00:03Aujourd'hui, ce 14 mars, je suis assise sur dix tonnes de déchets textiles qui sont
00:07en train d'être déposés par des associations afin de dénoncer une action politique face à
00:12une industrie extrêmement polluante. Avec cette action choc, les associations réclament une loi
00:16plus contraignante pour les marques qui contribuent à cette surproduction. Allons maintenant à la
00:20rencontre de ces militants. Il y a un an, le 14 mars 2024, l'Assemblée nationale a adopté à
00:26l'unanimité une proposition de loi pour encadrer la fast fashion. Un an plus tard,
00:29le Sénat ne l'a toujours pas examiné. L'idée de cette proposition de loi, c'est effectivement de
00:32limiter les produits issus de la fast fashion sur le territoire français, mettre des malus
00:38financiers sur des vêtements qui sont produits dans des conditions déplorables à l'autre bout
00:40du monde, avec un renouvellement constant des collections et une incitation à les acheter,
00:45et des bonus pour les produits qui sont mieux justement produits en France, avec des matériaux plus durables.
00:54Ce tas de vêtements veut dire aussi un tas de misère dans les pays dans lesquels ils
01:00sont produits. Ils vivent en dessous du seuil de pauvreté, les travailleurs du textile, et c'est pour ça
01:07que la fast fashion peut exister. C'est parce qu'on paye très mal, c'est parce qu'on exploite
01:12les hommes et les
01:13femmes dans ces pays là. On a trois milliards de vêtements qui sont achetés par les Françaises et les
01:21Français, ce qui représente à peu près 800 000 tonnes de vêtements achetés chaque année. Donc ça,
01:25c'est une petite fraction. La filière textile dans son ensemble est en crise. Des structures sont
01:31en difficulté, notamment à cause des conséquences directes de l'ultra fast fashion qui produit des
01:36quantités astronomiques de textiles qui arrivent derrière dans la filière et qu'aujourd'hui on ne
01:41sait pas traiter, on ne sait plus traiter. L'industrie textile en France, elle a perdu plus de 300 000
01:45emplois depuis les années 90, 37 000 dans les dix dernières années. Donc on a tout un tissu
01:50industriel en plus qui a été fragilisé par des logiques d'ultra consommation et d'ultra production
01:54délocalisées.