23Non, voilà, voilà.
00:44:26Il n'a jamais rien monté.
00:44:28Oh, non.
00:44:28Oui, on a compris.
00:44:29Bon, c'est bon.
00:44:30Sinon, ça fait plus extrêmement
00:44:31qu'on se fout de la gueule
00:44:32de l'extrême droite
00:44:33et vous avez l'air d'aimer.
00:44:34On a fait Vincent Lapierre,
00:44:35gneu, gneu, gneu,
00:44:36les Arabes.
00:44:37On a fait Jordan Florentin,
00:44:38gneu, gneu, gneu,
00:44:39les Arabes.
00:44:40On a fait Pascal Praud,
00:44:41gneu, gneu, gneu,
00:44:42les Arabes.
00:44:43Et maintenant,
00:44:43on a choisi de faire
00:44:45Papacito et Raptor.
00:44:46Pour ceux qui ne connaissent pas,
00:44:47c'est les influenceurs
00:44:48d'extrême droite
00:44:49pour qui tout est gay.
00:44:50Trouver les excuses,
00:44:51c'est gay.
00:44:53Quitter X, c'est gay.
00:44:55Branler son pote, c'est gay.
00:44:57Bref,
00:44:57tout est gay pour ces gens-là.
00:44:59Vous l'avez compris.
00:45:00Qui vous présente
00:45:02Dadisito et Raptors,
00:45:03Magneto Mike, s'il te plaît.
00:45:04Tu sais, c'est quoi le problème en France ?
00:45:05Bah oui, c'est les Arabes.
00:45:06Ouais, tu as raison.
00:45:07Mais il y a un autre truc.
00:45:08C'est les meufs, c'est les meufs.
00:45:09Tu es fort, mais il y a un autre truc encore.
00:45:10Bah c'est les gays alors.
00:45:12Tu es fou, tu es fou.
00:45:12C'est les gays.
00:45:16Non, le problème aujourd'hui en France,
00:45:18c'est la gauche.
00:45:19Il n'y a que des lopettes.
00:45:20Les gens qui mettaient les strings.
00:45:21Vas-y, frérot, la gauche,
00:45:22on l'enquitte, non ?
00:45:22Il tient fou, ça, c'est gay, ça.
00:45:25Tu as suivi la trend sur Twitter
00:45:26sans un mauvais sanghori.
00:45:28Tu imagines toi,
00:45:29son gauchiste contre un gorille
00:45:30se ferait marrer la tête
00:45:31dans tous les sens.
00:45:34Est-ce qu'on peut organiser un colloque
00:45:35pour savoir si le gorille
00:45:36a consenti à se battre ?
00:45:37J'ai envie de ton colloque,
00:45:38c'est gay, non ?
00:45:38De la merde.
00:45:39Ce n'est pas le gorille le problème,
00:45:40c'est le système qui l'a poussé à frapper.
00:45:42En tout cas, toi,
00:45:42le système t'as pas fait pousser
00:45:43une paire de couilles.
00:45:44Moi, j'ai une grosse vie.
00:45:46Moi aussi, elle est énorme.
00:45:49Tu vois ?
00:45:54Tu vois, il n'y a que les droits-tards
00:45:56bien testos, bien chadesques
00:45:57qui peuvent gagner contre le gorille.
00:45:58Avec nous, c'est peine de mort
00:46:00directe pour le gorille, tu vois ?
00:46:01Et au mieux, c'est une QTF
00:46:02et on te le renvoie aux eaux de Beauval.
00:46:05On te le prend à mes nues.
00:46:07On te le chope à la nuque,
00:46:08on te le soulève,
00:46:09après on le baise.
00:46:10Non, non, non.
00:46:12Attends, mais tu l'as invité.
00:46:13Bah non, tu l'as invité un gorille.
00:46:14Non, je ne l'ai pas invité.
00:46:16Pardon, monsieur le gorille,
00:46:17c'est la photocapitalisme
00:46:18si vous tapez.
00:46:19Rien à voir, nous, en 2002,
00:46:20on a voté pour Besançon.
00:46:21On est dans le dialogue.
00:46:24Ils sont dans le dialogue,
00:46:25mais ils ont perdu la bagarre.
00:46:26Comme Macron a perdu contre vous.
00:46:28Des guignols jusqu'à Papacito.
00:46:30T'as vu, on voyage.
00:46:31Grand public.
00:46:32Un voyage public, c'est une chronique,
00:46:33je crois pas.
00:46:34Bon, sinon, tu connais notre petit jeu ?
00:46:36Ça ira, ça ira pas.
00:46:38En gros, je vais te montrer des photos
00:46:39et tu vas me dire,
00:46:40ça ira, ça veut dire que c'est cool.
00:46:42Ça ira pas, ça veut dire que c'est pas cool.
00:46:43Et tu peux, évidemment,
00:46:45parler et me donner des petites explications.
00:46:48Ok.
00:46:48À ton aise.
00:46:50Olivier, libraire.
00:46:53Ça ira, ça ira pas.
00:46:53Ça ira à Philippe Poutou,
00:46:55qui a ouvert sa librairie avec B.A. à Bordeaux.
00:46:59Donc, ça lui va, lui.
00:47:01Ensuite, une primaire populaire à gauche.
00:47:04Ça ira ou ça ira pas ?
00:47:06Ça ira pas pour l'instant.
00:47:09Pas très bavard.
00:47:11Vous pouvez justifier un petit peu.
00:47:14Non, ce qui irait, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure,
00:47:15une assemblée constituante du nouveau Front populaire.
00:47:19Il faudrait qu'on travaille ensemble, en fait,
00:47:20parce que finalement, on fait des redites à chaque fois.
00:47:24Les guichets de la poste qui ferment,
00:47:25ça ira ou ça ira pas ?
00:47:26Non, ça, ça ira pas.
00:47:27Et malheureusement,
00:47:29c'est monnaie courante.
00:47:31Et moi, j'ai vu,
00:47:33puisque tu t'évoquais la longue période
00:47:35que j'ai connue,
00:47:36mais c'est le jour et la nuit
00:47:37du point de vue du service public postal.
00:47:39Moi, je suis au guichet maintenant,
00:47:40même si je suis en dispo.
00:47:41Mais j'étais facteur, en effet, pendant très longtemps.
00:47:43Et il y a des tas de régions maintenant,
00:47:45on ne voit plus passer le facteur
00:47:46une seule fois dans la journée.
00:47:48Donc, c'est vraiment le jour et la nuit.
00:47:49Il y a eu des milliers de fermetures
00:47:50de bureaux de poste.
00:47:51Et je continue à penser
00:47:52qu'un bureau de poste,
00:47:53ce n'est pas fait pour générer du profit,
00:47:54pas plus qu'une école,
00:47:55pas plus qu'un hôpital.
00:47:56Voilà.
00:47:57Merci beaucoup, Olivier.
00:47:58Je suis toujours d'accord avec lui.
00:47:59Vous cachez de la poste,
00:48:00c'est pas mal aussi pour...
00:48:02Le rap en 2025.
00:48:04J'ai mis de doule.
00:48:06Le rap en 2025, c'est ça.
00:48:07Est-ce que tu écoutes encore du rap ?
00:48:09Ouais, ouais, j'écoute, ouais.
00:48:10Tu écoutes quoi ?
00:48:11Bah, de l'ancien, du nouveau.
00:48:13En ce moment,
00:48:13je serai un rappeur talentueux,
00:48:15jeune, qui s'appelle Taïsé Pepe.
00:48:17Ok.
00:48:17Dans la drill.
00:48:18Ok.
00:48:19Ah, tu as des drills ?
00:48:20Non, mais j'écoute.
00:48:21Chaque génération,
00:48:22moi, ce n'est pas ma génération,
00:48:23c'est plutôt à l'ancienne.
00:48:24Donc, je peux réécouter Lino en ce moment.
00:48:26Je peux, voilà.
00:48:26Tiens, bah, un.
00:48:27Hé, en parlant de ça,
00:48:29j'avais un cadeau pour toi.
00:48:30C'est un album que j'ai beaucoup écouté,
00:48:31moi, quand j'étais à la fac,
00:48:33qui est sorti en 2015,
00:48:34et je voulais peut-être te l'offrir.
00:48:36C'est un album.
00:48:38Montre...
00:48:39Lino, douzième lettre,
00:48:41Wolfgang,
00:48:42choc funèbre.
00:48:43Voilà.
00:48:43Il y a pas mal de choses,
00:48:44on peut se régaler.
00:48:45Un super album.
00:48:46Si vous écoutez Lino,
00:48:47vous l'avez peut-être déjà.
00:48:48Je l'ai déjà,
00:48:48et en fait,
00:48:50pour être tout à fait honnête,
00:48:50je n'ai plus rien pour écouter les CD.
00:48:52Ah, merde.
00:48:53Après...
00:48:53Il y a quelqu'un qui vous demande
00:48:54un freestyle, Olivier.
00:48:55Non, ça s'est mort.
00:48:56Ça n'a pas déjà fait un ?
00:48:58Ça s'est mort.
00:48:59Alors, point suivant.
00:49:01Ah, il faudrait qu'on retrouve les images !
00:49:03Je les ai cherchées.
00:49:04C'est très compliqué.
00:49:05Les gammes, c'est la zone.
00:49:08Les gammes avaient l'air ravi.
00:49:10Le PSG qui gagne l'église des champions,
00:49:11ça ira ou ça ira pas ?
00:49:13Moi, je suis superstitieux,
00:49:14donc je me tais,
00:49:15mais je suis un connard de parisien,
00:49:16ouais, je l'assume.
00:49:18Ah, je ne vous aurais pas imaginé en ultra.
00:49:21Ouais, mais pourtant...
00:49:22C'est ce que...
00:49:23Moi, j'ai connu l'époque du gardien du PSG
00:49:25de Baratelli,
00:49:26ça ne parle à plus personne.
00:49:27C'est moi sympa.
00:49:28Vous êtes à Munich, du coup, samedi ?
00:49:29Non.
00:49:30Non, non.
00:49:31Non, mais déjà,
00:49:32il faut arrêter d'en parler même.
00:49:34Et la reconnaissance de la Palestine
00:49:35par la France,
00:49:36ça ira ou ça ira pas ?
00:49:37Ça devrait aller.
00:49:39C'est même le B.A.B.
00:49:40Quand tu prends la carte dans le monde
00:49:41de tous les pays qui reconnaissent
00:49:42l'existence de l'État palestinien,
00:49:45il y a des trous dans la raquette
00:49:46et il y a la France.
00:49:47Ça ne réglera pas tout.
00:49:49Ça ne réglera pas tout
00:49:50parce qu'il faut penser
00:49:52à une solution binationale
00:49:53à égalité des droits.
00:49:55Et c'est pas à nous de le dire d'ici
00:49:56si ça passe par un État, deux États,
00:49:58une solution fédérale,
00:49:59mais quoi qu'il en soit,
00:50:00on a une responsabilité en France
00:50:02par rapport à la solidarité
00:50:03avec ce qui se passe en Palestine
00:50:04parce que notre gouvernement
00:50:05est complice de ce qui se passe là-bas.
00:50:07Et les mots, ça ne suffit pas.
00:50:08Merci beaucoup, Olivier.
00:50:10Merci.
00:50:10Sur ce, moi, je vais regarder
00:50:11la Night Session
00:50:11où il n'y a que des hommes.
00:50:13Au revoir.
00:50:14Merci.
00:50:15Merci beaucoup, Péa.
00:50:17Merci beaucoup, Péa.
00:50:17Et donc, justement,
00:50:18on avait envie de vous quitter
00:50:19en parlant bien d'internationalisme
00:50:21à la fin.
00:50:22Et je te laisse, Anthony.
00:50:24Oui, l'internationalisme,
00:50:25vous en parliez tout à l'heure,
00:50:26c'est un de vos grands combats.
00:50:28Dans Affinités révolutionnaires,
00:50:29je le dis en français
00:50:30pour ne pas le dire en espagnol,
00:50:31il y a quelques années,
00:50:32l'un de vos derniers livres,
00:50:33vous appelez justement
00:50:34à la collaboration entre marxistes
00:50:36et anarchistes de toute la planète
00:50:37pour promouvoir la solidarité historique
00:50:40entre les militants anticapitalistes
00:50:42de tous bords.
00:50:43Le but, c'est de travailler
00:50:44sur l'éco-socialisme,
00:50:45sur une démocratie directe, etc.
00:50:47C'est vrai que l'internationalisme
00:50:49est une base, normalement,
00:50:50un socle de la gauche
00:50:51dans son histoire,
00:50:52depuis le manifeste
00:50:53du Parti communiste
00:50:54de Marx et Engels.
00:50:55Aujourd'hui,
00:50:56quel est votre regard
00:50:57sur l'internationalisme
00:50:58de la gauche actuelle ?
00:50:59Où est-ce qu'elle a né,
00:50:59la gauche,
00:51:00avec son internationalisme ?
00:51:03Une partie revient,
00:51:05une partie ne comprend toujours pas,
00:51:06et je ne désespère pas
00:51:07que tout le monde y revienne.
00:51:09Il faut partir
00:51:09dans l'esprit positif.
00:51:11Sur l'islamophobie
00:51:12qu'on évoquait
00:51:12au début de l'émission,
00:51:13c'était un curseur politique
00:51:15d'emploi de rupture
00:51:15qui était compliqué.
00:51:16Il y a eu une marche
00:51:16contre l'islamophobie
00:51:17il y a maintenant
00:51:18plusieurs années
00:51:18qui a été un événement
00:51:19un peu fondateur
00:51:19et qui a redistribué les cartes.
00:51:21Sur l'internationalisme
00:51:22autour de la Palestine,
00:51:23notamment,
00:51:24je pense qu'il y a des choses
00:51:25qui sont en train
00:51:25de se jouer aussi.
00:51:27Il faudra aller jusqu'au bout
00:51:28et être internationaliste,
00:51:29c'est aussi lutter
00:51:29contre notre propre impérialisme
00:51:30à nous.
00:51:31On est en France.
00:51:32Par exemple,
00:51:33il y a des prisonniers politiques
00:51:34kanak
00:51:34qui sont déférés
00:51:35actuellement même
00:51:37devant le tribunal.
00:51:38Ce sont des prisonniers politiques
00:51:39qui sont enfermés en France.
00:51:41Voilà.
00:51:41Donc l'internationalisme,
00:51:42c'est aussi ça.
00:51:43C'est lutter
00:51:43contre notre propre colonialisme.
00:51:45Et dans le même temps,
00:51:46à gauche,
00:51:46on entend beaucoup plus
00:51:47de mots comme
00:51:48protectionnisme,
00:51:49patriotisme.
00:51:50Et c'est intéressant
00:51:51parce que ça se calque aussi
00:51:52sur la même évolution
00:51:52du côté du capitalisme
00:51:53qui laisse un petit peu
00:51:55les rives du libéralisme mondialisé
00:51:56pour aller vers une concurrence
00:51:58entre les États.
00:51:59Comment vous analysez ce...
00:52:01Je ne sais pas si c'est un repli,
00:52:02mais est-ce que vous...
00:52:02Oui, pour moi,
00:52:03c'est un repli politique,
00:52:05idéologique,
00:52:05d'autant que les frontières
00:52:06ne nous protègent de rien
00:52:07et surtout pas du racisme.
00:52:09Et puis,
00:52:10de toute façon,
00:52:11c'est simplement
00:52:12le périmètre du capitalisme
00:52:13dont on parle.
00:52:14Parce que ça veut dire quoi ?
00:52:15Qu'en France,
00:52:16on serait pour une France capitaliste.
00:52:19Donc le problème,
00:52:19c'est le capitalisme.
00:52:21Et que ça soit
00:52:25le libéralisme
00:52:26ou que ça soit
00:52:26sa version nationaliste,
00:52:27c'est les deux revers
00:52:28d'une même médaille capitaliste.
00:52:30Donc le problème,
00:52:30c'est bien le capitalisme.
00:52:32Et je continue
00:52:33à penser
00:52:34que c'est ça fondamentalement
00:52:35notre problème.
00:52:36Et de manière plus générale,
00:52:38je vois bien
00:52:38qu'il y a l'air du temps
00:52:41qui joue.
00:52:41On est confronté
00:52:42à un rouleau compresseur
00:52:43politique,
00:52:44médiatique,
00:52:44dominant,
00:52:45ambiant,
00:52:46récurrent,
00:52:47qui fait que tu dis
00:52:47« mais non,
00:52:48moi je suis internationaliste
00:52:49et ah bon,
00:52:50t'es pour l'accueil
00:52:51des immigrés ? »
00:52:52Bah ouais,
00:52:52en fait,
00:52:53je pense que le problème
00:52:54en France,
00:52:54ce n'est pas l'immigration,
00:52:55c'est le racisme.
00:52:56Évidemment,
00:52:56tu fais couler du nez
00:52:57tous les chroniqueurs
00:52:58quasiment des chaînes
00:52:59d'information continue.
00:53:00Mais il faut tenir bon
00:53:01parce que l'extrême droite,
00:53:02elle,
00:53:02a fait ce travail
00:53:03d'hégémonie politique
00:53:03depuis 15 ans
00:53:04avec des thèmes
00:53:05qui n'étaient pas du tout
00:53:06porteurs à l'époque,
00:53:07mais en allant à contre-courant
00:53:08dans un premier temps.
00:53:09Il faut qu'on arrive
00:53:10à refaire ça à gauche,
00:53:11ne serait-ce que ça,
00:53:12voilà,
00:53:12d'aligner quelques trucs.
00:53:14Effectivement,
00:53:14c'est vrai qu'on a l'impression
00:53:15qu'on parle beaucoup moins
00:53:16d'internationalisme à gauche
00:53:18et puis en même temps,
00:53:19comme vous l'avez un petit peu dit,
00:53:20finalement,
00:53:21avec les mouvements de jeunesse
00:53:22qui pensent aussi
00:53:23à un internationalisme
00:53:26intersectionnel,
00:53:26si on pourrait le dire
00:53:27ça comme ça,
00:53:28où beaucoup de luttes
00:53:29finalement se partagent
00:53:30aussi grâce à Internet
00:53:32et effectivement,
00:53:33la question de la Palestine
00:53:34réunit beaucoup,
00:53:34on a vu les étudiants,
00:53:35mais finalement,
00:53:36énormément de personnes
00:53:37à travers le monde.
00:53:38Est-ce que ça ne donne pas
00:53:39peut-être effectivement
00:53:40un espoir
00:53:40qu'il puisse y avoir
00:53:41à nouveau
00:53:42une vague internationaliste
00:53:43dans les nouvelles générations ?
00:53:44Moi, mon espoir est là.
00:53:47Moi, mon espoir,
00:53:47je pense que là,
00:53:48on bloquait sur la situation
00:53:50française,
00:53:51franco-française
00:53:51avec le nombril
00:53:54basé sur nos propres organisations,
00:53:55mais je pense que la solution,
00:53:57elle peut venir
00:53:57par un détour
00:53:58et qu'en n'est pas un en réalité,
00:54:00qui nous ramène
00:54:00à quelque chose d'essentiel
00:54:02et qui fera une fois de plus
00:54:03partie de la solution.
00:54:05Et puis, je vous dis,
00:54:08les thématiques,
00:54:08en gros,
00:54:09qui sont celles
00:54:09de nos adversaires politiques,
00:54:11si on pense pouvoir
00:54:12les reprendre
00:54:12pour faire un espèce
00:54:13d'entrisme de gauche,
00:54:14ça ne marchera pas.
00:54:15Voilà.
00:54:16Au foot,
00:54:16tu peux gagner à l'extérieur.
00:54:18En politique,
00:54:19c'est mort.
00:54:20Et sur la situation
00:54:22en Palestine,
00:54:23on a vu,
00:54:24il y a quelques jours,
00:54:25du coup,
00:54:26l'Espagne
00:54:26mener un petit peu
00:54:29cette réunion
00:54:30des pays européens
00:54:31pour essayer
00:54:32d'avancer
00:54:32sur la situation
00:54:33en Palestine.
00:54:34et moi,
00:54:35j'ai deux questions
00:54:35pour vous.
00:54:36La première,
00:54:38la France,
00:54:38la France d'Emmanuel Macron
00:54:40avec la réalité
00:54:41dans laquelle on est,
00:54:41quel rôle elle doit jouer
00:54:43dans les semaines à venir
00:54:44avec,
00:54:45voilà,
00:54:45quel rôle elle doit jouer
00:54:46et enfin,
00:54:47est-ce que
00:54:50l'élection
00:54:51de Donald Trump
00:54:52permet à Netanyahou
00:54:54d'aller encore plus loin
00:54:55dans son projet ?
00:54:56Est-ce que c'est ça,
00:54:56là,
00:54:56sur les dernières semaines
00:54:57qui a accentué
00:54:59cette situation
00:55:00en Palestine ?
00:55:01Ah oui,
00:55:02je pense que,
00:55:02pour prendre par le deuxième aspect,
00:55:04je pense que la période Trump,
00:55:05elle,
00:55:07elle,
00:55:07elle permet aussi ça
00:55:08et c'est de manière plus générale,
00:55:10c'est-à-dire,
00:55:10comme je le disais,
00:55:10la mondialisation libérale,
00:55:12il faut partir de l'idée
00:55:13que c'est derrière nous
00:55:14que Marx,
00:55:15déjà en 48,
00:55:16analysait l'idée
00:55:16que le capitalisme
00:55:17avait ceci de particulier
00:55:19sans théoriser
00:55:19que dès qu'il serait en crise,
00:55:21il chercherait à inventer
00:55:22dans la pratique
00:55:24un nouveau moyen
00:55:25d'accumulation capitalistique
00:55:26et c'est exactement
00:55:27ce qui est en train
00:55:27de se passer,
00:55:28basé sur une forme de,
00:55:29là pour le coup,
00:55:30de retour aux frontières,
00:55:30de protectionnisme,
00:55:32d'impérialisme,
00:55:33le majeur,
00:55:33c'est le nord-américain,
00:55:34mais ce n'est pas le seul impérialisme,
00:55:36et de prédation
00:55:36et chacun va se servir
00:55:37et donc du coup,
00:55:39ben ouais,
00:55:39Trump,
00:55:39il peut dire tranquillement,
00:55:40ben Gaza,
00:55:40on va faire,
00:55:42on va faire un projet immobilier à Gaza
00:55:44de la même manière
00:55:44que sur l'Ukraine,
00:55:45il dit,
00:55:45ben moi je prends ça,
00:55:46toi je te donne ça
00:55:47donc on est,
00:55:48et ça,
00:55:48ça marque une accélération
00:55:49qui est terrible.
00:55:50Sur la première question,
00:55:51la France joue malheureusement un rôle
00:55:53et malheureusement,
00:55:53ce n'est pas le bon
00:55:54parce que moi,
00:55:55ce n'est pas qu'il soit timoré,
00:55:56c'est que depuis le départ,
00:55:58entre les silences
00:55:59et la complicité
00:56:01plus ou moins active,
00:56:02on accompagne
00:56:02ce qui est en train de se passer.
00:56:03Maintenant,
00:56:04tout le monde sait
00:56:05qu'il y aura des témoignages,
00:56:06des récits historiques
00:56:07qui nous diront
00:56:08il ne s'est passé quelque chose
00:56:09à ce moment-là.
00:56:10Et là,
00:56:10on a une responsabilité
00:56:11en termes de mouvement,
00:56:12de mobilisation
00:56:13pour faire pression
00:56:14sur l'État français
00:56:14parce qu'on a notre responsabilité,
00:56:16elle est là,
00:56:17c'est de faire en sorte
00:56:17que ces résolutions
00:56:18qui ont déjà été votées
00:56:19à maintes et maintes reprises
00:56:20par la communauté internationale
00:56:21soient enfin impliquées.
00:56:22Pour ça,
00:56:22il faut une chose,
00:56:23c'est que les États
00:56:24qui pèsent
00:56:26tapent enfin du poids
00:56:27sur la table
00:56:27pour imposer
00:56:29toutes ces résolutions
00:56:30qui ont déjà été votées
00:56:31en usant des moyens
00:56:32de rétorsion
00:56:33qui sont des moyens
00:56:34de rétorsion politique,
00:56:36diplomatique
00:56:36et économique
00:56:38s'il le faut.
00:56:39Et comme ce n'est pas
00:56:40l'État qui le fait,
00:56:40il y a des campagnes
00:56:41qui organisent
00:56:42ce que finalement
00:56:43devrait être
00:56:44le fait de l'État français.
00:56:45Donc ça,
00:56:46c'est devant nous,
00:56:46on a une responsabilité
00:56:47et il ne faut pas croire,
00:56:48là,
00:56:49la nouvelle génération
00:56:50je ne veux pas l'exagérer
00:56:51parce que je ne dis pas
00:56:52qu'il y a des milliers
00:56:52et des milliers
00:56:53et des milliers
00:56:53de personnes dans les manifs
00:56:54parce que ce ne serait pas vrai
00:56:56mais il y a une nouvelle génération politique
00:56:58au sens premier du terme
00:57:00qui est en train
00:57:01de se politiser
00:57:01par de la frontière
00:57:02sur cette question-là
00:57:03et qui va se politiser
00:57:04durablement sur cette question-là.
00:57:05Là,
00:57:05il y a un risque pour vous
00:57:06qu'Emmanuel Macron
00:57:06il reconnaisse un État
00:57:08de Palestine
00:57:09à minima
00:57:10qui puisse dire
00:57:11dans son mandat
00:57:11moi ça je l'ai fait
00:57:12mais qu'en fait
00:57:13il reconnaisse un caillou
00:57:14il n'y a plus grandement de...
00:57:15Une chance
00:57:15plus qu'un risque,
00:57:17je ne sais pas
00:57:18je ne suis pas dans le secret des dieux
00:57:20et...
00:57:20Mais est-ce que c'est
00:57:21ce qu'on peut craindre ?
00:57:22Je ne sais pas
00:57:22parce qu'il y a une multitude
00:57:23de contradictions
00:57:24dans l'appareil d'État français
00:57:25parce que c'est compliqué
00:57:26même dans ce camp-là
00:57:27je pense au bout d'un moment
00:57:29parce que c'est bien beau
00:57:29de taper sur tout le monde
00:57:30en disant
00:57:30dès que vous êtes pour la Palestine
00:57:31et bien en fait
00:57:32en réalité vous êtes tous
00:57:33des antisémites
00:57:34le problème c'est que maintenant
00:57:34il y a des voix différentes
00:57:36qui se font entendre sur le thème
00:57:37mais attendez
00:57:38si ce n'est pas un génocide
00:57:39ça commence à y ressembler
00:57:40ah bon ?
00:57:40tu penses ça ?
00:57:41donc tu es comme les autres
00:57:42tu es antisémite
00:57:42et ça remonte très haut
00:57:43c'est pour ça que je lui dis
00:57:44qu'à ce jeu-là
00:57:44même une partie de la Macronie
00:57:46va se faire bouffer
00:57:47donc je ne sais pas
00:57:48ce que ça peut générer
00:57:48je ne peux pas répondre
00:57:49à cette question-là
00:57:49le seul truc que je sais
00:57:50c'est que s'il y a des contradictions
00:57:51il faut peser dessus
00:57:52et donc nous notre responsabilité
00:57:53c'est d'organiser le rapport de force
00:57:55et pour ça
00:57:55il y a une association
00:57:56notamment
00:57:57Urgence Palestine
00:57:58ce n'est pas la seule
00:57:58qui travaille avec la solidarité palestinienne
00:58:00mais voilà
00:58:01qui risque la dissolution
00:58:02et là nous on a intérêt
00:58:03à parêter le coche
00:58:04et que toute la gauche
00:58:04quelle qu'elle soit
00:58:11qui fait un petit peu le lien
00:58:12justement même beaucoup le lien
00:58:13avec la question de l'impérialisme
00:58:15notamment des Etats-Unis
00:58:16et par contre du coup
00:58:17c'est sur le Chili
00:58:18donc vous allez peut-être
00:58:18pouvoir un petit peu
00:58:19nous expliquer
00:58:20ce dont vous avez parlé avant
00:58:21je dis très rapidement
00:58:22moi j'ai vécu plusieurs années au Chili
00:58:23j'ai notamment participé
00:58:24au mouvement de 2019
00:58:25mouvement social énorme au Chili
00:58:27qui a duré plusieurs mois
00:58:28où les gens étaient dans la rue
00:58:29tous les jours
00:58:29pas que le samedi
00:58:31donc voilà
00:58:32et pour la faire brève
00:58:33et donc vous avez écrit un livre
00:58:35qui s'appelle
00:58:35Septembre Rouge
00:58:36où vous êtes revenu
00:58:37effectivement sur finalement
00:58:38à la fois le coût militaire
00:58:40donc le coup d'état
00:58:42pour instaurer la dictature militaire
00:58:43de Pinochet
00:58:44c'est très dur
00:58:44de faire la dernière question
00:58:45et de ne pas refaire
00:58:46toute l'histoire du Chili
00:58:47mais tout simplement
00:58:48il y avait là aussi en fait
00:58:49la responsabilité des Etats-Unis
00:58:51de la CIA etc
00:58:53ça a été documenté
00:58:54c'est vrai que c'est important
00:58:54de souligner aussi
00:58:55la responsabilité
00:58:56et justement
00:58:57ce que peut faire aussi
00:58:59l'impérialisme
00:59:00et à quoi ça peut mener
00:59:01et effectivement
00:59:02l'exemple du Chili
00:59:03est assez frappant
00:59:04et donc je veux bien
00:59:05je pense que ça nous intéresserait
00:59:07de savoir justement
00:59:07qu'est-ce que vous êtes en train de faire
00:59:09qu'est-ce que vous êtes en train de préparer
00:59:10par rapport à ces
00:59:11est-ce que ce serait aussi
00:59:12pour parler de la dictature militaire
00:59:14est-ce que ce serait pour parler
00:59:15du Chili aujourd'hui
00:59:16sur quoi vous êtes
00:59:17alors il y a des échos
00:59:18avec le Chili d'aujourd'hui
00:59:19mais mon histoire
00:59:19c'est sur une organisation politique
00:59:20qui s'appelait le MIR
00:59:21le mouvement de la gauche révolutionnaire
00:59:22qui est un peu une organisation
00:59:23qui sera la nôtre
00:59:24qui a lutté contre la dictature
00:59:25de Pinochet
00:59:25et un de ses dirigeants
00:59:26qui s'appelle Miguel Henriquez
00:59:28et qui après le coup d'état militaire
00:59:30a fait enfouir
00:59:32a fait cacher sous terre
00:59:34enfin dans un banc
00:59:35ses carnets personnels
00:59:36et c'est des carnets
00:59:37qui viennent de ressurgir
00:59:37et donc c'est un prétexte
00:59:39pour discuter
00:59:40de ce qu'était la pensée politique
00:59:41du MIR
00:59:42et de cette expérience
00:59:43tout à fait troublante
00:59:44qui était celle
00:59:44de l'unité populaire
00:59:45qui a duré trois ans
00:59:46entre 1970 et 1973
00:59:48du parti de Salvador Allende
00:59:50du parti de Salvador Allende
00:59:51qui était donc un réformiste
00:59:54mais qui a tenu ses promesses
00:59:55donc toute ressemblance
00:59:57avec des personnages existants
00:59:58dans la gauche française
00:59:59c'est compliqué à trouver
00:59:59qui n'a pas trahi
01:00:01et qui voulait construire
01:00:02le socialisme
01:00:02de manière pacifiste
01:00:05qui a refusé de distribuer
01:00:06les armes au peuple
01:00:06qui était organisé
01:00:07face à la réaction
01:00:08et qui en même temps
01:00:09mord lui les armes à la main
01:00:10dans le palais de la Monéta
01:00:11le 11 septembre
01:00:12et en fait
01:00:12comme Miguel Henriquez
01:00:14qui est mort au combat
01:00:15le 5 octobre 1974
01:00:17donc en fait
01:00:17moi je croyais connaître
01:00:18cette histoire
01:00:18et je la redécouvre
01:00:20notamment sur ce rapport
01:00:21complexe entre réforme
01:00:22et révolution
01:00:23votre film
01:00:23il sortira quand ?
01:00:24j'aimerais bien le savoir
01:00:25pour l'instant
01:00:26je suis en plein montage
01:00:27pour l'instant
01:00:29et c'est vertigineux
01:00:30c'est génial
01:00:30j'apprends plein de trucs
01:00:31ça permet de sortir
01:00:32un peu le nez du guidon
01:00:33et puis de se rendre compte
01:00:35d'une chose
01:00:36c'est qu'il y a des générations
01:00:37qui se sont battues avant nous
01:00:39dans des circonstances
01:00:39autrement plus compliquées
01:00:41autrement plus graves
01:00:42et je vous le disais tout à l'heure
01:00:43il faut oser douter
01:00:45mais se lamenter
01:00:46c'est autre chose
01:00:47et on n'a pas le droit
01:00:48enfin c'est pas moral
01:00:49ce que je veux dire
01:00:49on peut se lamenter
01:00:50si on a envie de se lamenter
01:00:52mais c'est bien de se souvenir
01:00:53qu'il y a des générations
01:00:54qui ont payé le prix
01:00:57contre le fascisme
01:00:58pour de vrai
01:00:59qui ont laissé leur peau
01:01:00donc moi
01:01:01je me tourne vers cette histoire
01:01:03pour puiser de la force
01:01:04et j'en prends
01:01:05j'en prends
01:01:06je me dis
01:01:07Olivier
01:01:08faut tenir
01:01:09et je sais pas
01:01:10chacun son carburant
01:01:12moi il y a une petite poche
01:01:13de carburant qu'elle a dedans
01:01:13très bien
01:01:14merci beaucoup
01:01:15merci à vous
01:01:15merci Olivier Benzansnot
01:01:17d'avoir répondu à l'appel
01:01:18vous aussi
01:01:19oui
01:01:19oui

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